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Actualité musicale

21 — 30 novembre 2007

 

Actualité musicale du 21 novembre 2007

Sur scène et au disque,
la vogue des contre-ténors

Ils s'appellent Andreas Scholl ou Max Emanuel Cencic et rivalisent sur les scènes et au disque avec les mezzos féminins: près de trente ans après la mort du Britannique Alfred Deller, pionnier des falsettistes modernes, les contre-ténors ont le vent en poupe.

Décédé en 1979, Alfred Deller a retrouvé un instrument qu'on pouvait penser à jamais perdu: « l'autre voix » d'un homme pouvant chanter baryton ou ténor mais choisissant d'utiliser son registre dit de fausset dans des tessitures de femme ou d'enfant.

Le « falsetto » très pur, comme en apesanteur, du chanteur anglais a fait merveille notamment chez Dowland et Purcell.

Mais la naissance du contre-ténor d'opéra allait attendre, et parmi les cadets d'Alfred Deller, rares furent ceux (l'Américain Russell Oberlin, l'Anglais James Bowman...) qui allaient s'aventurer sur les scènes lyriques.

Les temps ont changé: depuis cet automne, de Caen à Genève en passant par Paris, une nouvelle production de l'opéra « Il Sant'Alessio » de Stefano Landi aligne pas moins de neuf contre-ténors dans des rôles créés par des hommes, quand les femmes n'avaient pas le droit de monter sur scène à Rome.

Une distribution difficilement imaginable lors de la recréation scénique de l'oeuvre il y a 25 ans et même lors de son enregistrement en 1995 par William Christie, qui avait fait appel à une équipe mixte, riche en sopranos et mezzos féminins.

Les raisons de cet engouement sont liées notamment au renouveau de l'interprétation et de l'enseignement des musiques anciennes, les altos masculins (le Belge René Jacobs, l'Allemand Andreas Scholl, le Français Gérard Lesne...) n'hésitant plus à transmettre leur savoir.

« C'est un peu comme dans le rugby, la voix du contre-ténor s'est beaucoup professionnalisée: il y a aujourd'hui diverses écoles et typologies vocales, ce n'est plus la voix blanche, elle est assise et solide », estime Philippe Jaroussky.

Et le chanteur français est d'avis que si cette voix fascine autant le public, c'est qu'elle a sa part de « rêve » et touche « à l'imaginaire, à l'enfance ».

Le contre-ténor moderne a largement étendu son répertoire. Ainsi, Max Emanuel Cencic prête son fascinant timbre androgyne à l'épouse de « Sant'Alessio » tout en chantant Rossini au disque (Virgin/EMI) et même le Prince Orlofsky dans « La Chauve-Souris » de Johann Strauss sur scène.

« Je pense que nous ne sommes qu'au début de l'engouement », relève ce chanteur autrichien, qui note encore quelques résistances dans le public pour ces « hommes qui chantent comme des femmes » et sont « parfois considérés comme des bêtes curieuses ».

Philippe Jaroussky, un contre-ténor
sur la voie triomphale des castrats

Le contre-ténor Philippe Jaroussky lors des Victoires de la musique à Paris, le 28 février 2007.

Le contre-ténor Philippe Jaroussky lors des Victoires de la musique à Paris, le 28 février 2007.

Philippe Jaroussky n'a pas trente ans mais déjà une notoriété remarquable pour un contre-ténor, et prouve qu'un chanteur masculin virtuose à la voix haut perchée est capable en 2007 de reprendre des airs voire des rôles créés par des castrats.

L'artiste incarnera mercredi, vendredi et samedi au Théâtre des Champs-Elysées à Paris le rôle-titre de l'opéra romain du XVIIe siècle « Il Sant'Alessio » de Stefano Landi, créé à Caen en octobre dans un spectacle très baroque de Benjamin Lazar.

Cette production événement placée sous la direction musicale de William Christie tout au long d'une impressionnante tournée (New York, Londres, Luxembourg, Genève...) est pour Philippe Jaroussky une nouvelle étape dans une carrière qui s'accélère.

Les Victoires de la musique classique n'ont pas raté l'éclosion du phénomène: « révélation » en 2004, le contre-ténor a été sacré « artiste lyrique » de l'année en 2007.

Tout à sa joie en venant cherchant son trophée, le 28 février dernier, Philippe Jaroussky, 29 ans, voyait dans cette récompense « une façon de reconnaître que la voix de contre-ténor est une voix lyrique comme les autres ».

Ces sons émis en voix dite de tête ou de fausset peuvent susciter en tout cas des succès discographiques dignes des sopranos et ténors les plus célèbres. Certes porté par le renom du compositeur, le second album Vivaldi (« Heroes ») de Philippe Jaroussky, sorti il y a un, a été certifié disque d'or (75.000 exemplaires vendus), seuil qu'il a même franchi.

Aujourd'hui, toujours chez Virgin (EMI), le contre-ténor rend hommage à Giovanni Carestini (1705-1760), l'une des grandes figures de l'âge d'or des castrats avec Farinelli et Senesino, et le créateur de trois opéras de Haendel (« Arianna in Creta », « Ariodante » et « Alcina »).

Pas question évidemment pour un falsettiste (chantant en voix de fausset) du XXIe siècle de rivaliser avec ces « stars » du chant du XVIIIe, dont la castration avant la puberté permettait de mêler l'aigu de l'enfant avec la puissance et la vélocité de l'adulte.

Philippe Jaroussky n'est d'ailleurs « pas quelqu'un qui dit que les contre-ténors détiennent la vérité dans le répertoire des castrats ». La mezzo suédoise « Anne Sofie von Otter aurait pu faire ce disque », souligne-t-il.

Mais la voix du falsettiste français, ductile, bourrée d'harmoniques et parvenue à une belle maturité, lui permet aujourd'hui de donner vie à ce projet qui l'a « complètement hypnotisé ».

« Carestini, c'est un peu ma Malibran à moi », s'amuse Philippe Jaroussky, en allusion au disque que la mezzo italienne Cecilia Bartoli vient de consacrer à la diva romantique Maria Malibran (Decca/Universal).

De là à s'identifier à ce « demi-dieu de la scène » qu'était Carestini, il y un pas que Philippe Jaroussky ne franchit pas.

« A un moment, les contre-ténors ont aussi envie de s'émanciper par rapport aux castrats et d'être considérés comme des musiciens plus que comme des gosiers à vocalises », fait valoir Philippe Jaroussky.

Daniel Yvinec sera le prochain directeur
de l'Orchestre national de Jazz

Le contrebassiste Daniel Yvinec a été nommé directeur artistique de l'Orchestre national de jazz (ONJ) et succèdera en septembre 2008 à l'actuel titulaire, le vibraphoniste Franck Tortiller, a-t-on appris mardi auprès de l'Association pour le jazz en Orchestre national (AJON).

Daniel Yvinec sera le premier directeur artistique de l'ONJ, alors que ses prédécesseurs avaient le statut de directeur musical.

Sa fonction ne sera donc plus exclusivement d'écrire de la musique pour grand orchestre, mais de solliciter des compositeurs et arrangeurs associés, selon les termes de l'AJON, qui gère l'ONJ.

Daniel Yvinec, né le 4 avril 1963, sera le neuvième directeur de l'ONJ. Alors que le contrat de son prédécesseur était de deux années (renouvelable pour un an), le sien sera de trois ans, éventuellement renouvelable une fois pour la même durée.

Musicien éclectique, il a multiplié les collaborations dans divers domaines (électronique, rock progressif, pop, jazz underground), et notamment travaillé avec Mark Turner, André Minvielle, John Cale, Maceo Parker ou Brisa Roché.

Il vient de publier le disque « The Lost Crooners ».

Sept musiciens ont été directeurs de l'ONJ, créé en 1986 par le ministère de la Culture et dont la mission est de faire la promotion du jazz contemporain par l'intermédiaire de concerts, d'enregistrements et d'actions pédagogiques: le saxophoniste François Jeanneau (1986-1988), le pianiste Antoine Hervé (1988-1990), le guitariste Claude Barthélémy (1990-1992), les pianistes Denis Badault (1992-1994), Laurent Cugny (1994-1997), le contrebassiste Didier Levallet (1997-2000), le violoncelliste Paolo Damiani (2000-2002), Claude Barthélémy à nouveau (2002-2005) et Franck Tortiller (2005-2007).

Les membres de l'ONJ -dont le budget annuel est aujourd'hui légèrement supérieur à 1 M EUR en grande partie financé par le ministère de la Culture- sont choisis par leur directeur.

Seul le directeur perçoit un salaire mensuel, ses musiciens étant depuis 2002 non plus salariés, mais payés au cachet.

Grève à l'Opéra : « Tosca »
toujours en version de concert mardi

La dernière représentation de « Tosca » à l'Opéra Bastille sera donnée mardi soir en version de concert, comme vendredi et samedi, en raison de la poursuite de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, a annoncé l'Opéra de Paris.

« Tosca » sera donné en version de concert sans décors mais avec costumes.

Hostile à l'aménagement de la réforme proposé par la direction, Sud-spectacle, minoritaire sur l'ensemble des personnels de l'Opéra mais bien implanté parmi les machinistes et éclairagistes de Bastille (2.735 places), a maintenu son préavis de grève, qui court jusqu'au 30 novembre inclus.

La FSU, ultra-minoritaire, demeure également associée à ce mouvement.

En revanche, trois organisations (CGT, FO et CFDT) n'appellent plus à la grève depuis la fin de la semaine dernière et jusqu'au 22 ou 23 novembre.

Depuis le 18 octobre, premier jour de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, l'Opéra a annulé 13 représentations, ce qui représente une perte financière d'au moins 2,5 millions d'euros, selon la direction.

Comme Radiohead,
Barbara Hendricks laisse le public
fixer le prix de son CD

La soprano américano-suédoise Barbara Hendricks a décidé, comme le groupe de rock anglais Radiohead, de « proposer à son public de fixer lui-même le prix de son nouvel album », disponible en téléchargement mercredi, a annoncé mardi le distributeur numérique de son label.

Cette démarche est « une première pour une artiste de musique classique », affirme le distributeur Believe dans un communiqué.

Barbara Hendricks a lancé en 2006 son propre label, Arte Verum, « afin d'assurer elle-même la production et une meilleure diffusion de ses oeuvres », indique-t-on de même source.

Les internautes pourront télécharger sur le site du label son troisième album sous cette étiquette, « Endless Pleasure », son premier disque solo dans des airs de Haendel et Purcell.

Barbara Hendricks, qui a fêté ses 59 ans mardi, a vendu près de 12 millions d'albums dans le monde, selon Believe.

