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Actualités musicales

31 octobre 2014

 

Michael Gielen met fin à sa carrière de chef d'orchestre

Le chef d'orchestre Michael Gielen met fin à sa carrière et dès maintenant, pour des raisons de santé, il ne dirigera plus aucun concert.

Âgé de 87 ans, il est le directeur musical d'honneur de l'orchestre symphonique de la Südwestrundfunk (la radio télévision du Sud-Ouest, basée à Stuttgart, filiale de la Première chaîne allemande).

Après avoir étudié en Argentine, à Vienne, à Stockholm et Amsterdam, il dirige à partir de 1977 l'Opéra de Franckfurt pendant dix ans, puis prend la direction de l'orchestre de la SWR à Baden-Baden et Freiburg.

Jordi Savall refuse le Prix national de musique en raison de la mauvaise politique culturelle de son pays

Il a adressé une lettre au ministre de l'Éducation le 30 octobre 2014, reproduite sur les pages Facebook du musicien, suivie d'un communiqué

Traduction proposée par Jean-Christophe Pucek

LETTRE AU MINISTRE DE L'ÉDUCATION
30 octobre 2014
M. José Ignacio Wert
Ministre de l'Éducation, de la Culture et des Sports
Gouvernement de l'Espagne

Honorable M. Wert,
Honorables Membres du jury du Prix national de Musique 2014,

En apprenant la nouvelle de ce prix d'importance, j'ai éprouvé deux sentiments profondément contradictoires et totalement incompatibles : premièrement, une grande joie devant cette tardive reconnaissance de plus de 40 années de dévouement passionné et exigeant pour la diffusion de la musique comme force et langage de civilisation et de sociabilité et, en même temps, une immense tristesse en sentant que je ne pouvais l'accepter sans renier mes principes et mes convictions les plus intimes.

Je regrette de vous informer, donc, que je ne puis accepter cette distinction étant donné qu'elle m'est décernée par la principale institution de l'État espagnol responsable, à mon sens, du dramatique désintérêt et de la grave incapacité à défendre et promouvoir l'art et ses créateurs. Une distinction qui provient d'un ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports également responsable de maintenir dans l'oubli une part essentielle de notre culture, le patrimoine musical hispanique millénaire, ainsi que de sous-estimer l'immense majorité des musiciens qui au prix de grands sacrifices consacrent leur vie à maintenir ce patrimoine vivant.

Il est certain qu'en quelques rares occasions j'ai pu bénéficier, au long de plus de 40 années d'activité, de quelques appuis institutionnels : la célébration du cinquième centenaire de la découverte de l'Amérique, les petites aides pour des tournées internationales et, plus récemment, les invitations du Centre national de Diffusion musicale à présenter nos projets à Madrid. Mais, à l'instar de l'immense majorité des musiciens et ensembles de ce pays, j'ai avancé grâce à mes efforts personnels sans jamais compter sur une aide institutionnelle stable pour produire et concrétiser tous mes projets musicaux. Cela fait trop longtemps que les instances du ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports que vous dirigez agissent sans donner l'impulsion nécessaires aux différentes disciplines de la vie culturelle d'Espagne qui luttent actuellement pour survivre sans protection institutionnelle ni même une loi sur le mécénat qui les aiderait, sans doute aucun, à se financer et à se prendre en main.

Nous vivons une grave crise politique, économique et culturelle dont la conséquence est qu'un quart des Espagnol(e)s se trouvent dans une situation de grande précarité et plus de la moitié de nos jeunes n'a ni même n'aura la possibilité de trouver un travail qui puisse leur assurer une vie un tant soit peu digne. La Culture, l'Art, et en particulier la Musique, sont les fondements de l'éducation qui nous permet de nous accomplir personnellement et, en même temps, d'être présents comme entité culturelle dans un mode de plus en plus globalisé. Je suis profondément convaincu que l'art est utile à la société car il contribue à l'éducation des jeunes et à élever et renforcer la dimension humaine et spirituelle de l'être humain. Combien d'Espagnol(e)s ont déjà pu une fois dans leur vie assister à l'exécution des œuvres sublimes de Cristóbal de Morales, Francisco Guerro ou Tomás Luis de Victoria ? Peut être quelques milliers de privilégiés qui ont eu la chance d'assister à quelque concert programmé par l'un des très rares festivals consacré à ce type de musique. Mais l'immense majorité, jamais elle ne pourra jouir de la fabuleuse énergie spirituelle que transmet la divine beauté de ces musiques. Pourrions-nous imaginer un musée du Prado dans lequel tout le patrimoine ancien serait inaccessible ? C'est pourtant ce qui se passe avec la musique car la musique vivante existe seulement lorsqu'un chanteur la chante ou quand un musicien la joue ; les musiciens sont les véritables musées vivants le l'art musical. C'est grâce à eux que nous pouvons écouter les Cantigas de Santa María d'Alphonse X le Sage, les villancicos et motets du Siècle d'Or, les Tonos Humanos y Divinos du Baroque… Pour cela, il est indispensable de donner aux musiciens un minimum de soutien institutionnel stable car, sans eux, notre patrimoine musical demeurera comme un triste songe fait d'oubli et d'ignorance.

