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CAN pop-musik

can pop musik

Deshayes Éric, Can : Pop-Musik. « Formes »Le mot et le reste, Marseille 2013 [184 p. ; 978-2-36054-102-7 ; 20 €]

18 janvier 2014, par Jean-Marc Warszawski ——

Éric Deshayes est connu comme Monsieur Rock alternatif du Web grâce à son site Néosphères, « s » pluriel. Avec Dominique Grimaud il a publié aux éditions « Le mot et le reste » L'underground musical français, et seul en 2007, Au-delà du Rock, la vague planante, électronique et expérimentale allemande des années soixante-dix, chez le même éditeur.

Il est passionné par une musique née, et qui s'est épanouie peu avant sa propre naissance. J'imagine volontiers ses parents assis — plutôt par terre — dans la salle d'une Maison de la culture, un gymnase, en plein air, dans un pré, sur une place, ou à Paris qu'on vidait alors à coups de policiers et de commandos musclés de ses couches populaires, dans des salles à l'identité incertaine comme le Gibus ou le Bataclan.

Peinards, ils fument peut-être un joint et écoutent des groupes, comme Gong, Ange, Lard Free, Crève vite charogne, Komintern, Fille qui mousse, Dagon... Peut-être ont-ils déjà choisi le prénom Éric.

Rock alternatif, rock progressif, rock de recherche... En fait le mouvement était très divers, tentaculaire, venant des quartiers, des conservatoires, du bal, du jazz. On devrait dire contre-culture, à une époque où tout n'était pas comme aujourd'hui récupéré à la vitesse du son dépassée. Et cela se passait dans tous les grands centres d'incubation, artistique : Paris, New York, Londres, Berlin.

C'est justement l'Allemagne qui attire Éric Deshayes, berceau de ce qu'on appelle le Krautrock, ce rock allemand dit planant, peut-être inspiré par Karlheinz Stockhausen ou Klaus Schulze, mais surtout étiquette terriblement restrictive, dans cette expansion inventive, au moins jusqu'en 1973-1974 (après c'est le début de la récup, voire la déchéance commerciale), faisant feu de toutes les influences, curieuse de tous les sons du monde.

CAN s'est formé à Cologne, important centre de musique contemporaine et électronique, avec cinq musiciens aux horizons esthétiques très différents les uns des autres : Holger Czukay (basse), Michael Karoli (guitare, chant, violon), Jaki Liebezeit (percussions), Irmin Schmidt (claviers, chant).

Loin d'avoir été surmédiatisé, CAN qui a partagé, avec Cat Stevens, la musique de Deep End, film culte de Jerzy Skolimowski de 1970 (allez voir Blow Up d'Antonioni en 1966 dans la foulée), est pour les connaisseurs un mythe à la fois fondateur et fondé.

Ce livre est un collectionnement documentaire minutieux, clair et bien écrit, qui suit chronologiquement la vie et les créations de ce groupe, puis de ses membres, depuis 1968 jusqu'à nos jours.

 

plume Jean-Marc Warszawski
18 janvier 2014

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2013

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Dimanche 19 Janvier, 2014 19:57

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