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Musicologie.org 2007

Actualité musicale

11 — 20 octobre 2007

 

  Actualités du 11 octobre 2007

Les Pianos Pleyel fêtent leurs 200 ans
à Saint-Denis et Paris

Les Pianos Pleyel, qui ont fermé leur manufacture d'Alès (Gard), ont officiellement inauguré mardi après-midi leur nouvel atelier à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), coup d'envoi des festivités du 200e anniversaire de la marque, a-t-on appris auprès de la société.

Le plus ancien facteur de pianos encore en activité dans le monde -- le dernier en France --, fondé en 1807 par le compositeur Ignace Pleyel (1757-1831), a cessé l'été dernier sa production à Alès, jugée non rentable face à la concurrence étrangère.

Une dizaine des 62 personnes employées sur ce site ont été reclassées à Saint-Denis, où travaillent désormais 16 salariés dans un atelier de production dédié à la haute facture instrumentale (pianos de concert, à queue, d'artistes, de designers, commandes spéciales).

« Cela ne sert à rien de se mettre sur le créneau du piano de série face aux Asiatiques », a expliqué à l'AFP le président des Pianos Pleyel, Arnaud Marion, selon lequel un facteur de pianos chinois « coûte 100 euros par mois, contre 5.000 pour un Français ».

« On ne revient pas ici pas par hasard, Pleyel est une entreprise du patrimoine vivant de Saint-Denis », a ajouté M. Marion, allusion à la présence de près d'un siècle (1865-1961) de la manufacture sur le sol dionysien.

Pleyel espère vendre une trentaine de pianos haut de gamme (de 30.000 à quelque 150.000 euros pièce) par an dans son nouveau show-room parisien, accessible depuis la rue et le vestibule de la Salle Pleyel, décoré par Jacques Garcia et qui sera inauguré samedi.

La société réalise la moitié de ses ventes à l'exportation, notamment au Japon et en Chine. « Les Chinois fabriquent les pianos les moins chers du monde et achètent parmi les plus chers », a relevé M. Marion.

Les festivités du 200e anniversaire de la manufacture se poursuivront samedi de 11H00 à 22H00 à la salle Pleyel, propriété depuis 1998 de l'actionnaire depuis 2000 des pianos du même nom, Hubert Martigny.

Après des contes musicaux avec Emmanuelle Gaume en récitante, l'auditorium proposera un hommage à Chopin par Yves Henry puis un récital Ravel et Schubert par Delphine Lizé, un moment de jazz (Didier Lockwood et Caroline Casadesus) et enfin un spectacle sur Berlioz avec François-René Duchâble.

La chorégraphe Germaine Acogny,
est co-lauréate d'un prix américain

Un des trophées américains de danse et performance, « Bessie Awards » 2007, a été attribué à la Franco-Sénégalaise Germaine Acogny pour « Fagaala » (Génocide), chorégraphie créée en collaboration avec le Japonais Kota Yamazaki, a annoncé mardi sa compagnie de danse Jant-Bi.

Mme Acogny, surnommée « la mère de la danse contemporaine africaine », et M. Yamazaki ont été distingués notamment pour avoir réalisé « un travail hybride qui traverse les frontières culturelles » avec cette chorégraphie traitant du génocide rwandais, selon le comité des Bessie Awards cité par Jant-Bi dans un communiqué transmis à l'AFP.

Il ne précise pas les dates d'attribution du prix et de remise de ces trophées, surnommés « New York Dance and Performance Awards », décernés depuis 1983.

Le jury a estimé que les deux chorégraphes avaient également su « donner une vision poignante et terrifiante de l'inhumanité de l'homme sur l'homme, et montrer que la danse peut exprimer la cruelle vérité du pouvoir », selon le texte.

« Fagaala », interprétée par sept danseurs de Jant-Bi, a été créée en 2003 à l'issue d'un passage de trois mois à l'Ecole des sables, centre de formation en danses traditionnelle et contemporaine d'Afrique ouvert il y a 13 ans par Germaine Acogny à Toubab Dialaw (50 km au sud-est de Dakar).

Sa première représentation a été donnée en janvier 2004 aux Etats-Unis.

Germaine Acogny en a eu l'idée en 2000 après avoir été « touchée par l'une des premières fictions sur le génocide au Rwanda, écrite par le Sénégalais Boubacar Boris Diop, +Murambi, le livre des ossements+ », affirme Jant-Bi, dont elle est la directrice artistique, sur son site Internet.

Cette lecture l'a poussée « à intervenir en tant que femme africaine, et à agir avec les moyens d'expression qui lui sont propres - son corps et son impressionnant langage gestuel -, afin d'élever la voix et d'interpeller les gens sur cette folie meurtrière », ajoute-t-on de même source.

Mme Acogny, 63 ans, a formé en quatre décennies plusieurs générations de danseurs, notamment à travers « Mudra Afrique », école des arts du spectacles créée à l'iniative du chorégraphe français Maurice Béjart, et l'Ecole des sables.

Lionel Bringuier est nommé chef adjoint
(d'Esa-Pekka Salonen)
à la philharmonie de Los Angeles

A tout juste 21 ans, il vient d'entamer un contrat décroché de haute lutte au Philharmonique de Los Angeles, mais le chef d'orchestre français prodige Lionel Bringuier garde la tête froide et dit vouloir continuer à apprendre.

« Je vis au jour le jour », explique à l'AFP ce jeune homme décontracté et enthousiaste dans son bureau du Walt Disney Concert Hall, bâtiment ultramoderne signé Frank Gehry au centre de la deuxième ville des Etats-Unis.

C'est là, dans cette pièce sobre aux canapés de cuir orange et aux étagères chargées de partitions, que le jeune homme a établi ses quartiers professionnels jusqu'en 2009, en qualité d'adjoint au directeur musical du Philharmonique de Los Angeles (LAPhil), le Finlandais Esa-Pekka Salonen.

« Esa-Pekka était déjà un de mes chefs d'orchestre favoris. Avant même d'arriver ici, j'écoutais des enregistrements du LAPhil », raconte Lionel Bringuier, choisi parmi 150 concurrents pour ce poste, où il doit, tout en assurant son propre programme de concerts, se tenir prêt à remplacer le titulaire en cas d'empêchement.

Issu d'une famille de musiciens et entré au Conservatoire à cinq ans, il avait pour la première fois attiré l'attention du grand public en remportant en septembre 2005 le Concours international des jeunes chefs d'orchestre de Besançon.

Malgré un CV éblouissant, Lionel Bringuier garde la tête froide et envisage son métier comme une collaboration avec les autres musiciens. « Je préfère le mot anglais +conductor+, celui qui conduit, à celui de +chef d'orchestre+ », affirme-t-il, se définissant comme « un musicien parmi les autres, au service du compositeur ».

Il n'a que des compliments à formuler pour les membres du LAPhil, « sans doute l'un des meilleurs orchestres du monde », qui sont « capables de sauter d'un répertoire à un autre, d'être quasiment parfaits dès la première répétition ». « C'est comme conduire une Ferrari, on démarre et c'est parti », plaisante-t-il.

Lionel Bringuier, pour qui « l'âge n'a pas d'importance, c'est la musique qui est importante », dit aussi apprécier l'ambiance de travail décontractée prévalant avec Esa-Pekka Salonen, 49 ans, qui occupe son poste au LAPhil depuis 1992: « j'apprends énormément à son contact ».

« Lors d'un concert de musique moderne, Esa-Pekka a commencé par discuter avec le compositeur sur la scène pour expliquer l'oeuvre au public, puis l'orchestre a joué. C'est sans doute le seul endroit au monde où l'on peut voir cela », se souvient le Français, qui n'avait pas mis les pieds aux Etats-Unis avant l'audition du LAPhil.

Arrivé seul à Los Angeles, il va devoir en adopter les coutumes, à commencer par passer son permis de conduire, sésame indispensable dans une ville tentaculaire où la voiture est reine.

Amateur de sport (tennis, rugby...), Lionel Bringuier dit vouloir se mettre au diapason des « Angelenos » et de leur club fétiche de base-ball, les Dodgers, tout en profitant de la vie culturelle locale, entre les musées et Hollywood, le quartier historique du cinéma.

Tenu par contrat de passer 30 semaines par an en Californie, ce stakhanoviste de la baguette, qui vient d'enregistrer son premier disque, enchaîne tout de même les dates internationales à un rythme démentiel.

Et d'énumérer: « j'étais à Bâle il y a deux semaines, la semaine prochaine je serai à Paris, puis à Lyon avec l'orchestre national, en Allemagne, en Espagne », en passant par Rennes où il est chef associé de l'Orchestre national de Bretagne, avant de revenir à Los Angeles.

Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il doit cumuler un nombre impressionnant de « miles » sur les cartes de fidélité d'Air France, il répond, avec un grand éclat de rire: « Fréquence jeunes, pour encore cinq ans! ».

 Actualités du 12 octobre 2007

12-14 octobre 2007, Mérignac

IIIe Festival
Musique Passion de Mérignac
Président – Fondateur : Pascal Jean Marignan


France Clidat

Vendredi 12 octobre, 21h00, FRANCE CLIDAT : Liszt, Debussy, Chabrier, Albeniz… Pianiste exceptionnelle qui mène une carrière internationale depis de longues années, elle est passionnée par Frantz Liszt, ce compositeur romantique aux multiples facettes.  Elle présentera son nouveau CD consacré aux compositeurs, debussy, Chabrier, Albeniz et Couperin, sorti chez Forlane. Elle a enregistré plus de 30 CDs consacrés à la musique romantique et française.  Elle est une des grandes représentante de l’école française du piano dans le monde entier.

Samedi 13 octobre, 17h30 : Les lauréats du 9e concours national de piano de Mérignac 2007. De la musique classique au jazz en passant par le répertoire à quatre mains, vous aurez l’émotion de découvrir des jeunes pianistes exceptionnels français et étrangers  au talent fou qui méritent que le public les encouragent.

Samedi 13 octobre, 20h30. FLORIAN NOACK : Haydn,Chopin… Premier Grand prix du concours international de Piano de Mérignac 2007.  

Jeune pianiste de 18 ans au talent fou, la qualité artistique et la finesse de ses interprétations lui promettent une carriére internationale. Talent à découvrir, sans modération.

Dimanche 14 octobre, 16h30, Récital piano à 4 et 8 mains mains. Hilomi Sakaguchi et Pascal Jean Marignan ; Judy Chin  et Jean-Marie Cottet.

Deux duos de piano à quatre mains et deux pianos réunis pour un concert unique. Le répertoire choisi est volontairement destiné à un large public. Il aura le prévilège d’entendre des œuvres envoutantes et connues, interprétées avec fougue et générosité. Hilomi Sakaguchi et Pascal Jean Marignan enseignent  au conservatoire  national de région de Bordeaux.  Judy Chin et Jean-Marie Cottet sont professeurs de piano au conservatoire national supérieur de Paris.  Ces duos ménent une carrière internationale en Europe et en Asie.

