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Actualités musicales du 1er octobre 2006

Répertoire et pédagogie
du piano contemporain :
l'atelier Musica Temporalia / Martine Joste
ouvre à nouveau ses portes
pour la quatrième année
Pour la quatrième année consécutive, l’association
MUSICA TEMPORALIA reprend l’atelier Répertoire et pédagogie du piano
contemporain animé par la pianiste Martine JOSTE – opération menée en
partenariat avec la ville des Lilas. Les séances auront lieu au
conservatoire Gabriel-Fauré des Lilas (93), chaque jeudi matin du 4
octobre 2007 au 26 juin 2008.
Lors des sessions 2004/2005 et 2005/2006, plusieurs
concerts réunissant participants de l’atelier et élèves du conservatoire
ont été programmés. L’un d’eux, plus spécialement consacré aux œuvres de
Gérard Pesson, a eu lieu en sa présence. Par ailleurs, le compositeur
japonais Susumu Yoshida est venu donner une conférence, que des
participants ont illustrée par certaines de ses pièces. Les Sonates et
Interludes pour piano préparé de John Cage ont été étudiées et jouées par
une dizaine de participants à l’atelier au cours de deux journées de
masterclass publique conduites par le pianiste Gérard Frémy. Des visites
thématiques ont été organisées chez un restaurateur et collectionneur
parisien de pianofortes d’une part et autour des pianos Carrillo en
micro-intervalles se trouvant au C.N.S.M. de Paris, d’autre part.
La session 2006/2007, consacrée à l’œuvre de Sylvano
Bussotti, a été couronnée par les Journées Sylvano Bussotti, organisées
aux Lilas en partenariat avec Le Triton, la ville des Lilas, et avec le
soutien de la SACEM et du Conseil général de la Seine-Saint-Denis.
Reprenant la formule des sessions précédentes, ces deux journées ont réuni
sur scène participants de l’atelier et élèves du conservatoire (musiciens
et danseurs), mais aussi Sylvano Bussotti lui-même au piano, lequel a
répondu avec enthousiasme à l’invitation de MUSICA TEMPORALIA et a créé
dans ce cadre Silvano, Sylvano « version Les Lilas ». Cette riche session
2006/2007 a accueilli également deux intervenants : Nicolas Stavy, pour
une masterclass autour du répertoire classique, et Pierre Malbos, pour une
séance consacrée à la facture du piano.
Au cours de la session 2007/2008 seront principalement
abordées des œuvres de György Kurtág, George Crumb et John Cage. Toute
autre œuvre du répertoire contemporain que les participants souhaiteraient
étudier sera la bienvenue. En outre, les 19 et 20 mai 2008, aura lieu aux
Lilas une manifestation intitulée Hommage à György Kurtág et timbres
insolites, alternant les Jatékok pour piano du maître hongrois avec des
pièces d’Olivier Messiaen, de Bruce Mather, de Tristan Murail et de
Pascale Criton, utilisant notamment le piano en 1/16ème de ton et les
ondes Martenot.
Professeurs de conservatoire, d’école de musique,
étudiants, l’atelier Répertoire et pédagogie du piano contemporain
s’adresse à vous. Les modalités de participation à celui-ci sont précisées
sur la fiche d’inscription ci-jointe (format PDF) et vous trouverez sur
notre portail internet, actualisées en temps réel, des informations sur le
programme pédagogique des séances
(http://spaces.msn.com/musicatemporalia
).
Outre la possibilité de participer à cet atelier, vous
pouvez aussi devenir simplement membre de l’association, afin d’être
tenu(e) informé(e) de ses activités et de soutenir ses projets futurs.
Vous rejoindrez ainsi les adhérents, de plus en plus nombreux, qui nous
permettent de pérenniser notre action.
MUSICA TEMPORALIA - 5 rue Mercier 93600 AULNAY SOUS
BOIS - musicatemporalia@free.fr 09.50.70.52.98 – 06.99.16.85.56 -
http://spaces.msn.com/musicatemporalia
Le Bac musique 2008,
fiches de synthèse,
l'indispensable à connaître
La Lettre du Musicien publie un dossier spécial de 12
pages. On y trouvera la liste des oeuvres des options facultatives, toutes
séries, ainsi que celles au programme de l’enseignement de spécialité,
série L. Pour chacune de ces oeuvres, nous donnons un aperçu synthétique
de ce que l’élève doit savoir, assorti de conseils pratiques pour les
élèves, de recommandations aux professeurs, d’indications bibliographiques
et discographiques, de sites Internet conseillés… Professeurs et candidats
pourront ainsi aborder l’épreuve en toute confiance. En vente dans les
librairies musicales ou par correspondance. Pour tous renseignements :
01.56.77.04.00 –
http://www.la-lettre-du-musicien.com
(n° 347 – 1er octobre)
Nouveau site Brahms :
base relationnelle d'articles hypertextes
sur la musique du XXe siècle
Base de documentation et outil de recherche le plus
demandé sur la musique contemporaine, le site Brahms change de moteur, de
design, et voit ses contenus s'enrichir. Brahms rassemble quelque 600
biographies de compositeurs, 8000 fiches-oeuvres, des textes esthétiques
ou analytiques, entre lesquels l'internaute - musicien, musicologue,
professionnel ou simple mélomane - circule de manière intuitive.
