Musicologie.org 2007
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil
Actualités musicales
11 — 20 décembre 2007
Actualités musicales du 11 décembre 2007
11 et 14 décembre 2007, 18h30 et 20h30
Saison de l’Espace Musical / Aix-en-Provence
Chapelle des Oblats
Le Noël des Festes d’Orphée
Noëls des provinces de France (18h30)
Grands motets provençaux en Noëls (20h30)
Ensemble Vocal & Instrumental des Festes d’Orphée
Noëls des provinces de France
Noëls traditionnels de l’édition de Ballard (1703)
Ensemble Vocal & Instrumental des Festes
d’Orphée. Chanteurs : Odile Boyer, Nathalie Di Fusco, Béatrice Lièvre,
Liesbeth Ritsma — Instrumentistes : Annick Lassalle, Jean-Michel Hey, Guy
Laurent — Flûtes à bec renaissantes et baroques : exilante, sopranino,
soprano, alto, ténor & basse, Trio d’ocarinas, Rossignol, Cromornes
soprano & alto, Hautbois de Poitou soprano & alto, Clarinette,
Viole basse & alto. Percussions : Bombe, tambourin, timbale, tambour
de basque, cymbalettes, grelots, crécelle, chéréké. Conception et
direction : Guy Laurent
La tradition des Noëls populaires est certainement
l’une des plus riches et des plus vivantes de notre patrimoine, teintée de
nostalgie, d’émerveillement et de joie enfantine.
Le fil conducteur de ce spectacle est emprunté aux
Chants des Noëls Anciens & Nouveaux publiés par Christophe Ballard en
1703.
La nature des textes - à l’unisson de la croyance
qu’ils expriment - nous conduit à une présentation naïve, à l’image des
populaires « Pastorales ».
Grands motets provençaux en Noëls
Petit Chœur Mixte & Ensemble Instrumental des
Festes d’Orphée — Chanteurs : Odile Boyer, Nathalie Di Fusco, Béatrice
Lièvre, Anne-Sylvie Vauclair Yves Lafont, Denis Hoarau, Guy Laurent,
Christian Stricker, Patrice Guéry, Claude Piaget — Instrumentistes :
Jean-Michel Hey, Jean-Thomas Hulard (Flûtes), Annick Lassalle (Viole de
gambe), Corinne Bétirac (orgue). Direction : Guy Laurent
Les Noëls historiques (appartenant au répertoire
para-liturgique des cantiques spirituels) empruntent largement au procédé
de la parodie : Une musique pré-existante, connue de tous, ayant sa propre
fonction (danse, chanson...), est détournée de son usage premier par
l’attribution de paroles en langue vernaculaire (français, provençal ou
autre, selon les provinces), évoquant la naissance de Jésus.
Elle devient dès lors un « Noël ».
Si cette tradition nourrit la pratique populaire, elle
s’applique également aux œuvres pour l’Eglise. En effet, par une « double
parodie », ces Noëls sont à leur tour utilisés pour composer des pièces
liturgiques.
Au programme
Dixit de Auphand (milieu XVIIIe)
Magnificat de Dupertuys (XIXe)
Ce type de répertoire « semi-savant » permettait aux
fidèles cultivés (tels les bourgeois, éduqués, sachant lire - y compris la
musique - et pratiquer le chant et les instruments) de célébrer pieusement
les temps forts de l’année liturgique par une pratique sociale religieuse
et artistique.
Le fait qu’il s’agisse de psaumes en latin (il en est
de-même pour les messes) devait faciliter l’acceptation de ces œuvres (le
clergé étant le plus souvent réticent à accueillir le « populaire » dans
l’église) dans le déroulement des offices.
Les Feses d’Orphée sont soutenues par le Conseil
Régional PACA, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, les Villes
d’Aix-en-Provence & Marseille — C/o Guy Laurent, 2 montée du château,
13880 Velaux / tél-rép-fax : 04 42 87 99 12 — Administration : tél-rép-fax
: 04 42 99 37 11 —email :
orphee@orphee.org
- site :
http://www.orphee.org
/ Licences de spectacle : 1-141661 / 2-109675 /
3-109676
Résultats du 23e Forum musical
de Normandie, Moulin d'Ande,
2 décembre 2007
Le Forum musical de Normandie est un concours annuel de
musique de chambre qui se tient alternativement dans l’Eure et la Seine
Maritime. Ce concours s’adresse à des jeunes instrumentistes de moins de
trente ans. Le Jury 2007 était constitué notamment de Jean Mouillère,
Claire Désert, Michel Strauss et Thierry Escaich. Le Président du Forum
musical de Normandie est Pirerre Hubert.
Le Grand prix est attribué au Trio ESTAMPE (Mathilde
BORSARELLO ; Maya BOGDANOVIC ; Claudine SIMON).
Le Grand prix ex æquo est attribué au Quintette MONSOLO
(Samika HONDA ; Mi-Sa YANG ; Sylvain DURANTEL ; Sietse-Jan WEIJENBERG ;
Rémy YULZARI)
Le Prix de musique contemporaine est attribué au
Quatuor ELLIPSOS (Paul-Fathi LACOMBE ; Carl-Emmanuel FISBACH ; Christophe
GREZES ; Nicolas HERROUET)
Le Prix de musique française est attribué au Trio
DEMIAN (Mi-Sa YANG ; Sietse-Jan WEIJENBERG ; Nozomi MATSUMOTO)
Le Prix des luthiers est attribué au Duo de violoncelle
et piano formé par Sébastien HURTAUD et Louis LANCIEN.
Des Bourses de concert « Jeunes musiciens de
Normandie » sont attribuées au Duo BERGAMASQUE (violon et harpe) formé par
Anne-Cécile BRIELLES et Nathalie CORNEVIN ; au Duo de flûte et
piano, formé par Charlotte BLETTON et Sarah RISTORCELLI
Opéra de Paris : fin de grève
mais service réduit pour « Tannhäuser »
La direction de l'Opéra de Paris a annoncé lundi
qu'elle ne comptait « plus de gréviste » contre la réforme de son régime
spécial de retraite, tout en précisant qu'elle maintiendrait « jusqu'à
nouvel ordre » les représentations de « Tannhäuser » de Wagner sans
décors.
« Il n'y a plus de gréviste, mais la FSU ayant maintenu
son préavis, la direction de l'opéra préfère maintenir le dispositif
scénique actuel », a déclaré à l'AFP le directeur des ressources humaines,
Dominique Legrand.
« On doit tout faire pour rentrer nos recettes de
décembre, on ne peut pas se permettre d'erreur », a ajouté le DRH de
l'Opéra, qui a déjà perdu plus de 3,1 millions d'euros en raison
d'annulations à répétition.
« C'est pourquoi on laisse aujourd'hui le dispositif
tel quel, en espérant ramener la FSU à la raison afin de pouvoir retrouver
le plus rapidement possible une situation totalement normale », a
poursuivi M. Legrand.
Le Syndicat national des affaires culturelles FSU
(Snac-FSU), ultra-minoritaire à l'Opéra, est la dernière organisation à
maintenir un préavis de grève — en vigueur jusqu'au 20 décembre
inclus — depuis la suspension du mouvement de Sud-spectacle la
semaine dernière.
En conséquence, la direction a choisi de maintenir en
permanence à l'Opéra Bastille le plancher de danse permettant les
représentations à guichets fermés du ballet Casse-Noisette, qui se
tiennent désormais normalement.
Le maintien du plancher rend du coup impossible le
montage sur ce même plateau des décors de l'opéra « Tannhäuser » de
Wagner, qui a donc été donné jeudi et dimanche dans un simple «
arrangement scénique », avec costumes et lumières.
Le dispositif sera maintenu « jusqu'à nouvel ordre »,
précise le site internet de l'Opéra.
La grève des techniciens contre la réforme de la
retraite des 1.680 salariés de l'Opéra a contraint l'établissement à
annuler 17 représentations depuis le 18 octobre et à en présenter 11 dans
des versions de concert ou réduites.
Le futur auditorium de Radio France
aura son orgue
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a
confirmé lundi que le futur auditorium de la Maison de Radio France à
Paris, qui doit ouvrir à l'horizon 2011-2012, serait doté d'un « orgue
moderne ».
Mme Albanel a donné cette confirmation lors de la
présentation à la presse des festivités du centenaire en 2008 de la
naissance du compositeur et organiste Olivier Messiaen (1908-1992).
« Je suis très heureuse de saisir cette occasion pour
vous annoncer ma décision de doter le futur auditorium de Radio France
d'un orgue moderne », a déclaré la ministre.
« C'était en effet une demande légitime pour une salle
destinée à accueillir 1.500 spectateurs, pour les deux orchestres
(National et Philharmonique), le choeur et la maîtrise de Radio France »,
a-t-elle ajouté.
La ministre a précisé avoir « été sensible » à cette «
demande appuyée par toute la communauté musicale, et notamment par des
organistes et compositeurs de renom », citant « Bernard Foccroulle,
Thierry Escaich ou encore Michel Chapuis ».
La construction d'un orgue à Radio France avait été
annoncée dès mars dernier par le directeur de la musique du groupe
radiophonique public, Thierry Beauvert.
La raréfaction des orgues de salles de concert à Paris
avait suscité une polémique après l'annonce au printemps 2006 de la vente
de l'instrument de la salle Olivier-Messiaen (studio 104) de la Maison de
Radio France.
Cet instrument était en effet le seul orgue à tuyaux
encore présent dans une salle de concert française avec celui de
l'auditorium Maurice-Ravel de Lyon.
S'il a été très tôt acquis que la Philharmonie de
Paris, la grande salle de la Villette (2.400 places, ouverture prévue en
2012), serait dotée d'un orgue, le doute a longtemps persisté sur la
présence ou non d'un tel instrument dans le futur auditorium de la Maison
de la radio.
En janvier dernier, d'éminents organistes avaient
cosigné dans Le Figaro une tribune intitulée « Paris vaut bien deux orgues
».
« La France, pays
historique des orgues, ne peut rester à l'écart de la modernité et
manquer cette occasion unique de concevoir ensemble deux instruments
complémentaires de haut niveau », estimaient-ils.
« La Créole de Tulipatan »,
un mélange inspiré d'Offenbach,
au Théâtre 14 (Paris)
Jacques Offenbach est souvent le roi des fêtes de fin
d'année: une nouvelle fois, le maître de la musique légère est à l'honneur
à Paris avec « La Créole de Tulipatan », fruit d'un « mélange » plutôt
réussi de deux ses oeuvres, présenté jusqu'au 31 décembre au Théâtre
14.
