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Actualité musicale
21 — 30 novembre 2007
Actualité musicale du 21 novembre 2007
Sur scène et au disque,
la vogue des contre-ténors
Ils s'appellent Andreas Scholl ou Max Emanuel Cencic et
rivalisent sur les scènes et au disque avec les mezzos féminins: près de
trente ans après la mort du Britannique Alfred Deller, pionnier des
falsettistes modernes, les contre-ténors ont le vent en poupe.
Décédé en 1979, Alfred Deller a retrouvé un instrument
qu'on pouvait penser à jamais perdu: « l'autre voix » d'un homme pouvant
chanter baryton ou ténor mais choisissant d'utiliser son registre dit de
fausset dans des tessitures de femme ou d'enfant.
Le « falsetto » très pur, comme en apesanteur, du
chanteur anglais a fait merveille notamment chez Dowland et Purcell.
Mais la naissance du contre-ténor d'opéra allait
attendre, et parmi les cadets d'Alfred Deller, rares furent ceux
(l'Américain Russell Oberlin, l'Anglais James Bowman...) qui allaient
s'aventurer sur les scènes lyriques.
Les temps ont changé: depuis cet automne, de Caen à
Genève en passant par Paris, une nouvelle production de l'opéra « Il
Sant'Alessio » de Stefano Landi aligne pas moins de neuf contre-ténors
dans des rôles créés par des hommes, quand les femmes n'avaient pas le
droit de monter sur scène à Rome.
Une distribution difficilement imaginable lors de la
recréation scénique de l'oeuvre il y a 25 ans et même lors de son
enregistrement en 1995 par William Christie, qui avait fait appel à une
équipe mixte, riche en sopranos et mezzos féminins.
Les raisons de cet engouement sont liées notamment au
renouveau de l'interprétation et de l'enseignement des musiques anciennes,
les altos masculins (le Belge René Jacobs, l'Allemand Andreas Scholl, le
Français Gérard Lesne...) n'hésitant plus à transmettre leur savoir.
« C'est un peu comme dans le rugby, la voix du
contre-ténor s'est beaucoup professionnalisée: il y a aujourd'hui diverses
écoles et typologies vocales, ce n'est plus la voix blanche, elle est
assise et solide », estime Philippe Jaroussky.
Et le chanteur français est d'avis que si cette voix
fascine autant le public, c'est qu'elle a sa part de « rêve » et touche «
à l'imaginaire, à l'enfance ».
Le contre-ténor moderne a largement étendu son
répertoire. Ainsi, Max Emanuel Cencic prête son fascinant timbre androgyne
à l'épouse de « Sant'Alessio » tout en chantant Rossini au disque
(Virgin/EMI) et même le Prince Orlofsky dans « La Chauve-Souris » de
Johann Strauss sur scène.
« Je pense que nous ne sommes qu'au début de
l'engouement », relève ce chanteur autrichien, qui note encore quelques
résistances dans le public pour ces « hommes qui chantent comme des femmes
» et sont « parfois considérés comme des bêtes curieuses ».
Philippe Jaroussky, un contre-ténor
sur la voie triomphale des castrats
Le contre-ténor Philippe Jaroussky lors des Victoires
de la musique à Paris, le 28 février 2007.
Le contre-ténor Philippe Jaroussky lors des Victoires
de la musique à Paris, le 28 février 2007.
Philippe Jaroussky n'a pas trente ans mais déjà une
notoriété remarquable pour un contre-ténor, et prouve qu'un chanteur
masculin virtuose à la voix haut perchée est capable en 2007 de reprendre
des airs voire des rôles créés par des castrats.
L'artiste incarnera mercredi, vendredi et samedi au
Théâtre des Champs-Elysées à Paris le rôle-titre de l'opéra romain du
XVIIe siècle « Il Sant'Alessio » de Stefano Landi, créé à Caen en octobre
dans un spectacle très baroque de Benjamin Lazar.
Cette production événement placée sous la direction
musicale de William Christie tout au long d'une impressionnante tournée
(New York, Londres, Luxembourg, Genève...) est pour Philippe Jaroussky une
nouvelle étape dans une carrière qui s'accélère.
Les Victoires de la musique classique n'ont pas raté
l'éclosion du phénomène: « révélation » en 2004, le contre-ténor a été
sacré « artiste lyrique » de l'année en 2007.
Tout à sa joie en venant cherchant son trophée, le 28
février dernier, Philippe Jaroussky, 29 ans, voyait dans cette récompense
« une façon de reconnaître que la voix de contre-ténor est une voix
lyrique comme les autres ».
Ces sons émis en voix dite de tête ou de fausset
peuvent susciter en tout cas des succès discographiques dignes des
sopranos et ténors les plus célèbres. Certes porté par le renom du
compositeur, le second album Vivaldi (« Heroes ») de Philippe Jaroussky,
sorti il y a un, a été certifié disque d'or (75.000 exemplaires vendus),
seuil qu'il a même franchi.
Aujourd'hui, toujours chez Virgin (EMI), le
contre-ténor rend hommage à Giovanni Carestini (1705-1760), l'une des
grandes figures de l'âge d'or des castrats avec Farinelli et Senesino, et
le créateur de trois opéras de Haendel (« Arianna in Creta », « Ariodante
» et « Alcina »).
Pas question évidemment pour un falsettiste (chantant
en voix de fausset) du XXIe siècle de rivaliser avec ces « stars » du
chant du XVIIIe, dont la castration avant la puberté permettait de mêler
l'aigu de l'enfant avec la puissance et la vélocité de l'adulte.
Philippe Jaroussky n'est d'ailleurs « pas quelqu'un qui
dit que les contre-ténors détiennent la vérité dans le répertoire des
castrats ». La mezzo suédoise « Anne Sofie von Otter aurait pu faire ce
disque », souligne-t-il.
Mais la voix du falsettiste français, ductile, bourrée
d'harmoniques et parvenue à une belle maturité, lui permet aujourd'hui de
donner vie à ce projet qui l'a « complètement hypnotisé ».
« Carestini, c'est un peu ma Malibran à moi », s'amuse
Philippe Jaroussky, en allusion au disque que la mezzo italienne Cecilia
Bartoli vient de consacrer à la diva romantique Maria Malibran
(Decca/Universal).
De là à s'identifier à ce « demi-dieu de la scène »
qu'était Carestini, il y un pas que Philippe Jaroussky ne franchit
pas.
« A un moment, les contre-ténors ont aussi envie de
s'émanciper par rapport aux castrats et d'être considérés comme des
musiciens plus que comme des gosiers à vocalises », fait valoir Philippe
Jaroussky.
Daniel Yvinec sera le prochain
directeur
de l'Orchestre national de Jazz
Le contrebassiste Daniel Yvinec a été nommé directeur
artistique de l'Orchestre national de jazz (ONJ) et succèdera en septembre
2008 à l'actuel titulaire, le vibraphoniste Franck Tortiller, a-t-on
appris mardi auprès de l'Association pour le jazz en Orchestre national
(AJON).
Daniel Yvinec sera le premier directeur artistique de
l'ONJ, alors que ses prédécesseurs avaient le statut de directeur
musical.
Sa fonction ne sera donc plus exclusivement d'écrire de
la musique pour grand orchestre, mais de solliciter des compositeurs et
arrangeurs associés, selon les termes de l'AJON, qui gère l'ONJ.
Daniel Yvinec, né le 4 avril 1963, sera le neuvième
directeur de l'ONJ. Alors que le contrat de son prédécesseur était de deux
années (renouvelable pour un an), le sien sera de trois ans,
éventuellement renouvelable une fois pour la même durée.
Musicien éclectique, il a multiplié les collaborations
dans divers domaines (électronique, rock progressif, pop, jazz
underground), et notamment travaillé avec Mark Turner, André Minvielle,
John Cale, Maceo Parker ou Brisa Roché.
Il vient de publier le disque « The Lost Crooners
».
Sept musiciens ont été directeurs de l'ONJ, créé en
1986 par le ministère de la Culture et dont la mission est de faire la
promotion du jazz contemporain par l'intermédiaire de concerts,
d'enregistrements et d'actions pédagogiques: le saxophoniste François
Jeanneau (1986-1988), le pianiste Antoine Hervé (1988-1990), le guitariste
Claude Barthélémy (1990-1992), les pianistes Denis Badault (1992-1994),
Laurent Cugny (1994-1997), le contrebassiste Didier Levallet (1997-2000),
le violoncelliste Paolo Damiani (2000-2002), Claude Barthélémy à nouveau
(2002-2005) et Franck Tortiller (2005-2007).
Les membres de l'ONJ -dont le budget annuel est
aujourd'hui légèrement supérieur à 1 M EUR en grande partie financé par le
ministère de la Culture- sont choisis par leur directeur.
Seul le directeur perçoit un salaire mensuel, ses
musiciens étant depuis 2002 non plus salariés, mais payés au cachet.
Grève à l'Opéra : « Tosca »
toujours en version de concert mardi
La dernière représentation de « Tosca » à l'Opéra
Bastille sera donnée mardi soir en version de concert, comme vendredi et
samedi, en raison de la poursuite de la grève contre la réforme des
régimes spéciaux de retraite, a annoncé l'Opéra de Paris.
« Tosca » sera donné en version de concert sans décors
mais avec costumes.
Hostile à l'aménagement de la réforme proposé par la
direction, Sud-spectacle, minoritaire sur l'ensemble des personnels de
l'Opéra mais bien implanté parmi les machinistes et éclairagistes de
Bastille (2.735 places), a maintenu son préavis de grève, qui court
jusqu'au 30 novembre inclus.
La FSU, ultra-minoritaire, demeure également associée à
ce mouvement.
En revanche, trois organisations (CGT, FO et CFDT)
n'appellent plus à la grève depuis la fin de la semaine dernière et
jusqu'au 22 ou 23 novembre.
Depuis le 18 octobre, premier jour de grève contre la
réforme des régimes spéciaux de retraite, l'Opéra a annulé 13
représentations, ce qui représente une perte financière d'au moins 2,5
millions d'euros, selon la direction.
Comme Radiohead,
Barbara Hendricks laisse le public
fixer le prix de son CD
La soprano américano-suédoise Barbara Hendricks a
décidé, comme le groupe de rock anglais Radiohead, de « proposer à son
public de fixer lui-même le prix de son nouvel album », disponible en
téléchargement mercredi, a annoncé mardi le distributeur numérique de son
label.
Cette démarche est « une première pour une artiste de
musique classique », affirme le distributeur Believe dans un
communiqué.
Barbara Hendricks a lancé en 2006 son propre label,
Arte Verum, « afin d'assurer elle-même la production et une meilleure
diffusion de ses oeuvres », indique-t-on de même source.
Les internautes pourront télécharger sur le site du
label son troisième album sous cette étiquette, « Endless Pleasure », son
premier disque solo dans des airs de Haendel et Purcell.
Barbara Hendricks, qui a fêté ses 59 ans mardi, a vendu
près de 12 millions d'albums dans le monde, selon Believe.
