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Couperin, Colin de Blamont
Concert chez la reine

 

Couperin, Colin de Blamont : Concert chez La reine. Les ombres,
Margaux Blanchard, Sylvain Sartre. « Collection Jeunes Ensembles »,
Ambronay  Éditions 2010 (AMY 301)

Voici sans nul doute un très beau CD, avec de la belle musique, une interprétation impeccable, une réalisation des plus soignées, comme Ambronay nous a habitués à entendre depuis son premier enregistrement, Selva morale e spirituale de Claudio Monteverdi en 2005

Mais il faut avouer que le raclage des fonds de tiroirs des musiques de l'Ancien Régime devient quelque peu lassant, l'instrumentalisation musicale, si on peut dire, mais surtout idéologique qui en est faite sont parfois agaçantes.

L'histoire ne justifie rien. Inversement, on ne peut en aucun cas justifier nos actes présents par l'histoire. La musique ancienne, qu'on joue aujourd'hui sous l'appellation factice et surtout commerciale « musique baroque », qui n'a ni sens historique ni sens esthétique, n'est en rien la reconstitution du passé. Elle est une interprétation contemporaine des partitions conservées, souvent restaurées, du passé.

Entre une partition et son interprétation, c'est-à-dire sa réalisation sonore, il y a un choix d'interprétation. Contradictoirement, on peut selon les cas, féliciter l'interprète pour sa belle liberté, ou le blâmer au nom de la vérité de la partition qu'il n'aurait pas respectée. Là, il vaut mieux ne pas se lancer à disserter sur ce qu'est cette vérité, qui sera toujours un choix entre de nombreuses interprétations possibles. La vérité ne réside pas ici dans la partition elle-même, mais dans des modes, des goûts, des traditions d'interprétations.

Dans le cas des musiques de l'Ancien Régime, la tradition en était bien éteinte et rejetée quand on s'y est remis. Les instruments de musique qui ont créé les chefs-d'œuvre de tant de génies, ont été relégués dans les greniers, parce qu'on en a estimé le son terne, parfois aigrelet.

Et, là on n'a aucun modèle, aucun référent, sinon ce qu'on peut imaginer dans le témoignage écrit des siècles passés, et ses envies d'aujourd'hui. Mais les interprétations qu'on en donne sont contemporaines, l'histoire, celle qui dit qu'on fait de l'histoire, réside dans l'existence de ces documents qui témoignent des activités passées, et de ce qui les a produits, cela ne peut aller plus loin, mais c'est déjà une immense question.

Pour d'autres arts, on a des témoignages d'objets réalisés — pas seulement les plans : l'art rupestre de la préhistoire, des monuments, en ruine ou conservés, des œuvres plastiques. Là, on peut les reproduire formellement, on a les modèles. Mais on peut se demander pourquoi copier une toile de maître, plutôt que l'interpréter, sinon que le maître avait un modèle, que le copieur est devant une interprétation, que sa copie conforme est celle d'une interprétation, et que son interprétation serait celle d'une interprétation, et non l'interprétation personnelle d'un même modèle. Mais encore, est-ce vraiment l'original, ou un original restauré. Le vieillissement est un caractère original des œuvres. La restauration, l'effacement du vieillissement, est aussi un problème.

Certes, la curiosité des musiciens pour ces musiques du passé, leurs interrogations quant à leur interprétation, l'envie de les faire sonner sur les instruments de leur époque, en trouver une technique satisfaisante ont été salutaires. Ces efforts ont abouti à l'invention de nouveaux sons, à la constitution d'un nouveau type d'orchestre, ils ont encouragé, provoqué des questions d'histoire et de musicologie. Ils ont fait du nouveau avec du vieux.

Avec leurs collègues de la contemporaine, ils ont considérablement diversifié la palette sonore, et libéré la musique du romantisme, qui plus qu'une esthétique avait figé, comme un aboutissement de l'histoire dans sa perfection, une manière unique de jouer les instruments.

