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Actualité musicale
21 - 31 décembre 2007
Actualité musicale du 21 décembre 2007
Les « voix ensevelies » de l'Opéra de
Paris
vont sortir des urnes
Le 24 décembre 1907, 24 disques étaient scellés sous le
Palais Garnier afin de témoigner pour la postérité de l'art lyrique du
début du XXe siècle: les deux urnes qui les contiennent ont été présentées
à la presse mercredi soir, soit 100 ans plus tard presque jour pour
jour.
Connus par les spécialistes comme les « voix ensevelies
», ces documents n'ont cependant pas été extraits de leurs boîtes: ils le
seront en 2008 en milieu confiné et sécurisé, en raison de la présence de
bandelettes d'amiantes, disposées à l'époque à des fins de
conservation.
Le donateur des disques, Alfred Clark, président de la
branche française de la Gramophone Company, poursuivait un double but,
exprimé dans le procès verbal de la « cérémonie d'enfouissement » en
1907 de ces boîtes qui devaient être ouvertes « seulement au bout de
cent années ».
D'abord, « apprendre aux hommes de cette époque
quel était alors l'état des machines parlantes », ces phonographes
lecteurs de disques plats qui allaient connaître un bel avenir mais
étaient alors en concurrence avec d'autres modes de reproduction
sonore.
Ensuite, outre cet objectif publicitaire, faire
entendre aux générations futures « quelle était la voix des
principaux chanteurs de notre temps ».
Les disques comportent des airs interprétés notamment
par la Française Emma Calvé (« Carmen » de Bizet), l'Australienne
Nellie Melba (« Rigoletto » de Verdi) et l'Italienne Adelina Patti
(« Don Giovanni » de Mozart).
Ou encore un « Niun mi tema » (mort d'Otello) de
Verdi que les journalistes réunis mercredi soir ont pu entendre grâce à un
exemplaire « jumeau » d'un des disques enfouis, lu sur un phonographe
d'époque, qui a diffusé la voix vibrante, au tremolo plein d'émotion, de
l'Italien Francesco Tamagno en 1904.
« C'est une chose qui nous ramène un petit peu au
Fantôme de l'Opéra », s'est réjoui le directeur de la maison, Gérard
Mortier, qui s'exprimait à la bibliothèque-musée de Garnier derrière les
deux urnes de plomb mises à l'abri en 1907 dans une niche creusée dans les
sous-sols du palais.
Le président de la Bibliothèque nationale de France
(BnF), Bruno Racine, a de son côté vanté chez Alfred Clark « une
contribution à l'histoire et une habile promotion de sa technologie ».
« C'était l'avant-garde à l'époque, c'est de
l'archéologie aujourd'hui », a relevé le patron de la BnF.
Ces boîtes avaient été confiées en 1989 à la BnF,
chargée de leur sauvegarde après que la direction de l'Opéra se fut rendue
compte que deux autres urnes, « enfouies » en 1912, avaient été
fracturées et vidées de leur contenu.
Heureusement, la liste des airs enregistrés est connue.
Malgré la perte de certains disques, EMI — héritière de la Gramophone
Company — pourra donc publier en 3 CD en mars prochain les
quarante-huit 78-tours de 1907 et 1912, à partir d'autres exemplaires de
ces enregistrements.
L'Opéra de Paris et la BnF, pour leur part, n'excluent
pas d'organiser en 2008 une cérémonie comparable à celle de 1907, qui fut
sans équivalent dans le monde de l'art lyrique.
« Peut-être réactualiserons-nous ce type de geste
en utilisant nos nouvelles technologies, qui paraîtront à nos
petits-enfants peut-être aussi primitives que l'est le phonographe
aujourd'hui », indique Bruno Racine.
« Tour du monde »,
création posthume de Maurice Béjart,
sur scène à Lausanne.
Un mois après sa disparition, Maurice Béjart ressuscite
jeudi soir à Lausanne avec son dernier ballet, « Le Tour du monde en
80 minutes », une oeuvre pleine de vie et d'humour malgré l'émotion qui
étreint les danseurs.
Le chorégraphe a monté le spectacle avec ses dernières
forces avant d'être emporté par la maladie le 22 novembre.
« Le Tour du monde », qui dure en fait 90 minutes,
sera dansé à guichets fermés jusqu'au 30 décembre au Théâtre de Beaulieu à
Lausanne, ville où Béjart a installé sa troupe pendant 20 ans. Il gagnera
ensuite le Palais des Sports de Paris du 7 au 10 février.
Le spectacle est à la fois un clin d'oeil de Béjart à
l'oeuvre de Jules Verne et à ses 80 ans, qu'il avait fêtés au début de
2007: il s'agit d'une promenade dans une quinzaine de points du globe que
le chorégraphe a visités durant sa vie, en forme de grande fête
intercontinentale de la danse.
« Peu de chorégraphes auront autant voyagé que
Béjart », souligne le Béjart Ballet Lausanne (BBL), rappelant que
l'artiste, né à Marseille en 1927, aura conduit sa troupe de Paris à
Bruxelles avant de s'installer dans la cité helvétique en 1987.
Des voyages « par goût de la découverte et de la
rencontre avec des publics différents, mais aussi par nécessité économique
»: les tournées ont toujours constitué une source de revenu indispensable
à la vie des compagnies, explique le BBL.
Voyages spirituels aussi pour ce fils de philosophe
passionné par les religions, notamment l'islam et le bouddhisme.
Le « Tour du monde » démarre au Sénégal, hommage
de Béjart à un pays dont il était originaire par son arrière grand-mère.
La voix du chorégraphe retentit d'ailleurs dès le lever de rideau. Il cite
l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor, qui demande à son
propos: « Béjart, sans ses ancêtres noirs, comment aurait-il fait un
ballet comme Le Sacre du Printemps? »
Les danseurs passent par l'Egypte, sur une chanson
d'Oum Kalsoum, puis la Grèce, avec une musique de Théodorakis dansée par
la très souple et longiligne Karline Marion, avant de gagner Venise, pour
un Vivaldi ébouriffant d'énergie.
La troupe fait halte à Vienne, l'occasion de revisiter
le « Beau Danube bleu ». Le voyage se poursuit avec l'Inde et la
Chine, avant un passage par le Pôle, où Béjart accomplit le tour de force
de faire danser des pingouins sur une musique tahitienne, allusion
peut-être à la problématique du réchauffement climatique.
La tournée planétaire s'achève par les Etats-Unis avec
Duke Ellington, puis un carnaval de Rio interrompu par un coup de tonnerre
évocateur de la disparition du chorégraphe.
Maurice Béjart aura assisté jusqu'au bout aux
répétitions de sa dernière création. Malade, il quittera brièvement
l'hôpital pour assister quelques jours avant sa mort à une répétition, a
rapporté la directrice de la culture de la Ville de Lausanne, Silvia
Zamora, le jour de sa disparition.
Gil Roman, le fils spirituel de Béjart qui a repris la
direction artistique de la compagnie, a achevé la scénographie du ballet,
mais a renoncé à chorégraphier un dernier tableau qui devait voir les
voyageurs revenir en terre sénégalaise sur une musique de Youssou
N'Dour.
Le programme comporte une note manuscrite du maître
écrivant fin 2006 à propos de Gil Roman: « Je ne vois que lui pour
continuer, préserver, posséder mon oeuvre et mes ballets... nul autre
».
La fabrique des pianos Bösendorfer
a été vendue à Yamaha
Le célèbre fabricant viennois de pianos Boesendorfer a été vendu jeudi au
géant japonais des instruments de musique Yamaha, a annoncé la banque
propriétaire Bawag dans un communiqué.
La vente porte sur 100% du capital de Boesendorfer et
est assortie d'une garantie du maintien du siège et de la production de
l'entreprise en Autriche, selon le document.
Le PDG de la banque, Ewald Novotny, s'est dit assuré
que Yamaha, premier fabricant mondial d'instruments de musique, saurait
« soutenir le développement de Boesendorfer et poursuivre son
héritage culturel ».
Le montant de la transaction, qui serait de 15 millions
d'euros selon les médias autrichiens, n'a pas été précisé.
Boesendorfer emploie 180 salariés et compte parmi les
plus prestigieux fabricants de piano au monde aux côtés de l'américain
Steinway et l'allemand Bechstein.
Le fabricant a affiché l'an dernier une perte de deux
millions d'euros et des dettes estimées à 8 millions d'euros.
Créée en 1828, l'entreprise dont les instruments était
particulièrement appréciés par le compositeur Franz Liszt (1811-1886) est
considéré comme un joyau de la culture autrichienne. Elle avait été
rachetée en 2001 par la Bawag pour 25 millions de dollars.
La revente de Boesendorfer s'inscrit dans un programme
d'assainissement de la Bawag, l'ancienne banque des syndicats autrichiens,
elle-même rachetée l'an passé par le fonds américain Cerberus après avoir
frôlé la faillite.
Deux nouvelles premières danseuses
ont été nommées
au Ballet de l'Opéra de Paris
Eve Grinsztajn, 26 ans, et Muriel Zusperreguy, 30 ans,
ont été promues premières danseuses à compter du 1er janvier 2008 à
l'issue du concours annuel de promotion du corps de ballet de l'Opéra de
Paris disputé jeudi après-midi, a annoncé l'établissement dans un
communiqué.
