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Musicologie.org 2007
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil

Actualités musicales

11 — 20 décembre 2007

 


Actualités musicales du 11 décembre 2007

11 et 14 décembre 2007, 18h30 et 20h30
Saison de l’Espace Musical / Aix-en-Provence
Chapelle des Oblats 

 Le Noël des Festes d’Orphée
 Noëls des provinces de France (18h30)
Grands motets provençaux en Noëls (20h30)
Ensemble Vocal & Instrumental des Festes d’Orphée

Noëls des provinces de France
Noëls traditionnels de l’édition de Ballard (1703)

Ensemble Vocal & Instrumental des  Festes d’Orphée. Chanteurs : Odile Boyer, Nathalie Di Fusco, Béatrice Lièvre, Liesbeth Ritsma — Instrumentistes : Annick Lassalle, Jean-Michel Hey, Guy Laurent — Flûtes à bec renaissantes et baroques : exilante, sopranino, soprano, alto, ténor & basse, Trio d’ocarinas, Rossignol, Cromornes soprano & alto, Hautbois de Poitou soprano & alto, Clarinette, Viole basse & alto. Percussions : Bombe, tambourin, timbale, tambour de basque, cymbalettes, grelots, crécelle, chéréké. Conception et direction : Guy Laurent

La tradition des Noëls populaires est certainement l’une des plus riches et des plus vivantes de notre patrimoine, teintée de nostalgie, d’émerveillement et de joie enfantine.

Le fil conducteur de ce spectacle est emprunté aux Chants des Noëls Anciens & Nouveaux publiés par Christophe Ballard en 1703.

La nature des textes - à l’unisson de la croyance qu’ils expriment - nous conduit à une présentation naïve, à l’image des populaires « Pastorales ».

Grands motets provençaux en Noëls

Petit Chœur Mixte & Ensemble Instrumental des Festes d’Orphée — Chanteurs : Odile Boyer, Nathalie Di Fusco, Béatrice Lièvre, Anne-Sylvie Vauclair Yves Lafont, Denis Hoarau, Guy Laurent, Christian Stricker, Patrice Guéry, Claude Piaget — Instrumentistes : Jean-Michel Hey, Jean-Thomas Hulard (Flûtes), Annick Lassalle (Viole de gambe),  Corinne Bétirac (orgue). Direction : Guy Laurent

Les Noëls historiques (appartenant au répertoire para-liturgique des cantiques spirituels) empruntent largement au procédé de la parodie : Une musique pré-existante, connue de tous, ayant sa propre fonction (danse, chanson...), est détournée de son usage premier par l’attribution de paroles en langue vernaculaire (français, provençal ou autre, selon les provinces), évoquant la naissance de Jésus.

Elle devient dès lors un « Noël ».

Si cette tradition nourrit la pratique populaire, elle s’applique également aux œuvres pour l’Eglise. En effet, par une « double parodie », ces Noëls sont à leur tour utilisés pour composer des pièces liturgiques.

Au programme
Dixit de Auphand (milieu XVIIIe)
Magnificat de Dupertuys (XIXe)

Ce type de répertoire « semi-savant » permettait aux fidèles cultivés (tels les bourgeois, éduqués, sachant lire - y compris la musique - et pratiquer le chant et les instruments) de célébrer pieusement les temps forts de l’année liturgique par une pratique sociale religieuse et artistique.

Le fait qu’il s’agisse de psaumes en latin (il en est de-même pour les messes) devait faciliter l’acceptation de ces œuvres (le clergé étant le plus souvent réticent à accueillir le « populaire » dans l’église) dans le déroulement des offices.

Les Feses d’Orphée sont soutenues par le Conseil Régional PACA, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, les Villes d’Aix-en-Provence & Marseille — C/o Guy Laurent, 2 montée du château, 13880 Velaux / tél-rép-fax : 04 42 87 99 12 — Administration : tél-rép-fax : 04 42 99 37 11 —email : orphee@orphee.org  - site : http://www.orphee.org  / Licences de spectacle : 1-141661 / 2-109675 / 3-109676


Résultats du 23e Forum musical
de Normandie, Moulin d'Ande,
2 décembre 2007

Le Forum musical de Normandie est un concours annuel de musique de chambre qui se tient alternativement dans l’Eure et la Seine Maritime. Ce concours s’adresse à des jeunes instrumentistes de moins de trente ans. Le Jury 2007 était constitué notamment de Jean Mouillère, Claire Désert, Michel Strauss et Thierry Escaich. Le Président du Forum musical de Normandie est Pirerre Hubert.

Le Grand prix est attribué au Trio ESTAMPE (Mathilde BORSARELLO ; Maya BOGDANOVIC  ; Claudine SIMON).

Le Grand prix ex æquo est attribué au Quintette MONSOLO (Samika HONDA ; Mi-Sa YANG ; Sylvain DURANTEL ; Sietse-Jan WEIJENBERG ; Rémy YULZARI)

Le Prix de musique contemporaine est attribué au Quatuor ELLIPSOS (Paul-Fathi LACOMBE ; Carl-Emmanuel FISBACH ; Christophe GREZES ; Nicolas HERROUET)

Le Prix de musique française est attribué au Trio DEMIAN (Mi-Sa YANG ; Sietse-Jan WEIJENBERG ; Nozomi MATSUMOTO)

Le Prix des luthiers est attribué au Duo de violoncelle et piano formé par Sébastien HURTAUD  et Louis LANCIEN.

Des Bourses de concert  « Jeunes musiciens de Normandie » sont attribuées au Duo BERGAMASQUE (violon et harpe) formé par Anne-Cécile BRIELLES et Nathalie CORNEVIN ; au Duo de  flûte et piano, formé par Charlotte BLETTON et Sarah RISTORCELLI


Opéra de Paris : fin de grève
mais service réduit pour « Tannhäuser »

La direction de l'Opéra de Paris a annoncé lundi qu'elle ne comptait « plus de gréviste » contre la réforme de son régime spécial de retraite, tout en précisant qu'elle maintiendrait « jusqu'à nouvel ordre » les représentations de « Tannhäuser » de Wagner sans décors.

« Il n'y a plus de gréviste, mais la FSU ayant maintenu son préavis, la direction de l'opéra préfère maintenir le dispositif scénique actuel », a déclaré à l'AFP le directeur des ressources humaines, Dominique Legrand.

« On doit tout faire pour rentrer nos recettes de décembre, on ne peut pas se permettre d'erreur », a ajouté le DRH de l'Opéra, qui a déjà perdu plus de 3,1 millions d'euros en raison d'annulations à répétition.

« C'est pourquoi on laisse aujourd'hui le dispositif tel quel, en espérant ramener la FSU à la raison afin de pouvoir retrouver le plus rapidement possible une situation totalement normale », a poursuivi M. Legrand.

Le Syndicat national des affaires culturelles FSU (Snac-FSU), ultra-minoritaire à l'Opéra, est la dernière organisation à maintenir un préavis de grève — en vigueur jusqu'au 20 décembre inclus — depuis la suspension du mouvement de Sud-spectacle la semaine dernière.

En conséquence, la direction a choisi de maintenir en permanence à l'Opéra Bastille le plancher de danse permettant les représentations à guichets fermés du ballet Casse-Noisette, qui se tiennent désormais normalement.

Le maintien du plancher rend du coup impossible le montage sur ce même plateau des décors de l'opéra « Tannhäuser » de Wagner, qui a donc été donné jeudi et dimanche dans un simple « arrangement scénique », avec costumes et lumières.

Le dispositif sera maintenu « jusqu'à nouvel ordre », précise le site internet de l'Opéra.

La grève des techniciens contre la réforme de la retraite des 1.680 salariés de l'Opéra a contraint l'établissement à annuler 17 représentations depuis le 18 octobre et à en présenter 11 dans des versions de concert ou réduites.


Le futur auditorium de Radio France
aura son orgue

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a confirmé lundi que le futur auditorium de la Maison de Radio France à Paris, qui doit ouvrir à l'horizon 2011-2012, serait doté d'un « orgue moderne ».

Mme Albanel a donné cette confirmation lors de la présentation à la presse des festivités du centenaire en 2008 de la naissance du compositeur et organiste Olivier Messiaen (1908-1992).

« Je suis très heureuse de saisir cette occasion pour vous annoncer ma décision de doter le futur auditorium de Radio France d'un orgue moderne », a déclaré la ministre.

« C'était en effet une demande légitime pour une salle destinée à accueillir 1.500 spectateurs, pour les deux orchestres (National et Philharmonique), le choeur et la maîtrise de Radio France », a-t-elle ajouté.

La ministre a précisé avoir « été sensible » à cette « demande appuyée par toute la communauté musicale, et notamment par des organistes et compositeurs de renom », citant « Bernard Foccroulle, Thierry Escaich ou encore Michel Chapuis ».

La construction d'un orgue à Radio France avait été annoncée dès mars dernier par le directeur de la musique du groupe radiophonique public, Thierry Beauvert.

La raréfaction des orgues de salles de concert à Paris avait suscité une polémique après l'annonce au printemps 2006 de la vente de l'instrument de la salle Olivier-Messiaen (studio 104) de la Maison de Radio France.

Cet instrument était en effet le seul orgue à tuyaux encore présent dans une salle de concert française avec celui de l'auditorium Maurice-Ravel de Lyon.

S'il a été très tôt acquis que la Philharmonie de Paris, la grande salle de la Villette (2.400 places, ouverture prévue en 2012), serait dotée d'un orgue, le doute a longtemps persisté sur la présence ou non d'un tel instrument dans le futur auditorium de la Maison de la radio.

En janvier dernier, d'éminents organistes avaient cosigné dans Le Figaro une tribune intitulée « Paris vaut bien deux orgues ».

« La France, pays historique des orgues, ne peut rester à l'écart de la modernité et manquer cette occasion unique de concevoir ensemble deux instruments complémentaires de haut niveau », estimaient-ils.


