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Actualités musicales du
1er novembre 2008

1er et 2 novembre
Lyon, Auditorium
Ciné-concert
La Ruée vers l'or

De Charlie Chaplin (1925)
Orchestre National de Lyon
Frank Strobel, direction

Un des chefs-d'œuvre du cinéma.

Avec Charles Chaplin, Henry Bergman, Mack Swain, Tom Murray, Georgia Hale.  Musique de Charlie Chaplin

Au temps de la chasse au trésor, les aventures de Charlot dans le grand Nord, aux prises avec le froid, la faim, les ours. Tandis que ses compagnons d’infortune s’entretuent, Charlot, devenu riche, s’éprend de la belle Georgia… La Ruée vers l’or est le film de Chaplin le plus aimé des enfants. La neige et les sapins, la petite maison au bord du ravin, le conte qui se termine bien, et la célèbre “danse des petits pains“ : autant de raisons d’apprécier ce merveilleux chef-d’oeuvre qui ne prend pas une ride au fil du temps.

Pour accompagner la ruée vers l’or, rien de mieux que la musique composée par Chaplin lui-même ; l’Orchestre national de Lyon y est dirigé par Frank Strobel, un fidèle de nos Ciné-concerts, maître d’oeuvre la saison dernière d’un mémorable concert de musiques de science-fiction.

Né à Munich en 1966, le chef d’orchestre Frank Strobel a une prédilection pour le mélange des genres et des styles. En plus du répertoire symphonique romantique et de la musique du XXe siècle, il explore avec délectation le vaste territoire de la musique de film. Encore étudiant, il commença à s’intéresser à la reconstitution de musiques de films muets, puis il prépara la musique de plus de 35 films muets (musiques originales ou compositions nouvelles) qu’il dirigea dans des cinémas ou lors de projections en plein air, au milieu de ses activités de chef de concert. Nombre de ses productions furent captées par la ZDF, Arte, la SDR. Frank. Strobel dirige également de nombreux enregistrements de musiques de films pour le cinéma et la télévision, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Il a été pendant dix ans le responsable de la section musicale au Musée du film de Francfort, et il est conseiller auprès de ZDF/Arte pour la programmation de films muets. Ses tournées de concerts l’ont mené dans la plupart des pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et en Asie.

Tarif : 25 € + Tarif -50% + Tarif réduit. Auditorium de Lyon, 04 78 95 95 95. http://www.auditorium-lyon.com. En partenariat avec l’Institut Lumière

 Billetterie musicologie.org / FNAC


Le rappeur Abd al Malik
met ses baskets
dans les pas de Brel et Nougaro

Et si le véritable héritier de Brel ou Nougaro était un rappeur? Après avoir été couvert de louanges avec "Gibraltar", Abd al Malik s'inscrit avec son nouvel album dans la grande tradition de la chanson française, qu'il actualise d'une manière inédite.

L'impressionnant et ambitieux "Dante" (Polydor/Universal) sortira lundi, deux ans et demi après "Gibraltar" (350.000 ventes), qui mêlait rap, slam, jazz et chanson et avait valu au rappeur de 33 ans deux Victoires de la musique, un grand prix de l'Académie Charles-Cros et le Prix Constantin 2006. Malik a, en outre, été le maître d'oeuvre de l'album du collectif Beni Snassen début 2008.

"Dante" est essentiellement axé sur la chanson française, avec des parrainages éloquents: l'ancien pianiste de Brel (et mari de Juliette Gréco) Gérard Jouannest, déjà présent sur "Gibraltar", Alain Goraguer (collaborateur historique de Gainsbourg) ou Gréco elle-même sur le duo "Roméo et Juliette".

Les références à cette grande tradition sont omniprésentes. On pense à Brel sur "Circule petit, circule" ou le remarquable "Conte alsacien", à Nougaro sur l'emballante "Paris mais..." et Abd al Malik sample Serge Reggiani dans "Le Marseillais".

Le rap américain s'est toujours nourri de la musique populaire de son pays (funk ou soul) mais, en France, cette démarche est nouvelle.

Du point de vue des thèmes, Abd al Malik creuse le sillon de "Gibraltar" et la France est au coeur de son disque.

Lui qui se dit patriote se focalise sur la construction d'une communauté nationale au-delà des questions d'origines ou de religion (il est lui-même musulman et d'origine congolaise) avec une finesse d'analyse et une absence de manichéisme rares. C'est le thème de l'émouvant single "C'est du lourd!".

