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Musicologie.org 2007
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil

Actualité musicale

1er - 10 octobre 2006

 


Actualités musicales du 1er octobre 2006  

Répertoire et pédagogie
du piano contemporain :
l'atelier Musica Temporalia / Martine Joste
ouvre à nouveau ses portes
pour la quatrième année

Pour la quatrième année consécutive, l’association MUSICA TEMPORALIA reprend l’atelier Répertoire et pédagogie du piano contemporain animé par la pianiste Martine JOSTE – opération menée en partenariat avec la ville des Lilas. Les séances auront lieu au conservatoire Gabriel-Fauré des Lilas (93), chaque jeudi matin du 4 octobre 2007 au 26 juin 2008.

Lors des sessions 2004/2005 et 2005/2006, plusieurs concerts réunissant participants de l’atelier et élèves du conservatoire ont été programmés. L’un d’eux, plus spécialement consacré aux œuvres de Gérard Pesson, a eu lieu en sa présence. Par ailleurs, le compositeur japonais Susumu Yoshida est venu donner une conférence, que des participants ont illustrée par certaines de ses pièces. Les Sonates et Interludes pour piano préparé de John Cage ont été étudiées et jouées par une dizaine de participants à l’atelier au cours de deux journées de masterclass publique conduites par le pianiste Gérard Frémy. Des visites thématiques ont été organisées chez un restaurateur et collectionneur parisien de pianofortes d’une part et autour des pianos Carrillo en micro-intervalles se trouvant au C.N.S.M. de Paris, d’autre part.

La session 2006/2007, consacrée à l’œuvre de Sylvano Bussotti, a été couronnée par les Journées Sylvano Bussotti, organisées aux Lilas en partenariat avec Le Triton, la ville des Lilas, et avec le soutien de la SACEM et du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Reprenant la formule des sessions précédentes, ces deux journées ont réuni sur scène participants de l’atelier et élèves du conservatoire (musiciens et danseurs), mais aussi Sylvano Bussotti lui-même au piano, lequel a répondu avec enthousiasme à l’invitation de MUSICA TEMPORALIA et a créé dans ce cadre Silvano, Sylvano « version Les Lilas ». Cette riche session 2006/2007 a accueilli également deux intervenants : Nicolas Stavy, pour une masterclass autour du répertoire classique, et Pierre Malbos, pour une séance consacrée à la facture du piano.

Au cours de la session 2007/2008 seront principalement abordées des œuvres de György Kurtág, George Crumb et John Cage. Toute autre œuvre du répertoire contemporain que les participants souhaiteraient étudier sera la bienvenue. En outre, les 19 et 20 mai 2008, aura lieu aux Lilas une manifestation intitulée Hommage à György Kurtág et timbres insolites, alternant les Jatékok pour piano du maître hongrois avec des pièces d’Olivier Messiaen, de Bruce Mather, de Tristan Murail et de Pascale Criton, utilisant notamment le piano en 1/16ème de ton et les ondes Martenot.

Professeurs de conservatoire, d’école de musique, étudiants, l’atelier Répertoire et pédagogie du piano contemporain s’adresse à vous. Les modalités de participation à celui-ci sont précisées sur la fiche d’inscription ci-jointe (format PDF) et vous trouverez sur notre portail internet, actualisées en temps réel, des informations sur le programme pédagogique des séances (http://spaces.msn.com/musicatemporalia ).

Outre la possibilité de participer à cet atelier, vous pouvez aussi devenir simplement membre de l’association, afin d’être tenu(e) informé(e) de ses activités et de soutenir ses projets futurs. Vous rejoindrez ainsi les adhérents, de plus en plus nombreux, qui nous permettent de pérenniser notre action.

MUSICA TEMPORALIA - 5 rue Mercier 93600 AULNAY SOUS BOIS - musicatemporalia@free.fr 09.50.70.52.98 – 06.99.16.85.56 - http://spaces.msn.com/musicatemporalia

Le Bac musique 2008,
fiches de synthèse,
l'indispensable à connaître

La Lettre du Musicien publie un dossier spécial de 12 pages. On y trouvera la liste des oeuvres des options facultatives, toutes séries, ainsi que celles au programme de l’enseignement de spécialité, série L. Pour chacune de ces oeuvres, nous donnons un aperçu synthétique de ce que l’élève doit savoir, assorti de conseils pratiques pour les élèves, de recommandations aux professeurs, d’indications bibliographiques et discographiques, de sites Internet conseillés… Professeurs et candidats pourront ainsi aborder l’épreuve en toute confiance. En vente dans les librairies musicales ou par correspondance. Pour tous renseignements : 01.56.77.04.00 – http://www.la-lettre-du-musicien.com (n° 347 – 1er octobre)

Nouveau site Brahms :
base relationnelle d'articles hypertextes
 sur la musique du XXe siècle

Base de documentation et outil de recherche le plus demandé sur la musique contemporaine, le site Brahms change de moteur, de design, et voit ses contenus s'enrichir. Brahms rassemble quelque 600 biographies de compositeurs, 8000 fiches-oeuvres, des textes esthétiques ou analytiques, entre lesquels l'internaute - musicien, musicologue, professionnel ou simple mélomane - circule de manière intuitive.

Recentrage sur le domaine contemporain post-1945, textes esthétiques inédits retraçant le parcours des grandes figures de la musique contemporaine, par des musicologues de référence, module de recherche très pointu, à partir du genre ou de l'effectif détaillé des oeuvres, sont quelques-unes des nouveautés qui ont présidé à la refonte de Brahms. ouverture du site lundi 1er octobre : http://brahms.ircam.fr

Caetano Veloso,
est toujours un monument vivant
de la chanson brésilienne

Caetano Veloso, qui sera en concert le 3 octobre à Bruxelles, le 5 à Toulouse, le 7 à Lyon et le 9 à Paris (Zénith), est un monument toujours bien vivant de la chanson brésilienne, dont il demeure au sommet depuis près de quarante ans.

Musicien éclectique, il continue d'épouser à 65 ans les évolutions de la musique populaire brésilienne, et sera accompagné lors de ces concerts par quelques jeunes musiciens de son dernier disque, « Cê » (Universal), paru fin 2006 et ouvertement rock.

Caetano Veloso fut, en 1967, l'un des acteurs avec Gilberto Gil du « tropicalisme ». Parti de Salvador de Bahia, ce mouvement secoua à l'époque le paysage musical brésilien, en incluant à la samba et à la bossa, qui dominaient alors le marché, les harmonies et sonorités de la pop music anglo-saxonne.

Son aspect contestatataire, en pleine dictature, valut au jeune chanteur de l'époque un séjour en prison et un exil de quelques années en Angleterre.

Depuis son premier disque paru il y a 40 ans, ce touche-à-tout de génie s'est toujours maintenu au sommet en conservant sa liberté de choix artistiques.

Caetano Veloso peut interpréter des ritournelles sud-américaines en espagnol, rendre hommage à Fellini, enregistrer le disque « Noites do Norte », paru en 2001 où voisinent percussions africaines, guitares électriques et sons électro, sans oublier des sambas aux sompteux arrangements de cordes.

En préambule à sa venue en France, Universal publie « Lingua », un florilège de ses chansons de diverses périodes interprétées en plusieurs langues: portugais, anglais, français, espagnol, italien.

« Lingua » est la preuve que la curiosité et l'ouverture d'esprit ont toujours présidé à l'oeuvre de Caetano Veloso. « Sur mon île » d'Henri Salvador, considéré comme le précurseur de la bossa nova, y voisine avec une version acoustique de « Help » des Beatles, « Nine out of Tain », un reggae-pop enregistré en 1974, ou « Cambalache », un tango datant de 1969.

« Cê », son dernier album, voit ce maître de la chanson brésilienne s'attaquer au rock malgré ses tempes grisonnantes, entouré de jeunes musiciens brésiliens amis de son fils.

Car Caetano a passé le témoin à son fils Moreno Veloso, qui fait partie des principaux représentants d'un mouvement né au début du siècle, voyant une nouvelle vague amadouer l'électronique pour donner une nouvelle vie à la musique brésilienne.

Le « Oogly boogly » débarque
pour la première fois en France à Pantin

Le « Oogly Boogly », atelier de danse pour les bébés, a fait son apparition pour la première fois en France samedi et dimanche à Pantin (Seine-Saint-Denis) au Centre national de la danse, où une quinzaine de danseurs et chorégraphes animaient des ateliers exceptionnellement ouverts aux amateurs.

Le « Oogly Boogly »? Une danse spontanée pour les bébés de 12 à 18 mois qui déambulent librement à l'intérieur d'un espace de jeu et interagissent petit à petit avec des comédiens qui imitent les mouvements des petits qui deviennent metteurs en scène devant leurs parents.

Samedi, huit bébés et leurs parents ont pris place durant 45 minutes sous un chapiteau gonflable multicolore installé dans la cour extérieure du grand bâtiment en béton qui abrite le Centre national de la danse (CND). Durant tout le week-end une quinzaine de chorégraphes et danseurs, dont la célèbre Marie-Claude Pietragalla, y animaient des ateliers allant de la danse classique, au hip-hop, en passant par la rumba ou encore le pasodoble.

Pour l'occasion, la chorégraphe andalouse Blanca Li, accompagnée de danseurs, musiciens et DJ, a transformé samedi soir le grand studio du CND en véritable cabaret, pour un music-hall très créatif.

Intriguée par l'atelier du « Oogly Boogly », la chorégraphe Espagnole, brune et filiforme, s'est d'ailleurs prêtée au jeu samedi avec son fils d'un an et en est ressortie « conquise », « prête à recommencer », tout en souhaitant que « ce concept puisse être repris dans les crèches ».

Marion, 35 ans, est elle venue de Paris avec son fils Virgil, 18 mois, petit blond très tonique qui a donné un rythme endiablé à l'atelier, se montrant très à l'aise au milieu des comédiens. « Je ne suis pas très surprise du résultat car il a l'habitude de danser à la maison, cet atelier est une belle découverte, qui joue sur la spontanéité des enfants entre eux, c'est génial », a-t-elle déclaré.

Beaucoup plus discrète que le petit Virgil, Loïs, 18 mois, petite tête brune avec de grands yeux verts est restée une bonne partie de l'atelier sur les genoux de son papa, observant les mouvements incessants des autres bébés, reproduits par les comédiens. « C'est étonnant de voir le reflet de son enfant par les comédiens qui imitent ses gestes », « elle est très calme alors qu'à la maison elle bouge beaucoup », elle « a fini par comprendre le jeu d'imitation, c'est à partir de là que le jeu devient intéressant », a raconté Etienne, 37 ans, papa de Loïs.

« C'est une célébration de l'être spontané, on a l'habitude d'encourager les enfants à nous imiter mais là, c'est l'inverse, c'est l'enfant qui est au centre du jeu, et les comédiens amplifient ses mouvements, pour arriver à un vrai spectacle, a expliqué à l'AFP Sinead Rushe, comédienne londonienne de l'atelier du Oogly boogly ».