 « La Créole de Tulipatan »,
un mélange inspiré d'Offenbach,
au Théâtre 14 (Paris)

Jacques Offenbach est souvent le roi des fêtes de fin d'année: une nouvelle fois, le maître de la musique légère est à l'honneur à Paris avec « La Créole de Tulipatan », fruit d'un « mélange » plutôt réussi de deux ses oeuvres, présenté jusqu'au 31 décembre au Théâtre 14.

C'est la compagnie Théâtre-Riviera installée en Suisse à Montreux, à laquelle on doit un durable succès lyrique parisien, la comédie musicale « Frou-Frou les bains » (Molière du meilleur spectacle musical 2002), qui présente ce « vaudeville musical ».

Les puristes s'insurgeront peut-être face à cette production au demeurant soignée (mise en scène de Jean-Philippe Weiss et Philippe Bonhommeau) et servie par une troupe de chanteurs-comédiens aux voix bien placées et soucieux de la prosodie.

En effet, cette « Créole de Tulipatan » combine deux ouvrages de Jacques Offenbach: « L'Ile de Tulipatan » et « La Créole ».

Le premier est un court opéra-comique en un acte de 1868. Créé en 1875, le second est aussi un opéra-comique, mais en trois actes: cet ouvrage totalement oublié constitue une suite possible au premier.

Le « mélange » en trois actes a été réalisé pour les livrets par Denis Berner et pour les arrangements musicaux par Jakob Vinje, qui a opté pour une formation légère (deux violons et un violoncelle) présente sur scène, en arrière plan.

On baigne en pleine fantaisie. Le roi de Tulipatan est un souverain d'opérette. Les calembours et les vers de mirlitons abondent et font sourire.

Offenbach et ses librettistes utilisent le procédé du travestissement. Rapidement, on se rend compte que le personnage censé être une jeune fille n'en n'est pas une (sa voix est celle d'un ténor...) et que le fils du roi déçoit son père pour son manque d'empressement auprès des jeunes filles (et pour cause, c'est une fille et le personnage est interprété par une soprano...).


Led Zeppelin remonte
sur scène à Londres

Les fans de Led Zeppelin se sont rassemblés à Londres lundi pour assister au grand retour sur scène de Led Zeppelin et à leur premier concert au grand complet depuis près de 30 ans.

Le chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et le bassiste-claviériste John Paul Jones devaient être rejoints par le fils du batteur décédé John Bonham, Jason. « Led Zep » s'était dissout le 4 décembre 1980, après la mort de « Bonzo ». L'ancien bassiste des Rolling Stones Bill Wyman et le chanteur Paul Rodgers devaient également participer à la soirée.

Seuls 18.000 fans ont pu obtenir des billets pour le concert de charité de lundi mais les millions de fans espèrent bien voir le groupe entamer une tournée. Le plus difficile à convaincre sera sans doute Robert Plant, aujourd'hui âgé de 59 ans, bien qu'il ait estimé dans l'hebdomadaire dominical « Sunday Times » que « ce ne serait pas une si mauvaise idée que de jouer ensemble de temps en temps ».

Le concert de lundi n'est pas la première réunion de Led Zeppelin mais c'est la plus importante. Ils s'étaient déjà retrouvés en 1985 pour le concert de charité Live Aid, puis trois ans plus tard, avec Jason Bonham à la batterie, pour le 40e anniversaire de la maison de disques Atlantic Records. En 1995, pour leur entrée au Rock and Roll Hall of Fame, ils avaient brièvement joué avec d'autres musiciens.

Les billets du concert de lundi, initialement vendus 125 livres sterling (175 euros), ont atteint 1.000 livres (1.400 euros) et plus sur Internet. Un fan, Kenneth Donnell, âgé de 25 ans, a même payé 83.000 livres (€115.000) pour deux entrées lors d'une vente aux enchères sur la radio BBC le mois dernier.

Le concert est dédié au fondateur d'Atlantic Recordsn Ahmet Ertegun, mort l'an dernier. Les bénéfices iront au Ahmet Ertegun Education Fund (Fonds Ahmet Ertegun pour l'éducation), qui fournit des bourses d'études pour l'université aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Turquie.


Des milliers de personnes à Londres
pour Led Zeppelin

Des milliers de personnes attendaient lundi soir à Londres d'assister au premier concert du groupe de rock Led Zeppelin depuis 1980, un événement que les fans n'espéraient plus, alors que la fête a commencé bien avant le début du spectacle.

Le leader et chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et le bassiste John Paul Jones devaient être accompagnés de Jason Bonham, fils du défunt batteur John Bonham, dont le décès en 1980, étouffé dans son vomi après une orgie de vodka, avait sonné le glas du groupe.

Cette soirée unique était donnée en hommage à Ahmet Ertegun, fondateur - mort fin 2006 - de la maison de disques Atlantic Records qui avait « signé » le groupe en 1968.

Plus de vingt millions de personnes ont tenté d'obtenir l'un des 20.000 billets disponibles, attribués par tirage au sort au prix de 125 livres (175 euros).

« On va avoir du vrai rock ce soir », a déclaré à l'AFP avant le concert Richard Copper, 37 ans, venu de Memphis (Tennessee, Etats-Unis) avec sa femme et ses deux fils. « C'est une expérience unique dans une vie », a-t-il ajouté.

« On va faire la fête », a-t-il dit.

La fête était lancée avant même le début du concert parmi les milliers de fans qui attendaient devant l'Arène O2 (ex-Dôme du millénaire) à Londres.

La longue file d'attente résonnait du bruit des bouteilles de bière s'entrechoquant, rite de fraternisation entre fans venus du monde entier et arborant pour nombre d'entre eux des T-shirts délavés par les années à l'effigie de leurs idoles.

« C'est un événement énorme », a déclaré Jacques Harrar, un Français de 49 ans qui a fait le voyage de Paris avec son épouse. « J'attends un concert formidable », a-t-il ajouté, précisant qu'au temps de la splendeur du groupe, il était trop jeune et n'avait pas les moyens d'aller à des concerts.

Pour Leslie Wilde, 55 ans, et son frère Steve, 43 ans, c'est un peu une revanche. Ils avaient des billets pour le concert du groupe à Chicago, qui devait être l'étape suivante de la tournée lorsque John Bohnam est mort.

« Lorsque j'ai découvert que j'avais des billets, nous nous sommes précipités pour régler tout le reste comme les vols et les hôtels », a raconté Steve. « Pour être honnête, je crois qu'on serait venus à la nage s'il avait fallu ».

La plupart des heureux spectateurs n'avaient jamais vu sur scène le groupe, qui a vendu plus de 300 millions de disques.

Patrick Trombley, 41 ans, a grandi avec Led Zeppelin mais était beaucoup trop jeune pour les avoir entendus en concert lorsqu'ils se sont séparés il y a 27 ans. « J'ai attendu et attendu et attendu pendant longtemps pour les voir », a-t-il raconté, se disant « très heureux » d'avoir été tiré au sort.

Le groupe légendaire compte des fans de tous âges dans ses rangs. Ainsi, la madrilène Rafa Mella est née l'année de leur dernière tournée, il y a 27 ans: « Zeppelin a beaucoup de succès en Espagne. Même parmi les gens de mon âge », a-t-elle déclaré.

Laibach, ces Slovènes iconoclastes
qui chantent en allemand

Le groupe slovène de musique industrielle Laibach, symbole dans les années 1980 de la contestation du régime communiste yougoslave, continue de provoquer avec un usage délibérément ambigu des symboles nationaux et politiques qui lui a valu une renommée mondiale.

Son dernier album s'intitule « Volk » (« peuple », en allemand) et présente un troupeau de moutons. Son chanteur, un géant chauve à la voix caverneuse, apparaît sur scène en uniforme, entouré de deux percussionnistes aux allures de walkyries. Mais Laibach se défend de tout attrait pour le totalitarisme.

« Nous cherchons simplement à rappeler que tout art sert une idéologie, que ce soit l'art communiste, l'art nazi, ou l'art commercial dicté par le marché », souligne Ivan Novak, l'une des têtes pensantes du groupe.

« La provocation est dans l'essence de la pop, y compris chez Madonna. Nous poussons simplement le jeu un peu plus loin. Nous cherchons à susciter un débat, sinon l'art n'a pas de sens », ajoute-t-il en évoquant les audaces du compositeur américain John Cage ou du plasticien français Marcel Duchamp.

Une pratique forgée dès la naissance du groupe en 1980, dans la Yougoslavie de Tito, et marquée d'entrée par le choix subversif du nom Laibach, appellation de l'actuelle capitale slovène Ljubljana sous l'empire austro-hongrois et l'occupation nazie.

Cofondateur en 1984 du collectif Neue Slowenische Kunst, à l'avant-garde des mouvements artistiques à l'Est, Laibach entreprend immédiatement de détourner les canons titistes pour les renvoyer dos-à-dos avec la symbolique du IIIe Reich. Ces agissements conduisent à une interdiction temporaire du groupe et à l'incarcération de certains de ses membres.

Clou de cette campagne de subversion: en 1986, ses graphistes parviennent à remporter un concours national d'affiches pour la paix en remplaçant simplement l'aigle d'une affiche nazie par une colombe.

« Laibach a eu une dimension artistique et politique majeure dans la Yougoslavie de l'époque, », souligne le musicien français Bertrand Burgalat, producteur du groupe à la fin des années 1980.

Pour Ivan Novak, « Laibach était un des nombreux symptômes de la chute de la Yougoslavie. Mais nous espérions tous intimement que cela n'arriverait pas avec son inévitable cortège de massacres ».

Au cours des années 1990, Laibach se produit aussi bien dans Sarajevo assiégée qu'à ... Belgrade.

Signé dès les années 1980 par le prestigieux label post-punk anglais Mute — celui de Depeche Mode — Laibach revisite de la même façon la culture pop. Ainsi, le groupe reprend l'intégralité de l'album « Let it be » des Beatles et livre des versions martiales et en allemand des tubes « Live is life » des Autrichiens Opus, ou « One Vision » de Queen.

« Il est intéressant de montrer la dimension que prennent des paroles comme une race, une chair, un sang ou un homme, un but, une mission une fois prononcées en allemand », souligne Ivan Novak en référence à cette chanson.