 Piazzola : Grand Tango ; Glanzberg : Suite Yiddish ; Saint – Saëns : Princesse Jaune, ouverture ; Ravel : Le Boléro ; Lavignac : Galop-Marche.

Vieille Eglise Saint - Vincent
Rue Beaumarchais, Mérignac
Renseignements : Téléphone : 05.56.12.19.40 ; Télécopie : 05.56.12.19.49 ; Site Internet :
http://www.concourspiano.fr.st ; E-mail : concourspiano@free.fr

Le Prix Constantin sera ramis en public
le 15 novembre à l'Olympia

Le Prix Constantin, qui récompense depuis 2002 en France les nouveaux artistes qui ont marqué l'année par leur talent, leur originalité et leur potentiel, sera remis en public le 15 novembre à l'Olympia à Paris par un jury de professionnels présidé par le chanteur Rachid Taha.

Dix artistes, tous signés sur des labels français, ont été sélectionnés par le jury en septembre, après un premier scrutin. Le soir du concert, un second vote désignera le lauréat parmi les dix chanteurs qui se produiront tous sur scène pour interpréter un titre, après une première partie assurée par Taha.

Les dix finalistes et leur album respectif sont, pour cette 6e édition, AaRON (« U Turn »), Daphné (« Musicamor »), Florent Marchet (« La chance de ta vie »), Kaolin (« J'irai mélanger les couleurs »), Keny Arkana (« Ils ont peur de la liberté »), Keren Ann (« Lay Your Head Down »), Ours (« Le cafard des fanfares »), Renan Luce (« Repenti ») et Rose (« Ciao Bella »).

Le « sampler » Prix Constantin des dix artistes sélectionnés sera disponible à partir du 22 octobre dans les magasins FNAC, Virgin et Starter. Il est offert pour tout achat de l'album d'un des artistes en lice, ces disques étant proposés à un prix promotionnel. Un docu-divertissement issu du concert du 15 novembre sera également diffusé sur France-2 le 22 novembre à 23h30 et le concert sera rediffusé sur France-Inter le 21 novembre, de 21h à 23h.

Le Prix Constantin, le 15 novembre à l'Olympia à 20h. Tarif unique: 16,50 euros (hors frais de location). Sur le Net: http://www.prixconstantin.com

Stacey Kent, Kurt Elling,
David Linx, Curtis Stigers :
un festival de voix
pour la neuvième édition
du JVC Jazz Festival

Stacey Kent, Kurt Elling, David Linx, Curtis Stigers... la voix est au coeur de la neuvième édition du JVC Jazz Festival, resserrée cette année sur huit jours du 13 au 20 octobre, dans plusieurs salles parisiennes.

Le succès de Stacey Kent ne cesse de croître. Le concert de cette chanteuse new-yorkaise installée à Londres, à la voix pleine de charme, le 17 à l'Olympia, affiche complet. Ses admirateurs devront attendre jusqu'au 26 mars à La Cigale, date de sa prochaine prestation à Paris.

Deux autres chanteurs talentueux du jazz contemporain se produiront dans le cadre du festival, le Chicagoan Kurt Elling (16 au New Morning) et le Belge David Linx (19 à La Cigale).

Kurt Elling met une immense technique vocale au service d'une émotion palpable en concert. Le frisson de sa voix tranchante parcoure son dernier album « Nightmoves ». L'éclat de la voix de David Linx aura l'occasion de briller dans l'écrin d'un big band, the Brussels Jazz Orchestra.

Si le public parisien découvrira Curtis Stigers (15 au New Morning), ce « quadra » s'est taillé une réputation outre-Atlantique dans le domaine de la pop music dans les années 80. Il vient de publier « Real Emotional », un album où il interprète façon crooner des classiques de grands songwriters américains -Bob Dylan, Paul Simon, Randy Newman...- sur un fond jazz assez classique. Curtis Stiger y montre aussi des talents d'auteur sur « A woman just like you », une romance un peu créole.

Deux autres concerts du JVC feront la part belle à l'afro-beat, musique féline et urbaine née à Lagos, mélangeant rythmes yoruba, cuivres funk et guitares hypnotiques créée à la fin des années 60 par Fela Kuti: ceux de Seun Kuti, son fils (18 à La Cigale) et de Ruth Tafebe (13 au New Morning).

La ressemblance tant physique que musicale entre Seun et Fela est presque troublante. Quant à Ruth Rafebe, cette chanteuse ivoirienne interprète avec le groupe Afrorockerz un afro-beat plus acéré et « groove », influencé par la soul music avec des sonorités électroniques.

Deux écoles du funk seront représentées dans le festival: le funk-jazz de The Headhunters, dont Herbie Hancock fut membre à ses débuts, le funk-soul de Soulive, une nouvelle signature du label Stax renaissant.

The Leaders (18 au New Morning) réunit, lui, des figures historiques de la « Great Black Music » emmenées par Chico Freeman, un saxphoniste historique du free jazz.

France 3 va diffuser un opéra sur le net

Jeudi 18 octobre, le site Normandie de France 3 retransmet l'opéra « Il Sant'Alessio » de Stefano Landi

L'oeuvre est diffusée en direct et en intégralité dès 19h45 sur france3.fr Normandie depuis le Théâtre de Caen, une première en France, selon la chaîne publique.

L'opéra romain de 1632 est recréé par William Christie et son ensemble des Arts florissants pour la partie musicale et par Benjamin Lazar pour une mise en scène avec éclairage de bougies.

Outre William Christie et Benjamin Lazar, l'opéra bénéficie d'une distribution incluant d'autres pointures des musiques anciennes, comme le contre-ténor Philippe Jaroussky (artiste lyrique de l'année aux dernières Victoires classiques) dans le rôle-titre. Cette production met aussi en scène les garçons de la Maîtrise de Caen, placés sous la direction d'Olivier Opdebeeck.

Après son passage au Théâtre de Caen du 16 au 22 octobre, cette production exceptionnelle de « Il Sant'Alessio » (« Saint Alexis »), « dramma musicale » de Stefano Landi (1587-1639) connaîtra par la suite une belle carrière.

L'opéra baroque sera en effet donné en concert en octobre à Londres (24) et New York (28 et 29), puis en version scénique au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris (21-24 novembre), en 2008 à l'Opéra national de Lorraine, à Nancy (24-30 janvier), à Luxembourg (14 et 16 février 2008) et enfin à Genève en... 2011. http://video-direct.france3.fr/player.php?id=79

Philippe Jordan est nommé
directeur musical de l'Opéra de Paris

Le chef d'orchestre suisse Philippe Jordan a été nommé directeur musical de l'Opéra national de Paris à compter de la saison 2009-2010. Philippe Jordan, 33 ans le 18 octobre, veillera sur l'Orchestre de l'Opéra, fort de 174 musiciens.

L'Opéra de Paris n'a plus de chef permanent depuis le départ en 2004 de l'Américain James Conlon après neuf ans de mandat. L'actuel directeur, le Belge Gerard Mortier, a préféré faire appel à des chefs invités, dont certains très réguliers comme le Français Sylvain Cambreling.

Fils du maestro Armin Jordan, décédé en 2006, Philippe Jordan est considéré comme l'un des chefs les plus doués de sa génération. Musicien précoce, il a étudié le piano et le violon et acquis une solide connaissance de la voix en chantant dans les rangs des Petits chanteurs de Zurich, sa ville natale.

Il a fait des débuts remarqués en 2001-2002 au Festival de Glyndebourne (« Carmen » de Bizet), la saison suivante au Metropolitan Opera de New York (« La Chauve-Souris » de Johann Strauss) et à Covent Garden à Londres (« La Flûte enchantée » de Mozart), puis en 2004 au Festival de Salzbourg à la tête de l'Orchestre philharmonique de Vienne (« Cosi fan tutte » de Mozart).

12 octobre - 11 novembre
Péniche Opéra, Paris

L'enfance de l'art
Nadia Boulanger : un portrait

un spectacle de Catherine Rétoré
9 réprésentations
2 concerts

Un hommage à la grande musicienne et pédagogue, à partir des entretiens de Nadia Boulanger, des témoignages de ceux qui l’ont connue et d’oeuvres de W.A. Mozart, J.S. Bach, P.Moss, L.Bernstein, F. Poulenc

Auprès du grand piano noir, portés par les voix noblement timbrées, les corps altiers des comédiens, les mots ardents et précis de la transmission fusent et virevoltent.

Les témoignages de ceux, interprètes, compositeurs, chefs d’orchestre, élèves innombrables, qui s’y sont abreuvés, affluent. Parfois la musique seule parle et en illumine la raison d’être : une magie essentielle mais toujours autre, jamais redondante.

Au centre, silhouette fragile, présence intense, Catherine Rétoré incarne avec passion le rayonnement de la grande musicienne et pédagogue du XXe siècle.

Catherine Rétoré
Nadia Boulanger

Philippe Catoire
Gabriel Fauré, Doda Conrad, Maurice Ravel,
Walter Damrosch, Aaron Copland, Jean Françaix, Lennox Berkeley, Narcis Bonet, Piotr Moss

Pierre Jacquemont
Virgil Thomson, Igor Markevitch, Elliott Carter,
Maurice Gendron, Dominique Merlet, Jay Gottlieb,
Igor Stravinsky, Noël Lee, Léonard Bernstein

Françoise Tillard
piano

...Sur une idée de Catherine Rétoré, comédienne de haute sensibilité, le spectacle s’est constitué collectivement à partir d’écrits, de documents, de souvenirs. Qu’est-ce qu’un maître ? Qu’est-ce qu’un élève ? Qu’est-ce que cet étrange échange, cette transmission…? Ce sont ces questions que tente de cerner cette évocation délicate... Armelle Héliot (Le Figaro)

Dates :

vendredi 12 et samedi 13 octobre à 20h 30,
dimanche 14 octobre à 16h30,
vendredi 19 et samedi 20 octobre à 20h30,
dimanche 21 octobre à 16h30

vendredi 9 et samedi 10 novembre à 20h30
dimanche 11 novembre à 16h30

2 concerts en 1ère partie en hommage aux femmes compositrices : « Lili, Clara, Fanny et les autres » avec le Trio Fanny Hensel (Thierry Maurin, violon . Silvia Lenzi, violoncelle . Françoise Tillard, piano). Dimanche 14 octobre à 15h ; dimanche 21 octobre à 15h

La Péniche Opéra
46, Quai de la Loire
75019 Paris
(Métro Jaurès, bus 26)
01 53 35 07 77
http://www.penicheopera.com
Plein tarif :17 €. Tarif réduit :12 €. Tarif enfant : 8 €

  Actualités du 13 octobre 2007

Centre Pompidou, Paris
« Un  dimanche, une œuvre » :
conférence sur les
« Polytopes » de Iannis Xenakis

Un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art propose un regard singulier sur une oeuvre des collections du Musée national d'art moderne. Régulièrement, l'oeuvre est musicale, choisie parmi celles de compositeurs familiers de l'Ircam, et analysée par un interprète ou un musicologue.

