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 VANÇON JEAN-CLAIRE
André Jolivet.

VANÇON JEAN-CLAIRE, André Jolivet.
« horizons », bleu nuit éditeur, Paris 2007
[176 p.  ISBN 2-913575-90-0 ; 20 €]

Malgré une abondance documentaire certaine, puisque Jean-Claire Vançon a bénéficié, grâce à l'obligeance de la fille du compositeur, de l'accès aux sources de première main, ce livre se présente résolument, comme une biographie problématique. Il n'expose donc pas l'anecdote, la démonstration d'érudition, mais se concentre sur la formation du sens et du spécifique, questionne : comment la musique d'André Jolivet a-t-elle pu être ce qu'elle a été, comment a-t-elle, dynamiquement, participé au mouvement musical du XXe siècle ?

Né en 1905, apprenti pianiste dès l'âge de de 4 ans, au violoncelle à 13 ans, quand il compose sa « Romance barbare » pour piano, il est en 1927 instituteur, et prend des leçons de composition avec Paul le Flem, mais surtout, rencontre Varèse (qui s'oppose avec verdeur aux « ismes » en 1929, et rapidement, bien qu'étant hors institution, devient la figure de proue de l'avant-garde musicale, et un artiste de gauche socialement engagé.

Dès 1942 il peut abandonner sa charge d'instituteur, puis est nommé, pour de longues années, directeur de la musique à la Comédie Française. Suite à l'inflexion dans son esthétique, dès l'après-guerre, à l'émergence d'une nouvelle avant-garde dont Pierre Boulez, né en 1925, prend la direction, la musique de Jolivet semble perdre de son incise révolutionnaire, tout en étant un compositeur très plus joué dans le monde.

Tout en suivant un plan chronologique, le livre s'articule autour de problématiques qui tentent d'éclairer les choix esthétiques d'André Jolivet, entre partis pris techniques, engagement humaniste, le défense d'une musique nationale, les nécessités du métier, et celle de vivre exclusivement de son art, les charges administratives et les honneurs. C'est une visite guidée et raisonnée de partition en geste social, et tout en restant dans un minimalisme élégant, nécessaire et suffisant, les grands mouvements esthétiques et institutionnels de la musique du XXe siècle sont abordés.

Paru très en retard par rapport aux manifestations du centenaire de la naissance d'André Jolivet en 2005, ce livre est toutefois d'actualité, si ce genre d'ouvrage de connaissance avait besoin d'une actualité. En effet, nous vivons une évolution très sensible de la musique contemporaine, laquelle semble avoir abandonné la radicalité au profit de la recherche, à la fois d'expressivité et d'un nouveau public.

Cette période de radicalité était-elle nécessaire ? Par exemple pour la recherche de nouveaux langages abolissant la tonalité classique ?

L'attitude de Pierre Boulez, par rapport à André Jolivet pourrait être elle-même significative. Depuis le pamphlet de 1958 « Le joli navet et la préfecture », les insultes publiques de 1960, qui li coûtèrent 500 francs d'amende, jusqu'au « moment remarquable de juvénilité et d'exception » des « Danses rituelles » (de Jolivet) qu'il dirige en 2003, que s'est-il passé ?

L'affrontement était-il entre la permanence d'une identité nationale que Jolivet ressentait, et la recherche d'une technique universelle que Boulez défendait ?

« Je me suis toujours efforcé de produire des œuvres qui puissent mériter l'attention du peuple » , disait Jolivet en 1970, mêlant ainsi , d'un même élan, l'exigence de facture de l'œuvre et la prise en compte des attentes du public, ce qui est, semble-t-il, une préoccupation des plus actuelles, largement partagée.

Jean-Marc Warszawski
27 novembre 2007

Présentation de l'éditeur

André Jolivet (1905-1974) est trop souvent résumé en élève de Varèse et co-fondateur du groupe Jeune France avec Messiaen, Baudrier et Daniel-Lesur, limitant ainsi le compositeur français à la période des années 30. Pourtant son catalogue de près de 200 œuvres reflète une personnalité nettement plus riche en même temps qu'une vision globale de l'histoire musicale du XXème siècle passant par l'avant-garde post-sérielle, les expériences aléatoires ou encore les musiques concrètes et électroacoustiques. Sans oublier aussi évidemment la dimension politique et les engagements personnels de cet homme hautement humaniste, joué de son vivant à travers le monde entier. « André Jolivet », c'est effectivement une œuvre, une carrière et une pensée : trois dimensions qui définissent cet artiste que ce nouveau volume de la collection horizons vous invite à découvrir, avec des exemples musicaux et de nombreuses illustrations et photos inédites.

Jean-Claire Vançon est musicien et musicologue. Agrégé de musique et titulaire du C.A. de Culture Musicale, il enseigne au C.F.M.I. d'Orsay (Université Paris-Sud) et au C.N.S.M. de Paris. Lauréat des premiers prix d'histoire de la musique, d'analyse et d'esthétique du C.N.S.MD.P, il consacre par ailleurs l'essentiel de ses recherches à l'histoire des pratiques musicales en France aux XIXe et XXe siècles (composition, réception, enseignement). Ardent défenseur des musiques d'aujourd'hui, et responsable des activités pédagogiques de l'ensemble Multilatérale, il est en outre depuis longtemps passionné par l'œuvre d'André Jolivet.

©Références / Musicologie.org 2007