Il a été créé « en 2002 en Angleterre », « un peu par hasard », « par un metteur en scène et un acteur lors d'une soirée ou le premier imitait les mouvements de l'enfant du second », a expliqué Mme Rushe. Depuis, le collectif de huit danseurs et comédiens officie en Angleterre dans des centres pour enfants et a déjà fait voyager l'atelier au Portugal, en Hollande, en Irlande, en Australie et en Suède, a-t-elle ajouté.

Sinead et son équipe espèrent « pouvoir implanter durablement le Oogly Boogly en France » à l'image de « la Suède où des personnes vont être prochainement formées pour assurer des cours à leur tour ».

Derniers rodages pour l'Opéra de Pékin
après une décennie de rebondissements

Les danseurs esquissent leurs premiers pas, le vacarme des scies électriques laisse place à des mélodies plus harmonieuses: après dix ans de controverses et de rebondissements, la saga du nouvel Opéra de Pékin de l'architecte français Paul Andreu tire à sa fin, mais la programmation et son rôle restent à trouver.

Le 25 septembre, pour le début de la dernière période de rodage avant l'ouverture officielle à la fin de l'année, un célèbre opéra révolutionnaire a tenu l'affiche: « Le détachement féminin rouge ».

Une couleur en harmonie avec les fauteuils de la salle pour un parterre de d'ouvriers migrants et de résidents expulsés en raison des travaux, selon la propagande officielle.

A l'occasion de la Fête nationale, date de la création de la Chine communiste, et avant le Congrès du Parti communiste chinois du 15 octobre, une série de spectacles sont donnés au Grand Théâtre national, son nom officiel, notamment l'incontournable « Lac des Cygnes ».

Après presqu'une décennie de controverses et de critiques à l'encontre de cette oeuvre d'une modernité inédite en Chine, l'heure est à l'apaisement, à l'image de ce plan d'eau tranquille entourant cet immense bâtiment en forme d'oeuf, près de la Cité interdite, qui a coûté trois milliards de yuans (282 millions d'euros), et autour duquel se pressent de nombreux visiteurs.

L'architecte française Paul Andreu, sélectionné en 1998 par les autorités chinoises, ne cesse d'arpenter le lieu. Il se déclare soulagé de voir bientôt s'achever ce « marathon » qui a même connu un arrêt de chantier tellement la polémique faisait rage.

« Mon impression après dix ans de travail, c'est qu'on est arrivé au bout de ce qu'on voulait en gros. Je veux dire qu'on a bien construit le projet qu'on avait proposé, on l'a modifié beaucoup mais toujours dans un sens d'amélioration », dit-il à l'AFP.

Cette grande coquille de titane et de verre renferme trois salles: la grande consacrée au ballet et à l'opéra (jusqu'à 2.500 places) est flanquée de deux plus petites, l'une pour la musique (2.000 places), très lumineuse où le blanc prédomine et où l'orchestre pourra être vu de tous les côtés, l'autre pour le théâtre (1.100 places).

Elle sont accessibles par un tunnel souterrain, éclairé par la lumière tamisée par l'eau du bassin qui se trouve au-dessus des têtes.

Les trois salles sont indépendantes, comme posées dans un écrin, flanquées de grands couloirs, ce qui, selon son créateur, doit permettre à ceux qui ne vont pas forcément au spectacle de circuler.

« Le but est d'avoir un bâtiment toujours vivant », dit Paul Andreu, montrant également les endroits prévus pour recevoir des commerces ou des expositions.

« La Chine n'a pas tellement de bâtiments publics à se mettre sous la dent, les Chinois en voient beaucoup, mais combien leur sont ouverts? », se demande-t-il?

« La musique en général ne peut pas rester réservée à un public de vieux, à une élite esthétiquement experte mais vieillissante », souligne-t-il.

Cependant, pour l'instant, les badauds de cette zone particulièrement touristique, près de la Place Tiananmen, sont tenus à l'écart.

« Je le trouve merveilleux, c'est un nouveau théâtre pour notre pays, j'espère pouvoir y entrer un jour mais ça a l'air difficile pour le moment », témoigne une étudiante de la province du Shandong (est), Zhang Ning.

Pour l'instant, rien n'a percé officiellement sur que ce sera vraiment la programmation et l'utilisation du lieu.

« Ils sont en train de se chercher », constate Paul Andreu, remarquant que les responsables de l'exploitation ont été nommés il y a peu.

Li Changchun, grand chef national de la culture a rendu une visite il y a quelques jours, exhortant la direction du Grand Théâtre à concilier « les intérêts économiques et ceux de la société », en proposant des spectacles à prix réduits, voire gratuits. M. Li est aussi responsable de la propagande du parti. L'avenir dira si le projet de Paul Andreu n'a pas été trahi.

Les « Rumeurs » d'Yves Simon,
chanteur et écrivain... ou l'inverse

Pour Yves Simon, 2007 est « l'année où musique et littérature s'imbriquent »: parution de son douzième roman en janvier, d'un « dictionnaire intime » en septembre, retour sur scène en juillet après 30 ans d'absence et sortie lundi de son douzième album, le très réussi « Rumeurs ».

« Ca m'a toujours convenu d'être dans ces deux mondes: la musique et l'édition, avec moins de jeunesse, plus d'intellect. J'aime avoir côtoyé Michel Foucault et avoir été l'ami de Gainsbourg, Gérard Manset ou Jean-Jacques Goldman », explique-t-il à l'AFP, attablé au café de Flore, emblème de Saint-Germain-des-Prés.

Yves Simon, 63 ans, est un personnage à part dans le paysage culturel français, à la fois chanteur et écrivain... ou l'inverse, puisqu'il navigue de l'un à l'autre avec un égal bonheur depuis 1971.

« Les gauloises bleues » (1972), « Au pays des merveilles de Juliet » (1973) ou « Diabolo menthe » (1977) ont marqué la chanson française et son septième roman, « La dérive des sentiments », lui a valu le prix Médicis en 1991.

« A mes débuts, dans le monde de la littérature, on avait une certaine condescendance pour le chanteur, se souvient-il. Or, la chanson est un art difficile, avec beaucoup plus de contraintes que le roman ».

« Si j'avais pensé une seule fois que le roman était supérieur, j'aurais arrêté la chanson. Je les mets à égalité », assure-t-il.

C'est plus vrai que jamais cette année. Yves Simon a publié en janvier le roman « Je voudrais tant revenir » (Seuil) puis, en septembre, « Epreuve d'artiste » (Calmann-Lévy), « dictionnaire intime » où l'on croise Gainsbourg, François Mitterrand ou Zelda Fitzgerald.

En juillet, aux Francofolies de La Rochelle puis de Spa, il a retrouvé la scène après une parenthèse de 30 ans. Et lundi, il sort « Rumeurs » (Barclay/Universal), bel album de 13 chansons intimistes au parfum folk, cocon boisé où les guitares acoustiques sont souveraines.

Ce retour au disque, huit ans après « Intempestives », a été motivé par trois raisons.

D'abord, un pari amoureux avec sa compagne, dont il est beaucoup question dans l'album. Cordon bleu émérite, elle lui a proposé un marché: des bons petits plats contre des chansons. « Je composais quand elle cuisinait puis je chantais quand elle avait terminé », sourit-il.

La deuxième raison a encore trait à sa compagne: « Elle m'a dit: C'est immoral d'avoir ce talent et de ne pas l'exercer ».

Enfin, il éprouvait un « sentiment de déséquilibre, de sclérose » né du fait que la littérature avait pris le pas sur la musique.

« Rumeurs » chante l'amour, thème de prédilection de cet éternel séducteur.

La fragile « J'ai peur » est un écho au fait qu'il ne s'est « jamais marié par peur d'être enfermé à l'intérieur d'une femme ». « La métisse » célèbre les origines caribéennes de sa compagne et la loi Taubira, qui « fait de l'esclavage un crime contre l'humanité ». Et « Patrice » est « un cadeau » à ladite métisse, ainsi prénommée.

D'autres thèmes traversent l'album: le temps qui s'enfuit dans « Aux fenêtres de ma vie » (avec Françoise Hardy) ou l'enfant qu'il n'a jamais eu dans l'émouvante « Cet enfant ».

Les ovations debout du public des Francofolies lui ont donné envie de renouer avec les tournées. Il a prévu quelques concerts début 2008, un Olympia le 12 mars avant les festivals puis une tournée d'automne.

Des échéances qu'il voit arriver avec gourmandise: « Tout est exaltant en ce moment, je n'ai pas envie de gâcher ça en jouant les précieux ».


Actualités musicales du 2 octobre 2006  

2 octobre 2007
Théâtre de Vanves

Biréli Lagrène
Franck Wolf : saxophones
Hono Winterstein : guitare
Diego Imbert : contrebasse

Biréli Lagrène, que l’on a longtemps nommé « le Mozart du jazz manouche » et qualifié de « nouveau Django », a toujours su multiplier les rencontres, rechercher la compagnie d’autres sonorités, créant chaque fois une histoire pleine de rêves et de nostalgie, de tendresse, de délicatesse. Sans jamais sacrifier à la mode quelle qu’elle soit, Biréli sait toujours nous révéler des surprises. Toujours occupé à susciter de nouvelles expériences, à découvrir de nouveaux paysages, Biréli Lagrène a su garder à l’univers de Django toute  a fraîcheur poétique ; il a également retenu de l’univers du maître la leçon du risque, de l’aventure, de l’expérimentation, sans jamais oublier l’amour du son.

Tarif : 23 €, 20 € —  Théâtre de Vanves 12, rue Sadi Carnot - 92170 Vanves / Tél. 01 41 33 92 91 — Métro Ligne 13, Malakoff-Plateau de Vanves, Bus 58 – 89 (Lycée Michelet) - 126 (Vanves-Centre administratif)

 Radiohead laisse le public
fixer le prix de son album
disponible le 10/10

Le groupe de rock anglais Radiohead a annoncé lundi la sortie le 10 octobre de son septième album, intitulé « In Rainbows », téléchargeable depuis internet à un prix que le public est libre de fixer.

« Bonjour tout le monde, le nouvel album est terminé, et il sort dans dix jours. Nous l'avons appelé In Rainbows. On vous aime tous. Jonny », a indiqué lundi sur le site internet du groupe le guitariste Jonny Greenwood.

En cliquant sur le nom de l'album, l'internaute se retrouve en quelques secondes transporté sur le site consacré à ce nouvel opus (www.inrainbows.com) où il peut alors s'inscrire pour télécharger l'album de dix chansons à partir du 10 octobre.

Pour le prix, « c'est comme tu veux », indique le site sur la facture.

Le groupe originaire de la région d'Oxford a également élaboré un coffret coûtant 40 livres (57 euros) qui ne sera fabriqué que sur commande et livré à partir du 3 décembre.

Ce coffret contient l'album sur CD et vinyle, ainsi qu'un second CD avec huit nouvelles chansons supplémentaires et des photographies digitales. Le coffret comporte également des livrets de paroles de chansons et des illustrations.

Selon le site du magazine de musique NME, l'album pourrait sortir de manière traditionnelle dans le commerce au début de l'année prochaine.