France Inter diffusera le 6 novembre à 21h00 un concert privé du rappeur enregistré l'avant-veille. Par ailleurs, le label XIII Bis édite un best of de son ancien groupe, N.A.P.


Concours de Genève :
un pianiste hollandais est distingué

Le Hollandais Hannes Minnaar, 23 ans, remporte la compétition de piano du Concours de Genève 2008, qui s'est achevé mercredi soir, sans toutefois obtenir le premier prix, non attribué. Il empoche aussi le prix du public et le prix "Mandarin Oriental".

Hannes Minnaar était déjà lauréat de plusieurs concours dans son pays. Un autre deuxième prix revient à Duanduan Hao, jeune Chinois de 18 ans qui se perfectionne en France. Le troisième prix récompense Da-Sol Kim, un Coréen de 19 ans qui a remporté plusieurs distinctions en Asie, indiquent les organisateurs.

Lundi, le concours de violoncelle avait vu le triomphe d'István Várdai. Le jeune Hongrois de 22 ans a reçu un premier prix, distinction suprême rarement décernée dans le cadre du Concours de Genève. Il avait aussi raflé trois prix spéciaux, dont celui du public.

La 63e édition du Concours de Genève, consacrée au piano et au violoncelle, a réuni plus de 250 jeunes interprètes. Fondé en 1939, cette manifestation est l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses compétitions d'interprétation musicale au monde. Elle met à l'honneur tous les deux ans le piano ou le chant en alternance en lui associant chaque fois un autre instrument.


Internet : le Sénat a adopté
le texte antipiratage
à une large majorité

Les sénateurs ont adopté jeudi soir à une très large majorité incluant le PS, le projet de loi antipiratage de Christine Albanel, fruit d'un accord entre professionnels de la culture et d'internet, dont ils ont adouci les sanctions.

La majorité UMP et centriste a voté pour ainsi que le PS et les radicaux. Le PCF s'est abstenu.

Les sénateurs ont maintenu le principe de la coupure internet en cas de téléchargement illégal répété mais ont ouvert la possibilité pour l'internaute sanctionné de garder sa messagerie.

Tous partis politiques confondus les sénateurs ont fortement amendé le texte sous l'impulsion des deux rapporteurs du texte, l'UMP Michel Thiollière et de Bruno Retailleau (Non inscrit). Les sénateurs socialistes sont restés en retrait l'essentiel étant pour eux le respect des accords conclus avec les professionnels de la culture.

Le texte est en effet la transcription législative de ces accords préparés par l'ancien pdg de la Fnac Denis Olivennes et signés le 23 novembre 2007 par une quarantaine d'organismes représentant les secteurs de la musique, du cinéma et les fournisseurs d'accès à l'internet.

Les sénateurs qui ont examiné ce texte au pas de charge, n'en ont pas bouleversé la philosophie. Ils ont ainsi rejeté à une forte majorité un amendement que la commission des Affaires économiques que cette dernière avait adopté et qui proposait de remplacer la coupure d'internet par une amende.

L'amendement a été l'occasion d'une discussion animée, surtout au sein de la majorité, certains élus UMP comme Catherine Procaccia (UMP), Michel Magras, ou Joëlle Garriaud-Meylan (UMP) se disant persuadés "que l'amende serait bien plus efficace" que la suspension de l'abonnement internet.

Ils ont en revanche adopté malgré les réserves du gouvernement un amendement de Michel Thiollière qui introduit la possibilité d'une suspension partielle de l'abonnement en laissant certains services comme la messagerie, à l'internaute, si l'évolution technologique le permet.

Ils ont aussi voté toute une batterie d'autres amendements de M. Thiollière visant notamment à mieux encadrer la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l'internet (Hadopi).

Le député Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a estimé que "les socialistes du sénat ont fait preuve de sagesse" et, ajoute-t-il, "nous attendons la même attitude des députés socialistes en comptant sur une inscription rapide du texte à l'ordre du jour afin que cette réponse équilibrée rentre au plus vite en application".

Les centristes et les Verts ont fait adopter des amendements renforçant notamment les droits et une meilleure information des internautes face aux procédures de sanction.

Le projet de loi met en place une "riposte graduée" contre l'internaute pirate au travers d'une démarche "pédagogique et dissuasive". Les ayants droit pourront saisir la Haute autorité s'ils constatent que leurs oeuvres font l'objet d'un téléchargement illicite.

