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Opéra & Histoire - 30 opéras face à l'histoire : Un coup pour rien

 

30 opéras face à l'histoire

 

Opéra & Histoire. 30 opéras face à l'histoire. Sony classical 2013 [ASIN B00FKAA67M]. 1 livret de 70 pages, par Jacques Bonnaure.

 

2 décembre 2013, par Eusebius ——

 

Le catalogue de Sony, enrichi des fonds de CBS, RCA, DHM et BMG, autorisait la gravure de trois CD constituant une sorte d'initiation à l'opéra, destinée au public le plus large, particulièrement pour les fêtes de fin d'année.

On aborde l'enregistrement sans préjugé. Première surprise : pas la moindre mention des interprètes ni des dates d'enregistrement, donc excellent mais fastidieux exercice pour le critique, et pour l'auditeur chevronné, que de les rechercher à l'écoute. Ainsi reconnait-on quelques grands noms (Leontine Price, Placido Domingo, Monserrat Caballe) pour telle ou telle page…Seconde surprise : si tout choix comporte une part d'arbitraire, Gluck, Weber, Debussy, Tchaïkovsky, Berg, Janacek, Britten sont laissés pour compte. Les xviiie et xixe siècles absorbent plus des deux tiers du programme. Aucun ouvrage majeur n'aurait-il été écrit ces cinquante dernières années ?

Ces réserves émises, le modèle de composition de cette anthologie est original : plutôt que d'enfiler des pièces disparates, fussent-elles chantées par de grandes voix, l'éditeur a choisi de situer chacun de ces airs emblématiques dans son contexte musical — avec selon le cas, page orchestrale, récitatif, chœur, ensemble — ce qui lui confère davantage de vérité et de cohérence. L'inégalité des interprétations est le lot de la plupart des compilations : le meilleur (Domingo dans Le Cid, Abbado pour Boris, Nagano pour les Dialogues des Carmélites) y côtoie parfois le quelconque, voire le franchement médiocre, particulièrement pour le répertoire baroque.

Le copieux livret consacre deux pages à chaque ouvrage qu'il s'efforce de situer dans son temps et dans l'évolution du genre. Les « 30 opéras face à l'histoire » ne sont que prétexte bien ténu à la réalisation de cet ensemble. Par exemple, comment justifier le choix du beau et long prélude de Mathis der Mahler, de Hindemith, sinon par la qualité de l'enregistrement d'Esa-Peka Salonen ? Une page de Guerre et Paix de Prokofiev aurait certainement mieux servi le projet.

                                                                                                                            

                                                                     plume Eusebius
2 décembre 2013

 

Écouter la chronique d'Anya Leveillé du 9 janvier 2014 à la Radio suisse romande.

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