Son contrat d'exclusivité avec la major EMI, pour
laquelle elle a enregistré plus de 50 CD, a pris fin en 2004.
Après l'expiration de son contrat, également avec EMI,
Radiohead avait décidé en octobre de contourner les maisons de disques en
proposant à son public de payer la somme qu'il veut pour télécharger son
nouvel album, « In Rainbows », sur son site.
Beijing (Pékin) : saison
internationale
de spectacles en décembre
Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22 décembre 2007 le coup
d'envoi de la saison internationale de spectacles, qui durera jusqu'au 6
avril 2008.
Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22
décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles,
qui durera jusqu'au 6 avril 2008.
Cette manifestation présentera durant 3 mois 180
représentations regroupant 78 spectacles, dont 33% étrangers. Il s'agit
d’un rendez-vous artistique au cours duquel se rencontreront des artistes
et des troupes de premier rang en provenance du monde entier et de la
Chine. Il est d'ores et déjà possible de réserver ses billets : le prix le
moins cher a été fixé à seulement 30 yuans pour que plus de spectateurs
chinois puissent profiter des représentations.
Une centaine d'artistes et quelque 40 troupes monteront
sur la scène du Grand théâtre national.. Les ensembles orchestraux de
l'Opéra Mariinsky (Russie), de l'Opéra de Toulouse (France), du Théâtre
national de Grèce, ainsi que l'Orchestre Philharmonique de Londres,
joueront sous la baguette de cinq grands chefs d'orchestre quelques uns
des plus beaux airs du répertoire.
Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22
décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles,
qui durera jusqu'au 6 avril 2008.
Outre les artistes étrangers, le Grand théâtre
permettera aux artistes chinois d'avoir l'occasion de se faire connaître.
Les spectateurs pourront ainsi découvrir 14 programmes donnés par des
troupes shanghaiennes.
La saison attache aussi beaucoup d'importance à l'art
national. La pièce « La Concubine impériale de la dynastie Tang », que le
grand maître de l'opéra de Beijing Mei Lanfang chorégraphia, sera
interprété par Mei Baojiu, fils de Mei Lanfang, et d'autres artistes. Ils
feront partager au public le style original de l'école Mei. Il est à noter
que cet opéra s'inspire de l’opéra occidental et mêle une variété de
styles artistiques chinois, dont la danse à cheval, la danse à l'épée et
l'acrobatie.
Le Grand théâtre national de Beijing donnera le 22
décembre 2007 le coup d'envoi de la saison internationale de spectacles,
qui durera jusqu'au 6 avril 2008.
La saison internationale de spectacles du 22 décembre
2007 au 6 avril 2008 au Grand théâtre national. Adresse : 2, rue Xi
Chang'an Jie, arrondissement Xicheng, Beijing. Renseignements : 010.
66.55.00.00
Actualité musicale du 22 novembre 2007
Les 50 bougies de
« West Side Story » à Paris
Cinquante ans, autant de représentations: le Théâtre du
Châtelet à Paris s'est mis mardi soir à l'heure de « West Side Story »
pour le jubilé de ce spectacle musical américain fondateur, sous la
signature « originale » du compositeur Leonard Bernstein et du chorégraphe
Jerome Robbins.
Le Châtelet avait déjà passé la fin d'année 2006 en
compagnie de Bernstein, là encore pour un cinquantième anniversaire, celui
de la création de « Candide ».
Dans le cadre d'une tournée européenne, après Vienne et
avant Zurich, le théâtre parisien accueille cette fois jusqu'au 1er
janvier 53 représentations d'une production qui a reçu l'aval des
sourcilleux ayants-droit de Robbins et Bernstein, et peut ainsi se
prévaloir du titre « West Side Story, l'original ».
Cinquante après sa création à Washington (19 août 1957)
puis New York (26 septembre), ce « musical » (spectacle alternant
dialogues et passages chantés, avec des musiciens en fosse et une troupe
de comédiens-chanteurs-danseurs sur scène) n'a rien perdu de sa force et
de son pouvoir de séduction.
L'oeuvre vaut toujours pour son sujet en forme de
message de tolérance, cette histoire de Roméo (Tony) et Juliette (Maria)
transposée en pleine guerre des gangs (Jets d'origine européenne et Sharks
portoricains), à New York (Upper West Side), dans les années 1950.
En 1957, Broadway n'était pas préparé à un « musical »
qui finit mal, dose savamment comédie et drame, et abolit toute hiérarchie
entre théâtre, musique et danse, portée par une « dream team » en osmose
(outre Bernstein et Robbins, Stephen Sondheim pour les paroles et Arthur
Laurents pour le livret).
Un demi-siècle plus tard, le public parisien ne boude
pas son plaisir devant la mise en scène et l'adaptation chorégraphique
réalisées par Joey McKneely, qui reste fidèle à la danse très active de
Robbins, servie par des interprètes virtuoses.
Très professionnel dans son exécution, le spectacle
reste cependant un peu sage et froid, impression renforcée par le décor
métallique (escaliers, coursives) propret de Paul Gallis.
L'invention mélodique (« Tonight », « Maria », « I feel
pretty »...) et rythmique de Bernstein, son écriture très colorée, sont
desservis par une sonorisation manquant de subtilité et un orchestre
(dirigé par Donald Chan) à l'avenant.
Parallèlement aux représentations du Châtelet, Deutsche
Grammophon (Universal) a choisi de rééditer l'enregistrement de « West
Side Story » dirigé en 1984 par le compositeur, à la tête d'une luxueuse
distribution (Kiri Te Kanawa, José Carreras, Marilyn Horne...).
De son côté Decca, autre label Universal, vient de
publier une nouvelle gravure de l'oeuvre, dans une veine plus glamour et
sirupeuse, par des artistes « cross-over » (Hayley Westenra, Vittorio
Grigolo).
La Filmothèque du Quartier latin à Paris projettera à
partir de mercredi le film aux dix Oscars tiré en 1961 du « musical » par
Robert Wise et Jerome Robbins, avec Natalie Wood.
Enfin, Actes Sud/Classica a fait paraître le premier
essai consacré à Bernstein en français, sous la plume de Renaud Machard,
critique au quotidien Le Monde et fin connaisseur de la musique
américaine.
De nombreux musiciens
rendront hommage à Mamadou Konté
Manu Dibango, Passi, Toure Kunda, Omar Pene, Kasse Mady
font partie des nombreux musiciens qui rendront samedi à Paris (La Cigale)
un hommage musical à Mamadou Konté, une personnalité ayant oeuvré pour la
promotion des musiques africaines et décédée en juin à Dakar.
Les bénéfices de cette soirée aideront à la création du
Prix Mamadou Konté, dont le premier lauréat devrait être désigné en
novembre 2008 par l'association Tringa Musiques, créée par Mamadou Konté à
Dakar en 1994.
Diverses musiques (rap, soukouss, afro-beat, mbalax,
bikutsi, mandingue...) seront interprétées au cours d'une soirée dont le
maître d'oeuvre sera Cheikh Tidiane Seck (claviers, arrangements),
musicien mandingue réputé.
Mamadou Konté était bien connu de ceux qui
s'intéressent de près à la culture africaine. Arrivé en France dans les
années 60 comme ouvrier immigré, ce Malien d'origine, très entreprenant,
avait créé Africa Fête, un festival organisé de 1978 à 1998 et une
association d'organisation de concerts et de management d'artistes.
Fait Chevalier des Arts et des Lettres par la France en
1992, il était parti vivre à Dakar en 1994.
La tournée d'adieux de
Nana Mouskouri fait escale
au Palais Garnier
La chanteuse Nana Mouskouri se produira samedi pour la
première fois sur la scène du Palais Garnier, dans le cadre d'une tournée
mondiale d'adieux entamée en 2005 et qui se terminera l'an prochain en
Grèce, son pays natal, « comme un retour aux sources », a-t-elle indiqué à
l'AFP.
Cet unique concert parisien sera donné au profit de la
Fondation Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France présidée par Bernadette
Chirac.
Ambassadrice de bonne volonté de l'Unicef et ancienne
députée européenne (1994-1999), Nana Mouskouri, 73 ans, a débuté sa
carrière en 1958 après 8 années de formation (chant classique et harmonie)
au Conservatoire de musique d'Athènes (Grèce) qu'elle a intégré à l'âge de
quinze ans avec sa soeur.
Selon sa maison de disques (Mercury/Universal), Nana
Mouskouri a vendu plus de 350 millions de disques dans le monde (simples
et albums confondus), en douze langues. L'an dernier, la Sacem (Société
des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) lui a décerné le Grand
prix de la chanson française à l'étranger.
« Il faut savoir partir en laissant de beaux souvenirs.
J'ai eu une vie extraordinaire. Cette tournée d'adieux, je l'ai voulue
joyeuse car c'est d'abord une tournée de gratitude. Tant que je suis bien,
je veux remercier le public de m'avoir écoutée et aimée toutes ces années
», confie à l'AFP Nana Mouskouri qui vient de publier une autobiographie,
« La fille de la chauve-souris » (XO Editions).
« Avec ma voix, j'ai eu un cadeau du ciel et j'ai su
bien m'en servir sans faire de concessions. Je n'ai jamais été une
material girl! J'ai chanté avec mon âme et ma sincérité. J'ai beaucoup
travaillé mais j'ai aussi connu la plus belle époque du disque et la
chance de chanter rapidement dans le monde entier », ajoute la
chanteuse.
Sur son mandat de députée européenne, représentant les
couleurs de la Grèce, Nana Mouskouri exprime une petite déception : « je
n'avais pas les moyens nécessaires et il fallait rentrer dans le système.
C'est pour cela que je suis partie. On peut être utile dans la vie sans
faire de la politique ».
Après les Etats-Unis, l'Australie et l'Europe, sa
tournée d'adieux, « Farewell Tour », la conduira en Asie dans les
prochains mois, avant un final prévu à Athènes. Cet adieu orchestré à la
scène ne mettra pas fin immédiatement à sa carrière : Nana Mouskouri
publiera un nouvel album en 2008.
Le danseur-chorégraphe Bill T. Jones,
s'inspire des sculptures du Louvre
Le danseur et chorégraphe américain Bill T. Jones est
l'invité du programme de danse du 36e Festival d'automne à Paris pour
lequel il a créé, mardi soir, une pièce inspirée par certaines sculptures
et perspectives de deux galeries du Musée du Louvre.
Pour ce solo exceptionnel de 50 minutes, « Walking the
line », redonné jeudi et samedi en soirée, il est soutenu par le chant
très pur de la Tibétaine Yungchen Lhamo, les percussions inspirées par les
musiques d'Extrême-Orient du Français Florent Jodelet et les lumières de
Robert Wierzel.
L'artiste allemand Anselm Kiefer, auquel le Louvre a
demandé une oeuvre pour décorer un escalier du département des Antiquités
égyptiennes, est à l'origine de l'invitation faite à Bill T. Jones
d'animer sur le thème des « frontières » des espaces du Musée.
Le spectacle du danseur-chorégraphe, qui chante aussi,
se déploie sur un tapis rouge, dans l'enfilade de galeries de sculptures
avec, en fond de décor, l'« Esclave enchaîné » de Michel-Ange. Le public
est convié à apprécier cette perspective assis sur les escaliers au pied
de la Victoire de Samothrace.