Radiohead est composé de cinq membres: Thom Yorke (chant), Jonny Greenwood (guitare), Ed O'Brien (guitare et choeur), Colin Greenwood (basse) et Phil Selway (batterie).

Le groupe a connu un grand succès commercial mondial et critique depuis son album « OK Computer » en 1997. Ses trois derniers opus, « Kid A », « Amnesiac » et « Hail to the Thief » ont été numéro un des ventes d'albums en Grande-Bretagne et parmi les trois premiers aux Etats-Unis.

Le groupe, qui a achevé son contrat pour 6 albums avec EMI en 2004, a indiqué en 2006 ne plus être sous contrat avec une maison de disques.

François Le Pillouër
est élu président du Syndeac
(scènes subventionnées)

François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de Bretagne (TNB) à Rennes depuis 1994, a été élu lundi président du Syndeac, le principal syndicat d'entrepreneurs du spectacle vivant subventionné, a-t-on appris auprès de cette organisation.

M. Le Pillouër, 54 ans, succède pour deux ans au directeur de la scène nationale de Calais Francis Peduzzi, en fonction depuis juillet 2006 et qui n'avait pas souhaité briguer un nouveau mandat.

Le nouveau président a été élu lors d'un conseil national qui a par ailleurs choisi trois vice-présidents (Eric de Dadelsen, Arnaud Meunier et Marie-Agnès Sevestre) et un trésorier (Jean-Michel Grémillet).

M. Le Pillouër avait confié la semaine dernière à l'AFP qu'il aurait préféré « qu'un artiste soit élu président ».

« Mais si aucun de mes collègues ne le voulait, je prendrais mes responsabilités », avait-il annoncé.

Le Syndeac, qui réunit 257 structures subventionnées (centres dramatiques et chorégraphiques nationaux, scènes nationales, compagnies, festivals...) vient de traverser une crise attisée par une polémique autour d'un livre de Jean-Claude Wallach, « La culture, pour qui ? », plutôt critique envers les résultats des scènes publiques en matière de démocratisation culturelle.

Sous la pression d'une pétition signée par plusieurs dizaines de membres du syndicat refusant « la théorie de la pseudo-faillite du théâtre et de la danse », M. Wallach, qui était délégué national du Syndeac, a démissionné de ses fonctions il y a quelques mois.

Francis Peduzzi a aussi renoncé à se représenter au poste de président, en constatant l'impossibilité de « recoudre ce qui s'était fracturé avant l'été ».

Convaincu que « la démocratisation culturelle a réussi dans la mesure de nos moyens », François Le Pillouër, qui était l'un des principaux opposants à Francis Peduzzi, avait dit la semaine dernière son souhait que le Syndeac soit animé par une « équipe jeune, plus radicale » face à « un gouvernement déterminé ».

Les membres de The Police
faits chevaliers des Arts et Lettres

Les membres du groupe de rock The Police, les Anglais Sting et Andy Summers et l'Américain Stewart Copeland, ont été faits chevaliers dans l'ordre des Arts et des Lettres lundi au ministère de la Culture à Paris.

« Nous sommes très touchés car nous sommes pleins d'admiration pour la culture française », a déclaré Sting (qui aura 56 ans mardi), en français, à l'issue de cette brève cérémonie, au lendemain du second concert du groupe au Stade de France.

« Nous sommes très honorés de faire partie de vos chevaliers », a-t-il ajouté, soulignant malicieusement qu'il était « très exotique » pour lui et Summers, sujets de la couronne britannique, d'être faits « chevaliers de la République ».

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a salué « le charisme et la personnalité hors du commun » de Sting. Elle a rappelé que le premier guitariste du groupe à sa création en 1977 était un Français, Henry Padovani, ensuite remplacé par Summers.

Les trois membres de The Police ont fait sensation chez les photographes et quelques touristes en arrivant juchés sur des « Vélib' » des bicyclettes en location disponibles depuis quelques semaines à Paris et qui remportent un vif succès.

The Police s'est reformé en février pour une tournée mondiale, à l'occasion des 30 ans de sa création.

De 1977 à 1983, le trio a été l'auteur de nombreux tubes dans un mélange de rock, pop et reggae, parmi lesquels « Roxanne », « Message in a bottle », « Can't stand losing you » ou « Every breath you take ».

Campagne anti-sida :
Mandela annonce
un concert international
à Johannesburg

L'ex-président sud-africain Nelson Mandela a annoncé lundi que le prochain concert de la campagne 46664 contre le sida aurait lieu pour la première fois à Johannesburg le 1er décembre, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida.

Il s'agira du cinquième concert international de la série lancée en 2003 dans le cadre de la campagne 46664 --numéro de détenu de Mandela sous l'apartheid-- qui a permis jusqu'à présent de recueillir 20 millions de rands (environ deux millions d'euros) pour financer des projets contre le sida en Afrique sub-saharienne.

« 46664 organisera un concert similaire ici à Johannesburg lors de la Journée mondiale du Sida, le 1er décembre 2007 », a déclaré Nelson Mandela.

« Je suis heureux que nous puissions toucher la population de Johannesburg. Nous sommes impatients d'être rejoints ce jour-là par des milliers de personnes », a ajouté le héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, lors d'une conférence de presse au siège de sa fondation à Johannesburg.

Quelque 50.000 personnes devraient assister à ce concert, auquel participeront une trentaine d'artistes locaux et internationaux au stade d'Ellis Park, en plein coeur de Johannesburg.

La liste des artistes devrait être communiquée fin octobre et les billets mis en vente au prix de 120 à 450 rands (environ 12 à 45 euros).

L'objectif de la nouvelle campagne 46664, lancée le 11 septembre, est de toucher les jeunes dans un pays où 5,5 millions de personnes (sur quelque 48 millions d'habitants) sont porteuses du virus.

« 46664 va continuer à se servir des célébrités pour parler aux jeunes de la pandémie du sida », a ajouté Nelson Mandela.

Les précédents concerts 46664 - auxquels avaient participé notamment Bono, Cat Stevens, Annie Lennox et Johnny Clegg- avaient eu lieu en Afrique du Sud, en Espagne et en Norvège. Un autre est prévu à Londres, le 27 juin 2008, pour le 90e anniversaire de Nelson Mandela.

Vinicius Cantuaria,
de l'Amazonie à New York
en passant par Rio

Le guitariste-chanteur Vinicius Cantuaria, qui publie un nouvel album « Cymbals » et sera en concert à Paris (New Morning) le 6 octobre, a passé son enfance à Manaus, au coeur de l'Amazonie, vécu à Rio jusqu'à 45 ans avant de partir en 1996 à New York, pour devenir « encore plus brésilien ».

« A Rio, j'avais tout, une maison, de l'argent, du travail », a raconté à l'AFP Vinicius Cantuaria, arrivé dans cette ville à l'âge de sept ans.

C'est là qu'il s'est éveillé à la musique, l'oreille collée à « Radio Nacional do Brazil ». Il y a vécu son apprentissage musical, s'est taillé une réputation de musicien et compositeur telles, que les plus grands -Chico Buarque, Caetano Veloso, Gilberto Gil- l'ont sollicité.

« J'avais tout exploré. Il était temps pour moi de vivre une nouvelle expérience. Je suis parti pour devenir encore plus Brésilien », poursuit ce musicien de 56 ans à l'inaltérable passion.

En quittant Rio pour Brooklyn, Cantuaria n'a pas, au contraire, coupé le cordon ombilical avec le Brésil où il retourne régulièrement et qu'il estime mieux percevoir, « avec une nouvelle perspective ».

Il réinvente dans son atelier-studio sambas et bossas, y insinue de nouvelles saveurs, quelques notes jazz, d'imperceptibles sonorités électroniques. Au fil d'une demi-douzaine d'albums, des musiciens aussi inventifs que David Byrne, Bill Frisell ou Arto Lindsay, l'ont suivi dans son aventure.

« Ma musique est minimaliste », poursuit cet admirateur sans bornes d'Antonio Carlos Jobim. « J'utilise les sons électroniques juste comme support, pour créer des atmosphères, des bruits étranges, pas plus », explique cet artisan toujours en éveil qui travaille sa matière sonore dans son atelier-studio « jour et nuit ».

« Cymbals » (Naïve) est la dernière oeuvre de celui qui se compare à un peintre, « pas seulement l'artiste mais aussi le peintre en bâtiment qui passe des couches successives ». Des musiciens aussi créatifs que le pianiste Brad Mehldau ou le guitariste Marc Ribot apportent leurs touches de couleurs.

Né en 1951 à Manaus, Vinicius Cantuaria a passé ses premières années entouré par le vacarme de la forêt amazonienne.

Persuadé que tout individu est façonné par les innombrables sons et symboles qui l'entourent, il caresse aujourd'hui un rêve: « descendre sur une petite embarcation les fleuves de l'Amazonie, jouer, capter tous les sons qui m'entourent, rentrer à New York et tout mettre dans mon ordinateur ! »

La Collection Rostropovitch
s'installe au palais Constantin
à St-Pétersbourg

Le milliardaire russe Alicher Ousmanov a indiqué lundi que la collection d'art du violoncelliste Mstislav Rostropovitch qu'il vient d'acheter serait installée au Palais Constantin à Saint-Pétersbourg, où Vladimir Poutine reçoit des invités de marque.

« Je voulais respecter la volonté de Galina Vichnevskaïa (veuve de Mstislav Rostropovitch) qui souhaite que la collection prenne place dans un des palais de Saint-Pétersbourg », l'ancienne capitale impériale, a déclaré M. Ousmanov, cité par l'agence Ria-Novosti.

« J'ai appris que l'un des palais qui vient d'être restauré n'a toujours pas sa propre collection d'art (...) et la décision a été prise d'y installer cette collection », a-t-il ajouté.

Restauré à l'occasion du tricentenaire de la capitale impériale, le palais Constantin, situé à Strelna à 15 km de Saint-Pétersbourg, est utilisé par le chef de l'Etat pour accueillir des hôtes étrangers, comme lors du sommet du G8 en juillet 2006.

Le magnat russe de l'acier et du gaz Alicher Ousmanov a acheté à la mi-septembre quelque 450 oeuvres d'art collectionnées par le chef d'orchestre, qui devaient être intialement vendues à Londres par la maison d'enchères Sotheby's, pour 72 millions de dollars afin de l'offrir à l'Etat russe.

La collection rassemblée par Rostropovitch et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa, comprend notamment des toiles des peintres russes Ilia Repine, Valentin Serov et Boris Grigoriev.

Les oeuvres, accumulées sur une trentaine d'années, étaient conservées dans deux appartements du couple, l'un à Londres, l'autre à Paris.


Actualités musicales du 3 octobre 2006  

3-19 octobre 2007
Montpellier
Les Internationales de la Guitare

Les Internationales de la Guitare, ont fait leurs en 1996 à Montpellier. Depuis douze ans, année après année, le festival a présenté une programmation variée et originale en respectant ses deux mots d'ordre : popularité et eclectisme. Popularité car le festival va à la rencontre de tous les publics à travers les Scènes du Languedoc-Roussillon. Flamenco, classique, rock, swing manouche, électro… Cette année, le Festival ouvre des stages de lutherie et d'interprétation en blues et fmamenco.

