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Kinneret Sieradzki et Michael Abramovich
Saint-Thibault, le 19 juillet 2011
Par Eusebius

 

Le lieu serait-il magique ? Il y a peu, deux jeunes virtuoses (Anna Hashimoto et Manon Ablett) déployaient leur talent dans cette merveilleuse église avec un récital mémorable d'œuvres pour clarinette et piano. Et voici deux musiciens d'exception – peu connus en France - qui y donnent le meilleur de leur art.

Église de Saint-Thibault

Un programme a priori sans surprise, si ce n'est la redécouverte d'œuvres dont on avait oublié quelque peu la force expressive : Beethoven (la 8e sonate pour violon et piano, puis la sonate « Les Adieux » en mi bémol majeur), puis Bartòk (les danses populaires roumaines) et Grieg (la 3e sonate).

La 8e sonate en sol de Beethoven était flamboyante, à la fois pleine, souple et nerveuse. On découvrait un second mouvement (tempo di minuetto) empreint de grâce, d'une fraîcheur juvénile et dansante. Un régal tant la complicité des deux artistes était évidente.

La sonate « Les Adieux » dont Michael Abramovich enchaînait opportunément les trois mouvements l'habitait manifestement. Son jeu, quasi improvisé, respirait la liberté dans un respect absolu du texte et de l'esprit : un merveilleux conteur nous tenait extraordinairement en haleine, comme si nous ignorions le dénouement de l'histoire. Que de joie profonde dans le finale ! Et combien nous en a-t-il donné ! Je cours chez le disquaire...

Les danses populaires roumaines de Bartòk ravirent évidemment le public. L'ultime sonate de Grieg était donnée avec une rare intensité dramatique. Les deux merveilleux musiciens, tour à tour violents et sombres, délicats, énergiques nous en révélaient le profond romantisme parfois teinté de mélancolie, si propre à Grieg.

Pleinement engagés dans une carrière qui s'annonce déjà fort brillante, les deux jeunes musiciens semblent promis aux plus hautes marches du podium. Kinneret Sieradzki est une virtuose accomplie au palmarès déjà éblouissant : voilà du très grand violon, une palette extraordinaire, une sonorité généreuse, profonde, ample, avec des graves superbes que l'on rencontre rarement. On pense à Kogan, c'est dire si l'étoffe est prometteuse. Notre violoniste  devait nous quitter le lendemain pour rejoindre Daniel Barenboïm et son orchestre Divan, pour une tournée mondiale de cinq semaines. Voilà qui augure bien des succès à venir.

Kinneret Sieradzki

Michael Abramovitch, lui aussi, est un très grand virtuose. Son jeu, très caractéristique, unit les qualités qui furent celles de Menahem Pressler et de Glenn Gould, tant par son toucher que par sa posture (pour ce qui est du second). Mais, par delà ses évidentes capacités de chambriste, ces sont ses éminentes qualités de musicien sensible et inspiré qui frappent.

Un concert singulier, et l'on attend impatiemment le retour des deux artistes.

 

                                                                                       Eusebius
20 juillet 2011


Références / musicologie.org 2011