C'est la compagnie Théâtre-Riviera installée en Suisse
à Montreux, à laquelle on doit un durable succès lyrique parisien, la
comédie musicale « Frou-Frou les bains » (Molière du meilleur spectacle
musical 2002), qui présente ce « vaudeville musical ».
Les puristes s'insurgeront peut-être face à cette
production au demeurant soignée (mise en scène de Jean-Philippe Weiss et
Philippe Bonhommeau) et servie par une troupe de chanteurs-comédiens aux
voix bien placées et soucieux de la prosodie.
En effet, cette « Créole de Tulipatan » combine deux
ouvrages de Jacques Offenbach: « L'Ile de Tulipatan » et « La Créole
».
Le premier est un court opéra-comique en un acte de
1868. Créé en 1875, le second est aussi un opéra-comique, mais en trois
actes: cet ouvrage totalement oublié constitue une suite possible au
premier.
Le « mélange » en trois actes a été réalisé pour les
livrets par Denis Berner et pour les arrangements musicaux par Jakob
Vinje, qui a opté pour une formation légère (deux violons et un
violoncelle) présente sur scène, en arrière plan.
On baigne en pleine fantaisie. Le roi de Tulipatan est
un souverain d'opérette. Les calembours et les vers de mirlitons abondent
et font sourire.
Offenbach et ses librettistes utilisent le procédé du
travestissement. Rapidement, on se rend compte que le personnage censé
être une jeune fille n'en n'est pas une (sa voix est celle d'un ténor...)
et que le fils du roi déçoit son père pour son manque d'empressement
auprès des jeunes filles (et pour cause, c'est une fille et le personnage
est interprété par une soprano...).
Led Zeppelin remonte
sur scène à Londres
Les fans de Led Zeppelin se sont rassemblés à Londres
lundi pour assister au grand retour sur scène de Led Zeppelin et à leur
premier concert au grand complet depuis près de 30 ans.
Le chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et
le bassiste-claviériste John Paul Jones devaient être rejoints par le fils
du batteur décédé John Bonham, Jason. « Led Zep » s'était dissout le 4
décembre 1980, après la mort de « Bonzo ». L'ancien bassiste des Rolling
Stones Bill Wyman et le chanteur Paul Rodgers devaient également
participer à la soirée.
Seuls 18.000 fans ont pu obtenir des billets pour le
concert de charité de lundi mais les millions de fans espèrent bien voir
le groupe entamer une tournée. Le plus difficile à convaincre sera sans
doute Robert Plant, aujourd'hui âgé de 59 ans, bien qu'il ait estimé dans
l'hebdomadaire dominical « Sunday Times » que « ce ne serait pas une si
mauvaise idée que de jouer ensemble de temps en temps ».
Le concert de lundi n'est pas la première réunion de
Led Zeppelin mais c'est la plus importante. Ils s'étaient déjà retrouvés
en 1985 pour le concert de charité Live Aid, puis trois ans plus tard,
avec Jason Bonham à la batterie, pour le 40e anniversaire de la maison de
disques Atlantic Records. En 1995, pour leur entrée au Rock and Roll Hall
of Fame, ils avaient brièvement joué avec d'autres musiciens.
Les billets du concert de lundi, initialement vendus
125 livres sterling (175 euros), ont atteint 1.000 livres (1.400 euros) et
plus sur Internet. Un fan, Kenneth Donnell, âgé de 25 ans, a même payé
83.000 livres (€115.000) pour deux entrées lors d'une vente aux enchères
sur la radio BBC le mois dernier.
Le concert est dédié au fondateur d'Atlantic Recordsn
Ahmet Ertegun, mort l'an dernier. Les bénéfices iront au Ahmet Ertegun
Education Fund (Fonds Ahmet Ertegun pour l'éducation), qui fournit des
bourses d'études pour l'université aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en
Turquie.
Des milliers de personnes à Londres
pour Led Zeppelin
Des milliers de personnes attendaient lundi soir à
Londres d'assister au premier concert du groupe de rock Led Zeppelin
depuis 1980, un événement que les fans n'espéraient plus, alors que la
fête a commencé bien avant le début du spectacle.
Le leader et chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy
Page et le bassiste John Paul Jones devaient être accompagnés de Jason
Bonham, fils du défunt batteur John Bonham, dont le décès en 1980, étouffé
dans son vomi après une orgie de vodka, avait sonné le glas du groupe.
Cette soirée unique était donnée en hommage à Ahmet
Ertegun, fondateur - mort fin 2006 - de la maison de disques Atlantic
Records qui avait « signé » le groupe en 1968.
Plus de vingt millions de personnes ont tenté d'obtenir
l'un des 20.000 billets disponibles, attribués par tirage au sort au prix
de 125 livres (175 euros).
« On va avoir du vrai rock ce soir », a déclaré à l'AFP
avant le concert Richard Copper, 37 ans, venu de Memphis (Tennessee,
Etats-Unis) avec sa femme et ses deux fils. « C'est une expérience unique
dans une vie », a-t-il ajouté.
« On va faire la fête », a-t-il dit.
La fête était lancée avant même le début du concert
parmi les milliers de fans qui attendaient devant l'Arène O2 (ex-Dôme du
millénaire) à Londres.
La longue file d'attente résonnait du bruit des
bouteilles de bière s'entrechoquant, rite de fraternisation entre fans
venus du monde entier et arborant pour nombre d'entre eux des T-shirts
délavés par les années à l'effigie de leurs idoles.
« C'est un événement énorme », a déclaré Jacques
Harrar, un Français de 49 ans qui a fait le voyage de Paris avec son
épouse. « J'attends un concert formidable », a-t-il ajouté, précisant
qu'au temps de la splendeur du groupe, il était trop jeune et n'avait pas
les moyens d'aller à des concerts.
Pour Leslie Wilde, 55 ans, et son frère Steve, 43 ans,
c'est un peu une revanche. Ils avaient des billets pour le concert du
groupe à Chicago, qui devait être l'étape suivante de la tournée lorsque
John Bohnam est mort.
« Lorsque j'ai découvert que j'avais des billets, nous
nous sommes précipités pour régler tout le reste comme les vols et les
hôtels », a raconté Steve. « Pour être honnête, je crois qu'on serait
venus à la nage s'il avait fallu ».
La plupart des heureux spectateurs n'avaient jamais vu
sur scène le groupe, qui a vendu plus de 300 millions de disques.
Patrick Trombley, 41 ans, a grandi avec Led Zeppelin
mais était beaucoup trop jeune pour les avoir entendus en concert
lorsqu'ils se sont séparés il y a 27 ans. « J'ai attendu et attendu et
attendu pendant longtemps pour les voir », a-t-il raconté, se disant «
très heureux » d'avoir été tiré au sort.
Le groupe légendaire compte des fans de tous âges dans
ses rangs. Ainsi, la madrilène Rafa Mella est née l'année de leur dernière
tournée, il y a 27 ans: « Zeppelin a beaucoup de succès en Espagne. Même
parmi les gens de mon âge », a-t-elle déclaré.
Laibach, ces Slovènes iconoclastes
qui chantent en allemand
Le groupe slovène de musique industrielle Laibach,
symbole dans les années 1980 de la contestation du régime communiste
yougoslave, continue de provoquer avec un usage délibérément ambigu des
symboles nationaux et politiques qui lui a valu une renommée mondiale.
Son dernier album s'intitule « Volk » (« peuple », en
allemand) et présente un troupeau de moutons. Son chanteur, un géant
chauve à la voix caverneuse, apparaît sur scène en uniforme, entouré de
deux percussionnistes aux allures de walkyries. Mais Laibach se défend de
tout attrait pour le totalitarisme.
« Nous cherchons simplement à rappeler que tout art
sert une idéologie, que ce soit l'art communiste, l'art nazi, ou l'art
commercial dicté par le marché », souligne Ivan Novak, l'une des têtes
pensantes du groupe.
« La provocation est dans l'essence de la pop, y
compris chez Madonna. Nous poussons simplement le jeu un peu plus loin.
Nous cherchons à susciter un débat, sinon l'art n'a pas de sens »,
ajoute-t-il en évoquant les audaces du compositeur américain John Cage ou
du plasticien français Marcel Duchamp.
Une pratique forgée dès la naissance du groupe en 1980,
dans la Yougoslavie de Tito, et marquée d'entrée par le choix subversif du
nom Laibach, appellation de l'actuelle capitale slovène Ljubljana sous
l'empire austro-hongrois et l'occupation nazie.
Cofondateur en 1984 du collectif Neue Slowenische
Kunst, à l'avant-garde des mouvements artistiques à l'Est, Laibach
entreprend immédiatement de détourner les canons titistes pour les
renvoyer dos-à-dos avec la symbolique du IIIe Reich. Ces agissements
conduisent à une interdiction temporaire du groupe et à l'incarcération de
certains de ses membres.
Clou de cette campagne de subversion: en 1986, ses
graphistes parviennent à remporter un concours national d'affiches pour la
paix en remplaçant simplement l'aigle d'une affiche nazie par une
colombe.
« Laibach a eu une dimension artistique et politique
majeure dans la Yougoslavie de l'époque, », souligne le musicien français
Bertrand Burgalat, producteur du groupe à la fin des années 1980.
Pour Ivan Novak, « Laibach était un des nombreux
symptômes de la chute de la Yougoslavie. Mais nous espérions tous
intimement que cela n'arriverait pas avec son inévitable cortège de
massacres ».
Au cours des années 1990, Laibach se produit aussi bien
dans Sarajevo assiégée qu'à ... Belgrade.
Signé dès les années 1980 par le prestigieux label
post-punk anglais Mute — celui de Depeche Mode — Laibach
revisite de la même façon la culture pop. Ainsi, le groupe reprend
l'intégralité de l'album « Let it be » des Beatles et livre des versions
martiales et en allemand des tubes « Live is life » des Autrichiens Opus,
ou « One Vision » de Queen.
« Il est intéressant de montrer la dimension que
prennent des paroles comme
une race, une chair, un sang ou un
homme, un but, une mission une fois prononcées en allemand »,
souligne Ivan Novak en référence à cette chanson.
Pour Bertrand Burgalat, « Laibach a été le premier à
montrer que la pop pouvait être un instrument d'oppression. Ses membres
ont toujours réussi à brouiller les pistes avec une maîtrise, un
pince-sans-rire qui fait qu'ils sont pris au sérieux ».
L'ambiguité assumée du groupe lui valut un temps d'être
catalogué d'extrême-droite et privé de concerts dans certains pays comme
la France, où il sera à nouveau à l'affiche en mars prochain.