Sur scène on en entendra, paremi bien d'autres artistes, Frédéric Monino, Luis Sclavis, les frères Belmondo et les frères Ferré, Georges Moustakis, Michel Portal, Thierru Pontet, Patti Smith...

Pour tout savoir : http://www.internationalesdelaguitare.com/

La Société des auteurs
et compositeurs dramatiques (SACD)
se prononce pour la création
d'un observatoire du spectacle vivant
et un Centre National théâtral

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) s'est prononcée mardi en faveur de la création d'un « observatoire du spectacle vivant » et la mise en place d'un Centre national du théâtre « aux missions élargies », inspiré de ce qui existe pour le cinéma.

« Il nous paraît urgent d'aller vers un observatoire du spectacle vivant, car il y a en France un vrai problème de diffusion, on crée beaucoup de spectacles et ensuite ils sont très peu joués », a déclaré lors d'une conférence de presse le président de la SACD, Jacques Fansten.

« Parfois, il n'y a que trois représentations d'un spectacle de danse, huit à dix d'une oeuvre de théâtre », a-t-il souligné.

Selon la SACD, un observatoire permettrait de « centraliser l'ensemble des données statistiques » pour nourrir la « réflexion sur l'adéquation de la politique du spectacle vivant aux besoins des professionnels et aux orientations politiques du ministère » de la Culture.

La SACD a appelé dès mars 2006 à la création de cet outil, mais cette demande prend une dimension particulière avec les récentes déclarations de la ministre de la Culture Christine Albanel, qui a jugé qu'il « fallait une plus grande diffusion des oeuvres ».

Parmi les autres propositions de la SACD figure l'idée de « mettre sur pied un nouveau Centre national du théâtre » (CNT) voué à s'inscrire dans la démarche du Centre national de la cinématographie (CNC).

Un CNT existe déjà depuis 1993, mais il s'agit d'une association qui n'est qu'un centre de ressources (information et documentation) doté d'un budget annuel limité à quelque 2,26 millions d'euros.

Le nouveau CNT voulu par la SACD serait un établissement public ayant pour mission « de réglementer le secteur, de soutenir l'économie du théâtre et du spectacle vivant en travaillant à sa transparence, et enfin de promouvoir la création contemporaine et sa diffusion auprès de tous les publics ».

La SACD semble faire écho à la lettre de mission par laquelle l'Elysée et Matignon enjoignaient à Mme Albanel d'examiner « dans quelle mesure le dispositif d'aide à la production cinématographique, qui repose en partie sur le succès public des oeuvres subventionnées, pourrait être appliqué au théâtre ».

Le CREA, centre d'éveil à l'art lyrique,
fête ses 20 ans

Le CREA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), centre d'éveil artistique dédié à la création lyrique, fêtera son 20e anniversaire de mercredi à dimanche sous le parrainage de la soprano Natalie Dessay avec des spectacles, ateliers et tables rondes.

Structure atypique - seul Opéra Junior à Montpellier est comparable -, le CREA regroupe à l'Espace Jacques-Prévert d'Aulnay 150 choristes amateurs de 7 à 27 ans, sous la direction de son fondateur Didier Grojsman.

En 20 ans, cette association a créé 21 ouvrages lyriques et 23 spectacles musicaux, et son travail a été diffusé dans le cadre de la programmation jeune public d'institutions reconnues comme les Opéras nationaux de Paris et Bordeaux ou le Grand-théâtre de Genève.

Le CREA développe une pédagogie originale, sans sélection ni audition et en dehors du temps scolaire, avec notamment un choeur d'éveil (6-8 ans), un atelier (8-11 ans), un choeur de scène (11-15 ans) et un autre de jeunes (16-25 ans).

« C'était une utopie de croire qu'on pouvait apporter, par la pratique du chant et des arts de la scène, des choses aussi positives à des enfants. Au bout de 20 ans, aucun n'est devenu professionnel mais tous ont réussi leur insertion sociale et personnelle », explique à l'AFP Didier Grojsman.

« C'est une pratique amateur pour construire un être libre », fait valoir ce militant de l'éducation artistique, qui souligne que les enfants passés dans sa structure « maintenant sortent au théâtre, vont voir de la danse contemporaine et écouter des concerts ».

Pour fêter ses 20 ans, le CREA créera trois oeuvres musicales, dont le spectacle anniversaire (vendredi, samedi et dimanche) « La vie secrète de Marioline Serin », mis en scène par l'Italienne Laura Scozzi et dirigé par Didier Grojsman.

Trois choeurs d'enfants extérieurs au CREA ont été invités: la Maîtrise de la Perverie à Nantes, l'EDS/Ecole du spectateur au Creusot (Saône-et-Loire) et Les Imaginaires de Sargé-lès-Le Mans (Sarthe).

Retenue à New York, Natalie Dessay, « marraine des 20 ans du CREA », ne sera pas de la partie mais a tenu à envoyer un petit mot par lequel elle apporte son « soutien à cette compagnie qui défend ardemment l'accès à l'art lyrique et forme ainsi le public de demain ».

Le Prix Belmont 2007
de musique contemporaine
sera ramis à Mantovani

Le compositeur Bruno Mantovani se verra remettre le 5 novembre, dans le cadre du festival Römerbad Musiktage à Badenweiler (Allemagne), le Prix Belmont 2007 de musique contemporaine.

Mantovani, qui aura 33 ans le 8 octobre, est en passe de devenir l'un des compositeurs français les plus connus et joués en France comme à l'étranger, avec ses aînés Henri Dutilleux (né en 1916), Pierre Boulez (1925) et Pascal Dusapin (1955).

Le comité artistique de la Fondation Forberg-Schneider, qui décerne ce prix doté de 20.000 euros, a souhaité « honorer un musicien dont la facture est pénétrée par la transparence de la lumière, comme les ombres à angles vifs du monde méditerranéen ».

Les précédents lauréats du Prix Belmont sont le compositeur et clarinettiste allemand Jörg Widmann (1999), le pianiste français Florent Boffard (2001), la violoniste Carolin Widmann (2004) -- soeur de Jörg Widmann - et le quatuor à cordes français Ebène (2005).

Brilliant Classics publie sa quatrième intégrale :
100 CD Beethoven à moins de 100 €

L'éditeur phonographique néerlandais Brilliant Classics et son distributeur français Abeille Musique viennent de publier leur quatrième intégrale à bas prix consacrée à un compositeur : un coffret Beethoven de 100 CD vendus à moins de 100 euros.

Si ce genre d'opérations demeure très rentable, notamment par le jeu de rééditions d'enregistrements tombés dans le domaine public ou de reparutions sous licence, les ventes deviennent moins spectaculaires, d'autant qu'Abeille Musique subit aujourd'hui la concurrence des majors (EMI, Sony-BMG, Warner et Universal) sur ce créneau porteur.

Ainsi, après le coup d'éclat Mozart (210.000 exemplaires vendus en France depuis l'automne 2005), le coffret Bach s'est écoulé à quelque 73.000 exemplaires et Chopin à moins de 50.000, selon les chiffres fournis par le distributeur.

Du coup, Abeille Musique innove en offrant pour l'achat de l'intégrale Beethoven un livre de 200 pages comportant notamment une biographie du compositeur et une présentation de ses oeuvres.

Pour le reste, le coffret présente des gravures très solides sur le plan artistique, comme les symphonies par Karajan ou les trios avec piano de Pablo Casals, Alfred Cortot et Jacques Thibaud.

2007, année du centième annivesaire
de la disparition d'Evard Grieg

Il est un anniversaire dont la presse parle relativement peu et qui pourtant mérite qu'on s'y attarde : le centenaire de la disparition du Norvégien Edvard Grieg (1843-1907), compositeur doué d'un grand sens mélodique et d'une belle invention harmonique, dont le talent s'est notamment exprimé par le piano, son instrument.

Son compatriote Leif Ove Andsnes lui rend hommage avec un disque monographique intitulé « Ballad for Edvard Grieg » (EMI), qui comporte la rare « Ballade en sol », riche série de variations sur un air populaire norvégien.

Andsnes, 37 ans, sera en concert vendredi (20H00) à la salle Pleyel à Paris avec l'Orchestre philharmonique de Radio France et le chef prodige vénézuélien Gustavo Dudamel dans un programme sans Grieg mais avec Brahms (concerto pour piano n°2).

Ce dernier compositeur est d'ailleurs à l'affiche (Quintettes avec piano, dont celui de Schumann) d'une autre nouveauté discographique (Virgin/EMI) du pianiste, enregistrée avec les virtuoses allemands d'Artemis, l'un des meilleurs quatuors à cordes du moment.

Grieg, lui, reste naturellement au coeur des préoccupations de la Norvège et de son ambassade en France, qui invite à (re)découvrir au Grand salon du Musée de l'armée à Paris notamment ses « Pièces lyriques opus 71 » (par Rune Alver, piano) le 8 octobre, puis un programme autour de chansons folkloriques le 22.

Musiques de Rues :
un festival des arts de la rue
« option musique »

Le festival Musiques de Rues, qui s'ouvre jeudi pour quatre jours à Besançon, se veut à l'instar de ses pairs, Chalon dans la rue et Aurillac, une manifestation célébrant les arts de la rue, tout en se distinguant par une programmation exclusivement consacrée à la musique.

« Musiques de Rues, c'est la ruée vers la musique. C'est sortir les styles (classique, concrète, fanfare) de leur cloisonnement habituel pour redonner ses lettres de noblesse à la musique et à la rue », explique François-Xavier Ruan, codirecteur de la manifestation.

Fin 2004, un appel à projet pour concevoir « un événement culturel, festif et participatif » à Besançon est lancé. Deux Nantais, François-Xavier Ruan et Pascal Esseau, proposent un festival farfelu, entièrement gratuit, mêlant les musiques du monde, les nouvelles fanfares, la musique contemporaine et les installations sonores cantonnées habituellement aux musées d'art contemporain.

Festival de création, Musiques de Rues cherche à être un « territoire d'exploration des arts sonores » pour les artistes plutôt qu'un accueil des têtes d'affiche en tournée.

Pour sa deuxième édition, les organisateurs ont invité la compagnie Monte-Charge et Motus à présenter pour la première fois leur « manège acousmatique », écrin sonore qui embarquera le spectateur dans l'orbite musicale d'une vingtaine de compositeurs contemporains.

Le tromboniste américain Glenn Ferris présentera une pièce composée spécialement pour le festival, qui rassemblera une quarantaine de musiciens -professionnels et amateurs-, tandis que le Belge Max Vandervorst, en résidence à Dole (Jura), dévoilera ses vélos sonores conçus avec des étudiants en éco-design.

Le centre-ville de Besançon, entièrement piéton pendant la manifestation, deviendra un cabinet de curiosité à ciel ouvert, avec « Le chant des sirènes », opéra urbain où la ville devient un organe symphonique, ainsi que les insolites machines musicales de Jacques Rémus, « pape de la bricophonie ».