Recentrage sur le domaine contemporain post-1945,
textes esthétiques inédits retraçant le parcours des grandes figures de la
musique contemporaine, par des musicologues de référence, module de
recherche très pointu, à partir du genre ou de l'effectif détaillé des
oeuvres, sont quelques-unes des nouveautés qui ont présidé à la refonte de
Brahms. ouverture du site lundi 1er octobre :
http://brahms.ircam.fr
Caetano Veloso,
est toujours un monument vivant
de la chanson brésilienne
Caetano Veloso, qui sera en concert le 3 octobre à
Bruxelles, le 5 à Toulouse, le 7 à Lyon et le 9 à Paris (Zénith), est un
monument toujours bien vivant de la chanson brésilienne, dont il demeure
au sommet depuis près de quarante ans.
Musicien éclectique, il continue d'épouser à 65 ans les
évolutions de la musique populaire brésilienne, et sera accompagné lors de
ces concerts par quelques jeunes musiciens de son dernier disque, « Cê »
(Universal), paru fin 2006 et ouvertement rock.
Caetano Veloso fut, en 1967, l'un des acteurs avec
Gilberto Gil du « tropicalisme ». Parti de Salvador de Bahia, ce mouvement
secoua à l'époque le paysage musical brésilien, en incluant à la samba et
à la bossa, qui dominaient alors le marché, les harmonies et sonorités de
la pop music anglo-saxonne.
Son aspect contestatataire, en pleine dictature, valut
au jeune chanteur de l'époque un séjour en prison et un exil de quelques
années en Angleterre.
Depuis son premier disque paru il y a 40 ans, ce
touche-à-tout de génie s'est toujours maintenu au sommet en conservant sa
liberté de choix artistiques.
Caetano Veloso peut interpréter des ritournelles
sud-américaines en espagnol, rendre hommage à Fellini, enregistrer le
disque « Noites do Norte », paru en 2001 où voisinent percussions
africaines, guitares électriques et sons électro, sans oublier des sambas
aux sompteux arrangements de cordes.
En préambule à sa venue en France, Universal publie «
Lingua », un florilège de ses chansons de diverses périodes interprétées
en plusieurs langues: portugais, anglais, français, espagnol, italien.
« Lingua » est la preuve que la curiosité et
l'ouverture d'esprit ont toujours présidé à l'oeuvre de Caetano Veloso. «
Sur mon île » d'Henri Salvador, considéré comme le précurseur de la bossa
nova, y voisine avec une version acoustique de « Help » des Beatles, «
Nine out of Tain », un reggae-pop enregistré en 1974, ou « Cambalache »,
un tango datant de 1969.
« Cê », son dernier album, voit ce maître de la chanson
brésilienne s'attaquer au rock malgré ses tempes grisonnantes, entouré de
jeunes musiciens brésiliens amis de son fils.
Car Caetano a passé le témoin à son fils Moreno Veloso,
qui fait partie des principaux représentants d'un mouvement né au début du
siècle, voyant une nouvelle vague amadouer l'électronique pour donner une
nouvelle vie à la musique brésilienne.
Le « Oogly boogly » débarque
pour la première fois en France à Pantin
Le « Oogly Boogly », atelier de danse pour les bébés, a
fait son apparition pour la première fois en France samedi et dimanche à
Pantin (Seine-Saint-Denis) au Centre national de la danse, où une
quinzaine de danseurs et chorégraphes animaient des ateliers
exceptionnellement ouverts aux amateurs.
Le « Oogly Boogly »? Une danse spontanée pour les bébés
de 12 à 18 mois qui déambulent librement à l'intérieur d'un espace de jeu
et interagissent petit à petit avec des comédiens qui imitent les
mouvements des petits qui deviennent metteurs en scène devant leurs
parents.
Samedi, huit bébés et leurs parents ont pris place
durant 45 minutes sous un chapiteau gonflable multicolore installé dans la
cour extérieure du grand bâtiment en béton qui abrite le Centre national
de la danse (CND). Durant tout le week-end une quinzaine de chorégraphes
et danseurs, dont la célèbre Marie-Claude Pietragalla, y animaient des
ateliers allant de la danse classique, au hip-hop, en passant par la rumba
ou encore le pasodoble.
Pour l'occasion, la chorégraphe andalouse Blanca Li,
accompagnée de danseurs, musiciens et DJ, a transformé samedi soir le
grand studio du CND en véritable cabaret, pour un music-hall très
créatif.
Intriguée par l'atelier du « Oogly Boogly », la
chorégraphe Espagnole, brune et filiforme, s'est d'ailleurs prêtée au jeu
samedi avec son fils d'un an et en est ressortie « conquise », « prête à
recommencer », tout en souhaitant que « ce concept puisse être repris dans
les crèches ».
Marion, 35 ans, est elle venue de Paris avec son fils
Virgil, 18 mois, petit blond très tonique qui a donné un rythme endiablé à
l'atelier, se montrant très à l'aise au milieu des comédiens. « Je ne suis
pas très surprise du résultat car il a l'habitude de danser à la maison,
cet atelier est une belle découverte, qui joue sur la spontanéité des
enfants entre eux, c'est génial », a-t-elle déclaré.
Beaucoup plus discrète que le petit Virgil, Loïs, 18
mois, petite tête brune avec de grands yeux verts est restée une bonne
partie de l'atelier sur les genoux de son papa, observant les mouvements
incessants des autres bébés, reproduits par les comédiens. « C'est
étonnant de voir le reflet de son enfant par les comédiens qui imitent ses
gestes », « elle est très calme alors qu'à la maison elle bouge beaucoup
», elle « a fini par comprendre le jeu d'imitation, c'est à partir de là
que le jeu devient intéressant », a raconté Etienne, 37 ans, papa de
Loïs.
« C'est une célébration de l'être spontané, on a
l'habitude d'encourager les enfants à nous imiter mais là, c'est
l'inverse, c'est l'enfant qui est au centre du jeu, et les comédiens
amplifient ses mouvements, pour arriver à un vrai spectacle, a expliqué à
l'AFP Sinead Rushe, comédienne londonienne de l'atelier du Oogly boogly
».