Mais, en concert, lors de l'interprétation de l'album «
Volk », qui détourne une dizaine d'hymnes nationaux, Laibach arbore les
drapeaux israélien et palestinien. « Nous sommes un miroir où chacun
projette ses propres fantasmes », souligne en souriant Ivan Novak.
Tout en étant le produit slovène le plus connu au
monde, avec plus d'un million d'albums vendus, Laibach ne figure pas au
programme des festivités de la présidence slovène de l'Union européenne au
premier semestre 2008. « Nous devons être jugés trop imprévisibles »,
s'amuse Ivan Novak.
Musique en ligne :
Universal Music
signe un accord avec Imeem
Le groupe Universal Music a signé un accord avec la
société américaine Imeem pour permettre la diffusion sur internet de son
catalogue de musique et vidéos, a-t-on appris lundi auprès de cette maison
de disques.
Imeem est un service en ligne qui permet d'écouter
gratuitement et légalement de la musique sur internet en streaming (c'est
à dire sans la télécharger sur son disque dur).
Aux termes de cet accord, Imeem qui a signé des accords
similaires avec EMI, Sony et Warner, pourra offrir en streaming les vidéos
et musique des artistes de Universal Music en échange d'un partage des
revenus générés par la publicité en ligne.
Les détails financiers de l'accord n'ont pas été
divulgués.
Le service gratuit d'Imeem, lancé en mars 2006, permet
d'héberger des contenus multimédias, de constituer des listes de lecture,
ou d'exporter un lecteur de musique et de vidéos sur sa propre page Web.
Il revendique 19 millions d'utilisateurs par mois. La seule barrière se
situe au niveau du téléchargement: il est théoriquement impossible de
récupérer les fichiers écoutés grâce à Imeem sur son ordinateur afin par
exemple de les transférer vers un baladeur.
Mylène Farmer, « M », Vanessa Paradis, Michel Sardou,
Serge Gainsbourg, Kanye West, Amy Winehouse, 50 Cent, Black Eyed Peas, ou
encore Gwen Stefani comptent parmi les artistes figurant sur le catalogue
d'Universal Music.
Apple, Nike, Microsoft, Toyota, et Puma figurent parmi
les annonceurs d'Imeem
Actualités musicales du 12 décembre 2007
L'Opéra-Comique rouvre
sous une nouvelle « Étoile »
L'Opéra-Comique à Paris rouvrira au public jeudi soir,
après une rénovation partielle, avec une nouvelle production de « L'Etoile
» de Chabrier, première pierre d'une programmation ambitieuse destinée à
refaire de la salle Favart le temple de l'art lyrique français.
Ce théâtre national vient de bénéficier de cinq mois de
travaux, première tranche d'une campagne de rénovation qui doit s'étaler
jusqu'en 2011 et coûter quelque 45 millions d'euros.
Le nouveau directeur de l'Opéra-Comique, le metteur en
scène Jérôme Deschamps, a paré au plus pressé en 2007.
La façade de ce théâtre de 1898, édifié au coeur de
Paris (IIe arrondissement) dans le « style éclectique » encore en usage à
la Belle Epoque, a été ravalée.
Surtout, la fosse d'orchestre de la salle Favart (1.216
places) a été agrandie et adaptée au répertoire d'une maison qui a vu
naître des ouvrages aussi majeurs que « Carmen » de Bizet, « Les Contes
d'Hoffmann » d'Offenbach ou « Pelléas et Mélisande » de Debussy.
L'acoustique de la salle a été traitée grâce à la
dépose de la lentille au plafond, la mise en place d'un lustre au même
endroit et l'installation d'une conque pour les concerts.
« Le lustre, outre sa fonction d'éclairage, assure dans
sa position haute une correction acoustique parfaite », explique à l'AFP
l'architecte en chef des monuments historiques Alain-Charles Perrot,
maître-d'oeuvre du chantier.
La rénovation s'accompagne de la mise en oeuvre d'un
nouveau projet artistique pour l'Opéra-Comique.
Après le mandat de sept ans du metteur en scène Jérôme
Savary, marqué par des productions légères restant à l'affiche sur de
longues périodes, le théâtre de la place Boieldieu adopte le
fonctionnement d'une maison d'opéra présentant de nouvelles productions
(cinq en 2007-2008) allant du baroque au contemporain.
Pour porter cette ambition, le budget de l'institution
devrait atteindre 15 millions d'euros en 2008, et l'Etat a prévu de porter
sa subvention à plus de 9 M EUR.
Un financement important mais qui demeure tendu,
d'autant que la nouvelle équipe « attend encore des réponses budgétaires
déterminantes pour la mise en place du projet », confie le directeur
adjoint Olivier Mantei.
Il faut dire que Jérôme Deschamps a vu grand pour la
troisième institution lyrique parisienne en terme de budget (derrière
l'Opéra et le municipal Châtelet), à l'image de la production inaugurale,
une « Etoile » placée sous la direction de John Eliot Gardiner.
Le plus francophile des chefs d'orchestre anglais
demeure le meilleur connaisseur de cet opéra bouffe de 1877 qu'il a dirigé
à l'Opéra de Lyon dès 1984 et enregistré dans la foulée chez EMI.
Cette fois, Gardiner donnera l'oeuvre lors de huit
représentations jusqu'au 23 décembre à la tête de ses luxueuses et
coûteuses forces du Monteverdi Choir et de l'Orchestre révolutionnaire et
romantique, ainsi que d'une distribution soignée (Jean-Philippe Lafont,
Stéphanie d'Oustrac, Anne-Catherine Gillet...).
La mise en scène de « L'Etoile », qui raconte
l'histoire d'un roi Ouf faisant régner la fantaisie la plus arbitraire
dans sa capitale, est signée par Jérôme Deschamps et sa compagne Macha
Makeïeff, qui confie « s'être amusée avec quelque chose d'un peu ubuesque
».
« L'oeuvre est emblématique de ce qu'on doit faire dans
cette maison: des choses qui ont la belle humeur de l'Opéra-Comique, où
l'on ne rit pas avec de gros sabots mais on sourit avec finesse, on est
émus », souligne Jérôme Deschamps.
L'Orchestre philarmonique de New York
jouera à Pyongyang en février
L'Orchestre philarmonique de New York se produira à
Pyongyang en février prochain, a assuré lundi la chaine de télévision
New-York 1.
Le service de presse du philarmonique a refusé de
confirmer l'information, dans l'attente d'une conférence de presse qui
devait se tenir mardi matin au Lincoln Center à New York.
Le Président de l'Orchestre Paul Guenther, le directeur
Zarin Mehta, le sous-secrétaire américain et négociateur chargé du
nucléaire nord-coréen , Christopher Hill ainsi que le chef de la mission
de la République Démocratique de Corée aux Nations Unies Pak Gil Yon
seront présents à la conférence de presse, a précisé un porte-parole de
l'Orchestre.
Le New York Times avait annoncé début octobre que des
responsables de l'Orchestre étaient partis pour Pyongyang afin d'étudier
la possibilité de se produire en Corée du Nord.
Le quotidien précisait que cette visite se faisait en
accord avec le Département d'Etat.
L'Orchestre pourrait se produire en Corée du Nord à
l'issue d'une tournée prévue en Chine du 7 au 25 février, croyait savoir
le quotidien.
En août dernier, le responsable des relations publiques
de l'Orchestre, Eric Latzky, avait indiqué que l'ensemble avait été invité
par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il à venir se produire à
Pyongyang.
La visite en Corée du Nord des dirigeants de
l'orchestre américain est survenue sur fond d'éclaircie dans le dossier
nucléaire nord-coréen et après la signature d'une déclaration de paix par
les dirigeants des deux Corée.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont toujours
virtuellement en guerre, faute de traité de paix après la guerre de 1950 à
1953. La Corée du Nord figure depuis 1988 sur la liste américaine des pays
soutenant le terrorisme.
Led Zeppelin :
après le succès du concert ... ?
Le succès du concert unique des Led Zeppelin lundi soir
à Londres, qui a enflammé le public et conquis les critiques, a fait
naître chez les fans le fol espoir d'une tournée de ce groupe de
légende.
Les trois membres survivants du groupe, désormais âgés
d'une soixantaine d'années, accompagnés à la batterie du fils du défunt
batteur John Bonham, ont enchaîné pendant deux heures leurs plus grands
tubes, de « Stairway to Heaven » à « Black Dog » en passant par « Whole
Lotta Love », au cours d'un concert événement à l'Arène 02 de Londres
devant 20.000 personnes.
Le groupe s'était dissous en 1980 après la mort de
Bonham. Le leader et chanteur Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et le
bassiste John Paul Jones n'avaient pas rejoué ensemble depuis 19 ans.
Les premières critiques de la presse britannique ont
salué la performance des « Led Zep » qui, malgré l'âge et trois décennies
de quasi-absence, ont su faire renaître « la puissance impressionnante et
la majesté de leur musique » selon le Daily Mirror.
Il n'en fallait pas plus pour que les fans se mettent à
rêver d'une véritable tournée du groupe mythique, à l'instar des Police,
Genesis et autres Spice Girls.
D'autant que le concert unique de Londres a fait plus
de frustrés que d'heureux: vingt millions de personnes avaient tenté
d'obtenir l'un des 20.000 billets disponibles, attribués par tirage au
sort au prix de 125 livres (175 euros).
« Si la réponse du public n'a pas convaincu Robert
(Plant), alors rien n'y parviendra », écrit l'un des aficionados des Led
Zeppelin sur leur site internet officiel.
Les rumeurs d'une possible tournée avaient commencé à
circuler avant même le concert de Londres. Des sources dans le milieu de
la musique laissaient entendre que Robert Plant, qui a mené une carrière
solo plutôt réussie, était le plus réticent à cette idée.
Mais si Plant avait promis pour lundi un « dernier mais
super show », Page et Jones n'avaient pas écarté une suite.
« Quand nous nous sommes retrouvés, ça a été tellement
marrant et ça nous a fait tant de bien que j'aimerais qu'il y en ait plus
», avait confié Page au magazine spécialisé Q.
« On dirait que la porte est restée légèrement
entrouverte », avait ajouté Jones. « On va voir comment on se sent après
ça. Il faut que tout le monde en ait vraiment envie ».
Puis à la veille du concert, Plant avait semblé moins
catégorique, affirmant dans un hebdomadaire dominical: « Ce ne serait pas
une si mauvaise idée de jouer ensemble de temps en temps »...