Les musiques du monde seront représentées par des artistes d'une dizaine de nationalités différentes, dont les Cubains de la Banda de Santiago, le trio américain Digital Primitives, le Gangbe Brass Band, un brass-band béninois, et la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié, accompagnée par les Toulousains du Tigre des platanes.

Autre événement marquant, le défilé de la fanfare de la Touffe, qui initiera les Bisontins à l'art de la fanfare en leur apprenant à se servir d'instruments à embouchures et à les faire parader après seulement deux heures de « répétition ».

Dimanche, les quelque 600 artistes défileront, pour un ultime adieu, dans les rues de Besançon pour clôturer le festival.

Selon les organisateurs, peu importe « l'audimat » du festival pourvu qu'il y ait l'émotion collective. La première édition avait attiré 70.000 personnes.

Patti Smith, est invitée aux 12e Internationales
de la Guitare de Montpellier

Jazz, pop, blues, fado, flamenco, classique ou électrique: les 12e Internationales de la Guitare célèbrent l'instrument dans toute sa diversité du 3 au 19 octobre à Montpellier, avec la rockeuse Patti Smith comme invitée vedette.

L'artiste américaine se produira sur la scène de l'opéra Berlioz le 18 octobre, accompagnée par son guitariste et vieil acolyte Lenny Kaye, qui travaille avec elle depuis le début des années 70.

Les Musiciens du Nil et leurs musiques rurales et traditionnelles de Haute-Egypte ouvrent ces Internationales, qui offrent au total plus de 80 spectacles, les Internationales investissant opéra et salles de concerts mais aussi les bars et salles de spectacles de Montpellier et d'autres communes alentour.

Dans cette programmation généreuse, deux soirées s'annoncent comme des temps forts: samedi 6, l'Opéra-Comédie de Montpellier accueille une « Noce de flamenco » avec Vicente Navarro, un des virtuoses de la guitare flamenca contemporaine.

Une semaine plus tard, les frères Boulou et Elios Ferré, maîtres du jazz manouche, se produiront avec des invités exceptionnels: Maurice Vander, Georges Moustaki, Michel Portal, les frères Belmondo et Riccardo del Fra.

Le festival se clôturera sur une note électro-rock et un concert gratuit (DJ Zebra et WhoMadeWho).

Parallèlement au festival se dérouleront des stages de jazz, de swing manouche, de rock et de blues, ainsi qu'une master class avec Roberto Aussel, mais aussi le 10e Salon international de la lutherie, du 12 au 14 octobre.

Programme complet : http://www.internationalesdelaguitare.com


Actualités musicales du 4 octobre 2006  

Bruxelles redonne sa bénédiction
au mariage Sony-BMG

La Commission européenne a redonné son feu vert mercredi à l'union des maisons de disques Sony et BMG, au grand dam des labels indépendants qui l'avaient contrainte à rouvrir une enquête car ils s'inquiètent de possibles abus de position dominante.

« Cette fusion ne menace pas la concurrence et nous l'avons donc autorisée sans conditions », a résumé la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes lors d'une conférence de presse.

Le cas était pour le moins exceptionnel: le mariage entre Sony Music, filiale du géant japonais de l'électronique grand public Sony, et BMG, pôle musique du groupe de médias allemand Bertelsmann, pour créer l'une des deux plus grandes maisons de disques au monde, avait déjà été béni en 2004 par Bruxelles et est consommé depuis longtemps.

Mais le premier feu vert de Bruxelles a été annulé en 2006 par la Cour européenne de justice (CEJ), saisie par des producteurs indépendants réunis dans l'association Impala et inquiets de la réduction de cinq à quatre (EMI, Warner, Universal et Sony-BMG) du nombre de majors qui se répartissent 80% du marché européen du disque.

La Commission elle-même avait soulevé des arguments similaires lors de la tentative avortée de fusion entre deux autres majors du disque, EMI et Warner. Mais dans le cas de Sony-BMG, elle a estimé ne pas pouvoir étayer suffisamment un veto.

Déjà recalée pour arguments insuffisants à trois reprises par la CEJ, pour l'interdiction des fusions Schneider/Legrand, Airtours/First Choice et Sidel/Tetra Laval, Bruxelles n'avait pas voulu prendre de risques et avait autorisé Sony et BMG à se marier.

Après l'annulation de la CEJ, Bruxelles a donc repris sa copie mais sans la revoir. Mercredi, Neelie Kroes s'est surtout attachée à montrer que ses services avaient bien fait leur travail, avec une nouvelle enquête beaucoup plus approfondie que la première.

Le cas a été « réexaminé d'un bout à l'autre, en regardant non seulement ce qui était susceptible d'arriver sur les marchés, mais ce qui s'est réellement passé entre 2004 et aujourd'hui », a insisté la commissaire, faisant état d'une « analyse extrêmement détaillée » de « millions de données ».

Outre la musique enregistrée sur des supports physiques tels que CDs et cassettes, le champ de l'enquête a aussi été élargi aux téléchargements en ligne, qui en étaient encore à leurs balbutiements lors de la première décision mais qui ont depuis, connu un véritable boom.

Tout cela pour en revenir à la même conclusion: Bruxelles dit n'avoir trouvé aucun indice de risques pour la concurrence. Une « décision bizarre » et « indéfendable », ont immédiatement réagi les labels indépendants de l'association Impala.

L'affaire est loin d'être réglée. Impala demande que les méthodes de travail de la Commission soient passées en revue et se réserve « l'option de faire appel » devant la justice européenne et « de demander des dommages-intérêts à la Commission ».

« Il y a des preuves plus que suffisantes que quelque chose n'est pas normal », a commenté une porte-parole de l'association.

Mettre un veto à une fusion déjà bouclée était difficilement concevable. Mais Impala espérait que Bruxelles assortisse cette fois son feu vert de conditions, et avait suggéré entre autres des désinvestissements significatifs de la part de Sony-BMG, selon la porte-parole. Bruxelles avait posé de telles conditions lors du rachat par la major Universal (groupe Vivendi) du catalogue de droits d'édition musicale BMG Music Publishing.

Habib Koité est une bibliothèque vivante
des musiques du Mali

Habib Koité, qui publie un nouvel album « Afriki » (Cumbacha) et dont la tournée européenne passe par Paris (L'Européen) dimanche et lundi, possède un profond savoir des musiques traditionnelles du Mali, qu'il réactualise en leur imprimant un « groove » et des arrangements modernes.

Ce griot khassonké, fruit de l'union d'une malinké et d'un peul, né à Thiès (Sénégal) d'un père cheminot, éduqué à Kayes sous la férule d'un grand-père autoritaire, a eu une ascension linéaire: après avoir appris la guitare en autodidacte, on l'inscrit à 19 ans, en 1978, comme élève à l'Institut national des arts (INA) de Bamako, dont il devient professeur en 1982.

Entre deux cours, il se forge un répertoire et une réputation à la tête du INA Stars, l'orchestre de l'institution, puis de Bamada, son groupe fondé en 1988.

« J'ai été musicien de club pendant plus de quinze ans », raconte à l'AFP Habib Koité, qui a abandonné le professorat en 1996 pour privilégier sa carrière de musicien professionnel.

« Cette expérience m'aide beaucoup à rentrer dans la structure des autres musiques », poursuit ce musicien respecté et recherché.

« Afriki », premier disque du groupe depuis six ans, rassemble des musiques de diverses ethnies et régions du Mali, passant d'une mélodie alerte du Wassoulou à un blues songhai.

En plus de sa virtuosité, Habib Koité apporte à ce répertoire le sang neuf d'arrangements novateurs, de subtils mariages d'instruments.

« Je rassemble des sons d'instruments traditionnels, identitaires, du folklore malien, très divers rythmiquement et mélodiquement, et j'y ajoute ma propre expérience », explique celui qui a même convié des joueurs de cornes d'antilope sur un titre.

Propulsées par une basse agile, ses chansons fourmillent d'alliages de timbres parfois osés, un harmonica et un balafon, un djembe et un violon... Il habille une chanson de cordes occidentales, apporte l'allant de cuivres sur « Africa ». Autre idée: faire chanter de jeunes griotes plus bas, afin de rendre leurs voix plus douces.

L'ensemble, à la fois majestueux et dansant, coule de source, grâce à la cohésion d'un groupe immuable: « Avec un groupe comme ça, vous avez une base solide qui vous permet de faire le show. Toute notre musique est cousue dans les mémoires ».

Zappa fils joue Zappa père

Le Grand Rex à Paris accueille vendredi une soirée qui promet d'être exceptionnelle, intitulée « Zappa plays Zappa ». Dweezil Zappa y reprendra une partie du répertoire de son père, le génial Frank Zappa, disparu en 1993 à 52 ans d'un cancer de la prostate.

Dweezil Zappa avait entamé cette tournée l'an dernier et, depuis, a sillonné l'Europe et l'Amérique du Nord, récoltant au passage des critiques élogieuses. Le guitariste de 38 ans sera accompagné par sept musiciens, dont Ray White (guitare et voix), qui avait joué avec Zappa père à partir du milieu des années 70.

En moins de 30 ans de carrière, Frank Zappa a construit l'une des oeuvres les plus foisonnantes et passionnantes de l'histoire de la pop, embrassant une infinité de styles, du rock au jazz en passant par le doo wop ou la musique contemporaine d'avant-garde. Ses premiers chocs musicaux lui avaient d'ailleurs été procurés, enfant, par l'écoute du « Sacre du printemps » de Stravinsky et de « Ionisation » de Varèse.

Sasha Waltz à la rencontre
du Ballet de l'Opéra de Paris

La chorégraphe allemande Sasha Waltz, figure de la danse contemporaine, donnera à partir de vendredi soir sa première création avec le Ballet de l'Opéra de Paris, après avoir reçu comme un « défi » cette invitation par l'une des plus grandes compagnies de formation classique.

L'Opéra Bastille donnera lors de dix représentations jusqu'au 20 octobre son « Roméo et Juliette » d'après Shakespeare, sur la musique de la symphonie dramatique éponyme de Berlioz (1839).

La partition sera dirigée en fosse par le chef d'orchestre russe Valery Gergiev, grand spécialiste du compositeur français, en alternance avec l'Estonien Vello Pähn.

Chose rare, la production mobilise les différentes forces chorégraphiques, musicales et lyriques de la maison: le Ballet, l'Orchestre et les Choeurs, auxquels se joindront trois chanteurs solistes, les Russes Ekaterina Gubanova (mezzo), Mikhaïl Petrenko (basse) et le ténor français Yann Beuron.

La rencontre n'était pas gagnée d'avance entre Sasha Waltz, 44 ans, figure indépendante de la danse-théâtre et ancienne codirectrice (1999-2004) de la moderniste Schaubühne de Berlin, avec le Ballet de l'Opéra de Paris, compagnie de répertoire composée de danseurs de formation classique.

« C'est le moment pour la danse de montrer qu'au-delà des conflits esthétiques, on avance », a expliqué à la presse la directrice de la danse à l'Opéra de Paris, Brigitte Lefèvre.

« Nos artistes ne sont pas des danseurs classiques devant être évangélisés par une chorégraphe contemporaine. Sasha Waltz travaille avec, et surtout pas de manière scolaire au contact de gens auxquels il faudrait transmettre un savoir », ajoute-t-elle.