Deux postes de premières danseuses étaient vacants
après la nomination comme étoiles d'Emilie Cozette et de Dorothée Gilbert
en 2007.
Le Ballet de l'Opéra de Paris compte huit premières
danseuses, emploi le plus élevé derrière les étoiles (huit femmes), qui ne
sont pas nommées sur concours mais promues par le directeur de l'Opéra sur
proposition de sa directrice de la danse.
La compagnie compte en outre dix étoiles hommes et six
premiers danseurs.
Lors du concours femmes disputé jeudi, Ludmila Pagliero
(24 ans), Christelle Granier (28 ans), Sabrina Mallem (27 ans) ont été
promues sujets, et Caroline Robert (25 ans), Eléonore Guérineau (19 ans),
Fanny Gorse (19 ans), Juliane Mathis (29 ans) et Ghyslaine Reichert (35
ans) coryphées.
Le Ballet de l'Opéra de Paris, riche d'une histoire
longue de 346 ans, est actuellement composé de 154 danseurs (hommes et
femmes) permanents (quadrilles, coryphées, sujets, premiers danseurs et
étoiles) dont la moyenne d'âge est de 25 ans environ.
Les rôles solistes sont le plus souvent attribués aux
étoiles et aux premiers danseurs.
25 ans après leur formation,
les Pogues font toujours bondir leur public
Les Pogues, des Irlandais de Londres qui jouent un
folk-rock imbibé d'alcool, d'influences celtiques et punk, ont défié tous
les mauvais augures et sont toujours sur scène 25 ans après leur formation
pour faire sauter de joie leur public.
Shane MacGowan, le chanteur qui dit n'avoir jamais été
sobre depuis ses 14 ans, titube un peu sur scène, jette un coup d'oeil sur
une feuille pour se rappeler les paroles de certaines chansons, mais a
bouclé sans problème mardi un concert démarré en trombe sur la scène de la
Brixton Academy à Londres.
Le public de tous âges, des quadragénaires aux jeunes
punks, Irlandais, Anglais ou fans venus de toute l'Europe, bondit devant
la scène dans une danse moitié ceili celtique, moitié pogo punk.
Ils reprennent en coeur « Dirty Old Town » et
bondissent en jetant en l'air des pintes de bière à moitié pleines sur le
refrain musclé de « Sally MacLennane ».
Le groupe formé en 1982 à Londres par Shane MacGowan et
le joueur de tin whistle (flûte irlandaise) Spider Stacy revient pourtant
de loin.
Il commence en jouant dans les pubs des ballades
irlandaises, interprétées à cent à l'heure par des musiciens qui mélangent
allègrement rythmes irlandais et énergie des punks.
Avec les paroles de Shane MacGowan, alliant légendes
celtiques et soûlographies, ils deviennent dans les années 1980 la voix
politique des jeunes immigrés irlandais à Londres, anti-Thatcher et
anti-censure.
En 1984, ils font la première partie des Clash, et
produisent un premier album « Red Roses for Me », suivi en 1985 par
« Rum, Sodomy and the Lash ».
Mais Caite O'Riordan, leur bassiste les quitte pour
épouser le rocker Elvis Costello, et leur label Stiff Records fait
faillite en 1987.
En 1988, le groupe est invité à faire la première
partie de Bob Dylan en tournée aux Etats-Unis mais Shane MacGowan, trop
saoul n'arrivera jamais à prendre l'avion.
La même année, l'album « If I Should Fall from
Grace with God » sort. En 1989 avec « Peace and Love » ils sont à
l'apogée de leur succès avec deux albums dans le top 5 des meilleurs
ventes de Grande-Bretagne. Mais Shane MacGowan devient ingérable et après
l'album « Hell's Ditch » les membres du groupe se séparent de leur
chanteur génial mais alcoolique en 1991.
En 1999, la chanteuse irlandaise Sinéad O'Connor,
retrouve le chanteur dans un semi-coma dans son appartement et il est
arrêté pour possession de drogue, selon The Sun.
Le groupe, décrit par le magazine Rolling Stone comme
« l'équivalent musical d'une tournée des pubs » se reforme en 2001 et
réussi, bon an mal an, à se réunir pour une série de concerts chaque année
avant Noël.
2007 est leur année la plus prolifique depuis
longtemps. En tournée en décembre en Grande-Bretagne et Irlande, ils
remplissent des salles souvent plus grandes que lors de leur période de
gloire.
Ils sont attendus aux Etats-Unis en mars 2008, même
sans avoir de nouvelles chansons à leur répertoire depuis une dizaine
d'années.
Leur plus grand succès commercial, « Fairytale of
New York », un duo de 1987 entre Shane MacGowan et Kirsty MacColl devenu
un classique qui se vend à Noël comme des petits pains, est à nouveau dans
l'actualité cette semaine.
La radio BBC1 a essayé d'expurger les échanges salés
entre les deux vieux amants de la chanson « You scumbag, you maggot,
you cheap lousy faggot » (« t'es un salaud, un asticot, un pauvre
pédé à deux balles »), « You're an old slut on junk », (« Et toi
une vieille salope camée »), mais a dû y renoncer devant la levée de
boucliers générale.
Lors de leurs débuts, les censeurs de la BBC avaient
réussi à changer le nom du groupe de « Pogue Mahone » (une invitation
en irlandais à embrasser leur postérieur), raccourci en « Pogues
».
Actualité musicale du 22 décembre 2007
22 décembre 2007, 20h30
Bordeaux, Sainte-Marie de la Bastide
Bach / Handel Airs et cantates sacrées
pour alto
Ensemble Arts des muses
Handel,
O thou that tellest good tidings to Zion (Messie) ;
O Lord, whose mercies numberless (Saul) ;
But who may abide (Messis) ;
Sonate n° 4 ;
He was despised (Messie) »
Bach,
Schlage doch (Cantate BWV 53à) ;
Erbarme dich (Passion selon Saint Matthieu) ; Buxtehude,
Sonate en fa pour 2 violons, gambe obligée, et basse continue ;
Bach,
Widerstehe doch der Sünde (Cantate BWV 54)
Art des Muses est une formation à « géometrie variable
» tendant à faire découvrir au public les musiques du XVIe au XVIIIe
siècle . Les instrumentistes jouent sur instruments anciens afin de
restituer avec la plus grande fidélité les intentions du compositeur.
Tous ces jeunes musiciens provenant de nombreux pays (
Mexique, Espagne, Allemagne, France ) se sont rencontrés lors du stage de
musique Baroque de Barbaste et ont formé cet ensemble à l’initiative et
autour du jeune contre-ténor François PAGOT.
Depuis trois ans ils ont donné des concerts dans
plusieurs villes Françaises; Toulouse, Bordeaux, Paris, et Poitiers lieu
de rattachement ou les musiciens se retrouvent pour travailler. Plus
récemment, ils se sont produits à Bonn en Allemagne
Un e « Flûte enchantée »,
servie dans un écrin féerique,
au Grand théâtre de Genève
Le Grand Théâtre de Genève présente jusqu'au 31
décembre une Flûte enchantée dans les décors féeriques voulus par le
metteur en scène colombien Omar Porras et soulignant l'ambiance de conte
et de magie de cet opéra testament de Mozart, créé deux mois avant sa mort
en 1791.
Papageno, Tamino et Pamina évoluent dans des tableaux
foisonnants aux décors conçus par le frère du metteur en scène Fredy
Porras, qui mêlent richesse des costumes, effets pyrotechniques et écrans
de fumée.
C'est en libellule jaillissant de terre que la reine de
la Nuit interprète ses vocalises bien connues. Ses trois dames scintillant
sous leurs coiffes compliquées nous font revivre des légendes enfantines,
alors que le peuple du seigneur Sarastro se meut en souples cervidés.
Papageno, l'oiseleur au corps parsemé de plume qui mêle
sa gaie nonchalance lorsqu'il accompagne Tamino dans sa quête de la belle
Pamina, assure un rôle convaincant qui a particulièrement plu au jeune
public venu découvrir l'opéra.
L'apparition des trois garçons, juchés sur une
balançoire traversant la scène et qui guident le prince lors de son
épopée, restitue avec légèreté l'atmosphère rêveuse qui parcourt
l'oeuvre.
Lors des rites initiatiques auxquels sont soumis les
héros pour tester leur sagesse et leur bravoure, si les lourds panneaux
qui coulissent sur scène donnent une solennité à l'ensemble, ils laissent
le public dubitatif.
Ainsi, le choix de faire disparaître Tamino et Pamina
derrière des fumées pour décrire certaines scènes d'initiation laisse le
spectateur un peu frustré.
L'orchestre de la Suisse romande dirigé par Gabriele
Ferro et le choeur du Grand théâtre, accompagnent — en deuxième
distribution — une Jennifer O'Loughlin en Pamina à la voix et la présence
lumineuses. Le Tamino interprété par Christoph Strehl sert une prestation
plus fade, alors que la reine de la nuit Jane Archibald réussit ses
vocalises sans éviter d'écorcher le rythme.
La Flûte enchantée est considérée comme une oeuvre
truffée de symboles issus de la franc-maçonnerie dont Mozart était un
adepte. Ainsi le chiffre trois est présent tout au long de l'opéra, de
même que les rites d'initiation et les éléments eau-terre-feu.
