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  Un pianiste et un programme très généreux :
Athanase Kourtev à Sainte-Colombe en Auxois
(27 juillet 2011)
Par Eusebius

Professeur à l'Académie Nationale de Musique de Sofia, après une formation à dominante russe, Athanase Kourtev s'est produit dans des centaines de concerts et de récitals aux quatre coins du monde, mais – curieusement – fort peu en France. Sa réputation lui a valu de présider en 2010 le prestigieux concours Chopin de Moscou.

Le château de Sainte-Colombe en Auxois l'accueillait pour un récital Liszt, donné à l'occasion des masterclasses qu'il dispensait durant une semaine dans la commune voisine de Vitteaux.

Grand technicien, dont la maîtrise est manifeste, qui se double d'un pédagogue apprécié, nous l'avions déjà écouté et apprécié à diverses reprises, dans un répertoire toujours très classique (Liszt, Chopin, Schubert, Scriabine…). Boulimique, c'est en quelque sorte un marathonien du piano. Jugez-en : plus de deux heures ininterrompues de musique. Première valse oubliée, Sonnets 104 et 123 de Pétrarque, Il pensieroso, Souvenir de Saint-Petersbourg, et, pour terminer, Nuages gris et la sonate en si mineur.

Professionnel reconnu et apprécié, sa technique demeure redoutable. Mais, pour ne parler que de la fin du programme, une sonate en si mineur qui aurait été  jugée remarquable dans les années 60, et qu'hélas,  il faut bien considérer aujourd'hui comme passablement relâchée, car vraisemblablement trop rabâchée : articulation déficiente, pédale surabondante et inappropriée, tempi parfois sensiblement différents de ceux préconisés par Liszt… Ce n'est plus de la liberté, c'est de la négligence. Une relative déception, donc. À un jeune on oserait faire remarquer qu'une relecture attentive de la partition serait bénéfique, mais à un maître confirmé ? Faut-il y voir la rançon d'une pratique musicale stakhanoviste : érosion de la mémoire de détail, si essentielle à la fidélité et à la qualité de l'interprétation ?

Avant, nous avions eu ces Nuages gris, sans cette incertitude, sans cette déliquescence tonale qui en font le charme.  

Des bis à n'en plus finir (six, et pas des piécettes !) appréciés du public, certes, mais convenus : fantaisie-impromptu, valses de Chopin, préludes de Rachmaninov…que l'on a beaucoup (trop ?) entendus.

Indigeste. On l'avait connu en meilleure forme musicale. Liszt méritait mieux.

Eusebius
Juillet 2011


Références / musicologie.org 2011