Les étoiles Aurélie Dupont, Hervé Moreau et Wilfried Romoli se sont rendus en juin dernier à Berlin afin de mener un travail de recherche à partir d'improvisations avec les danseurs de Sasha Waltz & Guests, la compagnie de la chorégraphe.

Ils ont ainsi pu s'initier à son écriture chorégraphique, basée sur le poids des corps, la fluidité du mouvement et le refus de la verticalité. En retour, « le langage que j'utilise a été modifié au contact des danseurs », explique Sasha Waltz, « très honorée de cette invitation qui en même temps est un défi ».

Pour évoquer l'idylle des amants de Vérone (Roméo et Juliette) sacrifiée sur l'autel des haines ancestrales entre Montaigu et Capulet, Sasha Waltz a fui les conceptions théâtrales narratives au profit d'une vision « émotionnelle » entre néoromantisme et abstraction, loin de toute réinterprétation politique.

Cette chorégraphe au regard de plasticienne s'appuiera pour cela sur le décor, central dans sa dramaturgie et voulu ici comme un espace scénique mouvant, évoluant à vu, avec des niveaux différents et des falaises « apportant de la dynamique et de la tension ».

« Les danseurs ne seront jamais en sécurité, comme pour dire que l'amour n'est jamais assuré », fait valoir Sasha Waltz.

Selon la chorégraphe, le « centre, le coeur battant » du spectacle devrait être un pas de deux d'une durée inhabituelle. « Dix-huit minutes: c'est très long ! », souligne une Sasha Waltz mi-anxieuse mi-amusée.

L'Orchestre de Chicago
est à Paris avec Riccardo Muti

L'Orchestre symphonique de Chicago, l'une des plus prestigieuses formations américaines, a donné mardi soir le premier de deux concerts à la salle Pleyel à Paris, exhibant une somptueuse mécanique instrumentale sous la baguette de première classe de l'Italien Riccardo Muti.

Le CSO (Chicago Symphony Orchestra), fondé en 1891, a entamé le 26 septembre sa 33e tournée internationale depuis 1971, un périple européen qui s'achèvera vendredi et samedi à Londres après un second programme (Prokofiev, Falla et Ravel) mercredi à Paris.

Muti, 66 ans, est bien connu dans la capitale française, où il est depuis plus d'un quart de siècle l'invité régulier de l'Orchestre national de France.

Le CSO qui ne s'était pas produit à Paris depuis 1998 vient de retrouver, en la personne du maestro napolitain, un chef qu'il n'avait pas côtoyé depuis 32 ans.

Ces retrouvailles ont suscité mardi soir un accueil enthousiaste du public de Pleyel.

Dès la symphonie « Pathétique » (n°6) de Tchaïkovski, le CSO a tout d'une machine orchestrale virtuose et parfaitement huilée, au legato somptueux, flatté par le geste rond de Muti. Mais ses attaques pourraient être plus incisives, et l'émotion peine à émerger sous ce vernis sonore très homogène.

Plus que dans la suite « Nobilissima visione » d'Hindemith, au goût néo-rococo empesé, l'orchestre se montre ensuite plutôt convaincant dans le « Poème de l'extase » de Scriabine, opus à l'invention débridée qui pourrait toutefois être joué de manière moins sage, plus vénéneuse.

La salle, cependant, ne boude pas son plaisir. Muti l'en remercie avec, en guise de bis, « Rosamunde » de Schubert. Le chef, qui a ses habitudes à Vienne (Philharmonique, Opéra d'Etat), sait parfaitement dans cette musique comment faire chanter le quatuor (cordes), à la sonorité très dense, et sa petite harmonie, dans laquelle brille le Français Mathieu Dufour, flûte solo du CSO.

Le retour de Muti a relancé les spéculations sur son avenir avec l'Orchestre de Chicago, historiquement l'un des « big five », c'est à dire l'une des cinq plus grandes formations symphoniques des Etats-Unis avec Boston, Cleveland, New York et Philadelphie.

Le CSO a un chef principal (le Néerlandais Bernard Haitink) et un chef émérite (le Français Pierre Boulez) mais n'a plus de directeur musical depuis le départ en juin 2006 de l'Israélien Daniel Barenboïm après 15 ans de mandat.

Interrogé par le Chicago Tribune, Muti a écarté l'idée de devenir le dixième directeur musical de la formation. « Je ne suis candidat à rien, qu'il s'agisse d'être directeur musical, président ou pape », a-t-il plaisanté.

Parmi les noms qui circulent le plus souvent pour le poste figure ceux de l'Italien Riccardo Chailly et de l'Américain David Robertson.

Mort de Lamine Konté,
maître sénégalais de la kora

Le musicien sénégalais Lamine Konté, réputé maître de la kora et traditionaliste ouvert à la modernité ayant notamment travaillé pour le cinéma, est décédé la semaine dernière, a annoncé le site musique de Radio France Internationale (RFI Musique).

Aucune indication n'a été fournie sur la cause et le lieu de son décès survenu, selon RFI Musique, dans la nuit du 28 au 29 septembre.

Sa mort a été confirmée mardi soir à l'AFP à Dakar par un responsable de l'association des journalistes culturels du Sénégal.

Il vivait à Paris depuis trois décennies.

Né en 1942 en Casamance (sud du Sénégal), Lamine Konté est issu d'une grande famille de griots mandingues, des gardiens de la tradition orale pour qui jouer de la kora est une pratique ancestrale.

Konté fait partie des musiciens ayant permis de faire connaître la kora à un très large public à travers de nombreux albums, des collaborations à des musiques de films et l'enseignement de cet instrument à 21 cordes - « l'instrument magnifique », disait-il - aux jeunes.

« Je joue avec une kora à 25 cordes, et lorsque j'ai fini d'accorder mon instrument, je peux jouer avec n'importe quel autre instrument », confiait Lamine Konté lui-même en août 2005 au magazine sénégalais d'informations culturelles Le 221.

Formé à l'Ecole nationale des arts de Dakar, il a composé la musique de plusieurs films, dont « Bako, l'autre rive » du Français Jacques Champreux, « Baara » du Malien Souleymane Cissé. Il a également collaboré avec Stevie Wonder pour la bande originale du documentaire « Journey Through The Secret Life Of Plants » (de Walon Green, Etats-Unis).

Sa discographie comprend notamment les albums « Songs Of The Griots », « Griot Legend », « La kora du Sénégal » (en deux volumes).


Actualités musicales du 5 octobre 2006  

Goldman, Antoine ou Birkin soutiennent
le magazine Chorus, menacé de disparition

Jean-Jacques Goldman, Antoine, Jane Birkin ou Diane Dufresne font partie des artistes qui ont apporté leur soutien au magazine Chorus/Les cahiers de la chanson, dont l'existence est menacée par des difficultés financières, a-t-il indiqué vendredi.

« Chorus souffre (...) Vous savez pouvoir compter sur moi en toutes circonstances », écrit Jean-Jacques Goldman dans un message publié sur le site internet de ce trimestriel considéré comme la bible de la chanson francophone (www.chorus-chanson.fr).

Antoine, Jamait, Paco Ibanez, Gérald Genty, Jean-Louis Jossic, du groupe Tri Yann, François Morel, ou, par le biais de leur agence artistique, Jane Birkin, Agnès Jaoui, Lluis Llach, Paolo Conte et Diane Dufresne ont également envoyé des messages de soutien publiés par le site, parmi ceux d'autres artistes, professionnels de la musique et anonymes.

Selon l'équipe dirigeante de Chorus, il lui manque 2.000 abonnés (ou dix pages de publicité sur 196 pages au total par numéro) pour équilibrer ses comptes et poursuivre son activité.

Face à ces difficultés, le magazine a dû réduire sa pagination de 196 à 100 pages pour son numéro d'automne, paru le 21 septembre et qui comprend notamment un dossier sur Barbara pour les dix ans de sa mort.

Chorus, qui paraît le premier jour de chaque saison, dresse un panorama complet de l'actualité et du patrimoine de la chanson francophone et joue un rôle de défricheur en donnant un coup de projecteur sur des artistes peu exposés.

Ce journal indépendant est dirigé et détenu par Fred et Mauricette Hidalgo. Ils l'ont créé en 1992 pour prendre la relève du mensuel « Paroles et musique ».

Ouverture de la 2ème édition
de Musiques de rues à Besançon

La 2ème édition du festival Musiques de rues a débuté jeudi soir à Besançon par le « Chant des sirènes », un opéra urbain présenté par la compagnie Mécanique Vivante dans lequel les sirènes d'alerte deviennent des instruments acoustiques à part entière.

Jusqu'à dimanche, le centre-ville de Besançon se mue en cabinet de curiosité à ciel ouvert, en conviant près de 600 artistes pour une centaine de spectacles gratuits, tous plus originaux les uns que les autres.

Une douzaine de fanfares venues d'Orient, d'Afrique ou de Cuba et des bricophonistes (inventeurs d'insolites machines sonores) investiront les places, les jardins, les théâtres et une friche industrielle de la capitale de la Franche-Comté.

Une curiosité à ne pas manquer: le « manège acousmatique » de la compagnie Monte-Charge et Motus, présenté au public pour la première fois. Cet écrin sonore embarquera le spectateur dans l'orbite musicale d'une vingtaine de compositeurs contemporains.

Le célèbre tromboniste américain Glenn Ferris présentera samedi et dimanche une pièce composée spécialement pour le festival, qui rassemblera une quarantaine de musiciens -professionnels et amateurs-, tandis que le Belge Max Vandervorst, en résidence à Dole (Jura), dévoilera ses vélos sonores conçus avec des étudiants en éco-design.

Les musiques du monde seront représentées par des artistes d'une dizaine de nationalités différentes, dont les Cubains de la Banda de Santiago, le trio américain Digital Primitives, le Gangbe Brass Band, un brass-band béninois, et la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié, accompagnée par les Toulousains du Tigre des platanes.

Dimanche, les quelque 600 artistes défileront, pour un ultime adieu, dans les rues de Besançon pour clôturer le festival.

La première édition avait attiré 70.000 spectateurs.

Le prix Europe pour le théâtre
est décerné à Patrice Chéreau

Le metteur en scène, cinéaste et acteur français Patrice Chéreau est le lauréat du XIIème prix Europe pour le théâtre, doté d'une somme de 60.000 euros, a annoncé jeudi le Théâtre national de Salonique, au nord de la Grèce, où lui sera remis la récompense.

Le prix, créé par la Commission européenne et décerné par un jury international présidé cette année par le critique italien Franco Quadri, fera l'objet d'une cérémonie en avril 2008.

Patrice Chéreau, 63 ans, a acquis une renommée internationale en 1976 pour sa mise en scène de la « Tétralogie » de Richard Wagner à Bayreuth, après des débuts au Piccolo Teatro de Milan (Italie) et au Théâtre national populaire de Lyon (France).

Au théâtre des Amandiers, à Nanterre (banlieue parisienne), qu'il dirige de 1982 à 1990, il a monté notamment « Combat de nègres et de chiens » de Bernard Marie Koltès et « Les paravents » de Jean Genet.

