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Jean de Grouchy
Grocheo, Grochieo
Vers 1255 - vers 1320

Jean de Grouchy (vers 1255-vers 1320)

Écrits

De musica

Manuscrits

Ms. 2663. Hessische und Hochschulbibl. Darmstadt. F° 56-69, XIVe

Éditions

  • Wolf Johannes, Die Musiklehre des Johannes de Grocheo," Sammelbände der Internationalen Musikgesellschaft (1), 1899-1900, p. 69-120.
  • Rohloff Ernst. Der Musiktraktat des Johannes de Grocheo nach den Quellen neu herausgegeben mit Übersetzung ins Deutsche und Revisionsbericht.Media latinitas musica, (2), Gebrüder ReineckeLeipzig, 1943), p.  41-67. Fac-similé, 1972.
  • Traduction anglaise par Albert Say. Colorado College Music Press translations (no. 1), Colorado Springs, Colorado College Music Press, 1973 (2e édition)
  • Thesaurus Musicarum Latinarum, éditions électroniques de l’école de musique de l’université d’Indiana :

Bibliographie

  • Besseler. Zur Ars Musicae des Johannes de Grocheo. " Musikforschung " (II), 1949
  • Gérold Théodore. Histoire de la musique des origines à la fin du XIVe siècle. H. Laurens Paris 1936. P. 182, 256, 327, 333, 334, 349, 351, 352, 354, 385, 408
  • Huglo Michel. Le traité mensurabilis du manuscrit de Bamberg. " Acta universitatis. Stokholmiensis " (XXVIIII) Studies in text and music of liturgical tropes and sequences in memory of Gordon Anderson. Alquist et Wiesel Stokholm 1979, p. 91
  • Lebedev Sergey N. Zu einigen loci obscuri bei Johannes de Grocheio. Dans M. Bernhard (éditeur), "Quellen und Studien zur Musiktheorie des Mittelalters " (2), VMK 13, München 1997, p. 92-108
  • Rolhoff. Studien zum Musiktraktak des Johannes de Grocheo. Leipzig. 1930
  • Wolf. Geschichte der Mensural Notation von 1250 bis 1460. Leipzig 1904. 3 vol. Rééd. en fac-similé. Hiddesheim. Olms 1965
  • Wolf. Die Musiklehre des Johannes de Grocheo. " Sammelbände der Internationalen Musikgesellschaft " (I), 1899-1900
  • Wolf. Die Tänze des Mittelalter. "Archiv für Musikwissenschaft" (I), 1918-1919

Sur le contenu de l'œuvre

Divise le domaine musical en trois catégories
1- Musica simplex. (profane et vulgaire)
2- Composita (D'après les canons de la mesure)
3- Ecclesiastica
Autrement dit, musique populaire, musique savante, et musique d'église. D'une façon générale, les théoriciens s'en tiennent académiquement à la proposition de Boèce, à savoir, musique du monde, musique humaine et musique instrumentale. Il y a donc une reconnaissance des genres musicaux, qui révèle l'indépendance intellectuelle de Jean de Grouchy par rapport aux institutions. Son traité réserve une place à ses propres observations. Ainsi, donne-t-il des transcriptions de danses populaires, par lesquelles on peut se rendre compte que les modes employés sont proches de nos modes mineurs et majeurs. (J. Wolf : Die Tänze des Mittelalter. "Archiv für Musikwissenschaft" (I) 1918-1919). Il en fera d'ailleurs la remarque : Les règles de la tonalité ecclésiastique ne sont pas applicables aux chansons, ductiae, estampies. ( Non per tonum cognoscimus cantus vulgarem, ductiam, stanpidem).

Musique plane et musique mesurée
On divise la musique en musique plane ou non mesurée et en mesurée. On entend par musique non mesurée celle de l'église selon Saint Grégoire, et déterminée par plusieurs tons.

Le conduit
Au XIIIe siècle, on ne compose plus guère de nouveaux conduits, mais les anciens sont toujours en usage. Jean de Grouchy cite le genre dans son traité : c'est un genre musical destiné aux fêtes et aux banquets. (Gérold Théodore. Histoire de la musique des origines à la fin du XIVe siècle. H. Laurens Paris 1936. Pages 256, 357)

Motet et organum
Le ténor est la partie sur laquelle les autres sont construites, de même que la maison s'élève sur un fondement... Celui qui veut composer (un motet) doit donc d'abord donner au ténor une bonne ordonnance, en fixer la mesure et le mode. Dans les motets, de même que dans les organa, le ténor est un chant composé antérieurement et emprunté à une mélodie ancienne... Après avoir bien disposé le ténor, on composera au dessus de lui le motettus, qui sera en général à la distance d'une quinte du ténor, mais peut monter plus haut ou descendre.À ces deux voix on ajoute le triplum qui est proportionnellement au ténor à l'intervalle d'une octave, mais peut descendre jusqu'à la quinte. Quoique ces trois voix forment déjà une consonance complète, on peut leur adjoindre encore le quadruplum qui déterminera la consonance tandis que les autres voix monteront ou descendront ensemble ou s'interrompront ou auront des pauses. Tandis que dans la composition d'organa on changera souvent de mode, dans les motets on conservera plutôt le même mode. Dans les commotelli il y a plusieurs textes. Si dans ces textes le nombre des syllabes ou des mots dépasse celui des autres, on peut les égaliser par l'emploi de brèves et de semi brèves. Jean de Grouchy ajoute que ces chants ne sont pas pour les gens du peuple qui ne sauraient ni en comprendre les subtilités, ni y prendre du plaisir. C'est dans les fêtes organisées par les lettrés et les personnes qui recherchent les finesses de l'art que l'on chante les motets. Au cours des réjouissances populaires, on chante des cantilènes et des rondels.

Ductia et carole
La ductia est une composition sans paroles (Sonus illiteratus) mesurée avec un battement approprié. Je dis sans paroles, parce que la voix humaine puisse l'exécuter et qu'il puisse être représenté par des signes de notation, on ne peut l'écrire avec des lettres parce qu'un texte lui fait défaut. Et je dis avec des battements réglés parce que les rythmes règlent la ductia elle-même et les mouvements de l'exécutant et qu'ils incitent l'âme humaine à faire des mouvements élégants correspondant à l'art qu'on appelle la danse, et déterminent le mouvement dans les ductiae et les caroles.

L'estampie
La stantipe est une composition musicale sans parole ayant une progression mélodique compliquée (habens difficiles concordantiarum discretionem) et divisée en points (puncti). À cause de sa difficulté, il occupe entièrement l'esprit de l'exécutant et de l'auditeur, et souvent il distrait l'esprit des riches de mauvaises pensée. Et je dis que son caractère est déterminé par les points, parce qu'il manque de la mesure précise que nous trouvons dans la ductia, et qu'il ne se distingue que par les points. Quelques uns fixent les points pour l'estampie à six, d'après les six voyelles, d'autres se basant sur les sept concordances ou laissant guider par leur instinct naturel, à sept, par exemple Tassyn; C'est de ce genre que sont les estampies à sept cordes ou les compositions difficiles de Tassyn.

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