|
musicologie.org
|
Actualités musicales
Le « Slava's Snowshow » installe à Paris
|
|
30 |
novembre |
Le Bolchoï, citadelle russe de l'art classique, s'est surpris lui-même cette semaine en décrochant un accueil triomphal pour un opéra notoirement aux antipodes de ses traditions, Wozzeck d'Alban Berg, et mise sur ce succès pour ouvrir une nouvelle ère et attirer un public rajeuni.
« Succès incroyable de Wozzeck au Bolchoï » (Ria-Novosti). « L'opéra intellectuel a fait salle comble » (Itar-Tass). Les médias russes ne tarissaient pas d'éloges sur ce spectacle très attendu dans la capitale russe, ne serait-ce que pour la bizarrerie de le voir jouer dans ce célébrissime temple du classique.
« Wozzeck », opéra d'Alban Berg créé en 1925 d'après la pièce de l'écrivain allemand Georg Büchner (1813-1837), a été introduit au Bolchoï par un tandem de jeunes: le metteur en scène Dmitri Tcherniakov et le chef d'orchestre Téodor Currentzis, directeur artistique de l'Opéra de Novossibirsk (Sibérie) et l'un des musiciens les plus en vogue du pays.
Il n'avait jamais été mis en scène à Moscou et les billets se sont arrachés pour les cinq soirées où il est à l'affiche en novembre. Il réapparaîtra au programme à deux reprises en mai 2010.
La première, mardi, a suscité un enthousiasme exceptionnel: « Mieux vaut tard que jamais: le Bolchoï a réussi avec brio cette musique très, très compliquée », s'est réjoui le critique du quotidien Vedomosti. « C'est une vraie percée pour le Bolchoï et pour le théâtre musical russe », a confirmé la radio Vesti FM.
Wozzeck est le nom d'un soldat qui a tué par jalousie la femme qu'il aimait, mère de son enfant, et s'est noyé après.
Mais Tcherniakov rejette la vision d'un « drame social vécu par un petit homme traqué par une vie sordide et par la pauvreté ».
Il préfère le camper dans un monde moderne, éclairé par une lumière pâle et aseptisée, peuplé de postes de télévision toujours branchés. Les chanteurs évoluent dans douze chambres-cellules remplies de meubles Ikea, habitées par des familles anémiques aux airs de personnages de série télévisée.
« Je voulais mettre en évidence les douleurs cachées d'un homme de la fin du 20è siècle, d'un habitant de mégapole », a expliqué Tcherniakov.
La banalité du décor, les gens qui se meuvent de manière artificielle dans leurs chambres, l'éclairage froid du bar ou ils se retrouvent - tout ce qu'on voit crée un contraste douloureux avec ce qu'on entend, une musique expressive, dense et transparente en même temps, qui devient l'héroïne du spectacle.
Les concepteurs du spectacle ne font pas mystère du fait qu'ils espèrent faire de Wozzeck un tournant dans l'histoire du plus célèbre théâtre de Russie, à un moment où celui-ci paraît crouler sous les problèmes et scandales liés au méga-chantier qui le prive de sa scène historique depuis 2005.
« Je ne cacherai pas que nous souhaitons attirer un nouvel auditoire grâce à ce spectacle. (...) Des gens de 20 à 35 ans, à la charnière entre la bohème, les étudiants et ceux qui s'occupent de nouvelles technologies », a déclaré le nouveau directeur musical du Bolchoï, le compositeur Leonid Dessiatnikov, au magazine Aficha.
L'événement n'est pas moins important pour les artistes du Bolchoï, qu'ils fassent partie de la troupe, de l'orchestre ou du chœur: « Car on parle d'un tel niveau d'interprétation qu'après cela on n'a plus peur de rien », souligne-t-il.
Téodor Currentzis l'a approuvé:« L'orchestre du Bolchoï, grâce à cette musique, ne jouera plus comme avant », écrit-il sur le site du théâtre.
|
30 |
novembre |
Homme ou femme ? Dans « La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy », Mehdi Dehbi compose un travesti plus vrai que nature, passant du masculin au féminin avec un étourdissant naturel... fruit du solide travail de ce tout jeune acteur, chanteur et polyglotte, au charme immense.
Il aura 24 ans le 5 décembre, et son deuxième long métrage l'a déjà propulsé dans la liste des 16 jeunes comédiens pré-sélectionnés pour le César du meilleur espoir masculin 2010, décerné en février à l'un des cinq finalistes.
Dans « La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy » dont il partage l'affiche avec Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein, Judith Magre et Catherine Hiegel, ce beau garçon au physique méditerranéen crève l'écran, moulé en robe-fuseau, lèvres rouge sang et talons aiguille assortis.
« J'ai vu pas mal de films en préparant ce rôle, comme Priscilla folle du désert » de Stephen Elliot, raconte Mehdi Dehbi à l'AFP.
« Mais ça ne correspondait pas à ce que je voulais jouer, ça ne me paraissait pas juste », ajoute-t-il à propos des héros de ce road movie, deux travestis et un transsexuel dont les manières et les tenues extravagantes choquent l'Australie profonde.