Autant d'indices qui agitent le monde des fans. « Led
Zep nous doit une tournée », estime l'un d'eux, toujours sur le site
officiel du groupe. « Robert doit commencer à penser à tous les fans qui
l'adorent ».
Parmi les signes encourageants à leurs yeux, le plaisir
évident qu'ont semblé prendre Plant et Page pendant le spectacle, se
souriant à plusieurs reprises alors qu'on disait leurs relations tendues,
ou leur dialogue musical voix-guitare digne de leur grande période dans
les années 1970.
« J'espère qu'ils feront une mini-tournée », déclarait
à l'AFP Deborah Mataya, 46 ans, venue spécialement de Chicago. « Ca valait
le coup, c'était fabuleux, Robert Plant était impressionnant ».
Pour Pete Paphide, chroniqueur du Times, les « Led Zep
» auraient tort de ne pas saisir cette chance.
« Les événements aussi attendus se déroulent rarement
avec autant d'assurance », estime le journaliste. « Avec une telle
synergie, s'arrêter maintenant serait un acte de perversité cosmique
».
Actualités musicales du 13 décembre 2007
Un « pôle d'excellence »
pour la danse hip hop
en banlieue parisienne
Le Théâtre de Suresnes a mis sur pied Cités Danse
Connexions, premier « pôle de production, diffusion et transmission
de la danse hip hop » en France, destiné à accompagner vers
« l'excellence artistique » un milieu professionnel en
développement.
Le lieu sera inauguré vendredi par la ministre de la
Culture, Christine Albanel, sur 400 m2 libérés dans le Théâtre Jean-Vilar
par le récent déménagement du conservatoire de la ville.
Sur deux niveaux, Cités Danse Connexions accueillera
deux studios de répétition, une salle de remise en forme, une médiathèque
et un foyer pour les artistes, sans compter les espaces dévolus à
l'administration, à la restauration et aux vestiaires.
La ville de Suresnes a financé les travaux (70.000
euros), tandis que le fonctionnement de la structure sera soutenu par le
conseil général des Hauts-de-Seine (subvention de 200.000 euros pour 2007)
et l'Etat (35.000 euros).
Les spectacles répétés dans le cadre de Cités Danse
Connexions pourront être présentés dans les deux salles de spectacle du
théâtre, fortes de 700 (Jean-Vilar) et 250 places (Aéroplane).
Le projet est né de la volonté d'Olivier Meyer,
directeur du Théâtre Jean-Vilar où il a lancé en 1993 Suresnes Cités
Danse, un festival qui a cherché à « donner ses lettres de noblesse »
à la danse urbaine en imaginant des « rencontres entres chorégraphes
d'aujourd'hui et danseurs de hip hop ».
Avec les Rencontres de la Villette, centrées sur la
diffusion, et la Maison de la danse de Lyon, Suresnes Cités Danse est
l'une des institutions les plus actives en France dans son domaine.
Ce festival qui fait une large place à la création (une
cinquantaine depuis 1993) a notamment beaucoup soutenu le parcours
d'artistes hip hop devenus des chorégraphes à part entière, comme Kader
Attou ou Farid Berki.
Alors que la nouvelle Maison du hip hop à Paris est un
lieu de ressources consacré à l'ensemble du mouvement et pas seulement aux
expressions chorégraphiques, Cités Danse Connexions se veut le
« premier pôle de production, diffusion et transmission de la danse
hip hop ».
« En Ile-de-France, il n'y a pas plus d'une
centaine de danseurs professionnels de technique hip hop. Il ne s'agit
d'ailleurs pas de multiplier les vocations mais de repérer les talents, de
les accompagner et mieux les faire connaître », explique à l'AFP Olivier
Meyer.
« Sélection, exigence et excellence » sont les
trois maîtres mots du directeur du Théâtre de Suresnes, qui souhaite aussi
être dans « la rencontre, l'ouverture, l'échange ».
« C'est ce qui nous a toujours mobilisés:
contribuer à faire sortir cette danse du ghetto », poursuit Olivier
Meyer.
La première création issue du nouveau pôle, qui sera
présentée du 31 janvier au 6 février dans le cadre de la 16e édition de
Suresnes Cités Danse, devrait être fidèle à ce double esprit
d'« exigence » et d'« ouverture ».
Pour « Roméos et Juliettes », Sébastien
Lefrançois, chorégraphe associé à Cités Danse Connexions pour deux
saisons, a recruté neuf danseurs parmi cent candidats et « a
travaillé longuement et durement », selon Olivier Meyer, en lien avec un
compositeur, un scénographe et une dramaturge.
Après l'ouverture de Cités Danse Connexions, l'autre
grande zone urbaine pour le hip hop en France, la région lyonnaise,
accueillera son propre équipement: un centre qui devrait être ouvert fin
2008 à Bron sous la direction du danseur-chorégraphe Mourad Merzouki.
Actualités musicales du 14 décembre 2007
Intermittents du spectacle :
le fonds de l'État est reconduit
jusqu'à fin 2008
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé
jeudi à l'AFP la prolongation d'un an, soit jusqu'au 31 décembre 2008, du
« fonds de professionnalisation et de solidarité » financé par l'Etat pour
compléter le régime d'assurance chômage des intermittents du
spectacle.
« J'ai décidé la prolongation du fonds de
professionnalisation jusqu'à fin 2008 », a déclaré Mme Albanel dans un
entretien à l'AFP.
« Notre effort a été prolongé afin de permettre aux
artistes et techniciens du spectacle qui font leurs 507 heures en 12 mois
de continuer à bénéficier du système », a ajouté la ministre.
Cette prolongation a été décidée pour que les
partenaires sociaux puissent « entamer les renégociations sur l'assurance
chômage », a précisé Mme Albanel. Parallèlement, plusieurs conventions
collectives doivent être signées en 2008 pour « fixer les périmètres et
les modalités » d'application de l'intermittence, a-t-elle ajouté.
Le « fonds de professionnalisation et de solidarité » a
succédé en 2007 au fonds dit « provisoire » puis « transitoire » mis en
place pour repêcher les intermittents exclus par la réforme contestée de
leur régime d'assurance chômage en 2003.
Il garantit un revenu à ceux qui ne parviennent pas à
réaliser les 507 heures de travail nécessaires à leur indemnisation en 10
mois ou 10 mois et demi (seuils fixés par la réforme de 2003) mais y
arrivent en 12 mois (période en vigueur auparavant).
Selon le cabinet de la ministre de la Culture, la
France compte actuellement quelque 95.000 intermittents du spectacle, dont
27.000 (chiffres cumulés) repêchés depuis 2005 par le fonds sous ses
intitulés successifs.
Dans son rapport annuel publié en février dernier, la
Cour des comptes avait critiqué l'« inquiétante évolution » de ce fonds et
préconisé de « mettre fin aussi rapidement que possible » à ce dispositif
provisoire.
Jean-Michel Jarre et « Oxygène »,
au Théâtre Marigny,
jusqu'au 26 décembre avec
Pour fêter les 30 ans d'« Oxygène », l'album qui lui
avait valu une renommée internationale, Jean-Michel Jarre convie le public
à dix concerts exceptionnels au Théâtre Marigny à Paris jusqu'au 26
décembre.
Pionnier de la musique électronique, le compositeur
français avait obtenu un immense succès grâce à cette oeuvre au titre
visionnaire. « 'Oxygène' a toujours été pour moi une musique liée à
l'environnement, se situant dans un espace entre ciel et Terre, j'ai donc
imaginé une scénographie qui reflète cette sensation », a expliqué
Jean-Michel Jarre à propos de la production à Marigny.
Mercredi soir, le musicien âgé de 59 ans a posé ses
valises dans l'enceinte du théâtre pour y jouer l'oeuvre intégrale en «
live », accompagné de trois musiciens sur les instruments électroniques de
l'époque, une cinquantaine de synthés analogiques.
« Oxygène », qui compte au nombre des albums fondateurs
de la musique électronique, a été réalisé sur des instruments pour la
plupart disparus. L'album a représenté une approche de la création sonore
ayant ouvert la voie à de jeunes musiciens.
« J'ai composé 'Oxygène' sur des instruments
extraordinaires qui font partie de la mythologie de la musique
électronique au même titre que le « Stradivarius » pour la musique
classique ou la « Fender Telecaster » pour le rock », souligne celui qui a
habitué les foules à d'énormes concerts-spectacles dans le monde. « J'ai
voulu les réunir sur scène pour les faire découvrir au public ».
« Oxygène » est une musique qu'on a qualifiée
d'impressionniste et j'avais envie de l'interpréter dans un cadre plus
intime comme celui du Théâtre Marigny », ajoute-t-il, tout en évoquant
aussi son « plaisir de retrouver le public français à Paris, avant de
présenter ce concert dans différentes autres capitales ».
Parallèlement à cette production particulière, selon un
communiqué, sortent la version originale réenregistrée en haute définition
sur CD ainsi qu'une version live intitulée « Oxygene - Live in your living
room » filmée en HD et en version 3D-stereoscopique sur DVD.
Spectacle : la ministre annonce
une rallonge budgétaire
et des entretiens avec la profession
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé
une rallonge budgétaire de 34,8 millions d'euros en 2008 pour « apaiser
les inquiétudes » des professionnels du spectacle vivant, qui seront
invités à participer à des « entretiens de Valois » à partir de
janvier.
« Le Premier ministre et le président de la République
ont décidé, à ma demande, une rallonge de 34,8 millions d'euros pour
apaiser les inquiétudes et les tensions extrêmement vives qui se sont
exprimées », a déclaré Mme Albanel
« C'est important pour nous d'apaiser les inquiétudes
pour engager le mouvement de réflexion et de réforme que je souhaite », a
ajouté la ministre.
Le monde du spectacle s'alarme depuis plusieurs
semaines du budget 2008 de son ministère de tutelle, qu'il juge
insuffisant, et réclame la tenue d'un « Grenelle de la culture ».
« Un Grenelle, ce n'est pas le sujet à mon avis, car la
culture n'est pas un domaine où tout est à construire », a estimé jeudi
Mme Albanel.
« En revanche, je propose de mener des entretiens
— ce serait les entretiens de Valois — avec les professionnels
du secteur et les grandes associations représentant les collectivités
territoriales pour essayer de préciser les missions et les modes
d'engagement des uns et des autres », a ajouté la ministre.
Selon Mme Albanel, ces entretiens, qui pourraient avoir
lieu à Paris « tout au long de l'année 2008 », devraient permettre de «
réfléchir à ce que l'on attend » des structures subventionnées.
