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  Le Trio Pennetier, Pasquier, Pidoux
Dijon, Auditorium, 13 avril 2011
par Eusebius

 

C'est toujours un plaisir que de retrouver ces trois musiciens, que ce soit comme solistes, ou dans cette formation. Leur amitié, leur complicité anciennes sont connues et présument une entente musicale idéale.

Le programme s'ouvrait sur le premier trio avec piano de Beethoven. Œuvre de jeunesse, écrite avant 1795, imprégnée de la syntaxe de Haydn et de Mozart, où le jeune compositeur se cherche encore, choisie opportunément comme « mise en bouche », ce fut un régal de fraîcheur, de jeunesse souriante, où le plaisir des musiciens était communicatif. Rien que du bonheur.

Suivaient, au menu, le Trio de Ravel et le Second trio élégiaque de Rachmaninov.

Le Trio Pennetier, Pasquier, Pidoux

Ravel, tout Ravel était là. Le merveilleux, le rêve, la féérie ; la force comme la douceur soyeuse, le raffinement, l'éblouissement coloré. Une interprétation magistrale où la maturité aboutie des interprètes et leur longue familiarité à l'œuvre ont renouvelé le miracle.

Comment traduire par des mots l'émotion du public en ce moment de grâce ?

Le Second trio élégiaque de Rachmaninov, antérieur —  sous sa forme originale — d'une vingtaine d'années à celui de Ravel, relève d'une esthétique radicalement différente. Dès le glas du lamento initial, qui confère à l'œuvre son unité, on plonge dans un autre univers. Lugubre, funèbre (le trio est écrit à la mort de Tchaïkovski), il fait la part belle au piano, que le compositeur interpréta dès sa création. Les citations y sont multiples, mais jamais ostensibles. C'est une plongée dans l'âme russe.

Très belle interprétation, ce soir, trop belle ? Classique en quelque sorte, et c'est la seule réserve : où sont le pathos slave, la démesure, la sauvagerie parfois ? Le jeu très fluide de Jean-Claude Pennetier fait merveille dans le Beethoven jeune, dans Ravel, mais s'accorde mal à la profondeur de Rachmaninov. Et on pourrait faire la même observation pour ses deux excellents complices.

En bis le menuetto du 3e trio en ut majeur de C. P. E. Bach, où l'on renoue avec l'esprit du début du concert.

Malgré la réserve émise à propos du Second trio élégiaque de Rachmaninov, un concert exceptionnel portant Ravel au sommet. A marquer d'une pierre blanche.

 

Eusebius 


Références / musicologie.org 2011