Il a été créé « en 2002 en Angleterre », « un peu par
hasard », « par un metteur en scène et un acteur lors d'une soirée ou le
premier imitait les mouvements de l'enfant du second », a expliqué Mme
Rushe. Depuis, le collectif de huit danseurs et comédiens officie en
Angleterre dans des centres pour enfants et a déjà fait voyager l'atelier
au Portugal, en Hollande, en Irlande, en Australie et en Suède, a-t-elle
ajouté.
Sinead et son équipe espèrent « pouvoir implanter
durablement le Oogly Boogly en France » à l'image de « la Suède où des
personnes vont être prochainement formées pour assurer des cours à leur
tour ».
Derniers rodages pour l'Opéra de
Pékin
après une décennie de rebondissements
Les danseurs esquissent leurs premiers pas, le vacarme
des scies électriques laisse place à des mélodies plus harmonieuses: après
dix ans de controverses et de rebondissements, la saga du nouvel Opéra de
Pékin de l'architecte français Paul Andreu tire à sa fin, mais la
programmation et son rôle restent à trouver.
Le 25 septembre, pour le début de la dernière période
de rodage avant l'ouverture officielle à la fin de l'année, un célèbre
opéra révolutionnaire a tenu l'affiche: « Le détachement féminin rouge
».
Une couleur en harmonie avec les fauteuils de la salle
pour un parterre de d'ouvriers migrants et de résidents expulsés en raison
des travaux, selon la propagande officielle.
A l'occasion de la Fête nationale, date de la création
de la Chine communiste, et avant le Congrès du Parti communiste chinois du
15 octobre, une série de spectacles sont donnés au Grand Théâtre national,
son nom officiel, notamment l'incontournable « Lac des Cygnes ».
Après presqu'une décennie de controverses et de
critiques à l'encontre de cette oeuvre d'une modernité inédite en Chine,
l'heure est à l'apaisement, à l'image de ce plan d'eau tranquille
entourant cet immense bâtiment en forme d'oeuf, près de la Cité interdite,
qui a coûté trois milliards de yuans (282 millions d'euros), et autour
duquel se pressent de nombreux visiteurs.
L'architecte française Paul Andreu, sélectionné en 1998
par les autorités chinoises, ne cesse d'arpenter le lieu. Il se déclare
soulagé de voir bientôt s'achever ce « marathon » qui a même connu un
arrêt de chantier tellement la polémique faisait rage.
« Mon impression après dix ans de travail, c'est qu'on
est arrivé au bout de ce qu'on voulait en gros. Je veux dire qu'on a bien
construit le projet qu'on avait proposé, on l'a modifié beaucoup mais
toujours dans un sens d'amélioration », dit-il à l'AFP.
Cette grande coquille de titane et de verre renferme
trois salles: la grande consacrée au ballet et à l'opéra (jusqu'à 2.500
places) est flanquée de deux plus petites, l'une pour la musique (2.000
places), très lumineuse où le blanc prédomine et où l'orchestre pourra
être vu de tous les côtés, l'autre pour le théâtre (1.100 places).
Elle sont accessibles par un tunnel souterrain, éclairé
par la lumière tamisée par l'eau du bassin qui se trouve au-dessus des
têtes.
Les trois salles sont indépendantes, comme posées dans
un écrin, flanquées de grands couloirs, ce qui, selon son créateur, doit
permettre à ceux qui ne vont pas forcément au spectacle de circuler.
« Le but est d'avoir un bâtiment toujours vivant », dit
Paul Andreu, montrant également les endroits prévus pour recevoir des
commerces ou des expositions.
« La Chine n'a pas tellement de bâtiments publics à se
mettre sous la dent, les Chinois en voient beaucoup, mais combien leur
sont ouverts? », se demande-t-il?
« La musique en général ne peut pas rester réservée à
un public de vieux, à une élite esthétiquement experte mais vieillissante
», souligne-t-il.
Cependant, pour l'instant, les badauds de cette zone
particulièrement touristique, près de la Place Tiananmen, sont tenus à
l'écart.
« Je le trouve merveilleux, c'est un nouveau théâtre
pour notre pays, j'espère pouvoir y entrer un jour mais ça a l'air
difficile pour le moment », témoigne une étudiante de la province du
Shandong (est), Zhang Ning.
Pour l'instant, rien n'a percé officiellement sur que
ce sera vraiment la programmation et l'utilisation du lieu.
« Ils sont en train de se chercher », constate Paul
Andreu, remarquant que les responsables de l'exploitation ont été nommés
il y a peu.
Li Changchun, grand chef national de la culture a rendu
une visite il y a quelques jours, exhortant la direction du Grand Théâtre
à concilier « les intérêts économiques et ceux de la société », en
proposant des spectacles à prix réduits, voire gratuits. M. Li est aussi
responsable de la propagande du parti. L'avenir dira si le projet de Paul
Andreu n'a pas été trahi.
Les « Rumeurs » d'Yves Simon,
chanteur et écrivain... ou l'inverse
Pour Yves Simon, 2007 est « l'année où musique et
littérature s'imbriquent »: parution de son douzième roman en janvier,
d'un « dictionnaire intime » en septembre, retour sur scène en juillet
après 30 ans d'absence et sortie lundi de son douzième album, le très
réussi « Rumeurs ».
« Ca m'a toujours convenu d'être dans ces deux mondes:
la musique et l'édition, avec moins de jeunesse, plus d'intellect. J'aime
avoir côtoyé Michel Foucault et avoir été l'ami de Gainsbourg, Gérard
Manset ou Jean-Jacques Goldman », explique-t-il à l'AFP, attablé au café
de Flore, emblème de Saint-Germain-des-Prés.
