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Il a quelques années on découvrait, dans une dépendance
de la cathédrale du Puy-en-Velay une importante collection d’environ 700
partitions essentiellement du XVIIIe siècle. On pense qu’elles
constituent, au moins en partie, le répertoire de la cathédrale composé
par les maîtres de chapelle qui s'y sont succédés.
Au sein de cette collection, on trouve une centaine de
numéros datés localisés et signés par Louis Grénon.
De Louis Grénon on ne sait pas grand-chose, et on ne
connaît rien des circonstances dans lesquelles ces partitions, composées
sertes au Puy mais encore à Clermont-Ferrand et à Saintes ont été
archivées dans les services de la cathédrale penote.
Louis-Charles Grénon est né en 1734 à Saintes, il y est
mort en 1769. Il est issu d’une famille d’artisans relativement aisés. En
1754 il est engagé par le chapitre de la cathédrale du Puy-en-Velay comme
maître de musique. Il a la charge d’une importante maîtrise de 10 enfants.
Il doit assurer leur éducation, la vie de l’internat et la musique
des offices religieux. Parallèlement il étudie au séminaire et se fait
ordonner prêtre, une nécessité de la carrière, notamment pour obtenir des
prébendes. Dans son numéro du 6 janvier 1757, le journal parisien les «
Annonces, affiches et avis divers » publie l’annonce de la
publication de « six Symphonies à 3 ou 4 instruments de M. Grénon,
maître de musique de l’Eglise Cathédrale du Puy ». Elles sont dédiées
au baron de Bains. L’ouvrage est perdu.
En 1763 il est maître de musique à la cathédrale de
Clermont, là-même ou Jean-Philippe Rameau a été organiste. Il signe un
engagement de trois ans en août 1765, mais quelques semaines plus tard il
semble qu’il soit à Saintes avant l’entrée en application de son contrat
clermontois. Il y est maître de musique à la cathédrale, a le bénéfice
d’une demi-prébende et compose l’essentiel de son œuvre.
Au début du mois de janvier 1769, mourant, il rédige
son testament, associe le titre de chanoine à son nom et lègue à sa nièce
de quoi vivre dans l’aisance.
Il laisse une messe, des Magnificats, des psaumes, des
Leçons de ténèbres, des antiennes, des hymnes, des Noëls.
L’équipe réunie autour de Bernard Dompnier, à savoir
Stéphane Gomis, Nathalie Da Silva, Georges Escoffier, Jean Duron et Benoît
Michel, nous offre un ensemble de textes intéressants, prospectifs,
soigneusement rédigés. Ils forment une suite cohérente à un précédent
ouvrage consacré aux maîtrises du XVIIIe siècle (éditions Blaise Pascal,
2003).
L’un des mérites remarquables est, en raison et malgré
la documentation lacunaire, la recherche du spécifique au détriment du
singulier. Les défauts positivistes qui marquent en général les ouvrages
musicologiques touchant à l'histoire et surtout au biographique sont ici
absents : pas de commentaire documentaire ou d’échafaudages
hypothétiques pour combler les lacunes d'archives. Le documentaire brut
est en annexe et ne forme pas le corps de l'ouvrage. Il y a au contraire
un engagement d’idées et de plume qui tend à faire surgir, depuis une
étude de cas, l’image de ce que pouvait être un maître de chapelle au
service des chapitres du XVIIIe siècle.
Ainsi, les conditions de l’émergence et le contexte
dans lequel évoluait un tel personnage sont essentiels pour le sens
historique.
L’ouvrage est composé d’un récapitulatif de ce qu’on
peut dire aujourd’hui du détail biographique de Louis Grénon et de
deux études sur les chapitres du Puy et de Clermont à l’époque du maître
(il en manque une sur le chapitre de Saintes). Trois textes sont consacrés
à la musique de Grénon. L’un sur les dispositifs vocaux et instrumentaux.
Un autre sur ses messes, avec quelques réflexions générales et
l’exposition d’une question d’authentification. Enfin une étude sur les
Noëls à grand chœur.
En annexe, des contrats d’engagement, l’inscription au
séminaire, le Testament, la reconstitution généalogique, un récapitulatif
chronologique, des fac-similés des signatures de Grénon, le
catalogue des œuvres et une bibliographie.
Jean-Marc Warszawski
17 octobre 2005
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