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Philippe de Vitry est connu comme théoricien et compositeur. Toutefois, les quelques compositions conservées qui peuvent lui être attribuées ne le peuvent être en toute certitude. Il est avant tout un homme de pouvoir, politique et religieux. Humaniste, il est un des rares intellectuels français à trouver grâce aux yeux de Pétrarque. 1320, clerc de notaire de Charles IV le Bel. 1323, chanoine prébendé à Clermont en Beauvaisie. 1327, en Avignon. Rencontre Petrarque. 1328, entre au parlement. 1333, rencontre Pétrarque à Paris. 1340, maître clerc de requêtes. 1342, en Avignon. 1346, maître des requêtes à l'hôtel du roi et à l'hôtel de l'hériter du trône. 1350, envoyé par le roi auprès de Clément VI en Avignon. 1351, évêque de Meaux. 1357, un des neuf Généraux réformateurs des États Généraux. La partie mathématique de son traité de musique provient d'une traduction latine d'un traité sur les nombres harmoniques de Levi ben Gershom (dit aussi Gersonide, Leo Habraeus ou Léon de Bagnols)
Écrits
Ars contrapunctus
Ars nova (vers 1322)
Tractatus de musica plana et mensurabilis (attribué à Philippe de Vitry)
Nota quod si vis facere semitonium maius… (tradition anonyme)
Omni desideranti notitiam artis mensurabilis (tradition anonyme)
Quoniam per ignorantiam artis musice... (tradition, anonyme III de De Coussemaker)
Manuscrits
XIVe siècle
- Ms. 5-2-25, Sevilla, Biblioteca Capitular y Colombina, origine italienne et catalane, daté du XIVe-XVe siècle, f° 63-64v, tradition anonyme,
Omni desideranti notitiam artis mensurabilis…
- Ms. Lat. 7378 A, Paris, Bibliothèque Nationale de France, origine parisienne supposée, daté de 1362, compilation avec interpolations, f° 58r,
Omnes homines natura scire desiderant... ; f° 58v-59,
Partes prolationis quot sunt ? Quatuor. Que ? Longa, brevis, semibrevis, minima... ; f° 59r-v ;
Celebranda diversa sunt officia in ecclesia dei cum musica... ; f° 62b, tradition anonyme,
Nota quod si vis facere semitonium maius...
- Ms. lat. 15128, Paris, Bibliothèque Nationale de France. XIVe f° 127r-129r, tradion anonyme & anonyme III de De Coussemaker,
Quoniam per ignorantiam artis musice...
- Ms. 450, Pavia, Biblioteca Universitaria, daté du XIVe siècle
- Ms. Barb. lat. 307, Roma, Biblioteca Vaticana, daté du XIVe- XVe siécle (1431-1432), f° 17r-20v, Ars nova
- Ms. lat. 5325, Roma, Biblioteca Vaticana, daté de la première moitié du XIVe siècle, f° 1r-12v, Musica plana et mensurabilis (anonyme)
XVe siècle
- Ms. L. V. 30, Siena, Biblioteca Comunale, daté fin XVe siècle, f° 129 rv, ars nova
- Ms. Plut. XXIX. 48, Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana, daté du XVe siècle, f° 86r-88v, Ars contrapuncti
- Ms. B 83, Roma, Biblioteca Vallicelliana, daté du XVe siècle, f° 1r-8v, Ars contrapuncti
- Ms. lat. 5321 Roma, Biblioteca Vaticana, daté du XVe siècle, f° 23r-25va, Ars contrapuncti
Éditions
- Gerbert Martin.
Scriptores ecclesiastici de musica sacra potissimum. (3 v.), Typis San-Blasianis, St.-Blasien,1784. Fac-similé par Olms Verlag, Hildesheim, 1963, (3)
- Edmond de Coussemaker.
Scriptorum de musica medii aevi
(4 v.), Paris, Durand 1876, (3). Anonyme III [
Ars contrapunctus, 23-27] [
Ars nova, 13-22] [
Ars perfecta in musica, 28-35] [Liber musicalium, 35-46]
- G. Reaney, Dans " Musica Disciplina " (X) 1956 P. 13-31 & (XIV) 1960, p. 30-31 (Anonyme III de Edmond de Coussemaker) [
Ars nova]
- Gilbert Reaney, André Gilles & Jean Maillard,
Philippi de Vitriaco Ars nova. Corpus scriptorum de musica (8), Rome, American Institute of Musicology 1964
Sur le contenu de l'œuvre
Chapitre XI définition de la musique :
Sachez que la musique est la science du chant juste, c'est à dire le moyen facile à parvenir à chanter parfaitement. Étymologiquement, moyes, c'est à dire eau, et, ycos, c'est à dire science, parce qu'elle a été découverte au bord des eaux.
Chapitre I
Il a trois espèces de musiques : La musique de l'univers, celle de l'homme et la musique instrumentale. C'est de la musique instrumentale qu'il s'agit ici. Le monocorde est un instrument pourvu d'une seule corde, dont le jeu s'établit selon les trois genres. Diatonique, chromatique, enharmonique. Il s'agit ici du diatonique.
Chapitre II.
Les treize intervalles de la musique
Est diatonique tout ce qui procède par série de deux tons et un demi ton. Treize intervalles sont dans ce cas.