L'ignorance et l'amnésie sont la fin de toute civilisation puisque, sans éducation, il n'y a point d'art et, sans mémoire, il n'y pas point de justice. Nous ne pouvons permettre que l'ignorance et le peu de conscience de la valeur de la culture qu'ont les responsables des plus hautes instances du gouvernement espagnol sapent impunément le dur labeur de tant de musiciens, acteurs, danseurs, réalisateurs, écrivains et plasticiens qui portent, eux, le véritable étendard de la Culture y qui ne méritent pas, cela ne fait pas le moindre doute, le traitement qu'il subissent. Ce sont eux les véritables acteurs de l'identité culturelle de ce pays.

Pour toutes ces raisons, et avec une profonde tristesse, je vous redis renoncer au Prix national de Musique 2014 en espérant que ce sacrifice sera compris comme un acte de refus visant à défendre la dignité des artistes et qu'il pourra, peut-être, susciter une réflexion pour imaginer et construire un avenir plus prometteur pour nos jeunes.

Je crois, comme disait Dostoïevski, que la Beauté sauvera le monde, mais pour cela, il est nécessaire de pouvoir vivre dans la dignité et d'avoir accès à l'Éducation et à la Culture.

Cordiales salutations,

Jordi Savall.

Gaël Horellou Organ Trio : « Roy »

 

Gaël Horellou

 

Par Alain Lambert ——

Gaël Horellou a deux amours, l'electro jazz (voir son cédé Travels au Petit Label), on l'a encore vérifié la semaine passée en seconde partie de la soirée d'ouverture de Nördik Impakt, avec Antoine Paganotti à la batterie de combat, et Karinn Helbert au Cristal Baschet. Et après des aventures diverses dans les territoires  inexplorés du jazz actuel, un retour au post-bop dans la lignée de Jackie Mc Lean.

On l'a entendu au printemps avec Abraham Burton à Jazz Dudim [voir notre chronique], on le retrouve en trio sur ce cédé Petit Label, toujours en compagnie de son complice batteur, infatigable, et Frédéric Nardin à l'orgue Hammond B3, à la recherche du jazz intemporel,  et c'est gagné !

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La Habanera de « Carmen » : prends garde au tube !

 

Habanera de Carman

Lacombe Hervé et Rodriguez Christine, La habanera de Carmen : Naissance d'un tube, Fayard, Paris 2014 [224 p. ; ISBN 978-2-213-68261-7 ; 17,00 €]

Par Jean-Luc Vannier ——

Entre Nina Hagen qui la chante à Berlin en 1982, le Théâtre du Pont du Ciel de Pékin qui en fait, le 1er janvier de la même année, le premier ouvrage lyrique occidental à être traduit en chinois et le Muppets Show dont un numéro — hilarant — lui est dédié, que reste-t-il de la sulfureuse héroïne de Prosper Mérimée, de cette petite musique espagnole d'origine cubaine et de la première, le 3 mars 1875 à Paris, de cet opéra composé par Georges Bizet ? À lire la passionnante étude qu'Hervé Lacombe, auteur des biographies de Bizet et de Poulenc assisté par Christine Rodriguez, consacrent à cette « irrépressible Marseillaise » de la psyché  amoureuse selon l'expression de Peter Szendy, « La Habanera de Carmen » ne fut pas véritablement un « enfant de Bohème ».

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