Pour Bertrand Burgalat, « Laibach a été le premier à montrer que la pop pouvait être un instrument d'oppression. Ses membres ont toujours réussi à brouiller les pistes avec une maîtrise, un pince-sans-rire qui fait qu'ils sont pris au sérieux ».

L'ambiguité assumée du groupe lui valut un temps d'être catalogué d'extrême-droite et privé de concerts dans certains pays comme la France, où il sera à nouveau à l'affiche en mars prochain.

Mais, en concert, lors de l'interprétation de l'album « Volk », qui détourne une dizaine d'hymnes nationaux, Laibach arbore les drapeaux israélien et palestinien. « Nous sommes un miroir où chacun projette ses propres fantasmes », souligne en souriant Ivan Novak.

Tout en étant le produit slovène le plus connu au monde, avec plus d'un million d'albums vendus, Laibach ne figure pas au programme des festivités de la présidence slovène de l'Union européenne au premier semestre 2008. « Nous devons être jugés trop imprévisibles », s'amuse Ivan Novak.

Musique en ligne :
Universal Music
signe un accord avec Imeem

Le groupe Universal Music a signé un accord avec la société américaine Imeem pour permettre la diffusion sur internet de son catalogue de musique et vidéos, a-t-on appris lundi auprès de cette maison de disques.

Imeem est un service en ligne qui permet d'écouter gratuitement et légalement de la musique sur internet en streaming (c'est à dire sans la télécharger sur son disque dur).

Aux termes de cet accord, Imeem qui a signé des accords similaires avec EMI, Sony et Warner, pourra offrir en streaming les vidéos et musique des artistes de Universal Music en échange d'un partage des revenus générés par la publicité en ligne.

Les détails financiers de l'accord n'ont pas été divulgués.

Le service gratuit d'Imeem, lancé en mars 2006, permet d'héberger des contenus multimédias, de constituer des listes de lecture, ou d'exporter un lecteur de musique et de vidéos sur sa propre page Web. Il revendique 19 millions d'utilisateurs par mois. La seule barrière se situe au niveau du téléchargement: il est théoriquement impossible de récupérer les fichiers écoutés grâce à Imeem sur son ordinateur afin par exemple de les transférer vers un baladeur.

Mylène Farmer, « M », Vanessa Paradis, Michel Sardou, Serge Gainsbourg, Kanye West, Amy Winehouse, 50 Cent, Black Eyed Peas, ou encore Gwen Stefani comptent parmi les artistes figurant sur le catalogue d'Universal Music.

Apple, Nike, Microsoft, Toyota, et Puma figurent parmi les annonceurs d'Imeem


Actualités musicales du 12 décembre 2007

L'Opéra-Comique rouvre
sous une nouvelle « Étoile »

L'Opéra-Comique à Paris rouvrira au public jeudi soir, après une rénovation partielle, avec une nouvelle production de « L'Etoile » de Chabrier, première pierre d'une programmation ambitieuse destinée à refaire de la salle Favart le temple de l'art lyrique français.

Ce théâtre national vient de bénéficier de cinq mois de travaux, première tranche d'une campagne de rénovation qui doit s'étaler jusqu'en 2011 et coûter quelque 45 millions d'euros.

Le nouveau directeur de l'Opéra-Comique, le metteur en scène Jérôme Deschamps, a paré au plus pressé en 2007.

La façade de ce théâtre de 1898, édifié au coeur de Paris (IIe arrondissement) dans le « style éclectique » encore en usage à la Belle Epoque, a été ravalée.

Surtout, la fosse d'orchestre de la salle Favart (1.216 places) a été agrandie et adaptée au répertoire d'une maison qui a vu naître des ouvrages aussi majeurs que « Carmen » de Bizet, « Les Contes d'Hoffmann » d'Offenbach ou « Pelléas et Mélisande » de Debussy.

L'acoustique de la salle a été traitée grâce à la dépose de la lentille au plafond, la mise en place d'un lustre au même endroit et l'installation d'une conque pour les concerts.

« Le lustre, outre sa fonction d'éclairage, assure dans sa position haute une correction acoustique parfaite », explique à l'AFP l'architecte en chef des monuments historiques Alain-Charles Perrot, maître-d'oeuvre du chantier.

La rénovation s'accompagne de la mise en oeuvre d'un nouveau projet artistique pour l'Opéra-Comique.

Après le mandat de sept ans du metteur en scène Jérôme Savary, marqué par des productions légères restant à l'affiche sur de longues périodes, le théâtre de la place Boieldieu adopte le fonctionnement d'une maison d'opéra présentant de nouvelles productions (cinq en 2007-2008) allant du baroque au contemporain.

Pour porter cette ambition, le budget de l'institution devrait atteindre 15 millions d'euros en 2008, et l'Etat a prévu de porter sa subvention à plus de 9 M EUR.

Un financement important mais qui demeure tendu, d'autant que la nouvelle équipe « attend encore des réponses budgétaires déterminantes pour la mise en place du projet », confie le directeur adjoint Olivier Mantei.

Il faut dire que Jérôme Deschamps a vu grand pour la troisième institution lyrique parisienne en terme de budget (derrière l'Opéra et le municipal Châtelet), à l'image de la production inaugurale, une « Etoile » placée sous la direction de John Eliot Gardiner.

Le plus francophile des chefs d'orchestre anglais demeure le meilleur connaisseur de cet opéra bouffe de 1877 qu'il a dirigé à l'Opéra de Lyon dès 1984 et enregistré dans la foulée chez EMI.

Cette fois, Gardiner donnera l'oeuvre lors de huit représentations jusqu'au 23 décembre à la tête de ses luxueuses et coûteuses forces du Monteverdi Choir et de l'Orchestre révolutionnaire et romantique, ainsi que d'une distribution soignée (Jean-Philippe Lafont, Stéphanie d'Oustrac, Anne-Catherine Gillet...).

La mise en scène de « L'Etoile », qui raconte l'histoire d'un roi Ouf faisant régner la fantaisie la plus arbitraire dans sa capitale, est signée par Jérôme Deschamps et sa compagne Macha Makeïeff, qui confie « s'être amusée avec quelque chose d'un peu ubuesque ».

« L'oeuvre est emblématique de ce qu'on doit faire dans cette maison: des choses qui ont la belle humeur de l'Opéra-Comique, où l'on ne rit pas avec de gros sabots mais on sourit avec finesse, on est émus », souligne Jérôme Deschamps.

L'Orchestre philarmonique de New York
jouera à Pyongyang en février

L'Orchestre philarmonique de New York se produira à Pyongyang en février prochain, a assuré lundi la chaine de télévision New-York 1.

Le service de presse du philarmonique a refusé de confirmer l'information, dans l'attente d'une conférence de presse qui devait se tenir mardi matin au Lincoln Center à New York.

Le Président de l'Orchestre Paul Guenther, le directeur Zarin Mehta, le sous-secrétaire américain et négociateur chargé du nucléaire nord-coréen , Christopher Hill ainsi que le chef de la mission de la République Démocratique de Corée aux Nations Unies Pak Gil Yon seront présents à la conférence de presse, a précisé un porte-parole de l'Orchestre.

Le New York Times avait annoncé début octobre que des responsables de l'Orchestre étaient partis pour Pyongyang afin d'étudier la possibilité de se produire en Corée du Nord.

Le quotidien précisait que cette visite se faisait en accord avec le Département d'Etat.

L'Orchestre pourrait se produire en Corée du Nord à l'issue d'une tournée prévue en Chine du 7 au 25 février, croyait savoir le quotidien.

En août dernier, le responsable des relations publiques de l'Orchestre, Eric Latzky, avait indiqué que l'ensemble avait été invité par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il à venir se produire à Pyongyang.

La visite en Corée du Nord des dirigeants de l'orchestre américain est survenue sur fond d'éclaircie dans le dossier nucléaire nord-coréen et après la signature d'une déclaration de paix par les dirigeants des deux Corée.

Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont toujours virtuellement en guerre, faute de traité de paix après la guerre de 1950 à 1953. La Corée du Nord figure depuis 1988 sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.

Led Zeppelin :
après le succès du concert ... ?

Le succès du concert unique des Led Zeppelin lundi soir à Londres, qui a enflammé le public et conquis les critiques, a fait naître chez les fans le fol espoir d'une tournée de ce groupe de légende.

Les trois membres survivants du groupe, désormais âgés d'une soixantaine d'années, accompagnés à la batterie du fils du défunt batteur John Bonham, ont enchaîné pendant deux heures leurs plus grands tubes, de « Stairway to Heaven » à « Black Dog » en passant par « Whole Lotta Love », au cours d'un concert événement à l'Arène 02 de Londres devant 20.000 personnes.

Le groupe s'était dissous en 1980 après la mort de Bonham. Le leader et chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et le bassiste John Paul Jones n'avaient pas rejoué ensemble depuis 19 ans.

Les premières critiques de la presse britannique ont salué la performance des « Led Zep » qui, malgré l'âge et trois décennies de quasi-absence, ont su faire renaître « la puissance impressionnante et la majesté de leur musique » selon le Daily Mirror.

Il n'en fallait pas plus pour que les fans se mettent à rêver d'une véritable tournée du groupe mythique, à l'instar des Police, Genesis et autres Spice Girls.

D'autant que le concert unique de Londres a fait plus de frustrés que d'heureux: vingt millions de personnes avaient tenté d'obtenir l'un des 20.000 billets disponibles, attribués par tirage au sort au prix de 125 livres (175 euros).

« Si la réponse du public n'a pas convaincu Robert (Plant), alors rien n'y parviendra », écrit l'un des aficionados des Led Zeppelin sur leur site internet officiel.

Les rumeurs d'une possible tournée avaient commencé à circuler avant même le concert de Londres. Des sources dans le milieu de la musique laissaient entendre que Robert Plant, qui a mené une carrière solo plutôt réussie, était le plus réticent à cette idée.

Mais si Plant avait promis pour lundi un « dernier mais super show », Page et Jones n'avaient pas écarté une suite.

« Quand nous nous sommes retrouvés, ça a été tellement marrant et ça nous a fait tant de bien que j'aimerais qu'il y en ait plus », avait confié Page au magazine spécialisé Q.