Dimanche 14 octobre 11h30 (petite salle, niveau 1) : Iannis Xenakis, Les Polytopes, 1967-1978, par Makis Solomos, musicologue, maître de conférences Université Montpellier 3

«De “poly”, plusieurs, et “topos”, lieu ; littéralement: lieu multiple. En effet, il y a beaucoup de choses différentes au même endroit. Non seulement la lumière et le son mais les structures de la pensée, les systèmes choisis, les moyens adoptés, les techniques… Tout se passe sur plusieurs niveaux, dans l’espace comme dans l’imagination », note Xenakis pour définir son idée de « polytope». S’inscrivant

dans la problématique de la synthèse des arts, il y répond par des réalisations pionnières, où la synthèse est sans cesse différée et où la technologie joue un rôle heuristique. Véritables work in progress, les quelques polytopes qu’il eut l’occasion de réaliser (Polytope de Montréal, 1967, Polytope de Persépolis, 1971, Polytope de Cluny, 1972-74, Diatope, 1978 et Polytope de Mycènes, 1978) ont consisté en des réalisations éphémères – il ne nous reste que leur musique– qui ont marqué l’imagination des spectateurs.

Et puis, il y a les polytopes que Xenakis ne put jamais réaliser : au-dessus du ciel de Paris, de l’Attique ; «Il n’y a aucune raison pour que l’art ne sorte, à l’exemple de la science, dans l’immensité du cosmos, et pour qu’il ne puisse modifier, tel un paysagiste cosmique, l’allure des galaxies », disait-il…

Makis Solomos est musicologue et enseigne à l’université Montpellier 3. Il est l’auteur de nombreux travaux sur la musique contemporaine (dernière publication : Espaces composables. Essais sur la musique et sur la pensée musicale d’Horacio Vaggione, Paris, 2007), et notamment sur Xenakis (Iannis Xenakis, P.O. Éditions ; Présences de Iannis Xenakis, Cdmc; La métaphore lumineuse. Xenakis-Grisey, L’Harmattan…), dont il est spécialiste.

PROCHAINES CONFÉRENCES

21 octobre : Bernar Venet, Représentation graphique de la fonction y = x 2/4, 1966. Dialogue entre Bernar Venet et Thierry Lenain, professeur d’esthétique à l’Université libre de Bruxelles

4 novembre : Alberto Giacometti, Cône (Monument pour une place), vers 1932 Dialogue entre Véronique Wiesinger, commissaire de l’exposition et Emmanuel Saulnier, artiste

18 novembre : Helmut Lachenmann, KontraKadenz, 1971, par Martin Kaltenecker, musicologue, producteur à France Musique

Tarifs : 4,5 euros - tarif réduit 3,5 euros - gratuit pour les adhérents. Accès prioritaire en Piazza du Centre Pompidou

Radiohead, Prince et Madonna,
symptômes de la mue de l'industrie musicale

Les expérimentations commerciales tentées par Radiohead, Prince ou Madonna bousculent les habitudes de l'industrie musicale et sont symptomatiques d'un bouleversement profond des rapports de force entre maisons de disques, promoteurs de concerts et artistes.

Après l'expiration de son contrat avec la major EMI, le groupe anglais Radiohead a décidé de contourner les maisons de disques en proposant depuis mercredi son nouvel album au téléchargement sur son site.

Le public peut payer la somme qu'il veut. Selon The Times, le prix moyen acquitté par les internautes est de 4 livres (5,78 euros). Un tiers n'a rien déboursé.

Les fans peuvent aussi commander un coffret sous forme physique au prix de 40 livres. Et l'album, « In Rainbows », devrait sortir en CD de manière traditionnelle début 2008.

En juillet, Prince a défrayé la chronique en distribuant gratuitement son album « Planet Earth » avec l'hebdomadaire britannique Mail on Sunday.

Pour sa part, le groupe anglais The Charlatans, dont le manager est un professionnel confirmé du secteur, Alan McGee (découvreur d'Oasis), a signé un contrat avec le site Xfm. Son nouveau simple puis son nouvel album y seront bientôt téléchargeables gratuitement.

Encore marginales, de telles innovations dues à des artistes renommés et réputés pour leurs qualités visionnaires surviennent dans un contexte sinistré, qui pousse les acteurs du secteur à chercher de nouveaux modèles économiques.

Les ventes mondiales de musique se sont effondrées de plus de 20% en valeur depuis 2000, ce que l'industrie attribue au téléchargement pirate.

Celle-ci s'inquiète de la même manière des initiatives des Radiohead et autres Prince, craignant qu'elles entretiennent l'idée que la création musicale ne coûte rien.

« Radiohead peut se permettre de laisser les gens fixer leur prix. Mais cela influera-t-il sur la manière dont le consommateur perçoit la valeur de la musique d'artistes moins connus? », s'interroge Martin Williams, du magazine britannique Music Week.

La crise a en outre fait prendre conscience aux maisons de disques que les ventes de musique seules pourraient bientôt ne plus suffire à leur subsistance.

Elles misent donc sur la diversification pour tirer des revenus des concerts ou de l'image des chanteurs, via des contrats d'un nouveau type. Dénommés « contrats 360° », ils englobent toutes les activités d'un artiste.

« On s'efforce au maximum, lorsque l'on signe de nouveaux artistes, d'avoir une partie de leurs revenus hors disque », a affirmé à la presse fin septembre Jean-Bernard Levy, président du directoire de Vivendi, maison-mère de la plus grosse des quatre majors, Universal.

Selon lui, les disques et DVD pourraient bientôt représenter moins de 50% du chiffre d'affaires d'Universal. Cette dernière a d'ailleurs racheté en juin Sanctuary, label britannique qui combine aussi les activités d'agent et d'organisateur de concerts.

Mais en tentant d'élargir leur coeur de métier, les maisons de disques risquent d'être pris au piège de l'arroseur arrosé.

Selon le Wall Street Journal, Madonna va quitter la major Warner pour signer un contrat 360° de 120 millions de dollars sur dix ans avec le géant américain des concerts Live Nation.

Live Nation se substituerait ainsi à une maison de disques en obtenant les droits de trois nouveaux albums. De plus, la société organiserait des tournées et vendrait des produits dérivés en exploitant le nom de la chanteuse, signe d'une porosité croissante entre tous les métiers de la musique.

L'Opéra de Lausanne
tournera avec « Carmen »
au Jaopon, en octobre 2008

L'Opéra de Lausanne (sud-ouest de la Suisse) effectuera du 9 au 26 octobre 2008 une tournée de quatorze représentations dans onze villes du Japon, dont Tokyo pour quatre dates, avec « Carmen » de Georges Bizet, a-t-on appris auprès de l'institution.

Cet opéra sera donné de Fuchu à Yokosuka en passant par Kobe, Osaka, Maebashi, Nagoya, Kagoshima, Fukuoka, Musashino et Omiya dans une mise en scène du Français Arnaud Bernard et sous la direction musicale de son compatriote Cyril Diederich, à la tête de l'Orchestre de chambre de Lausanne.

« Nous sommes le premier théâtre suisse francophone à participer à une telle aventure. Ce n'est pas tous les jours qu'une institution de notre taille se balade ainsi au Japon », a commenté le directeur de l'Opéra de Lausanne, le Français Eric Vigié, lors d'une rencontre avec la presse à Paris.

La maison, qui emploie 40 permanents pour un budget artistique de 2,8 millions d'euros, programmera « Carmen » à Lausanne du 23 au 28 mai 2008 dans le cadre d'une production présentée auparavant à l'Opéra national de Finlande (9 novembre-22 janvier) puis reprise à l'Opéra de Vichy (7-8 juin 2008).

La saison 2007-2008 de l'Opéra de Lausanne, qui se déroule hors les murs au Théâtre de Beaulieu et au Métropole en raison de travaux, comportera en outre une « Lucia di Lammermoor » de Donizetti coproduite avec Marseille, une nouvelle production de « La Chauve-Souris » de Johann Strauss, une reprise de « La Bohème » de Puccini et un « Jules César » de Haendel venu d'Oviedo (Espagne).

Le Japon a découvert l'opéra occidental en 1894 en accueillant un ouvrage français, « Faust » de Charles Gounod.

L'Opéra de Paris y a fait ses débuts en 1961, déjà avec « Carmen » de Bizet, et retournera au Japon (Kobe et Tokyo) du 19 au 31 juillet 2008 avec trois productions dont « Ariane et Barbe-Bleue » de Paul Dukas.

La Cité de la musique
ouvre son domaine à René Jacobs

La Cité de la musique à Paris consacrera dès samedi et jusqu'au 22 octobre, avec six concerts et une classe de maître, un « domaine privé » au chef d'orchestre et ancien contre-ténor belge René Jacobs, fervent défenseur de la musique baroque et classique sur instruments anciens.

Le musicien flamand, qui aura 61 ans le 30 octobre, inaugurera ce cycle samedi soir (19H00) en dirigeant une version de concert de l'opéra-comique de Telemann « La Patience de Socrate », fidèle en cela à son goût pour les partitions rares voire oubliées.

Le Gantois a convié dimanche deux amis de longue date pour deux soirées de cantates. Le contre-ténor français Dominique Visse, qui fut comme Jacobs élève du pionnier anglais des falsettistes Alfred Deller, proposera à 15H00 trois oeuvres comiques françaises du XVIIIe siècle, en compagnie de l'ensemble Café Zimmermann. Puis le chef allemand Konrad Junghänel, ancien luthiste dans le Concerto vocale fondé il y a 30 ans (1977) par Jacobs, donnera à 16H30 les cantates 102 et 147 de Bach à la tête de Cantus Cölln.

Autre compagnon de route de longue date, l'Allemand Andreas Staier jouera mercredi prochain (20H00) au pianoforte le concerto n°27 de Mozart avec l'Orchestre baroque de Fribourg (Allemagne), formation souveraine en terre mozartienne, que Jacobs dirige régulièrement.

Le 20 octobre (20H00), le chef belge reprendra la baguette pour sa première présentation en concert de l'oratorio « Maddalena » de Caldara. Jacobs pourra y réaffirmer sa maîtrise du répertoire vénitien (opéras de Cavalli notamment) avec dans le rôle-titre la soprano argentine Maria Cristina Kiehr, qui a été son élève à la prestigieuse Schola Cantorum de Bâle (Suisse), vitrine pédagogique du mouvement de renaissance des musiques anciennes.

Comme souvent à la Cité de la musique, ce « domaine privé » trouvera une déclinaison en musiques du monde et traditionnelles mardi (20H00) avec un concert de l'ensemble Kotchnak, qui interprètera des chants de Sayat Nova, troubadour arménien du XVIIIe siècle, une période chère à Jacobs.

