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 Charles-Dominique Luc
Musiques savantes, musiques populaires
Les symboliques du sonore en France (1200-1750)

Luc Charles-Dominique : musiques savantes, musiques populaires
Charles-Dominique Luc
Musiques savantes, musiques populaires
Les symboliques du sonore en France (1200-1750)

CNRS Éditions, Paris 2007 [264 p. ; ISBN :  2-271-06475-9 ; 28 €]
En vente à la Librairie « Pages musicales »

Nous avons ouvert ce livre avec beaucoup d'enthousiasme, parce qu'il nous semble qu'on désire s'attaquer ici à un sujet essentiel, aux secrets les mieux scellés de notre rapport aux œuvres musicales.

L'introduction, tout à fait conquérante, annonce des développements passionnants qui ne sont malheureusement pas au rendez-vous ; ce livre est en fin de compte une grande déception, on est complètement passé à côté du, ou raté le sujet.

L'auteur a rassemblé une immense bibliographie, en a extrait des citations ou des notes de lectures innombrables, se rapportant à son objet, et nous les présente d'une manière ordonnée selon ce qu'il désire exposer.

Cela fait penser à ces sommes du Moyen-Âge, où les érudits « faisaient le point » sur un sujet ou un mot, en compilant tout ce qu'ils avaient trouvé chez les « autorités ». Mais pas plus que ceux-là, qui se gardaient bien de pécher par orgueil, en osant une opinion personnelle, l'auteur n'avance de problématique personnelle.

L'un des fondateurs de l'anthropologie moderne, Marcel Jousse à écrit en 1925 un ouvrage, « Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs » construit avec des citations, ouvrage très étonnant, espèce de super-colloque virtuel sur des sujets et un cadre d'interrogations très précis.

Tel n'est pas la démarche de Luc Charles-Dominique, qui s'en tient à la bonne foi des mots, sans tenir compte des opérations idéologiques qui les a produits, des époques et des milieux. Ce livre donne vraiment l'impression d'une fuite continue sur les mots, plutôt que l'immersion dans les problématiques auxquelles ils invitent, pourtant toujours annoncées, mais que l'on attend en vain.

Nombre de ces citations portent en elles de puissantes invitations à problématiser, mais cette fuite sur les mots et les citations, nous donnent l'impression de passer continuellement à côté des problèmes. Avec cette difficulté à la lecture, qui est de buter pratiquement toutes les phrases ou deux phrases, sur des renvois bibliographiques entre guillemets, souvent sans intérêt.

Peut-être aurait-il fallu qu'on s'attarde un peu plus, afin de taquer les repères, sur les notions essentielles de ce livre : qu'est-ce le symbolisme en musique ? Quelle différence entre musique savante et musique populaire, mais encore entre musiques sacrée et profane (une notion moderne). L'absence de discussion sur ces fondamentaux, empêche à notre sens de pouvoir monter le sujet.

La très longue période qui est ici traitée, la diversité des milieux, auraient demandé une érudition historique, ou une grande prudence, qui font peut-être un peu défaut. Au moins ne s'est-on pas donné des moyens en conséquence.

Il faudrait, à notre sens, plus de trois lignes, pour convaincre de la « transhistoricité » ou de « l'anhistoricité » du champ religieux populaire ou de la représentation de la mort, surtout en citant des historiens comme Jacques Le Goff, qui nous ont appris à penser en longue durée historique... et que tout était histoire.

Il y a, ainsi, tout au long de ce livre, des imprécisions, des fragilités, qui auraient pu être évitées en prenant un peu plus de temps avec les auteurs cités, mais encore en allant chercher de meilleures références, comme les ouvrages de Jean-Yves Hameline, grand spécialiste des liturgies chrétiennes, ou ceux d'Olivier Cullin, mais encore la lecture de Sébastien Gaudelus, sur les Offices de Ténèbres aurait certainement influé sur les  quatre pages qui leur sont consacrées. Exemples parmi d'autres.

Enfin, nous pensons qu'un grand et bien meilleur parti aurait pu être tiré du livre de Théodore Gérold  « Les Pères de l'Église et la musique » (qu'il aurait fallu dater de 1931, 1973 étant une réédition, c'est important pour la perspective), qui curieusement et malheureusement, ne me semble pas encore dépassé aujourd'hui.

Jean-Marc Warszawski
13 juillet 2007

Présentation de l'éditeur

Cet ouvrage est à sa façon une histoire de la musique française d'un genre nouveau. S'appuyant sur des sources d'une grande variété, des chroniques, récits de voyage aux essais théologiques et théories musicales, l'auteur décrit l'émergence de pratiques musicales opposées, religieuses et profanes, hautes et basses. C'est une histoire de la sensibilité sonore englobant bruits, musique, instruments et voix dans leur contexte tour à tour sacrés et profanes, savants et populaires de la fin du Moyen Âge au XVIIIe siècle.

À partir du XIIIe siècle, s'élabore une nouvelle esthétique musicale fondée sur le clivage, prégnant au Moyen Âge, du haut et du bas. Cette dichotomie concerne d'abord le corps et la voix avant de passer dans le domaine instrumental.

Ces deux catégories qui s'opposent du point de vue religieux – le bas prônant les valeurs chrétiennes de l'humilité et le haut celles de l'orgueil et de l'excès – s'inscrivent dans le partage chrétien du sacré et du profane tout en dessinant les contours d'une part d'une musique religieuse et savante et d'autre part d'une musique populaire volontiers perçue comme diabolique et sorcière.

S'appuyant sur des sources variées, depuis les récits de vie ou de voyage jusqu'aux écrits spéculatifs et religieux sur la musique, en passant par les sources d'archives, l'iconographie et la littérature orale, c'est une anthropologie historique de la musique savante et populaire que propose cet ouvrage novateur. Ce regard polymorphe renouvelle les approches des fonctions symboliques du sonore et permet, entre autres, de comprendre différemment la musique baroque.

Luc Charles-Dominique est maître de conférences en ethnomusicologie à l'Université de Nice-Sophia-Antipolis. Directeur de collections bibliographiques et discographiques d'ethnomusicologie, il est l'auteur de plusieurs ouvrages d'ethnomusicologie (La vocalité dans les pays d'Europe méridionale et dans le bassin méditerranéen et Les hautbois populaires. Anches doubles, Enjeux multiples, Parthenay, Modal, 2002) et d'anthropologie musicale historique (Les ménétriers français sous l'Ancien Régime, Paris, Klincksieck, 1994). 

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