Versailles en musique
Le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) a
fêté cet automne, pour ses 20 ans, 200 ans d'intense création musicale à
la cour des Rois de France, de Louis III à Louis XVI : quelques semaines
plus tard, un coffret de 20 CD se fait l'écho de cette folle aventure.
Sous label MBF (Musiques du baroque français), des
disques phares du renouveau baroque ont été réédités aux côtés
d'enregistrements de concerts programmés lors des « Grandes journées
anniversaire » du CMBV, centre dédié à la valorisation du patrimoine
musical français des XVIIe et XVIIIe siècles.
Ce coffret « 200 ans de musique à Versailles » illustre
les genres les plus divers (airs d'opéras, ballets, grands motets,
divertissements...), honorés par une quarantaine de compositeurs (Lully,
Charpentier, Rameau mais aussi les moins connus Boesset, Mondonville,
Philidor...) et servis par les meilleurs spécialistes (Minkowski, Niquet,
Rousset, etc.).
Une intégrale Marcelle Meyer,
chez EMI classics
Comme elle l'avait fait l'an dernier pour Yves Nat, la
maison Emi Classics France honore en cette fin 2007 une grande figure
française du piano, Marcelle Meyer (1897-1958), en rassemblant dans un
coffret de 17 CD l'intégralité de ses enregistrements réalisés en studio
de 1925 à 1957.
L'auditeur pourra y vérifier l'intégrité artistique
d'une musicienne à la fois engagée au service des compositeurs de son
temps (Milhaud, Poulenc, Stravinsky...) et actrice de la redécouverte au
piano de Rameau, Couperin et Scarlatti, à une époque où l'on ne parlait
pas encore de renouveau baroque.
Ses interprétations des œuvres de Ravel et Debussy sont
particulièrement émouvants.
Zig-Zag Territoires
fête ses dix ans, en cinq CD
Le label indépendant Zig-Zag Territoires fête ses dix
ans d'existence avec un « coffret spécial anniversaire » de cinq CD,
choisis parmi les 120 albums produits depuis 1997.
Les enregistrements sélectionnés reflètent la curiosité
des éditeurs (Sylvie Brély et Franck Jaffrès) dans le domaine de la
musique des XVIIe et XVIIIe siècles.
Si les pièces de clavecin de Rameau (par Blandine
Rannou), les concertos de Mozart (ensemble Anima Eterna de Jos van
Immerseel) ou le « Combattimento » de Monteverdi (Akadêmia de Françoise
Lasserre) sont connus, c'est la rareté qui caractérise les sonates pour
violons et basse continue de Rebel (Amandine Beyer et l'Assemblée des
honnestes curieux) ou la sérénade de Bononcini révélée par l'Ensemble 415
de Chiara Banchini.
Editeur attaché à l'objet-disque, Zig-Zag Territoires a
été aussi l'un des premiers labels français à proposer ses enregistrements
en téléchargement sur son site (www.zigzag-territoires.com), bien avant
par exemple que la major Deutsche Grammophon (Universal) ouvre — fin
novembre — sa « DG Web Shop ».
Deux nouveaux premiers danseurs,
au Ballet de l'Opéra de Paris:
Mathias Heymann, 20 ans, et Stéphane Bullion, 27 ans,
ont été promus premiers danseurs à compter du 1er janvier 2008 à l'issue
du concours annuel de promotion du corps de ballet de l'Opéra de Paris
vendredi, a annoncé l'établissement dans un communiqué.
Le Ballet de l'Opéra de Paris compte six premiers
danseurs, emploi le plus élevé derrière les étoiles (dix hommes), qui ne
sont pas promues sur concours mais nommées par le directeur de l'Opéra sur
proposition de sa directrice de la danse.
La compagnie compte en outre huit étoiles femmes et
huit premières danseuses.
Lors du concours hommes, Aurélien Houette (27 ans) et
Vincent Chaillet (23 ans) ont été promus sujets et Fabien Revillion (21
ans), Mathieu Botto (20 ans), Allister Mardin (21 ans), Grégory Dominiak
(25 ans) et Cyril Mitilian (24 ans) coryphées.
Eve Grinsztajn, 26 ans, et Muriel Zusperreguy, 30 ans,
avaient déjà été promues premières danseuses à l'issue du concours femmes
jeudi.
Le Ballet de l'Opéra de Paris, riche d'une histoire
longue de 346 ans, est actuellement composé de 154 danseurs (hommes et
femmes) permanents (quadrilles, coryphées, sujets, premiers danseurs et
étoiles) dont la moyenne d'âge est de 25 ans environ.
Les rôles solistes sont le plus souvent attribués aux
étoiles et aux premiers danseurs.
Le rock irakien veut conquérir le
Liban,
puis le monde
Né il y a près d'une décennie, le groupe de rock
irakien UTN1 (« Unknown to no one », « Inconnu de personne ») vient de
sortir au Liban son premier single en arabe, étape initiale d'une conquête
du monde de la musique.
« C'était incroyable, on était traité comme des
vedettes », explique à l'AFP Shant, le batteur de ce groupe de cinq
musiciens, après le lancement officiel mercredi de leur premier titre, «
Jamila » (belle), devant une centaine de spectateurs dans un grand
disquaire de Beyrouth.
« Je suis très heureux, car c'est le résultat de trois
ans d'attente et de travail difficile, avec beaucoup de hauts et de bas »,
ajoute-t-il.
« C'était super, les gens criaient, pour la première
fois nous pouvions voir le résultat de nos efforts en direct », renchérit
Art.
Le premier single contient quatre versions de « Jamila
», diffusé sur les ondes depuis 15 jours, comme la première chanson en
anglais de UTN1, « While We Can », sortie plus tôt cette année.
« Avec — While We Can — nous voulions dire au peuple
irakien et au monde que nous, en tant que jeunes, nous pouvons faire la
différence », ajoute Art, le clavier, cofondateur du groupe avec Shant à
Bagdad en 1999.
« Nous avons traversé beaucoup de situations difficiles
en Irak, la destinée n'était pas de notre côté », souligne Art dont la
famille, comme celles des autres membres du groupe, vit toujours en
Irak.
Art espère que les jeunes qui les ont applaudis lors de
la soirée de lancement s'inspireront de leur succès pour « ne pas perdre
espoir » malgré les crises au Proche-Orient.
« Les jeunes devraient changer les choses par
eux-mêmes, pas attendre des circonstances favorables », dit-il.
Art et Shant, rejoints par les chanteurs Nadeem et
Akhlad puis par le guitariste Hassan, ont formé leur groupe à Bagdad, sous
Saddam Hussein, avec un répertoire de chansons rock au style
occidental.
Selon leur site internet, leur première chanson n'est
passée « qu'une fois » sur la radio dirigée par le fils aîné de Saddam,
Oudaï, connu pour sa brutalité et mort pendant l'invasion américaine de
l'Irak en 2003 avec son frère Qusaï.
Puis les musiciens, âgés de 25 à 30 ans, ont fui la
dictature irakienne avant de trouver refuge en Grande-Bretagne après 2003
pour aiguiser leurs connaissances musicales.
Et, à l'été 2006, alors qu'ils enregistraient et
tournaient leur vidéo-clip au Liban, ils se sont retrouvés otages de la
guerre de 33 jours entre Israël et le Hezbollah.
« Nous avons vu pire en Irak », relativise Shant, qui
regrette les tensions chroniques politiques et religieuses au Liban. «
J'appelle les Libanais à voir ce qui s'est passé en Irak et à en tirer les
leçons. S'il vous plaît, soyez prudents », lance-t-il.
Le groupe, qui compte des musulmans et des chrétiens,
se veut un exemple de l'harmonie qui doit régner en Irak, ravagé par les
violences sectaires après la chute de Saddam. UTN1 veut aussi adresser un
« message de paix » au monde arabe et à l'Occident.
« A travers nos chansons, nous voulons montrer que les
Irakiens ne sont pas des terroristes. Ce sont des gens éduqués, qui
peuvent chanter comme on le fait en Occident », estime Shant.
« Les Irakiens chantent, rient, ont un sens humain et
font des choses folles comme partout ailleurs. Nos origines ethniques sont
différentes mais nous sommes d'abord des Irakiens, des frères et des amis
», souligne-t-il.
« Ils ont vécu beaucoup de choses, mais ils croient en
leur musique et nous croyons en eux », assure Patrick Zeinoun, responsable
du marketing et de la communication du groupe.
UTN1 veut désormais conquérir l'Europe et les
Etats-Unis à la mi-2008 avec un CD de 12 titres en anglais, enregistré au
Liban, et « rien ne nous empêchera de réaliser notre rêve », assure
Art.
Actualité musicale du 23 décembre 2007
Henri Salvador fait ses adieux à la
scène
dans de grands éclats de rire
« Faut rigoler », comme il l'a chanté tant de fois: c'est dans de
grands éclats de rire que Henri Salvador, 90 ans, a fait ses adieux à la
scène, vendredi soir au Palais des Congrès de Paris.
Le vieux monsieur a conclu son dernier concert par son
célébrissime sketch du gin, qu'il faisait « déjà avant Jésus Christ
». Oubliés les 90 ans: un enthousiasme de gamin l'animait lorsqu'il a mimé
l'ivresse, faisant s'esclaffer les quelque 3.000 spectateurs.