Son contrat d'exclusivité avec la major EMI, pour laquelle elle a enregistré plus de 50 CD, a pris fin en 2004.

Après l'expiration de son contrat, également avec EMI, Radiohead avait décidé en octobre de contourner les maisons de disques en proposant à son public de payer la somme qu'il veut pour télécharger son nouvel album, « In Rainbows », sur son site.

Beijing (Pékin) : saison internationale
de spectacles en décembre

Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22 décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles, qui durera jusqu'au 6 avril 2008.

Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22 décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles, qui durera jusqu'au 6 avril 2008.

Cette manifestation présentera durant 3 mois 180 représentations regroupant 78 spectacles, dont 33% étrangers. Il s'agit d’un rendez-vous artistique au cours duquel se rencontreront des artistes et des troupes de premier rang en provenance du monde entier et de la Chine. Il est d'ores et déjà possible de réserver ses billets : le prix le moins cher a été fixé à seulement 30 yuans pour que plus de spectateurs chinois puissent profiter des représentations.

Une centaine d'artistes et quelque 40 troupes monteront sur la scène du Grand théâtre national.. Les ensembles orchestraux de l'Opéra Mariinsky (Russie), de l'Opéra de Toulouse (France), du Théâtre national de Grèce, ainsi que l'Orchestre Philharmonique de Londres, joueront sous la baguette de cinq grands chefs d'orchestre quelques uns des plus beaux airs du répertoire.

Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22 décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles, qui durera jusqu'au 6 avril 2008.

Outre les artistes étrangers, le Grand théâtre permettera aux artistes chinois d'avoir l'occasion de se faire connaître. Les spectateurs pourront ainsi découvrir 14 programmes donnés par des troupes shanghaiennes.

La saison attache aussi beaucoup d'importance à l'art national. La pièce « La Concubine impériale de la dynastie Tang », que le grand maître de l'opéra de Beijing Mei Lanfang chorégraphia, sera interprété par Mei Baojiu, fils de Mei Lanfang, et d'autres artistes. Ils feront partager au public le style original de l'école Mei. Il est à noter que cet opéra s'inspire de l’opéra occidental et mêle une variété de styles artistiques chinois, dont la danse à cheval, la danse à l'épée et l'acrobatie.

Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22 décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles, qui durera jusqu'au 6 avril 2008.

La saison internationale de spectacles du 22 décembre 2007 au 6 avril 2008 au Grand théâtre national. Adresse : 2, rue Xi Chang'an Jie, arrondissement Xicheng, Beijing. Renseignements : 010. 66.55.00.00

Actualité musicale du 22 novembre 2007

Les 50 bougies de
« West Side Story » à Paris

Cinquante ans, autant de représentations: le Théâtre du Châtelet à Paris s'est mis mardi soir à l'heure de « West Side Story » pour le jubilé de ce spectacle musical américain fondateur, sous la signature « originale » du compositeur Leonard Bernstein et du chorégraphe Jerome Robbins.

Le Châtelet avait déjà passé la fin d'année 2006 en compagnie de Bernstein, là encore pour un cinquantième anniversaire, celui de la création de « Candide ».

Dans le cadre d'une tournée européenne, après Vienne et avant Zurich, le théâtre parisien accueille cette fois jusqu'au 1er janvier 53 représentations d'une production qui a reçu l'aval des sourcilleux ayants-droit de Robbins et Bernstein, et peut ainsi se prévaloir du titre « West Side Story, l'original ».

Cinquante après sa création à Washington (19 août 1957) puis New York (26 septembre), ce « musical » (spectacle alternant dialogues et passages chantés, avec des musiciens en fosse et une troupe de comédiens-chanteurs-danseurs sur scène) n'a rien perdu de sa force et de son pouvoir de séduction.

L'oeuvre vaut toujours pour son sujet en forme de message de tolérance, cette histoire de Roméo (Tony) et Juliette (Maria) transposée en pleine guerre des gangs (Jets d'origine européenne et Sharks portoricains), à New York (Upper West Side), dans les années 1950.

En 1957, Broadway n'était pas préparé à un « musical » qui finit mal, dose savamment comédie et drame, et abolit toute hiérarchie entre théâtre, musique et danse, portée par une « dream team » en osmose (outre Bernstein et Robbins, Stephen Sondheim pour les paroles et Arthur Laurents pour le livret).

Un demi-siècle plus tard, le public parisien ne boude pas son plaisir devant la mise en scène et l'adaptation chorégraphique réalisées par Joey McKneely, qui reste fidèle à la danse très active de Robbins, servie par des interprètes virtuoses.

Très professionnel dans son exécution, le spectacle reste cependant un peu sage et froid, impression renforcée par le décor métallique (escaliers, coursives) propret de Paul Gallis.

L'invention mélodique (« Tonight », « Maria », « I feel pretty »...) et rythmique de Bernstein, son écriture très colorée, sont desservis par une sonorisation manquant de subtilité et un orchestre (dirigé par Donald Chan) à l'avenant.

Parallèlement aux représentations du Châtelet, Deutsche Grammophon (Universal) a choisi de rééditer l'enregistrement de « West Side Story » dirigé en 1984 par le compositeur, à la tête d'une luxueuse distribution (Kiri Te Kanawa, José Carreras, Marilyn Horne...).

De son côté Decca, autre label Universal, vient de publier une nouvelle gravure de l'oeuvre, dans une veine plus glamour et sirupeuse, par des artistes « cross-over » (Hayley Westenra, Vittorio Grigolo).

La Filmothèque du Quartier latin à Paris projettera à partir de mercredi le film aux dix Oscars tiré en 1961 du « musical » par Robert Wise et Jerome Robbins, avec Natalie Wood.

Enfin, Actes Sud/Classica a fait paraître le premier essai consacré à Bernstein en français, sous la plume de Renaud Machard, critique au quotidien Le Monde et fin connaisseur de la musique américaine.

De nombreux musiciens
rendront hommage à Mamadou Konté

Manu Dibango, Passi, Toure Kunda, Omar Pene, Kasse Mady font partie des nombreux musiciens qui rendront samedi à Paris (La Cigale) un hommage musical à Mamadou Konté, une personnalité ayant oeuvré pour la promotion des musiques africaines et décédée en juin à Dakar.

Les bénéfices de cette soirée aideront à la création du Prix Mamadou Konté, dont le premier lauréat devrait être désigné en novembre 2008 par l'association Tringa Musiques, créée par Mamadou Konté à Dakar en 1994.

Diverses musiques (rap, soukouss, afro-beat, mbalax, bikutsi, mandingue...) seront interprétées au cours d'une soirée dont le maître d'oeuvre sera Cheikh Tidiane Seck (claviers, arrangements), musicien mandingue réputé.

Mamadou Konté était bien connu de ceux qui s'intéressent de près à la culture africaine. Arrivé en France dans les années 60 comme ouvrier immigré, ce Malien d'origine, très entreprenant, avait créé Africa Fête, un festival organisé de 1978 à 1998 et une association d'organisation de concerts et de management d'artistes.

Fait Chevalier des Arts et des Lettres par la France en 1992, il était parti vivre à Dakar en 1994.

La tournée d'adieux de
Nana Mouskouri fait escale
au Palais Garnier

La chanteuse Nana Mouskouri se produira samedi pour la première fois sur la scène du Palais Garnier, dans le cadre d'une tournée mondiale d'adieux entamée en 2005 et qui se terminera l'an prochain en Grèce, son pays natal, « comme un retour aux sources », a-t-elle indiqué à l'AFP.

Cet unique concert parisien sera donné au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France présidée par Bernadette Chirac.

Ambassadrice de bonne volonté de l'Unicef et ancienne députée européenne (1994-1999), Nana Mouskouri, 73 ans, a débuté sa carrière en 1958 après 8 années de formation (chant classique et harmonie) au Conservatoire de musique d'Athènes (Grèce) qu'elle a intégré à l'âge de quinze ans avec sa soeur.

Selon sa maison de disques (Mercury/Universal), Nana Mouskouri a vendu plus de 350 millions de disques dans le monde (simples et albums confondus), en douze langues. L'an dernier, la Sacem (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) lui a décerné le Grand prix de la chanson française à l'étranger.

« Il faut savoir partir en laissant de beaux souvenirs. J'ai eu une vie extraordinaire. Cette tournée d'adieux, je l'ai voulue joyeuse car c'est d'abord une tournée de gratitude. Tant que je suis bien, je veux remercier le public de m'avoir écoutée et aimée toutes ces années », confie à l'AFP Nana Mouskouri qui vient de publier une autobiographie, « La fille de la chauve-souris » (XO Editions).

« Avec ma voix, j'ai eu un cadeau du ciel et j'ai su bien m'en servir sans faire de concessions. Je n'ai jamais été une material girl! J'ai chanté avec mon âme et ma sincérité. J'ai beaucoup travaillé mais j'ai aussi connu la plus belle époque du disque et la chance de chanter rapidement dans le monde entier », ajoute la chanteuse.

Sur son mandat de députée européenne, représentant les couleurs de la Grèce, Nana Mouskouri exprime une petite déception : « je n'avais pas les moyens nécessaires et il fallait rentrer dans le système. C'est pour cela que je suis partie. On peut être utile dans la vie sans faire de la politique ».

Après les Etats-Unis, l'Australie et l'Europe, sa tournée d'adieux, « Farewell Tour », la conduira en Asie dans les prochains mois, avant un final prévu à Athènes. Cet adieu orchestré à la scène ne mettra pas fin immédiatement à sa carrière : Nana Mouskouri publiera un nouvel album en 2008.

Le danseur-chorégraphe Bill T. Jones,
s'inspire des sculptures du Louvre

Le danseur et chorégraphe américain Bill T. Jones est l'invité du programme de danse du 36e Festival d'automne à Paris pour lequel il a créé, mardi soir, une pièce inspirée par certaines sculptures et perspectives de deux galeries du Musée du Louvre.

Pour ce solo exceptionnel de 50 minutes, « Walking the line », redonné jeudi et samedi en soirée, il est soutenu par le chant très pur de la Tibétaine Yungchen Lhamo, les percussions inspirées par les musiques d'Extrême-Orient du Français Florent Jodelet et les lumières de Robert Wierzel.

L'artiste allemand Anselm Kiefer, auquel le Louvre a demandé une oeuvre pour décorer un escalier du département des Antiquités égyptiennes, est à l'origine de l'invitation faite à Bill T. Jones d'animer sur le thème des « frontières » des espaces du Musée.

Le spectacle du danseur-chorégraphe, qui chante aussi, se déploie sur un tapis rouge, dans l'enfilade de galeries de sculptures avec, en fond de décor, l'« Esclave enchaîné » de Michel-Ange. Le public est convié à apprécier cette perspective assis sur les escaliers au pied de la Victoire de Samothrace.