Depuis son départ de Nanterre, il s'est consacré à l'opéra, mettant en scène « Woyzeck » d'Alan Berg et « Don Giovanni » de Mozart, et au cinéma, avec notamment « Intimité », ours d'or à Berlin en 2000, et « Son frère », en 2003.

Parmi ses films, souvent primés, figurent également « L'homme blessé » en 1983, « La Reine Margot » en 1994, et « Ceux qui m'aiment prendront le train » (1998).

Le prix Europe pour le théâtre a été attribué successivement à Ariane Mnouchkine, Peter Brook, Giorgio Strehler, Heiner Mueller, Robert Wilson, Luca Ronconi, Pina Bausch, Lev Dodin, Michel Piccoli, Harold Pinter et l'année dernière au metteur en scène canadien Robert Lepage.

Nicolas Joel a la tête pleine de projets
pour l'Opéra de Paris

Le metteur en scène Nicolas Joel a la tête pleine de projets pour l'Opéra national de Paris, dont il prendra la direction à l'été 2009, avec un souci majeur: apporter à cette grande maison « la stabilité dont elle a besoin ».

Pour l'heure, Nicolas Joel, 54 ans, est toujours directeur artistique du Théâtre du Capitole de Toulouse, où il met en scène à partir de vendredi soir et jusqu'au 14 octobre « Le Roi d'Ys » de Lalo, ouvrage typique de ce rare répertoire français du XIXe siècle qu'il souhaite remettre à l'honneur.

Son agenda de metteur en scène est bien rempli pour les prochains mois avec, entre autres engagements, « Rienzi » de Wagner à Leipzig, « Le Cid » de Massenet à Zurich et deux « Faust » de Gounod différents aux Chorégies d'Orange et à Vienne.

En décembre dernier, il apprenait sa nomination comme « directeur délégué » de l'Opéra de Paris, chargé de préparer ses premières saisons en attendant sa prise de fonction comme directeur de plein droit.

Dix mois plus tard, il sourit encore au souvenir de quelques commentaires, dans la presse et le microcosme musical, ironisant contre la montée d'un « provincial » --il est en poste à Toulouse depuis 1990-- à Paris.

« Je suis un Parisien de la Mitteleuropa, ma mère est née à Milan », confie Nicolas Joel dans un entretien à l'AFP. « Et regardez ma carrière ! », ajoute-t-il sans fausse modestie.

De fait, aucun metteur en scène lyrique de sa génération ne peut se targuer d'un tel parcours, sur le mythique « Ring » de Patrice Chéreau à Bayreuth (1976-1980) puis dans les plus grands théâtres, de la Scala de Milan au Metropolitan Opera de New York en passant par Covent Garden à Londres.

En devenant directeur d'une maison colossale (1.600 salariés, 170 millions de budget), Nicolas Joel n'aura sans doute plus le temps de signer de mises en scène. « Je n'en tire aucune frustration: mon arrivée ici n'est pas la fin de quelque chose », dit-il.

Comme à Toulouse, il devrait apporter un soin particulier à la qualité de ses distributions et « espère bien participer à l'apparition d'une génération nouvelle » de chanteurs. Lui qui « n'a pas de problème » avec les stars (il a mis en scène Luciano Pavarotti ou Roberto Alagna) le dit sans détour: « Faut-il des vedettes dans une maison comme l'Opéra de Paris? Ma réponse est oui ».

Nicolas Joel souhaite approfondir, par exemple via des publications et expositions, le « regard sur l'histoire de l'Opéra de Paris, qui n'est pas né avec Rolf Liebermann », son emblématique directeur entre 1973 et 1980.

« Il n'est pas question de transformer l'Opéra en maison de retraite, mais il faut lui apporter la stabilité dont il a besoin », ajoute le futur directeur, qui met en avant « deux nécessités: le maintien des ouvrages au répertoire et la coproduction » avec de grandes maisons comme la Scala et le Met.

Durant son mandat, l'Orchestre de l'Opéra sera doté d'un directeur musical, qui conduira chaque saison « deux nouvelles productions et si possible deux reprises ». Nicolas Joel ne dévoile pas encore sa programmation, mais on devine qu'elle ira du baroque (Rameau) au contemporain (une création en 2010-2011) en passant par le « Ring » de Wagner, que « l'Opéra de Paris doit avoir à son répertoire ».

« Tout cela est assez simple: il s'agit de faire de l'opéra », ajoute avec un sourire Nicolas Joel, qui tient à regarder son métier « avec sagesse et tranquillité ».

 

Les « Terres-Neuves », rendez-vous rock
et citoyen vendredi et samedi à Bègles

Concerts rock avec les Têtes Raides, Eiffel et les Hyènes, et « rencontres citoyennes » vont nourrir vendredi et samedi à Bègles la deuxième édition des « Rendez-vous de Terres Neuves », festival militant porté par des musiciens du groupe bordelais Noir Désir.

« Ce n'est pas uniquement un festival de musique et ce ne sont pas uniquement des débats », résume Denis Barthe, batteur de Noir Désir.

Le déficit « à six chiffres » qui a sanctionné la première édition, en mai 2006, n'a pas refroidi les ardeurs des organisateurs, convaincus de la pertinence de leur festival citoyen.

Les « Rendez-vous de Terres Neuves » ont toutefois été resserrés à deux jours au lieu de trois et bénéficient de l'appui financier de la municipalité de Bègles au côté de ND Musique, la société d'édition de Noir Désir.

Côté scène, les Têtes Raides en constituent la tête d'affiche, quelques semaines avant la sortie de leur nouvel album.

Mouss et Hakim, deux des chanteurs du groupe toulousain Zebda, avec le projet « Origines contrôlées », un répertoire composé de chansons de l'immigration algérienne des années 40 à 70, et les Hyènes (avec les Noir Désir Denis Barthe et Jean-Paul Roy) et leurs invités, dont Olivia Ruiz, se produiront également vendredi.

Samedi, le groupe bordelais Eiffel conclura aussi son concert avec des invités, après le « rap altermondialiste » de la Marseillaise Keny Arkana.

Cette programmation « engagée » s'inscrit dans la lignée des idées défendues par Noir Désir qui, en 1997, avait posé les bases du concept de concert militant avec le rassemblement « Un jour à Bordeaux ».

« La manière dont on a toujours abordé la musique, c'est que les mots soient chargés de sens aussi. On n'a rien contre les chansons qui parlent de filles, de voitures et de bière, mais il ne faut pas en faire un élevage non plus », estime Denis Barthe.

Côté débats, plusieurs intervenants (universitaires, politiques, associatifs) discuteront samedi autour du thème « Liberté, égalité, fraternité? » décliné en deux tables rondes: l'une sur les services de l'Etat, l'autre sur le le monde du travail.

« Quand on voit la fameuse vague bleue de l'UMP aux législatives, l'idée est de trouver un moyen intelligent de continuer à débattre, à discuter... Ou alors on pose les valises, c'est Big Brother, et on n'en parle plus », souligne le batteur de « Noir Dez » confessant « une sensibilité de gauche ».

Les débats seront rythmés par les interventions des « Lyricalistes », un collectif de slameurs bordelais.

(www.lesrdvdeterresneuves.com. Débats gratuits. Concerts: 15 euros par soir)

Concerts gratuits : Célébration
du bicentenaire des pianos Pleyel,
le samedi 13 octobre

Manufacture Pleyel (1807), à Saint-DenisLes pianos Pleyel fêtent leur 200 ans (1807-2007) le samedi 13 octobre de 11h00 à minuit. Pour cette occasion, une grande journée « Portes ouvertes » aura lieu à la salle Pleyel à Paris et cinq concerts exceptionnels et gratuits seront donnés.

Programme proposé de la journée :

Séance jeune public - 11h

« La Revue de cuisine » de Bohuslav Martinù et « L’Histoire du petit tailleur » de Tibor Harsanyi avec Emanuelle Gaume (récitante), Sarah Nemtanu (violon), Alexis Descharmes (violoncelle), Michel Moraguès (flûte), Nicolas Baldeyrou (clarinette), Julien Hardy (basson), Guillaume Jehl (trompette), Emmanuel Curt et François Desforges (percussions), Véra Tsybakov (piano) et Fabien Gabel (direction).

Séance romantique - 14h30

Hommage à Ignace Pleyel avec le Trio Pleyel de Vienne et hommage à Frédéric Chopin par Yves Henry : extrait des Préludes joués sur un piano Pleyel de 1838 et un piano de concert contemporain.

Récital de piano - 16h30

Delphine Lizé joue Ravel et Schubert.

Jazz - 18h30

« Le Jazz et la Diva » de Didier Lockwood, Caroline Casadesus et Dimitri Naïditch.

Spectacle musical - 20h30

François-René Duchâble dans un spectacle original sur la vie de Berlioz avec le comédien Alain Carré.

Durant toute la semaine prochaine, les Pianos Pleyel seront à la fête du 9 au 14 octobre 2007 avec l’inauguration de leur nouvel atelier à Saint-Denis (93) et l’inauguration de leur nouveau show-room à la Salle Pleyel.


Actualités musicales du 6 octobre 2006  

Carlos Saura fait danser le fado portugais

Le réalisateur espagnol Carlos Saura bouscule toutes les conventions dans son dernier film, « Fados », en introduisant une chorégraphie pour accompagner ce chant traditionnel portugais emprunt de nostalgie et de mélancolie généralement écouté dans le recueillement.

« Et pourquoi pas? » s'interroge le réalisateur dont le film « Fados » est sorti jeudi dans les salles portugaises.

« Beaucoup de fados ont un rythme et une cadence sur lequel on peut danser. La règle qui consiste à dire que le fado n'est pas fait pour danser est une invention purement portugaise », affirme-t-il dans un entretien avec l'AFP.

« Silence on va chanter le fado ». C'est sur cette formule consacrée que débutent généralement les spectacles de fado classiques, où le spectateur tend l'oreille dans une ambiance de lumière tamisée et se laisse porter par l'émotion.

Dans son dernier film, le réalisateur espagnol de 75 ans met en scène une vision très personnelle du fado. Il a voulu renvoyer une image différente de ce genre musical traditionnel en retraçant son évolution, de ses origines africaines et brésiliennes jusqu'aux interprétations plus innovantes dues à une nouvelle génération d'artistes qui occupe aujourd'hui le devant de la scène.

Un fado en perpétuelle évolution qui emprunte aux rythmes africains, au hip hop, à la musique classique ou encore à la bossa nova avec des interprètes de différentes nationalités comme les Brésiliens Caetano Veloso, Chico Buarque, la Luso-Mozambiquienne

En utilisant le pluriel « Fados » pour le titre Saura a voulu marquer la variété et les possibilités nouvelles d'un genre trop souvent figé dans les dernières années dans le carcan de la tradition.

« J'ai essayé d'introduire dans mon film certains éléments dont nous pensons qu'ils ont pu avoir une influence sur le fado (...), comme par exemple les rythmes du Brésil ou de l'Afrique », explique le réalisateur espagnol.