Les attitudes des sujets de la statuaire romaine
éclairés latéralement, autant que le chant et les percussions dans le
lointain ou près du public, inspirent à Bill T. Jones une grande variété
de mouvements (ondulations, pauses, etc.).
A 55 ans, le danseur-chorégraphe américain a conservé
un corps athlétique, une élasticité des bras et des jambes qui forcent
l'admiration. Les années ont davantage durci les traits du visage, que
parfois le chant de Yungchen Lhamo illumine littéralement.
Festival de danse de Cannes :
Maguy Marin et Sidi Larbi Cherkaoui
en création
Le Festival de danse de Cannes (Alpes-maritimes)
tiendra à partir de vendredi et jusqu'au 1er décembre sa 16e édition,
riche de 15 spectacles, dont la création mondiale d'une pièce de Maguy
Marin et la première française d'une oeuvre du Belge Sidi Larbi
Cherkaoui.
Biennal depuis 1993, ce grand rendez-vous
chorégraphique de l'automne, qui a accueilli 150 compagnies depuis sa
création en 1984, reflètera une nouvelle fois la diversité des courants de
la danse contemporaine.
Le temps fort de la manifestation sera la première
mondiale, le 26 novembre au Palais des festivals, de « Turba », la
dernière pièce du centre chorégraphique national (CCN) de Rillieux-la-Pape
(Rhône), réglée par sa directrice Maguy Marin et mise en musique par Denis
Mariotte.
Le festival donnera trois jours plus tard (29 novembre)
la création française d'« Apocrifu », pièce scellant la rencontre entre
l'inventive danse flamande de Sidi Larbi Cherkaoui et les polyphonies
corses de l'ensemble vocal A Filetta.
En coproduction, la manifestation dirigée par Yorgos
Loukos — directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon — présentera une
performance du collectif Loge 22 (« Compresse et réduction ») et « Look
white inside » de The Guests Company, basée en région lyonnaise.
La biennale cannoise accueillera en outre des
spectacles en tournée du Ballet national de Marseille, de l'Espagnol
Israel Galvan, des virtuoses hip-hop lyonnais de Pockemon Crew, de
l'Aixoise Josette Baïz ou encore de l'Israélien Emanuel Gat, désormais en
résidence à Istres (Bouche-du-Rhône).
Le Festival de danse de Cannes a accueilli 12.000
spectateurs en 2005.
Proposition du ministre italien de la
Culture
pour sortir du conflit de la Scala
Le ministre italien de la Culture Francesco Rutelli a
annoncé mercredi à Milan avoir fait une proposition aux syndicats et au
patron de La Scala pour mettre fin au conflit qui menace l'ouverture de la
saison 2007/08 le 7 décembre.
« J'ai envoyé une lettre aux représentants des
syndicats et au surintendant de la Scala (le Français Stéphane Lissner,
ndlr) dans laquelle je fais une proposition », a déclaré le ministre, cité
par l'agence Ansa.
Il a refusé de dévoiler le contenu de la lettre, ses
destinataires « devant d'abord en prendre connaissance ».
M. Rutelli s'est contenté d'indiquer que sa lettre
contenait des « propositions, des disponibilités et des demandes » du
ministère, espérant que « le bon sens va prévaloir ».
Le conseil d'administration de la Scala avait demandé
lundi au ministère de la Culture la possibilité de négocier directement
avec les salariés du théâtre leurs conditions de salaire et de travail
afin de mettre fin au conflit social qui a déjà donné lieu à deux jours de
grève.
Les personnels de la Scala se sont mis en grève les 9
et 17 novembre pour protester contre le non-renouvellement de leur
convention collective, ce qui a entraîné l'annulation de trois
représentations.
La direction du théâtre milanais avait expliqué qu'elle
devait attendre la conclusion d'un accord au niveau national sur une
nouvelle convention collective avant de discuter avec les salariés de la
Scala.
Les dernières grèves suscitent des craintes pour
l'ouverture de la saison 2007-2008 qui verra une représentation du Tristan
et Iseult de Richard Wagner, dirigé par le chef d'orchestre
israélo-argentin Daniel Barenboim dans une mise en scène du Français
Patrice Chéreau.
Alfred Brendel annonce sa retraite
après une soixantaine d'année de carrière
Le célèbre pianiste Alfred Brendel, qui a
magnifiquement interprété les plus grandes oeuvres de Mozart, Beethoven ou
Schubert depuis une soixantaine d'années, prendra sa retraite l'an
prochain, a déclaré son agent.
Le pianiste autrichien, qui aura 77 ans en janvier,
donnera son dernier concert le 18 décembre 2008 à Vienne (Autriche). Il
jouera avec l'orchestre philharmonique de Vienne le concerto pour piano
numéro 9 de Mozart, dit « jeune homme ».
« Il joue au meilleur de sa forme. Il est en parfaite
santé et il souhaite partir au sommet de son jeu », a affirmé son agent
Josephine Hemsing.
Actualité musicale du 23 novembre 2007
Le dieu de la danse est mort
Le chorégraphe français Maurice Béjart , qui a su mettre la danse à la
portée d'un large public, est décédé à l'âge de 80 ans dans la nuit de
mercredi à jeudi à Lausanne, où il a conclu sa prolifique carrière.
Il « est sans doute déja en train de faire danser
les étoiles », a réagi l'ancien danseur étoile Patrick Dupond. « Le
dieu de la danse est mort », a dit pour sa part la célèbre ballerine
italienne Carla Fracci, 71 ans.
Pour son 80e et dernier anniversaire, Maurice Béjart
avait créé à Lausanne une « vie du danseur, racontée par Zig et Puce
», un retour sur ses principales créations en forme de « méli-mélo »
malicieux.
L'affiche du spectacle était barrée d'un
« Amor-4-Vingt » : une manière de proclamer que le maître aura
toujours (quatre fois) vingt ans...
Le chorégraphe du « Boléro » de Maurice Ravel
(1960) disait ne pas craindre la mort car « elle est une certitude ».
« Je crois que l'on meurt toujours à temps (...) Le temps est compté
différemment pour chacun, mais on meurt à temps », avait-il déclaré à
l'agence de presse suisse ATS.
L'artiste, qui était en très mauvaise santé depuis
plusieurs années, avait été hospitalisé la semaine dernière afin de suivre
un traitement cardiaque et rénal « strict » qui devait durer
plusieurs semaines. Il avait déjà été admis à l'hôpital le mois précédent,
officiellement pour se remettre d'un « coup de fatigue ».
Malgré sa santé défaillante, le créateur de quelque 140
chorégraphies a suivi quotidiennement jusqu'à son hospitalisation les
activités de sa compagnie du Béjart Ballet de Lausanne (BBL), qu'il
dirigeait depuis 1987.
Maurice Béjart a encore quitté brièvement l'hôpital
pour assister quelques jours avant sa mort à la répétition de son dernier
spectacle, le « Tour du Monde en 80 minutes » dont la première
mondiale est programmée pour le 20 décembre à Lausanne. Le spectacle
devrait ensuite venir à Paris, puis en tournée mondiale.
La survie de la compagnie et de l'école du BBL est
assurée par contrat pour les trois ans à venir, a indiqué la Ville de
Lausanne.
Le Béjart Ballet Lausanne était le dernier avatar d'une
troupe née à Paris en 1954 avant d'émigrer pendant 27 ans à Bruxelles où
l'ensemble avait pris la forme du « Ballet du XXe siècle ».
Avec des mises en scènes parfois extravagantes, Maurice
Béjart a emporté l'adhésion du public et l'a familiarisé, non sans mal, à
la danse contemporaine comme à la musique concrète.
Né le 1er janvier 1927 à Marseille, Maurice Berger (qui
devait plus tard adopter, en hommage à Molière, le nom de famille de
l'épouse de celui-ci, Armande Béjart) est le fils du philosophe Gaston
Berger, qui fut membre de l'Institut.
Après une licence de philosophie -pour cet adepte de
Nietzsche, le ballet était un « Gai savoir »-, il avait abandonné ses
études pour se consacrer à la danse, découverte à l'âge de 14 ans sur les
conseils de son médecin pour « fortifier son corps malingre ».
Après une formation classique à Londres et à Paris, il
avait signé sa première chorégraphie en 1952 pour un film suédois,
« L'oiseau de feu », dont il est le premier interprète.
Dénonçant rapidement un art « coupé des masses »,
Maurice Béjart a innové avec « Symphonie pour un homme seul » (1955),
sur la musique d'avant-garde de Pierre Henry et Pierre Schaeffer.
« On m'avait dit : 'vous allez faire fuir les gens' », se souvenait
Maurice Béjart.
Le chorégraphe disait ne pas avoir « eu honte de
faire beaucoup de mauvais ballets ». « Sur la quantité, on jette, il
n'y en a pas beaucoup qui sont bons, peut-être cinq ou six choses qui ne
sont pas trop mauvaises », expliquait-il.
Le chorégraphe gardait une certaine rancoeur envers la
France, qu'il avait quittée en 1960 pour s'établir à Bruxelles. « Je
n'ai jamais reçu un centime du gouvernement français », rappelait-il.
« Avec l'Opéra de Paris, c'était un peu je t'aime,
moi non plus », a rappelé la directrice de la danse de l'Opéra Brigitte
Lefèvre.
Africolors : musiques d'Ethiopie
et hip hop africain pour la 19e édition
Le festival Africolors met le cap sur l'Ethiopie et
s'ouvre pour la première fois au hip hop africain, en restant fidèle aux
musiques maliennes, de l'Océan Indien et des Caraïbes, pour sa 19e édition
du 24 novembre au 23 décembre en Seine-Saint-Denis.
Trois soirées (19, 20, 21 décembre) seront vouées à
l'Ethiopie, avec le « crooner abyssin » Mahmoud Ahmed, figure
emblématique du « swinging Addis », ce mouvement musical qui enflamma
les nuits de la capitale éthiopienne de 1968 à 1975.
Cette « éthio-pop », mélange de phrasés locaux et
de pop occidentale aux accents soul-jazz et groove, a fait des émules en
Occident: le Badume's Band, un groupe breton, et Le Tigre des Platanes, un
quartette toulousain, également au programme, en sont deux exemples.
Le saxophoniste Getatchew Mekuria, un autre héritier de
cette époque bénie, sorte d'Archie Shepp local qui reproduit au sax ténor
les chants traditionnels éthiopiens, est aussi à l'affiche.
Le hip hop africain fait son apparition avec le slameur
congolais Apkass et Tata Pound, trio vocal de rappeurs de Bamako.
Ces ouvertures n'empêchent pas la fidélité d'Africolors
aux musiques de l'Océan Indien, d'Afrique de l'Ouest et des Caraïbes, qui
font sa réputation.
L'ombre de Danyel Waro, la grande voix du maloya
réunionnais, planera avec la présence de son neveu, Jean-Didier
Hoareau.