La programmation s'achèvera avec une master class sur « la déclamation dans le chant » dispensée en deux jours (21 et 22 octobre de 11H00 à 18H00) par ce grand pédagogue, qui a largement montré lors de sa carrière de chanteur, avant de se consacrer à la direction d'orchestre, son souci du texte.

En amont de ce « domaine privé », Harmonia Mundi, sa maison de disques depuis 30 ans, a publié une gravure du « Don Giovanni » de Mozart en un triple album qui dit combien Jacobs est un magnifique chef de théâtre.

La chaîne culturelle franco-allemande Arte y va aussi de son hommage: samedi soir (22H30), elle diffusera l'« Orfeo » de Monteverdi que le Flamand a dirigé en février dernier à Berlin, pour le 400e anniversaire de ce chef-d'oeuvre fondateur de l'opéra.

Musique ancienne :
le festival de Lanvellec
célèbre les quatre éléments

L'édition 2007 du festival de musique ancienne de Lanvellec (Côtes-d'Armor), qui s'ouvre ce week-end, est placée sous le signe des quatre éléments: l'air, la terre, l'eau et le feu.

Lancé en 1986, ce festival renommé se déroule sur les trois derniers week-ends d'octobre, pour l'essentiel dans les églises et chapelles du Trégor, dans l'ouest du département.

Parmi les temps forts, la rencontre entre Orient et Occident en l'église de Ploubezre: interprétées par l'ensemble Ausonia, les sonates du Rosaire de Biber trouveront en écho le théâtre No chanté et dansé par deux artistes japonais, Masato Matsuura et Yuka Toyoshima (le 20 octobre).

Parmi les invités, deux très belles voix: la soprano Céline Ricci dans une interprétation, Coeli et Terra, sur « le céleste et les éléments terrestres dans l'Italie su Seicento » (le 28) et Maria Christina Kiehr, également soprano, avec l'ensemble baroque de Limoges (le 13).

L'ensemble Tetraktys livrera des oeuvres de Johannes Ciconia et Guillaume Dufay, les premiers compositeurs franco-flamands en Italie (le 21).

Ce festival a été lancé à l'occasion de la restauration de l'orgue -monument historique- de Lanvellec (600 habitants), construit en 1653 par le facteur anglais Robert Dallam, alliée à la volonté de mettre en valeur le patrimoine architectural de la région.

« Nous essayons chaque année de retenir un thème permettant de mieux travailler avec nos interprètes qui conçoivent leurs concerts en fonction de ce thème », explique Jean-Claude Pichon, président de l'association organisatrice.

Le festival, dont le budget s'élève à 170.000 euros, vise l'équilibre financier malgré le « désengagement financier de l'Etat » (subvention de 5.000 euros) déploré par M. Pichon.

  Actualités du 16 octobre 2007

Du 16 octobre 2007 au 13 juin 2008
Vanves

10e Artdanthé
Danse à Vanves
41 compagnies, 46 représentations,
13 créations, 2 cartes blanches,
2 résidences, des actions artistiques…

Contre danse(s) et marées…

Quand, « au siècle dernier », nous avons lancé, tels de jeunes inconscients, ce festival, peu y croyaient. Dès le départ, la volonté était de créer un événement Danse sur la durée, proposant un espace de liberté artistique sans tabou ni préjugé, permettant la confrontation entre artistes confirmés et toutes jeunes compagnies. Une rencontre avec l’une d’entre elle, la Cie Eclats d’art, pleine de fougue et d’ambition, a renforcé la conviction de l’équipe d’Artdanthé du bien fondé de cette démarche.

Depuis 1998, que de chemin parcouru ! 124 compagnie, 300 représentations, 60 créations, de longues fidélités artistiques avec des artistes tels que Bruno Pradet, Xavier Lot, Toméo Vergès, Hervé Diasnas, Geisha Fontaine et Pierre Cottreau, Daniel Léveillé, Daniel Dobbels…

Pour les dix prochaines années et plus que jamais, nous souhaitons qu’Artdanthé reste un festival obstinément tourné vers l’avenir, sans a priori ni censure, toujours ouvert aux initiatives et aux expérimentations, ouvert au monde, un festival du partage des idées, des images, des émotions, de la vie !

José Alfarroba

http://www.artdanthe.fr/ — 06 15 47 78 45 — artdanthe@ville-vanves.fr

Maurice Béjart hospitalisé
pendant quelques jours
à la suite d'un coup de fatigue

Le chorégraphe français Maurice Béjart a été hospitalisé quelques jours à Lausanne à la suite d'un coup de fatigue, a annoncé vendredi à l'agence de presse suisse ATS l'administrateur du Béjart Ballet à Lausanne, Emmanuel de Bourgknecht.

Agé de 80 ans, le chorégraphe ne souffre d'aucune maladie mais d'une grande fatigue et les médecins du Centre hospitalier universitaire valaisan (CHUV) l'ont laissé sortir « après l'avoir requinqué », a déclaré M.de Bourgknecht.

« A 80 ans, Maurice Béjart travaille encore énormément, ce qui explique sa fatigue », a dit l'administrateur.

Il a souligné que le chorégraphe se portait bien et n'avait pas eu d'alerte cardiaque.

Le Béjart Ballet Lausanne entame lundi une tournée de quelques jours à Chypre. Comme cela s'est déjà produit plusieurs fois, Maurice Béjart n'accompagnera pas ses danseurs pour ce voyage. La troupe dansera à Lausanne du 20 au 30 décembre.

Juliette Greco, Idir et Massilia Sound System
à la 16e Fiesta des Suds

Avec des rythmes turcs, réunionnais et africains, la seizième édition de la Fiesta des Suds, du 19 au 30 octobre à Marseille, reste fidèle à sa tradition d'éclectisme et aligne pendant six nuits et deux jours des stars et des révélations venues de 19 pays.

Le brassage des musiques est le mot d'ordre de la soirée du 20 octobre où, aux côtés de la chanteuse folk Suzanne Vega, se produiront le bouillonnant Goran Bregovic et Culture musical club, le grand orchestre de Zanzibar.

Même brassage pour la soirée du 25, intitulée « Belle France » au cours de laquelle Juliette Gréco, la muse de Saint-Germain-des-Prés, côtoiera le joueur d'oud libanais Rabih Abou Khalil et le chanteur-guitariste kabyle Idir.

La Fiesta « devrait être classée au patrimoine universel de la diversité », estime Bernard Aubert, directeur artistique du festival. « On dit que le spectacle est en crise, mais pour tous ces gens qui ne vont jamais au spectacle, il y a des réponses à donner. Le Dock des Suds, c'est notre réponse, un lieu où chacun peut venir passer une bonne soirée et découvrir ».

Au gré de leurs envies, les noctambules pourront écouter cinq à dix concerts par soir et déambuler dans un espace de 15.000 m2 d'anciens entrepôts portuaires, où ont été installés outre les scènes, une discothèque, des restaurants et des conteneurs accueillant des expositions.

Le festival qui s'est imposé comme la fête des automnes marseillais, a attiré l'an dernier 60.000 participants. La reconnaissance émane aussi des artistes qui y présentent leur nouveau CD ou comme l'Américaine Suzanne Vega qui y effectue son unique date française.

Entre les Marseillais renommés de Massilia Sound System et les artistes turcs Baba Zula, Techno Roman Project et Three Women of Istanbul, moins connus en France, la nuit d'ouverture le 19 octobre est « assez symbolique de l'histoire de la Fiesta », selon Bernard Aubert. « Nous avons un devoir de mémoire et de plaisir à écouter de la musique qui ne vient pas très loin de chez nous », dit-il.

Pour la soirée de clôture le 31 octobre, l'Ile de la Réunion sera à l'honneur avec Baster, Ziskakan, Natie Bumcello et Ticabab Kreol.

Nouveauté de cette édition, la journée « Pozitiv'art street » (21 octobre) sera entièrement consacrée aux cultures urbaines avec des ateliers de danse et une compétition européenne de hip-hop.

Marseille compte mettre en avant cet esprit d'ouverture et de métissage pour défendre sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2013. La Fiesta « constitue un des pôles de notre projet par sa vocation européenne et pour sa capacité à investir des bâtiments de centre-ville, participant ainsi à la rénovation urbaine par la culture », explique Bernard Latarjet, directeur de l'association Marseille Provence 2013 qui soutient cette candidature.

Tokio Hotel, le groupe
qui fait aimer l'allemand aux adolescentes

A eux quatre, ils dépassent à peine l'âge qu'aurait Elvis Presley mais font hurler les adolescentes, qui connaissent par coeur leurs paroles en allemand: véritable phénomène chez les collégiens, le groupe Tokio Hotel est en tournée en France et remplira Paris-Bercy mardi soir.

Le groupe originaire de l'ex-RDA, 19 ans de moyenne d'âge, a déjà donné deux concerts à Clermont-Ferrand puis Lyon. Après Bercy, il se produira à Nantes (17 octobre), Marseille (19), Montpellier (20), Toulouse (22), Bordeaux (23), Lille (25), Amnéville (26), Nice (28) puis Toulon (29).

Chacune de ces apparitions devrait donner lieu aux mêmes scènes: des hurlements d'adolescentes en délire, voire des évanouissements comme au festival de Bobital en juillet.

La musique de Tokio Hotel n'a rien d'original. Elle mélange un son rock FM avec des mélodies pop à la Coldplay, le tout saupoudré d'une pincée de metal et de néo-glam à la Placebo.

Le quatuor a sorti deux albums, « Schrei » (« Cri ») puis « Zimmer 483 » (« Chambre 483 »), sans compter « Scream », adaptation de « Schrei » en anglais.

Le look du groupe, en particulier celui du chanteur Bill Kaulitz, 18 ans, n'est pas étranger à l'attrait qu'il exerce sur les ados.

Allure androgyne et gentiment gothique, khôl autour des yeux, ongles peints en noir et longue chevelure brune hérissée de pics façon manga, Bill évoque une version édulcorée et à peine pubère de Robert Smith de The Cure.

Devenue la star préférée des collégiennes, il a enflammé la blogosphère à son corps défendant en septembre. La rumeur de son homosexualité, née d'un prétendu message qu'il aurait posté sur la page MySpace du groupe, a mis ses fans en émoi avant qu'il ne la démente dans un magazine allemand.

Les autres membres de Tokio Hotel sont le guitariste Tom Kaulitz (le jumeau de Bill), le batteur Gustav Schäfer (19 ans) et le bassiste Georg Listing (20 ans).

D'abord nommé Devilish (« Diabolique » en anglais), le groupe s'est formé en 2001 à Magdebourg (est de l'Allemagne) après la rencontre entre les frères Kaulitz et Georg Listing lors d'un concert.

La cote de Tokio Hotel chez les ados a des conséquences inattendues. Elle semble contribuer à un regain d'intérêt pour la langue allemande.