« Je n'avais jamais mis les pieds dans un cabaret de travestis. Pour aller chez Mme Arthur, pour la première fois je me suis habillé en femme, les jambes épilées, maquillé par ma meilleure amie », explique-t-il en souriant.
« Je me suis promené dans la rue des grands boulevards jusqu'à Pigalle : c'était un premier choc. J'ai rencontré Jenny Bel'Air, la reine du Palace dans les années 80 et des transsexuels, pour prendre quelque chose de leur énergie ».
Né en Belgique, à Liège, Mehdi Dehbi qui voulait être acteur « depuis tout petit », a décroché son premier rôle à seize ans, au côté de Charles Berling dans « Le Soleil assassiné » (2004) d'Abdelkrim Bahloul.
Formé aux Conservatoires de Bruxelles et Paris et à la London Academy of music and dramatic art à Londres, il a déjà joué Shakespeare et Marivaux, et veut mener de front théâtre et cinéma.
Dans « L'homme est une femme comme les autres » sorti en 1998, Simon Eskenazy (Antoine de Caunes) clarinettiste, juif et homosexuel, tentait sous la pression de sa mère, de nier son homosexualité en fréquentant une femme.
Déçue par Simon, Rosalie (Elsa Zylberstein) jeune chanteuse à l'éducation traditionnelle, finissait par rentrer enceinte, chez elle à New York.
Dix ans plus tard, « La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy » permet au réalisateur Jean-Jacques Zilbermann de plonger ces personnages dans des aventures qui, pour improbables qu'elles paraissent, sont directement inspirées de sa propre vie.
« Pendant la canicule, ma mère est venue s'installer chez moi. Je vivais alors avec un travesti algérien et je me suis dit : La comédie est là, devant mes yeux ! » dit le réalisateur qui songe déjà au troisième opus.
Dans le film, Mehdi Dehbi joue Naïm, un jeune travesti d'origine algérienne qui s'invente une pléiade d'identités pour mieux pénétrer par effraction dans la vie de Simon Eskenazy.
Musulman, il lance souvent à son amant juif sur le ton de la plaisanterie, qu'il est temps de « rendre les territoires occupés aux Palestiniens ».
« J'aimais bien cet humour, ce recul sur le côté Juifs-Arabes. Le film dit qu'il n'y a pas de problème, on peut vivre ensemble. Si un Juif homosexuel peut vivre avec un travesti musulman... on peut y arriver ! », dit Mehdi Dehbi.
|
30 |
novembre |
Cinquante danseurs du Ballet de l'Opéra de Paris dont quatre étoiles, et la soprano vedette Natalie Dessay, ont participé à une « flashmob » (ndlr: rassemblement-éclair), dimanche matin, sous la pyramide du Louvre à Paris, en faveur de l'association La Chaîne de l'Espoir.
Devant une foule interloquée de centaines de touristes, les étoiles Marie-Agnès Gillot, Aurélie Dupont, Jérémie Bélingard et Mathias Heymann ont surgi d'un groupe d'anonymes pour danser sur la musique du Beau Danube bleu de Johann Strauss, avant d'être rejoints par une quarantaine d'autres danseurs de l'Opéra de Paris également dissimulés parmi les spectateurs surpris.
A leur tour, quelque 200 participants inscrits préalablement pour cette « flashmob » sont entrés dans la danse sur une chorégraphie créée spécialement par les étoiles de l'Opéra sur des tubes de Queen et des Daft Punk.
En tout, ce rassemblement-éclair dont le coup d'envoi a été donné vers 11 heures par un « cri » enregistré par la soprano Natalie Dessay, aura duré moins de 3 minutes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Longuement applaudis, les « flashmobers » se sont aussitôt dispersés en se noyant dans la foule, après avoir abandonné au sol des dizaines de chaussons de danse sur lesquels figurait l'adresse du site Internet de La Chaîne de l'Espoir (www.24enfants.org).
Organisée par « La bande à bordel », collectif spécialisé dans les « happenings urbains », avec le soutien de l'Opéra de Paris, cette mobilisation avait pour but de promouvoir l'association créée par le professeur Alain Deloche, qui permet chaque année à des enfants vivant dans des pays en voie de développement d'être opérés et souvent sauvés par des chirurgiens bénévoles.
Du 1er au 24 décembre, La Chaîne de l'espoir lance un appel aux dons. Chaque jour, un enfant sera opéré par un chirurgien de l'association.
« Ce flashmob a été très intense et émouvant. Pour moi, ça a été plus fort qu'un solo à l'Opéra, car l'effet de groupe est très impressionnant », a confié à l'AFP l'étoile Marie-Agnès Gillot qui a convaincu ses pairs de participer à cette opération répétée en secret pendant plusieurs semaines sur la scène de Garnier.
Le Pr Deloche, accompagnée de la marraine de l'association la journaliste Isabelle Giordano, s'est dit « très ému » par cette mobilisation. Il doit partir lundi pour le Cambodge pour opérer une fillette de douze ans dont la vie est menacée par des rhumatismes respiratoires.
©Musicologie.org 2009