« C'est une déchirure que de vous quitter »,
a-t-il tout de même lancé avant que le rideau ne se referme et que, d'un
geste, il fasse comprendre qu'il était trop fatigué pour de longs rappels,
malgré l'ovation debout.
Son avant-dernier concert, le 26 octobre salle Pleyel,
s'était achevé sur des sanglots d'émotion. Celui de vendredi était au
contraire placé sous le signe de l'humour mordant dont il a souvent joué
durant ses 60 ans de carrière.
En évoquant un mot d'encouragement « que (lui) a
envoyé Sarko », il met sa main à cinquante centimètres du sol et lâche,
devant un public hilare: « Il est allé chercher Carla Bruni qui fait
trois mètres ! Il ne peut lui embrasser que les genoux ».
Il donne aussi dans l'autodérision. Gêné par un chat
dans la gorge durant « Le loup, la biche et le chevalier » (le vrai
titre d'« Une chanson douce »), il glisse des « Il est temps que
j'arrête » et autres « Il est cuit, Salvador ». « Je vois pas ce
truc », rigole-t-il alors qu'il a du mal à distinguer le prompteur devant
lui.
Avant « Le lion est mort ce soir », il explique:
« En américain, ça s'appelle de la money music! J'en ai fait une
tonne ». Et une fois le célèbre refrain terminé, il s'exclame: « Owim
Bowé, tu parles d'une connerie! »
« Ca, ça fait manger! », avoue-t-il après avoir
enchaîné avec « Le travail c'est la santé » et « Zorro est
arrivé ».
Mais Henri Salvador n'est pas qu'un amuseur, c'est
aussi un crooner fou de jazz. Même si elle n'a plus son lustre d'antan et
malgré les outrages des ans, sa voix reste suave et connaît un net regain
de vigueur sur les morceaux jazzy les plus dynamiques, comme ce
« Blouse du dentiste » écrit avec Boris Vian dans les années 50. Car
son sens du swing est toujours là.
Elégant dans un ensemble blanc et un blazer bleu, il
est accompagné par neuf musiciens (piano, cuivres, batterie, guitares...).
A portée de main trône un verre de bordeaux (« Un p'tit vin qui pète
pas plus haut que son cru! ») qui l'aide à chasser ses chats dans la
gorge.
D'autres classiques défilent, comme « Dans mon île
», qui avait contribué à la naissance de la bossa nova au Brésil à la fin
des années 50, « Syracuse », ou « Avec le temps » de Léo
Ferré.
Ils sont précédés de chansons de son dernier album,
« Révérence » (allusion à ses adieux à la scène), dont « La vie
c'est la vie » qui, dans sa bouche, sonne comme un défi au temps:
« La vie, faut la vivre jusqu'à en crever! »
L'occasion de rappeler qu'il est le plus âgé des
chanteurs français: « Aznavour a 83 ans, Chevalier est mort à 84,
Trenet à 86 ou 88. Il n'y a que Jeanne Calment qui m'ait battu, mais elle
chantait comme une enclume! »
Signe de son goût pour l'humour noir, il avait demandé
à Laurent Baffie de dire quelques mots d'introduction au début de la
soirée.
Avant le lever de rideau, Baffie a conseillé aux
spectateurs de « laisser leur portable allumé pendant le concert pour
appeler le Samu » en cas de malaise du nonagénaire, ce qui a sans doute dû
bien faire rire ce dernier avant qu'il ne tire son ultime « Révérence
».
Le nouveau coup des Brigands :
une « opérette policière » sur Arsène Lupin
La compagnie de théâtre lyrique Les Brigands a encore
réussi son coup en sortant de l'oubli une nouvelle opérette, « Arsène
Lupin banquier », présentée vendredi soir à l'Athénée à Paris où elle fera
un spectacle idéal pour les fêtes de fin d'année.
Depuis leur naissance en 2000, Les Brigands ont mis
leur jeune talent au service de partitions souvent rares
(« Barbe-Bleue », « Geneviève de Brabant », « Le Docteur Ox
») du maître de la musique légère Jacques Offenbach, tirant d'ailleurs
leur nom du titre d'un de ses chefs-d'oeuvre.
Albert Willemetz aussi suscite leur curiosité: avec
« Arsène Lupin banquier », Les Brigands concluent d'ailleurs une
trilogie consacrée à ce parolier prolifique qui a commencé par « Ta
bouche » — immense succès — et s'est poursuivi avec « Toi
c'est moi ».
Ce nouveau spectacle raconte comment le célèbre
« gentleman-cambrioleur » créé par Maurice Leblanc va réussir à
prendre la place d'un banquier malhonnête, le délester de quelques
millions et séduire sa nièce, qui a entre autres vertus l'avantage d'être
la future bru d'un riche diamantaire.
Créée en mai 1930 aux Bouffes-Parisiens, cette
« opérette policière » en trois actes bien serrés, sans prétention,
chante joyeusement la modernité de son temps (le téléphone, le
phonographe-enregistreur...) et fait souffler un petit vent d'irrévérence
contre les riches et la bonne société.
Elle bénéficie des « lyrics » (paroles) tirés au
cordeau et riches en jeux de mots de Willemetz et de la musique de Marcel
Lattès, qui montre un grand sens mélodique au gré d'une partition où les
influences anglo-saxonnes (rythmes syncopés, coloration instrumentale
jazzy) ne sont pas négligeables.
La troupe (neuf chanteurs sur scène et douze musiciens
en fosse) fait beaucoup pour le succès d'un spectacle efficacement mis en
scène par Philippe Labonne dans un décor évolutif et chaleureux où le bois
domine.
Gilles Bugeaud, dans le rôle-titre, joue certes plus
juste qu'il ne chante. Mais dans la peau du jeune complice (Gontran) de
Lupin — un rôle créé par Jean Gabin —, Flannan Obé impressionne par
l'aisance de son jeu (en garçon de banque, mécano, serveur...), sa voix
libre et bien projetée, et son aptitude aux claquettes. Même le directeur
musical, Christophe Grapperon, déjà très investi en fosse, enfile
facilement le costume du commissaire enquêtant sur l'affaire...
Et quand les dialogues du librettiste Yves Mirande
menacent de s'essoufler, Les Brigands n'hésitent pas à les
« actualiser » gaiement, jusqu'à faire dire au faux banquier, parlant
à son amie garde des Sceaux: « Oui, on ira à Disneyland... »
Créée en octobre à La Rochelle, cette production est
programmée une trentaine de fois dans le cadre d'une tournée de l'Arcadi
(Action régionale pour la création artistique et la diffusion en
Île-de-France).
Après l'Athénée - Théâtre Louis-Jouvet (jusqu'au 13
janvier), elle sera jouée dans neuf villes de la région parisienne (Le
Perreux-sur-Marne, Vélizy-Villacoublay, Noisy-le-Grand, Chelles, Meudon,
Longjumeau, Clamart, Le Vésinet, Maisons-Alfort) jusqu'au 30 mars.
Funérailles religieus0es et rock'n
roll
pour Ike Turner
Décédé mercredi dernier à l'âge de 76 ans, le
guitariste américain Ike Turner a eu droit vendredi à des funérailles
mi-religieuses, mi-rock'n roll.
La cérémonie, organisée dans une église de Gardena
(Californie), a duré près de trois heures. Le groupe d'Ike Turner, les
Kings of Rythm, a assuré l'accompagnement musical, jouant quelques uns des
morceaux les plus connus du musicien, dont « Nutbush City Limits » et
« Proud Mary ».
Parmi les célébrités présentes figuraient le producteur
Phil Spector et le chanteur Little Richard, qui a salué « l'un des
plus grands musiciens qu'(il) ait rencontré de (sa) vie ».
Membre du Rock ans Roll Hall of Fame, Ike Turner est
considéré par de nombreux historiens de la musique comme l'auteur du
premier morceau rock, « Rocket 88 », en 1951. Produit par le
légendaire Sam Phillips, le titre avait ouvert de nouvelles voies par son
utilisation de la distorsion sur la guitare électrique.
Mais il était également célèbre pour ses déboires avec
la drogue et pour les violences perpétrées sur sa femme, Tina Turner, avec
laquelle il avait formé un duo jusqu'au début des années 1970, époque à
laquelle le couple avait divorcé.
Actualité musicale du 24 décembre 2007
Les salons de musique revivent à
Marseille
Particuliers et musiciens font revivre la tradition des
salons de musique à Marseille et sa région pour faire partager au public
l'amour du classique dans une atmosphère conviviale.
« Les gens viennent pour écouter le concert mais ils
aiment aussi l'after » où autour d'un verre tout le monde échange
ses impressions et peut discuter avec les musiciens, constate Sandrine
Friedman qui organise depuis quelques mois des concerts dans son pavillon
d'Aubagne.
Les spectateurs, souvent des mélomanes mais aussi des
voisins qui n'ont parfois jamais mis les pieds dans une salle de
spectacle, apprécient cette proximité avec les musiciens et les échanges
de fin de soirée. C'est le cas d'Anne-Marie Susini, professeur de lettres
à la retraite, qui fréquente plusieurs salons marseillais, alors qu'« au
concert, tout le monde se disperse à la fin ».