« C'est un phénomène assez surprenant, bien que difficile à quantifier. Nous avons plus d'inscriptions de jeunes qu'il y a deux ou trois ans », explique à l'AFP Günter Kipfmüller, directeur du département des cours au Goethe Institut de Paris.

« On peut pas affirmer que c'est dû exclusivement à Tokio Hotel », nuance-t-il.

Après une chute du nombre d'élèves germanistes en France dans les années 90, un conseil des ministres franco-allemand a pris des mesures en 2004 pour inverser la tendance. Le nombre de germanistes à l'école primaire a ainsi augmenté de 25% entre 2004 et 2006.

Le Goethe Institut espère en tout cas profiter de la vague d'enthousiasme suscitée par le groupe.

« Nous sommes en train de mettre sur notre site des textes additionnels et des dossiers pédagogiques liés à Tokio Hotel pour les professeurs », a indiqué M. Kipfmüller.

Il a ajouté que la DeutschMobil, minibus destiné à promouvoir l'apprentissage de l'allemand, devrait stationner près de Bercy mardi.

Enfin, le succès de Tokio Hotel en France pourrait ouvrir la voie à d'autres groupes allemands pour ados, tels Killerpilze, qui a donné quelques concerts dans de petites salles de l'Hexagone début octobre, ou Nevada Tan.

Benjamin Lazar, une autre lumière
sur la scène baroque

C'est un virtuose de la déclamation et de la gestuelle façon Grand siècle, un maître de l'éclairage à la bougie: à 30 ans, le metteur en scène Benjamin Lazar est en passe de s'imposer comme le plus stimulant artisan du renouveau du spectacle baroque en France.

Le jeune homme mettra en scène à partir de mardi soir et jusqu'au 20 octobre au Théâtre de Caen son première opéra avec la recréation d'« Il Sant'Alessio » (« Saint Alexis », 1632), « dramma musicale » du compositeur romain Stefano Landi, sous la direction musicale de William Christie.

Cette production-événement est promise à un bel avenir: donnée en version de concert à Londres (24 octobre) et New York (28 et 29), elle retrouvera la scène les 21, 23 et 24 novembre au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, en 2008 à Nancy puis Luxembourg et à Genève en 2011.

Une des trois représentations (18 octobre) programmées à Caen sera même retransmise en direct sur internet (normandie.france3.fr), une première en France et un heureux paradoxe, qui verra se déployer une technologie dernier cri pour un spectacle... éclairé à la bougie.

La lueur de la chandelle, comme au XVIIe siècle: la production est conforme à la démarche de Benjamin Lazar, qui s'est employé ici comme ailleurs « à faire ressentir au spectateur le contexte de création » de l'oeuvre afin que, « comprise plus intimement, elle nous livre le secret de son émotion ».

« Représenter Sant'Alessio, ce personnage qui renonce au monde et à ses plaisirs, en SDF à côté d'une poubelle masquerait des aspects intéressants de l'oeuvre », explique à l'AFP Benjamin Lazar.

« Moi je veux m'aventurer sur ce fil entre l'authenticité historique et mon authenticité personnelle. Il ne s'agit pas de reconstituer, c'est un chemin de création et d'expérimentation », poursuit ce bel esprit derrière un visage aux traits fins.

Benjamin Lazar raconte qu'il s'est rapidement « approprié » ce monde singulier, en disciple d'Eugène Green, auprès duquel il a étudié la déclamation et la gestuelle baroques dès l'âge de 11 ans.

« Ce qui m'a plu dans cet univers, c'est la force des passions déployées, le sujet toujours changeant, incertain, son identité pas cloisonnée », confie le jeune metteur en scène.

Il y aura dans son itinéraire un avant et un après « Bourgeois gentilhomme », monté en 2004 dans la version comédie-ballet de Molière et Lully. Benjamin Lazar, qui y joue Cléonte et le maître de philosophie, déclame comme les autres comédiens ce texte avec des syllabes rustiques, des consonnes finales sonores, des « r » roulés et des « h » aspirés.

Tous adoptent une gestuelle baroque très réglée mais fluide sur un plateau entouré de 450 bougies, donc léché par des lumières et des ombres fluctuantes et nuancées, qui ménagent un beau mystère.

Aucune cuistrerie de Trissotin dans ce travail: « Ce +Bourgeois+ a balayé l'image d'élitisme ou de laboratoire pointu, genre perruqué et poudré, de nos recherches », se félicite Benjamin Lazar.

Aujourd'hui, le jeune trentenaire est partout demandé: en janvier prochain, il réveillera à l'Opéra-Comique le tout premier opéra français, « Cadmus et Hermione » de Lully, avant d'explorer en avril au Théâtre de l'Athénée à Paris « L'Autre monde ou les Etats et empires de la lune » de Savinien de Cyrano de Bergerac, auteur de ce premier XVIIe siècle qui lui est si cher.

Mais le succès ne l'empêche pas de vouloir « rester dans l'intranquillité ».

« On aurait vite fait de donner une étiquette patrimoniale à ce travail, ce dont je veux me garder », dit-il.

Le chanteur catalan engagé Joan Manuel Serrat,
reçoit les insignes de la Légion d'honneur

Le chanteur catalan Joan Manuel Serrat, 63 ans, connu pour son engagement contre la dictature franquiste (1939-75), a été fait lundi chevalier de la Légion d'Honneur lors d'une cérémonie au consulat de France à Barcelone (nord-est).

Cet auteur-compositeur-interprète qui a partagé la scène du théatre Bobino à Paris en 1976 avec Georges Brassens, a été récompensé pour son « engagement politique et en faveur de la liberté », a déclaré l'ambassadeur de France en Espagne, Bruno Delaye, au cours de cette cérémonie.

« Joan Manuel Serrat, en raison de votre combat pour la liberté en Catalogne, en Espagne, en Amérique Latine, la France vous est redevable », a ajouté M. Delaye.

« Je suis très fier et très heureux », a affirmé le chanteur, inspiré dans sa jeunesse par Brassens et Jacques Brel, qui a prononcé son discours de remerciement en trois langues, le français, l'espagnol et le catalan.

Joan Manuel Serrat, né en décembre 1943 à Barcelone, connaît encore un grand succès en Espagne et en Amérique Latine.

Une oeuvre posthume et inédite de Carl Orff
jouée en première à Munich

Une oeuvre inédite de Carl Orff, compositeur allemand surtout connu pour Carmina Burana (1937), découverte il y a deux ans dans des archives du centre Orff de Munich, sera jouée pour la première fois jeudi dans la capitale bavaroise, a indiqué lundi le directeur du centre.

Ce « mouvement pour quatuor à cordes en do mineur » a été découvert il y a deux ans dans des brouillons écrits à la main que sa veuve Liselotte Schmitz à légués au centre, a précisé à l'AFP Thomas Rösch.

Ecrit en 1921 en deux versions, l'une courte, l'autre plus longue, le mouvement marque « la fin de la phase romantique tardive du compositeur », et le début d'une quête de style influencée par « la musique non-européenne et d'avant (Jean-Sébastien) Bach » qui trouvera son apogée dans Carmina Burana, selon lui.

« Très expressif et passionné », le mouvement de 15 à 17 minutes, sera joué pour la première fois jeudi dans le cadre d'un symposium organisé à Munich à l'occasion du 25e anniversaire de la mort du compositeur.

M. Rösch n'exclut pas la possibilité de découvrir d'autres oeuvres posthumes du compositeur (1895-1982), les archives conservées au centre Orff n'ayant pas encore été toutes exploitées.

  Actualités du 17 octobre 2007

Après son mouvement d'humeur à La Scala,
Roberto Alagna revient dans Aïda au « Met »

Le ténor français Roberto Alagna interprètera mardi soir au Metropolitan de New York le rôle de Radamès dans « Aïda » de Verdi, pour la première fois après avoir été sifflé pour le même rôle à La Scala de Milan l'an dernier.

Roberto Alagna remplace au pied levé Marco Berti, malade, a indiqué le porte-parole du théâtre new-yorkais Robert Clark. La soprano américaine Angela Brown interprète le rôle d'Aïda.

Le ténor avait fait scandale en décembre 2006 lorsqu'il avait quitté La Scala au premier acte d'Aïda, pour protester contre des sifflets qui l'avaient accueilli quand il avait entonné l'air d'ouverture « Celeste Aïda ».

Le directeur de la Scala Stéphane Lissner avait durement critiqué le départ du ténor, qu'il avait accusé de « manquer de respect pour le public et pour le théâtre ».

Depuis lors, Roberto Alagna n'a plus interprété le rôle.

« Prié expressément par le directeur du Metropolitan Peter Gelb », selon Peter Clark, Roberto Alagna a accepté de revenir dans « Aïda ».

Il sera remplacé dans Madame Butterfly mardi soir par Marcello Giordani.

Des partitions d'Arthur Rubinstein
offertes à la Juilliard School à New York

Des manuscrits et des partitions ayant appartenu au pianiste Arthur Rubinstein et qui avaient été saisis par les nazis puis par les soviétiques pendant et après la seconde Guerre mondiale, ont été offerts lundi à la Juilliard School, la prestigieuse école de musique de New York.

Ces documents avaient été restitués à la famille d'Arthur Rubinstein en mai 2006.

Parmi les oeuvres données à la Juilliard figurent des partitions composées spécialement pour le musicien d'origine polonaise notamment « Rudepoema » du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos ainsi que des compositions de la Française Germaine Tailleferre.

Au total, 71 documents remis aux quatre enfants du pianiste par le consul d'Allemagne à New York en mai 2006 ont été offerts à la Juilliard, a indiqué l'école dans un communiqué.

Ces documents avaient été saisis au domicile parisien du pianiste après l'invasion allemande en 1940 et envoyés à Berlin. Confisqués par l'Armée rouge à la fin de la guerre, ils avaient été renvoyés en Allemagne de l'Est dans les années 50 et sont restés en Allemagne jusqu'à leur restitution à la famille du pianiste par le consul d'Allemagne. Selon la Juilliard, des documents appartenant à Arthur Rubinstein, mort à Genève en 1982, se trouveraient toujours actuellement en Russie.

« Leur restitution semble peu probable vu la décision du Parlement russe de considérer comme légalement russe ce type de propriété acquis au moment de la guerre », a expliqué l'Ecole dans son communiqué.

L'intégralité du catalogue Led Zeppelin
en vente sur internet en novembre

L'ensemble du catalogue musical du groupe de rock anglais Led Zeppelin pourra être téléchargé dans les boutiques de musique en ligne à partir du 13 novembre, a annoncé lundi la maison Warner Music.

Il sera possible d'acheter en ligne des albums entiers ou seulement certains titres. Le groupe Led Zeppelin prépare son grand retour sur scène pour un unique concert fin novembre à Londres.

« Nous sommes heureux que la totalité du catalogue Led Zeppelin soit maintenant disponible dans sa version numérique », a indiqué le guitariste Jimmy Page dans le communiqué de Warner Music.

« Cela va permettre aux fans de se procurer notre musique de la manière qu'ils préfèrent », a-t-il ajouté.