Autres groupes de l'Océan Indien à l'affiche: Lindigo,
qui déterre les racines malgaches du maloya, et Ousanousava, groupe très
apprécié par la communauté réunionnaise, qui mélange sega et maloya.
Djelimady Tounkara, guitariste virtuose, ancien pilier
du Super Rail Band de Bamako, les chanteuses Fanta Disco et Ramata
Diakité, défendront les couleurs des chatoyantes mélodies du Mali,
mandingues, bambaras ou wassoulou.
Direction Caraïbes le 22 décembre avec une création
autour des cérémonies vaudou d'Haïti, composée par le saxophoniste
Jean-Marie Guédon.
Africolors poussera jusqu'en Amérique du Sud, avec la
Brésilienne Renata Rosa (chant et rabeca, petit violon), ambassadrice des
musiques traditionnelles du Nordeste (samba de coco, toré, forro...).
Le Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, fief
d'Africolors avant que le festival essaime dans le département (20
soirées, 18 salles, 16 villes cette année), sera le cadre du concert de
clôture, consacré aux musiques soufi.
Grève à l'Opéra de Paris :
« Casse-Noisette » supprimé, 14e annulation
L'Opéra national de Paris a annoncé qu'il ne jouerait
pas le ballet « Casse-Noisette » de Noureev jeudi soir à Bastille, ce
qui constitue la 14e annulation de représentation depuis le 18 octobre,
premier jour de grève contre la réforme des régimes spéciaux de
retraite.
La première de la reprise d'« Alcina » de Haendel
au Palais Garnier, qui signe les débuts à l'Opéra de Paris du chef baroque
Jean-Christophe Spinosi, aura en revanche bien lieu jeudi soir, mais
« éventuellement dans un dispositif allégé au niveau des décors », a
précisé la direction.
« La réunion tripartite (Etat-direction-syndicats)
s'est déroulée de façon constructive mercredi, ce qui me laisse espérer
une issue favorable du fait de négociations bien engagées », notamment
avec la CGT, FO et la CFDT, a déclaré à l'AFP le directeur des ressources
humaines de l'Opéra, Dominique Legrand.
Mais les organisations minoritaires Sud et FSU
« ne sont pas dans la même dynamique », selon M. Legrand, et
maintenaient jeudi leur préavis de grève courant jusqu'au 30 novembre.
En conséquence, les machinistes de l'Opéra Bastille
(2.735 places), bastion de Sud, ont décidé ne pas monter le plancher de
danse, sans lequel la représentation de « Casse-Noisette » ne peut
avoir lieu.
« Je suis très inquiet pour les personnels de
cette crispation, qui est le fait d'une minorité au sein de l'Opéra », a
expliqué M. Legrand, relevant qu'une partie des propositions de Sud sont
« en contradiction avec le projet gouvernemental (de réforme) et donc
inacceptables en l'état ».
Les personnels de l'Opéra de Paris (1.680 salariés
permanents) bénéficient de l'un des plus anciens régimes spéciaux de
retraite, qui devait favoriser le renouvellement des effectifs de la
compagnie et préserver ainsi son excellence artistique.
Créé en 1698 par Louis XIV, ce régime offre une
ouverture des droits à 40 ans pour les danseurs du ballet, 50 pour les
artistes des choeurs, 55 pour les techniciens de plateau sans horaires
fixes et 60 pour les musiciens de l'orchestre.
La direction a proposé aux syndicats un
« aménagement de la réforme » avec notamment une amélioration des
fins de carrière, l'ouverture de comptes épargne-temps et des mesures
spécifiques aux artistes.
La vitalité du Festival
de la musique européenne
au Vietnam
Le Festival de la musique européenne 2007, nouvelle
édition du Festival de jazz, doit se dérouler à partir du 22 novembre
jusqu'au 3 décembre au Théâtre de la Jeunesse à Hanoi et au Conservatoire
de la mégapole du Sud.
Ce festival musical débutera par un concert du Groupe
de musique électronique Vert. L'Allemand Adam Butler, accompagné de 3
musiciens vietnamiens, fusionne tous les aspects de la musique
électronique afin de créer son propre style, ce qui lui permettra sans
aucun doute de surprendre les spectateurs ce soir au Théâtre de la
Jeunesse à Hanoi et mardi prochain au Conservatoire de Hô Chi
Minh-Ville.
Venue de Bulgarie, la chanteuse Roberta se produira ce
vendredi à Hanoi. Jusqu'ici, grâce à sa maturité professionnelle et son
talent exceptionnel, elle a remporté de nombreux prix lors de festivals
internationaux.
Quant au trio originaire de Wallonie-Bruxelles, Grande,
pour sa soirée à Hanoi ce samedi, il a concocté un programme consistant en
un mélange effervescent de notes et de tonalités originales afin de
produire chez les mélomanes vietnamiens de grandes émotions.
Le 29 novembre au Théâtre de la Jeunesse, ce sera le
tour du groupe autrichien Sweet Suisie qui proposera certainement au
public hanoien, sa vision innovante de la musique électronique.
Parmi les 7 groupes européens participants à ce
festival, figure le quatuor français de Pierrick Pedron. Arrivé très tôt
dans le monde du jazz, Pierrick Pedron en est un des meilleurs
représentants. Il sera accompagné de Franck Agulhon (percussions), Patrick
Cabon (piano) et Thomas Bramerie (contrebasse) et fascinera sans aucun
doute le public. Ils joueront à Hanoi le lendemain de la prestation de
Sweet Suisie.
Venu du Luxembourg, le quintette de jazz Largo souhaite
partager, samedi prochain avec le public hanoien et le 3 décembre prochain
avec les saigonnais, son propre jazz : un savoureux mélange rythmique, à
la fois vivant et souple.
Enfin, ce sont les rockeurs danois de Moi Caprice qui
clôtureront ce festival à Hanoi. Leur musique, grandiose et théâtrale,
exprime toujours un désir ardent d'amour et d'expérience de la vie. Ce
quatuor, parmi les meilleurs groupes de rock danois du moment, remplira
sans peine la salle du Théâtre de la Jeunesse.
En outre, en marge du Festival de la musique
européenne, des rencontres entre les jazzmen vietnamiens et leurs
confrères internationaux auront lieu les 24, 28 et 29 novembre au Club de
jazz de Hanoi, au 31, rue Luong Van Can. Par ailleurs, une soirée
consacrée à la musique électronique avec des DJ reconnus venant
d'Allemagne, d'Autriche, du Vietnam, de Malaisie, de Singapour et des
Philippines, aura lieu le 1er décembre à Hanoi, au Centre d'expositions
Vân Hô.
Nul doute que lors de cette nouvelle édition du
festival, les mélomanes vietnamiens pourront découvrir les nouvelles
évolutions de la musique européenne. Placée sous les auspices du ministère
vietnamien de la Culture, du Sport et du Tourisme et de la Délégation de
la Commission européenne au Vietnam, cette manifestation exceptionnelle
amènera également un échange entre artistes, mais aussi entre le public et
les artistes.
Entrée libre sur invitation disponible à l'institut
Goethe, 56-58, rue Nguyên Thai Hoc, à l'Espace-Centre culturel français,
24, rue Tràng Tiên, et au British Council, 40, rue Cat Linh (Hanoi), et à
l'institut Goethe, 99, rue Nguyên Thi Minh Khai (1er arrondissement de Hô
Chi Minh-Ville). (Nhât Minh/CVN 22/11/2007)
Actualité musicale du 24 novembre 2007
24 novembre 2007, 18h
Toulouse, Théâtre du Capitole de Toulouse
Choeur du Capitole
Ensemble instrumental
du Conservatoire National
de Région de Toulouse
Patrick Marie Aubert, dir.
Paul Dukas (1865 – 1935) Fanfare pour précéder La
Péri
Lili Boulanger Psaume XXIV
Igor Stravinsky Messe
Kurt Weill Berliner Requiem
Philippe Fénelon Ich lasse dich nicht d’après Faust (première audition)
« Maurice Béjart, chorégraphe belge »: voilà ce
que Béjart, brouillé avec sa France natale et très attaché à la Belgique
où il avait passé 30 ans, aurait voulu voir écrit dans le dictionnaire
universel de la danse.
Dans une lettre écrite un peu plus d'un mois avant sa
mort et publiée jeudi par un de ses proches, l'écrivain belge Michel
Robert, il exposait les raisons pour lesquelles il voulait devenir citoyen
belge.
« Si je demande aujourd'hui ma naturalisation
belge, c'est parce que je me suis toujours senti proche de la Belgique,
bien plus proche que de la France qui est pourtant le pays où je suis né
», écrivait-il dans cette lettre qu'il destinait au consulat de Belgique à
Genève.
« J'ai vécu en Belgique la plus longue période de
ma vie, 30 ans! », rappelait-il au sujet de son travail de 1960 à 1987 au
Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles.
« Je pense qu'aujourd'hui est venu le temps
d'officialiser cette relation indéfectible. Que je puisse enfin lire dans
les dictionnaires et les biographies qui me sont consacrées, Maurice
Béjart, chorégraphe belge, c'est là mon souhait le plus sincère »,
concluait-il.
En lui demandant de suivre une procédure de
naturalisation en Belgique, Maurice Béjart avait dit à Michel Robert:
« Je ne désire pas qu'à ma mort le qualificatif français soit accolé
au mot chorégraphe ».
Interrogés par l'AFP, les services de naturalisation
belges n'ont pu immédiatement confirmer avoir reçu sa demande, rendue
caduque en tout état de cause par son décès.
Dans sa lettre, le chorégraphe décrivait aussi son
amour pour Bruxelles, pour la Wallonie et la Flandre, « Ostende où
j'adore aller respirer son air revigorant et admirer son ciel obscur
».
Ostende et ses immenses plages de sable, où il a
exprimé le voeu que ses cendres soient dispersées, a encore confié Michel
Robert.
Le chorégraphe considérait que c'était en Belgique,
entre 1960 et 1970, qu'il avait créé les oeuvres les plus marquantes de sa
longue carrière, a expliqué l'écrivain à l'AFP.
Son célèbre ballet « Le Sacre du Printemps » y
avait reçu un accueil triomphal.
Béjart gardait une rancoeur envers la France, qu'il
avait quittée pour s'établir à la Monnaie, y fondant son Ballet du XXe
siècle, avant qu'un différend avec le Belge Gérard Mortier ne l'en fasse
partir pour Lausanne en 1987.
« Je n'ai jamais reçu un centime du gouvernement
français », rappelait-il.
En 1970, il avait aussi créé à Bruxelles l'Ecole Mudra,
dont sortiront de nombreux danseurs et chorégraphes de renom comme la
chorégraphe belge la plus renommée aujourd'hui, Anne Teresa de
Keersmaeker.
Théo Van Rompay, directeur adjoint de « P.A.R.T.S
», l'école que la chorégraphe a elle-même créée en 1995, huit ans après la
disparition de Mudra, a reconnu l'influence de Béjart.
« Il a donné une âme aux danseurs. En leur
permettant d'exprimer leur sensibilité, au travers d'une approche
nouvelle, plus physique, moins hiérarchique, moins dogmatique ».