Quant aux artistes, c'est pour eux l'occasion de rôder
un programme mais aussi « de jouer ce qu'ils veulent », explique le
luthier André Sakkelarides.
Dans son atelier du centre de Marseille, il « reçoit »
depuis cinq ans une à deux fois par mois pour des concerts classiques mais
aussi du jazz, de la musique contemporaine, des musiques du monde.
« Dans un lieu intime, il y a un effet de catharsis.
Les musiciens ne peuvent pas bluffer. La qualité de l'écoute leur donne de
la force », dit-il.
Les conditions de jeu sont plus compliquées que lors
d'un concert classique, relève le pianiste et professeur Bernard d'Ascoli,
venu présenter trois de ses élèves dans le salon de la comédienne Cécile
Auclert, dans un quartier chic de Marseille.
« On n'est pas porté par une acoustique. Parfois le
piano est mal accordé. Et vu la proximité des gens, si le trac s'installe
c'est plus difficile à gérer », dit-il, avant de tempérer: « On peut aussi
se lâcher totalement car on est un peu en famille ».
L'autre aspect positif, souligne-t-il, est le contact
noué avec le public. Dans les concerts traditionnels, « on est seul dans
sa chambre d'hôtel, seul sur scène », d'autant que depuis le 11 septembre
2001 les loges ne sont plus accessibles aux fans, raconte-t-il.
L'ampleur du phénomène est toutefois difficilement
mesurable car personne ne s'est attaché à recenser ces salons privés,
explique Yolaine Callier, responsable pédagogique à la Cité de la musique
de Marseille.
« On est dans du off, du sauvage, ce sont les
free-party du classique », s'amuse Bernard d'Ascoli, qui craint que « le
jour où il y aura un annuaire, un percepteur se pointe et les services de
sécurité avec ».
Les hôtes de ces soirées, artistes ou passionnés avec à
leur disposition un grand espace et un piano, réclament en effet une
participation financière au public (entre 5 et 20 euros) entièrement
reversée aux musiciens pour les dédommager au moins de leurs frais de
transport ou de baby-sitting.
Quant à dater le phénomène, la tâche s'avère tout aussi
compliquée: Yolaine Callier parle d'une trentaine d'années, Sandrine
Friedman le juge plus récent.
Tous affirment qu'il s'est développé à la faveur de
l'arrivée d'internet et des mails et qu'il est guidé par la volonté de
retrouver l'atmosphère des salons du XIXe siècle, balayés par l'arrivée du
gramophone. Sans leur côté guindé.
Les Concerts à emporter,
l'anti-MTV sur internet
Arcade Fire dans un ascenseur, The Divine Comedy sous
un saule en bord de Seine, Andrew Bird à Montmartre... Animé par des
passionnés de musique, le site internet La Blogothèque a créé les «
Concerts à emporter », lors desquels il filme des groupes dans des lieux
urbains insolites.
Ces vidéos sont consultables gratuitement sur
www.blogotheque.net. Soixante-dix-sept numéros sont déjà en ligne (un
nouveau chaque semaine, avec deux chansons par artiste), des Américains de
The Spinto Band le 26 avril 2006 à la fanfare balkanique Taraf de Haïdouks
le 18 décembre dernier.
« Ca fait 20 ans que la télé montre la musique de la
même manière, soit des clips à la MTV, soit des sessions à la Taratata.
L'idée, c'était de dire qu'aujourd'hui, sur internet et avec un tout petit
peu de moyens, on peut faire quelque chose de différent », explique à
l'AFP Chryde, alias Christophe Abric, blogueur et journaliste trentenaire
qui a créé La Blogothèque en septembre 2003.
L'idée des Concerts à emporter lui est venue en mars
2005, après avoir vu les Montréalais d'Arcade Fire conclure dans la rue le
concert qu'ils venaient de donner au Nouveau Casino à Paris. L'autre père
du projet se fait appeler Vincent Moon. C'est lui qui réalise ces clips
pas comme les autres avec une petite caméra.
Les vidéos sont tournées en plan séquence dans les rues
de Paris ou des lieux insolites, souvent en mouvement et avec une large
part d'improvisation. Le but? Bousculer les musiciens dans leurs habitudes
et laisser les incidents du réel (passants, bruits...) interagir avec leur
prestation.
Ce postulat artisanal, la pertinence du choix des
artistes et la qualité de la réalisation (la caméra virevolte autour des
groupes ou est collée à eux dans des endroits exigus) donnent lieu à de
magnifiques moments de musique, très spontanés et en prise directe avec le
réel.
On y voit par exemple les Néerlandais d'Alamo Race
Track bricoler une interprétation extraordinaire dans une chambre d'hôtel
miteuse, les Québécois de Malajube chanter dans le métro sans que les
Parisiens, blasés, daignent lever les yeux sur eux ou les Anglais de The
Kooks être à l'inverse assaillis par une horde de lycéennes hurlantes.
« L'important c'est de rester en structure légère:
l'esprit des Concerts à emporter sera perdu le jour où il y aura un mec
avec une grosse caméra à l'épaule, deux ingénieurs du son et un camion
régie », souligne Chryde.
La programmation, pointue, est axée sur la pop et le
rock anglo-saxons, même si Cali ou Keren Ann ont été invités.
Les Concerts à emporter (« Take away shows » dans leur
version en anglais) jouissent d'une grosse réputation sur le net et ont
notamment inspiré les Black Cab Sessions britanniques, filmées dans un
taxi.
« On est très reconnus aux Etats-Unis dans le milieu
musical », affirme Chryde, qui revendique 4 millions de vidéos consultées
et 350.000 podcasts.
Les Concerts à emporter cherchent maintenant un modèle
économique, sans remettre en cause la gratuité des vidéos. Celle-ci ne
pose pas de problème aux maisons de disques car cela relève des activités
promotionnelles des groupes.
La Blogothèque vient en outre de sortir son premier
DVD, avec les Américains de Beirut.
Vincent Moon et Chryde sont partis à Brooklyn filmer
les chansons du nouvel album de Beirut, « The Flying Club Cup », sur le
principe des Concerts à emporter. Le DVD est vendu 17 euros exclusivement
sur le site de l'album,
http://www.flyingclubcup.com
Actualité musicale du 25 décembre 2007
Oscar Peterson est mort
Le pianiste et compositeur de jazz Oscar Peterson, l'un
des Canadiens les plus connus à l'étranger, est décédé dimanche soir à son
domicile de la banlieue de Toronto, à l'âge de 82 ans, ont annoncé lundi
les chaînes publiques de télévision CBC et Radio-Canada.
Le musicien, qui a enregistré près de 200 albums en
plus de 60 ans de carrière, a succombé à des complications rénales, ont
indiqué ces chaînes.
Oscar Peterson, qui a joué avec les plus grands noms du
jazz, s'était illustré par une maîtrise inégalée du piano et son style
caractéristique d'une période de transition dans le jazz, passant
librement du boogie-woogie au « stride » ou au be-bop.
Oscar Peterson « Dein Ist Mein Ganzes Herz By Franz Lehár »
(1964)
Né à Montréal le 15 août 1925 dans une famille modeste
d'origine antillaise, il avait débuté sa carrière en 1943 en devenant le
premier musicien noir d'un orchestre de danse populaire de la métropole
québécoise.
Sa carrière avait pris un élan en 1949 lorsque
l'impresario américain Norman Granz l'a présenté aux Etats-Unis en tant
qu'invité surprise au sein de l'orchestre Jazz at the Philharmonic,
réunissant les plus grands musiciens américains, lors d'un concert au
Carnegie Hall à New York.
Cette brève apparition, à 24 ans, avait fait sensation
et marqué le début de sa carrière internationale.
Il effectua régulièrement des tournées en Europe,
souvent en compagnie de la chanteuse Ella Fitzgerald.
Parmi les nombreux autres artistes avec qui il a
travaillé figurent Louis Armstrong, Roy Eldridge, Duke Ellington, Nat King
Cole, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Joe Pass, Ben Webster ou
Lester Young.
Oscar Peterson « You Look Good To Me » (Montreux
1977)
Après cinquante ans de succès, en 1993, au cours d'un
spectacle à New York, il avait eu un accident cérébrovasculaire. Il avait
néanmoins terminé le concert, mais avait dû annuler une tournée en
Europe.
Il continua ensuite à se produire, mais ralentit son
rythme et avait dû renoncer en 2007 au festival de jazz Toronto.
« C'était un géant du jazz », a déclaré à Radio-Canada
son ami et ancien Premier ministre de la province de l'Ontario, Bob Rae. «
C'était peut-être le Canadien le plus connu à l'étranger », a-t-il
dit.
Pierre-Laurent Aimard,
est le nouveau directeur artistique
du festival d'Aldeburgh
Le pianiste et chef d'orchestre Pierre-Laurent Aimard
vient d'être nommé Directeur Artistique du festival anglais d'Aldeburgh.
Le protégé de Messiaen et Boulez prendra dès 2009 la succession de Thomas
Adès. Jonathan Reekie, directeur général d'Alderburgh Music,
se réjouit d'avoir trouvé en lui un « interprète brillant également
doué pour organiser des concerts et diriger un festival ». D'ici là, on
pourra admirer les talents multiples de PIerre-Laurent Aimard comme
soliste, chef d'orchestre et chambriste au festival en 2008, consacré à
György Kurtag.