La mise en ligne du catalogue coïncidera avec la sortie d'une compilation du groupe intitulée « Mothership ». Ce double album contient 24 titres interprétés au long de leurs 12 ans de carrière, dont certains de leurs 8 albums enregistrés en studio.

Led Zeppelin, qui a vendu à ce jour plus de 300 millions de disques, avait été dissous en 1980 après la mort de son batteur John Bonham, étouffé par son vomi au cours d'une soirée très arrosée.

« Pendant leurs 12 années de collaboration, Zeppelin a créé l'une des oeuvres les plus puissantes et éternelles de l'histoire de la musique moderne », a commenté le patron de Warner, Edgar Bronfman Jr.

Plus de 20 millions de fans des rockers britanniques ont tenté de se procurer un ticket (à 185 euros) pour la prestation de Led Zeppelin le 26 novembre à Londres, qui ne pourra rassembler que 20.000 spectateurs.

Le concert rendra hommage à Ahmet Ertegun, cofondateur d'Atlantic Records, décédé en décembre dernier, et qui avait fait signer le premier contrat à Led Zeppelin en 1968.

Cela fait 19 ans que le chanteur Robert Plant, le guitariste jimmy Page et le bassiste John Paul Jones n'ont pas joué ensemble. Ils seront accompagnés par le fils de Bonham, Jason, à la batterie.

Ces poids-lourds du rock
qui claquent la porte
des majors du disque

Prince s'en est libéré depuis des années. Paul McCartney, Radiohead et Nine Inch Nails ont suivi. Il semblerait que désormais Madonna aussi ait décidé de claquer la porte de sa maison de disques, Warner Music, pour la coquette somme de 120 millions de dollars (84,6 millions d'euros).

En pleine la crise du disque, les grands noms du rock ont-ils encore besoin des contrats traditionnels qu'offrent les majors? Les ventes de CD dégringolent, les amateurs téléchargent leur musique gratuitement sur Internet, écoutent leurs groupes préférés sur YouTube ou MySpace.

« C'est la nouvelle frontière. Le début d'une nouvelle ère pour le business de la musique », explique Bruce Flohr, de Red Light Management, qui a dans son fichier des artistes comme Alanis Morissette ou Dave Matthews Band.

Les responsables des quatre grandes maisons de disques n'ont pas voulu témoigner ouvertement pour cet article. Ces « grands » sont Warner Music Group, Universal Music (Vivendi), EMI et Sony BMG, joint venture entre Sony et Bertelsmann. Réunies, elles comptent pour plus de 88% des albums vendus aux Etats-Unis cette année.

Quant à Madonna, 49 ans et « numéro un » sur la place, elle serait sur le point de signer un contrat d'un type nouveau avec Live Nation, société organisatrice de concerts. En vertu de ce contrat sur dix ans, la « Material Girl » toucherait une « prime à la signature » de 18 millions de dollars (12,7 millions d'euro), puis 17 millions de dollars (12 millions d'euros) d'avance à la livraison de chacun de trois albums, et 50 millions de dollars (35,3 millions d'euros) pour ses concerts.

Warner Music, durement frappée par la crise, ne pouvait pas renchérir pour garder Madonna, entrée dans la maison à ses débuts en 1984, précise Michael Savner, analyste à la Bank of America.

Dans un univers en mutation, les solutions alternatives se multiplient. Les Britanniques de Radiohead viennent de faire l'événement en vendant leur dernier album sur Internet, le prix étant laissé à la discrétion de l'acheteur...

Un peu plus tôt, Paul McCartney quittait EMI pour Hear Music, tout jeune label lancé par la chaîne des cafés Starbucks.

Les Eagles, eux, sortent en solo leur prochain album, « Long Road Out of Eden ». Le groupe vétéran, qui a vendu plus de 120 millions d'albums dans le monde, distribuera son disque exclusivement dans les supermarchés Wal-Mart américains.

Quant à Trent Reznor, du groupe Nine Inch Nails, il exulte sur son site Web de se retrouver « libre de tout contrat d'enregistrement avec une maison de disques quelconque ». Sous contrat pendant 18 ans, observe-t-il, « j'ai vu le secteur se transformer radicalement, et ça me fait très plaisir d'être enfin en mesure d'avoir une relation directe avec le public et comme je l'entends ».

Dans le même temps, Internet permet aussi à des aspirants musiciens de se faire connaître, de vendre leur musique sans être coachés par une maison de disques.

Cette stratégie ne fait pas les affaires des labels: l'industrie a enregistré cette année une baisse de 14% des ventes de CD aux Etats-Unis par rapport à l'année dernière, selon Nielsen SoundScan. Dans le même temps, les ventes en ligne ont grimpé de 46%.

Pour s'adapter, les « majors » tentent de signer des contrats allant au-delà des albums, incluant les ventes de billets de concert, T-shirts, publications musicales, etc.

Mais les nouveaux groupes visant le haut de l'affiche ont encore besoin des moyens sans égal des majors en matière de promotion, marketing, distribution...

Des gens comme Prince aussi. Célèbre pour s'être gribouillé le mot « esclave » sur la joue pendant son bras-de-fer avec Warner Records au début des années 90, cela fait dix ans qu'il sort sa musique en ligne. Mais il signe tout de même des contrats de distribution et marketing avec différentes maisons de disques pour que ses albums se vendent aussi en magasin.

Radiohead aussi veut que ce fameux album à « prix libre » se retrouve dans les bacs d'ici quelques mois: le groupe serait en train de chercher à signer un contrat de distribution.

Quant à Live Nation, elle devrait sans doute signer avec une maison de disques établie pour gérer la promotion et la vente en magasin de ces futurs albums de Madonna.

L’État fédéral refuse de prendre
en charge le Staatsoper de Berlin

Le Staatsoper, opéra historique de Berlin, ne sera finalement pas pris en charge par l’Etat fédéral comme il en avait été question. Le bâtiment du Staatsoper, en piteux état, a besoin, au-delà de ses frais de fonctionnement, d’une profonde rénovation dont les coûts sont évalués à 230 millions d’euros. Angela Merkel, après avoir consulté les autres Länder, s’est finalement inclinée. Pas de fondation fédérale gestionnaire du Staatsoper mais une dotation plus importante pour la rénovation du bâtiment, tels sont les termes du compromis qui déçoivent les politiques berlinois. Quant à Daniel Barenboim, le directeur général artistique du Staatsoper, il déclare « primitif » et « incompréhensible » le débat qui oppose le Land et l'Etat fédéral dans la gestion des monuments culturels. « Historiquement, l'Allemagne a toujours été un pays modèle en ce qui concerne la formation et la culture », a-t-il déclaré dimanche à Tokyo, alors qu'il s'apprête à recevoir le prix Praemium Imperiale, considéré comme le « Nobel de l'art ». Le Staatsoper Unter den Linden, construit entre 1741 et 1743, fut le premier théâtre royal d’Allemagne. (C.B. www.lepetitjournal.com  - Berlin)

  Actualités du 19 octobre 2007

Roberto Alagna ovationné dans « Aïda »
au Metropolitan à New York

La prestation du ténor français Roberto Alagna dans « Aïda » de Verdi, mardi soir au Metropolitan Opera de New York, a été ovationnée debout par près de 4.000 spectateurs.

Le chanteur reprenait pour la première fois le rôle de Radamès après le scandale survenu en décembre 2006 à La Scala de Milan, lorsqu'il avait quitté brusquement la salle au premier acte, après que son interprétation de l'air d'ouverture « Celeste Aïda » eut été accueillie par des sifflets.

Le départ du ténor avait été durement critiqué, et le directeur de la Scala Stéphane Lissner l'avait accusé de « manquer de respect pour le public et pour le théâtre ».

Prié expressément par le directeur du Metropolitan Peter Gelb, Roberto Alagna a remplacé au pied levé mardi soir Marco Berti, malade. La soprano américaine Angela Brown interprétait le rôle d'Aïda, et la mezzo-soprano Dolora Zajick, américaine également et spécialiste de Verdi, a offert une prestation somptueuse dans le rôle d'Amneris.

Un peu tendu au début, le ténor s'est rasséréné face à un accueil d'emblée chaleureux, et a donné le meilleur de lui-même au 3e et 4e acte.

Les décors grandioses de l'Egypte antique, avec de vrais chevaux traversant la scène, la pompe des dizaines de choristes en costumes, les ballets et les célèbres trompettes d'Aïda ont enflammé la salle, qui s'est levée à la fin pour applaudir toute la troupe, et ovationner les principaux rôles.

« Le public ici ne fait pas dans la nuance, on n'est pas à La Scala où tous sont des spécialistes et les spectateurs sont impitoyables », estimait à la sortie Jacob Schlesinger, un quadragénaire américain passionné d'opéra et lui même chanteur.

« J'ai beaucoup aimé, c'était la première fois que je voyais Aïda. Je ne sais absolument pas qui est Roberto Alagna, mais je peux vous dire que je sais une chose: Pavarotti est mort », renchérissait Emily Thompson, une jeune directrice de marketing.

Le célèbre ténor italien Luciano Pavarotti, qui s'était produit de nombreuses fois au Metropolitan, est décédé en Italie le mois dernier.

Millepied enchante Genève
avec un « Petrouchka » burlesque

Le jeune chorégraphe français Benjamin Millepied enchante le Grand théâtre de Genève avec « Petrouchka », un ballet de Stravinski qu'il a teinté de burlesque américain avant de le présenter à Paris au début de l'an prochain.

Etoile du prestigieux New York City Ballet, le bien nommé Millepied, 30 ans, a créé une nouvelle version du ballet classique composé par le musicien russe en 1911. Décors et costumes renvoient à l'Amérique d'après-guerre avec des échos de « West Side Story ».

Dans le rôle du malheureux pantin Petrouchka, amoureux d'une ballerine qui lui préfère un « Maure » aux airs de mafioso, le Grec Harris Gkekas déploie une énergie communicative aux côtés de la Française Céline Cassone et du Belge Gregory Deltenre.

Petrouchka n'hésite pas à descendre dans la salle pour confisquer la baguette du chef d'orchestre afin de s'en servir contre son rival à la manière d'un Harry Potter. Le Bulgare Rossen Milanov, qui dirige l'orchestre, se prête fort bien au jeu.

Petrouchka partage le programme avec un autre ballet d'Igor Stravinski, le Sacre du Printemps (1913), sur une chorégraphie du Grec Andonis Foniadakis, ancien du Béjart Ballet Lausanne. L'oeuvre évoque le sacrifice d'une vierge devant permettre le retour du printemps.

Beaucoup plus sombre que Petrouchka, ce Sacre, résolument contemporain, laisse une danseuse seule en scène pendant la plus grande partie du spectacle, au risque de lasser le spectateur. Elle est finalement rejointe par six autres danseuses dont la danse rappelle celle de guerrières ou d'une tribu amazonienne, selon les mots de Foniadakis.

