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Jean-Marc Warszawski
Histoire et document
(Essai)

12. Histoire globale
[
Table des matières]

 

La recherche aux ''sources primitives'' n’est pas la seule motivation de Michelet qui entrevoit de pouvoir faire une «histoire globale». Ainsi s'exprime-t-il, en citant son «maître Géricault» entrant au musée du Louvre, «Où tout l'art de l'Europe se trouvait réuni»  : «... Il dit : C'est bien, je m’en vais le refaire... Plus compliqué encore, plus effrayant était mon problème historique posé comme résurrection de la vie intégrale non pas dans ses surfaces, mais dans ses organismes intérieurs....» [113]

Paul Veyne ne doute pas seulement comme le fait Thucydide, de la crédibilité du témoignage. Il met en avant, son caractère par définition partiel. [114] A priori, on pourrait avancer que ce fragmentaire ne s'oppose pas aux emboîtements d'éléments complémentaires, que ces morceaux partiels et partiaux fondent un regard du juste milieu, sur un objet ou sujet rendu cohérent, continu. Imaginons que l'historien résoudra le tracé de sa ligne contre l'infinité des points qui la compose, qu'il collecte suffisamment de documents, suffisamment de témoignages, pour rendre compte de la globalité qui le préoccupe. Ne prenons pas le soin de définir en quoi le témoignage en amont, celui de l'historien présent, se distingue du témoignage en aval, celui des documents sources, qui sont presque toujours l'oeuvre d'un autre historien, ou d'une littérature considérée historiquement crédible.

Notes

113 - Idem. Il s’agit du peintre Théodor Géricault (1791-1824). Michelet exprime son admiration pour ce peintre qui « en rapides ébauches... allait saisissant et s’appropriant tout». Michelet dit de Géricault qu’il est son maître. Tous deux «saisissent» quelque chose qui, tant en art qu’en histoire ne le fut encore jamais, à savoit le peuple.

114 -  La question de la globalité n’est pas seulement celle de la reconstuction du passé. Il peut s’agir de la globalité de la connaissance que nous avons du passé. Pierre Vilar dit que décrire un village médiéval, c’est aussi décrire un système d’organisation siociale. Voir Entretien avec pierre Vilar,  dans «Passés composés (Champs et chantiers de l’histoire)» Autrement (janvier 1995). Page 281.

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Références / Musicologie.org / © Jean-Marc Warszawski 2002