Yves Simon, 63 ans, est un personnage à part dans le
paysage culturel français, à la fois chanteur et écrivain... ou l'inverse,
puisqu'il navigue de l'un à l'autre avec un égal bonheur depuis 1971.
« Les gauloises bleues » (1972), « Au pays des
merveilles de Juliet » (1973) ou « Diabolo menthe » (1977) ont marqué la
chanson française et son septième roman, « La dérive des sentiments », lui
a valu le prix Médicis en 1991.
« A mes débuts, dans le monde de la littérature, on
avait une certaine condescendance pour le chanteur, se souvient-il. Or, la
chanson est un art difficile, avec beaucoup plus de contraintes que le
roman ».
« Si j'avais pensé une seule fois que le roman était
supérieur, j'aurais arrêté la chanson. Je les mets à égalité »,
assure-t-il.
C'est plus vrai que jamais cette année. Yves Simon a
publié en janvier le roman « Je voudrais tant revenir » (Seuil) puis, en
septembre, « Epreuve d'artiste » (Calmann-Lévy), « dictionnaire intime »
où l'on croise Gainsbourg, François Mitterrand ou Zelda Fitzgerald.
En juillet, aux Francofolies de La Rochelle puis de
Spa, il a retrouvé la scène après une parenthèse de 30 ans. Et lundi, il
sort « Rumeurs » (Barclay/Universal), bel album de 13 chansons intimistes
au parfum folk, cocon boisé où les guitares acoustiques sont
souveraines.
Ce retour au disque, huit ans après « Intempestives »,
a été motivé par trois raisons.
D'abord, un pari amoureux avec sa compagne, dont il est
beaucoup question dans l'album. Cordon bleu émérite, elle lui a proposé un
marché: des bons petits plats contre des chansons. « Je composais quand
elle cuisinait puis je chantais quand elle avait terminé », sourit-il.
La deuxième raison a encore trait à sa compagne: « Elle
m'a dit: C'est immoral d'avoir ce talent et de ne pas l'exercer ».
Enfin, il éprouvait un « sentiment de déséquilibre, de
sclérose » né du fait que la littérature avait pris le pas sur la
musique.
« Rumeurs » chante l'amour, thème de prédilection de
cet éternel séducteur.
La fragile « J'ai peur » est un écho au fait qu'il ne
s'est « jamais marié par peur d'être enfermé à l'intérieur d'une femme ».
« La métisse » célèbre les origines caribéennes de sa compagne et la loi
Taubira, qui « fait de l'esclavage un crime contre l'humanité ». Et «
Patrice » est « un cadeau » à ladite métisse, ainsi prénommée.
D'autres thèmes traversent l'album: le temps qui
s'enfuit dans « Aux fenêtres de ma vie » (avec Françoise Hardy) ou
l'enfant qu'il n'a jamais eu dans l'émouvante « Cet enfant ».
Les ovations debout du public des Francofolies lui ont
donné envie de renouer avec les tournées. Il a prévu quelques concerts
début 2008, un Olympia le 12 mars avant les festivals puis une tournée
d'automne.
Des échéances qu'il voit arriver avec gourmandise: «
Tout est exaltant en ce moment, je n'ai pas envie de gâcher ça en jouant
les précieux ».
Actualités musicales du 2 octobre 2006

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2 octobre 2007
Théâtre de Vanves
Biréli
Lagrène
Franck Wolf : saxophones
Hono Winterstein : guitare
Diego Imbert : contrebasse
Biréli Lagrène, que l’on a
longtemps nommé « le Mozart du jazz manouche » et qualifié de « nouveau
Django », a toujours su multiplier les rencontres, rechercher la compagnie
d’autres sonorités, créant chaque fois une histoire pleine de rêves et de
nostalgie, de tendresse, de délicatesse. Sans jamais sacrifier à la mode
quelle qu’elle soit, Biréli sait toujours nous révéler des surprises.
Toujours occupé à susciter de nouvelles expériences, à découvrir de
nouveaux paysages, Biréli Lagrène a su garder à l’univers de Django toute
a fraîcheur poétique ; il a également retenu de l’univers du maître
la leçon du risque, de l’aventure, de l’expérimentation, sans jamais
oublier l’amour du son.
Tarif : 23 €, 20 € —
Théâtre de Vanves 12, rue Sadi Carnot - 92170 Vanves / Tél. 01 41 33
92 91 — Métro Ligne 13, Malakoff-Plateau de Vanves, Bus 58 – 89 (Lycée
Michelet) - 126 (Vanves-Centre administratif)
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Radiohead laisse le public
fixer le prix de son album
disponible le 10/10
Le groupe de rock anglais Radiohead a annoncé lundi la
sortie le 10 octobre de son septième album, intitulé « In Rainbows »,
téléchargeable depuis internet à un prix que le public est libre de
fixer.
« Bonjour tout le monde, le nouvel album est
terminé, et il sort dans dix jours. Nous l'avons appelé In Rainbows. On
vous aime tous. Jonny », a indiqué lundi sur le site internet du groupe le
guitariste Jonny Greenwood.
En cliquant sur le nom de l'album, l'internaute se
retrouve en quelques secondes transporté sur le site consacré à ce nouvel
opus (www.inrainbows.com) où il peut alors s'inscrire pour télécharger
l'album de dix chansons à partir du 10 octobre.
Pour le prix, « c'est comme tu veux », indique le
site sur la facture.
Le groupe originaire de la région d'Oxford a également
élaboré un coffret coûtant 40 livres (57 euros) qui ne sera fabriqué que
sur commande et livré à partir du 3 décembre.