La ministre a évoqué des « critères » qui seraient
appliqués à ces établissements dans le domaine de « la diffusion », de «
l'éducation artistique et culturelle », de « la création » et de « la
fréquentation ».
« La fréquentation, c'est un des sujets mais pas le
seul, loin de là », a souligné Mme Albanel, en réponse à ceux qui
l'accusent de vouloir instaurer une « culture de l'audimat ».
« L'idée est de généraliser la contractualisation et un
système d'engagements réciproques, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui »,
a poursuivi la ministre, qui a cité le taux de 53% de structures
subventionnées (théâtres nationaux, scènes nationales...) faisant
actuellement l'objet de contrats avec l'Etat.
Mme Albanel a enfin relativisé un article qui doit
paraître samedi dans Le Figaro Magazine faisant état d'un « projet de
réforme » dans le secteur en cinq points. « Il s'agit d'une note interne
que je n'ai pas validée », a-t-elle dit.
« Il s'agit plutôt de mettre sur la table certains
sujets », a indiqué la ministre, en citant la question d'un observatoire
du spectacle vivant « pour avoir des données fiables » sur ce secteur ou
encore l'avenir des labels (centres dramatiques, scènes nationales, scènes
conventionnées, etc.).
Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly
« persona non grata » au Sénégal
Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly est déclaré «
persona non grata » au Sénégal après des déclarations « insolentes et
discourtoises » contre le régime du président Abdoulaye Wade lors d'un
concert mercredi à Dakar, a annoncé jeudi le ministère sénégalais de
l'Intérieur.
« Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur (Ousmane
Ngom) a pris un arrêté d'interdiction d'entrée du territoire contre
l'artiste musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly à la suite de déclarations
fracassantes, insolentes et discourtoises » contre le régime sénégalais,
indique un communiqué officiel.
« A partir d'aujourd'hui Tiken Jah Fakoly est déclaré
persona non grata au Sénégal », a poursuivi le ministère sans préciser les
propos du chanteur incriminés.
Tiken Jah Fakoly :
Le Pays Va Mal (Festival du bout du monde 2005)
Mercredi soir, lors d'un concert à l'Institut culturel
français de Dakar, la star de reggae avait critiqué le régime du président
sénégalais Abdoulaye Wade, 81 ans, au pouvoir depuis 2000 et réélu en
février dernier pour un nouveau mandat de cinq ans, l'appelant notamment à
quitter le pouvoir.
Le chanteur « a quitté Dakar mercredi matin pour
Abidjan », avant la publication de l'arrêté d'interdiction d'entrée des
autorités sénégalaises, a indiqué à l'AFP un membre de son entourage à
Dakar.
Star internationale du reggae, Tiken Jah Fakoly, est
revenu le 7 décembre pour la première fois en Côte d'Ivoire depuis la
tentative de coup d'Etat de 2002 à l'origine d'une partition du pays entre
le Nord et le Sud.
Originaire du nord ivoirien, il avait quitté la Côte
d'Ivoire pour un exil de cinq ans au Mali pour « des raisons de sécurité
».
En septembre 2002, la rébellion des Forces nouvelles
(FN) avait tenté de renverser le président Laurent Gbagbo, estimant que
les populations du Nord étaient brimées par le pouvoir central.
Un accord de paix a finalement été signé en mars à
Ouagadougou entre le chef de l'Etat et les FN pour réunifier le pays.
Scala: la grève entraîne l'annulation
de « Tristan et Isolde »
La représentation de l'opéra de Wagner, « Tristan et
Isolde », prévue dimanche 16 décembre à la Scala de Milan, a été annulée
en raison d'un mouvement de grève d'un syndicat autonome, a annoncé le
théâtre lyrique.
Le syndicat Fials, qui compte 60 adhérents au sein du
théâtre, a justifié cet arrêt de travail par l'insuffisance à ses yeux des
propositions salariales de la Scala.
Malgré les craintes d'une annulation de l'ouverture de
la saison 2007/08 de la Scala le 7 décembre, cette soirée inaugurale
s'était déroulée normalement, après l'accueil favorable de propositions du
ministère italien de la Culture.
Les personnels de la Scala s'étaient mis en grève les 9
et 17 novembre pour protester contre le non-renouvellement de leur
convention collective, ce qui a entraîné l'annulation de trois
représentations.
La Scala a jugé « incompréhensible » la décision du
syndicat, soulignant notamment qu'elle « ne tenait aucun compte de l'état
des négociations ».
La représentation de dimanche aurait dû être la
troisième de « Tristan et Isolde », mis en scène par le Français Patrice
Chéreau et dirigé par le chef d'orchestre Daniel Baremboïm. Elle a reçu un
accueil triomphal de la critique.
Mort du musicien Ike Turner
à l'âge de 76 ans
Le musicien américain Ike Turner, célèbre pour son duo
et son mariage houleux avec la chanteuse Tina Turner, est mort chez lui en
Californie (ouest) à l'âge de 76 ans, a annoncé mercredi son manager.
Ike Turner, dont certains historiens de la musique
estiment qu'il a écrit le premier morceau de rock'n'roll avec « Rocket 88
» en 1951, est mort paisiblement dans sa maison de San Marcos, près de San
Diego, a annoncé son manager Scott Hanover.
Ike Turner et Jackie Brenston,
Rocket 88
« Il est mort ce matin », a déclaré M. Hanover, du
groupe Thrill Entertainment, joint par l'AFP à son bureau en Floride,
confirmant une information du site internet TMZ.records spécialisé dans la
vie des célébrités.
Un porte-parole de Tina Turner a adressé un communiqué
laconique à TMZ, disant seulement: « Tina est au courant du fait qu'Ike
est mort aujourd'hui. Elle n'avait plus eu de contact avec lui depuis 35
ans. Il n'y aura pas d'autre commentaire ».
Ike Turner, né le 5 novembre 1931, a grandi dans le
Mississippi (sud) où il a appris le piano auprès de la légende du blues
Pinetop Perkins.
Après avoir formé son groupe, The Kings of Rhythm, à la
fin des années 40, il s'établit à Saint-Louis (Missouri, centre) où il
mène une carrière de découvreur de nouveaux talents pour plusieurs labels,
dont Sun Records, contribuant notamment à la signature d'artistes comme
Howlin' Wolf ou Elmore James.
Mais c'est une jeune chanteuse à la voix rauque de
Nutbush, Tennessee (sud), Anna Mae Bullock, qui allait changer sa
carrière.
D'abord choriste des Kings of Rhythm, elle devient
chanteuse principale du groupe en 1960 avec « A Fool in Love », un tube
immédiat. Elle est alors enceinte d'Ike et ne tarde pas à changer son nom
en celui de Tina Turner. Le groupe devient « The Ike and Tina Turner
Revue. »
Le duo se marie en 1962 au Mexique et sa collaboration
pendant une décennie donnera une série de tubes dont « River Deep,
Mountain High », produit par Phil Spector, ou encore « Nutbush City
Limits. »
Le mariage est tumultueux: dans son autobiographie
parue en 1986, Tina Turner accuse Ike de violences conjugales pendant
plusieurs années. Ike Turner, après avoir nié, a reconnu dans un livre en
2001 l'avoir giflée, mais pas l'avoir battue.
Tina Turner se sépare de son mari après une violente
altercation à Dallas en 1976. Aux termes du divorce, prononcé en 1978, Ike
Turner conservera tous les gains réalisés par le couple au cours de leur
mariage.
Le couple a fait l'objet d'un film à Hollywood en 1993,
« Tina », où la chanteuse était incarnée par Angela Bassett et qui avait
valu à Lawrence Fishburne une nomination à l'Oscar pour le rôle d'Ike.
Ike Turner a continué pendant des années à s'élever
contre le portrait fait de lui dans ce film. « J'ai fait beaucoup
d'erreurs », avait-il dit un jour lors en interview. « Tout ce que je peux
faire, c'est présenter mes excuses à ceux à qui j'ai pu faire du mal. Mais
je ne suis pas le type que l'on voit dans ce film. Loin de là », avait-il
dit.
Dans les années 80, Ike Turner a connu une descente aux
enfers marquée par la drogue et l'alcool. En 1991, alors en prison pour
une affaire de drogue, il n'a pu assister à son intronisation au Rock and
Roll Hall of Fame.
Il avait cependant entamé une nouvelle carrière après
sa sortie de prison en 1993 et avait remporté cette année un Grammy Award
avec un album de blues, « Risin' With the Blues. »
Les ventes d'albums continuent
de baisser en novembre
Selon le baromètre mensuel établi par l'Observatoire de
la musique et Gfk, le marché du CD audio a enregistré sept millions
d'unités vendues pour un chiffre d'affaires de 104 millions d'euros en
novembre 2007. Le CD audio accuse ainsi une baisse de ses ventes de 17,4 %
par rapport à novembre 2006. Le chiffre d'affaires perd également 15,5 %
par rapport à la même période.
Les ventes d'albums continuent de baisser. En novembre
2007, le marché des albums enregistre un recul de 10,7 % en volume et 13,8
% en valeur, par rapport à novembre 2006. Pour la même période, le single
accuse une perte de 51,9 % en volume et 51,6 % en valeur.
Le single, format fortement concurrencé par le
téléchargement de titres, ne représente plus désormais que 2,6 % du
chiffre d'affaires total du mois de novembre.
Tous les genres musicaux sont touchés par cette baisse
des ventes, excepté la musique d'ambiance et le classique.
Les ventes d'albums en novembre ont été menées par un
trio de tête : Johnny Hallyday, Christophe Maé et Jenifer. Yannick Noah,
Amy Winehouse et Céline Dion complètent ce classement. Au total, les dix
meilleures ventes du mois constituent 12,4 % des ventes de CD audio.
Actualités musicales du 15 décembre 2007
L'orgue du studio 104 de Radio
France,
réinstallé dans la cathédrale de Lille
L'orgue de la salle Olivier-Messiaen (studio 104) de la Maison de Radio
France a été mis en place dans la cathédrale de Lille, Notre-Dame de la
Treille et a donné son premier son vendredi, a constaté une journaliste de
l'AFP.
Membre du club des quatre grands orgues français (avec Notre-Dame,
Saint-Eustache et Saint-Sulpice, tous à Paris), le nouvel orgue lillois
sera inauguré officiellement le 1er juin 2008. C'est un instrument
néo-classique doté de 104 jeux répartis sur quatre claviers qui pèse 73
tonnes.
L'orgue Danion / Gonzalez (1957-1967)
élevage-agrandissement par Bernard Dargassies (1989-1992)
L'annonce au printemps 2006 de la vente de l'instrument avait suscité
une polémique chez les passionnés du fait de la raréfaction des orgues de
salles de concert à Paris.