Après Genève jusqu'au 20 octobre, les deux ballets seront présentés à Paris au Théâtre national de Chaillot du 24 au 27 janvier.

A Chaillot puis en tournée,
Gallotta renoue avec ce « Cher Ulysse »

Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta renoue avec son thème obsessionnel d'Ulysse pour une quatrième version, « Cher Ulysse », à la fois fidèle et renouvelée et qui se veut moins optimiste, au Théâtre national de Chaillot à Paris puis en tournée.

Ce ballet à l'unique couleur blanche -- tenues des danseurs, immenses voiles pliées entourant la scène, lumière crue -- a été présenté en 1981 comme l'une des premières oeuvres de la « nouvelle danse » française.

« D'un art qui était réservé aux mémères, j'ai fait un rêve éveillé, une suite d'émotions », disait à l'époque le jeune chorégraphe grenoblois.

Qu'en est-il vingt-six ans après? Peut-être moins d'émotions et une impression de déjà vu, mais une danse qui transmet toujours au public le plaisir, l'énergie des danseurs, dont le nombre est passé de huit à quatorze, joyeux mélange de tailles, gabarits et générations.

La doyenne de la compagnie, Françoise Bal-Goetz, est là, et Gallotta lui-même intervient, un petit tabouret à la main pour s'asseoir et regarder ses danseurs, et un haut parleur pour déclamer son message: « la mélancolie ne passera pas ».

C'est la quatrième fois que le chorégraphe met en scène son Ulysse depuis 1981. Il y a eu 1993 et 1995 avec le Ballet de l'Opéra de Paris.

La pièce initiale était conçue en référence mais aussi en rupture avec le modèle américain que Gallotta avait connu dans son long séjour à New York, qui lui avait fait découvrir Merce Cunningham et Alwin Nikolais.

De retour à Grenoble avec sa compagnie, il avait monté des spectacles « underground » dans la rue et les usines désaffectées, puis le ludique « Ulysse », tout de sauts et courses.

Aujourd'hui, la musique de Strigall est plus stridente, violente, la lumière « s'est grisée », Gallotta dit de son personnage qu'il s'est « urbanisé ».

L'Odyssée est peut-être achevée.

Le spectacle devait être donné une dernière fois mercredi soir à Chaillot, puis à la MC2 à Grenoble (23-26 octobre), à la Comédie de Clermont-Ferrand (26 mars), à la Maison de la culture d'Amiens (6 mai) et au Bateau feu à Dunkerque (3 juin).

En outre, la Cinémathèque de la danse à Paris consacrera jeudi soir une « carte blanche » à Gallotta, invité à « montrer les images qui lui tiennent à coeur ».

A Caen, un opéra romain du XVIIe siècle
retrouve son éclat baroque originel

Eclairage à la bougie, chanteurs masculins même pour les rôles de femmes, costumes historiques, gestuelle étudiée: l'opéra sacré « Il Sant'Alessio » de Stefano Landi, compositeur romain du XVIIe siècle, a retrouvé mardi soir à Caen un éclat baroque digne de ses origines.

Cette nouvelle production sera donnée à nouveau jeudi et samedi au Théâtre de Caen sous la direction musicale du Franco-Américain William Christie, à la tête de son ensemble baroque Les Arts Florissants, et dans une mise en scène du jeune Benjamin Lazar.

Ce spectacle-événement est promis à un bel avenir: donné en version de concert à Londres (24 octobre) et New York (28 et 29), il retrouvera la scène les 21, 23 et 24 novembre au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, en 2008 à Nancy (24-30 janvier) puis Luxembourg (14 et 16 février) et à Genève en 2011.

La représentation programmée jeudi soir (20H00) à Caen sera même retransmise en direct sur internet (normandie.france3.fr), une première en France et un heureux paradoxe puisque l'innovation concerne ici un spectacle esthétiquement proche de ce qu'était l'oeuvre à sa création.

C'était en 1632: la puissante famille Barberini, dont un des membres était devenu pape neuf ans plus tôt sous le nom d'Urbain VIII, accueillait dans le théâtre de son palais la première représentation d'« Il Sant'Alessio » de Stefano Landi (1587-1639) sur un livret de Giulio Rospigliosi, futur Clément IX.

En pleine Contre-Réforme, ce drame sacré mettait logiquement à l'honneur un saint, Alexis, fils de sénateur au Ve siècle qui préféra renoncer aux plaisirs du monde terrestre pour vouer son âme au ciel, laissant une famille accablée de chagrin.

Devenu le petit prince de la scène baroque depuis son « Bourgeois gentilhomme » en 2004, Benjamin Lazar, 30 ans, réunit tous les ingrédients nécessaires pour faire de ce « grand sermon animé », selon ses mots, un captivant moment de théâtre lyrique.

La Rome monumentale chère au Bernin est évoquée dans ces pans de maisons ou palais qui se plient et se déplient au gré de l'action. Les costumes, colorés, sont variés pour habiller le patricien, le mendiant ou deux pages très bouffe tout droit issus de la commedia dell'arte. Même le carnaval qui animait Rome à l'heure de la création s'invite sans faute de goût sur ce plateau pour lequel l'éclairage partiel à la bougie, au sol, en fond de scène (brasier diabolique) ou en hauteur, fait office de superbe liant visuel.

Christie dirige en fosse de ses claviers (clavecin, orgue et régale) une partition nourrie d'un style récitatif éloquent -- mais aussi de choeurs solides et de poignants passages a cappella -- et qu'il connaît sur le bout des doigts, pour l'avoir déjà jouée il y a 25 ans et l'avoir enregistrée en 1995 (Erato/Warner).

La distribution mixte du disque a laissé place à un plateau conforme à celui de la création (castrats exceptés), c'est-à-dire sans femmes (elles n'avaient pas le droit de monter sur scène à Rome en 1632).

D'où un nombre exceptionnel de (neuf) contre-ténors, travestis (l'épouse ardente et pure du Croate Max Emanuel Cencic, la Mère façon Mamma de l'Espagnol Xavier Sabata) ou non (Philippe Jaroussky, tout en finesse dans le rôle-titre), et portant l'ambiguïté d'un opéra où le sacré n'étouffe pas toute sensualité.

Deuxième festival Picardie Mouv

La deuxième édition du festival Picardie Mouv aura lieu du 18 au 28 octobre dans plusieurs communes de la région, Saint-Quentin, Tergnier, Hirson (Aisne), Creil, Beauvais (Oise), Longueau et Amiens (Somme).

Quelque 50 artistes sont au programme de cette deuxième édition, tous styles confondus: funk avec Fred Wesley, reggae avec Winston McAnuff ou Lee Perry, électro avec le label Ed Banger (celui du duo Justice, qui sera présent pour un DJ set le 26 octobre à Longueau), pop et chanson avec le Québécois Pierre Lapointe, Florent Marchet, Vanessa Paradis et Brigitte Fontaine, jazz et hip hop avec Erik Truffaz et Abd Al Malik ou musiques tziganes avec Goran Bregovic.

L'un des programmateurs de Picardie Mouv est Mustapha Terki, créateur au Québec du festival MEG de Montréal.

Le Gibus fête ses 40 ans

La salle parisienne du Gibus fête ses 40 ans avec la sortie d'un livre signé par les journalistes Philippe Manoeuvre, Jean-William Thoury (ancien manager du groupe Bijou), Damien Almira et Busty.

Cet ouvrage, intitulé « 40 ans de musiques au Gibus » (192 pages, 30 euros), retrace l'histoire de ce lieu fameux qui, à l'origine, faisait à la fois office de salle de concert, boîte de nuit et pizzeria. En 40 ans, le Gibus a vu défiler de nombreux courants musicaux: le punk à la française, la scène pop-rock hexagonale des années 80 (Taxi Girl, Téléphone...), la french touch électro dans les années 90 ou, plus récemment, les « bébés rockers » parisiens comme Naast ou les Plastiscines.

L'établissement organise en outre trois soirées anniversaire vendredi, samedi et dimanche, animées par de nombreux DJ.

Hugues Aufray promène son tipi
à travers la France

Hugues Aufray est en tournée en France et s'arrêtera pour trois soirées à L'Olympia à Paris, vendredi, samedi et dimanche, avant Lyon, Aix-en-Provence ou Nice dans les semaines qui viennent. Le chanteur, âgé de 78 ans, présente sur scène son dernier album, « Hugh! » (Mercury/Universal), paru fin septembre.

Ce disque, sur la pochette duquel Hugues Aufray a des allures de vieux chef indien, est composé de quinze chansons aux sonorités country-folk acoustiques indissociables de son identité musicale. Car la musique folk a marqué toute la carrière de cet amoureux des chevaux et de la nature, qui fut l'un des premiers Français à découvrir Bob Dylan.

Par ailleurs, il publie une autobiographie intitulée « Droit dans mes santiags » (éd. Didier Carpentier, 176 pages, 30 euros), préfacée par Renaud et illustrée de nombreuses photos.

La maison de disques Warner réédite trois de ses albums pour la première fois en CD, « Garlik » (1972), « Nicole » (1973) et « Aquarium » (1976).

Grève jeudi : le spectacle aussi

Un préavis a été déposé par l'ensemble des organisations syndicales de l'Opéra de Paris pour défendre leur régime spécial. Les soirées prévues à l'Opéra de Paris et à la Comédie-Française sont annulées. Plusieurs syndicats CGT, journalistes et techniciens, de France 2 et France 3 protesteront aussi pour la défense de leurs salaires et de leurs retraites.

  Actualités du 19 octobre 2007

Vendredi 19 octobre, Florac(Lozère)
Centre Culturel La Genette verte

Troubadours Art Ensemble
Concert pédagogique (10h.)

Alem Surre-Garcia
L es Orients d’Occitanie (conférence, 18 h)

Concert Paco Ibanez
A flor de tiempo (21 h.)

2e Festival
Les Troubadours
Chantent L’Art Roman
en Languedoc-Roussillon
(23 mars au 19 octobre 2007)

Outre le fait symbolique de lier, Troubadours et Art roman, la création d’un festival consacré à la poésie chantée des troubadours du Monde est l’occasion d’attirer l’attention sur la culture occitane à la lumière d’une invention artistique universelle, l’art de trobar, toujours renouvelée. Un art d’inventer des chansons sur tous les sujets et qui reste aujourd’hui un aiguillon venant bousculer les idées reçues. Un art de chanter son engagement artistique dont on retrouve les échos lyriques dans la plupart des cultures musicales européennes, africaines, indiennes, arabes, asiatiques… Un art d’être troubadour, au sens premier du terme de trouveur et d’inventeur de mots et de sons, et qui s’inscrit dans une esthétique artistique largement partagée dans le monde entier.