Ce coffret contient l'album sur CD et vinyle, ainsi
qu'un second CD avec huit nouvelles chansons supplémentaires et des
photographies digitales. Le coffret comporte également des livrets de
paroles de chansons et des illustrations.
Selon le site du magazine de musique NME, l'album
pourrait sortir de manière traditionnelle dans le commerce au début de
l'année prochaine.
Radiohead est composé de cinq membres: Thom Yorke
(chant), Jonny Greenwood (guitare), Ed O'Brien (guitare et choeur), Colin
Greenwood (basse) et Phil Selway (batterie).
Le groupe a connu un grand succès commercial mondial et
critique depuis son album « OK Computer » en 1997. Ses trois derniers
opus, « Kid A », « Amnesiac » et « Hail to the Thief » ont
été numéro un des ventes d'albums en Grande-Bretagne et parmi les trois
premiers aux Etats-Unis.
Le groupe, qui a achevé son contrat pour 6 albums avec
EMI en 2004, a indiqué en 2006 ne plus être sous contrat avec une maison
de disques.
François Le Pillouër
est élu président du Syndeac
(scènes subventionnées)
François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de
Bretagne (TNB) à Rennes depuis 1994, a été élu lundi président du Syndeac,
le principal syndicat d'entrepreneurs du spectacle vivant subventionné,
a-t-on appris auprès de cette organisation.
M. Le Pillouër, 54 ans, succède pour deux ans au
directeur de la scène nationale de Calais Francis Peduzzi, en fonction
depuis juillet 2006 et qui n'avait pas souhaité briguer un nouveau
mandat.
Le nouveau président a été élu lors d'un conseil
national qui a par ailleurs choisi trois vice-présidents (Eric de
Dadelsen, Arnaud Meunier et Marie-Agnès Sevestre) et un trésorier
(Jean-Michel Grémillet).
M. Le Pillouër avait confié la semaine dernière à l'AFP
qu'il aurait préféré « qu'un artiste soit élu président ».
« Mais si aucun de mes collègues ne le voulait, je
prendrais mes responsabilités », avait-il annoncé.
Le Syndeac, qui réunit 257 structures subventionnées
(centres dramatiques et chorégraphiques nationaux, scènes nationales,
compagnies, festivals...) vient de traverser une crise attisée par une
polémique autour d'un livre de Jean-Claude Wallach, « La culture,
pour qui ? », plutôt critique envers les résultats des scènes publiques en
matière de démocratisation culturelle.
Sous la pression d'une pétition signée par plusieurs
dizaines de membres du syndicat refusant « la théorie de la
pseudo-faillite du théâtre et de la danse », M. Wallach, qui était délégué
national du Syndeac, a démissionné de ses fonctions il y a quelques
mois.
Francis Peduzzi a aussi renoncé à se représenter au
poste de président, en constatant l'impossibilité de « recoudre ce
qui s'était fracturé avant l'été ».
Convaincu que « la démocratisation culturelle a
réussi dans la mesure de nos moyens », François Le Pillouër, qui était
l'un des principaux opposants à Francis Peduzzi, avait dit la semaine
dernière son souhait que le Syndeac soit animé par une « équipe
jeune, plus radicale » face à « un gouvernement déterminé ».
Les membres de The Police
faits chevaliers des Arts et Lettres
Les membres du groupe de rock The Police, les Anglais
Sting et Andy Summers et l'Américain Stewart Copeland, ont été faits
chevaliers dans l'ordre des Arts et des Lettres lundi au ministère de la
Culture à Paris.
« Nous sommes très touchés car nous sommes pleins
d'admiration pour la culture française », a déclaré Sting (qui aura 56 ans
mardi), en français, à l'issue de cette brève cérémonie, au lendemain du
second concert du groupe au Stade de France.
« Nous sommes très honorés de faire partie de vos
chevaliers », a-t-il ajouté, soulignant malicieusement qu'il était
« très exotique » pour lui et Summers, sujets de la couronne
britannique, d'être faits « chevaliers de la République ».
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a salué
« le charisme et la personnalité hors du commun » de Sting. Elle a
rappelé que le premier guitariste du groupe à sa création en 1977 était un
Français, Henry Padovani, ensuite remplacé par Summers.
Les trois membres de The Police ont fait sensation chez
les photographes et quelques touristes en arrivant juchés sur des
« Vélib' » des bicyclettes en location disponibles depuis quelques
semaines à Paris et qui remportent un vif succès.
The Police s'est reformé en février pour une tournée
mondiale, à l'occasion des 30 ans de sa création.
De 1977 à 1983, le trio a été l'auteur de nombreux
tubes dans un mélange de rock, pop et reggae, parmi lesquels
« Roxanne », « Message in a bottle », « Can't stand losing
you » ou « Every breath you take ».
Campagne anti-sida :
Mandela annonce
un concert international
à Johannesburg
L'ex-président sud-africain Nelson Mandela a annoncé
lundi que le prochain concert de la campagne 46664 contre le sida aurait
lieu pour la première fois à Johannesburg le 1er décembre, à l'occasion de
la Journée mondiale de lutte contre le Sida.
Il s'agira du cinquième concert international de la
série lancée en 2003 dans le cadre de la campagne 46664 --numéro de détenu
de Mandela sous l'apartheid-- qui a permis jusqu'à présent de recueillir
20 millions de rands (environ deux millions d'euros) pour financer des
projets contre le sida en Afrique sub-saharienne.
« 46664 organisera un concert similaire ici à
Johannesburg lors de la Journée mondiale du Sida, le 1er décembre 2007 »,
a déclaré Nelson Mandela.