« On dirait que la porte est restée légèrement entrouverte », avait ajouté Jones. « On va voir comment on se sent après ça. Il faut que tout le monde en ait vraiment envie ».

Puis à la veille du concert, Plant avait semblé moins catégorique, affirmant dans un hebdomadaire dominical: « Ce ne serait pas une si mauvaise idée de jouer ensemble de temps en temps »...

Autant d'indices qui agitent le monde des fans. « Led Zep nous doit une tournée », estime l'un d'eux, toujours sur le site officiel du groupe. « Robert doit commencer à penser à tous les fans qui l'adorent ».

Parmi les signes encourageants à leurs yeux, le plaisir évident qu'ont semblé prendre Plant et Page pendant le spectacle, se souriant à plusieurs reprises alors qu'on disait leurs relations tendues, ou leur dialogue musical voix-guitare digne de leur grande période dans les années 1970.

« J'espère qu'ils feront une mini-tournée », déclarait à l'AFP Deborah Mataya, 46 ans, venue spécialement de Chicago. « Ca valait le coup, c'était fabuleux, Robert Plant était impressionnant ».

Pour Pete Paphide, chroniqueur du Times, les « Led Zep » auraient tort de ne pas saisir cette chance.

« Les événements aussi attendus se déroulent rarement avec autant d'assurance », estime le journaliste. « Avec une telle synergie, s'arrêter maintenant serait un acte de perversité cosmique ».


Actualités musicales du 13 décembre 2007

Un « pôle d'excellence »
pour la danse hip hop
en banlieue parisienne

Le Théâtre de Suresnes a mis sur pied Cités Danse Connexions, premier « pôle de production, diffusion et transmission de la danse hip hop » en France, destiné à accompagner vers « l'excellence artistique » un milieu professionnel en développement.

Le lieu sera inauguré vendredi par la ministre de la Culture, Christine Albanel, sur 400 m2 libérés dans le Théâtre Jean-Vilar par le récent déménagement du conservatoire de la ville.

Sur deux niveaux, Cités Danse Connexions accueillera deux studios de répétition, une salle de remise en forme, une médiathèque et un foyer pour les artistes, sans compter les espaces dévolus à l'administration, à la restauration et aux vestiaires.

La ville de Suresnes a financé les travaux (70.000 euros), tandis que le fonctionnement de la structure sera soutenu par le conseil général des Hauts-de-Seine (subvention de 200.000 euros pour 2007) et l'Etat (35.000 euros).

Les spectacles répétés dans le cadre de Cités Danse Connexions pourront être présentés dans les deux salles de spectacle du théâtre, fortes de 700 (Jean-Vilar) et 250 places (Aéroplane).

Le projet est né de la volonté d'Olivier Meyer, directeur du Théâtre Jean-Vilar où il a lancé en 1993 Suresnes Cités Danse, un festival qui a cherché à « donner ses lettres de noblesse » à la danse urbaine en imaginant des « rencontres entres chorégraphes d'aujourd'hui et danseurs de hip hop ».

Avec les Rencontres de la Villette, centrées sur la diffusion, et la Maison de la danse de Lyon, Suresnes Cités Danse est l'une des institutions les plus actives en France dans son domaine.

Ce festival qui fait une large place à la création (une cinquantaine depuis 1993) a notamment beaucoup soutenu le parcours d'artistes hip hop devenus des chorégraphes à part entière, comme Kader Attou ou Farid Berki.

Alors que la nouvelle Maison du hip hop à Paris est un lieu de ressources consacré à l'ensemble du mouvement et pas seulement aux expressions chorégraphiques, Cités Danse Connexions se veut le « premier pôle de production, diffusion et transmission de la danse hip hop ».

« En Ile-de-France, il n'y a pas plus d'une centaine de danseurs professionnels de technique hip hop. Il ne s'agit d'ailleurs pas de multiplier les vocations mais de repérer les talents, de les accompagner et mieux les faire connaître », explique à l'AFP Olivier Meyer.

« Sélection, exigence et excellence » sont les trois maîtres mots du directeur du Théâtre de Suresnes, qui souhaite aussi être dans « la rencontre, l'ouverture, l'échange ».

« C'est ce qui nous a toujours mobilisés: contribuer à faire sortir cette danse du ghetto », poursuit Olivier Meyer.

La première création issue du nouveau pôle, qui sera présentée du 31 janvier au 6 février dans le cadre de la 16e édition de Suresnes Cités Danse, devrait être fidèle à ce double esprit d'« exigence » et d'« ouverture ».

Pour « Roméos et Juliettes », Sébastien Lefrançois, chorégraphe associé à Cités Danse Connexions pour deux saisons, a recruté neuf danseurs parmi cent candidats et « a travaillé longuement et durement », selon Olivier Meyer, en lien avec un compositeur, un scénographe et une dramaturge.

Après l'ouverture de Cités Danse Connexions, l'autre grande zone urbaine pour le hip hop en France, la région lyonnaise, accueillera son propre équipement: un centre qui devrait être ouvert fin 2008 à Bron sous la direction du danseur-chorégraphe Mourad Merzouki.


Actualités musicales du 14 décembre 2007

Intermittents du spectacle :
le fonds de l'État est reconduit
jusqu'à fin 2008

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé jeudi à l'AFP la prolongation d'un an, soit jusqu'au 31 décembre 2008, du « fonds de professionnalisation et de solidarité » financé par l'Etat pour compléter le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle.

« J'ai décidé la prolongation du fonds de professionnalisation jusqu'à fin 2008 », a déclaré Mme Albanel dans un entretien à l'AFP.

« Notre effort a été prolongé afin de permettre aux artistes et techniciens du spectacle qui font leurs 507 heures en 12 mois de continuer à bénéficier du système », a ajouté la ministre.

Cette prolongation a été décidée pour que les partenaires sociaux puissent « entamer les renégociations sur l'assurance chômage », a précisé Mme Albanel. Parallèlement, plusieurs conventions collectives doivent être signées en 2008 pour « fixer les périmètres et les modalités » d'application de l'intermittence, a-t-elle ajouté.

Le « fonds de professionnalisation et de solidarité » a succédé en 2007 au fonds dit « provisoire » puis « transitoire » mis en place pour repêcher les intermittents exclus par la réforme contestée de leur régime d'assurance chômage en 2003.

Il garantit un revenu à ceux qui ne parviennent pas à réaliser les 507 heures de travail nécessaires à leur indemnisation en 10 mois ou 10 mois et demi (seuils fixés par la réforme de 2003) mais y arrivent en 12 mois (période en vigueur auparavant).

Selon le cabinet de la ministre de la Culture, la France compte actuellement quelque 95.000 intermittents du spectacle, dont 27.000 (chiffres cumulés) repêchés depuis 2005 par le fonds sous ses intitulés successifs.

Dans son rapport annuel publié en février dernier, la Cour des comptes avait critiqué l'« inquiétante évolution » de ce fonds et préconisé de « mettre fin aussi rapidement que possible » à ce dispositif provisoire.

Jean-Michel Jarre et « Oxygène »,
au Théâtre Marigny,
jusqu'au 26 décembre avec

Pour fêter les 30 ans d'« Oxygène », l'album qui lui avait valu une renommée internationale, Jean-Michel Jarre convie le public à dix concerts exceptionnels au Théâtre Marigny à Paris jusqu'au 26 décembre.

Pionnier de la musique électronique, le compositeur français avait obtenu un immense succès grâce à cette oeuvre au titre visionnaire. « 'Oxygène' a toujours été pour moi une musique liée à l'environnement, se situant dans un espace entre ciel et Terre, j'ai donc imaginé une scénographie qui reflète cette sensation », a expliqué Jean-Michel Jarre à propos de la production à Marigny.

Mercredi soir, le musicien âgé de 59 ans a posé ses valises dans l'enceinte du théâtre pour y jouer l'oeuvre intégrale en « live », accompagné de trois musiciens sur les instruments électroniques de l'époque, une cinquantaine de synthés analogiques.

« Oxygène », qui compte au nombre des albums fondateurs de la musique électronique, a été réalisé sur des instruments pour la plupart disparus. L'album a représenté une approche de la création sonore ayant ouvert la voie à de jeunes musiciens.

« J'ai composé 'Oxygène' sur des instruments extraordinaires qui font partie de la mythologie de la musique électronique au même titre que le « Stradivarius » pour la musique classique ou la « Fender Telecaster » pour le rock », souligne celui qui a habitué les foules à d'énormes concerts-spectacles dans le monde. « J'ai voulu les réunir sur scène pour les faire découvrir au public ».

« Oxygène » est une musique qu'on a qualifiée d'impressionniste et j'avais envie de l'interpréter dans un cadre plus intime comme celui du Théâtre Marigny », ajoute-t-il, tout en évoquant aussi son « plaisir de retrouver le public français à Paris, avant de présenter ce concert dans différentes autres capitales ».

Parallèlement à cette production particulière, selon un communiqué, sortent la version originale réenregistrée en haute définition sur CD ainsi qu'une version live intitulée « Oxygene - Live in your living room » filmée en HD et en version 3D-stereoscopique sur DVD.

Spectacle : la ministre annonce
une rallonge budgétaire
et des entretiens avec la profession

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé une rallonge budgétaire de 34,8 millions d'euros en 2008 pour « apaiser les inquiétudes » des professionnels du spectacle vivant, qui seront invités à participer à des « entretiens de Valois » à partir de janvier.

« Le Premier ministre et le président de la République ont décidé, à ma demande, une rallonge de 34,8 millions d'euros pour apaiser les inquiétudes et les tensions extrêmement vives qui se sont exprimées », a déclaré Mme Albanel

« C'est important pour nous d'apaiser les inquiétudes pour engager le mouvement de réflexion et de réforme que je souhaite », a ajouté la ministre.

Le monde du spectacle s'alarme depuis plusieurs semaines du budget 2008 de son ministère de tutelle, qu'il juge insuffisant, et réclame la tenue d'un « Grenelle de la culture ».