Les intervalles
| 1 |
Unissson |
Une unité |
Rapport de 1 à 1 |
| 2 |
Octave |
|
2 à 1 |
| 3 |
Quinte |
|
3 à 2 |
| 4 |
Quarte |
|
4 à 3 |
| 5 |
Ton |
Sesquioctave |
9 à 8 |
| 6 |
Tierce mineure |
|
32 à 27 |
| 7 |
Tierce majeure |
|
81 à 64 |
| 8 |
Demi ton |
|
256 à 243 |
| 9 |
Sixte mineure |
|
128 à 81 |
| 10 |
Sixte majeure |
|
54 à 32 |
| 11 |
Septième mineure |
|
16 à 9 |
| 12 |
Septième majeure |
|
486 à 256 |
| 13 |
Triton |
|
729 à 512 |
Chapitre IV étude des rapports
Rapport du simple au double en ordre inverse : 4 2 1 ; On tire un nombre qui en contient un autre plus sa moitié
Rapport sesquialtere : 4 6 9
Rapport sesquialtere en ordre inverse: 9 6 4
Rapport superbipartiel: 9 15 25
Rapport sesquialtere: 4 6 9
Rapport double sequialtere: 9 24 64
Rapport superbipartiel: 9 15 25
Rapport double et superbipartiel: 9 24 64
À partir de ces calculs qui reproduisent tout compte fait une opération unique, Philippe de Vitry définit les rapports des intervalles musicaux, en se conformant ainsi à son affirmation :
Toute inégalité procède de l'égalité.


Ms. Barb. lat. 307, Roma, Biblioteca Vaticana
La génération des intervalles musicaux
| Quinte |
3 à 2 |
|
|
| Quarte |
4 à 3 |
9 à 8 |
Ton |
| |
|
|
|
| Quarte |
4 à 3 |
|
|
| Ton |
9 à 8 |
32 à 27 |
Tierce mineure |
| |
|
|
|
| Quinte |
3 à 2 |
|
|
| Tierce mineure |
32 à 27 |
81 à 64 |
Tierce majeure |
| |
|
|
|
| Quarte |
4 à 3 |
|
|
| Tierce majeurs |
81 à 64 |
256 à 243 |
Demi ton |
| |
|
|
|
| Octave |
2 à 1 |
|
|
| Tierce mineure |
32 à 27 |
64 à 32 |
Sixte majeure |
| |
|
|
|
| Octave |
2 à 1 |
|
|
| Tierce majeure |
81 à 64 |
128 à 81 |
Sixte mineure |
| |
|
|
|
| Octave |
2 à 1 |
|
|
| Ton |
9 à 8 |
16 à 9 |
Septième mineure |
| |
|
|
|
| Octave |
2 à 1 |
|
|
| Demi ton |
256 à 243 |
486 à 256 |
Septième majeure |
| |
|
|
|
| Quinte |
3 à 2 |
|
|
| Demi ton |
256 à 245 |
729 à 512 |
Triton |
Chapitre VII. Les parties de la musique
Il y a quatre parties à la musique :
1-Les signes et les noms des notes
2-Lignes et interlignes
3-Propriétés
4-Mutations
Chapitre IX. Propriétés
3 caractères spécifiques
1-Etat bécarre
2-Etat naturel
3-Etat Bémol
Règle
Tout en G est en état bécarre
Tout en C est en état naturel
Tout en F est en état Bémol
C indique l'état naturel
F l'état bémol
G quant à lui invite à chanter en b dur.
Chapitre X. Les mutations
Abandon d'un nom de note au profit d'un autre, le son et le signe demeurent les mêmes, il s'ensuit que partout où se fait la mutation, il faut qu'il y ait au moins deux notes.
Chapitre XII. L'unisson
L'unisson n'est pas une consonance, mais le principe des autres consonances. C'est la note avec laquelle on attaque le chant.
Chapitre XIII. Le demi ton
Le demi ton est, entre deux unisson, un espace que, conformément aux possibilités de la voix humaine il n'est ni loisible ni possible de diviser, autrement dit qui ne souffre pas de son intermédiaire. Le demi ton comme le dit Bernard de Ventadour est l'adoucissement et l'agrément de la mélodie tout entière, et sans lui elle serait gâtée, elle perdrait son caractère, il n'en resterait rien.
Chapitre XIV. La musique fausse
Faire des demi tons où il n'y en a pas. Il faut que quand il y a une quinte entre deux notes, une bonne consonance. De là, par conséquent naît évidemment la question de savoir quelle nécessité il y a d'introduire dans la musique régulière, la musique fausse ou fausse mutation, alors que ce qui est régulier ne doit rien admettre qui serait faux, mais vrai bien plutôt. Une quinte égale 3 tons et un demi ton. Une note sur b fa b mi en b carré et une autre sur fa ut aigu, naturel ne sont pas en consonance. On peut réaliser cette consonance par musique fausse.
Chapitre XVI. La mesure
Ainsi pour indiquer un temps parfait, on met un petit cercle, parce que la forme ronde est parfaite; il arrive aussi, selon certains, qu'on mette trois petits traits obliques, cela revient au même : Le temps est parfait puisqu'essentiellement divisé en trois parties égales.
Tableau de solmisation

M
s. Barb. lat. 307, Roma, Biblioteca Vaticana
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