« Je suis heureux que nous puissions toucher la
population de Johannesburg. Nous sommes impatients d'être rejoints ce
jour-là par des milliers de personnes », a ajouté le héros de la lutte
anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, lors d'une conférence de presse
au siège de sa fondation à Johannesburg.
Quelque 50.000 personnes devraient assister à ce
concert, auquel participeront une trentaine d'artistes locaux et
internationaux au stade d'Ellis Park, en plein coeur de Johannesburg.
La liste des artistes devrait être communiquée fin
octobre et les billets mis en vente au prix de 120 à 450 rands (environ 12
à 45 euros).
L'objectif de la nouvelle campagne 46664, lancée le 11
septembre, est de toucher les jeunes dans un pays où 5,5 millions de
personnes (sur quelque 48 millions d'habitants) sont porteuses du
virus.
« 46664 va continuer à se servir des célébrités
pour parler aux jeunes de la pandémie du sida », a ajouté Nelson
Mandela.
Les précédents concerts 46664 - auxquels avaient
participé notamment Bono, Cat Stevens, Annie Lennox et Johnny Clegg-
avaient eu lieu en Afrique du Sud, en Espagne et en Norvège. Un autre est
prévu à Londres, le 27 juin 2008, pour le 90e anniversaire de Nelson
Mandela.
Vinicius Cantuaria,
de l'Amazonie à New York
en passant par Rio
Le guitariste-chanteur Vinicius Cantuaria, qui publie
un nouvel album « Cymbals » et sera en concert à Paris (New Morning)
le 6 octobre, a passé son enfance à Manaus, au coeur de l'Amazonie, vécu à
Rio jusqu'à 45 ans avant de partir en 1996 à New York, pour devenir
« encore plus brésilien ».
« A Rio, j'avais tout, une maison, de l'argent, du
travail », a raconté à l'AFP Vinicius Cantuaria, arrivé dans cette ville à
l'âge de sept ans.
C'est là qu'il s'est éveillé à la musique, l'oreille
collée à « Radio Nacional do Brazil ». Il y a vécu son apprentissage
musical, s'est taillé une réputation de musicien et compositeur telles,
que les plus grands -Chico Buarque, Caetano Veloso, Gilberto Gil- l'ont
sollicité.
« J'avais tout exploré. Il était temps pour moi de
vivre une nouvelle expérience. Je suis parti pour devenir encore plus
Brésilien », poursuit ce musicien de 56 ans à l'inaltérable passion.
En quittant Rio pour Brooklyn, Cantuaria n'a pas, au
contraire, coupé le cordon ombilical avec le Brésil où il retourne
régulièrement et qu'il estime mieux percevoir, « avec une nouvelle
perspective ».
Il réinvente dans son atelier-studio sambas et bossas,
y insinue de nouvelles saveurs, quelques notes jazz, d'imperceptibles
sonorités électroniques. Au fil d'une demi-douzaine d'albums, des
musiciens aussi inventifs que David Byrne, Bill Frisell ou Arto Lindsay,
l'ont suivi dans son aventure.
« Ma musique est minimaliste », poursuit cet
admirateur sans bornes d'Antonio Carlos Jobim. « J'utilise les sons
électroniques juste comme support, pour créer des atmosphères, des bruits
étranges, pas plus », explique cet artisan toujours en éveil qui travaille
sa matière sonore dans son atelier-studio « jour et nuit ».
« Cymbals » (Naïve) est la dernière oeuvre de
celui qui se compare à un peintre, « pas seulement l'artiste mais
aussi le peintre en bâtiment qui passe des couches successives ». Des
musiciens aussi créatifs que le pianiste Brad Mehldau ou le guitariste
Marc Ribot apportent leurs touches de couleurs.
Né en 1951 à Manaus, Vinicius Cantuaria a passé ses
premières années entouré par le vacarme de la forêt amazonienne.
Persuadé que tout individu est façonné par les
innombrables sons et symboles qui l'entourent, il caresse aujourd'hui un
rêve: « descendre sur une petite embarcation les fleuves de
l'Amazonie, jouer, capter tous les sons qui m'entourent, rentrer à New
York et tout mettre dans mon ordinateur ! »
La Collection Rostropovitch
s'installe au palais Constantin
à St-Pétersbourg
Le milliardaire russe Alicher Ousmanov a indiqué lundi
que la collection d'art du violoncelliste Mstislav Rostropovitch qu'il
vient d'acheter serait installée au Palais Constantin à Saint-Pétersbourg,
où Vladimir Poutine reçoit des invités de marque.
« Je voulais respecter la volonté de Galina
Vichnevskaïa (veuve de Mstislav Rostropovitch) qui souhaite que la
collection prenne place dans un des palais de Saint-Pétersbourg »,
l'ancienne capitale impériale, a déclaré M. Ousmanov, cité par l'agence
Ria-Novosti.
« J'ai appris que l'un des palais qui vient d'être
restauré n'a toujours pas sa propre collection d'art (...) et la décision
a été prise d'y installer cette collection », a-t-il ajouté.
Restauré à l'occasion du tricentenaire de la capitale
impériale, le palais Constantin, situé à Strelna à 15 km de
Saint-Pétersbourg, est utilisé par le chef de l'Etat pour accueillir des
hôtes étrangers, comme lors du sommet du G8 en juillet 2006.
Le magnat russe de l'acier et du gaz Alicher Ousmanov a
acheté à la mi-septembre quelque 450 oeuvres d'art collectionnées par le
chef d'orchestre, qui devaient être intialement vendues à Londres par la
maison d'enchères Sotheby's, pour 72 millions de dollars afin de l'offrir
à l'Etat russe.