Les attitudes des sujets de la statuaire romaine éclairés latéralement, autant que le chant et les percussions dans le lointain ou près du public, inspirent à Bill T. Jones une grande variété de mouvements (ondulations, pauses, etc.).

A 55 ans, le danseur-chorégraphe américain a conservé un corps athlétique, une élasticité des bras et des jambes qui forcent l'admiration. Les années ont davantage durci les traits du visage, que parfois le chant de Yungchen Lhamo illumine littéralement.

Festival de danse de Cannes :
Maguy Marin et Sidi Larbi Cherkaoui
en création

Le Festival de danse de Cannes (Alpes-maritimes) tiendra à partir de vendredi et jusqu'au 1er décembre sa 16e édition, riche de 15 spectacles, dont la création mondiale d'une pièce de Maguy Marin et la première française d'une oeuvre du Belge Sidi Larbi Cherkaoui.

Biennal depuis 1993, ce grand rendez-vous chorégraphique de l'automne, qui a accueilli 150 compagnies depuis sa création en 1984, reflètera une nouvelle fois la diversité des courants de la danse contemporaine.

Le temps fort de la manifestation sera la première mondiale, le 26 novembre au Palais des festivals, de « Turba », la dernière pièce du centre chorégraphique national (CCN) de Rillieux-la-Pape (Rhône), réglée par sa directrice Maguy Marin et mise en musique par Denis Mariotte.

Le festival donnera trois jours plus tard (29 novembre) la création française d'« Apocrifu », pièce scellant la rencontre entre l'inventive danse flamande de Sidi Larbi Cherkaoui et les polyphonies corses de l'ensemble vocal A Filetta.

En coproduction, la manifestation dirigée par Yorgos Loukos — directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon — présentera une performance du collectif Loge 22 (« Compresse et réduction ») et « Look white inside » de The Guests Company, basée en région lyonnaise.

La biennale cannoise accueillera en outre des spectacles en tournée du Ballet national de Marseille, de l'Espagnol Israel Galvan, des virtuoses hip-hop lyonnais de Pockemon Crew, de l'Aixoise Josette Baïz ou encore de l'Israélien Emanuel Gat, désormais en résidence à Istres (Bouche-du-Rhône).

Le Festival de danse de Cannes a accueilli 12.000 spectateurs en 2005.

Proposition du ministre italien de la Culture
pour sortir du conflit de la Scala

Le ministre italien de la Culture Francesco Rutelli a annoncé mercredi à Milan avoir fait une proposition aux syndicats et au patron de La Scala pour mettre fin au conflit qui menace l'ouverture de la saison 2007/08 le 7 décembre.

« J'ai envoyé une lettre aux représentants des syndicats et au surintendant de la Scala (le Français Stéphane Lissner, ndlr) dans laquelle je fais une proposition », a déclaré le ministre, cité par l'agence Ansa.

Il a refusé de dévoiler le contenu de la lettre, ses destinataires « devant d'abord en prendre connaissance ».

M. Rutelli s'est contenté d'indiquer que sa lettre contenait des « propositions, des disponibilités et des demandes » du ministère, espérant que « le bon sens va prévaloir ».

Le conseil d'administration de la Scala avait demandé lundi au ministère de la Culture la possibilité de négocier directement avec les salariés du théâtre leurs conditions de salaire et de travail afin de mettre fin au conflit social qui a déjà donné lieu à deux jours de grève.

Les personnels de la Scala se sont mis en grève les 9 et 17 novembre pour protester contre le non-renouvellement de leur convention collective, ce qui a entraîné l'annulation de trois représentations.

La direction du théâtre milanais avait expliqué qu'elle devait attendre la conclusion d'un accord au niveau national sur une nouvelle convention collective avant de discuter avec les salariés de la Scala.

Les dernières grèves suscitent des craintes pour l'ouverture de la saison 2007-2008 qui verra une représentation du Tristan et Iseult de Richard Wagner, dirigé par le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim dans une mise en scène du Français Patrice Chéreau.

Alfred Brendel annonce sa retraite
après une soixantaine d'année de carrière

Le célèbre pianiste Alfred Brendel, qui a magnifiquement interprété les plus grandes oeuvres de Mozart, Beethoven ou Schubert depuis une soixantaine d'années, prendra sa retraite l'an prochain, a déclaré son agent.

Le pianiste autrichien, qui aura 77 ans en janvier, donnera son dernier concert le 18 décembre 2008 à Vienne (Autriche). Il jouera avec l'orchestre philharmonique de Vienne le concerto pour piano numéro 9 de Mozart, dit « jeune homme ».

« Il joue au meilleur de sa forme. Il est en parfaite santé et il souhaite partir au sommet de son jeu », a affirmé son agent Josephine Hemsing.

Actualité musicale du 23 novembre 2007

Le dieu de la danse est mort

Le chorégraphe français Maurice Béjart , qui a su mettre la danse à la portée d'un large public, est décédé à l'âge de 80 ans dans la nuit de mercredi à jeudi à Lausanne, où il a conclu sa prolifique carrière.

Il « est sans doute déja en train de faire danser les étoiles », a réagi l'ancien danseur étoile Patrick Dupond. « Le dieu de la danse est mort », a dit pour sa part la célèbre ballerine italienne Carla Fracci, 71 ans.

Pour son 80e et dernier anniversaire, Maurice Béjart avait créé à Lausanne une « vie du danseur, racontée par Zig et Puce », un retour sur ses principales créations en forme de « méli-mélo » malicieux.

L'affiche du spectacle était barrée d'un « Amor-4-Vingt » : une manière de proclamer que le maître aura toujours (quatre fois) vingt ans...

Le chorégraphe du « Boléro » de Maurice Ravel (1960) disait ne pas craindre la mort car « elle est une certitude ». « Je crois que l'on meurt toujours à temps (...) Le temps est compté différemment pour chacun, mais on meurt à temps », avait-il déclaré à l'agence de presse suisse ATS.

L'artiste, qui était en très mauvaise santé depuis plusieurs années, avait été hospitalisé la semaine dernière afin de suivre un traitement cardiaque et rénal « strict » qui devait durer plusieurs semaines. Il avait déjà été admis à l'hôpital le mois précédent, officiellement pour se remettre d'un « coup de fatigue ».

Malgré sa santé défaillante, le créateur de quelque 140 chorégraphies a suivi quotidiennement jusqu'à son hospitalisation les activités de sa compagnie du Béjart Ballet de Lausanne (BBL), qu'il dirigeait depuis 1987.

Maurice Béjart a encore quitté brièvement l'hôpital pour assister quelques jours avant sa mort à la répétition de son dernier spectacle, le « Tour du Monde en 80 minutes » dont la première mondiale est programmée pour le 20 décembre à Lausanne. Le spectacle devrait ensuite venir à Paris, puis en tournée mondiale.

La survie de la compagnie et de l'école du BBL est assurée par contrat pour les trois ans à venir, a indiqué la Ville de Lausanne.

Le Béjart Ballet Lausanne était le dernier avatar d'une troupe née à Paris en 1954 avant d'émigrer pendant 27 ans à Bruxelles où l'ensemble avait pris la forme du « Ballet du XXe siècle ».

Avec des mises en scènes parfois extravagantes, Maurice Béjart a emporté l'adhésion du public et l'a familiarisé, non sans mal, à la danse contemporaine comme à la musique concrète.

Né le 1er janvier 1927 à Marseille, Maurice Berger (qui devait plus tard adopter, en hommage à Molière, le nom de famille de l'épouse de celui-ci, Armande Béjart) est le fils du philosophe Gaston Berger, qui fut membre de l'Institut.

Après une licence de philosophie -pour cet adepte de Nietzsche, le ballet était un « Gai savoir »-, il avait abandonné ses études pour se consacrer à la danse, découverte à l'âge de 14 ans sur les conseils de son médecin pour « fortifier son corps malingre ».

Après une formation classique à Londres et à Paris, il avait signé sa première chorégraphie en 1952 pour un film suédois, « L'oiseau de feu », dont il est le premier interprète.

Dénonçant rapidement un art « coupé des masses », Maurice Béjart a innové avec « Symphonie pour un homme seul » (1955), sur la musique d'avant-garde de Pierre Henry et Pierre Schaeffer. « On m'avait dit : 'vous allez faire fuir les gens' », se souvenait Maurice Béjart.

Le chorégraphe disait ne pas avoir « eu honte de faire beaucoup de mauvais ballets ». « Sur la quantité, on jette, il n'y en a pas beaucoup qui sont bons, peut-être cinq ou six choses qui ne sont pas trop mauvaises », expliquait-il.

Le chorégraphe gardait une certaine rancoeur envers la France, qu'il avait quittée en 1960 pour s'établir à Bruxelles. « Je n'ai jamais reçu un centime du gouvernement français », rappelait-il.

« Avec l'Opéra de Paris, c'était un peu je t'aime, moi non plus », a rappelé la directrice de la danse de l'Opéra Brigitte Lefèvre.

Africolors : musiques d'Ethiopie
et hip hop africain pour la 19e édition

Le festival Africolors met le cap sur l'Ethiopie et s'ouvre pour la première fois au hip hop africain, en restant fidèle aux musiques maliennes, de l'Océan Indien et des Caraïbes, pour sa 19e édition du 24 novembre au 23 décembre en Seine-Saint-Denis.

Trois soirées (19, 20, 21 décembre) seront vouées à l'Ethiopie, avec le « crooner abyssin » Mahmoud Ahmed, figure emblématique du « swinging Addis », ce mouvement musical qui enflamma les nuits de la capitale éthiopienne de 1968 à 1975.

Cette « éthio-pop », mélange de phrasés locaux et de pop occidentale aux accents soul-jazz et groove, a fait des émules en Occident: le Badume's Band, un groupe breton, et Le Tigre des Platanes, un quartette toulousain, également au programme, en sont deux exemples.

Le saxophoniste Getatchew Mekuria, un autre héritier de cette époque bénie, sorte d'Archie Shepp local qui reproduit au sax ténor les chants traditionnels éthiopiens, est aussi à l'affiche.

Le hip hop africain fait son apparition avec le slameur congolais Apkass et Tata Pound, trio vocal de rappeurs de Bamako.

Ces ouvertures n'empêchent pas la fidélité d'Africolors aux musiques de l'Océan Indien, d'Afrique de l'Ouest et des Caraïbes, qui font sa réputation.

L'ombre de Danyel Waro, la grande voix du maloya réunionnais, planera avec la présence de son neveu, Jean-Didier Hoareau.

