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La folle journée, ou Le mariage de Figaro

Barbentane, La Rebutte, 5 août 2012

Par Eusebius

Recette : prenez cinq actes de Beaumarchais, quatre de Mozart, épluchez, faites réduire à feu doux de sorte que le volume n'excède pas deux heures pleines. Assaisonnez à la commedia dell' arte, confiez l'ensemble à Comédiens et Compagnie, et servez chaud : le public se régalera…

 

La folle journée

Le Mariage – ou Les Noces – de Figaro ont souvent donné lieu à des mixages Beaumarchais-Mozart, ou l'inverse. Ainsi l'opera buffa avec les dialogues de Beaumarchais en lieu et place des récitatifs, entendu assez fréquemment. Mais je n'ai pas en mémoire réussite comparable à l'adaptation de ce soir. D'une grande fidélité, tant à Beaumarchais qu'à Mozart, cette production originale est accompagnée par un ensemble à vent (hautbois, clarinette, clarinette basse et trombone) que n'eut pas renié le musicien : dans l'esprit des transcriptions de bon aloi qui fleurissaient dès la création de l'ouvrage. L'auditeur averti aura pu regretter la réduction de nombreuses pièces à leur exposition, citations plus qu'airs. Mais ceux de la Comtesse, une bien belle voix dans le Porgi amor et le Dove sono, n'ont pas été abrégés.

La Folle journée

Ancienne carrière circulaire, à l'acoustique parfaite, le décor naturel de La Rebutte constitue un bel écrin. La mise en scène est sobre, jamais pédante, servie par des éclairages bien pensés, et par des bruitages pleins d'humour. Les décors et accessoires sont réduits à leur plus simple expression (avec quatre pupitres côté cour). Des comédiens-chanteurs-danseurs au jeu digne des Foires parisiennes du XVIIIe siècle, et dont on oublie vite l'inégalité des qualités vocales, tant le rythme est soutenu. Les ensembles, particulièrement les chœurs, sont une réelle réussite. Un vrai travail de troupe, efficace. Signalons particulièrement Suzanne, le Comte, Marcelline et Bazile dont le jeu est exemplaire.

La troupe Comédiens et Compagnie a déjà une longue expérience dans ce type de production. On se souvient avec bonheur de leur Flûte enchantée, de la Princesse d'Elide, ou encore de la Nuit des Rois. Cette Folle journée, a ravi un public peu familier de l'opéra. Et ce à juste titre. On ne saurait trop recommander cette production intelligente, efficace, rondement menée.

 

Eusebius
(6 août 2012)

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