Actualité musicale du 26 décembre 2007
Manu Dibango,
de retour au Cameroun
« Le retour de l'enfant... prodige », a titré en une le
quotidien gouvernemental Cameroon Tribune pour célébrer ce qu'un autre
journal a qualifié d'« évènement majeur » de 2007 au Cameroun: le retour
dans son pays natal, après deux ans de brouille, du musicien Manu
Dibango.
Un retour en forme de réconciliation à l'occasion d'un
« hommage national » d'une semaine rendu par les autorités camerounaises à
l'un des fils les plus illustres du pays à l'occasion de ses 50 ans de
carrière.
Organisés par le ministère de la Culture, une
exposition de photos, deux concerts et une rencontre avec le Premier
ministre Ephraïm Inoni, ont permis de réchauffer les relations entre les
autorités camerounaises et le saxophoniste de renommée internationale, âgé
de 74 ans.
Manu Dibango, « Soul Makosa »
En 2005, Manu Dibango, installé en France depuis
plusieurs décennies, l'avait pourtant juré: il ne remettrait plus les
pieds au Cameroun.
Deux ans auparavant, il avait accepté, à la demande des
autorités camerounaises, la présidence du conseil d'administration de la
toute jeune Cameroon Music Corporation (CMC), société chargée de gérer les
droits d'auteur des musiciens.
Mais très vite, les relations entre le musicien et le
ministre de la Culture de l'époque, Ferdinand Oyono, un proche du
président Paul Biya, ont tourné au vinaigre.
Pendant plusieurs semaines, les Camerounais ont
assisté, stupéfaits, à des échanges d'amabilité entre les deux hommes via
la presse. « On a vraiment traîné dans la boue le nom de Manu », se
souvient une mère de famille encore choquée, à l'instar de nombreux
Camerounais, des attaques contre un homme ayant tant fait pour la culture
camerounaise à travers le monde.
Après presque 60 ans de carrière, le saxophoniste est
le musicien camerounais le plus connu sur la scène internationale et la «
star numéro un » pour ses compatriotes.
C'est avec un rythme de sa région d'origine, le
makossa, qu'il a connu son premier grand succès international: « Soul
Makossa », sorti en 1972, a fait le tour du monde et marqué les débuts de
la world music.
Saxophoniste, pianiste, chanteur, compositeur, chef
d'orchestre, Manu Dibango avait été désigné en 2000 « Camerounais du
siècle » aux côtés du footballeur Roger Milla par le président Biya.
« Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis
», explique aujourd'hui, avec sa gouaille habituelle, l'artiste pour
justifier son retour, mi-décembre, au Cameroun.
Un retour salué et commenté par toute la presse.
Cameroon Tribune s'est pendant une semaine fait chaque jour l'écho du
programme du musicien.
Après avoir été fait citoyen d'honneur de la ville de
Yaoundé, il a donné deux concerts samedi. Le premier a réuni autour de lui
plusieurs autres musiciens camerounais dont André Marie Tala. Le second,
retransmis en direct par la télévision nationale, lui a donné l'occasion
de jouer avec l'Ivoirien Meiway ou les Sud-Africains du Soweto String
Quartet devant un public trié sur le volet.
Loin du tumulte et de l'agitation, Manu Dibango est
apparu en permanence décontracté, fidèle à son image, crâne éternellement
rasé de près et lunettes noires de star.
« On vient d'assister à la fin d'un film. Un nouveau
film va commencer », a expliqué le musicien après un entretien avec le
Premier ministre Inoni. Il a annoncé qu'il allait travailler « étroitement
» avec le ministre de la Culture avec qui il a « un bon feeling »,
évoquant un projet de création d'un Institut national des Arts
camerounais.
Lundi soir, en marge des festivités officielles, il
devait offrir, sur une grande artère de Yaoundé, un concert populaire
gratuit aux habitants de la capitale camerounaise.
Raul Castro inaugure une
École Compay Segundo
à Santiago de Cuba
Le président cubain par intérim Raul Castro a inauguré
mardi près de Santiago de Cuba (sud-est), l'école de musique « Francisco
Repilado », plus connu sous le nom de Compay Segundo, en hommage à ce
musicien, légende du groupe Buena Vista Social Club, selon la presse
locale.
Accompagné du ministre de la Culture Abel Prieto et de
deux des enfants de Repilado (1907-2003), Raul Castro a ouvert
symboliquement les portes de cette école, située dans le village de
Boniato, à 900 km au sud-est de La Havane, a précisé le journal officiel
du gouvernement, Gramma.
Compay Segundo à L'Olympia (Paris), « El Camisón de Pepa
»
Mondialement connu sous le nom de Compay Secundo, grâce
notamment au film de Wim Wenders sur le Buena Vista Social Club, Francisco
Repilado avait fait ses débuts de clarinettiste à l'âge de 14 ans, dans un
petit groupe de musiciens de Santiago de Cuba. Il est décédé le 13 juillet
2003.
Décès du chorégraphe Michael Kidd
Le chorégraphe américain Michael Kidd, concepteur de
ballets pour certaines des plus célèbres comédies musicales créées à
Broadway, est décédé à l'âge de 92 ans à Los Angeles des suites d'un
cancer, a annoncé mardi sa famille à la presse.
Né Milton Greenwald le 12 août 1919 à New York, Michael
Kidd est mort dimanche à son domicile de Los Angeles, au terme d'une
longue bataille contre le cancer, a précisé son neveu Robert Greenwald au
Los Angeles Time.
Récompensé d'un oscar en 1997 pour l'ensemble de sa
carrière et de cinq Tony Awards, la plus importante récompense pour le
théâtre aux Etats-Unis, Michael Kidd a signé les chorégraphies des
comédies musicales « Finian's Rainbrow » (1947), « Guys and Dolls »
(1951), « Can-Can » (1954), « Li'l Abner » (1957) et « Destry Rides Again
» (1960).
Mais l'une de ses plus notables performances est la
chorégraphie de « Seven Brides for Seven Brothers » (1954) qui voit les
interprètes danser sur des billes de bois, rappelle le quotidien.
Michael Kidd a également chorégraphié les ballets
interprétés par Fred Astaire et Cyd Charisse dans « The Band Wagon » (Tous
en scène) réalisé par Vincente Minnelli en 1953.
Actualité musicale du 27 décembre 2007
« Le prince Igor » inaugure
le Grand Théâtre National à Beijing (Pékin)
C'est mercredi soir que se lève officiellement le rideau sur la salle
de spectacles du nouveau Grand Théâtre National de Chine.
La Troupe d'opéra Marrinsky, de Saint-Pertersbourg, est
connue partout dans le monde. Accompagnée par le groupe de l'Orchestre
Symphonique et de la troupe de ballet Kirov, elle aura l'honneur
d'inaugurer la salle de théâtre du Grand théâtre national. La compagnie de
Saint-Pétersbourg interprétera « le Prince Igor » d'Alexander
Borodin, un chef-d'oeuvre du Moyen-Âge. La mise en scène a été élaborée de
façon à souligner à la fois l'intérieur luxueux et l'acoustique raffinée
de la salle. L'opéra sera dirigé par Valery Gergiev, l'un des plus grands
chefs d'orchestre du monde. Gergiev est le premier chef d'orchestre
étanger à avoir travaillé avec l'Opéra Métropolitain de New York depuis
plus d'un siècle. La Compagnie Mariinsky offrira à Beijing 11
représentations de la pièce. « Le Prince Igor » sera suivi par des
représentations du « Lac des cygnes » et des « Bijoux », de
Balanchine ». « Le Corsaire » sera également présenté. Chaque oeuvre
a été choisie pour ses hautes qualités artistiques.
Yevgeny Nesterenko, « Prince Igor », l'air de
Kontchak
Actualité musicale du 29 décembre 2007
Jacques Pessis raconte Piaf
Comment Edith Gassion, fille d'un acrobate des rues et
qui a grandi en vivotant dans des « bouges » de Belleville, est-elle
devenue « la Môme Piaf » ? C'est cette histoire que raconte la
« biographie musicale » créée et racontée par le journaliste Jacques
Pessis, dans le spectacle « Piaf, une vie en rose et noir », jusqu'au
5 janvier au Cirque d'hiver Bouglione à Paris.
« Le spectacle, qui a été déjà joué plus de 300
fois de par le monde est souvent un électrochoc pour le public », a
expliqué Jacques Pessis à l'Associated Press, précisant que quels que
soient les pays visités, « l'incarnation de Piaf par Nathalie
Lhermitte est saisissante au point qu'au Canada, des spectateurs ont fait
300 km pour voir une seconde fois le spectacle ».
Edith Piaf, « L'Hymne à l'amour »
Au détour de 17 chansons emblématiques de l'artiste,
dont « Padam, Padam », « L'homme à la moto » ou « La foule
», Jacques Pessis raconte sur scène le parcours hors normes de la
chanteuse, accompagnée à l'accordéon par le virtuose Aurélien Noël, dans
une mise en scène de Rubia Matignon.