La ministre de la Culture, Christine Albanel, avait confirmé lundi lors
des festivités du centenaire en 2008 de la naissance du compositeur et
organiste Olivier Messiaen (1908-1992) que le futur auditorium de la
Maison de Radio France à Paris, qui doit ouvrir à l'horizon 2011-2012,
serait doté d'un « orgue moderne ».
La maison de Radio France a cédé l'instrument - qui était alors le seul
orgue à tuyaux encore présent dans une salle de concert française avec
celui de l'auditorium Maurice Ravel de Lyon - à l'association « Un grand
orgue pour notre Dame de la Treille » pour un euro symbolique.
« Dans le monde entier, cet orgue est considéré comme le chef-d'oeuvre
du néo-classique », a déclaré André Dubois, organiste titulaire et porteur
du projet.
Le chantier et l'installation ont coûté 1,5 millions, dont 33% ont été
financés par la région Nord-Pas-de-Calais.
Musicalement, la vie de l'orgue de la cathédrale de Lille commencera le
dimanche 1er juin, jour de le fête de Notre-Dame de la Treille. Un premier
concert aura lieu le 7 juin avec Winfried Bonig, organiste titulaire de la
cathédrale de Cologne (Allemagne) et le 8 juin avec Jean Guillou,
organiste de Saint-Eustache à Paris.
L'Opéra-Comique lève son rideau
sur une brillante « Etoile » de Chabrier
L'Opéra-Comique à Paris a lancé jeudi soir sa saison 2007-2008 avec une
nouvelle production de « L'Etoile » d'Emmanuel Chabrier vocalement et
musicalement brillante, et prometteuse pour l'avenir d'une maison qui
ambitionne de redevenir le temple de l'art lyrique français.
Cet opéra bouffe était confié aux bons soins du chef britannique John
Eliot Gardiner, pour beaucoup dans le succès d'une soirée à laquelle
s'étaient donné rendez-vous de nombreuses personnalités, dont la ministre
de la Culture Christine Albanel et ses prédécesseurs Jack Lang et Jacques
Toubon.
Créée en 1877 aux Bouffes-Parisiens, « L'Etoile » repose sur un livret
délirant: le roi Ouf Ier veut fêter comme chaque année son anniversaire
par un empalement mais apprend de son astrologue Siroco que la mort de
celui qu'il veut supplicier, le colporteur Lazuli, entraînerait son propre
trépas.
Du coup, Ouf veille sur la santé du jeune homme, qui a des vues sur la
princesse Laoula, en fait promise au souverain...
Pour le lancement de sa première saison à la tête de l'Opéra-Comique,
Jérôme Deschamps signe une mise en scène sans effets bouffe trop appuyés
avec sa compagne Macha Makeïeff, qui a conçu des décors et costumes
faisant la part belle à l'imaginaire (toiles peintes) et volontiers
instables (murs mobiles).
Le nouveau directeur s'est bien gardé de faire du « Deschiens », et
même le quadrupède canin qui traverse la scène à l'acte II est invisible,
quoique bien imité. Le spectacle aurait cependant pu illustrer de manière
moins sage le propos loufoque des librettistes Leterrier et Vanloo.
La proposition du tandem Deschamps-Makeïeff a au moins le mérite de
laisser vivre la musique de « L'Etoile », dont le compositeur Reynaldo
Hahn disait à raison qu'elle était une « perle fine de l'opérette
française ».
Féru de musique française et pas seulement baroque, John Eliot Gardiner
retrouve un ouvrage qu'il a abordé dès 1984 à l'Opéra de Lyon puis — déjà
— à Favart, et dont il a enregistré à cette époque une version de
référence (EMI).
Sous sa direction, dans une fosse agrandie désormais adaptée au
répertoire de l'Opéra-Comique, l'Orchestre révolutionnaire et romantique
pétille et offre ses couleurs claires à une partition dont l'inventivité
et la subtilité déstabilisèrent les amateurs d'opérette à sa création.
Sur scène, une autre formation créée par Gardiner, le luxueux
Monteverdi Choir, montre dans un excellent français, à peine relevé d'une
exquise pointe d'accent anglais, qu'il est toujours l'un des meilleurs
choeurs au monde, même à l'opéra.
Le ténor Jean-Luc Viala est un Ouf complet, tandis que la mezzo
Stéphanie d'Oustrac traduit, quoique dans un chant perfectible, la
sensibilité et la mélancolie de Lazuli (rôle travesti). La Belge
Anne-Catherine Gillet prête quant à elle son soprano gracieux à la
princesse Laoula.
Ce spectacle sera donné sept autres fois à Favart jusqu'au 23 décembre,
retransmis en direct le 22 (20H00) par France Musique, enregistré par
France 2 et repris les 10 et 11 janvier au Théâtre de Nîmes.
A Favart, comme ce sera désormais la cas pour chaque production à
l'affiche, « L'Etoile » suscite aussi des « rumeurs » autour de Chabrier
et de ses contemporains avec une exposition, un récital, des concerts et
un conte musical (« la Boîte à joujoux » de Debussy) avec Natalie Dessay
(23 et 25 décembre).
Exposition Gainsbourg
à la Cité de la musique, fin 2008
Après Jimi Hendrix, Pink Floyd et John Lennon, la Cité de la musique à
Paris consacrera une exposition à Serge Gainsbourg du 20 octobre 2008 au
1er février 2009. Le parcours a été conçu selon quatre grandes périodes: «
La période bleue » des débuts de Gainsbourg (1958-65), « Les idoles »
(1965-69) où il écrit pour d'autres, « La décadanse » (1969-79), sa
période la plus créative avec les monuments « L'histoire de Melody Nelson
» et « L'homme à tête de chou », et enfin « Ecce Homo » (1979-91). Cette
exposition sera organisée grâce à des prêts exceptionnels consentis par la
famille de Serge Gainsbourg, et particulièrement sa fille Charlotte.
La Raddho critique l'interdiction de
séjour
de Tiken Jah Fakoly
L'interdiction de séjour décidée jeudi par le gouvernement sénégalais
contre le chanteur de reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly est « arbitraire et
inopportune », a estimé vendredi la Rencontre africaine pour la défense
des droits de l'homme (Raddho) dans un communiqué.
L'ONG panafricaine exprime « sa totale désapprobation par rapport à la
décision arbitraire et inopportune du ministre de l'Intérieur interdisant
à l'artiste africain Tiken Jah Fakoly d'entrer » au Sénégal.
Selon la Raddho, basée à Dakar, cette décision « peu lucide traduit de
plus en plus la tendance frileuse, nerveuse et répressive » du
gouvernement sénégalais.
Tiken Jah Fakoly, invité à Dakar pour le 7e festival international
Hip-Hop Awards, du 12 au 15 décembre, avait dénoncé le régime du président
sénégalais Abdoulaye Wade lors d'une conférence de presse puis d'un
concert donné mercredi, invitant notamment M. Wade à « quitter le pouvoir
» s'il aimait son pays.
Dans un arrêté publié jeudi soir, le ministère sénégalais de
l'Intérieur a annoncé que le chanteur était interdit « d'entrée (...) du
territoire » et « déclaré persona non grata au Sénégal » à compter du 13
décembre « à la suite de ses déclarations fracassantes, insolentes et
discourtoises ».
.
Actualités musicales du 16 décembre 2007
Dimanche 16 décembre 16h30
Pamiers (Arièges)
Guigla Katsarava
Récital de piano Œuvres de Scriabine, Debussy, Liszt, Schumann
Né à Tbilissi, formé à l'école russe de piano par le
maître Lev Naoumov au conservatoire Tchaikovski de Moscou.
Titulaire du Konzert Diplom de l'Etat fédéral allemand,
1er prix du concours international Rachmaninov, lauréat du concours
international William Kappell (USA), concertiste, chambriste (partenaire
régulier du violoniste Gérard Poulet), professeur de piano à l'école
normale de musique Alfred Cortot à Paris
Espace Aglaë Moyne, rue de Loumet, 09100 Pamiers
05 61 67 29 59
L'Opéra de Paris va exhumer deux
urnes
contenant des disques vieux de 100 ans
L'Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France
(BnF) présenteront mercredi 19 décembre deux urnes, contenant au total 24
disques, mises à l'abri il y a un siècle pour témoigner de l'art du chant
de l'époque, ont annoncé vendredi soir ces deux institutions.
Le 24 décembre 1907, 24 disques ont été scellés dans
deux urnes au cours d'une cérémonie solennelle qui a eu lieu dans les
sous-sols du Palais Garnier à Paris, indiquent l'Opéra et la BnF dans un
communiqué commun.
Ces disques avaient été donnés par le patron en France
de la Gramophone Company, Alfred Clark, qui avait exigé que les boîtes ne
soient ouvertes que 100 ans plus tard, « afin d'apprendre aux hommes de
cette époque quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps
».
Chacune de ces urnes contient 12 disques, pour
l'essentiel de musique lyrique française (Bizet, Gounod, Saint-Saëns...)
ou italienne (Donizetti, Rossini, Verdi), et renferme le témoignage de
voix aussi célèbres que la Melba, la Patti, Emma Calvé ou Enrico
Caruso.
Enrico Caruso chante « La Donna e Mobile » extrait de
Rigoletto de Verdi
(Victor 1907)
Enrico Caruso chante « Una Furtiva Lagrima »
Enrico Caruso chante « Pagliacci No! Pagliaccio non son
»
Confiées à la BnF depuis 1989 pour leur sauvegarde, «
ces urnes feront leur apparition le 19 décembre », indique le
communiqué.
Cette « cérémonie » aura lieu à partir de 18H00 à la
bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris.
« Les deux urnes ne seront pas ouvertes à cette
occasion », préviennent cependant les deux établissements, qui ont dû
tenir compte de la « dangerosité » liée à la présence de « bandelettes
d'amiante disposées à l'époque pour protéger les disques ».
Ces enregistrements « seront extraits de leur
protection en milieu confiné et sécurisé au cours de l'année 2008 »,
ajoute-t-on de même source.
Emma Calvé, dans « Carmen » de Bizet (1907)
Emma Calvé, dans « Cavalleria rusticana » de Pietro
Mascagni (1907)
Les disques exhumés en 2007 feront l'objet d'un report
sur CD par EMI — héritière de la Gramophone Company — et une
cérémonie comparable à celle de 1907 sera organisée « afin de préserver
des enregistrements représentatifs de la musique contemporaine », selon le
communiqué.