Autres groupes de l'Océan Indien à l'affiche: Lindigo, qui déterre les racines malgaches du maloya, et Ousanousava, groupe très apprécié par la communauté réunionnaise, qui mélange sega et maloya.

Djelimady Tounkara, guitariste virtuose, ancien pilier du Super Rail Band de Bamako, les chanteuses Fanta Disco et Ramata Diakité, défendront les couleurs des chatoyantes mélodies du Mali, mandingues, bambaras ou wassoulou.

Direction Caraïbes le 22 décembre avec une création autour des cérémonies vaudou d'Haïti, composée par le saxophoniste Jean-Marie Guédon.

Africolors poussera jusqu'en Amérique du Sud, avec la Brésilienne Renata Rosa (chant et rabeca, petit violon), ambassadrice des musiques traditionnelles du Nordeste (samba de coco, toré, forro...).

Le Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, fief d'Africolors avant que le festival essaime dans le département (20 soirées, 18 salles, 16 villes cette année), sera le cadre du concert de clôture, consacré aux musiques soufi.

http://www.africolors.com

Grève à l'Opéra de Paris :
« Casse-Noisette » supprimé, 14e annulation

L'Opéra national de Paris a annoncé qu'il ne jouerait pas le ballet « Casse-Noisette » de Noureev jeudi soir à Bastille, ce qui constitue la 14e annulation de représentation depuis le 18 octobre, premier jour de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.

La première de la reprise d'« Alcina » de Haendel au Palais Garnier, qui signe les débuts à l'Opéra de Paris du chef baroque Jean-Christophe Spinosi, aura en revanche bien lieu jeudi soir, mais « éventuellement dans un dispositif allégé au niveau des décors », a précisé la direction.

« La réunion tripartite (Etat-direction-syndicats) s'est déroulée de façon constructive mercredi, ce qui me laisse espérer une issue favorable du fait de négociations bien engagées », notamment avec la CGT, FO et la CFDT, a déclaré à l'AFP le directeur des ressources humaines de l'Opéra, Dominique Legrand.

Mais les organisations minoritaires Sud et FSU « ne sont pas dans la même dynamique », selon M. Legrand, et maintenaient jeudi leur préavis de grève courant jusqu'au 30 novembre.

En conséquence, les machinistes de l'Opéra Bastille (2.735 places), bastion de Sud, ont décidé ne pas monter le plancher de danse, sans lequel la représentation de « Casse-Noisette » ne peut avoir lieu.

« Je suis très inquiet pour les personnels de cette crispation, qui est le fait d'une minorité au sein de l'Opéra », a expliqué M. Legrand, relevant qu'une partie des propositions de Sud sont « en contradiction avec le projet gouvernemental (de réforme) et donc inacceptables en l'état ».

Les personnels de l'Opéra de Paris (1.680 salariés permanents) bénéficient de l'un des plus anciens régimes spéciaux de retraite, qui devait favoriser le renouvellement des effectifs de la compagnie et préserver ainsi son excellence artistique.

Créé en 1698 par Louis XIV, ce régime offre une ouverture des droits à 40 ans pour les danseurs du ballet, 50 pour les artistes des choeurs, 55 pour les techniciens de plateau sans horaires fixes et 60 pour les musiciens de l'orchestre.

La direction a proposé aux syndicats un « aménagement de la réforme » avec notamment une amélioration des fins de carrière, l'ouverture de comptes épargne-temps et des mesures spécifiques aux artistes.

 La vitalité du Festival
de la musique européenne
au Vietnam

Le Festival de la musique européenne 2007, nouvelle édition du Festival de jazz, doit se dérouler à partir du 22 novembre jusqu'au 3 décembre au Théâtre de la Jeunesse à Hanoi et au Conservatoire de la mégapole du Sud.

Ce festival musical débutera par un concert du Groupe de musique électronique Vert. L'Allemand Adam Butler, accompagné de 3 musiciens vietnamiens, fusionne tous les aspects de la musique électronique afin de créer son propre style, ce qui lui permettra sans aucun doute de surprendre les spectateurs ce soir au Théâtre de la Jeunesse à Hanoi et mardi prochain au Conservatoire de Hô Chi Minh-Ville.

Venue de Bulgarie, la chanteuse Roberta se produira ce vendredi à Hanoi. Jusqu'ici, grâce à sa maturité professionnelle et son talent exceptionnel, elle a remporté de nombreux prix lors de festivals internationaux.

Quant au trio originaire de Wallonie-Bruxelles, Grande, pour sa soirée à Hanoi ce samedi, il a concocté un programme consistant en un mélange effervescent de notes et de tonalités originales afin de produire chez les mélomanes vietnamiens de grandes émotions.

Le 29 novembre au Théâtre de la Jeunesse, ce sera le tour du groupe autrichien Sweet Suisie qui proposera certainement au public hanoien, sa vision innovante de la musique électronique.

Parmi les 7 groupes européens participants à ce festival, figure le quatuor français de Pierrick Pedron. Arrivé très tôt dans le monde du jazz, Pierrick Pedron en est un des meilleurs représentants. Il sera accompagné de Franck Agulhon (percussions), Patrick Cabon (piano) et Thomas Bramerie (contrebasse) et fascinera sans aucun doute le public. Ils joueront à Hanoi le lendemain de la prestation de Sweet Suisie.

Venu du Luxembourg, le quintette de jazz Largo souhaite partager, samedi prochain avec le public hanoien et le 3 décembre prochain avec les saigonnais, son propre jazz : un savoureux mélange rythmique, à la fois vivant et souple.

Enfin, ce sont les rockeurs danois de Moi Caprice qui clôtureront ce festival à Hanoi. Leur musique, grandiose et théâtrale, exprime toujours un désir ardent d'amour et d'expérience de la vie. Ce quatuor, parmi les meilleurs groupes de rock danois du moment, remplira sans peine la salle du Théâtre de la Jeunesse.

En outre, en marge du Festival de la musique européenne, des rencontres entre les jazzmen vietnamiens et leurs confrères internationaux auront lieu les 24, 28 et 29 novembre au Club de jazz de Hanoi, au 31, rue Luong Van Can. Par ailleurs, une soirée consacrée à la musique électronique avec des DJ reconnus venant d'Allemagne, d'Autriche, du Vietnam, de Malaisie, de Singapour et des Philippines, aura lieu le 1er décembre à Hanoi, au Centre d'expositions Vân Hô.

Nul doute que lors de cette nouvelle édition du festival, les mélomanes vietnamiens pourront découvrir les nouvelles évolutions de la musique européenne. Placée sous les auspices du ministère vietnamien de la Culture, du Sport et du Tourisme et de la Délégation de la Commission européenne au Vietnam, cette manifestation exceptionnelle amènera également un échange entre artistes, mais aussi entre le public et les artistes.

Entrée libre sur invitation disponible à l'institut Goethe, 56-58, rue Nguyên Thai Hoc, à l'Espace-Centre culturel français, 24, rue Tràng Tiên, et au British Council, 40, rue Cat Linh (Hanoi), et à l'institut Goethe, 99, rue Nguyên Thi Minh Khai (1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville). (Nhât Minh/CVN 22/11/2007)

Actualité musicale du 24 novembre 2007

24 novembre 2007, 18h
Toulouse, Théâtre du Capitole de Toulouse

Choeur du Capitole
Ensemble instrumental
du Conservatoire National
de Région de Toulouse

Patrick Marie Aubert, dir.

Paul Dukas (1865 – 1935)
Fanfare pour précéder La Péri

Lili Boulanger
Psaume XXIV

Igor Stravinsky
Messe

Kurt Weill
Berliner Requiem

Philippe Fénelon
Ich lasse dich nicht d’après Faust
(première audition)

Théâtre du Capitole, Place du Capitole, 31 000 Toulouse — Prix unique 10 €, placement libre.
http://www.theatre-du-capitole.org/

Maurice Béjart, chorégraphe belge

« Maurice Béjart, chorégraphe belge »: voilà ce que Béjart, brouillé avec sa France natale et très attaché à la Belgique où il avait passé 30 ans, aurait voulu voir écrit dans le dictionnaire universel de la danse.

Dans une lettre écrite un peu plus d'un mois avant sa mort et publiée jeudi par un de ses proches, l'écrivain belge Michel Robert, il exposait les raisons pour lesquelles il voulait devenir citoyen belge.

« Si je demande aujourd'hui ma naturalisation belge, c'est parce que je me suis toujours senti proche de la Belgique, bien plus proche que de la France qui est pourtant le pays où je suis né », écrivait-il dans cette lettre qu'il destinait au consulat de Belgique à Genève.

« J'ai vécu en Belgique la plus longue période de ma vie, 30 ans! », rappelait-il au sujet de son travail de 1960 à 1987 au Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles.

« Je pense qu'aujourd'hui est venu le temps d'officialiser cette relation indéfectible. Que je puisse enfin lire dans les dictionnaires et les biographies qui me sont consacrées, Maurice Béjart, chorégraphe belge, c'est là mon souhait le plus sincère », concluait-il.

En lui demandant de suivre une procédure de naturalisation en Belgique, Maurice Béjart avait dit à Michel Robert: « Je ne désire pas qu'à ma mort le qualificatif français soit accolé au mot chorégraphe ».

Interrogés par l'AFP, les services de naturalisation belges n'ont pu immédiatement confirmer avoir reçu sa demande, rendue caduque en tout état de cause par son décès.

Dans sa lettre, le chorégraphe décrivait aussi son amour pour Bruxelles, pour la Wallonie et la Flandre, « Ostende où j'adore aller respirer son air revigorant et admirer son ciel obscur ».

Ostende et ses immenses plages de sable, où il a exprimé le voeu que ses cendres soient dispersées, a encore confié Michel Robert.

Le chorégraphe considérait que c'était en Belgique, entre 1960 et 1970, qu'il avait créé les oeuvres les plus marquantes de sa longue carrière, a expliqué l'écrivain à l'AFP.

Son célèbre ballet « Le Sacre du Printemps » y avait reçu un accueil triomphal.

Béjart gardait une rancoeur envers la France, qu'il avait quittée pour s'établir à la Monnaie, y fondant son Ballet du XXe siècle, avant qu'un différend avec le Belge Gérard Mortier ne l'en fasse partir pour Lausanne en 1987.

« Je n'ai jamais reçu un centime du gouvernement français », rappelait-il.

En 1970, il avait aussi créé à Bruxelles l'Ecole Mudra, dont sortiront de nombreux danseurs et chorégraphes de renom comme la chorégraphe belge la plus renommée aujourd'hui, Anne Teresa de Keersmaeker.