Selon M. Robert, Maurice Béjart avait exprimé son
inquiétude au sujet de la Belgique, qu'une longue crise politique secoue
depuis juin dernier.
« Et notre gouvernement, quand l'aura-t-on?
» avait-il demandé, ajoutant: « si cela peut-être utile, dîtes
là-bas que je suis Belge ».
L'écrivain, qui a déjà écrit deux livres en
collaboration avec Béjart, était en train d'achever avec le grand
chorégraphe « un ouvrage faisant la synthèse de son oeuvre et de sa
vie, qui devrait paraître en février ou mars 2008 ».
A Lausanne, le Ballet Béjart
promet de poursuivre l'oeuvre du maître
Le Ballet de Lausanne n'a pas cessé depuis 20 ans
d'être au centre de l'attention de Maurice Béjart, et ses danseurs, sous
le choc après l'annonce du décès du chorégraphe, se disaient décidés jeudi
à continuer de porter son oeuvre.
La nouvelle du décès a bouleversé les 35 danseurs de la
compagnie installée par Maurice Béjart en 1987 dans la cité helvétique.
Mais les répétitions se poursuivaient jeudi malgré la disparition de
l'artiste qui passait le plus clair de son temps au milieu des
danseurs.
« C'est terrible, mais il disait toujours: 'the
show must go on' (le spectacle doit continuer). Alors on continue »,
confie Carlos Lainez, un des 40 élèves de l'Ecole-Atelier ouverte par
Béjart en 1992 au sein de sa compagnie lausannoise.
Dans la cafétéria où « Maurice » déjeunait tous
les jours avec la troupe, une dizaine d'étudiants prennent un repas en
silence, l'air grave et les yeux rougis.
« Il était très présent, on le voyait tout le
temps », rapporte Carlos, qui, à 22 ans, est arrivé d'Espagne cette année
pour étudier deux ans chez l'homme aux 140 ballets.
Maurice Béjart aura assisté jusqu'au bout aux
répétitions de sa dernière création, le « Tour du Monde en 80 minutes
», qu'il voyait comme une sorte de clin d'oeil à ses 80 ans, dont 53 d'une
vie de chorégraphe.
Le malade a encore quitté brièvement l'hôpital pour
assister quelques jours avant sa mort à une répétition, a rapporté la
directrice de la culture de la Ville de Lausanne, Silvia Zamora.
La première est programmée pour le 20 décembre à
Lausanne. Le spectacle doit ensuite partir à Paris, puis en tournée
mondiale.
« Le calendrier est plein jusqu'à la fin de 2008
», assure Emmanuel de Bourgknecht, administrateur du Béjart Ballet
Lausanne (BBL). « Le souhait le plus cher de Maurice, c'était que
l'on continue de défendre son oeuvre ».
Même si le chorégraphe avait « totalement
conscience de son état », « il espérait voir la première du 'Tour du
Monde', mais son corps en a décidé autrement », regrette M. de
Bourgknecht.
La première sera fortement chargée d'émotion,
prévoit-il. « Ce sera la première fois qu'il ne sera pas à l'appel
».
Maurice Béjart était un « travailleur hors pair »,
rappelle l'administrateur du ballet. « Ce qu'il détestait le plus,
c'était les jours de congé. Il était heureux en studio, dans un théâtre,
avec sa compagnie. C'était toute sa vie. Il a travaillé jusqu'au bout
comme il en avait envie ».
Le directeur adjoint du Ballet, Gil Roman, qui doit
prendre la succession du chorégraphe, a eu la lourde tâche d'annoncer la
nouvelle à la troupe. « Tout le monde était bouleversé, sous le choc
», rapporte Kellie Richardson, une étudiante australienne. A 18 ans, cette
blonde toute fine considère comme « un honneur extraordinaire »
d'étudier à Lausanne.
Le BBL est le dernier avatar d'une troupe née à Paris
en 1954 avant d'émigrer à Marseille puis Bruxelles sous l'appellation de
« Ballet du XXe siècle ».
L'avenir de la compagnie est assuré par contrat pour
les trois ans à venir, a indiqué Mme Zamora, de la mairie de Lausanne,
tout en remarquant que la mort de Maurice Béjart est « un tournant
pour donner une impulsion nouvelle et repenser les choses ».
Lausanne accorde chaque année au BBL une subvention de
quatre millions de francs suisses (2,5 millions d'euros).
Quand Béjart se faisait expulser
du Portugal de Salazar
Le chorégraphe Maurice Béjart, décédé jeudi à 80 ans,
s'était fait expulser du Portugal en juin 1968 par le régime d'Antonio
Salazar pour avoir, après un spectacle, dit son opposition aux dictatures,
a rapporté l'agence Lusa.
Le 6 juin 1968, raconte Lusa, le rideau à peine tombé
après une représentation de « Roméo et Juliette » au Coliseu de
Lisbonne, Maurice Béjart revient sur scène pour annoncer l'assassinat de
Robert Kennedy, candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle
américaine.
« Robert Kennedy a été assassiné... Il a été
victime de la violence et du fascisme (...) Comme tous ceux qui sont ici
ce soir, nous sommes contre les dictatures... Je demande une minute de
silence », déclare le chorégraphe, cité par le Diario de Lisboa, quotidien
aujourd'hui disparu.
Selon Lusa, cette minute de silence a été suivie par 20
minutes d'applaudissements d'un public en délire.
Plus tard dans la soirée, la police politique du régime
de Salazar, la PIDE, se présentait à l'hôtel où logeait la troupe et
emmenait Béjart pour l'escorter jusqu'à la frontière espagnole. « Un
endroit désert », s'était alors plaint Béjart.
En 1974, peu après la révolution des Oeillets, qui a
mis fin à plus de quarante années de dictature au Portugal, Maurice Béjart
était revenu présenter « Romeo et Juliette » dans cette même salle du
Coliseu.
Vingt ans plus tard, en 2004, le chorégraphe, de retour
au Portugal avec sa compagnie, déclarait à propos de l'incident de juin
1968: « j'ai dit ce que j'avais à dire... Le monde a tellement de
problèmes dans tellement de pays que ma petite histoire n'est pas si
importante ».
Décès de Maurice Béjart :
réactions de Carolyn Carlson
et 'Alicia Alonso
Carolyn Carlson, directrice artistique du Centre
chorégraphique national de Roubaix, au décès du chorégraphe Maurice Béjart
: « La disparition de Maurice Béjart laisse un sentiment de grande
perte en ce monde. Être unique, génie de la danse, sa présence irradiante
nous manquera profondément. Dans le respect dû à un maître révéré, son
témoignage vivant demeurera toujours en nous, à l'image du créateur,
chorégraphe, inspirateur, qu'il fut. L'un des plus fabuleux artistes de
notre siècle ».
La légende de la danse classique cubaine Alicia Alonso
a regretté jeudi la mort du Français Maurice Béjart qu'elle a qualifié
d'un « des plus grands chorégraphes de tous les temps » et de
« philosophe de son art », selon un communiqué diffusé à La
Havane.
Avec le décès de M. Béjart, la danse « perd un
immense créateur, l'un des plus grands chorégraphes de tous les temps. Ce
fut un artiste à l'imagination prodigieuse qui, en plus, était un
philosophe de son art », a déclaré Mme Alonso, 86 ans, directrice du
Ballet National de Cuba (BNC) qu'elle a fondé en 1948.
« En Béjart, j'avais trouvé un admirateur et un
ami très cher et le Ballet national de Cuba un amateur enthousiaste. Je
crois que ce créateur laissera une empreinte éternelle dans l'art de la
danse », a estimé Mme Alonso.
Alicia Alonso a rappelé que le chorégraphe et ancien
danseur, décédé à Lausanne (Suisse), à 80 ans, avait effectué une visite
en octobre 1968 dans l'île caraïbe et avait toujours soutenu la compagnie
qui a interprété plusieurs de ses oeuvres.
« Malgré son esthétique innovatrice, il eut
l'intelligence de comprendre et la sensibilité d'aimer la tradition
classique », a ajouté Mme Alonso, en se souvenant des louanges qu'elle
reçut de Béjart en 1970 pour son interprétation de « Giselle ».
LRU : L’appel de l’université Paris VIII
Vincennes-Saint-Denis
Vendredi 16 novembre 2007
Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs et membres du
personnel de l’université affirmons notre opposition catégorique à la loi
dite LRU, notre soutien plein et entier à la mobilisation étudiante et
notre participation à ce mouvement.
Sous couvert « d’autonomie » (de gestion, mais ni
intellectuelle ou scientifique) et afin notamment de favoriser la
constitution de « pôles d’excellence » susceptibles d’améliorer la place
des universités françaises dans le dérisoire « palmarès de Shanghai » (ou
dans la course pour attirer les meilleurs « cerveaux »), cette réforme,
d’inspiration manageriale, vise à amplifier la concurrence entre
établissements du service public d’éducation et de recherche, laquelle
risque à terme de transformer la majorité d’entre eux en « collèges »
universitaires limités au niveau de la Licence, ainsi qu’à déléguer à ces
établissements le soin de gérer le désengagement croissant de l’Etat
concernant leur financement.
Ainsi, et pour faire face à une crise financière déjà
présente, ces établissements sont fortement incités à se lancer sur le
modèle, — apparemment indépassable —, des grandes écoles de commerce et de
sciences politiques, dans la course aux fonds privés qui, par le biais des
déductions d’impôt, deviennent une des portes de l’accès aux ressources
publiques. De même, le recrutement de personnel non statutaire est
vivement encouragé. En effet, la réforme anticipe les difficultés
financières auxquelles seront nécessairement confrontées les universités
qui ne parviendront pas à capter les ressources privées et publiques en
les autorisant à recruter un personnel (enseignant, chercheur et
administratif) sans statut. Nul doute qu’avec ces possibilités nouvelles
de recruter sous contrats privés, les fonctionnaires seront de moins en
moins nombreux dans les universités. Enfin, cette réforme aboutira
inéluctablement à une augmentation progressive des droits d’inscription.
Comme les collectivités territoriales aujourd’hui contraintes d’augmenter
les impôts locaux si elles veulent se donner les moyens de mener une
politique propre, les établissements qui n’intéressent pas directement le
marché de l’emploi privé seront à terme nécessairement conduits à
sélectionner leurs étudiants, et/ou à les solliciter financièrement au
travers d’une augmentation généralisée des droits d’inscription (on parle
de montants tournant autour de 3.000/4.000 euros). Cette augmentation —
officiellement repoussée pour des raisons essentiellement tactiques — est
d’ailleurs réclamée par les parlementaires de l’UMP, comme par la
Conférence des présidents d’université (CPU).