« Un Grenelle, ce n'est pas le sujet à mon avis, car la culture n'est pas un domaine où tout est à construire », a estimé jeudi Mme Albanel.

« En revanche, je propose de mener des entretiens — ce serait les entretiens de Valois — avec les professionnels du secteur et les grandes associations représentant les collectivités territoriales pour essayer de préciser les missions et les modes d'engagement des uns et des autres », a ajouté la ministre.

Selon Mme Albanel, ces entretiens, qui pourraient avoir lieu à Paris « tout au long de l'année 2008 », devraient permettre de « réfléchir à ce que l'on attend » des structures subventionnées.

La ministre a évoqué des « critères » qui seraient appliqués à ces établissements dans le domaine de « la diffusion », de « l'éducation artistique et culturelle », de « la création » et de « la fréquentation ».

« La fréquentation, c'est un des sujets mais pas le seul, loin de là », a souligné Mme Albanel, en réponse à ceux qui l'accusent de vouloir instaurer une « culture de l'audimat ».

« L'idée est de généraliser la contractualisation et un système d'engagements réciproques, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui », a poursuivi la ministre, qui a cité le taux de 53% de structures subventionnées (théâtres nationaux, scènes nationales...) faisant actuellement l'objet de contrats avec l'Etat.

Mme Albanel a enfin relativisé un article qui doit paraître samedi dans Le Figaro Magazine faisant état d'un « projet de réforme » dans le secteur en cinq points. « Il s'agit d'une note interne que je n'ai pas validée », a-t-elle dit.

« Il s'agit plutôt de mettre sur la table certains sujets », a indiqué la ministre, en citant la question d'un observatoire du spectacle vivant « pour avoir des données fiables » sur ce secteur ou encore l'avenir des labels (centres dramatiques, scènes nationales, scènes conventionnées, etc.).

Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly
« persona non grata » au Sénégal

Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly est déclaré « persona non grata » au Sénégal après des déclarations « insolentes et discourtoises » contre le régime du président Abdoulaye Wade lors d'un concert mercredi à Dakar, a annoncé jeudi le ministère sénégalais de l'Intérieur.

« Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur (Ousmane Ngom) a pris un arrêté d'interdiction d'entrée du territoire contre l'artiste musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly à la suite de déclarations fracassantes, insolentes et discourtoises » contre le régime sénégalais, indique un communiqué officiel.

« A partir d'aujourd'hui Tiken Jah Fakoly est déclaré persona non grata au Sénégal », a poursuivi le ministère sans préciser les propos du chanteur incriminés.

 
Tiken Jah Fakoly  : Le Pays Va Mal (Festival du bout du monde 2005)

Mercredi soir, lors d'un concert à l'Institut culturel français de Dakar, la star de reggae avait critiqué le régime du président sénégalais Abdoulaye Wade, 81 ans, au pouvoir depuis 2000 et réélu en février dernier pour un nouveau mandat de cinq ans, l'appelant notamment à quitter le pouvoir.

Le chanteur « a quitté Dakar mercredi matin pour Abidjan », avant la publication de l'arrêté d'interdiction d'entrée des autorités sénégalaises, a indiqué à l'AFP un membre de son entourage à Dakar.

Star internationale du reggae, Tiken Jah Fakoly, est revenu le 7 décembre pour la première fois en Côte d'Ivoire depuis la tentative de coup d'Etat de 2002 à l'origine d'une partition du pays entre le Nord et le Sud.

Originaire du nord ivoirien, il avait quitté la Côte d'Ivoire pour un exil de cinq ans au Mali pour « des raisons de sécurité ».

En septembre 2002, la rébellion des Forces nouvelles (FN) avait tenté de renverser le président Laurent Gbagbo, estimant que les populations du Nord étaient brimées par le pouvoir central.

Un accord de paix a finalement été signé en mars à Ouagadougou entre le chef de l'Etat et les FN pour réunifier le pays.

Scala: la grève entraîne l'annulation
de « Tristan et Isolde »

La représentation de l'opéra de Wagner, « Tristan et Isolde », prévue dimanche 16 décembre à la Scala de Milan, a été annulée en raison d'un mouvement de grève d'un syndicat autonome, a annoncé le théâtre lyrique.

Le syndicat Fials, qui compte 60 adhérents au sein du théâtre, a justifié cet arrêt de travail par l'insuffisance à ses yeux des propositions salariales de la Scala.

Malgré les craintes d'une annulation de l'ouverture de la saison 2007/08 de la Scala le 7 décembre, cette soirée inaugurale s'était déroulée normalement, après l'accueil favorable de propositions du ministère italien de la Culture.

Les personnels de la Scala s'étaient mis en grève les 9 et 17 novembre pour protester contre le non-renouvellement de leur convention collective, ce qui a entraîné l'annulation de trois représentations.

La Scala a jugé « incompréhensible » la décision du syndicat, soulignant notamment qu'elle « ne tenait aucun compte de l'état des négociations ».

La représentation de dimanche aurait dû être la troisième de « Tristan et Isolde », mis en scène par le Français Patrice Chéreau et dirigé par le chef d'orchestre Daniel Baremboïm. Elle a reçu un accueil triomphal de la critique.

Mort du musicien Ike Turner
à l'âge de 76 ans

Le musicien américain Ike Turner, célèbre pour son duo et son mariage houleux avec la chanteuse Tina Turner, est mort chez lui en Californie (ouest) à l'âge de 76 ans, a annoncé mercredi son manager.

Ike Turner, dont certains historiens de la musique estiment qu'il a écrit le premier morceau de rock'n'roll avec « Rocket 88 » en 1951, est mort paisiblement dans sa maison de San Marcos, près de San Diego, a annoncé son manager Scott Hanover.


Ike Turner et Jackie Brenston, Rocket 88

« Il est mort ce matin », a déclaré M. Hanover, du groupe Thrill Entertainment, joint par l'AFP à son bureau en Floride, confirmant une information du site internet TMZ.records spécialisé dans la vie des célébrités.

Un porte-parole de Tina Turner a adressé un communiqué laconique à TMZ, disant seulement: « Tina est au courant du fait qu'Ike est mort aujourd'hui. Elle n'avait plus eu de contact avec lui depuis 35 ans. Il n'y aura pas d'autre commentaire ».

Ike Turner, né le 5 novembre 1931, a grandi dans le Mississippi (sud) où il a appris le piano auprès de la légende du blues Pinetop Perkins.

Après avoir formé son groupe, The Kings of Rhythm, à la fin des années 40, il s'établit à Saint-Louis (Missouri, centre) où il mène une carrière de découvreur de nouveaux talents pour plusieurs labels, dont Sun Records, contribuant notamment à la signature d'artistes comme Howlin' Wolf ou Elmore James.

Mais c'est une jeune chanteuse à la voix rauque de Nutbush, Tennessee (sud), Anna Mae Bullock, qui allait changer sa carrière.

D'abord choriste des Kings of Rhythm, elle devient chanteuse principale du groupe en 1960 avec « A Fool in Love », un tube immédiat. Elle est alors enceinte d'Ike et ne tarde pas à changer son nom en celui de Tina Turner. Le groupe devient « The Ike and Tina Turner Revue. »

Le duo se marie en 1962 au Mexique et sa collaboration pendant une décennie donnera une série de tubes dont « River Deep, Mountain High », produit par Phil Spector, ou encore « Nutbush City Limits. »

Le mariage est tumultueux: dans son autobiographie parue en 1986, Tina Turner accuse Ike de violences conjugales pendant plusieurs années. Ike Turner, après avoir nié, a reconnu dans un livre en 2001 l'avoir giflée, mais pas l'avoir battue.

Tina Turner se sépare de son mari après une violente altercation à Dallas en 1976. Aux termes du divorce, prononcé en 1978, Ike Turner conservera tous les gains réalisés par le couple au cours de leur mariage.

Le couple a fait l'objet d'un film à Hollywood en 1993, « Tina », où la chanteuse était incarnée par Angela Bassett et qui avait valu à Lawrence Fishburne une nomination à l'Oscar pour le rôle d'Ike.

Ike Turner a continué pendant des années à s'élever contre le portrait fait de lui dans ce film. « J'ai fait beaucoup d'erreurs », avait-il dit un jour lors en interview. « Tout ce que je peux faire, c'est présenter mes excuses à ceux à qui j'ai pu faire du mal. Mais je ne suis pas le type que l'on voit dans ce film. Loin de là », avait-il dit.

Dans les années 80, Ike Turner a connu une descente aux enfers marquée par la drogue et l'alcool. En 1991, alors en prison pour une affaire de drogue, il n'a pu assister à son intronisation au Rock and Roll Hall of Fame.

Il avait cependant entamé une nouvelle carrière après sa sortie de prison en 1993 et avait remporté cette année un Grammy Award avec un album de blues, « Risin' With the Blues. »

Les ventes d'albums continuent
de baisser en novembre

Selon le baromètre mensuel établi par l'Observatoire de la musique et Gfk, le marché du CD audio a enregistré sept millions d'unités vendues pour un chiffre d'affaires de 104 millions d'euros en novembre 2007. Le CD audio accuse ainsi une baisse de ses ventes de 17,4 % par rapport à novembre 2006. Le chiffre d'affaires perd également 15,5 % par rapport à la même période.

Les ventes d'albums continuent de baisser. En novembre 2007, le marché des albums enregistre un recul de 10,7 % en volume et 13,8 % en valeur, par rapport à novembre 2006. Pour la même période, le single accuse une perte de 51,9 % en volume et 51,6 % en valeur.

Le single, format fortement concurrencé par le téléchargement de titres, ne représente plus désormais que 2,6 % du chiffre d'affaires total du mois de novembre.

Tous les genres musicaux sont touchés par cette baisse des ventes, excepté la musique d'ambiance et le classique.

Les ventes d'albums en novembre ont été menées par un trio de tête : Johnny Hallyday, Christophe Maé et Jenifer. Yannick Noah, Amy Winehouse et Céline Dion complètent ce classement. Au total, les dix meilleures ventes du mois constituent 12,4 % des ventes de CD audio.