Théo Van Rompay, directeur adjoint de « P.A.R.T.S », l'école que la chorégraphe a elle-même créée en 1995, huit ans après la disparition de Mudra, a reconnu l'influence de Béjart.

« Il a donné une âme aux danseurs. En leur permettant d'exprimer leur sensibilité, au travers d'une approche nouvelle, plus physique, moins hiérarchique, moins dogmatique ».

Selon M. Robert, Maurice Béjart avait exprimé son inquiétude au sujet de la Belgique, qu'une longue crise politique secoue depuis juin dernier.

« Et notre gouvernement, quand l'aura-t-on?  » avait-il demandé, ajoutant: « si cela peut-être utile, dîtes là-bas que je suis Belge ».

L'écrivain, qui a déjà écrit deux livres en collaboration avec Béjart, était en train d'achever avec le grand chorégraphe « un ouvrage faisant la synthèse de son oeuvre et de sa vie, qui devrait paraître en février ou mars 2008 ».

A Lausanne, le Ballet Béjart
promet de poursuivre l'oeuvre du maître

Le Ballet de Lausanne n'a pas cessé depuis 20 ans d'être au centre de l'attention de Maurice Béjart, et ses danseurs, sous le choc après l'annonce du décès du chorégraphe, se disaient décidés jeudi à continuer de porter son oeuvre.

La nouvelle du décès a bouleversé les 35 danseurs de la compagnie installée par Maurice Béjart en 1987 dans la cité helvétique. Mais les répétitions se poursuivaient jeudi malgré la disparition de l'artiste qui passait le plus clair de son temps au milieu des danseurs.

« C'est terrible, mais il disait toujours: 'the show must go on' (le spectacle doit continuer). Alors on continue », confie Carlos Lainez, un des 40 élèves de l'Ecole-Atelier ouverte par Béjart en 1992 au sein de sa compagnie lausannoise.

Dans la cafétéria où « Maurice » déjeunait tous les jours avec la troupe, une dizaine d'étudiants prennent un repas en silence, l'air grave et les yeux rougis.

« Il était très présent, on le voyait tout le temps », rapporte Carlos, qui, à 22 ans, est arrivé d'Espagne cette année pour étudier deux ans chez l'homme aux 140 ballets.

Maurice Béjart aura assisté jusqu'au bout aux répétitions de sa dernière création, le « Tour du Monde en 80 minutes », qu'il voyait comme une sorte de clin d'oeil à ses 80 ans, dont 53 d'une vie de chorégraphe.

Le malade a encore quitté brièvement l'hôpital pour assister quelques jours avant sa mort à une répétition, a rapporté la directrice de la culture de la Ville de Lausanne, Silvia Zamora.

La première est programmée pour le 20 décembre à Lausanne. Le spectacle doit ensuite partir à Paris, puis en tournée mondiale.

« Le calendrier est plein jusqu'à la fin de 2008 », assure Emmanuel de Bourgknecht, administrateur du Béjart Ballet Lausanne (BBL). « Le souhait le plus cher de Maurice, c'était que l'on continue de défendre son oeuvre ».

Même si le chorégraphe avait « totalement conscience de son état », « il espérait voir la première du 'Tour du Monde', mais son corps en a décidé autrement », regrette M. de Bourgknecht.

La première sera fortement chargée d'émotion, prévoit-il. « Ce sera la première fois qu'il ne sera pas à l'appel ».

Maurice Béjart était un « travailleur hors pair », rappelle l'administrateur du ballet. « Ce qu'il détestait le plus, c'était les jours de congé. Il était heureux en studio, dans un théâtre, avec sa compagnie. C'était toute sa vie. Il a travaillé jusqu'au bout comme il en avait envie ».

Le directeur adjoint du Ballet, Gil Roman, qui doit prendre la succession du chorégraphe, a eu la lourde tâche d'annoncer la nouvelle à la troupe. « Tout le monde était bouleversé, sous le choc », rapporte Kellie Richardson, une étudiante australienne. A 18 ans, cette blonde toute fine considère comme « un honneur extraordinaire » d'étudier à Lausanne.

Le BBL est le dernier avatar d'une troupe née à Paris en 1954 avant d'émigrer à Marseille puis Bruxelles sous l'appellation de « Ballet du XXe siècle ».

L'avenir de la compagnie est assuré par contrat pour les trois ans à venir, a indiqué Mme Zamora, de la mairie de Lausanne, tout en remarquant que la mort de Maurice Béjart est « un tournant pour donner une impulsion nouvelle et repenser les choses ».

Lausanne accorde chaque année au BBL une subvention de quatre millions de francs suisses (2,5 millions d'euros).

Quand Béjart se faisait expulser
du Portugal de Salazar

Le chorégraphe Maurice Béjart, décédé jeudi à 80 ans, s'était fait expulser du Portugal en juin 1968 par le régime d'Antonio Salazar pour avoir, après un spectacle, dit son opposition aux dictatures, a rapporté l'agence Lusa.

Le 6 juin 1968, raconte Lusa, le rideau à peine tombé après une représentation de « Roméo et Juliette » au Coliseu de Lisbonne, Maurice Béjart revient sur scène pour annoncer l'assassinat de Robert Kennedy, candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle américaine.

« Robert Kennedy a été assassiné... Il a été victime de la violence et du fascisme (...) Comme tous ceux qui sont ici ce soir, nous sommes contre les dictatures... Je demande une minute de silence », déclare le chorégraphe, cité par le Diario de Lisboa, quotidien aujourd'hui disparu.

Selon Lusa, cette minute de silence a été suivie par 20 minutes d'applaudissements d'un public en délire.

Plus tard dans la soirée, la police politique du régime de Salazar, la PIDE, se présentait à l'hôtel où logeait la troupe et emmenait Béjart pour l'escorter jusqu'à la frontière espagnole. « Un endroit désert », s'était alors plaint Béjart.

En 1974, peu après la révolution des Oeillets, qui a mis fin à plus de quarante années de dictature au Portugal, Maurice Béjart était revenu présenter « Romeo et Juliette » dans cette même salle du Coliseu.

Vingt ans plus tard, en 2004, le chorégraphe, de retour au Portugal avec sa compagnie, déclarait à propos de l'incident de juin 1968: « j'ai dit ce que j'avais à dire... Le monde a tellement de problèmes dans tellement de pays que ma petite histoire n'est pas si importante ».

Décès de Maurice Béjart :
réactions de Carolyn Carlson
et 'Alicia Alonso

Carolyn Carlson, directrice artistique du Centre chorégraphique national de Roubaix, au décès du chorégraphe Maurice Béjart : « La disparition de Maurice Béjart laisse un sentiment de grande perte en ce monde. Être unique, génie de la danse, sa présence irradiante nous manquera profondément. Dans le respect dû à un maître révéré, son témoignage vivant demeurera toujours en nous, à l'image du créateur, chorégraphe, inspirateur, qu'il fut. L'un des plus fabuleux artistes de notre siècle ».

La légende de la danse classique cubaine Alicia Alonso a regretté jeudi la mort du Français Maurice Béjart qu'elle a qualifié d'un « des plus grands chorégraphes de tous les temps » et de « philosophe de son art », selon un communiqué diffusé à La Havane.

Avec le décès de M. Béjart, la danse « perd un immense créateur, l'un des plus grands chorégraphes de tous les temps. Ce fut un artiste à l'imagination prodigieuse qui, en plus, était un philosophe de son art », a déclaré Mme Alonso, 86 ans, directrice du Ballet National de Cuba (BNC) qu'elle a fondé en 1948.

« En Béjart, j'avais trouvé un admirateur et un ami très cher et le Ballet national de Cuba un amateur enthousiaste. Je crois que ce créateur laissera une empreinte éternelle dans l'art de la danse », a estimé Mme Alonso.

Alicia Alonso a rappelé que le chorégraphe et ancien danseur, décédé à Lausanne (Suisse), à 80 ans, avait effectué une visite en octobre 1968 dans l'île caraïbe et avait toujours soutenu la compagnie qui a interprété plusieurs de ses oeuvres.

« Malgré son esthétique innovatrice, il eut l'intelligence de comprendre et la sensibilité d'aimer la tradition classique », a ajouté Mme Alonso, en se souvenant des louanges qu'elle reçut de Béjart en 1970 pour son interprétation de « Giselle ».

LRU : L’appel de l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis
Vendredi 16 novembre 2007

Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et membres du personnel de l’université affirmons notre opposition catégorique à la loi dite LRU, notre soutien plein et entier à la mobilisation étudiante et notre participation à ce mouvement.

Sous couvert « d’autonomie » (de gestion, mais ni intellectuelle ou scientifique) et afin notamment de favoriser la constitution de « pôles d’excellence » susceptibles d’améliorer la place des universités françaises dans le dérisoire « palmarès de Shanghai » (ou dans la course pour attirer les meilleurs « cerveaux »), cette réforme, d’inspiration manageriale, vise à amplifier la concurrence entre établissements du service public d’éducation et de recherche, laquelle risque à terme de transformer la majorité d’entre eux en « collèges » universitaires limités au niveau de la Licence, ainsi qu’à déléguer à ces établissements le soin de gérer le désengagement croissant de l’Etat concernant leur financement.

Ainsi, et pour faire face à une crise financière déjà présente, ces établissements sont fortement incités à se lancer sur le modèle, — apparemment indépassable —, des grandes écoles de commerce et de sciences politiques, dans la course aux fonds privés qui, par le biais des déductions d’impôt, deviennent une des portes de l’accès aux ressources publiques. De même, le recrutement de personnel non statutaire est vivement encouragé. En effet, la réforme anticipe les difficultés financières auxquelles seront nécessairement confrontées les universités qui ne parviendront pas à capter les ressources privées et publiques en les autorisant à recruter un personnel (enseignant, chercheur et administratif) sans statut. Nul doute qu’avec ces possibilités nouvelles de recruter sous contrats privés, les fonctionnaires seront de moins en moins nombreux dans les universités. Enfin, cette réforme aboutira inéluctablement à une augmentation progressive des droits d’inscription. Comme les collectivités territoriales aujourd’hui contraintes d’augmenter les impôts locaux si elles veulent se donner les moyens de mener une politique propre, les établissements qui n’intéressent pas directement le marché de l’emploi privé seront à terme nécessairement conduits à sélectionner leurs étudiants, et/ou à les solliciter financièrement au travers d’une augmentation généralisée des droits d’inscription (on parle de montants tournant autour de 3.000/4.000 euros). Cette augmentation — officiellement repoussée pour des raisons essentiellement tactiques — est d’ailleurs réclamée par les parlementaires de l’UMP, comme par la Conférence des présidents d’université (CPU).

