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Falstaff Belle Epoque

Opéra Bastille, 25 février
répétition générale

Par Frédéric Norac

L'Opéra de Paris n'en finit pas de reprendre les spectacles d'avant l'ère Mortier. Ce Falstaff remonte à 1999. Déjà ! Ce n'est pas la plus imaginative des productions. La transposition dans le Londres des années 1900 n'apporte qu'un élément de pittoresque — rien de plus — et permet de mettre sur la scène une superbe voiture d'époque qui ne sert théâtralement à rien. Tout se passe devant un unique mur de briques qui, en se déplaçant latéralement, devient tour à tour l'Auberge de la Jarretière, l'immeuble où vivent les Joyeuses Commères, et l'entrée du Parc de Windsor, où transparaît la silhouette du chêne de l'Herne pour le tableau des Fées. La scène chez Ford aurait sans doute bénéficié en efficacité théâtrale, en se passant ailleurs que sur le trottoir devant la maison, comme d'ailleurs le reste de l'action.

Il faut dire à la décharge de Dominique Pitoiset que l'immense scène de Bastille n'est peut-être pas idéale pour une œuvre intimiste comme Falstaff mais les ressources du plateau sont singulièrement sous-exploitées.

Artur Rucinski Artur Rucinski (Ford)

Fort heureusement, la distribution compense largement les faiblesses de cette mise en scène de pure convention. Remarquable du côté masculin avec l'excellent Pancione, d'Ambrogio Maestri auquel le Ford d'Artur Rucinski n'est qu'à peine second. Authentique baryton verdien, le chanteur polonais — inconnu jusqu'ici en France — impressionne singulièrement par l'intensité de sa scène du rêve. Parmi d'excellents seconds rôles se détache le Dr Caïus de Raùl Gimenez, vétéran de la Rossini renaissance des années 80, qui affiche de bien beaux restes et qui damerait presque le pion au Fenton un peu nasal mais bien chantant de Paolo Fanale. À l'exception de la Nanetta d'Elena Tsallagova aux longs aigus tenus, les femmes sont un petit cran au dessous. Svetla Vassilieva surtout manque un peu du piquant qu'on associe au personnage d'Alice et Gaëlle Arquez reste un peu retrait dans le rôle plus secondaire de Meg. De Marie-Nicole Lemieux, on ne dira rien, car annoncée souffrante, elle aura marqué toute la soirée, donnant l'occasion d'entendre, dans ses passages, toute la subtilité de l'orchestre verdien, mais le peu qu'elle laisse passer de voix et de chant suggère quel régal musical sera sa Quickly quand elle aura récupéré ses moyens.

Dans un vaisseau de la taille de l'Opéra Bastille, Daniel Oren ne peut jouer la carte du chambrisme mais son orchestre bien que sonore reste toujours d'une parfaite clarté, joue la transparence et mène l'action bon train. À l'arrivée, l'unique hommage de l'Opéra de Paris à Verdi en cette année de bicentenaire s'avère plutôt une réussite.

Frédéric Norac

Prochaines représentations : 27 février - 2, 5, 9, 12, 16, 19, 22, 24 mars

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