La collection rassemblée par Rostropovitch et son
épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa, comprend notamment des toiles des
peintres russes Ilia Repine, Valentin Serov et Boris Grigoriev.
Les oeuvres, accumulées sur une trentaine d'années,
étaient conservées dans deux appartements du couple, l'un à Londres,
l'autre à Paris.

Actualités musicales du 3 octobre 2006

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3-19 octobre 2007
Montpellier
Les Internationales de la Guitare

Les Internationales de la Guitare, ont fait leurs en
1996 à Montpellier. Depuis douze ans, année après année, le festival a
présenté une programmation variée et originale en respectant ses deux mots
d'ordre : popularité et eclectisme. Popularité car le festival va à la
rencontre de tous les publics à travers les Scènes du
Languedoc-Roussillon. Flamenco, classique, rock, swing manouche, électro…
Cette année, le Festival ouvre des stages de lutherie et d'interprétation
en blues et fmamenco.
Sur scène on en entendra, paremi bien d'autres
artistes, Frédéric Monino, Luis Sclavis, les frères Belmondo et les frères
Ferré, Georges Moustakis, Michel Portal, Thierru Pontet, Patti
Smith...
Pour tout savoir :
http://www.internationalesdelaguitare.com/
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La Société des auteurs
et compositeurs dramatiques (SACD)
se prononce pour la création
d'un observatoire du spectacle vivant
et un Centre National théâtral
La Société des auteurs et compositeurs dramatiques
(SACD) s'est prononcée mardi en faveur de la création d'un
« observatoire du spectacle vivant » et la mise en place d'un Centre
national du théâtre « aux missions élargies », inspiré de ce qui
existe pour le cinéma.
« Il nous paraît urgent d'aller vers un
observatoire du spectacle vivant, car il y a en France un vrai problème de
diffusion, on crée beaucoup de spectacles et ensuite ils sont très peu
joués », a déclaré lors d'une conférence de presse le président de la
SACD, Jacques Fansten.
« Parfois, il n'y a que trois représentations d'un
spectacle de danse, huit à dix d'une oeuvre de théâtre », a-t-il
souligné.
Selon la SACD, un observatoire permettrait de
« centraliser l'ensemble des données statistiques » pour nourrir la
« réflexion sur l'adéquation de la politique du spectacle vivant aux
besoins des professionnels et aux orientations politiques du ministère »
de la Culture.
La SACD a appelé dès mars 2006 à la création de cet
outil, mais cette demande prend une dimension particulière avec les
récentes déclarations de la ministre de la Culture Christine Albanel, qui
a jugé qu'il « fallait une plus grande diffusion des oeuvres ».
Parmi les autres propositions de la SACD figure l'idée
de « mettre sur pied un nouveau Centre national du théâtre » (CNT)
voué à s'inscrire dans la démarche du Centre national de la
cinématographie (CNC).
Un CNT existe déjà depuis 1993, mais il s'agit d'une
association qui n'est qu'un centre de ressources (information et
documentation) doté d'un budget annuel limité à quelque 2,26 millions
d'euros.
Le nouveau CNT voulu par la SACD serait un
établissement public ayant pour mission « de réglementer le secteur,
de soutenir l'économie du théâtre et du spectacle vivant en travaillant à
sa transparence, et enfin de promouvoir la création contemporaine et sa
diffusion auprès de tous les publics ».
La SACD semble faire écho à la lettre de mission par
laquelle l'Elysée et Matignon enjoignaient à Mme Albanel d'examiner
« dans quelle mesure le dispositif d'aide à la production
cinématographique, qui repose en partie sur le succès public des oeuvres
subventionnées, pourrait être appliqué au théâtre ».
Le CREA, centre d'éveil à l'art
lyrique,
fête ses 20 ans
Le CREA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), centre
d'éveil artistique dédié à la création lyrique, fêtera son 20e
anniversaire de mercredi à dimanche sous le parrainage de la soprano
Natalie Dessay avec des spectacles, ateliers et tables rondes.
Structure atypique - seul Opéra Junior à Montpellier
est comparable -, le CREA regroupe à l'Espace Jacques-Prévert d'Aulnay 150
choristes amateurs de 7 à 27 ans, sous la direction de son fondateur
Didier Grojsman.
En 20 ans, cette association a créé 21 ouvrages
lyriques et 23 spectacles musicaux, et son travail a été diffusé dans le
cadre de la programmation jeune public d'institutions reconnues comme les
Opéras nationaux de Paris et Bordeaux ou le Grand-théâtre de Genève.
Le CREA développe une pédagogie originale, sans
sélection ni audition et en dehors du temps scolaire, avec notamment un
choeur d'éveil (6-8 ans), un atelier (8-11 ans), un choeur de scène (11-15
ans) et un autre de jeunes (16-25 ans).
« C'était une utopie de croire qu'on pouvait
apporter, par la pratique du chant et des arts de la scène, des choses
aussi positives à des enfants. Au bout de 20 ans, aucun n'est devenu
professionnel mais tous ont réussi leur insertion sociale et personnelle
», explique à l'AFP Didier Grojsman.
« C'est une pratique amateur pour construire un
être libre », fait valoir ce militant de l'éducation artistique, qui
souligne que les enfants passés dans sa structure « maintenant
sortent au théâtre, vont voir de la danse contemporaine et écouter des
concerts ».
Pour fêter ses 20 ans, le CREA créera trois oeuvres
musicales, dont le spectacle anniversaire (vendredi, samedi et dimanche)
« La vie secrète de Marioline Serin », mis en scène par l'Italienne
Laura Scozzi et dirigé par Didier Grojsman.