Edith Piaf, « La Foule »
Quand il vit le spectacle, Alain Delon décida d'y
investir de ses deniers et en devint co-producteur, ce qui permit aussi
une tournée passant par le Japon, la Nouvelle-Calédonie, le Québec, le
Liban, le Maroc et la Roumanie. En 2008, ce spectacle déjà culte reprendra
la route pour l'Asie et les Etats-Unis. Parallèlement, une captation vidéo
du spectacle vient de sortir en DVD (France Télévision distribution).
« On signe pas ! » :
le rappeur sénégalais Didier Awadi
sort un titre anti-APE http://www.awadimusic.com/
Le rappeur sénégalais Didier Awadi vient de lancer une
chanson intitulée « On signe pas! » qui dénonce les Accords de
partenariat économique (APE) proposés par l'Union européenne (UE) aux pays
en développement, a annoncé jeudi à l'AFP sa société de production.
« APE: Arnaques et Pillages Esclavagistes », lance
notamment Awadi dans cette chanson dont un clip illustré de photos et
caricatures a été mis en libre accès sur son site internet mercredi, a
affirmé Bassirou Ndiaye, directeur de production du Studio Sankara, fondé
par le rappeur :
http://www.awadimusic.com/
Il chante en wolof (une des langues du Sénégal), en
français et en anglais, avec la participation d'un jeune chanteur
sénégalais, Boubacar Mendy plus connu sous le nom de « Kirikou ».
« Dara la gnou signéwoul! On signe pas! We won't
sign it now! », disent les deux artistes dans le refrain.
« On signera pas tes accords de la mort. On
signera pas notre propre décret de mort. On signera pas la sentence de la
mort proposée par l'Europe pour nous conduire à la mort », dénonce
Awadi.
Beaucoup de pays, dont le Sénégal, ainsi que plusieurs
organisations se sont déclarés contre les APE, en dénonçant les effets
négatifs prévisibles selon eux dans les Etats Afrique, Caraïbes et
Pacifique (ACP).
L'UE propose ces accords en remplacement de l'actuel
régime commercial la liant aux pays ACP et qui doivent expirer le 31
décembre. Ce délai a été fixé par l'Organisation mondiale du commerce
(OMC), qui juge le régime préférentiel incompatible avec les règles
internationales.
Un théâtre londonnien ren un hommage
à Jacques Brel, 30 ans après sa mort
Adapter les chefs-d'oeuvre de Jacques Brel en anglais,
c'est le défi qu'a relevé à Londres le comédien britannique Anthony Cable
dans une pièce de théâtre/comédie musicale consacrée au chanteur belge
décédé il y a près de trente ans.
La première de « Jacques Brel, une rage de vivre »
s'est tenue jeudi au New End Theatre à Londres, petite salle intimiste où
le public a vibré en écoutant « Ne me quitte pas » en français,
« Les Marquises » en anglais et français, ou « Madeleine ». Les
représentations s'achèvent le 13 janvier mais une tournée pourrait
suivre.
Jacques Brel, « Ne me quitte pas »
Sur les quinze chansons du spectacle, cinq sont en
français, cinq en anglais et les cinq dernières associent les deux
langues.
« Avec Brel, la beauté des chansons ne vient pas
seulement du sens des paroles mais aussi de la sonorité des mots ensemble.
Soit on a gardé le français, soit on a trouvé une traduction avec une
sonorité proche », a expliqué à l'AFP Anthony Cable.
Evoquant sa découverte du chanteur dans les années 80,
il s'enthousiasme: « Je n'avais jamais vu quelque chose comme ça, il
s'exprimait avec les mains, chaque chanson était une pièce de théâtre
».
Jacques Brel, « La Chanson, des vieux amants »
Depuis, en marge de ses engagements auprès d'opéras en
France (Avignon, Toulon, Nice, Aix en Provence, Monte Carlo, etc) et
dernièrement dans la comédie musicale à succès « La mélodie du
bonheur » à Londres, ce natif de Newcastle (nord-est de l'Angleterre) a
décidé de monter un spectacle entier autour de son idole.
C'est un « portrait dramatique » qu'il dépeint sur
scène: les relations de Brel avec la mort, les Marquises où il est
enterré, les femmes, Dieu et sa passion pour l'aviation et la
navigation.
Le spectateur découvre un Brel en pleine introspection
alors qu'il patiente en 1978 dans le cabinet d'un médecin au sujet d'une
tumeur cancéreuse au poumon « grosse comme un pamplemousse ». Il est
décédé le 9 octobre 1978 d'une embolie pulmonaire.
Jacques Brel, « Ces gens là »
« Brel a écrit plus de 450 chansons, elle sont
toutes bonnes et en choisir 15 a été un travail terrible, écœurant même »,
a expliqué l'acteur.
Sa sélection finale comprend notamment « Vieillir
», « Ca va », « Les Bigotes », « La valse à mille temps »,
« Les Biches », « Amsterdam » ou encore « La Cathédrale »,
« L'Homme de la Mancha » et « Au printemps ».
Jacques Brel, « Le Plat pays »
Warner Music met son catalogue en
ligne
sans système de protection
La maison de disque Warner Music Group a à son tour
accepté jeudi de mettre en ligne son catalogue sans système de protection
anti-copie (dit DRM), en s'associant au site de vente de musique en ligne
d'Amazon.com.
« Des titres du catalogue de Warner Music Group,
sans système DRM, sont désormais téléchargeables par les clients d'Amazon
MP3 », ont annoncé les deux groupes jeudi dans un communiqué.
Warner rejoint ainsi le mouvement initié par ses
concurrentes: Universal Music s'était lancée en août dans la musique en
ligne libérée du système anti-copie, imitant la major britannique EMI.
L'absence de DRM sur les morceaux de musique
téléchargés chez un distributeur en ligne permet d'écouter le morceau sur
n'importe quel support — ordinateur, baladeur numérique...—, et le
transfert d'un appareil à un autre est rendu possible.
Les clients d'Amazon MP3 pourront ainsi télécharger le
titre de leur choix moyennant une somme allant de 89 à 99 cents (de 5,99 à
9,99 dollars pour un album entier), et les copier ensuite s'ils le
souhaitent sur des CD « pour leur usage personnel », précise le
communiqué.
Amazon MP3, que le cybermarchand américain Amazon.com a
lancé en septembre, compte désormais plus de 2,9 millions de chansons
provenant de 33.000 labels différents, souligne le communiqué.
Actualité musicale du 30 décembre 2007
« Il mondo della luna » de Haydn
à l'Opéra de Rennes
L'opéra de Rennes présente depuis vendredi et jusqu'à lundi « Il mundo
della luna » de Joseph Haydn, d'après le livret de Carlo Goldoni, dans une
mise en scène enjouée de Yoshi Oïda.
Le monde de la lune, opéra en italien du XVIIIe siècle, nous montre
comment le faux astrologue Ecclitico fomente une tromperie en expliquant
au baron Buenofade que la lune abrite un autre monde qu'il peut observer à
l'aide d'une lunette très puissante.
En récompense, Buenofade offre une bourse d'écus à Ecclitico, qui
préférerait la main de sa fille Clarice. Mais le vieil homme tient à ce
que celle-ci, tout comme sa soeur Flaminia courtisée par Ernesto, épouse
des nobles.
Grâce à une supercherie, les personnages seront transportées sur la
lune ou l'Empereur de la lune mariera tout le monde, malgré la colère,
temporaire, du baron. Tous souligneront dans le dernier acte la fortune
qui s'offre à eux: celle de vivre sur cette terre selon leurs désirs.
Si le premier acte se déroule dans un décor dépouillé avec des costumes
réduits à leur plus simple expression, c'est pour mieux souligner le monde
merveilleux de la lune (en fait le jardin d'Ecclitico) où débarquent les
personnages au deuxième acte.
La fantaisie de la mise en scène, qui soulignait le comique des
situations au premier acte, laisse alors la place au délire des costumes
et des accessoires. De la même manière, la lumière alterne les couleurs
ternes et vives pour symboliser les deux univers, la terre et le monde du
rêve.
Les 10, 11, 13, 15 et 16 janvier prochain, « Il mundo della luna » se
produira à Nantes, au théâtre Graslin, puis les 20, 22 et 23 janvier au
Grand théâtre d'Angers.
Zahia Ziouani, chef d'orchestre
et directrice de conservatoire
Chef-fondateur d'un orchestre symphonique, directrice de l'école de
musique et de danse de Stains (Seine-Saint-Denis), Zahia Ziouani, 29 ans,
s'emploie depuis plusieurs années à faire découvrir la musique classique
aux habitants de la banlieue, dont elle est issue.
« Les gens de banlieue n'aiment pas que le hip-hop, c'est la musique
classique qui réunit le plus de monde, on le voit bien à Stains, où
l'auditorium est plein à chaque représentation. Certaines familles ne sont
pas habituées mais elles sont très curieuses et contentes de découvrir
cette musique. C'est important de leur transmettre un patrimoine musical
qui a traversé les siècles », a expliqué à l'AFP Zahia Ziouani, jeune
femme brune toute en rondeur, au sourire communicatif.
Bien sûr, note-t-elle, « un accompagnement dans la démarche est
nécessaire car les conditions matérielles ne sont pas toujours réunies
pour qu'un enfant puisse jouer d'un instrument chez lui, par exemple: mais
les parents s'investissent dans l'éducation de leurs enfants et on arrive
à cette ouverture », souligne la jeune Zahia.