Adelina Patti, dans « Norma » de Vincenzo Bellini
(1906)
On remarquera que le bien national est cédé à une
entreprise privée, alors que dans l'optique de la mission publique que est
la sienne, et en vertu des nouvelles technologies, dont la BnF
prétend être un acteur majeur, ces enregistrements devraient être
largement diffusés gratuitement en fichiers téléchagargeables.
Nellie Melba, concerts d'adieu. Covent GardenOpera, en 1926
(La Bohême. acte 3 Entrate... Ce Rodolfo)
Violences miliciennes à l'Université Lyon
II par Alice Verstraeten
Ma fac (Lyon II) s’enfonce tous les jours un peu plus
dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m’inquiète
profondément.
Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien,
s’auto censurent ou se font censurer.,
Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des
Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la
fac, Monsieur Journès.
Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette
loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l’Université comme mode
d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai
rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la
limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce débat.,
Depuis quelques jours, le président de l’Université a
fait appel aux « forces de l’ordre » : des vigiles privés, très jeunes,
non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent
dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ».
Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde,
et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en
montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d’étudiant ou
d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de
paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà
pas beaucoup).,
Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon
la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle
»..., Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles,
hier matin : « Voyous, racailles. »
Car certains d’entre eux s’amusent à retenir les
étudiantes pour les draguer, d’autres en sont venus aux mains avec des
étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe
pour qu’elle dégage un passage.,
A l’entrée principale du campus de Bron, et rue
Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les
jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars
de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais
de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie
mobile.,
J’étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes
m’avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient
que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent
plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.,
Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants
(un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des
policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les
CRS.
Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail
préalable « d’information » a été effectué et que ces arrestations sont
ciblées pour détruire les mouvements syndicaux., Les deux hommes sont en
garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc
: il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants,
vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la
présidence de la fac dit qu’ils sont « extérieurs à l’Université » et que
ces arrestations sont survenues après des troubles.
Il n’y a pas eu de troubles autres que la manifestation
pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins.,
Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a
hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis
en joue au flashball.,
Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme
sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune
noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l’autre.
Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S’ils ont
effectivement été convoqués par le président de l’Université dans le seul
but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d’entrer dans
la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des
membres du personnel de l’université?, De notre côté, enseignants ou
étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer.
Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube
et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.,
Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je
suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d’entrer dans une fac investie
de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés.
Je refuse de montrer des papiers d’identité pour me rendre sur mon lieu de
travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me
faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je
refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis
du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi
dans l’allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J’vais t’fumer toi,
j’vais t’fumer. »,
Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état
policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela
signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l’on avait le
droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m’inquiète le plus,
c’est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la
situation est désormais « normale ».,
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.,
D’autre part, pour permettre l’action des ces
policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont
bloquées. Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans
une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils risquent purement et
simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui
sont déjà vétustes., Je joins à ce message la « Lettre ouverte à la
présidence de Lyon 2 » rédigée par des enseignants (datée d’avant hier 5
décembre et déjà dépassée par les événements d’hier), ainsi que le dernier
message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même
de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se
banalisent dans notre environnement politique et médiatique., Ce message
est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Prix Musical America :
la soprano Anna Netrebko
élue musicienne de l'année
La soprano russe Anna Netrebko a été élue à New York
Artiste de l'Année par la célèbre revue Musical America, qui proclame
depuis 1960 le palmarès des meilleurs musiciens de l'année.
La soprano, qualifiée par la presse « nouvelle Callas
», s'était fait connaître dans Rouslan et Lioudmila de Glinka à l'opéra de
San Francisco en 1995, un rôle qui lui avait ouvert les portes d'une
renommée internationale.
La cantatrice du théâtre Mariinski et du ballet de
Saint-Pétersbourg n'est pas la première artiste russe à recevoir une telle
récompense. Depuis la fondation de ce prix musical, elle a été précédée
par le compositeur Igor Stravinski, le pianiste Vladimir Horowitz, George
Balanchine, Nathan Milstein et Mstislav Rostropovitch.
La diva, à 36 ans, est cependant la plus jeune à
recevoir la prestigieuse récompense.
Au cours de cette cérémonie annuelle qui se déroule au
Lincoln Center de New York, le finlandaise Kaija Saariaho a reçu le prix
du Compositeur de l'Année, le chef de l'orchestre symphonique d'Atlanta
Robert Spano celui du Chef d'orchestre de l'Année. A 81 ans, le pianiste
Charles Rosen a été reconnu Interprète de l'Année. Le choeur d'hommes
Chanticleer (Etats-Unis) a reçu le prix de l'Ensemble de l'Année (RIA
Novosti )
Affaire Tiken Jah Fakoly :
le ministre sénégalais tente de se justifier
Le ministre sénégalais de l'Intérieur Ousmane Ngom a
tenté samedi de justifier l'interdiction d'entrée au Sénégal frappant
désormais le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly par le fait qu'on ne peut
pas se rendre dans un pays « et donner à son président des injonctions
».
« Je pense qu'il faut que les gens sachent raison
garder. On ne peut pas venir dans un pays et donner à un président des
injonctions », a-t-il déclaré à quelques journalistes à l'issue d'une
visite effectuée à la direction des passeports, selon l'Agence de presse
sénégalaise (APS, officielle).
« On pouvait prendre des mesures draconiennes. Mais on
ne l'a pas fait », a-t-il ajouté, sans plus de précision.
Le ministre de l'Intérieur a en outre estimé que Tiken
Jah Fakoly devait écrire ou faire une déclaration pour s'excuser auprès
des autorités sénégalaises.
Jeudi, le ministre avait pris « un arrêté
d'interdiction d'entrée du territoire contre l'artiste musicien ivoirien
Tiken Jah Fakoly à la suite de déclarations fracassantes, insolentes et
discourtoises » contre le régime du président Wade et son fils Karim.
« A partir d'aujourd'hui Tiken Jah Fakoly est déclaré
persona non grata au Sénégal », avait conclu le ministre.
Mercredi soir, lors d'un concert à Dakar, la star de
reggae avait critiqué le régime du président sénégalais, 81 ans, au
pouvoir depuis 2000 et réélu en février pour un mandat de cinq ans,
l'appelant notamment à quitter le pouvoir.
Interrogé samedi par l'AFP à Abidjan, la star
ivoirienne a affirmé n'avoir « aucun regret » estimant avoir « dit ce que
tout le monde dit » au Sénégal.
« J'ai toujours dit ce que je pensais par rapport à
l'actualité et je me suis dit que je pouvais faire la même chose au
Sénégal », a expliqué Tiken Jah Fakoly.
Le chanteur s'est aussi déclaré à la fois « surpris »
et « déçu » de la décision des autorités sénégalaises.
« Je pense que le président Wade n'est peut-être pas
forcément au courant et que c'est le ministre de l'Intérieur qui a pris
cette décision », a poursuivi en expliquant qu'en Afrique « il y a
beaucoup de ministres qui cherche à faire plaisir au président ».
Actualités musicales du 17 décembre 2007
« Tannhäuser » à l'Opéra
Bastille
L'Opéra de Paris a enfin pu présenter dans des
conditions normales et avec succès, samedi, sa nouvelle production de «
Tannhäuser » de Wagner, dont les premières représentations avaient été
très fortement perturbées par la grève d'une partie du personnel.
Ironie du sort, le Canadien Robert Carsen, qui a dû
attendre cette quatrième représentation pour voir sa mise en scène
présentée dans son intégrité artistique — l'absence des décors condamnait
jusqu'alors le spectacle à un simple « arrangement scénique » — a reçu les
huées d'une partie du public.
C'est cependant l'enthousiame qui a prévalu au rideau
final, spécialement pour la distribution, de haute volée, et pour le
maestro japonais Seiji Ozawa, auquel le public a réservé une ovation
méritée.
Robert Carsen, pour sa dixième collaboration avec
l'Opéra de Paris, signe une production d'une grande sobriété et
parfaitement cohérente.
A la représentation habituelle de l'opposition entre
amour sacré et amour profane — personnifiée par les deux conquêtes
féminines de Tannhäuser, la déesse Vénus et la chaste Elisabeth !, Carsen
préfère celle de l'artiste en proie à ses pulsions, à ses doutes et au
rejet de la société bourgeoise.
Pour appuyer cette vision, le metteur en scène a fait
de Tannhäuser un peintre (et non un chanteur-poète comme l'avait écrit
Wagner), tourmenté et rongé par son art, et dont Vénus est la muse.
Cette habile transposition donne naissance à plusieurs
images fortes, comme la scène d'ouverture où des dizaines d'hommes, qui
sont autant d'incarnations de Tannhäuser, sont livrés à une fièvre
créatrice toute dyonisiaque, alors qu'ils peignent frénétiquement le corps
nu de Vénus.
Ou encore l'ultime scène, où le tableau de Tannhäuser
rejoint un musée des plus fameux nus féminins de l'histoire de la
peinture.
De la distribution, on retiendra surtout la belle Vénus
de la mezzo française Béatrice Uria-Monzon, l'incarnation stupéfiante de
la soprano néerlandaise Eva-Maria Westbroek en Elisabeth, et l'admirable
Wolfram du baryton allemand Matthias Goerne.
Les représentations restantes (cinq soirées jusqu'au 30
décembre) pourraient à nouveau être perturbées. En effet, la FSU, seule
organisation syndicale à appeler encore à la grève contre la réforme du
régime spécial de retraite de l'Opéra de Paris, a déposé un nouveau
préavis de grève allant du 21 décembre au 15 janvier inclus.
Actualités musicales du 18 décembre 2007
L'Orchestre français des jeunes :
changement de chef
Jean-Claude Casadesus quittera la direction musicale de
l'Orchestre français des jeunes, premier des orchestres-école en France,
né il y a 25 ans, à l'issue de la session d'hiver 2007 de la formation,
qui s'achèvera le 23 décembre.
En résidence de travail au nouveau Grand-théâtre de
Provence à Aix depuis le 13 décembre, l'OFJ y donnera mercredi soir un
concert franco-russe (Chostakovitch, Saint-Saëns, Prokofiev et Ravel) puis
reprendra ce programme jeudi à Dijon, samedi à Vichy et dimanche à la
Maison de Radio France à Paris.
Jean-Claude Casadesus, 72 ans dont 31 déjà passés à la
tête de l'Orchestre national de Lille, a dirigé les deux sessions
annuelles de l'OFJ depuis l'été 2005.