Sous couvert de « bonne gouvernance », qui ouvre
également la porte à une évaluation du personnel par les « résultats »
dont l’efficacité est loin d’être prouvée, cette réforme, réclamée elle
aussi fortement par la CPU, balaye le principe de collégialité ayant
traditionnellement cours à l’université et réduit considérablement le
pouvoir des disciplines dans les recrutements. À ce titre, elle représente
une régression tant démocratique que scientifique. En effet, elle augmente
considérablement le pouvoir des présidents d’université transformés alors
en autant de petits chefs d’entreprise ayant la haute main sur « leur
personnel ». Ainsi, et au travers notamment de la disparition des
anciennes « commissions de spécialistes » et de leur substitution par des
« comités de sélection » ad hoc dont les membres sont proposés par le
président, comme du droit de veto de ces derniers sur les recrutements,
les futurs présidents exerceront un contrôle particulièrement étroit sur
le recrutement de leurs « chers collègues ». Présentés comme un remède au
« localisme » qui affecte beaucoup de recrutements actuels, ces comités de
sélection ne feront pourtant que renforcer les logiques de clientélisme. À
cela s’ajoutent d’autres instruments de « domestication » du personnel,
comme par exemple la définition de la répartition des obligations de
service des enseignants-chercheurs entre enseignement, recherche et
administration par le Conseil d’administration, la délivrance de primes
par le président, la création de « dispositifs d’intéressement », le
recrutement en CDI ou en CDD de personnels administratifs ou enseignants,
etc.
Cette réforme contient donc une remise en cause du
statut national de l’ensemble des personnels universitaires. Concernant
les enseignants-chercheurs, elle est manifestement le prélude à la réforme
de leur statut préconisée par Bernard Belloc, lequel est d’ailleurs
conseiller de l’Elysée pour les affaires universitaires. Dans son rapport,
celui-ci proposait notamment de dissocier les activités d’enseignement et
de recherche en créant un nouveau corps d’enseignant du supérieur faisant
deux fois plus d’heures d’enseignement que les autres. Cette dissociation
de l’enseignement et de la recherche, qui permettra notamment au ministère
de « faire plus avec moins » pour reprendre une expression chère aux
consultants, est congruente avec la division et la hiérarchisation accrue
des établissements évoquée plus haut, et représente aussi une régression
scientifique sans précédent. Car ce qui fait le caractère universitaire
d’un enseignement, c’est qu’il soit délivré par des enseignants qui sont
aussi des chercheurs.
Concernant les critères d’évaluation des universités et
leurs nouvelles missions « d’orientation et d’insertion professionnelle »,
l’évaluation à l’aune de la réussite aux examens des étudiants aura
probablement deux conséquences : les facultés tenteront de recruter
prioritairement les étudiants qui ont le plus de chances de réussir leurs
études (c’est le modèle déjà suivi par l’université Paris IX Dauphine)
et/ou abaisseront le niveau d’exigence aux examens. Les étudiants les
moins « rentables » seront donc « réorientés », bien évidemment pour «
leur bien », notamment au travers du nouveau dispositif « d’orientation
active ». Quand à l’évaluation de la rentabilité par les taux d’insertion
professionnelle de leurs étudiants, elle devrait logiquement inciter les
universités à se mettre au diapason des discriminations qu’opèrent
beaucoup d’entreprises lorsqu’elles embauchent. De ce point de vue, il
deviendra problématique d’accueillir massivement, comme le fait
aujourd’hui Paris VIII, les jeunes issus de l’immigration, les étrangers,
ainsi que les jeunes filles, qui sont plus discriminés sur le marché de
l’emploi (souvent quel que soit leur taux de réussite au diplôme). Mais
chacun et chacune pourra ensuite librement saisir la HALDE (Haute autorité
de lutte contre les discriminations et pour l’égalité)… Notre université
risque donc de ne plus être un lieu de formation, mais un simple centre de
tri.
Loin d’apporter une solution aux problèmes actuels de
l’université française, cette réforme contribuera notamment à amplifier
les inégalités sociales devant les études supérieures au nom d’une
philosophie qui fait de la concurrence un garant de l’adaptation aux «
besoins » des publics. Ainsi, la démocratisation de l’université
(partielle et limitée, mais néanmoins bien supérieure à celle de ces
établissements déjà très « autonomes » que sont les grandes écoles) ne
sera pas renforcée dans le sens d’une démocratisation des « résultats »
(accès de tous à toutes les filières, tous les établissements, et au même
niveau d’exigence), mais dans l’accès à un plus grand accompagnement vers
le marché de l’emploi, au travers notamment de la généralisation des
dispositifs précoces de « professionnalisation » et de la politique des
stages (rarement rétribués…). Cette professionnalisation est d’ailleurs
souvent présentée comme la panacée universelle censée répondre aux maux de
l’université, comme à la demande sociale. Pourtant, il n’y a pas de
véritable réflexion sur l’acquisition des savoirs génériques qui
permettent ensuite les reconversions et la reprise d’études « tout au long
de la vie ». De même, l’importance de la recherche est souvent soulignée
par nos gouvernants (c’est le thème européen et sans cesse rebattu de «
l’économie de la connaissance »). Mais au travers de la politique dite des
« pôles d’excellence », celle-ci est vouée à devenir le privilège d’une
minorité d’établissements, comme d’enseignants-chercheurs. Et on observe
qu’alors, il s’agit d’une recherche de plus en plus instrumentalisée,
phénomène notamment souligné par l’association SLR (« Sauvons la recherche
»). De même, l’« échec » en 1er cycle n’est pas considéré à la lumière du
financement insuffisant par étudiant (pourtant attesté dans les
comparaisons internationales) comme des problèmes économiques rencontrés
par certains groupes sociaux pour étudier, mais comme un besoin d’une
meilleure « orientation ». Ce qui permet alors de déplacer la
responsabilité des problèmes économiques et d’emploi vers l’université et
par là-même de culpabiliser les enseignants-chercheurs défendant
l’autonomie de la recherche. Enfin, la pénurie matérielle chronique dans
laquelle sont plongées les universités françaises (voire même leur misère,
si on les compare aux universités étrangères) n’est pas prise en compte
non plus, ce que souligne bien le dernier budget de l’enseignement
supérieur.
Contre cette remise en cause frontale du service public
d’enseignement et de recherche, — et cynique, car s’opérant souvent au nom
des intérêts supposés des étudiants et plus spécialement de ceux d’origine
populaire auxquels par exemple certains économistes « équitables »
voudraient faire croire qu’il est finalement de leur intérêt d’avoir des
frais d’inscription beaucoup plus élevés —, il faut rappeler sans cesse la
nécessaire pluralité des missions de l’Université, que sont notamment
l’élaboration et la transmission des connaissances, le développement de la
recherche comme de l’esprit critique et l’élévation générale du niveau de
formation de la population. Celles-ci ne se résument donc pas, comme
voudrait le faire croire l’opinion économiciste dominante, à la production
d’une main d’œuvre immédiatement prête à l’emploi sous prétexte, et
profitant du fait qu’elle a, certes, besoin de travailler. Chaque
université a vocation à être un foyer scientifique et culturel vivant
ouvert à tous, et notamment aux enfants de la démocratisation scolaire
particulièrement nombreux dans notre université qui doivent continuer à y
trouver un lieu d’émancipation intellectuelle, comme de promotion sociale.
Et de fait, il n’y aurait pas de raisonnement plus méprisant que celui
consistant à dire que ces jeunes sont tout juste bons à être précocement «
professionnalisés » dans des universités de seconde zone, avec peu de
recherche, et sous-financées, tandis que d’autres, parce qu’ils sont bien
nés, auraient le privilège de bénéficier d’une formation généraliste de
haut niveau et tournée vers l’international, sur le modèle notamment des
grandes écoles françaises, dont les budgets par étudiant n’ont, — faut-il
encore le rappeler ? —, rien de comparable avec ceux des universités…
En conséquence, nous appelons nos collègues à se
mobiliser, à ne pas pénaliser les étudiants au niveau des examens pour
leur participation au mouvement, et surtout à y participer activement
eux-mêmes, notamment en invitant les étudiants à réfléchir avec eux aux
missions de l’université, comme à la fabrication des prochaines maquettes
d’enseignement dans le cadre de la campagne d’habilitation dite du LMD2.
L’université que nous voulons est d’abord celle des étudiants, des
enseignants-chercheurs, chercheurs et de tous les personnels qui y
travaillent, et non celle rêvée par les entreprises.
Université : journée de réflexion
et de mobilisation
pour des réformes alternatives
A la suite de l'appel de Paris VIII contre la LRU, nous
avons prévu une journée de réflexion et de mobilisation pour aller plus
loin que la seule critique de la LRU et envisager des réformes
alternatives. Sous l'intitulé provisoire « Sauver et transformer
l'université critique », cette journée aura lieu le samedi 1er décembre à
l'université Paris VIII.
Nous avons envisagé une liste de thèmes qui n'est pas
limitative, notamment en mettant l'accent sur les « points chauds »
de la réforme :
missions de l'université et « professionnalisation »
recrutement et services des enseignants chercheurs
financement de l'université
réussite
Nous avons ensuite pensé élargir ce programme, en lien
avec la garantie d'une université critique pour tous :
à la question des transformations actuelles de la recherche et ses
liens avec l'enseignement supérieur
à l'articulation entre enseignement secondaire et enseignement
supérieur
à la défense, plus largement, de la fonction publique (statuts et
missions)
Si cette initiative vous intéresse, n'hésitez pas à
nous le faire savoir : p8_contre_la_lru@yahoo.fr
Palmarès des 16e Django d'Or
Voici le palmarès des 16e Django d'Or, trophées du
jazz, décernés jeudi soir lors d'une soirée au Pavillon Baltard à
Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), avec les chanteurs Elisabeth Caumont et
Sanseverino comme maîtres de cérémonie.
Les trophées des Django d'Or sont décernés chaque année
par une académie d'environ 150 membres (musiciens, producteurs,
diffuseurs, éditeurs, journalistes spécialisés, quelques amateurs...).
Musicien confirmé: Sylvain Luc (guitariste -
« Joko »/Dreyfus Jazz))
Nouveau talent: Sophie Alour (saxophone alto -
« Uncaged »/Nocturne)
Musiques sans frontières (musiques tziganes et
balkaniques): Biréli Lagrène (« Djangology To Bi or not to bi/Dreyfus
Jazz)
Spectacle vivant: Orchestre national de Jazz (ONJ) de
Franck Tortiller (pour Sentimental 3/4)
Django d'Or Prix Frank Hagège: Marcel Azzola
(accordéon)
Django d'Or Prix SACEM de la création: Carine Bonnefoy
(pianiste)
L'Opéra national de Bordeaux
crée un opéra de Laszlo Tihanyi,
d'après le « Génitrix » de Mauriac,
gloire littéraire locale
L'Opéra national de Bordeaux donnera dimanche en
création mondiale « Génitrix » du compositeur hongrois Laszlo
Tihanyi, premier ouvrage lyrique tiré d'un roman de l'enfant du pays,
François Mauriac (1885-1970).
Le Grand-théâtre de la ville affiche quatre
représentations (25, 28, 30 novembre et 1er décembre) de cette production
événement donnée dans le cadre du festival de création contemporaine
Novart, mise en scène par Christine Dormoy et dirigée en fosse par le
compositeur en personne, âgé de 51 ans.
