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Élève de Vincent d'
Indy, Charles Bordes et Isaac Albéniz, secrétaire
de la Schola Cantorum, fondateur de l'Édition
Mutuelle, critique musical, René de Castéra
a connu la plupart des compositeurs, des artistes et
des intellectuels de son temps. Excellent pianiste,
il a composé des oeuvres élégantes
(Sere nata, mélodies, harmonisation de
chansons populaires, Sonate pour violon et piano,
Trio avec piano, Concert, Jour de fête
au Pays basque, poème symphonique, et son
chef-d'oeuvre Nausicaa, ballet avec choeurs,
etc.), interprétées en première
audition à la Société nationale
de musique (à Paris) et à la Libre Esthétique
(à Bruxelles) : il y reçut les félicitations
de la reine des Belges, Elisabeth, et fut louangé
par de nombreux critiques musicaux. Son ami le peintre
Maurice Denis l'a représenté sur sa décoration
du plafond du théâtre des Champs-Élysées...
Cette biographie de René de
Castéra replace le compositeur dans l'histoire
de la « nouvelle École française
de musique », dans son contexte historique et
social. Une chronique familiale, rurale et locale :
le Sud-Ouest y est omniprésent, à la fin
du XIXe siècle et au début
du XXe.
Les auteurs : Anne de Beaupuy est
la petite-fille du compositeur René de Castéra
; Claude Gay a publié en 1971 Au fil des trams,
préfacé par Alain Decaux ; Damien Top,
musicologue, a écrit Albert Roussel (Séguier,
Carré Musique, 2000).

Ce livre est conçu comme une
visite guidée dans une impressionnante exposition d'archives
— écrites et orales, familiales. Au centre,
le compositeur René de Castéra, la belle
demeure d'Angoumé et le piano Steinway.
Et la traversé du temps, des guerres, des mouvements
sociaux, des engagements politiques, du point de vue
d'une famille tirant de bons revenus de ses terres.
Les mariages qu'on calcule avant d'organiser, les cancans,
la gestion du patrimoine, et le commerce avec un immense
entregent, dont le monde artistique côtoyé
par André de Castéra..
Traversant cette traversée,
il y a la crème de la Schola cantorum. Vincent
d'Indy et Blanche Selva sont des habitués
du Steinway d'Angoumé. On se doute que D'Indy,
lui-même grand propriétaire terrien, a
des affinités plus que musicales avec les
d'Avezac de Castéra.
Un cahier central de 16 pages offre
un choix tout à fait intéressant, rare,
de photographies, prises pour la plupart par Carlos
de Castéra, le frère aîne, dont
on saura tout sur le voyage aux Indes effectué
avec Albert Roussel et son épouse.
Ce n'est pas tout à fait de
la sorte qu'on devrait aujourd'hui envisager d'écrire
un livre d'histoire, et pour ce livre-ci, même
conçu comme une chronique familiale, on aurait
pu faire l'économie de nombreuses anecdotes et
notes de bas de page, quitte à ménager
en fin d'ouvrage une grosse annexe documentaire.
En contrepartie, cet ouvrage est
une source documentaire riche, de grande qualité
et originale.
Jean-Marc Warszawski 9 avril 2005
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