L'Hadopi enverra un premier avertissement par courriel à l'internaute, puis s'il recommence, une lettre recommandée. Après cette phase "préventive" l'autorité pourra passer aux sanctions, à savoir une suspension jusqu'à un an de l'accès à internet sauf s'il accepte une transaction.

Pour les entreprises et les établissements collectifs, le texte prévoit une mesure alternative. L'Hadopi leur demandera d'installer des "pare-feux" pour empêcher les salariés ou les utilisateurs de pratiquer le téléchargement illégal depuis leur poste.

Selon Mme Albanel, un milliard de fichiers piratés d'oeuvres ont été échangés dans l'hexagone en 2006.

Le projet de loi, inscrit en urgence (une lecture par assemblée) devra maintenant être discuté par les députés.


François Valéry perd son procès
contre la société
des auteurs et compositeurs

Le chanteur François Valéry a perdu le procès qu'il avait engagé contre la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, à qui il reprochait d'avoir autorisé une quantité excessive d'invitations à sa comédie musicale "A l'ombre d'un géant", a-t-on appris vendredi auprès du TGI de Paris.

Dans un jugement rendu le 22 octobre, la 3e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a débouté le chanteur et l'a condamné à verser 5.000 euros de frais de justice à la SACD.

M. Valéry, de son vrai nom Jean-Louis Mougeot, a composé la musique et produit la comédie musicale "A l'ombre d'un géant". En 2001, il en avait cédé les droits à la société Rubi Prod.

La comédie musicale avait fait l'objet en 2002 de 42 représentations au Théâtre Mogador à Paris, avant d'être interrompue à la suite de difficultés financières rencontrées par Rubi Prod.

M. Valéry reprochait à la SACD, dont il est adhérent, de n'avoir "pas réagi alors que le taux d'invitations délivrées par le théâtre Mogador représentait un volume totalement anormal de 62% des billets délivrés", peut-on lire dans le jugement.

Selon lui, la SACD aurait dû "être alertée par le volume considérable et anormal des invitations" et "réagir immédiatement" en contrôlant les souches de billets ou la comptabilité du théâtre.

Cette absence de réaction "ne saurait être considérée comme une faute" de la SACD, ont jugé les magistrats, "dès lors que M. François Valéry avait lui-même souscrit à cette politique d'invitations gratuites massives en sa qualité de gérant de Rubi Prod".

M. Valéry, ajoutent-ils, "ne saurait pas plus soutenir que la comédie musicale était un succès qui rendait injustifiée cette pratique d'invitations massives à l'origine des difficultés financières de la société Rubi Prod", le spectacle n'ayant été salué que tièdement par la critique et le public.

Depuis la carrière avortée de sa comédie musicale, M. Valéry a multiplié les actions en justice, certaines en vain, d'autres couronnées de succès.

En mars, la cour d'appel de Versailles lui a donné gain de cause, contre son ancienne maison de disques Sony, estimant qu'elle avait fait preuve d'une "légèreté blâmable" à son égard en déposant une plainte contre X en juin 2002.

Cette plainte, qui avait abouti à la mise en examen du chanteur pour avoir utilisé à des fins personnelles une avance versée par Sony à Rubi Prod, s'était soldée par un non-lieu en 2006.


Michael Jackson dément participer
à une réunion des « Jackson Five »

Michael Jackson a démenti vendredi avoir l'intention de participer à une réunion du groupe familial "Jackson Five", annoncée cette semaine à un média australien par son grand frère Jermaine.

"J'aime et soutiens totalement mes frères et seurs, et nous avons partagé beaucoup d'expériences formidables, mais à l'heure actuelle, je n'ai aucune intention d'enregistrer (des chansons) ou de partir en tournée avec eux", a affirmé la pop-star, citée dans un communiqué.

"Je suis actuellement en studio, en train de développer des projets nouveaux et très intéressants, et j'espère les partager bientôt en concert avec mes admirateurs", ajoute ce texte attribué à la vedette de 50 ans.

Mercredi, Jermaine Jackson, cité par l'agence de presse australienne AAP, avait affirmé que lui et ses frères et soeurs, dont Michael et Janet, avaient l'intention de se reformer et de partir en tournée mondiale.

"Cela a pris longtemps pour la famille Jackson de se réunir", avait dit Jermaine, selon AAP.

Les "Jackson Five", rebaptisés par la suite les Jacksons, se sont formés en 1965 alors que Michael Jackson n'avait que sept ans. Leur dernière tournée commune remonte à 1984 et ils se sont formellement séparés en 1990.