Cette année a été l’occasion de découvrir ou de redécouvrir, en des sites magnifiques de l’art roman du Languedoc-Roussillon, des artistes de grand talent porteurs de la parole libre des troubadours parmi lesquels Sapho, Bevinda, Paco Ibañez, André Minvielle, Fawzi Al Aiedy, Ravi Prasad, Junko Ueda, Erransa, Equidad Barès, Joia, Witiza, Flor Enversa, Troubadours Art Ensemble, Alegransa, Ghaetta, Saurimonda, Rosa Salvatja, Balkanes…

Gérard Zuchetto, direction artistique
Trob’art Productions

Il rencontre Georges Brassens en 1963. Il le chantera plus tard en espagnol et en catalan. En 1964, il sort son 1er album sur des poèmes de Lorca avec un dessin de Salvador Dali sur la pochette.

En 1968, on le rencontre sur toutes les scènes engagées de France et d’Espagne.

Interdit en Espagne en 1971, il continue depuis cette date à clamer « la suprématie de l’homme sur le pouvoir et l’argent » et « l’éveil des consciences face aux totalitarismes de tous poils ». Paco Ibàñez n’a jamais lui-même écrit de chansons (ou n’a jamais chanté ses textes) mais a mis en chanson tous les poètes majeurs d’Espagne et d’Amérique latine.

Il a enregistré plus d’une vingtaine d’albums en quelque quarante ans, la plupart disponibles en CD.

Découvrir Paco IBANEZ reste un énorme plaisir pour peu qu’on soit sensible aux mélodies de la guitare et de la langue espagnoles, à la poésie et à la chanson rebelle.
http://www.aflordetiempo.com/  


http://www.troubadours-ensemble.com

Troubadours Art Ensemble s'est constitué au fil des années autour de Gérard Zuchetto, chercheur, auteur, compositeur et interprète des troubadours.

La recherche, comme voyage dans l'Art de Trobar, ainsi que l'interprétation vivante des chansons des troubadours s'appuient sur la connaissance du Moyen Age occitan et du contexte poétique et musical de cet art lyrique. En parfaite conscience du sens profond des Cansos et en “trouvant” mots et mélodies dans les sonorités des instruments traditionnels et contemporains, les ornementations vocales, Troubadours Art Ensemble donne à écouter une approche personnelle et originale de ce répertoire.

« Du rebec monoxyle au Cristal Baschet, Sonorités premières de la langue occitane et des instruments anciens de Méditerranée. Cansos de trobar et compositions contemporaines.

Notre musique naît dans l’essence de l’idée, le gaubi, le feeling, le tarab… et d’un art lyrique occitan au fil du temps nourri des mots et des musiques d’une terre aux milles passages. »

ALEM SURRE GARCIA
Les Orients d’Occitanie

Philosophe, homme de théâtre, écrivain, conférencier, il porte l'héritage des carrefours historiques entremêlés du monde ouvrier des Pyrénées centrales avec ses fraternités de classe entre montanhòus occitans et émigrés espagnols, mais aussi des temps plus lointains, où se sont croisées les Espagnes juives, arabes, chrétiennes et l'Occitanie. Il n'a de cesse d'énoncer, de révéler les influences andalouses et mozarabes - longtemps occultées - sur le patrimoine occitan.

Pour le domaine musical, Alem Surre-Garcia, a écrit « Contra Suberna », cantate de Gualtiro Dazzi créée à la Halle aux Grains, Toulouse, 1998 ; « La légende de Jaufre Rudel », création musicale de Vicente Pradal, Toulouse, 2000 ; « Milgrana Clausa », oratorio composé par Gérard Zuchetto et Sandra Hurtado pour instruments d'hier et un son d’aujourd'hui, Sédières 2001.

Rens. et réservations : 04 66 45 23 60

Le maire de Rio déclare la bossa-nova
patrimoine culturel de la ville

La bossa-nova, genre musical brésilien issu de la samba et du jazz, a été déclarée « patrimoine culturel » de la ville de Rio de Janeiro par son maire César Maia dans un décret publié au Journal officiel municipal.

La mesure précède les commémorations prévues l'an prochain pour les 50 ans du genre lancé internationalement en 1958 avec le disque « Chega de Saudade » de Joao Gilberto, écrite par Tom Jobim pour la musique et Vinicius de Moraes pour les paroles.

La bossa-nova remporta un succès planétaire en 1963 avec « A Garota de Ipanema » (The Girl from Ipanema, en anglais), des mêmes auteurs, interprété par Joao et Astrud Gilberto avec le saxophoniste américain Stan Getz, l'un des disques les plus vendus au monde.

« Décréter la bossa-nova patrimoine culturel, veut dire donner des responsabilités au pouvoir public sur sa préservation et sa divulgation de façon permanente », a déclaré mercredi M. Maia.

Les spécialistes apprécient diversement l'initiative du maire.

« La bossa-nova n'est pas un animal en voie de disparition. Il y a plus de disques aujourd'hui qu'il y a 40 ans. Elle n'est pas dans les hit parades mais c'est un genre pratiqué par toutes les générations », a estimé Ruy Castro, auteur du livre « Rio Bossa Nova ».

Le chanteur compositeur Carlos Lyra considère au contraire que la mesure sera utile. « Si quelqu'un demande où écouter de la bossa-nova à Rio la réponse est: nulle part. » Selon lui, la bossa-nova est aujourd'hui plus populaire en Europe ou au Japon qu'au Brésil.

Le Choeur de Radio France,
fête ses 60 ans

Le Choeur de Radio France, seule formation vocale professionnelle française à vocation symphonique, a célébré mercredi soir ses 60 ans lors d'un concert à Paris dirigé par trois chefs qui l'ont marqué et par son actuel directeur musical, l'Allemand Matthias Brauer.

La Radiodiffusion française a commencé à faire appel à des choeurs dès la constitution dans les années 1930 de ses orchestres, le National (1934) et le Radio-symphonique (1937, futur Philharmonique).

Mais il a fallu attendre 1947 pour commencer à parler de « Chorales de la Radiodiffusion nationale », fortes de chanteurs titulaires et appelées à devenir le Choeur de Radio France en 1975.

Aujourd'hui, cet ensemble au nombre de chanteurs exceptionnel en Europe (110 membres permanents) accompagne régulièrement les deux orchestres et la Maîtrise de Radio France dans les grandes pages chorales du répertoire (opéras, oratorios, messes, symphonies avec choeur...).

Il assume par ailleurs ses propres programmes, a cappella, dans des églises parisiennes: Saint-Eustache l'accueille ainsi pour son concert-anniversaire enregistré par France Musique, qui le diffusera le 31 octobre (10H00).

Au pupitre de direction, quatre chefs de choeur, quatre tempéraments, quatre répertoires du XVIIe au XXe siècle.

Norbert Balatsch, invité récurrent du Choeur de Radio France depuis plusieurs années, ouvre le concert avec quatre motets de l'Autrichien Anton Bruckner. Le Viennois maîtrise ce répertoire, mais le relief qu'il lui donne devient très massif avec un effectif aussi pléthorique. En outre, l'acoustique fuyante de Saint-Eustache trahit les limites du pupitre de sopranos, dont les aigus s'effilochent.

Autre invité régulier, le Russe Vladislav Tchernouchenko s'exprime lui aussi dans son idiome en dirigeant des pièces du compositeur du XXe siècle Georgy Sviridov, au langage archaïsant d'inspiration profane ou sacrée. Plus que les oeuvres, c'est le fondu sonore obtenu par le chef, qui a pris soin de mélanger les pupitres, qui suscite l'intérêt.

Ancien directeur musical (1986-1990), Michel Tranchant sert un répertoire français, évidemment une spécialité du choeur, qui fait entendre de belles mixtures de timbres dans un « O sacrum convivium » de Messiaen au temps étiré.

Mais le bonheur de la soirée vient du dernier chef, Matthias Brauer, en poste depuis septembre 2006: ses motets de Schütz -- un Dresdois comme lui --, prouvent que le choeur n'est pas hors sujet en musique ancienne s'il est bien proportionné (30 chanteurs), dirigé avec clarté et soucieux du texte.

Dommage que la soirée n'ait pas comporté de création, pourtant un point fort du choeur, qui pourra se rattraper le 9 décembre à Montpellier avec la première mondiale d'une oeuvre de Claude Lefebvre et une commande passée à François-Bernard Mâche pour 2008.

Waflash, un groupe « de bled »
qui refuse la migration

Faire une carrière musicale sans s'installer dans la capitale? Impossible, avait-on dit à Mags et à ses amis lorsqu'ils ont formé le groupe Waflash il y a 18 ans à Thiès (70 km de Dakar). Aujourd'hui, ils sont sollicités au Sénégal et à l'étranger, tout en restant, disent-ils, « au bled ».

« Waflash a été le premier groupe sénégalais n'étant pas de Dakar qui arrive à s'imposer au niveau national et à tourner au niveau international, tout en restant au 'bled' », affirme à l'AFP Mags, surnom de Magatte Thiam, claviériste de cette formation de neuf membres, dont une seule femme: Ma Sané.

« On a montré que c'était possible de continuer à faire la musique et de rester dans son 'bled' parce qu'au Sénégal, dans la tête de beaucoup, Thiès est à l'autre bout du monde! », explique-t-il.

Une gageure dans le pays où « tout est concentré dans la capitale: les moyens de production, de promotion, les producteurs, tout le gotha, tous les gens qui travaillent dans la musique ».

Dans la « bande de copains passionnés de musique » ayant pour la plupart gardé sur scène leur surnom d'enfance, le sentiment n'a pas varié d'un pouce. « Pas question de quitter Thiès! », assure « Toto », guitariste solo.

Pour Waflash, parti de rien et qui prépare son huitième album, « c'est une fierté » de n'y avoir pas dérogé, soutient Mags.

A voir les nombreux tags mentionnant « Waflash » ou « Ma Sané » sur les murs de leur ville, cette « fierté » semble partagée à Thiès. En outre, de nombreux jeunes Thiéssois indiquent sans peine leur quartier au visiteur.

La popularité du groupe se vérifie aussi à l'applaudimètre lors des concerts, comme ce 15 octobre à l'ex-Centre culturel français (CCF) de Dakar, où le groupe s'est produit gratuitement devant un public où se trouvaient des responsables des CCF d'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Il a navigué entre les styles: salsa, reggae, acoustique... sans oublier l'incontournable « mbalakh » local (musique très percussive). Le tout avec beaucoup d'humour et un plaisir ayant rejailli sur les spectateurs, qui l'ont exprimé en tapant des mains ou chantant en choeur à la demande de Ma Sané, petit bout de femme à la voix de velours et à la forte présence scénique.

Pourtant, se souvient Mags, « la première fois qu'elle a pris un micro, c'était juste pour chantonner » lors d'une des répétitions organisées à l'époque au domicile de la jeune fille.

« Elle devait juste reprendre un morceau de l'un des chanteurs du groupe, son oncle. Elle a mieux chanté que lui, du coup, elle lui a pris sa place », poursuit-il en riant.

C'était en 1988-1989, « année (scolaire) blanche au S&