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Spampinato Francesco,
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Parce qu'il s'inscrit dans l'aire de la sémiologie musicale, ce livre est assez singulier. En effet, avec la « métaphore », on y explore un domaine où l'assignation lexicale est abolie, et donc, où la portée sémique est nécessairement floutée. Nous suivons parfaitement l'auteur, convaincu, avec lui, que la métaphore n'est pas un enjolivement, un ornement du langage, mais qu'elle en est un mode de fonctionnement fondamental, la condition de sa souplesse d'adaptation au monde, et un élément essentiel de ce qu'on appelle l'« intelligence », qui ne se laisse pas piéger par les analogies, la métaphore étant un artifice langagier, par lequel on attribue à un objet les qualités d'un autre objet. Par exemple, quand on dit qu'une attitude, une musique, une architecture sont « froides », on sait qu'il ne s'agit pas d'une mesure thermique. C'est aussi la généralisation abstraite, d'un terme concret. Artifice seulement langagier ? Peut-être pas, si on considère que cela participe à la dynamique de l'imagination, d'être d'un côté, nécessairement et salutairement fantasmagorique, et d'un autre côté, tout aussi salutairement, d'être portée aux qualifications rationnelles. L'appel à la barre des témoins de Gaston Bachelard, avec ses idées sur l'implication des quatre éléments scholastiques, dans les ressorts poétiques, est tout à fait bienvenu. Il se pourrait que toutes les ressources métaphoriques de la poésie puissent se rapporter à ces éléments : feu, terre, eau, air, qui ont été combinés, dans le passé, à des qualités, comme le froid, le chaud, le sec ou l'humide, aux planètes, au zodiaque, aux humeurs, ou aux pathologies humaines. En fait, cela conduit l'auteur à une réactivation étonnante, de ce qu'on nomme l'éthos des modes, apparat, issu de l'antiquité grecque, et ayant traversé par la suite, les livres scolaires, tant occidentaux qu'arabes. Leçon obligée du traité ancien de musique, les exemples en sont nombreux, on signalera des penseurs arabes du XIVe siècle, comme al-Salmani ibn al-Kathib, ou Al-Khatib al-Irbili, et au XVIIe siècle occidental, Robert Fludd, dans une orientation ésotérique. Mais, sommes-nous toujours dans le domaine de la métaphore poétique ? N'est-ce pas là plutôt une rhétorique de l'analogie ? Si l'auteur va en terrain ennemi, est-ce pour relativiser, marquer des limites à la sémiologie musicale, où est-ce la poursuite de la recherche d'universaux, aujourd'hui, généralement abandonnée ? Tout serait-il signe, d'une grande architecture déterminée ? La métaphore produit-elle une véritable métamorphose de l'objet qualifié ? Francesco Spampinato ne considère pas que la métaphore soit une abstraction, mais qu'elle serait plutôt un vecteur de l'acquisition de caractères concrets, donnant à la musique une existence physique. Elle opère donc une métamorphose. À partir de là, il établit des relations entre une théorie de la « Globalité des Langages », les « dimensions psychologiques universelles », ou notre « structure psychocorporelle » ce qui éveille en nous quelques réserves, non pas au regard de ce livre particulier qu'il faut lire avec attention, mais du fait que les questions ouvertes chez nos collègues des sciences dites exactes, mais aussi de la neurologie, de la psychologie et autres, deviennent souvent, en passant, passablement arrangées, dans la musicologie, des assurances, des vérités avérées, et hypothèses solides. Jean-Marc Warszawski Présentation de l'éditeurDans l'interprétation des phénomènes musicaux, le discours métaphorique, ainsi que le discours technique et formel, revêt une fonction cognitive fundamentale. La musique peut devenir un discours, une substance, une personne, une construction et ainsi de suite, sur la base de l'« horizon sémantique » tour à tour adopté. Une des métaphores les plus répandues et les plus riches en implications intéressantes est celle qui structure notre expérience de la musique dans les termes du contad avec une substance. Les phénomènes musicaux sont souvent décrits en termes de « matiére physique » : à propos d'un son. on peut parler de « compacité », de « densité », de « Iransparence », etc. Le réseau d'images métaphoriques qui voit la musique dans les termes d'une matière physique se rattache à l'expérience corporelle de matières manipulables. Cet ouvrage propose une hypothèse explicative des mécanismes a l'œuvre dans la réception de musiques qui « inviteraient » à les décrire par des métaphores matérielles. Par une démarche interdisciplinaire (philosophie du langage, sémiotique musicale, psychophysiologie, etc.), ce texte se propose donc d'expliciter le lien entre les dimensions corporelles et les dimension» imaginatives dans l'expérience d'écoute musicale. Francesco Spampinato est docteur en Musicologie, collaborateur du Département de Musique de l'Université de Provence (Aix-Marseille I), chercheur au Centre de Globalité des Langages de Rome, membre du groupe de recherche intemational sur les Sciences du Langage Musical (SLM) et organisateur de colloques de recherche internationaux en France et en Italie. Ses articles sur la poétique musicale de Debussy sont publiés dans des revues scientifiques de musicologie et de sémiotique (Versus, Studi musicali, Musica/Realtà, Diastema...). |
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