François Mauriac, bien qu'il se considérait comme un
« illettré de la musique », s'est pris de passion pour l'art lyrique,
en tout cas celui de Mozart, en se rendant à partir des années 1930 et
1940 dans ses deux temples estivaux, les Festivals de Salzbourg et
Aix-en-Provence.
Cet intérêt n'a pas vraiment été payé en retour.
L'oeuvre romanesque de l'écrivain n'avait jamais suscité d'oeuvre lyrique
jusqu'à ce que Laszlo Tihanyi consacre son premier opéra à « Génitrix
», court roman de 1923 sur une mère dominatrice qui veut enlever son fils
à l'affection de son épouse.
Le compositeur hongrois a achevé une première version
de l'opéra en guise de travail de fin d'études à l'Académie Franz-Liszt de
Budapest, puis a repris sa partition de A à Z deux décennies plus
tard.
Alain Surrans, qui est directeur de l'Opéra de Rennes
et a connu Tihanyi par le biais de ses activités passées dans l'édition
musicale, l'a aidé à concevoir un livret en français, en veillant
notamment à la qualité de la prosodie, écueil traditionnel des opéras
contemporains dans la langue de Molière.
« La langue de Mauriac est très belle, mais un peu
aristocratique et difficile à mettre en musique », explique à l'AFP Alain
Surrans.
« Génitrix est tout de même l'histoire de trois
solitudes, de trois personnes incapables de communiquer, et la langue de
Mauriac contribue à cette mise à distance », poursuit le
colibrettiste.
Avec des lignes vocales — confiées à cinq chanteurs —
de facture plutôt classique, l'écriture de Tihanyi ambitionne de rendre
justice à l'élégance stylistique de François Mauriac.
« Il y a chez Laszlo (Tihanyi) une influence très
forte de la musique hongroise à travers Bartok, Ligeti et bien sûr Peter
Eötvös, dont il est le petit frère. On relève aussi une recherche de
couleurs très poussée, et dans ce domaine des choses qui semblent
françaises », souligne Alain Surrans.
Dans sa note d'intention, la metteur en scène Christine
Dormoy rappelle les mots de François Mauriac, pour qui « l'histoire
d'un être est celle de sa blessure ».
« L'opéra de Laszlo Tihanyi fouille cette
blessure, et ses personnages, cherchant à la comprendre, ne font que
l'approfondir », ajoute-t-elle.
Piratage sur internet :
signature d'un accord à l'Elysée
Malgré des positions a priori difficilement
conciliables, les secteurs de la musique, du cinéma et d'internet sont
parvenus à un accord de compromis sur l'offre culturelle en ligne, signé à
l'Elysée avec les pouvoirs publics et dont ils espèrent qu'il freinera le
piratage.
Une quarantaine d'organismes (musique, cinéma,
fournisseurs d'accès internet -FAI-, télévisions) ont paraphé vendredi ce
document de deux pages, rédigé au terme d'une mission confiée début
septembre au PDG de la Fnac Denis Olivennes.
Il a été signé en présence du président de la
République Nicolas Sarkozy, auquel M. Olivennes a remis son rapport, et
des ministres de la Culture Christine Albanel, de l'Economie Christine
Lagarde, et de la Justice Rachida Dati.
« C'est un accord important par ses mesures et
surtout par l'unanimité » des signataires, a déclaré M. Olivennes, alors
que le vote de la loi dite DADVSI sur le droit d'auteur en 2006 avait
donné lieu à des désaccords entre les détenteurs de contenus culturels et
le secteur internet.
Le président Nicolas Sarkozy (D), le chanteur Patrick
Bruel (2eG), le journaliste Pierre Sled (C), l'animateur Nikos Aliagas (G)
le 23 novembre 2007 au palais de l'Elysée à Paris
Le président Nicolas Sarkozy (D), le chanteur Patrick
Bruel (2eG), le journaliste Pierre Sled (C), l'animateur Nikos Aliagas (G)
le 23 novembre 2007 au palais de l'Elysée à Paris
La mesure la plus marquante est l'installation d'une
autorité de lutte contre le piratage. Elle enverra par l'intermédiaire des
FAI (qui ne voulaient pas assumer ce rôle de gendarme) des courriels
d'avertissement aux pirates puis, en cas de récidive, suspendrait voire
résilierait leur abonnement internet.
« C'est l'idée du permis de conduire: si vous
faites n'importe quoi avec votre voiture, on va finir par vous enlever
votre permis », a commenté Pascal Nègre, président de la « major » du
disque Universal Music France ainsi que de la SCPP (société de gestion des
droits des producteurs).
Le délégué général du SEVN (syndicat de l'édition
vidéo) Jean-Yves Mirski, a indiqué que des études américaines
« parlent de 70% des gens qui arrêtent (de télécharger gratuitement)
au premier avertissement ».
Malgré cette autorité, les ayants droit des oeuvres
culturelles pourront toujours poursuivre en justice les plus gros
contrefacteurs.
Dans le cadre de ce compromis, les FAI ont accepté
d'expérimenter le filtrage des contenus sur internet.
Pour leur part, les producteurs de disques retireront
les DRM (système de protection des fichiers numériques) des musiques
produites en France, rendant leur lecture possible sur tous types de
matériels.
Côté cinéma, l'accord prévoit l'alignement du délai de
mise à disposition des films en vidéo à la demande (VOD) sur celui des DVD
(six mois après la sortie en salle contre sept et demi actuellement).
Les pouvoirs publics se sont engagés à solliciter de
l'Union européenne « une généralisation à l'ensemble des biens et
services culturels du taux de TVA réduit ».
Si les signataires ont salué l'accord comme une étape
importante, qualifiée par M. Sarkozy de « moment décisif », reste à
savoir dans quels délais il sera mis en oeuvre.
« Le Parlement ne débattra manifestement qu'après
les municipales et l'autorité indépendante n'aura sans doute de vrais
moyens qu'en 2009. C'est trop long », s'est inquiété Hervé Rony, directeur
général du Snep, principal syndicat de producteurs de musique.
Mme Albanel a espéré que les aménagements législatifs
soient « votés avant l'été ».
Le rapport Olivennes a suscité la réprobation
d'associations d'internautes ou de consommateurs comme la ligue Odebi,
APRIL ou l'UFC-Que Choisir, qui dénonçait dès mercredi une
« surenchère répressive ».
De nombreux artistes assistaient à cette signature,
dont Patrick Bruel, Calogero, Thomas Fersen, Didier Barbelivien, Jean Reno
ou Christian Clavier.
Barbara Hendricks propose à son
public
de fixer lui-même le prix de son nouvel album
La soprano Barbara Hendricks, l’une des plus grandes
voix de notre temps, propose à son public de fixer lui-même le prix de son
nouvel album Endless Pleasure, disponible en téléchargement au format MP3
haute qualité sur www.arteverum.com, le site de son label. Cette opération
est réalisée en partenariat avec Believe, le distributeur numérique de
Arte Verum.
A la tête d’une discographie riche et variée de 100 CDs
dans le répertoire de la mélodie, de l’opéra, de la mélodie avec orchestre
et du jazz, Barbara Hendricks a vendu plus de 12 millions d’albums dans le
monde. En 2006, elle annonçait la création de son propre label de disques,
Arte Verum, assurant elle-même la production de l’ensemble de ses
nouveautés discographiques. Deux disques ont déjà été édités, Canciones
Españolas (Chansons Espagnoles) avec le pianiste Love Derwinger (ARV-001),
et un recueil de Lieder de Robert Schumann avec Roland Pöntinen (ARV-002).
Les disques Arte Verum, présents dans plus de 25 pays ont reçu depuis un
an un excellent accueil de la presse, mais aussi et surtout du public.
Pour Barbara Hendricks, créer son propre label
correspond à une démarche de liberté et de contrôle de l’ensemble de la
chaîne de production et de distribution de son travail d’enregistrement
(pas seulement dans le choix des programmes, des interprètes, de
l’édition, mais aussi des moyens de distribution et de diffusion). Or,
dans le marché actuel et pour toucher l’audience la plus large possible,
la distribution des produits physiques (les disques) doit nécessairement
cohabiter avec la distribution digitale.
Le troisième album Arte Verum, Endless Pleasure, est un
disque d’airs d’opéra et de chansons de Purcell et Haendel, avec le
Drottningholms Barockensemble (ARV-003) ; il constitue le premier disque
avec orchestre du nouveau label de Barbara Hendricks, mais également son
premier disque solo dans les grands airs baroques. A l’occasion de cette
sortie, Arte Verum a décidé de franchir un pas dans sa politique de
distribution numérique en proposant le téléchargement gratuit de Endless
Pleasure, via le site http:/www.arteverum.com à partir du 21 novembre
2007.
Réalisée en partenariat avec Believe, le distributeur
numérique de Arte Verum, cette opération propose aux internautes de fixer
librement le prix du dernier album. Ils se verront par ailleurs proposer
le téléchargement des deux premiers albums du label au même prix que celui
fixé pour Endless Pleasure, pour autant qu’ils aient choisi un prix
supérieur ou égal à 7,00- € ; ils recevront en outre les fichiers
contenant le livret et la couverture. Dès le paiement (ou le choix du
téléchargement gratuit), les internautes pourront télécharger des fichiers
MP3 à 320 kbps, libres et sans DRM, soit dans la meilleure qualité de son
disponible actuellement.
Les trois titres du catalogue sont également présents
sur la plupart des grandes plateformes européennes de téléchargement
depuis début novembre 2007.
Bien entendu, les produits physiques Arte Verum restent
également disponibles et feront l’objet d’une opération spéciale sur le
site http://www.arteverum.com. En effet, même si la qualité de son des
fichiers MP3 est en constante amélioration, Barbara Hendricks continue de
défendre vivement la disponibilité et l’achat des disques qui restent le
reflet le plus fidèle d’un travail minutieux de recherche et de qualité de
son et d’édition. Ils sont aussi le moyen de rencontre entre l’artiste et
son public, et un complément idéal au concert.
Cette démarche, une première pour une artiste de
musique classique – et pour une artiste de la renommée de Barbara
Hendricks –, devrait permettre d’élargir et de démocratiser l’accès à
cette musique souvent considérée comme élitiste et réservée à un public
mûr. Si les airs d’opéras de Purcell et Haendel viennent rivaliser avec
les succès de la musique de variété sur les baladeurs MP3, l’opération
sera réussie.
Actualité musicale du 25 novembre 2007
Pierre Boulez est honoré à
Madrid
Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre
Boulez a été distingué vendredi en Espagne, où il a reçu la Médaille d'or
du Cercle des Beaux Arts de Madrid.
Il s'agit de la plus haute distinction octroyée par cet
établissement culturel emblématique de la capitale espagnole à des
personnalités reconnues du monde des arts et de la culture, en Espagne ou
à l'étranger.
Pierre Boulez, 82 ans, chef d'orchestre apprécié à New
York comme à Bayreuth, pédagogue fondateur de l'IRCAM (Institut de
Recherche et de Coordination Acoustique/Musique), compositeur d'oeuvres
parfois difficiles d'accès, est l'un des grands musiciens français du 20e
siècle.
