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Le contre-ténor Matthieu Peyrègne et Les Solistes de Monte-Carlo en concert pour les Philippines au Musée océanographique de Monaco

 

14 janvier 2014, par Jean-Luc Vannier ——

 

Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan s'abattait sur les Philippines. 6000 morts, 2000 disparus, plusieurs millions de personnes affectées. De Monaco, une chaîne de solidarité s'organise sous le Haut Patronage de S.A.S. Le Prince Albert II et de S.A.R. La Princesse de Hanovre. En attendant une vente de charité qui aura lieu au Théâtre des Variétés de Monaco le 3 février prochain, un concert caritatif était donné, lundi 13 janvier, au Musée océanographique du Rocher avec le soutien de l'Amade Mondiale — Association Mondiale des Amis de l'Enfance fondée en 1963 à l'initiative de la Princesse Grace de Monaco —, de son partenaire local La Fondation Virlanie et en présence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, de personnalités monégasques, du Consul des Philippines et de l'Ambassadeur de France en Principauté, Hugues Moret. Concert qui réunissait le contre-ténor Matthieu Peyrègne et la formation « Les Solistes de Monte-Carlo », musiciens membres de l'Orchestre Philharmonique.

Matthieu PeyrègneLe contre ténor Matthieu Peyrègne et Dimitri Goldobine (Luth, Théorbe)

Accompagné au luth théorbe par Dimitri Goldobine, le contre-ténor Matthieu Peyrègne, déjà célèbre pour ses « Confé-Concerts » dédiés au répertoire baroque, vient de créer il y a à peine deux mois « L'Ensemble Baroque de Monaco », association musicale destinée à « donner un véritable élan international en terre monégasque à la musique baroque » : une heureuse initiative qu'il convient de saluer. À son programme d'hier soir figuraient Se l'aura spira du compositeur italien des débuts du baroque Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Al fonte al prato de son contemporain Giulio Caccini (1551-1618), avant de se poursuivre avec deux pièces de Henry Purcell Music for a while et Here the Deities approve. Mais c'est dans son air final « Wher'er you walk » tiré du second acte de l'opéra de Georg Friedrich Haendel Semele — programmée par l'Opéra de Nice le 16 février 2014 — et où Jupiter déclare sa flamme à Semele que Matthieu Peyrègne donne le meilleur de lui-même avec une voix clairement projetée,  tant pour ses aigus bien tenus que pour ses graves ronds et stables et son timbre agréable. Signe que le jeune contre-ténor doit désormais se tourner vers l'opéra, Matthieu Peyrègne montre bien plus d'aisance corporelle et surtout phonique lorsque son chant s'étaye sur une émotion dramaturgique : à suivre donc son prochain « Confé-Concert » sur Nice, les 7 et 9 février, consacré au Jules César de G. F. Haendel, en costumes et où il chantera des extraits du rôle-titre.

Les Solistes de Monte Carlo

En deuxième partie, « Les Solistes de Monte-Carlo » ont interprété, sous la direction du clarinettiste Jean-Louis Dedieu, deux œuvres : un septuor pour quatre cordes et trois vents en mi bémol majeur, opus 20 de Ludwig van Beethoven (Sybille Cornaton au violon, Sophia Sperry à l'alto, Delphine Perrone au violoncelle, Patrick Barbato à la contrebasse, Arthur Menrath au basson et Didier Favre au cor). Puis, avec la participation supplémentaire et dans son arrangement pour octuor du violoniste Philippe Favergeaud, la Deuxième rhapsodie hongroise de Franz Liszt. Deux morceaux dont Jean-Louis Dedieu a expliqué la trajectoire croisée : le septuor en six mouvements de Beethoven est contemporain de la première symphonie du compositeur allemand dont il serait susceptible d'apparaître comme une réduction – « une symphonie de poche » — tandis que l'octuor vise au contraire à transcrire pour une formation musicale plus étoffée, une partition à l'origine prévue pour piano seul. Dans les deux cas, une exécution minutieuse, exigeante sans se priver du brio collectif à l'image de la magnifique harmonie du deuxième mouvement Adagio cantabile ou celui, plus individuel, avec la virtuosité du violon solo dans le dernier mouvement Presto du septuor. Solistes et instrumentistes au sein d'une philharmonie peuvent donc faire bon ménage.

Les Solistes de Monte CarloLes Solistes de Monte Carlo

Le concert s'intitulait « Tumulong », ce qui veut dire « aider » en philippin. Les sommes recueillies lors de cette manifestation seront donc reversées à l'Amade Mondiale.

 

Nice, 14 janvier 2014
Jean-Luc Vannier

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ISSN 2269-9910

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musicologie.org 01/2014

Jeudi 16 Janvier, 2014 0:13

 

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