Actualités musicales du 15 décembre 2007

L'orgue du studio 104 de Radio France,
réinstallé dans la cathédrale de Lille

L'orgue de la salle Olivier-Messiaen (studio 104) de la Maison de Radio France a été mis en place dans la cathédrale de Lille, Notre-Dame de la Treille et a donné son premier son vendredi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Membre du club des quatre grands orgues français (avec Notre-Dame, Saint-Eustache et Saint-Sulpice, tous à Paris), le nouvel orgue lillois sera inauguré officiellement le 1er juin 2008. C'est un instrument néo-classique doté de 104 jeux répartis sur quatre claviers qui pèse 73 tonnes.


L'orgue Danion / Gonzalez (1957-1967)
élevage-agrandissement par Bernard Dargassies (1989-1992)

L'annonce au printemps 2006 de la vente de l'instrument avait suscité une polémique chez les passionnés du fait de la raréfaction des orgues de salles de concert à Paris.

La ministre de la Culture, Christine Albanel, avait confirmé lundi lors des festivités du centenaire en 2008 de la naissance du compositeur et organiste Olivier Messiaen (1908-1992) que le futur auditorium de la Maison de Radio France à Paris, qui doit ouvrir à l'horizon 2011-2012, serait doté d'un « orgue moderne ».

La maison de Radio France a cédé l'instrument - qui était alors le seul orgue à tuyaux encore présent dans une salle de concert française avec celui de l'auditorium Maurice Ravel de Lyon - à l'association « Un grand orgue pour notre Dame de la Treille » pour un euro symbolique.

« Dans le monde entier, cet orgue est considéré comme le chef-d'oeuvre du néo-classique », a déclaré André Dubois, organiste titulaire et porteur du projet.

Le chantier et l'installation ont coûté 1,5 millions, dont 33% ont été financés par la région Nord-Pas-de-Calais.

Musicalement, la vie de l'orgue de la cathédrale de Lille commencera le dimanche 1er juin, jour de le fête de Notre-Dame de la Treille. Un premier concert aura lieu le 7 juin avec Winfried Bonig, organiste titulaire de la cathédrale de Cologne (Allemagne) et le 8 juin avec Jean Guillou, organiste de Saint-Eustache à Paris.

Voir un reportage photos
Lire l'article de Antoine Pietrini (9 avril 2006)
Le site de Bernard Dargassies

L'Opéra-Comique lève son rideau
sur une brillante « Etoile » de Chabrier

L'Opéra-Comique à Paris a lancé jeudi soir sa saison 2007-2008 avec une nouvelle production de « L'Etoile » d'Emmanuel Chabrier vocalement et musicalement brillante, et prometteuse pour l'avenir d'une maison qui ambitionne de redevenir le temple de l'art lyrique français.

Cet opéra bouffe était confié aux bons soins du chef britannique John Eliot Gardiner, pour beaucoup dans le succès d'une soirée à laquelle s'étaient donné rendez-vous de nombreuses personnalités, dont la ministre de la Culture Christine Albanel et ses prédécesseurs Jack Lang et Jacques Toubon.

Créée en 1877 aux Bouffes-Parisiens, « L'Etoile » repose sur un livret délirant: le roi Ouf Ier veut fêter comme chaque année son anniversaire par un empalement mais apprend de son astrologue Siroco que la mort de celui qu'il veut supplicier, le colporteur Lazuli, entraînerait son propre trépas.

Du coup, Ouf veille sur la santé du jeune homme, qui a des vues sur la princesse Laoula, en fait promise au souverain...

Pour le lancement de sa première saison à la tête de l'Opéra-Comique, Jérôme Deschamps signe une mise en scène sans effets bouffe trop appuyés avec sa compagne Macha Makeïeff, qui a conçu des décors et costumes faisant la part belle à l'imaginaire (toiles peintes) et volontiers instables (murs mobiles).

Le nouveau directeur s'est bien gardé de faire du « Deschiens », et même le quadrupède canin qui traverse la scène à l'acte II est invisible, quoique bien imité. Le spectacle aurait cependant pu illustrer de manière moins sage le propos loufoque des librettistes Leterrier et Vanloo.

La proposition du tandem Deschamps-Makeïeff a au moins le mérite de laisser vivre la musique de « L'Etoile », dont le compositeur Reynaldo Hahn disait à raison qu'elle était une « perle fine de l'opérette française ».

Féru de musique française et pas seulement baroque, John Eliot Gardiner retrouve un ouvrage qu'il a abordé dès 1984 à l'Opéra de Lyon puis — déjà — à Favart, et dont il a enregistré à cette époque une version de référence (EMI).

Sous sa direction, dans une fosse agrandie désormais adaptée au répertoire de l'Opéra-Comique, l'Orchestre révolutionnaire et romantique pétille et offre ses couleurs claires à une partition dont l'inventivité et la subtilité déstabilisèrent les amateurs d'opérette à sa création.

Sur scène, une autre formation créée par Gardiner, le luxueux Monteverdi Choir, montre dans un excellent français, à peine relevé d'une exquise pointe d'accent anglais, qu'il est toujours l'un des meilleurs choeurs au monde, même à l'opéra.

Le ténor Jean-Luc Viala est un Ouf complet, tandis que la mezzo Stéphanie d'Oustrac traduit, quoique dans un chant perfectible, la sensibilité et la mélancolie de Lazuli (rôle travesti). La Belge Anne-Catherine Gillet prête quant à elle son soprano gracieux à la princesse Laoula.

Ce spectacle sera donné sept autres fois à Favart jusqu'au 23 décembre, retransmis en direct le 22 (20H00) par France Musique, enregistré par France 2 et repris les 10 et 11 janvier au Théâtre de Nîmes.

A Favart, comme ce sera désormais la cas pour chaque production à l'affiche, « L'Etoile » suscite aussi des « rumeurs » autour de Chabrier et de ses contemporains avec une exposition, un récital, des concerts et un conte musical (« la Boîte à joujoux » de Debussy) avec Natalie Dessay (23 et 25 décembre).

Exposition Gainsbourg
à la Cité de la musique, fin 2008

Après Jimi Hendrix, Pink Floyd et John Lennon, la Cité de la musique à Paris consacrera une exposition à Serge Gainsbourg du 20 octobre 2008 au 1er février 2009. Le parcours a été conçu selon quatre grandes périodes: « La période bleue » des débuts de Gainsbourg (1958-65), « Les idoles » (1965-69) où il écrit pour d'autres, « La décadanse » (1969-79), sa période la plus créative avec les monuments « L'histoire de Melody Nelson » et « L'homme à tête de chou », et enfin « Ecce Homo » (1979-91). Cette exposition sera organisée grâce à des prêts exceptionnels consentis par la famille de Serge Gainsbourg, et particulièrement sa fille Charlotte.

La Raddho critique l'interdiction de séjour
de Tiken Jah Fakoly

L'interdiction de séjour décidée jeudi par le gouvernement sénégalais contre le chanteur de reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly est « arbitraire et inopportune », a estimé vendredi la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) dans un communiqué.

L'ONG panafricaine exprime « sa totale désapprobation par rapport à la décision arbitraire et inopportune du ministre de l'Intérieur interdisant à l'artiste africain Tiken Jah Fakoly d'entrer » au Sénégal.

Selon la Raddho, basée à Dakar, cette décision « peu lucide traduit de plus en plus la tendance frileuse, nerveuse et répressive » du gouvernement sénégalais.

Tiken Jah Fakoly, invité à Dakar pour le 7e festival international Hip-Hop Awards, du 12 au 15 décembre, avait dénoncé le régime du président sénégalais Abdoulaye Wade lors d'une conférence de presse puis d'un concert donné mercredi, invitant notamment M. Wade à « quitter le pouvoir » s'il aimait son pays.

Dans un arrêté publié jeudi soir, le ministère sénégalais de l'Intérieur a annoncé que le chanteur était interdit « d'entrée (...) du territoire » et « déclaré persona non grata au Sénégal » à compter du 13 décembre « à la suite de ses déclarations fracassantes, insolentes et discourtoises ».

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Actualités musicales du 16 décembre 2007

Dimanche 16 décembre 16h30
Pamiers (Arièges)
 

Guigla Katsarava
Récital de piano
Œuvres de
Scriabine, Debussy, Liszt, Schumann

Né à Tbilissi, formé à l'école russe de piano par le maître Lev Naoumov au conservatoire Tchaikovski de Moscou.

Titulaire du Konzert Diplom de l'Etat fédéral allemand, 1er prix du concours international Rachmaninov, lauréat du concours international William Kappell (USA), concertiste, chambriste (partenaire régulier du violoniste Gérard Poulet), professeur de piano à l'école normale de musique Alfred Cortot à Paris

Espace Aglaë Moyne, rue de Loumet, 09100 Pamiers
05 61 67 29 59

L'Opéra de Paris va exhumer deux urnes
contenant des disques vieux de 100 ans

L'Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France (BnF) présenteront mercredi 19 décembre deux urnes, contenant au total 24 disques, mises à l'abri il y a un siècle pour témoigner de l'art du chant de l'époque, ont annoncé vendredi soir ces deux institutions.

Le 24 décembre 1907, 24 disques ont été scellés dans deux urnes au cours d'une cérémonie solennelle qui a eu lieu dans les sous-sols du Palais Garnier à Paris, indiquent l'Opéra et la BnF dans un communiqué commun.

Ces disques avaient été donnés par le patron en France de la Gramophone Company, Alfred Clark, qui avait exigé que les boîtes ne soient ouvertes que 100 ans plus tard, « afin d'apprendre aux hommes de cette époque quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps ».

Chacune de ces urnes contient 12 disques, pour l'essentiel de musique lyrique française (Bizet, Gounod, Saint-Saëns...) ou italienne (Donizetti, Rossini, Verdi), et renferme le témoignage de voix aussi célèbres que la Melba, la Patti, Emma Calvé ou Enrico Caruso.


Enrico Caruso chante « La Donna e Mobile » extrait de Rigoletto de Verdi
(Victor 1907)

 


Enrico Caruso chante « Una Furtiva Lagrima »

 


Enrico Caruso chante « Pagliacci No! Pagliaccio non son »

Confiées à la BnF depuis 1989 pour leur sauvegarde, « ces urnes feront leur apparition le 19 décembre », indique le communiqué.