« Vous avez écrit un nouveau chapitre de l'histoire de
la musique », a déclaré le directeur du Cercle, Juan Barja, en lui
remettant vendredi soir cette distinction déjà attribuée à des
personnalités comme Günter Grass, Francisco Ayala, Jürgen Habermas, Manoel
de Oliveira ou Jean Baudrillard.
Jack Lang lance
la fête de la musique au Pérou
L'ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, a
participé au lancement de la fête de la musique au Pérou, dans la nuit de
vendredi à samedi à Lima.
Le créateur en France de la fête de la musique, un
événement qui est organisé maintenant dans plus d'une centaine de pays, a
assisté dans le quartier résidentiel de Miraflores à l'un des neuf
concerts qui avaient lieu dans la capitale péruvienne.
Une dizaine de milliers de Liméniens ont célébré leur
première fête de la musique du printemps à laquelle participaient des
groupes de jazz, de rock, de musique classique et andine.
Auparavant, une fête de la musique plutôt
confidentielle se déroulait au Pérou fin juin, pendant l'hiver austral,
mais ne parvenait pas à mobiliser les habitants.
L'initiative lancée vendredi à Lima est due à un homme
d'affaires français installé dans le pays et membre de l'Institut de la
musique du Pérou, Ivan Ciganer Albeniz (frère de Cecilia Ciganer,
l'ex-épouse du président français Nicolas Sarkozy), qui avait participé
avec Jack Lang au lancement de la première fête de la musique en 1982 en
France.
Au Pérou, la nouvelle fête est notamment soutenue par
l'Institut de la musique, l'ambassade de France et les Alliances
françaises.
Député et membre de la commission des relations
extérieures de l'Assemblée nationale, M. Lang qui effectue une visite du
21 au 28 novembre au Pérou, a été reçu vendredi par le président péruvien
Alan Garcia qui l'a fait grand officier de l'Ordre du soleil du Pérou.
« La France sera toujours notre référence démocratique,
révolutionnaire et culturelle, pour cela nous avons beaucoup de plaisir à
recevoir un ami de la culture du monde, qui aux côtés de notre grand ami
commun, l'ex-président François Mitterrand, à promu la culture moderne en
France », a déclaré M. Garcia à cette occasion.
Barbara, disparue il y a dix ans,
est loin d'être oubliée
Il y a dix ans, le 24 novembre 1997, s'éteignait Barbara, la « longue
dame brune » de la chanson française, qu'elle a durablement marquée par sa
voix toujours au bord de la rupture, son style théâtral et son écriture
sensible et intemporelle.
« L'aigle noir », « Göttingen », « Nantes », « Dis,
quand reviendras-tu? », « Ma plus belle histoire d'amour »... Ces
classiques ont bercé nombre de chanteurs actuels.
« Barbara savait mettre des mots sur ce que vous
pensiez, des émotions sur ce que vous ressentiez. Pour moi, elle a été
déterminante (...) je la trouve inspirante », affirme l'actrice et
chanteuse Sandrine Kiberlain dans « Barbara, Portrait en clair-obscur » de
la journaliste Valérie Lehoux, le plus complet des nombreux livres parus
pour ce dixième anniversaire.
Il recense certains des jeunes artistes qui avouent
leur admiration pour Barbara, comme Carla Bruni, Zazie, Bénabar, Bazbaz,
Raphaël, Vincent Delerm, Calogero ou Jeanne Cherhal.
Début octobre au Théâtre du Châtelet à Paris, cette
dernière avait pris part au spectacle hommage « Souviens-toi Barbara »,
aux côtés de Dominique A, du pianiste et concertiste classique Alexandre
Tharaud, du clarinettiste Michel Portal ou de l'accordéoniste Roland
Romanelli, qui avaient tous deux travaillé avec Barbara.
Jeanne Cherhal et Alexandre Tharaud participeront à
autre concert hommage, « Une cantate pour Barbara », le 26 novembre au
Théâtre des Variétés à Paris. D'autres artistes seront présents, dont
Marie-Paule Belle (qui avait consacré un album et spectacle à Barbara en
2001), Vincent Delerm, Jean Guidoni, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain,
Serge Lama, William Sheller ou Anne Sylvestre.
Ce spectacle est organisé au bénéfice de Sidaction et
de la lutte contre le sida, une cause que Barbara avait épousée très
tôt.
Au-delà de la scène française, la « dame en noir » a
séduit de jeunes artistes étrangers comme la Canadienne anglophone Martha
Wainwright (soeur du chanteur Rufus Wainwright), qui a enregistré une
reprise de « Dis, quand reviendras-tu? » et l'interprète régulièrement en
concert.
« Adolescent, j'ai eu quatre grandes influences:
Barbara et Gainsbourg d'une part, Diane Dufresne et Robert Charlebois de
l'autre », avait quant à lui assuré le Québécois Pierre Lapointe à l'AFP
au printemps dernier.
De son vivant comme après sa mort à l'âge de 67 ans,
Barbara (née Monique Serf) a entraîné dans son sillage une cohorte de fans
transis qui lui vouent un culte. Deux mille personnes — proches,
personnalités et anonymes — étaient présentes à ses obsèques le 27
novembre 1997, dans le carré juif du cimetière de Bagneux.
Son dernier album studio (« Barbara », avec de nouveaux
complices comme Jean-Louis Aubert) était sorti l'année d'avant, quinze ans
après le précédent (« Seule »), sans compter les enregistrements en
public. Car Barbara, qui incarnait une certaine idée de la chanson
française, était une artiste de scène plus que de studio.
En 1998 étaient parus ses mémoires posthumes, « Il
était un piano noir... », dans lesquels elle évoquait l'inceste subi dans
son enfance.
Dans l'édition, à la radio ou sur scène, les hommages
se multiplient à l'approche du dixième anniversaire de sa mort.
L'Aige noir, chorégraphie de Maurice Béjart
Actualité musicale du 27 novembre 2007
27 novembre - 29 novembre 2007
Paris
(Noël)^bis
(Noël)^bis est un spectacle qui
propose de résoudre l'improbable équation de la rencontre d'une voix
lyrique et d'une voix de variété, sur un même plateau.
Ce spectacle allie les talents de
deux chanteurs et deux musiciens de cultures différentes pour donner vie à
un riche répertoire allant du classique au jazz et des chants
traditionnels aux musiques actuelles. Il présente le répertoire lyrique de
façon abordable, simple et contemporaine.
(Noël)^bis est un voyage musical
dont chaque escale est une manières différente de vivre les fêtes de fin
d'année. Tour a tour enjoué, grinçant ou rêveur, il réinvente la féerie de
Noël, pimentée d’accessoires, de petites histoires, et de bien des
surprises musicales.
Venez partager avec nous cette
période des fêtes qui n'est sûrement pas que pour les enfants !
Dates :
27 novembre 2007 : le kibélé, 12 rue de
l'echiquier 75010 paris
30 novembre 2007: le moulin a café, impasse
sainte léonie 75014 paris
02 decembre 2007: le pestacle bar, 22 rue au
maire 75003 paris
04 et 05 decembre 2007: le studio de
l'hermitage, 8 rue de l'hermitage, 75020 paris
22 decembre 2007: l'entrepot, 7 rue francis de
préssensé, 75014
21,22 et 23 decembre 2007: le soleil de la
butte, diner spectacle, 32 rue muller 75018 paris
29 decembre 2007: la chapelle saint bernard, 34
place raoul dautry, 75014 paris
Appel des étudiants de 67
universités,
réunis en Coordination nationale
les 24-25 novembre 2007 à Lille
Nous, étudiants de 67 universités, réunis en
Coordination nationale les 24-25 novembre 2007 à Lille, adoptons l’appel
suivant.
Plus de la moitié des universités sont en blocage total
ou partiel et plus de 60 universités sont touchées par la
mobilisation.
Nous rejetons la LRU parce qu’elle signifie la
privatisation de l’enseignement supérieur. L’introduction de financements
privés va renforcer les inégalités entre universités et filières et va
permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations.
L’université n’est pas responsable du chômage, et adapter l’université aux
exigences du « monde du travail» ne rapprochera pas les étudiant-e-s de
l’emploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin
vers la déqualification et vers la précarité. La LRU implique aussi la
précarisation des statuts des enseignants et personnels, et la
transformation des présidents d’université en véritables managers.
Nous refusons la logique d’autonomie financière, qui
implique le désengagement financier de l’État, et donc l’augmentation à
terme des frais d’inscription. Nous refusons également l’instauration
d’une présélection à l’entrée de l’université, qui remet en cause l’accès
de tous à l’université.
La ministre Pécresse a récemment annoncé le déblocage
de moyens pour les étudiants en 1er cycle (réorientation, tutorat), ainsi
que la suppression des cautions pour le logement... en échange d’un «
retour au calme » sur les campus. Cela prouve que le gouvernement voit
bien qu’il y a un problème dans les universités, et qu’il a peur du
mouvement étudiant. Mais ces annonces ne répondent pas au problème central
: la LRU, et les dangers qu’elle nous promet. C’est pourquoi nous
demandons au bureau national de l’UNEF de prendre clairement position pour
l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au
retrait de cette loi.
La LRU n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit
sur un plan local ou national. Depuis le début de la lutte, c’est la
position de toutes les assemblées générales et de la coordination
nationale, seules instances représentatives des étudiant-e-s
mobilisé-e-s.
Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est
parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous, et
contre la destruction du service public. Étudiants et lycéens, avec la LRU
et les 11 500 suppressions de postes dans l’éducation, c’est notre avenir
qui est menacé. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une
augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour la
création des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais diplômes
nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre
Français-e-s et Étranger-e-s dans l’accès aux études. Cela implique aussi
de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et d’être
solidaires des salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration
de leur pouvoir d’achat.
Il est possible de gagner, de faire reculer le
gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF,
avocats, salariés de la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu’il ne
reculera pas face à nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par
les grèves. La réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré
qu’il existait une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse
et du monde du travail. Les cheminots en particulier ont montré que lutter
contre Sarkozy et sa politique était possible.
En effet, la LRU n’est pas une loi isolée mais fait
partie d’un contexte de casse généralisée du service public dû à une
libéralisation grandissante de la société et de l’économie française, ce
que nous condamnons.
Pour cela, la coordination nationale appelle les
étudiant-e-s à approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à
renforcer les liens entre personnels, enseignants et étudiants. Les
lycéens doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycéens et
étudiants doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en
premier lieu ceux de l’Éducation Nationale, notamment dans les universités
et dans les lycées.
La plupart des présidents d’université étant en faveur
de la LRU, ils n’hésitent pas à recourir à la répression pour briser la
mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions
policières... ne répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » :
elles visent à nous empêcher de nous mobiliser, c’est-à-dire nous priver
de notre droit de nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions
policières et les arrestations. Nous exigeons l’amnistie de tous les
inculpés des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot.
Nous exigeons la réouverture de toutes les universités fermées
administrativement, et le retrait de toutes les forces de police qui
occupent actuellement des universités.
Nous réclamons la démission des présidents
d’universités ayant fait appel à la répression et c