A partir de la session d'été 2008, c'est l'Américain
Dennis Russell Davies, 63 ans, bon connaisseur de la musique du XXe siècle
(Berio, Cage, Glass...), qui assurera la direction musicale de cette
structure de formation professionnelle au métier de musicien
d'orchestre.
Anne Azéma prend la direction
de la Boston Camerata
La Boston Camerata, formation pionnière dans le
renouveau des musiques anciennes aux Etats-Unis, sera en France en
décembre et janvier avec deux programmes différents.
Joel Cohen et son ensemble fêteront d'abord « Un
noël méditerranéen » (chansons d'Espagne, de Provence, d'Italie et du
Moyen-Orient de 1200 à 1900) vendredi soir au Théâtre de la Ville.
La même institution parisienne, mais sur son site des
Abbesses cette fois, réinvitera la formation vocale et instrumentale
américaine le 12 janvier pour un concert autour de la légende médiévale de
« Tristan et Iseult », un programme qui aura été donné la veille à
l'Atrium de Chaville, dans les Hauts-de-Seine.
L'Américain Joel Coen a annoncé que la saison 2007-2008
serait sa dernière à la tête de la Boston Camerata, après 39 années de
bons offices.
Il deviendra en septembre 2008 directeur émérite de la
formation, dont la direction artistique sera assumée à cette date par l'un
de ses piliers, la chanteuse française Anne Azéma, grande spécialiste des
musiques du Moyen-Âge.
Un Grand prix Sacem
pour Philippe Fénelon
Le compositeur Philippe Fénelon, 55 ans, s'est vu
décerner le Grand prix de la musique symphonique de la Sacem (Société des
auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) pour 2007.
La Sacem a remis d'autres grands prix à Kassav'
(musiques du monde et traditionnelles), Raoul Sanga (auteur-réalisateur de
l'audiovisuel), Bruno Coulais (musique pour l'audiovisuel), Jacques
Demarny (créateur-auteur en chanson française), Max Amphoux d'Emma
Productions (édition musicale), Alexandre Astier pour Kaamelott (humour),
Patrice Caratini (jazz), Michel Butor (poètes), Air (répertoire Sacem à
l'étranger) et Eddy Mitchell (créateur-interprète en chanson
française).
Jacques Doucelin reçoit
la Grande médaille de vermeil
de la ville de Paris
Le journaliste et critique musical Jacques Doucelin, 67
ans, qui fut de 1974 à 2005 chef des informations musicales du Figaro, a
reçu la Grande médaille de vermeil de la ville de Paris, pour son action
au sein de ce quotidien en faveur de la musique.
Licencié d'allemand, Jacques Doucelin a débuté dans le
journalisme au Monde. Il est entré au Figaro en 1970 comme collaborateur
des services économique et politique, avant d'intégrer le département
culture de ce quotidien qu'il a quitté début 2005.
Vice-président du Syndicat professionnel de la critique
de théâtre, de musique et de danse, il poursuit une activité de critique
musical à Opéra Magazine, au mensuel Classica et sur le site internet
concertclassic.com .
La salle Gaveau à Paris,
temple de la musique de chambre,
fête ses 100 ans
La salle Gaveau à Paris, lieu réputé pour le piano, la
musique de chambre et le chant, fêtera son centième anniversaire mardi
soir lors d'un « concert surprise », a-t-on appris auprès de ses
propriétaires.
Enregistrée par France 3, la soirée sera animée par 22
artistes dont le nom a été gardé secret, s'illustrant dans tous les styles
ou presque (art lyrique, piano, musique de chambre et baroque, variétés,
humour).
La salle Gaveau a été construite dans le VIIIe
arrondissement huppé par le facteur de pianos du même nom, qui souhaitait
y promouvoir ses instruments.
Elle a accueilli en octobre 1907 ses premiers concerts
et a été considérée comme la salle de prestige de Paris jusqu'à
l'ouverture de Pleyel en 1927.
Menacée de destruction après la faillite de la maison
Gaveau dans les années 1960, la salle a été reprise en 1976 par les époux
Chantal et Jean-Marie Fournier.
Ce bel écrin aux murs clairs de 1.020 places, de
« dimensions intimes, est idéale pour le récital et la musique de
chambre: sa qualité acoustique est miraculeuse », explique à l'AFP Chantal
Fournier.
La saison 2007-2008 affiche une centaine de concerts et
récitals, avec plusieurs rendez-vous des orchestres Colonne, Lamoureux et
Pasdeloup, du National d'Île-de-France, de l'Orchestre romantique européen
dirigé par l'ancien secrétaire d'Etat Lionel Stoléru et des jeunes
Musiciens de la Prée.
Plusieurs producteurs privés contribuent à la
programmation, tels Philippe Maillard, André Furno (Piano quatre étoiles)
et les propriétaires eux-mêmes (JM Fournier Production).
Cette affiche variée manque cependant de lisibilité
dans une offre parisienne très abondante.
« On n'a peut-être pas de projet artistique fort
mais on donne leur chance à de jeunes artistes et on essaie d'accueillir
les producteurs privés dans de bonnes conditions alors que nous n'avons
pas de subventions », répond Chantal Fournier.
Gaveau reçoit aussi des événements extra-musicaux,
comme lors de l'accueil de Nicolas Sarkozy et de ses partisans au soir des
deux tours de la dernière élection présidentielle.
« Il y en a qui ont grincé des dents, mais la
salle a été louée officiellement pour un prix très important », dit Mme
Fournier.
L'Égypte, capitale mondiale
de la danse orientale
Du Kazakhstan ou du Brésil, d'Italie ou d'Indonésie,
des passionnées de danse orientale ont accouru en Egypte, berceau de cet
art millénaire de plus en plus populaire en dehors du monde arabe.
C'est dans un grand hôtel du Caire que près de 80
danseuses professionnelles du monde entier sont venues assister jusqu'à la
mi-décembre à des cours intensifs pour améliorer leur style.
« Tant qu'on n'a pas dansé en Egypte, on n'est pas
une vraie danseuse », décrète Raqia Hassan, organisatrice de ce stage
d'hiver et du Festival international de danse orientale organisé chaque
été au Caire depuis 2000.
« C'est absolument nécessaire de se former ici.
C'est quand même la source », renchérit Nadia Sément, professeur de danse
orientale en France.
Les hanches ceintes d'un foulard bordé de sequins, les
danseuses de tous âges, qui ont dû débourser 1.000 euros, hors billet
d'avion et hôtel, se sont entraînées sans relâche huit heures par
jour.
Le soir, elles doivent suivre des conférences sur
l'histoire de la danse orientale, une nécessité, selon les organisateurs,
pour en pénétrer le sens.
Car malheur à qui réduirait la pratique à un moyen de
séduction ou parlerait de « danse du ventre ». Il s'attirerait les
foudres de Carolina Vargadinicu, alias Morocco.
Il s'agit là d'« une mauvaise interprétation
occidentale, colonialiste et raciste », assène cette New-Yorkaise
d'origine roumaine qui, à près de 70 ans, danse depuis 47 ans.
A l'origine, la danse orientale serait un rite ancien,
dédié à la maternité et à la fertilité.
Et bien que les Egyptiens aiment à croire qu'il s'agit
d'une tradition pharaonique, elle serait en fait originaire d'Inde, d'où
elle aurait été ramenée en Egypte par les gitans.
Les clichés « orientalisants » véhiculés par le
cinéma et la sensualité de cette danse évocatrice expliquent sa popularité
croissante hors du monde arabe.
Au Mexique, assure Grinnelli Sandoval, qui tient une
école de danse à Ensenada (Basse Californie), certains lui attribuent même
des vertus gynécologiques.
« J'ai des élèves qui m'ont été envoyées par des
gynécologues parce que, grâce à ces mouvements, on travaille les organes
internes féminins, ce qui assure un meilleur soutien de l'utérus et aide à
la conception », explique-t-elle.
Profitant de l'occasion, des créateurs locaux sont
aussi venus proposer la panoplie de la parfaite danseuse orientale: les
murs sont tapissés de costumes étincelants, piqués de perles ou couverts
de paillettes, et des stands sont couverts de CD, DVD et affiches des
stars égyptiennes.
Mais, malgré l'attrait qu'exerce sur elles l'Egypte,
aucune des jeunes femmes interrogées ne dit vouloir s'installer au Caire,
où l'âge d'or de la danse orientale, incarné par les mythiques Samia Gamal
ou Tahia Carioca, danseuses et vedettes de cinéma, est révolu.
Les danseuses étrangères sont d'ailleurs soumises à des
restrictions pour éviter qu'elles ne marchent sur les plate-bandes de
leurs collègues égyptiennes, en pratiquant des tarifs moins élevés.
Et si la danse a peu à peu regagné en Egypte le terrain
qu'elle avait perdu pendant la violence islamiste au tournant des années
1980-90, les danseuses restent aux yeux de beaucoup des pécheresses dans
ce pays où les islamistes sont la principale force d'opposition.
Aussi, la police des moeurs veille au respect de règles
édictées par le ministère de la Culture, selon lesquelles « le
corsage doit couvrir la poitrine, le nombril et ce qui est en dessous »,
et il est « interdit de faire des gestes pouvant exciter les
instincts sexuels des spectateurs ».
Raqia Hassan, elle, rêve d'une Académie de danse
orientale, pour donner ses lettres de noblesse à un art qu'elle estime ne
pas être reconnu à sa juste valeur.
Spectacle de noël
I can’t stop loving you
the genius of Ray Charles
Comédie musicale
Celui qu’on appelait « le génie de la soul » s’en est
allé il y a trois ans, mais sa musique vit encore dans nos coeurs. La
troupe de « I can’t stop loving you – The Ray Charles Musical » lui
rend un vibrant hommage en nous faisant voyager à travers les meilleurs
moments de sa vie grâce à une mise en scène étonnante et à des
chorégraphies spectaculaires. La musique de Ray Charles en live ! Douze
musiciens, neuf danseurs et six chanteurs exceptionnels retracent les
différents genres musicaux de l’immense carrière de Ray Charles, dans un
spectacle construit autour de ses plus grands succès : « Georgia », « Hit
the road Jack », « What’d I say », « Unchain my heart », « America the
beautiful ». Après un triomphe au théâtre Royal Haymarket de Londres, le
show « I can’t stop loving you » a parcouru le monde. Une célébration
joyeuse de la musique de Ray Charles jugée excitante et incroyablement
entraînante par le public. Le show événement de cette fin d’année .à ne
surtout pas manquer !
19, 20, 21 décembre, 20h30 ; 22 décembre, 18h — 32 et 45 € selon
la série + tarif réduit (groupes et abonnés symphonique) — Renseignements
– r&eac