Cette « cérémonie » aura lieu à partir de 18H00 à la bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris.

« Les deux urnes ne seront pas ouvertes à cette occasion », préviennent cependant les deux établissements, qui ont dû tenir compte de la « dangerosité » liée à la présence de « bandelettes d'amiante disposées à l'époque pour protéger les disques ».

Ces enregistrements « seront extraits de leur protection en milieu confiné et sécurisé au cours de l'année 2008 », ajoute-t-on de même source.


Emma Calvé, dans « Carmen » de Bizet (1907)

 


Emma Calvé, dans « Cavalleria rusticana » de Pietro Mascagni (1907)

 

Les disques exhumés en 2007 feront l'objet d'un report sur CD par EMI — héritière de la Gramophone Company — et une cérémonie comparable à celle de 1907 sera organisée « afin de préserver des enregistrements représentatifs de la musique contemporaine », selon le communiqué.


Adelina Patti, dans « Norma » de Vincenzo Bellini (1906)

On remarquera que le bien national est cédé à une entreprise privée, alors que dans l'optique de la mission publique que est la sienne,  et en vertu des nouvelles technologies, dont la BnF prétend être un acteur majeur, ces enregistrements devraient être largement diffusés gratuitement en fichiers téléchagargeables.

 


Nellie Melba, concerts d'adieu. Covent GardenOpera, en 1926 (La Bohême. acte 3 Entrate... Ce Rodolfo)

Violences miliciennes à l'Université Lyon II
par Alice Verstraeten

Ma fac (Lyon II) s’enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m’inquiète profondément.

Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s’auto censurent ou se font censurer.,

Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.

Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l’Université comme mode d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce débat.,

Depuis quelques jours, le président de l’Université a fait appel aux « forces de l’ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ».

Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).,

Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »..., Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles, hier matin : « Voyous, racailles. »

Car certains d’entre eux s’amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d’autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu’elle dégage un passage.,

A l’entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.,

J’étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m’avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.,

Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS.

Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail préalable « d’information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux., Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu’ils sont « extérieurs à l’Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles.

Il n’y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins.,

Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.,

Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l’autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S’ils ont effectivement été convoqués par le président de l’Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d’entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l’université?, De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer.

Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.,

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d’entrer dans une fac investie de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d’identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l’allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J’vais t’fumer toi, j’vais t’fumer. »,

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l’on avait le droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».,

SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.,

D’autre part, pour permettre l’action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils risquent purement et simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes., Je joins à ce message la « Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2 » rédigée par des enseignants (datée d’avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d’hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique., Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.

Prix Musical America :
la soprano Anna Netrebko
élue musicienne de l'année

La soprano russe Anna Netrebko a été élue à New York Artiste de l'Année par la célèbre revue Musical America, qui proclame depuis 1960 le palmarès des meilleurs musiciens de l'année.

La soprano, qualifiée par la presse « nouvelle Callas », s'était fait connaître dans Rouslan et Lioudmila de Glinka à l'opéra de San Francisco en 1995, un rôle qui lui avait ouvert les portes d'une renommée internationale.

La cantatrice du théâtre Mariinski et du ballet de Saint-Pétersbourg n'est pas la première artiste russe à recevoir une telle récompense. Depuis la fondation de ce prix musical, elle a été précédée par le compositeur Igor Stravinski, le pianiste Vladimir Horowitz, George Balanchine, Nathan Milstein et Mstislav Rostropovitch.

La diva, à 36 ans, est cependant la plus jeune à recevoir la prestigieuse récompense.

Au cours de cette cérémonie annuelle qui se déroule au Lincoln Center de New York, le finlandaise Kaija Saariaho a reçu le prix du Compositeur de l'Année, le chef de l'orchestre symphonique d'Atlanta Robert Spano celui du Chef d'orchestre de l'Année. A 81 ans, le pianiste Charles Rosen a été reconnu Interprète de l'Année. Le choeur d'hommes Chanticleer (Etats-Unis) a reçu le prix de l'Ensemble de l'Année (RIA Novosti )

Affaire Tiken Jah Fakoly :
le ministre sénégalais tente de se justifier

Le ministre sénégalais de l'Intérieur Ousmane Ngom a tenté samedi de justifier l'interdiction d'entrée au Sénégal frappant désormais le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly par le fait qu'on ne peut pas se rendre dans un pays « et donner à son président des injonctions ».

« Je pense qu'il faut que les gens sachent raison garder. On ne peut pas venir dans un pays et donner à un président des injonctions », a-t-il déclaré à quelques journalistes à l'issue d'une visite effectuée à la direction des passeports, selon l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle).

« On pouvait prendre des mesures draconiennes. Mais on ne l'a pas fait », a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Le ministre de l'Intérieur a en outre estimé que Tiken Jah Fakoly devait écrire ou faire une déclaration pour s'excuser auprès des autorités sénégalaises.

Jeudi, le ministre avait pris « un arrêté d'interdiction d'entrée du territoire contre l'artiste musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly à la suite de déclarations fracassantes, insolentes et discourtoises » contre le régime du président Wade et son fils Karim.

« A partir d'aujourd'hui Tiken Jah Fakoly est déclaré persona non grata au Sénégal », avait conclu le ministre.

Mercredi soir, lors d'un concert à Dakar, la star de reggae avait critiqué le régime du président sénégalais, 81 ans, au pouvoir depuis 2000 et réélu en février pour un mandat de cinq ans, l'appelant notamment à quitter le pouvoir.

Interrogé samedi par l'AFP à Abidjan, la star ivoirienne a affirmé n'avoir « aucun regret » estimant avoir « dit ce que tout le monde dit » au Sénégal.

« J'ai toujours dit ce que je pensais par rapport à l'actualité et je me suis dit que je pouvais faire la même chose au Sénégal », a expliqué Tiken Jah Fakoly.

Le chanteur s'est aussi déclaré à la fois « surpris » et « déçu » de la décision des autorités sénégalaises.

« Je pense que le président Wade n'est peut-être pas forcément au courant et que c'est le ministre de l'Intérieur qui a pris cette décision », a poursuivi en expliquant qu'en Afrique « il y a beaucoup de ministres qui cherche à faire plaisir au président ».


Actualités musicales du 17 décembre 2007

« Tannhäuser » à l'Opéra  Bastille

L'Opéra de Paris a enfin pu présenter dans des conditions normales et avec succès, samedi, sa nouvelle production de « Tannhäuser » de Wagner, dont les premières représentations avaient été très fortement perturbées par la grève d'une partie du personnel.

Ironie du sort, le Canadien Robert Carsen, qui a dû attendre cette quatrième représentation pour voir sa mise en scène présentée dans son intégrité artistique — l'absence des décors condamnait jusqu'alors le spectacle à un simple « arrangement scénique » — a reçu les huées d'une partie du public.

C'est cependant l'enthousiame qui a prévalu au rideau final, spécialement pour la distribution, de haute volée, et pour le maestro japonais Seiji Ozawa, auquel le public a réservé une ovation méritée.

Robert Carsen, pour sa dixième collaboration avec l'Opéra de Paris, signe une production d'une grande sobriété et parfaitement cohérente.

A la représentation habituelle de l'opposition entre amour sacré et amour profane — personnifiée par les deux conquêtes féminines de Tannhäuser, la déesse Vénus et la chaste Elisabeth !, Carsen préfère celle de l'artiste en proie à ses pulsions, à ses doutes et au rejet de la société bourgeoise.

Pour appuyer cette vision, le metteur en scène a fait de Tannhäuser un peintre (et non un chanteur-poète comme l'avait écrit Wagner), tourmenté et rongé par son art, et dont Vénus est la muse.

Cette habile transposition donne naissance à plusieurs images fortes, comme la scène d'ouverture où des dizaines d'hommes, qui sont autant d'incarnations de Tannhäuser, sont livrés à une fièvre créatrice toute dyonisiaque, alors qu'ils peignent frénétiquement le corps nu de Vénus.

Ou encore l'ultime scène, où le tableau de Tannhäuser rejoint un musée des plus fameux nus féminins de l'histoire de la peinture.

De la distribution, on retiendra surtout la belle Vénus de la mezzo française Béatrice Uria-Monzon, l'incarnation stupéfiante de la soprano néerlandaise Eva-Maria Westbroek en Elisabeth, et l'admirable Wolfram du baryton allemand Matthias Goerne.

Les représentations restantes (cinq soirées jusqu'au 30 décembre) pourraient à nouveau être perturbées. En effet, la FSU, seule organisation syndicale à appeler encore à la grève contre la réforme du régime spécial de retraite de l'Opéra de Paris, a déposé un nouveau préavis de grève allant du 21 décembre au 15 janvier inclus.


Actualités musicales du 18 décembre 2007

L'Orchestre français des jeunes :
changement de chef

Jean-Claude Casadesus quittera la direction musicale de l'Orchestre français des jeunes, premier des orchestres-école en France, né il y a 25 ans, à l'issue de la session d'hiver 2007 de la formation, qui s'achèvera le 23 décembre.

En résidence de travail au nouveau Grand-théâtre de Provence à Aix depuis le 13 décembre, l'OFJ y donnera mercredi soir un concert franco-russe (Chostakovitch, Saint-Saëns, Prokofiev et Ravel) puis reprendra ce programme jeudi à Dijon, samedi à Vichy et dimanche à la Maison de Radio France à Paris.

Jean-Claude Casadesus, 72 ans dont 31 déjà passés à la tête de l'Orchestre national de Lille, a dirigé les deux sessions annuelles de l'OFJ depuis l'été 2005.

A partir de la session d'été 2008, c'est l'Américain Dennis Russell Davies, 63 ans, bon connaisseur de la musique du XXe siècle (Berio, Cage, Glass...), qui assurera la direction musicale de cette structure de formation professionnelle au métier de musicien d'orchestre.

Anne Azéma prend la direction
de la Boston Camerata

La Boston Camerata, formation pionnière dans le renouveau des musiques anciennes aux Etats-Unis, sera en France en décembre et janvier avec deux programmes différents.