Il serait tant qu'ils profitent de leur liberté, de leur virtuosité acquise, du son établi, de la cohérence atteinte, de la familiarité conquise, pour renouer avec la curiosité des débuts, sortir des convenances,  pour attaquer des répertoires inattendus, comme le jazz, les musiques populaires, passer des commandes à des compositeurs contemporains. C'est la voie qu'ouvrent un peu timidement des artistes comme Christina Pluhar ou ce qu'a réalisé le Théâtre du voile déchiré, dirigé par Éric Checco, avec « Pas de quartier », un magnifique spectacle hip hop, accompagné par des instruments anciens.

Les textes qui ponctuent ce CD sont déclamés à la manière qu'on pense Grand Siècle. Lire à ce sujet ce que Jean-Jacques Rousseau écrivait quant à la flétrissure de la langue française à la cour... Histoire ? Ce n'est pas simple.

Ce disque nous invite à un « Concert chez la reine », c'est une délicate et délicieuse attention, Les Ombres font renaître cet art de vivre du siècle des Lumières..., dit la présentation. Je ne m'y vois pas trop. Sûr, la belle musique n'est pas faite pour la plèbe, pas plus que toutes ces œuvres que nous pouvons encore admirer aujourd'hui. Il est clair que les pyramides et le monumental art égyptien, c'est la gloire des pharaons, non pas celle des esclaves, des ouvriers et artistes, qui ont réalisé tout cela, pas plus qu'au tout venant des simples écrasés d'admiration, conscients de leur petitesse et de la grandeur des grands. En général, les civilisations qui se donnent ainsi en spectacle, sont des civilisations qui s'accrochent à l'image d'une grandeur en déclin. Une façon de tenter de retenir le temps, mais de là à réquisitionner les Lumières qui ont tant accéléré le temps !

Biographie de Colin de Blamont
Biographie de François Couperin

Les Ombres

Margaux Blanchard (viole de gambe, direction artistique), Sylvain Sartre, flûte traversière et direction artistique), Mélodie Ruvio (mezzo-soprano), Manuel Weber (comédien), Katharina Heutjer (violon), Jérôme van Waerbeke (violon), Sarah van Cornewal (flûte traversière), Mélanie Flahaut (basson), Vincent Flückiger (théorbe), Nadja Lesaulnier (clavecin).

Contenu du CD

François Couperin : Apothéose composé à la mémoire immortelle de l'incomparable Monsieyr Lully.

  • 1. Lully aux Champs Elysées, concertant avec les Ombres lyriques
  • 2. Air pour les mêmes
  • 3. Vol de Mercure aux Champs Élysées pour avertir qu'Apollon y va descendre
  • 4. Descente d'Apollon qui vient d'offrir son violon à Lully et sa place au Parnasse
  • 5. Rumeur souterraine, causée par les auteurs contemporains de Lully
  • 6. Plaintes des mêmes pour des flûtes ou des violons très adoucis
  • 7. Enlèvement de Lully au Parnasse
  • 8. Accueil entre doux et hagard fait à Lully par Corelli et par les muses italiennes
  • 9. Remerciement de Lully à Apollon
  • 10. Apollon persuade Lully et Corelli que la réunion des goûts français et italien doit faire la perfection de la musique. Essai en forme d'ouverture. Lully et les muses françaises, Corelli et les muses italiennes
  • 11. Lully kouant le sujet, et Corelli l'accompagnant
  • 12. Corelli jouant le sujet à son tour, que Lully accompagne
  • 13. La paix du Parnasse, faite aux conditions, sur la remontrance des muses françaises, que, morsqu'on y parlerait leur langue, on dirait dorénavant sonade, cantade, ainsi qu'on ballade, sérénade etc.
  • 14. Saillie
  • 15. Rondement
  • 16. Vivement

François Colin de Blamaont, Circé

  • 17. Texte récité de la cantate
  • 18. Sur un rocher désert
  • 19. Cruel auteur
  • 20. C'est ainsi qu'en regrets
  • 21. Sa voix redoutable
  • 22.  Dans le sein de la mort
  • 23. Ce n'est point par effort qu'on aime
  • 24. Dans les champs que l'hiver désole

François Colion de Blamont, Les Festes grecques et romaines

  • 25. Ouverture
  • 26. Sarabande
  • 27. Premier et deuxième rigaudon
  • 28. Air I
  • 29.Air II
  • 30. Chaconne / Princesse Marie


Références / musicologie.org 2011