Sous couvert de « bonne gouvernance », qui ouvre également la porte à une évaluation du personnel par les « résultats » dont l’efficacité est loin d’être prouvée, cette réforme, réclamée elle aussi fortement par la CPU, balaye le principe de collégialité ayant traditionnellement cours à l’université et réduit considérablement le pouvoir des disciplines dans les recrutements. À ce titre, elle représente une régression tant démocratique que scientifique. En effet, elle augmente considérablement le pouvoir des présidents d’université transformés alors en autant de petits chefs d’entreprise ayant la haute main sur « leur personnel ». Ainsi, et au travers notamment de la disparition des anciennes « commissions de spécialistes » et de leur substitution par des « comités de sélection » ad hoc dont les membres sont proposés par le président, comme du droit de veto de ces derniers sur les recrutements, les futurs présidents exerceront un contrôle particulièrement étroit sur le recrutement de leurs « chers collègues ». Présentés comme un remède au « localisme » qui affecte beaucoup de recrutements actuels, ces comités de sélection ne feront pourtant que renforcer les logiques de clientélisme. À cela s’ajoutent d’autres instruments de « domestication » du personnel, comme par exemple la définition de la répartition des obligations de service des enseignants-chercheurs entre enseignement, recherche et administration par le Conseil d’administration, la délivrance de primes par le président, la création de « dispositifs d’intéressement », le recrutement en CDI ou en CDD de personnels administratifs ou enseignants, etc.

Cette réforme contient donc une remise en cause du statut national de l’ensemble des personnels universitaires. Concernant les enseignants-chercheurs, elle est manifestement le prélude à la réforme de leur statut préconisée par Bernard Belloc, lequel est d’ailleurs conseiller de l’Elysée pour les affaires universitaires. Dans son rapport, celui-ci proposait notamment de dissocier les activités d’enseignement et de recherche en créant un nouveau corps d’enseignant du supérieur faisant deux fois plus d’heures d’enseignement que les autres. Cette dissociation de l’enseignement et de la recherche, qui permettra notamment au ministère de « faire plus avec moins » pour reprendre une expression chère aux consultants, est congruente avec la division et la hiérarchisation accrue des établissements évoquée plus haut, et représente aussi une régression scientifique sans précédent. Car ce qui fait le caractère universitaire d’un enseignement, c’est qu’il soit délivré par des enseignants qui sont aussi des chercheurs.

Concernant les critères d’évaluation des universités et leurs nouvelles missions « d’orientation et d’insertion professionnelle », l’évaluation à l’aune de la réussite aux examens des étudiants aura probablement deux conséquences : les facultés tenteront de recruter prioritairement les étudiants qui ont le plus de chances de réussir leurs études (c’est le modèle déjà suivi par l’université Paris IX Dauphine) et/ou abaisseront le niveau d’exigence aux examens. Les étudiants les moins « rentables » seront donc « réorientés », bien évidemment pour « leur bien », notamment au travers du nouveau dispositif « d’orientation active ». Quand à l’évaluation de la rentabilité par les taux d’insertion professionnelle de leurs étudiants, elle devrait logiquement inciter les universités à se mettre au diapason des discriminations qu’opèrent beaucoup d’entreprises lorsqu’elles embauchent. De ce point de vue, il deviendra problématique d’accueillir massivement, comme le fait aujourd’hui Paris VIII, les jeunes issus de l’immigration, les étrangers, ainsi que les jeunes filles, qui sont plus discriminés sur le marché de l’emploi (souvent quel que soit leur taux de réussite au diplôme). Mais chacun et chacune pourra ensuite librement saisir la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité)… Notre université risque donc de ne plus être un lieu de formation, mais un simple centre de tri.

Loin d’apporter une solution aux problèmes actuels de l’université française, cette réforme contribuera notamment à amplifier les inégalités sociales devant les études supérieures au nom d’une philosophie qui fait de la concurrence un garant de l’adaptation aux « besoins » des publics. Ainsi, la démocratisation de l’université (partielle et limitée, mais néanmoins bien supérieure à celle de ces établissements déjà très « autonomes » que sont les grandes écoles) ne sera pas renforcée dans le sens d’une démocratisation des « résultats » (accès de tous à toutes les filières, tous les établissements, et au même niveau d’exigence), mais dans l’accès à un plus grand accompagnement vers le marché de l’emploi, au travers notamment de la généralisation des dispositifs précoces de « professionnalisation » et de la politique des stages (rarement rétribués…). Cette professionnalisation est d’ailleurs souvent présentée comme la panacée universelle censée répondre aux maux de l’université, comme à la demande sociale. Pourtant, il n’y a pas de véritable réflexion sur l’acquisition des savoirs génériques qui permettent ensuite les reconversions et la reprise d’études « tout au long de la vie ». De même, l’importance de la recherche est souvent soulignée par nos gouvernants (c’est le thème européen et sans cesse rebattu de « l’économie de la connaissance »). Mais au travers de la politique dite des « pôles d’excellence », celle-ci est vouée à devenir le privilège d’une minorité d’établissements, comme d’enseignants-chercheurs. Et on observe qu’alors, il s’agit d’une recherche de plus en plus instrumentalisée, phénomène notamment souligné par l’association SLR (« Sauvons la recherche »). De même, l’« échec » en 1er cycle n’est pas considéré à la lumière du financement insuffisant par étudiant (pourtant attesté dans les comparaisons internationales) comme des problèmes économiques rencontrés par certains groupes sociaux pour étudier, mais comme un besoin d’une meilleure « orientation ». Ce qui permet alors de déplacer la responsabilité des problèmes économiques et d’emploi vers l’université et par là-même de culpabiliser les enseignants-chercheurs défendant l’autonomie de la recherche. Enfin, la pénurie matérielle chronique dans laquelle sont plongées les universités françaises (voire même leur misère, si on les compare aux universités étrangères) n’est pas prise en compte non plus, ce que souligne bien le dernier budget de l’enseignement supérieur.

Contre cette remise en cause frontale du service public d’enseignement et de recherche, — et cynique, car s’opérant souvent au nom des intérêts supposés des étudiants et plus spécialement de ceux d’origine populaire auxquels par exemple certains économistes « équitables » voudraient faire croire qu’il est finalement de leur intérêt d’avoir des frais d’inscription beaucoup plus élevés —, il faut rappeler sans cesse la nécessaire pluralité des missions de l’Université, que sont notamment l’élaboration et la transmission des connaissances, le développement de la recherche comme de l’esprit critique et l’élévation générale du niveau de formation de la population. Celles-ci ne se résument donc pas, comme voudrait le faire croire l’opinion économiciste dominante, à la production d’une main d’œuvre immédiatement prête à l’emploi sous prétexte, et profitant du fait qu’elle a, certes, besoin de travailler. Chaque université a vocation à être un foyer scientifique et culturel vivant ouvert à tous, et notamment aux enfants de la démocratisation scolaire particulièrement nombreux dans notre université qui doivent continuer à y trouver un lieu d’émancipation intellectuelle, comme de promotion sociale. Et de fait, il n’y aurait pas de raisonnement plus méprisant que celui consistant à dire que ces jeunes sont tout juste bons à être précocement « professionnalisés » dans des universités de seconde zone, avec peu de recherche, et sous-financées, tandis que d’autres, parce qu’ils sont bien nés, auraient le privilège de bénéficier d’une formation généraliste de haut niveau et tournée vers l’international, sur le modèle notamment des grandes écoles françaises, dont les budgets par étudiant n’ont, — faut-il encore le rappeler ? —, rien de comparable avec ceux des universités…

En conséquence, nous appelons nos collègues à se mobiliser, à ne pas pénaliser les étudiants au niveau des examens pour leur participation au mouvement, et surtout à y participer activement eux-mêmes, notamment en invitant les étudiants à réfléchir avec eux aux missions de l’université, comme à la fabrication des prochaines maquettes d’enseignement dans le cadre de la campagne d’habilitation dite du LMD2. L’université que nous voulons est d’abord celle des étudiants, des enseignants-chercheurs, chercheurs et de tous les personnels qui y travaillent, et non celle rêvée par les entreprises.

Pour signer cette pétition écrire à : p8_contre_la_lru@yahoo.fr

Université : journée de réflexion
et de mobilisation
pour des réformes alternatives

A la suite de l'appel de Paris VIII contre la LRU, nous avons prévu une journée de réflexion et de mobilisation pour aller plus loin que la seule critique de la LRU et envisager des réformes alternatives. Sous l'intitulé provisoire « Sauver et transformer l'université critique », cette journée aura lieu le samedi 1er décembre à l'université Paris VIII.

Nous avons envisagé une liste de thèmes qui n'est pas limitative, notamment en mettant l'accent sur les « points chauds » de la réforme :

  • missions de l'université et « professionnalisation »
  • recrutement et services des enseignants chercheurs
  • financement de l'université
  • réussite

Nous avons ensuite pensé élargir ce programme, en lien avec la garantie d'une université critique pour tous :

  • à la question des transformations actuelles de la recherche et ses liens avec l'enseignement supérieur
  • à l'articulation entre enseignement secondaire et enseignement supérieur
  • à la défense, plus largement, de la fonction publique (statuts et missions)

Si cette initiative vous intéresse, n'hésitez pas à nous le faire savoir : p8_contre_la_lru@yahoo.fr

Palmarès des 16e Django d'Or

Voici le palmarès des 16e Django d'Or, trophées du jazz, décernés jeudi soir lors d'une soirée au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), avec les chanteurs Elisabeth Caumont et Sanseverino comme maîtres de cérémonie.

Les trophées des Django d'Or sont décernés chaque année par une académie d'environ 150 membres (musiciens, producteurs, diffuseurs, éditeurs, journalistes spécialisés, quelques amateurs...).

Musicien confirmé: Sylvain Luc (guitariste - « Joko »/Dreyfus Jazz))

Nouveau talent: Sophie Alour (saxophone alto - « Uncaged »/Nocturne)

Musiques sans frontières (musiques tziganes et balkaniques): Biréli Lagrène (« Djangology To Bi or not to bi/Dreyfus Jazz)

Spectacle vivant: Orchestre national de Jazz (ONJ) de Franck Tortiller (pour Sentimental 3/4)

Django d'Or Prix Frank Hagège: Marcel Azzola (accordéon)

Django d'Or Prix SACEM de la création: Carine Bonnefoy (pianiste)

L'Opéra national de Bordeaux
crée un opéra de Laszlo Tihanyi,
d'après le « Génitrix » de Mauriac,
gloire littéraire locale

L'Opéra national de Bordeaux donnera dimanche en création mondiale « Génitrix » du compositeur hongrois Laszlo Tihanyi, premier ouvrage lyrique tiré d'un roman de l'enfant du pays, François Mauriac (1885-1970).