Se revendiquant comme une militante pour le 9-3, elle explique ainsi
l'élan qui la porte: « J'ai envie de participer à toute cette
sensibilisation envers la banlieue et depuis toujours je suis soucieuse de
changer son image négative pour montrer aux habitants de ces quartiers
qu'ils ne sont pas des victimes et qu'ils ne doivent pas vivre cette image
comme une fatalité: ils ont un potentiel que j'ai envie de montrer ».
Son école de musique et de danse, tout au long de l'année, brasse plus
de 400 élèves de 40 nationalités différentes et issus de divers quartiers
de Stains: « Nous arrivons ainsi à un développement de la culture qui est
essentiel pour les habitants de ces quartiers », fait-elle valoir.
Etre une femme, jeune, d'origine algérienne et chef d'orchestre n'a pas
toujours été simple pour Zahia. Elle a travaillé dur, combattu les
préjugés sur la banlieue et s'est fait une place dans le milieu de la
musique classique qui compte très peu de femmes chef d'orchestre. Après
s'être donné elle-même les chances d'y arriver, elle souhaite aujourd'hui
être reconnue pour ses valeurs artistiques et non pour ses origines.
Il y a dix ans, Zahia, guitariste et altiste de formation, a créé son
propre orchestre symphonique, intitulé « Divertimento », où elle a réuni
de jeunes talents et de jeunes professionnels de Paris et de
Seine-Saint-Denis qui se produisent en France mais aussi à l'étranger.
L'orchestre est actuellement en résidence à Stains.
La jeune femme a également dirigé l'orchestre symphonique du Caire et
s'est vu attribuer pour l'année 2007 le titre de premier chef invité de
l'orchestre national d'Algérie.
Michel Beaumale, maire PCF de Stains, « ne regrette pas de lui avoir
donné sa chance » il y a quatre ans en la nommant directrice de l'école de
musique et de danse où « les effectifs ont doublé depuis qu'elle est
arrivée ». « Elle apporte une grande ouverture musicale avec une qualité
pédagogique, elle est talentueuse et nous avons énormément de chance
qu'elle se soit engagée dans une petite ville comme la nôtre »,
ajoute-t-il.
Zahia Ziouani se dit, elle, « très attachée à ce département: j'y vis
depuis mon enfance, je le connais bien, je m'y sens utile, la ville de
Stains m'a séduite car elle est dynamique et même si j'y suis arrivée à
une période difficile liée à la délinquance, il y avait plein d'espoir
».
Actualité musicale du 31 décembre 2007
Georges Prêtre
et le Philharmonique de Vienne
Georges Prêtre va connaître à 83 ans sonnés l'un des
moments les plus forts de sa déjà longue carrière en étant le premier chef
d'orchestre français à diriger, le 1er janvier, le célèbre concert du
Nouvel An du Philharmonique de Vienne et cela « grâce à une relation
de confiance » avec cette formation qui perdure depuis plus de 40 ans.
De Waziers, sa ville natale près de Douai (Nord), à
Vienne, sa carrière l'aura mené dans le monde entier, de l'Opéra de Paris
au Metropolitan Opera de New York en passant par la prestigieuse Scala de
Milan. Interprète préféré du compositeur français Francis Poulenc, il aime
aussi rappeler son travail avec sa chanteuse de prédilection, Maria
Callas.
- Q: Comment expliquer cette filiation viennoise?
- R: « C'est une relation de confiance qui a
démarré dès ma première prestation au Staatsoper à Vienne, en 1962, à
l'appel de Maestro Herbert von Karajan pour diriger « Capriccio » de
Richard Strauss. Cet opéra faisant partie du répertoire, il n'y avait pas
de véritable répétition avec l'Orchestre philharmonique, mais seulement
une lecture de la partition, pendant deux heures, moins une pause de vingt
minutes! A la fin, voyant que je faisais grise mine, les délégués de
l'orchestre sont venus me voir pour me dire: Maestro, ne vous faites pas
de souci, nous vous avons compris, faites-nous confiance. Je me suis alors
senti en famille et, depuis, tout a marché merveilleusement. Et diriger un
tel orchestre, après Karl Böhm et Herbert von Karajan, c'est
extraordinaire. J'aime le comparer à un pur-sang et, avec lui, je me sens
en famille« .
« Il paraît même que parfois l'on me qualifie de
Viennois. Et Vienne m'a même appelé pour y diriger l'Opéra d'Aran de
Gilbert Bécaud ».
- Q: Vous considérez-vous comme un chef « mal-aimé
» en France?
- R: « C'est un malentendu. La musique est
universelle et donc j'ai toujours considéré dans ma vie l'ouverture au
monde comme absolument nécessaire. Mais j'ai aussi beaucoup dirigé en
France, dès les années 50, à l'Opéra-Comique de Paris, au Palais-Garnier,
puis à l'Opéra-Bastille. Et, partout dans le monde, j'ai passionément
défendu la musique française, en particulier Francis Poulenc ».
- Q: Le concert du Nouvel An à Vienne, une
« apothéose » de votre carrière?
- R: « Apothéose ressemble trop à une fin, je
dirais plutôt un moment fort, privilégié, comme ceux que j'ai vécus à la
Scala de Milan. Au moment de lever la baguette, j'aurai une pensée émue
pour Herbert von Karajan, dont nous fêterons en 2008 le centenaire de la
naissance ».
Led Zeppelin, Police, Genesis, Sex
Pistols,
2007 a été l'année des reconstitutions
« J'espère mourir avant d'être vieux », chantaient
les Who en 1965. 42 ans après, la rengaine n'est plus d'actualité: de Led
Zeppelin à The Police en passant par Genesis ou les Sex Pistols, peu de
groupes historiques ont résisté cette année à la tentation de se
reformer.
Deux motivations peuvent expliquer cette foule de
reconstitutions : la recherche de la jeunesse éternelle, en écho à la
fameuse phrase de Neil Young « Rock and Roll Will Never Die »
(« Le rock ne mourra jamais »), et l'attrait de recettes
conséquentes, digne du « We're Only in It For the Money » (« On
ne fait ça que pour l'argent ») de Frank Zappa.
Led Zeppelin a fermé le ban avec un concert à Londres,
après deux brefs épisodes à visée caritative en 1985 et 88.
Le chanteur Robert Plant a affirmé que ce concert
unique ne serait pas suivi d'une tournée, mais le guitariste Jimmy Page et
le bassiste John Paul Jones ont été moins catégoriques. Comme un signe, le
batteur John Bonham, mort en 1980, a été remplacé par son fils Jason.
C'est The Police qui, début 2007, avait lancé le
mouvement en annonçant son retour sur scène, ou plutôt la fin d'une année
sabbatique débutée en... 1984 (le groupe ne s'était officiellement jamais
dissous). La tournée mondiale du trio composé de Sting, Stewart Copeland
et Andy Summers se prolongera en 2008.
Dans cette catégorie digne des films « Retour vers
le futur », Genesis a donné cette année sa première tournée depuis 1993.
Il s'agit là du Genesis deuxième époque, avec Phil Collins, Tony Banks et
Mike Rutherford mais sans Peter Gabriel, qui avait quitté le groupe en
1975.
De leur côté, les Who ont poursuivi la tournée mondiale
qu'ils avaient entamée l'an passé. Ils ont sorti fin 2006 « Endless
Wire », leur premier album studio depuis 1982. Il ne reste que deux
membres de la formation originelle, le chanteur Roger Daltrey et le
guitariste Pete Townshend, qui, à la batterie, ont fait appel à Zak
Starkey, le fils du Beatle Ringo Starr.
Iggy Pop et les Stooges y ont eux aussi été de leur
tournée, tandis que les anciens Doors Ray Manzarek et Robbie Krieger se
produisent sous le nom de Riders on the Storm, avec le chanteur Brett
Scallions à la place de feu Jim Morrison.
A des années-lumière du « No future » punk, les
Sex Pistols ont retrouvé la scène le 8 novembre à Londres.
Sly et sa Family Stone, Black Sabbath (sous le nom de
Heaven and Hell) ou les Eagles ont eux aussi fait leur retour ces derniers
mois.
Les quinquas, voire sexagénaires, ne sont pas les seuls
concernés et le phénomène touche aussi des groupes des années 80 et 90:
Van Halen, Rage Against the Machine, The Smashing Pumpkins, The Verve, les
Happy Mondays, Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine ou, dans un tout
autre genre, les Spice Girls, qui ont lancé leur tournée mondiale le 2
décembre.
Il est souvent frappant de voir des spectateurs de tous
âges aux concerts des plus anciens de ces groupes reconstitués, signe que
leur musique a traversé les générations.
Plus prosaïquement, leurs fans de la première heure ont
eux aussi vieilli et leur pouvoir d'achat actuel leur permet de s'offrir
des billets aux tarifs souvent élevés.
Car si la nostalgie peut sembler incompatible avec
l'essence du rock, elle a l'avantage de payer. Selon le site du magazine
américain Forbes, les increvables Rolling Stones sont les musiciens qui
ont gagné le plus d'argent entre juin 2006 et juin 2007, avec 88 millions
de dollars essentiellement amassés grâce à leur tournée « A Bigger
Bang ».