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Le clavecin pour les yeux
du père Castel
Par Jean-Marc Warszawksi

Notes

 

 01  Ou Abul Hasan ibn Marwan. Deux problèmes musicaux. Trad. française par Shiloah Amnon dans « Un problème musical inconnu »de Thabit ibn Qurra. « Orbis Musicae » (I,1) 1971, p.. 25-38

02  Dans la tradition ouverte autour des traités de Guy d'Arezzo (v. 975-v. 1040)

03  Zarlino Gioseffo (1573-1588). Auteur de plusieurs traités (de 1573 à 1588), publiés en fac-similés par Gregg Press, Ridgerwood (New-Jersey) 1966

04  Jean de Garlande (v. 1190-v.1255). Universitaire (Toulouse) et encyclopédiste d'origine anglaise. Ses traités de musique sont reproduits dans Edmond de Coussemaker, Scriptorum de musica medii aevi (1), Paris Durand 1865, p. 97 et suivantes

05  Musique polyphonique de une à quatre voix, sur un texte profane ou religieux (qui conduisait à l'origine les processions)

06  Pour lui, le mode rast correspond au rouge, et aussi au premier quart du jour, au signe du Bélier.

07  Robert Fludd (1574-1637). Médecin anglais qui a consacré sa vie à l'ésotérisme. Il est une des origines des Roses-Croix. Ses traités ont une grande valeur esthétique

08  Kircher Athanasius (1602-1680). Spécialiste des langues orientales, attiré par l'occultisme et la Kabbale. Sa Musurgia Universalis eut un très grand succès (5 éd. de 1650 à 1680)

09  Morland Samuel (1625-1697). Diplomate et mécanicien. Il a publié en 1670 et 1671 un Tuba stentoro-phonica, an instrument of excellent use, as well at sea, as at land ; invented and variously experimented in the year 1670. Il s'agit du porte-voix.

10  La peinture emploie, pour ses imitations, des formes et des couleurs étendues dans l'espace, tandis que la poésie se sert de sons articulés qui se succèdent dans le temps. Jacques Le Rider. La couleur et les mots. PUF / Perspectives critiques, Paris 1998, p. 50 [à propos de Lessing]

11  Démonstration géométrique du clavecin pour les yeux & pour tous les sens, avec l'éclaircissement de quelques difficultés et deux nouvelles observations.

12  Question XIV de l'Optique de newton : L'harmonie et la discordance des couleurs ne peuvent-elles pas venir du rapport des vibrations propagées jusqu'au cerveau par les fibres des nerfs optiques ; de même que l'harmonie et la dissonance des tons viennent du rapport des vibrations de l'air ?  Et Question XXIII : La vision ne dépend-elle pas principalement des vibrations de ce milieu (éther), excitées au fond de l'œil par les rayons de lumière, et propagées jusqu'au sensorium par les fibrilles solides, diaphanes et homogènes des nerfs optiques ? Et l'ouïe ne dépend-elle pas des vibrations de ce milieu (ou de quelque autre), excitées dans les nerfs acoustiques par les vibrations de l'air, et propagées jusqu'au sensorium par les fibrilles solides, diaphanes et homogènes de ces nerfs ? Ainsi des autres sens. Dans "Optique", Christian Bourgois, Paris, 1989. P. 299 et 305.
Pour le problème de la vibration, Castel renvoie à Joseph Sauveur (1653-1716). Premiers travaux d'acoustiques en tant que science particulière. Publication dans les mémoires de l'académie des sciences en 1701 et 17072, publiés à Paris les mêmes années.

13  Difficultés sur le clavecin oculaire avec leurs réponses

14  Christophe de Villiers (v. 1585-v. 1650). Barbier à Sens, n'est connu qu'au travers de sa correspondance avec Mersenne.

15  Marin Mersenne (1588-1648). Important mathématicien (cycloïde, nombres premiers, théorie du son), il est la boite aux lettres de l'Europe savante.

16  Journal de Trévoux, août 1735

17  Pierre Bonnet, dans l'édition de 1721 de son histoire de la musique, ajoute un parallèle avec la poésie et la peinture.

18  Nous éviterons ici la fastidieuse énumération des sources et localisations. On se reportera à la thèse de J.-M. Warszawski (Paris VIII, 1995) Les écrits relatifs à la musique de Boèce à Jean-Philippe Rameau.

19  Il s'agit du quatrième degré appelé « sous-dominante » qui, par rapport à la tonique est une quinte au-dessous, alors que la dominante est une quinte au-dessus. Jean-Jacques Rousseau se gaussera de cette musique faite pour les yeux et non pour les oreilles.

20  Jacques Derrida. De la Grammatologie. Collection « Critique », Les éditions de Minuit, Paris, 1967.

21  Jacques Le Goff. Les intellectuels au Moyen-Âge. Collection Points / Histoire (H 78), Éditions du Seuil, Paris, 1985 (1957). p. 40 et suivantes.