Le Grand-théâtre de la ville affiche quatre représentations (25, 28, 30 novembre et 1er décembre) de cette production événement donnée dans le cadre du festival de création contemporaine Novart, mise en scène par Christine Dormoy et dirigée en fosse par le compositeur en personne, âgé de 51 ans.

François Mauriac, bien qu'il se considérait comme un « illettré de la musique », s'est pris de passion pour l'art lyrique, en tout cas celui de Mozart, en se rendant à partir des années 1930 et 1940 dans ses deux temples estivaux, les Festivals de Salzbourg et Aix-en-Provence.

Cet intérêt n'a pas vraiment été payé en retour. L'oeuvre romanesque de l'écrivain n'avait jamais suscité d'oeuvre lyrique jusqu'à ce que Laszlo Tihanyi consacre son premier opéra à « Génitrix », court roman de 1923 sur une mère dominatrice qui veut enlever son fils à l'affection de son épouse.

Le compositeur hongrois a achevé une première version de l'opéra en guise de travail de fin d'études à l'Académie Franz-Liszt de Budapest, puis a repris sa partition de A à Z deux décennies plus tard.

Alain Surrans, qui est directeur de l'Opéra de Rennes et a connu Tihanyi par le biais de ses activités passées dans l'édition musicale, l'a aidé à concevoir un livret en français, en veillant notamment à la qualité de la prosodie, écueil traditionnel des opéras contemporains dans la langue de Molière.

« La langue de Mauriac est très belle, mais un peu aristocratique et difficile à mettre en musique », explique à l'AFP Alain Surrans.

« Génitrix est tout de même l'histoire de trois solitudes, de trois personnes incapables de communiquer, et la langue de Mauriac contribue à cette mise à distance », poursuit le colibrettiste.

Avec des lignes vocales — confiées à cinq chanteurs — de facture plutôt classique, l'écriture de Tihanyi ambitionne de rendre justice à l'élégance stylistique de François Mauriac.

« Il y a chez Laszlo (Tihanyi) une influence très forte de la musique hongroise à travers Bartok, Ligeti et bien sûr Peter Eötvös, dont il est le petit frère. On relève aussi une recherche de couleurs très poussée, et dans ce domaine des choses qui semblent françaises », souligne Alain Surrans.

Dans sa note d'intention, la metteur en scène Christine Dormoy rappelle les mots de François Mauriac, pour qui « l'histoire d'un être est celle de sa blessure ».

« L'opéra de Laszlo Tihanyi fouille cette blessure, et ses personnages, cherchant à la comprendre, ne font que l'approfondir », ajoute-t-elle.

Piratage sur internet :
signature d'un accord à l'Elysée

Malgré des positions a priori difficilement conciliables, les secteurs de la musique, du cinéma et d'internet sont parvenus à un accord de compromis sur l'offre culturelle en ligne, signé à l'Elysée avec les pouvoirs publics et dont ils espèrent qu'il freinera le piratage.

Une quarantaine d'organismes (musique, cinéma, fournisseurs d'accès internet -FAI-, télévisions) ont paraphé vendredi ce document de deux pages, rédigé au terme d'une mission confiée début septembre au PDG de la Fnac Denis Olivennes.

Il a été signé en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, auquel M. Olivennes a remis son rapport, et des ministres de la Culture Christine Albanel, de l'Economie Christine Lagarde, et de la Justice Rachida Dati.

« C'est un accord important par ses mesures et surtout par l'unanimité » des signataires, a déclaré M. Olivennes, alors que le vote de la loi dite DADVSI sur le droit d'auteur en 2006 avait donné lieu à des désaccords entre les détenteurs de contenus culturels et le secteur internet.

Le président Nicolas Sarkozy (D), le chanteur Patrick Bruel (2eG), le journaliste Pierre Sled (C), l'animateur Nikos Aliagas (G) le 23 novembre 2007 au palais de l'Elysée à Paris

Le président Nicolas Sarkozy (D), le chanteur Patrick Bruel (2eG), le journaliste Pierre Sled (C), l'animateur Nikos Aliagas (G) le 23 novembre 2007 au palais de l'Elysée à Paris

La mesure la plus marquante est l'installation d'une autorité de lutte contre le piratage. Elle enverra par l'intermédiaire des FAI (qui ne voulaient pas assumer ce rôle de gendarme) des courriels d'avertissement aux pirates puis, en cas de récidive, suspendrait voire résilierait leur abonnement internet.

« C'est l'idée du permis de conduire: si vous faites n'importe quoi avec votre voiture, on va finir par vous enlever votre permis », a commenté Pascal Nègre, président de la « major » du disque Universal Music France ainsi que de la SCPP (société de gestion des droits des producteurs).

Le délégué général du SEVN (syndicat de l'édition vidéo) Jean-Yves Mirski, a indiqué que des études américaines « parlent de 70% des gens qui arrêtent (de télécharger gratuitement) au premier avertissement ».

Malgré cette autorité, les ayants droit des oeuvres culturelles pourront toujours poursuivre en justice les plus gros contrefacteurs.

Dans le cadre de ce compromis, les FAI ont accepté d'expérimenter le filtrage des contenus sur internet.

Pour leur part, les producteurs de disques retireront les DRM (système de protection des fichiers numériques) des musiques produites en France, rendant leur lecture possible sur tous types de matériels.

Côté cinéma, l'accord prévoit l'alignement du délai de mise à disposition des films en vidéo à la demande (VOD) sur celui des DVD (six mois après la sortie en salle contre sept et demi actuellement).

Les pouvoirs publics se sont engagés à solliciter de l'Union européenne « une généralisation à l'ensemble des biens et services culturels du taux de TVA réduit ».

Si les signataires ont salué l'accord comme une étape importante, qualifiée par M. Sarkozy de « moment décisif », reste à savoir dans quels délais il sera mis en oeuvre.

« Le Parlement ne débattra manifestement qu'après les municipales et l'autorité indépendante n'aura sans doute de vrais moyens qu'en 2009. C'est trop long », s'est inquiété Hervé Rony, directeur général du Snep, principal syndicat de producteurs de musique.

Mme Albanel a espéré que les aménagements législatifs soient « votés avant l'été ».

Le rapport Olivennes a suscité la réprobation d'associations d'internautes ou de consommateurs comme la ligue Odebi, APRIL ou l'UFC-Que Choisir, qui dénonçait dès mercredi une « surenchère répressive ».

De nombreux artistes assistaient à cette signature, dont Patrick Bruel, Calogero, Thomas Fersen, Didier Barbelivien, Jean Reno ou Christian Clavier.

Barbara Hendricks propose à son public
de fixer lui-même le prix de son nouvel album

La soprano Barbara Hendricks, l’une des plus grandes voix de notre temps, propose à son public de fixer lui-même le prix de son nouvel album Endless Pleasure, disponible en téléchargement au format MP3 haute qualité sur www.arteverum.com, le site de son label. Cette opération est réalisée en partenariat avec Believe, le distributeur numérique de Arte Verum.

A la tête d’une discographie riche et variée de 100 CDs dans le répertoire de la mélodie, de l’opéra, de la mélodie avec orchestre et du jazz, Barbara Hendricks a vendu plus de 12 millions d’albums dans le monde. En 2006, elle annonçait la création de son propre label de disques, Arte Verum, assurant elle-même la production de l’ensemble de ses nouveautés discographiques. Deux disques ont déjà été édités, Canciones Españolas (Chansons Espagnoles) avec le pianiste Love Derwinger (ARV-001), et un recueil de Lieder de Robert Schumann avec Roland Pöntinen (ARV-002). Les disques Arte Verum, présents dans plus de 25 pays ont reçu depuis un an un excellent accueil de la presse, mais aussi et surtout du public.

Pour Barbara Hendricks, créer son propre label correspond à une démarche de liberté et de contrôle de l’ensemble de la chaîne de production et de distribution de son travail d’enregistrement (pas seulement dans le choix des programmes, des interprètes, de l’édition, mais aussi des moyens de distribution et de diffusion). Or, dans le marché actuel et pour toucher l’audience la plus large possible, la distribution des produits physiques (les disques) doit nécessairement cohabiter avec la distribution digitale.

Le troisième album Arte Verum, Endless Pleasure, est un disque d’airs d’opéra et de chansons de Purcell et Haendel, avec le Drottningholms Barockensemble (ARV-003) ; il constitue le premier disque avec orchestre du nouveau label de Barbara Hendricks, mais également son premier disque solo dans les grands airs baroques. A l’occasion de cette sortie, Arte Verum a décidé de franchir un pas dans sa politique de distribution numérique en proposant le téléchargement gratuit de Endless Pleasure, via le site http:/www.arteverum.com à partir du 21 novembre 2007.

Réalisée en partenariat avec Believe, le distributeur numérique de Arte Verum, cette opération propose aux internautes de fixer librement le prix du dernier album. Ils se verront par ailleurs proposer le téléchargement des deux premiers albums du label au même prix que celui fixé pour Endless Pleasure, pour autant qu’ils aient choisi un prix supérieur ou égal à 7,00- € ; ils recevront en outre les fichiers contenant le livret et la couverture. Dès le paiement (ou le choix du téléchargement gratuit), les internautes pourront télécharger des fichiers MP3 à 320 kbps, libres et sans DRM, soit dans la meilleure qualité de son disponible actuellement.

Les trois titres du catalogue sont également présents sur la plupart des grandes plateformes européennes de téléchargement depuis début novembre 2007.

Bien entendu, les produits physiques Arte Verum restent également disponibles et feront l’objet d’une opération spéciale sur le site http://www.arteverum.com. En effet, même si la qualité de son des fichiers MP3 est en constante amélioration, Barbara Hendricks continue de défendre vivement la disponibilité et l’achat des disques qui restent le reflet le plus fidèle d’un travail minutieux de recherche et de qualité de son et d’édition. Ils sont aussi le moyen de rencontre entre l’artiste et son public, et un complément idéal au concert.

Cette démarche, une première pour une artiste de musique classique – et pour une artiste de la renommée de Barbara Hendricks –, devrait permettre d’élargir et de démocratiser l’accès à cette musique souvent considérée comme élitiste et réservée à un public mûr. Si les airs d’opéras de Purcell et Haendel viennent rivaliser avec les succès de la musique de variété sur les baladeurs MP3, l’opération sera réussie.

Actualité musicale du 25 novembre 2007

Pierre Boulez est honoré à Madrid

Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez a été distingué vendredi en Espagne, où il a reçu la Médaille d'or du Cercle des Beaux Arts de Madrid.

Il s'agit de la plus haute distinction octroyée par cet établissement culturel emblématique de la capitale espagnole à des personnalités reconnues du monde des arts et de la culture, en Espagne ou à l'étranger.