« Le fado fait partie de ma culture au même titre que le tango et d'autres styles musicaux », souligne-t-il.

Devenu la musique emblématique de tout un peuple et la voix du Portugal dans le monde grâce à des artistes comme Amalia Rodrigues, le fado, selon certains musicologues, trouverait son origine au Brésil où les rythmes noirs importés par les esclaves africains se mêlèrent aux « modinhas », airs de musique des salons nobles.

Il fut ensuite ramené d'Amérique du sud par les aristocrates et leurs domestiques qui avaient, en 1807, suivi la cour portugaise fuyant à Rio de Janeiro les troupes napoléoniennes.

Sans renier la tradition, une nouvelle génération de fadistes est née ces dernières années, prête à prendre la relève et à ajouter sa marque personnelle avec des artistes comme Camané, Katia Guerreiro, Mafalda Arnauth, Cristina Branco, Pedro Moutinho ou encore Mariza.

Née au Mozambique, Mariza, à l'affiche de « Fados », est en passe de devenir la nouvelle diva du fado dans le monde. Elle puise son inspiration dans un monde lusophone plus vaste, en ajoutant notamment de nouveaux instruments à la traditionnelle guitare portugaise.

« Elle me paraît être l'une des artistes pouvant le mieux rompre le cercle et l'ouvrir », affirme Saura.

« Il me paraît fondamental de renouveler le fado. Il existe un fado orthodoxe, classique, qui est là pour durer. Puis un autre qui poussent les fadistes à aller plus loin. Je crois que le métissage est fondamental », estime le réalisateur.

« Fados » est le dernier volet de la trilogie du cinéaste espagnol consacré à la musique, après Flamenco en 1985 et Tango en 1998, nommé pour l'oscar du meilleur film étranger.

Les propos citoyens de Bruce Springsteen

Le chanteur de rock américain Bruce Springsteen, s'est défendu jeudi d'avoir une attitude antipatriotique, estimant que c'est la politique du président Bush depuis six ans qui est « anti-américaine », dans une interview à la chaîne de télévision CBS.

« Depuis six ans, j'ai vu des choses se passer que personne, je crois, ne s'attendait à voir arriver aux Etats-Unis », a dit le chanteur dans une interview qui sera diffusée dimanche.

Springsteen, qui vient de sortir un nouvel album intitulé « Magic », a notamment fait allusion aux méthodes d'interrogatoire de la CIA, au programme de surveillance intérieure mis en place par l'administration Bush et à la détention de terroristes présumés sur la base de Guantanamo, à Cuba, sans y faire toutefois explicitement référence.

« Quand les gens pensent à ce qui fait la marque des Etats-Unis, ils ne pensent pas à la torture. Ils ne pensent pas aux écoutes illégales (...) ils ne pensent pas à l'absence de droits fondamentaux », a-t-il dit, en référence à la détention de suspects sans qu'ils soient inculpés.

« Ce sont toutes ces choses qui sont anti-américaines », a-t-il dit. « Il y a toute une série de choses que (...) je n'aurais jamais cru voir en Amérique ».

L'étiquette « antipatriotique » que certains lui ont collée en raison de ses déclarations contre la guerre correspondait seulement « au langage du moment » et « au modus operandi de tous ceux qui n'aiment pas quelqu'un », selon lui.

Mais « à un moment donné, c'est antipatriotique de s'asseoir et de se contenter de regarder arriver des choses qui dégradent le pays qui vous est si cher », a-t-il dit.

Surnommé « le Boss » et célèbre pour des tubes comme « Born in the USA », Bruce Springsteen avait soutenu en 2004 le démocrate John Kerry, candidat malheureux à la présidence contre George W. Bush.

Après « Eugène Onéguine »,
le Bolchoï rajeunit sa « Dame de Pique »

Le plus célèbre théâtre de Russie, le Bolchoï, a confié l'ouverture de sa 232e saison vendredi à deux novices en matière d'opéra, chargés de dépoussiérer l'un de ses classiques les plus sacrés, la « Dame de Pique » du compositeur Piotr Tchaïkovski.

Toujours privé de ses locaux historiques, transformés en vaste chantier pour au moins encore une année, le Bolchoï poursuit parallèlement son entreprise de toilettage de son répertoire en tournant la page sur des mises en scène qui pour certaines ont été reprises sans altération notable pendant plus de 60 ans.

Longuement critiqué pour ses mises en scènes figées, le théâtre moscovite a révolutionné son répertoire après l'arrivée de la nouvelle direction en 2001, invitant des artistes d'avant-garde et multipliant les spectacles modernes.

Après l'« Eugène Onéguine » de Dmitri Tcherniakov, qui, présenté en ouverture de la saison l'an dernier, avait inauguré -non sans vagues- sa « nouvelle vision des classiques nationaux », l'heure a sonné à présent de rajeunir la « Dame de Pique », explique-t-on au Bolchoï.

Un processus « psychologiquement pas facile, qui s'apparente à renoncer à de vieilles pantoufles confortables ou à sortir Lénine du mausolée », ironise le magazine culturel Aficha.

Le célèbre opéra conçu en 1890 par Tchaïkovski à partir d'une nouvelle de Pouchkine a pour cela été confié à deux novices en matière d'opéra, même s'ils sont par ailleurs de véritables célébrités de la scène culturelle russe.

Il s'agit de Valeri Fokine, l'un des maîtres du théâtre russe pour la mise en scène, et du pianiste et chef d'orchestre Mikhaïl Pletnev pour la direction musicale.

Tous deux de fortes personnalités: Fokine est connu pour ses mises en scène théâtrales de Gogol, Kafka et Tchékov et Pletnev pour le brusque et récent arrêt de sa carrière de pianiste au profit exclusif de sa passion pour le pilotage d'avions et d'orchestre.

Les deux hommes sont convenus de « mettre l'accent sur le côté mystique et sur la profondeur musicale » de l'oeuvre, et sont ainsi parvenus à esquiver les conflits, a confié Mikhaïl Pletnev à la presse deux jours avant la première.

« Je n'avais jamais fait de théâtre musical. C'était dur, mais nous avons travaillé honnêtement. Quel que soit le résultat, c'est une expérience intéressante et importante », a relaté de son côté Valeri Fokine.

« Les acteurs sont différents de ceux du théâtre dramatique. J'aime à les entendre chanter. Mais je devais obtenir qu'ils vivent sur scène », souligne-t-il.

Au premier abord, la nouvelle mise en scène ne fait pas table rase du passé avec ses costumes de style classique (quoiqu'exclusivement composés de noir et de blanc), chignons ou chapeaux pour les femmes et hauts-de-forme pour les hommes.

Le décor, très austère, est toujours barré par une haute passerelle noire sur laquelle le choeur a parfois du mal à se tenir en entier et derrière les colonnes de laquelle le héros amoureux et joueur, Guerman, se dissimule pour tenter d'arracher le secret des « trois cartes » à la comtesse.

Mais celle-ci, dans cette scène-clé, « se comporte de manière étrange, elle n'a pas peur de son assassin », alors que la comtesse est censée mourir de peur, rapporte la chanteuse Elena Obraztsova, qui l'interprète.

Loin de faire « la vieille », elle se veut coquette, avec des airs de « Marlène Dietrich ». Une idée qui lui est venue lorsqu'elle chantait à Los Angeles en compagnie de Placido Domingo, et qui a été « acceptée » par Valeri Fokine, relate-t-elle.

Ouverture samedi
des 34e Nancy jazz pulsations

La 34e édition des Nancy jazz pulsations (NJP) s'ouvre samedi, avec comme têtes d'affiche David Murray, Richard Galliano, Biyouna ou encore Tiken Jah Fakoly.

Les NJP, l'un des trois plus anciens festivals de jazz de France, se tiendront jusqu'au 20 octobre et verront se dérouler près de 150 concerts, dans une vingtaine de villes de la région, selon les organisateurs.

La programmation se veut résolument jazz, qu'il soit classique (David Murray - 18 oct), matiné de funk (Fred Wesley, ancien tromboniste de Maceo Parker - 20 octobre) ou de tango (Richard Galliano - 18 oct), qu'il vienne du Brésil (Hamilton de Holanda - 18 oct) ou d'ailleurs.

Le festival, à l'ecclectisme affiché, propose aussi une petite moitié de concerts de « musiques soeurs » du jazz, selon le président et cofondateur des NJP Claude-Jean Antoine, dit « Tito ».

La pop planante d'Aaron (15 oct), celle plus « hippie » des Suédois de « I'm from Barcelona » (13 oct), se mélangeront au blues de l'Américaine Candy Kane (13 oct), au hip hop français de La rumeur (16 oct) ou aux plus difficilement classables Biyouna (10 oct) et Brigitte Fontaine (10 oct).

Les mélodies africaines seront également à l'honneur. Le « seigneur de la kora », le Malien Toumani Diabaté sera à l'affiche le 12 octobre, quand l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly et le Nigérian Seun Kuti, fils de Fela, se produiront le 19.

Les pop-stars dispendieuses sont en revanche absentes de la programmation. Le festival, avec son budget de 2 millions d'euros, pratique une « politique extrêmement rigoureuse sur les cachets », explique le président des NJP.

« On veut échapper à la dictature des têtes d'affiche chères. On préfère travailler sur de nouveaux talents, même si ce ne sont pas forcément des découvertes à proprement parler », souligne « Tito ».

Quelque 50.000 personnes sont attendues durant les deux semaines des NJP. Une centaine de bénévoles seront à pied d'oeuvre pour les accueillir.

Hommage de la Ville de Paris
à Pavarotti le 13 octobre

En hommage à Luciano Pavarotti, la mairie de Paris diffusera sur le parvis de l'Hôtel de ville samedi 13 octobre à 18h30 le récital donné par le ténor italien en mai 1990 à Milan, annonce-t-elle vendredi dans un communiqué.

Le parvis se transformera en salle de concert avec la projection sur écran géant de ce récital mêlant airs d'opéras et chansons napolitaines pour se conclure sur le célèbre « Nessun dorma » extrait de « Turandot » de Puccini. Il avait valu 6 rappels à Luciano Pavarotti.

Luciano Pavarotti est décédé le 6 septembre dans sa ville natale de Modène (nord) des suites d'un cancer à l'âge de 71 ans, au terme de quarante années d'une exceptionnelle carrière.

Dominique A et Jeanne Cherhal
rendent hommage à Barbara

Le théâtre du Châtelet à Paris accueille un hommage à Barbara dimanche à 11H00, dans le cadre de ses « concerts du dimanche matin ». Intitulé « Souviens-toi Barbara », ce spectacle a été initié par la productrice Jeanine Roze, qui a débuté auprès de Barbara, et du pianiste Alexandre Tharaud, admirateur de la « longue dame brune ».

Sur scène, ce dernier sera entouré des chanteurs Dominique A et Jeanne Cherhal, du clarinettiste Michel Portal, de l'accordéoniste Roland Romanelli et du violoncelliste François Salque pour reprendre les classiques de Barbara. On célébrera le 14 novembre prochain les 10 ans de la disparition de la chanteuse.

Grand