22  Aristote, La métaphysique, traduction par Barthélémy Saint-Hilaire, Éditions Presse pocket 1991, p. 44 (livre A, chapitre 2)

23  Journal de Trévoux, août 1735

24   [...] On peut dire qu'en général, la magie consiste à traiter toutes les couleurs de façon à reproduire un jeu d'apparences sans objet, ce qui constitue la pointe extrême et évanescente du coloris ; c'est une interpénétration des couleurs, un jeu de reflets qui sont eux-mêmes des reflets, le tout étant d'une finesse, d'une instantanéité, d'une plénitude de vie et de sentiment telles qu'on se sent presque transporté dans le royaume de la musique. G. W. H. Hegel, Esthétique des arts plastiques. Éditions Bernard Teyssèdre, Paris, Hermann,, 1993, p. 321 (cité par J. Le Rider, Les couleurs et les mots. PUF, Paris 1998, p. 48)

25 Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier. Folio, Essais, Denoël, Paris, 1989. p. 108. « Chez les individus particulièrement évolués l'accès à l'âme est si direct et les réactions de celle-ci si faciles à atteindre qu'une excitation du goût pénètre instantanément jusqu'à l'âme en faisant réagir les autres voies d'accès par d'autres organes matériels (dans notre cas l'œil). Ce serait une sorte d'écho ou de résonance, comme cela se produit avec les instruments de musique dont les cordes, ébranlées par le son d'un autre instrument, s'émeuvent à leur tour. Des hommes d'une telle sensibilité sont comme l'un de ces bons violons dont on a beaucoup joué et qui, au moindre contact de l'archet, vibrent de toutes leurs cordes. » Il ajoute plus loin « Si on admet cette explication, il ne faut pas mettre l'œil uniquement en liaison avec le goût, mais également avec tous les autres sens »

26  On peut encore penser à Plotin, qui rapproche la « forme » de l'esprit pur.

27  Il évoque dans son premier article le récit de Kircher sur les chats musicaux : pour distraire un prince neurasthénique, on a choisi des chats bien proportionnés entre eux, par la taille et la voix. On les a disposé dans l'ordre harmonique et de manière à ce que l'action des touches d'un clavier déclenche des clous qui leur pique le derrière. Malgré le timbre désagréable des miaulements, leur suite harmonieuse a déridé le prince.

28  Berkeley. « Note philosophique 13 X » dans Œuvres (1) p. 30

29  Berkeley : « Le grand principe mécanique actuellement en vogue est celui de l'attraction. Aux yeux de certains, un tel principe explique suffisamment la chute d'une pierre vers la terre et la montée de la mer vers la lune. Mais en quoi sommes-nous par le fait qu'on nous dise que cela est fait « par attraction » ? Ce mot désigne-t-il la manière de tendre ; Y aurait-il attrait mutuel des corps, au lieu d'un impulsion, d'une poussée de l'un vers l'autre ? Mais on ne définit en rien la manière ou l'action, et on ne peut aussi justement l'appeler (pour autant que nous le sachions) « impulsion » ou « poussée » qu'  « attraction » . De plus, nous voyons les parties de l'acier tenir fermement ensemble ; et cela également, on en rend compte « par attraction ». Mais, dans cet exemple, comme dans d'autres, je ne vois pas qu'on désigne rien plus que l'effet lui-même : Car, quant à la manière dont l'action de produit, ou la cause qui la produit, elles une sont pas même visées. » Principes. Principe 103. Œuvres (1), p. 373

30  Œuvres (1), p. 72 <

31  Œuvres (1), p. 76

32  Œuvres (1), p. 88

33  En France, Diderot, qui du déisme newtonnien est passé au matérialisme écrit que le système de Berkeley, « à la honte de l'esprit humain et de la philosophie, est le plus difficile à combattre, quoique le plus absurde de tous ». Voltaire combattra aussi la pensée de Berkerley et sera enthousiasmé par les travaux de Newton, tout comme d'Alembert.

34  Berkeley. Œuvres (1), p. 374

35  Berkeley. Œuvres (1), p : 375

36  Isaac Newton. Optique. Éditions Christian Bourgois, Paris, 1989. Voir la préface de Françoise Balibar.

37  Jacques le Rider. Les couleurs et les mots. PUF/Perspectives critiques, paris, 1998, p. 76 et suivantes.

38  Cette distinction classique n'est pas tout à fait exacte. Car la musique a une ampleur spatiale, la composition, occupe un espace. L'œuvre picturale quant à elle ne se donne pas à voir d'un coup, mais invite l'œil a une découverte dans la succession temporelle

39  Aristote. De sensu et sensibilia. English translation by W. S. Hett, "On sense and sensible objects", in Aristotle: On the soul, Parva naturalia, On breath (Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1936).

40  Aristote. De sensu et sensiti. (3, 439a).

41  Gil de Zamora (v. 1240- v. 1315). Ars musica. Traduit en français par M. Robert-Tissot. Johannes Aegidius de Zamor a: Ars Musica. Dans le «Corpus Scriptorum de Musica» (XX), American Institute of Musicology 1974.