Pierre Boulez, 82 ans, chef d'orchestre apprécié à New York comme à Bayreuth, pédagogue fondateur de l'IRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique), compositeur d'oeuvres parfois difficiles d'accès, est l'un des grands musiciens français du 20e siècle.

« Vous avez écrit un nouveau chapitre de l'histoire de la musique », a déclaré le directeur du Cercle, Juan Barja, en lui remettant vendredi soir cette distinction déjà attribuée à des personnalités comme Günter Grass, Francisco Ayala, Jürgen Habermas, Manoel de Oliveira ou Jean Baudrillard.

Jack Lang lance
la fête de la musique au Pérou

L'ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, a participé au lancement de la fête de la musique au Pérou, dans la nuit de vendredi à samedi à Lima.

Le créateur en France de la fête de la musique, un événement qui est organisé maintenant dans plus d'une centaine de pays, a assisté dans le quartier résidentiel de Miraflores à l'un des neuf concerts qui avaient lieu dans la capitale péruvienne.

Une dizaine de milliers de Liméniens ont célébré leur première fête de la musique du printemps à laquelle participaient des groupes de jazz, de rock, de musique classique et andine.

Auparavant, une fête de la musique plutôt confidentielle se déroulait au Pérou fin juin, pendant l'hiver austral, mais ne parvenait pas à mobiliser les habitants.

L'initiative lancée vendredi à Lima est due à un homme d'affaires français installé dans le pays et membre de l'Institut de la musique du Pérou, Ivan Ciganer Albeniz (frère de Cecilia Ciganer, l'ex-épouse du président français Nicolas Sarkozy), qui avait participé avec Jack Lang au lancement de la première fête de la musique en 1982 en France.

Au Pérou, la nouvelle fête est notamment soutenue par l'Institut de la musique, l'ambassade de France et les Alliances françaises.

Député et membre de la commission des relations extérieures de l'Assemblée nationale, M. Lang qui effectue une visite du 21 au 28 novembre au Pérou, a été reçu vendredi par le président péruvien Alan Garcia qui l'a fait grand officier de l'Ordre du soleil du Pérou.

« La France sera toujours notre référence démocratique, révolutionnaire et culturelle, pour cela nous avons beaucoup de plaisir à recevoir un ami de la culture du monde, qui aux côtés de notre grand ami commun, l'ex-président François Mitterrand, à promu la culture moderne en France », a déclaré M. Garcia à cette occasion.

Barbara, disparue il y a dix ans,
est loin d'être oubliée

Il y a dix ans, le 24 novembre 1997, s'éteignait Barbara, la « longue dame brune » de la chanson française, qu'elle a durablement marquée par sa voix toujours au bord de la rupture, son style théâtral et son écriture sensible et intemporelle.

« L'aigle noir », « Göttingen », « Nantes », « Dis, quand reviendras-tu? », « Ma plus belle histoire d'amour »... Ces classiques ont bercé nombre de chanteurs actuels.

« Barbara savait mettre des mots sur ce que vous pensiez, des émotions sur ce que vous ressentiez. Pour moi, elle a été déterminante (...) je la trouve inspirante », affirme l'actrice et chanteuse Sandrine Kiberlain dans « Barbara, Portrait en clair-obscur » de la journaliste Valérie Lehoux, le plus complet des nombreux livres parus pour ce dixième anniversaire.

Il recense certains des jeunes artistes qui avouent leur admiration pour Barbara, comme Carla Bruni, Zazie, Bénabar, Bazbaz, Raphaël, Vincent Delerm, Calogero ou Jeanne Cherhal.

Début octobre au Théâtre du Châtelet à Paris, cette dernière avait pris part au spectacle hommage « Souviens-toi Barbara », aux côtés de Dominique A, du pianiste et concertiste classique Alexandre Tharaud, du clarinettiste Michel Portal ou de l'accordéoniste Roland Romanelli, qui avaient tous deux travaillé avec Barbara.

Jeanne Cherhal et Alexandre Tharaud participeront à autre concert hommage, « Une cantate pour Barbara », le 26 novembre au Théâtre des Variétés à Paris. D'autres artistes seront présents, dont Marie-Paule Belle (qui avait consacré un album et spectacle à Barbara en 2001), Vincent Delerm, Jean Guidoni, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain, Serge Lama, William Sheller ou Anne Sylvestre.

Ce spectacle est organisé au bénéfice de Sidaction et de la lutte contre le sida, une cause que Barbara avait épousée très tôt.

Au-delà de la scène française, la « dame en noir » a séduit de jeunes artistes étrangers comme la Canadienne anglophone Martha Wainwright (soeur du chanteur Rufus Wainwright), qui a enregistré une reprise de « Dis, quand reviendras-tu? » et l'interprète régulièrement en concert.

« Adolescent, j'ai eu quatre grandes influences: Barbara et Gainsbourg d'une part, Diane Dufresne et Robert Charlebois de l'autre », avait quant à lui assuré le Québécois Pierre Lapointe à l'AFP au printemps dernier.

De son vivant comme après sa mort à l'âge de 67 ans, Barbara (née Monique Serf) a entraîné dans son sillage une cohorte de fans transis qui lui vouent un culte. Deux mille personnes — proches, personnalités et anonymes — étaient présentes à ses obsèques le 27 novembre 1997, dans le carré juif du cimetière de Bagneux.

Son dernier album studio (« Barbara », avec de nouveaux complices comme Jean-Louis Aubert) était sorti l'année d'avant, quinze ans après le précédent (« Seule »), sans compter les enregistrements en public. Car Barbara, qui incarnait une certaine idée de la chanson française, était une artiste de scène plus que de studio.

En 1998 étaient parus ses mémoires posthumes, « Il était un piano noir... », dans lesquels elle évoquait l'inceste subi dans son enfance.

Dans l'édition, à la radio ou sur scène, les hommages se multiplient à l'approche du dixième anniversaire de sa mort.

L'Aige noir, chorégraphie de Maurice Béjart

Actualité musicale du 27 novembre 2007

27 novembre - 29 novembre 2007
Paris

(Noël)^bis

(Noël)^bis est un spectacle qui propose de résoudre  l'improbable équation de la rencontre d'une voix lyrique et d'une voix de variété, sur un même plateau.

Ce spectacle allie les talents de deux chanteurs et deux musiciens de cultures différentes pour donner vie à un riche répertoire allant du classique au jazz et des chants traditionnels aux musiques actuelles. Il présente le répertoire lyrique de façon abordable, simple et contemporaine.

(Noël)^bis est un voyage musical dont chaque escale est une manières différente de vivre les fêtes de fin d'année. Tour a tour enjoué, grinçant ou rêveur, il réinvente la féerie de Noël, pimentée d’accessoires, de petites histoires, et de bien des surprises musicales.

Venez partager avec nous cette période des fêtes qui n'est sûrement pas que pour les enfants !

Dates :

  • 27 novembre 2007 : le kibélé, 12 rue de l'echiquier 75010 paris
  • 30 novembre 2007: le moulin a café, impasse sainte léonie 75014 paris
  • 02 decembre 2007: le pestacle bar, 22 rue au maire 75003 paris
  • 04 et 05 decembre 2007: le studio de l'hermitage, 8 rue de l'hermitage, 75020 paris
  • 22 decembre 2007: l'entrepot, 7 rue francis de préssensé, 75014
  • 21,22 et 23 decembre 2007: le soleil de la butte, diner spectacle, 32 rue muller 75018 paris
  • 29 decembre 2007: la chapelle saint bernard, 34 place raoul dautry, 75014 paris

Renseignements : http://www.aglaeprod.com

Appel des étudiants de 67 universités,
réunis en Coordination nationale
les 24-25 novembre 2007 à Lille

Nous, étudiants de 67 universités, réunis en Coordination nationale les 24-25 novembre 2007 à Lille, adoptons l’appel suivant.

Plus de la moitié des universités sont en blocage total ou partiel et plus de 60 universités sont touchées par la mobilisation.

Nous rejetons la LRU parce qu’elle signifie la privatisation de l’enseignement supérieur. L’introduction de financements privés va renforcer les inégalités entre universités et filières et va permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations. L’université n’est pas responsable du chômage, et adapter l’université aux exigences du « monde du travail» ne rapprochera pas les étudiant-e-s de l’emploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la déqualification et vers la précarité. La LRU implique aussi la précarisation des statuts des enseignants et personnels, et la transformation des présidents d’université en véritables managers.

Nous refusons la logique d’autonomie financière, qui implique le désengagement financier de l’État, et donc l’augmentation à terme des frais d’inscription. Nous refusons également l’instauration d’une présélection à l’entrée de l’université, qui remet en cause l’accès de tous à l’université.

La ministre Pécresse a récemment annoncé le déblocage de moyens pour les étudiants en 1er cycle (réorientation, tutorat), ainsi que la suppression des cautions pour le logement... en échange d’un « retour au calme » sur les campus. Cela prouve que le gouvernement voit bien qu’il y a un problème dans les universités, et qu’il a peur du mouvement étudiant. Mais ces annonces ne répondent pas au problème central : la LRU, et les dangers qu’elle nous promet. C’est pourquoi nous demandons au bureau national de l’UNEF de prendre clairement position pour l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au retrait de cette loi.

La LRU n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Depuis le début de la lutte, c’est la position de toutes les assemblées générales et de la coordination nationale, seules instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous, et contre la destruction du service public. Étudiants et lycéens, avec la LRU et les 11 500 suppressions de postes dans l’éducation, c’est notre avenir qui est menacé. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour la création des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre Français-e-s et Étranger-e-s dans l’accès aux études. Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et d’être solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration de leur pouvoir d’achat.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariés de la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu’il ne reculera pas face à nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu’il existait une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail. Les cheminots en particulier ont montré que lutter contre Sarkozy et sa politique était possible.

En effet, la LRU n’est pas une loi isolée mais fait partie d’un contexte de casse généralisée du service public dû à une libéralisation grandissante de la société et de l’économie française, ce que nous condamnons.

Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à renforcer les liens entre personnels, enseignants et étudiants. Les lycéens doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycéens et étudiants doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de l’Éducation Nationale, notamment dans les universités et dans les lycées.

La plupart des présidents d’université étant en faveur de la LRU, ils n’hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policières... ne répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à nous empêcher de nous mobiliser, c’est-à-dire nous priver de notre droit de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et les arrestations. Nous exigeons l’amnistie de tous les inculpés des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et le retrait de toutes les forces de police qui occupent actuellement des universités.

Nous réclamons la démission des présidents d’universités ayant fait appel à la répression et c