Joel Cohen et son ensemble fêteront d'abord « Un noël méditerranéen » (chansons d'Espagne, de Provence, d'Italie et du Moyen-Orient de 1200 à 1900) vendredi soir au Théâtre de la Ville.

La même institution parisienne, mais sur son site des Abbesses cette fois, réinvitera la formation vocale et instrumentale américaine le 12 janvier pour un concert autour de la légende médiévale de « Tristan et Iseult », un programme qui aura été donné la veille à l'Atrium de Chaville, dans les Hauts-de-Seine.

L'Américain Joel Coen a annoncé que la saison 2007-2008 serait sa dernière à la tête de la Boston Camerata, après 39 années de bons offices.

Il deviendra en septembre 2008 directeur émérite de la formation, dont la direction artistique sera assumée à cette date par l'un de ses piliers, la chanteuse française Anne Azéma, grande spécialiste des musiques du Moyen-Âge.

Un Grand prix Sacem
pour Philippe Fénelon

Le compositeur Philippe Fénelon, 55 ans, s'est vu décerner le Grand prix de la musique symphonique de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) pour 2007.

La Sacem a remis d'autres grands prix à Kassav' (musiques du monde et traditionnelles), Raoul Sanga (auteur-réalisateur de l'audiovisuel), Bruno Coulais (musique pour l'audiovisuel), Jacques Demarny (créateur-auteur en chanson française), Max Amphoux d'Emma Productions (édition musicale), Alexandre Astier pour Kaamelott (humour), Patrice Caratini (jazz), Michel Butor (poètes), Air (répertoire Sacem à l'étranger) et Eddy Mitchell (créateur-interprète en chanson française).

Jacques Doucelin reçoit
la Grande médaille de vermeil
de la ville de Paris

Le journaliste et critique musical Jacques Doucelin, 67 ans, qui fut de 1974 à 2005 chef des informations musicales du Figaro, a reçu la Grande médaille de vermeil de la ville de Paris, pour son action au sein de ce quotidien en faveur de la musique.

Licencié d'allemand, Jacques Doucelin a débuté dans le journalisme au Monde. Il est entré au Figaro en 1970 comme collaborateur des services économique et politique, avant d'intégrer le département culture de ce quotidien qu'il a quitté début 2005.

Vice-président du Syndicat professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse, il poursuit une activité de critique musical à Opéra Magazine, au mensuel Classica et sur le site internet concertclassic.com .

La salle Gaveau à Paris,
temple de la musique de chambre,
fête ses 100 ans

La salle Gaveau à Paris, lieu réputé pour le piano, la musique de chambre et le chant, fêtera son centième anniversaire mardi soir lors d'un « concert surprise », a-t-on appris auprès de ses propriétaires.

Enregistrée par France 3, la soirée sera animée par 22 artistes dont le nom a été gardé secret, s'illustrant dans tous les styles ou presque (art lyrique, piano, musique de chambre et baroque, variétés, humour).

La salle Gaveau a été construite dans le VIIIe arrondissement huppé par le facteur de pianos du même nom, qui souhaitait y promouvoir ses instruments.

Elle a accueilli en octobre 1907 ses premiers concerts et a été considérée comme la salle de prestige de Paris jusqu'à l'ouverture de Pleyel en 1927.

Menacée de destruction après la faillite de la maison Gaveau dans les années 1960, la salle a été reprise en 1976 par les époux Chantal et Jean-Marie Fournier.

Ce bel écrin aux murs clairs de 1.020 places, de « dimensions intimes, est idéale pour le récital et la musique de chambre: sa qualité acoustique est miraculeuse », explique à l'AFP Chantal Fournier.

La saison 2007-2008 affiche une centaine de concerts et récitals, avec plusieurs rendez-vous des orchestres Colonne, Lamoureux et Pasdeloup, du National d'Île-de-France, de l'Orchestre romantique européen dirigé par l'ancien secrétaire d'Etat Lionel Stoléru et des jeunes Musiciens de la Prée.

Plusieurs producteurs privés contribuent à la programmation, tels Philippe Maillard, André Furno (Piano quatre étoiles) et les propriétaires eux-mêmes (JM Fournier Production).

Cette affiche variée manque cependant de lisibilité dans une offre parisienne très abondante.

« On n'a peut-être pas de projet artistique fort mais on donne leur chance à de jeunes artistes et on essaie d'accueillir les producteurs privés dans de bonnes conditions alors que nous n'avons pas de subventions », répond Chantal Fournier.

Gaveau reçoit aussi des événements extra-musicaux, comme lors de l'accueil de Nicolas Sarkozy et de ses partisans au soir des deux tours de la dernière élection présidentielle.

« Il y en a qui ont grincé des dents, mais la salle a été louée officiellement pour un prix très important », dit Mme Fournier.

L'Égypte, capitale mondiale
de la danse orientale

Du Kazakhstan ou du Brésil, d'Italie ou d'Indonésie, des passionnées de danse orientale ont accouru en Egypte, berceau de cet art millénaire de plus en plus populaire en dehors du monde arabe.

C'est dans un grand hôtel du Caire que près de 80 danseuses professionnelles du monde entier sont venues assister jusqu'à la mi-décembre à des cours intensifs pour améliorer leur style.

« Tant qu'on n'a pas dansé en Egypte, on n'est pas une vraie danseuse », décrète Raqia Hassan, organisatrice de ce stage d'hiver et du Festival international de danse orientale organisé chaque été au Caire depuis 2000.

« C'est absolument nécessaire de se former ici. C'est quand même la source », renchérit Nadia Sément, professeur de danse orientale en France.

Les hanches ceintes d'un foulard bordé de sequins, les danseuses de tous âges, qui ont dû débourser 1.000 euros, hors billet d'avion et hôtel, se sont entraînées sans relâche huit heures par jour.

Le soir, elles doivent suivre des conférences sur l'histoire de la danse orientale, une nécessité, selon les organisateurs, pour en pénétrer le sens.

Car malheur à qui réduirait la pratique à un moyen de séduction ou parlerait de « danse du ventre ». Il s'attirerait les foudres de Carolina Vargadinicu, alias Morocco.

Il s'agit là d'« une mauvaise interprétation occidentale, colonialiste et raciste », assène cette New-Yorkaise d'origine roumaine qui, à près de 70 ans, danse depuis 47 ans.

A l'origine, la danse orientale serait un rite ancien, dédié à la maternité et à la fertilité.

Et bien que les Egyptiens aiment à croire qu'il s'agit d'une tradition pharaonique, elle serait en fait originaire d'Inde, d'où elle aurait été ramenée en Egypte par les gitans.

Les clichés « orientalisants » véhiculés par le cinéma et la sensualité de cette danse évocatrice expliquent sa popularité croissante hors du monde arabe.

Au Mexique, assure Grinnelli Sandoval, qui tient une école de danse à Ensenada (Basse Californie), certains lui attribuent même des vertus gynécologiques.

« J'ai des élèves qui m'ont été envoyées par des gynécologues parce que, grâce à ces mouvements, on travaille les organes internes féminins, ce qui assure un meilleur soutien de l'utérus et aide à la conception », explique-t-elle.

Profitant de l'occasion, des créateurs locaux sont aussi venus proposer la panoplie de la parfaite danseuse orientale: les murs sont tapissés de costumes étincelants, piqués de perles ou couverts de paillettes, et des stands sont couverts de CD, DVD et affiches des stars égyptiennes.

Mais, malgré l'attrait qu'exerce sur elles l'Egypte, aucune des jeunes femmes interrogées ne dit vouloir s'installer au Caire, où l'âge d'or de la danse orientale, incarné par les mythiques Samia Gamal ou Tahia Carioca, danseuses et vedettes de cinéma, est révolu.

Les danseuses étrangères sont d'ailleurs soumises à des restrictions pour éviter qu'elles ne marchent sur les plate-bandes de leurs collègues égyptiennes, en pratiquant des tarifs moins élevés.

Et si la danse a peu à peu regagné en Egypte le terrain qu'elle avait perdu pendant la violence islamiste au tournant des années 1980-90, les danseuses restent aux yeux de beaucoup des pécheresses dans ce pays où les islamistes sont la principale force d'opposition.

Aussi, la police des moeurs veille au respect de règles édictées par le ministère de la Culture, selon lesquelles « le corsage doit couvrir la poitrine, le nombril et ce qui est en dessous », et il est « interdit de faire des gestes pouvant exciter les instincts sexuels des spectateurs ».

Raqia Hassan, elle, rêve d'une Académie de danse orientale, pour donner ses lettres de noblesse à un art qu'elle estime ne pas être reconnu à sa juste valeur.


Actualités musicales du 19 décembre 2007

19-22 décembre 2007
Lyon, Auditorium
http://www.auditorium-lyon.com  

Spectacle de noël
I can’t stop loving you
the genius of Ray Charles

Comédie musicale

Celui qu’on appelait « le génie de la soul » s’en est allé il y a trois ans, mais sa musique vit encore dans nos coeurs. La troupe de « I can’t stop loving you – The Ray Charles Musical » lui rend un vibrant hommage en nous faisant voyager à travers les meilleurs moments de sa vie grâce à une mise en scène étonnante et à des chorégraphies spectaculaires. La musique de Ray Charles en live ! Douze musiciens, neuf danseurs et six chanteurs exceptionnels retracent les différents genres musicaux de l’immense carrière de Ray Charles, dans un spectacle construit autour de ses plus grands succès : « Georgia », « Hit the road Jack », « What’d I say », « Unchain my heart », « America the beautiful ». Après un triomphe au théâtre Royal Haymarket de Londres, le show « I can’t stop loving you » a parcouru le monde. Une célébration joyeuse de la musique de Ray Charles jugée excitante et incroyablement entraînante par le public. Le show événement de cette fin d’année .à ne surtout pas manquer !

19, 20, 21 décembre, 20h30 ; 22 décembre, 18h —  32 et 45 € selon la série + tarif réduit (groupes et abonnés symphonique) — Renseignements – r&eac