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Éric Astoul
piano
La Valse

Éric Astoul (piano) : La Valse.
Codaex, Cristal Publishing, 2010, CRC 1004

Éric Astoul (piano) : La Valse.  Codaex, Cristal Publishing, 2010, CRC 1004. Enregistré en avril 2010, au Studio de l'Alhambra-Colbert à Rochefort.

Comprend :

  1. Arabesque Valsante, Misha Levitski (1898-1941)
  2. Valse de concert sur deux motifs extraits de « Lucia et Parisina » de Gaetano Donizetti, Franz Liszt (1811-1886)
  3. Valse Triste de Ferenc Vecsey, transcription de Georges Cziffra (1921-1994)
  4. Invitation à la Valse, Carl Maria Von Weber (1786-1826)
  5. Valse en la bémol majeur, Johannes Brahms (1833-1897)
  6. Étude en forme de valse, Camille Saint-Saëns (1835-1921)
  7. Valse impromptu, Franz Liszt (1811-1886)
  8. Valse n° 2, opus 64, Frédéric Chopin (1810-1849)
  9. Méphisto-Valse n° 1, Franz Liszt (1811-1886)

Après avoir étudié le piano une quinzaine d'années auprès de Georges Cziffra, il est admis au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, où il décroche, entre autres récompenses, le Premier Prix de piano en 1994, l'année même du décès de son mentor. Il se perfectionne sous la direction de Jean-François Heisser, puis à Madrid, il est le premier français à obtenir le diplôme de la Escuela Superior Reina Sofia. Lauréat de multiples distinctions, il donne des concerts en Europe et au Japon, est invité dans de nombreux festivals. La Valse est son quatrième disque.

On est surpris dès l'ouverture du boîtier, car le cédérom se présente comme un petit disque vinyle noir à l'ancienne, sillons compris. On note aussi la place réservée à Franz Liszt, le compositeur de prédilection du maître, Georges Cziffra : la virtuosité et le geste large sont au rendez-vous. Mais aussi il y a de la gaité, et de la mélancolie, du lent à trois noires et du plus viennois à blanche noire. C'est un peu comme le tango de l'autre continent lointain, la valse est une âme de quelque chose, et se prête à tous ses états et ses vagues quand elles lui viennent. Elle est de la toupie qu'on y tournait rue de Lap, au grand pas élégant des salons plus habillés, et dans le silence recueilli du salon à la Chopin, et pièce de genre au concert.

Que dire encore ? La valse est lente, endiablée, caprice, hésitation, caractéristique, romantique, mélancolique, tendre, triste, noble et sentimentale avec Maurice Ravel, de bravoure, ardente, d'amour, Distinguée du précieux dégouté avec Erik Satie, qui en rajoute une au chocolat, favorite, chaloupée, mais aussi petite, grande, brillante, légère, idéale et arabesque, impromptu, fantaisie, scherzo, menuet, oubliée avec Busoni, elle peut s'appeler « Julia » avec Chabrier, ou « Kitty » avec Fauré... bref, on peut la chanter dans tous les tons et le chromatique, le danseur peut la tourner à gauche ou à droite et inversement.

Elle est hongroise avec Maurice Emmanuel, styrienne avec Camille, Erlanger, autrichienne avec Joseph Gelinek, mais en réalité on se chamaille un peu là-dessus : elle pourrait être allemande, elle pourrait être française. En réalité elle est à qui la prend, la compose ou la joue, la danse ou l'écoute, depuis certainement le milieu du XVIIIe siècle.

Un genre populaire, si profondément enraciné, est nécessairement incarné, y compris dans ses émanations les plus savantes, comme c'est aussi le cas pour le tango ou le flamenco. Il y a de la flamboyance, de l'affrontement, de la conquête amoureuse, du machisme, de la fierté, avec la crânerie et la poudre aux yeux, il y a de la tragédie. C'est dans le genre, mais c'est aussi dans la manière tendue dont Éric Astoul aborde, conquiert et charme le piano, et avec le piano, un peu à la Cziffra.

Dans ce sens, on apprécie le choix des pièces, auxquelles on aurait peut-être pu avoir le culot d'ajouter une ou deux belles choses, reprises du répertoire du piano à bretelles.

Le livret accompagnant le cédé, en français et en anglais, est bien documenté sur les pièces et les compositeurs joués.

Jean-Marc Warszawski
4 septembre 2010


Références / musicologie.org 2010