Michael Jackson vit retiré du monde depuis son acquittement dans un procès pour attouchement sur mineur, en juin 2005 en Californie (ouest). Il réside à Las Vegas, dans l'Etat voisin du Nevada, et ses promesses d'enregistrer un nouvel album, le premier depuis 2001, puis de repartir en tournée, ne se sont pas concrétisées pour le moment.


Résurrection du Palace
et de l'Alhambra,
mythiques music-halls parisiens

Mistinguett, Maurice Chevalier, Jean Gabin, Django Reinhardt et Charles Aznavour y ont débuté: le Palace et l'Alhambra, légendaires salles parisiennes oubliées depuis des d'années, renaissent à quelques semaines d'intervalle, offrant par leur capacité moyenne de nouvelles opportunités aux producteurs de spectacles.

Le 5 novembre, après douze ans de total abandon et un délabrement qui a fait reculer plusieurs investisseurs, le Palace rouvrira ses portes dans ses atours de 1923, année inaugurale: un élégant théâtre aux fresques art déco de 970 places, désormais dévolu aux "one man shows" et aux concerts intimistes. L'humoriste Valérie Lemercier jusqu'en février suivie par la chanteuse Jane Birkin inaugureront la programmation.

Music-hall à l'origine, Le Palace avait été transformé en cinéma en 1946, puis en théâtre en 1968. Dix ans plus tard, nouvelle destinée inattendue: Le Palace devient le night-club le plus célèbre d'Europe, mais après divers rebondissements, le théâtre de la rue du Faubourg-Montmartre ferme ses portes en 1996 pour un long oubli.

Hazis et Alil Vardar, de nationalité belge, déjà à la tête de deux théâtres parisiens (la Comédie-République et la Grande Comédie) rachètent en 2007 ce qui est devenu une coquille délabrée. De nombreux mois de travaux sous le contrôle des Monuments historiques, ont enfin redonné vie au lieu.

"Nous revenons aux fondamentaux de cette salle qui est avant tout un théâtre et l'humour est l'essence même du théâtre. Nous accueillerons aussi des chanteurs mais avec couvre-feu à 23H00: les années discothèque, c'est fini!", déclare à l'AFP Hazis Vardar.

Le Palace comme le nouvel Alhambra constituent par leur capacité un véritable compromis entre la Cigale, le Bataclan et l'Olympia, plus grandes, et l'Européen et le Café de la Danse, plus petites. Une taille qui permet aussi de prendre un risque financier moindre par rapport à un Zénith.

"Les salles de 800 à 1.000 places sont rares. C'est une capacité intéressante que recherchent les artistes. Le rapport avec le public est à échelle humaine", souligne pour sa part à l'AFP le producteur Gilbert Coullier.

Petit bijou évoquant l'Olympia en miniature, l'Alhambra, reconstruit à 100 m du music-hall d'origine, est dévolu aux musiques actuelles (chanson, rock, reggae, électro, jazz, musiques du monde).

Dès l'évocation de son nom, cette salle fait renaître les souvenirs du célèbre music-hall, dont le dernier spectacle fut en 1967 "La Route Fleurie" avec Bourvil et Annie Cordy avant sa destruction en 1968, sur l'emplacement duquel se trouvent aujourd'hui un parking et... l'ANPE spectacle.

"Quand j'ai découvert cette salle (sur l'emplacement du nouvel Alhambra, se trouvait un ciné-théâtre datant de 1933 appartenant à la SNCF), j'en suis tombé amoureux immédiatement", confie le propriétaire des lieux. Jean-Claude Auclaira racheté le nom de l'Alhambra aux Bradford, famille anglaise qui avait fait construire à la fin des années 20 le music-hall d'origine.

Depuis sa réouverture avec les "Nuits manouches", le nouvel Alhambra, déjà loué pour la qualité de son acoustique, a accueilli le chanteur argentin Melingo, le chanteur de rock Daniel Darc, la formation de jazz-world Hadouk Trio ou le groupe nantais de hip hop Hocus Pocus.

Des artistes aussi divers que Dick Rivers, Alain Chamfort, la Mexicaine Lila Downs, l'Angolais Bonga, le big band du Sacre du Tympan, l'accordéoniste Marcel Azzola ou le jeune trompettiste d'électro-jazz Ibrahim Maalouf, y seront bientôt à l'affiche.

©Musicologie.org 2008