Trois choeurs d'enfants extérieurs au CREA ont été
invités: la Maîtrise de la Perverie à Nantes, l'EDS/Ecole du spectateur au
Creusot (Saône-et-Loire) et Les Imaginaires de Sargé-lès-Le Mans
(Sarthe).
Retenue à New York, Natalie Dessay, « marraine des
20 ans du CREA », ne sera pas de la partie mais a tenu à envoyer un petit
mot par lequel elle apporte son « soutien à cette compagnie qui
défend ardemment l'accès à l'art lyrique et forme ainsi le public de
demain ».
Le Prix Belmont 2007
de musique contemporaine
sera ramis à Mantovani
Le compositeur Bruno Mantovani se verra remettre le 5
novembre, dans le cadre du festival Römerbad Musiktage à Badenweiler
(Allemagne), le Prix Belmont 2007 de musique contemporaine.
Mantovani, qui aura 33 ans le 8 octobre, est en passe
de devenir l'un des compositeurs français les plus connus et joués en
France comme à l'étranger, avec ses aînés Henri Dutilleux (né en 1916),
Pierre Boulez (1925) et Pascal Dusapin (1955).
Le comité artistique de la Fondation Forberg-Schneider,
qui décerne ce prix doté de 20.000 euros, a souhaité « honorer un
musicien dont la facture est pénétrée par la transparence de la lumière,
comme les ombres à angles vifs du monde méditerranéen ».
Les précédents lauréats du Prix Belmont sont le
compositeur et clarinettiste allemand Jörg Widmann (1999), le pianiste
français Florent Boffard (2001), la violoniste Carolin Widmann (2004) --
soeur de Jörg Widmann - et le quatuor à cordes français Ebène (2005).
Brilliant Classics publie sa quatrième
intégrale :
100 CD Beethoven à moins de 100 €
L'éditeur phonographique néerlandais Brilliant Classics
et son distributeur français Abeille Musique viennent de publier leur
quatrième intégrale à bas prix consacrée à un compositeur : un coffret
Beethoven de 100 CD vendus à moins de 100 euros.
Si ce genre d'opérations demeure très rentable,
notamment par le jeu de rééditions d'enregistrements tombés dans le
domaine public ou de reparutions sous licence, les ventes deviennent moins
spectaculaires, d'autant qu'Abeille Musique subit aujourd'hui la
concurrence des majors (EMI, Sony-BMG, Warner et Universal) sur ce créneau
porteur.
Ainsi, après le coup d'éclat Mozart (210.000
exemplaires vendus en France depuis l'automne 2005), le coffret Bach s'est
écoulé à quelque 73.000 exemplaires et Chopin à moins de 50.000, selon les
chiffres fournis par le distributeur.
Du coup, Abeille Musique innove en offrant pour l'achat
de l'intégrale Beethoven un livre de 200 pages comportant notamment une
biographie du compositeur et une présentation de ses oeuvres.
Pour le reste, le coffret présente des gravures très
solides sur le plan artistique, comme les symphonies par Karajan ou les
trios avec piano de Pablo Casals, Alfred Cortot et Jacques Thibaud.
2007, année du centième annivesaire
de la disparition d'Evard Grieg
Il est un anniversaire dont la presse parle
relativement peu et qui pourtant mérite qu'on s'y attarde : le centenaire
de la disparition du Norvégien Edvard Grieg (1843-1907), compositeur doué
d'un grand sens mélodique et d'une belle invention harmonique, dont le
talent s'est notamment exprimé par le piano, son instrument.
Son compatriote Leif Ove Andsnes lui rend hommage avec
un disque monographique intitulé « Ballad for Edvard Grieg » (EMI),
qui comporte la rare « Ballade en sol », riche série de variations
sur un air populaire norvégien.
Andsnes, 37 ans, sera en concert vendredi (20H00) à la
salle Pleyel à Paris avec l'Orchestre philharmonique de Radio France et le
chef prodige vénézuélien Gustavo Dudamel dans un programme sans Grieg mais
avec Brahms (concerto pour piano n°2).
Ce dernier compositeur est d'ailleurs à l'affiche
(Quintettes avec piano, dont celui de Schumann) d'une autre nouveauté
discographique (Virgin/EMI) du pianiste, enregistrée avec les virtuoses
allemands d'Artemis, l'un des meilleurs quatuors à cordes du moment.
Grieg, lui, reste naturellement au coeur des
préoccupations de la Norvège et de son ambassade en France, qui invite à
(re)découvrir au Grand salon du Musée de l'armée à Paris notamment ses
« Pièces lyriques opus 71 » (par Rune Alver, piano) le 8 octobre,
puis un programme autour de chansons folkloriques le 22.
Musiques de Rues :
un festival des arts de la rue
« option musique »
Le festival Musiques de Rues, qui s'ouvre jeudi pour
quatre jours à Besançon, se veut à l'instar de ses pairs, Chalon dans la
rue et Aurillac, une manifestation célébrant les arts de la rue, tout en
se distinguant par une programmation exclusivement consacrée à la
musique.
« Musiques de Rues, c'est la ruée vers la musique.
C'est sortir les styles (classique, concrète, fanfare) de leur
cloisonnement habituel pour redonner ses lettres de noblesse à la musique
et à la rue », explique François-Xavier Ruan, codirecteur de la
manifestation.
Fin 2004, un appel à projet pour concevoir « un
événement culturel, festif et participatif » à Besançon est lancé. Deux
Nantais, François-Xavier Ruan et Pascal Esseau, proposent un festival
farfelu, entièrement gratuit, mêlant les musiques du monde, les nouvelles
fanfares, la musique contemporaine et les installations sonores cantonnées
habituellement aux musées d'art contemporain.
Festival de création, Musiques de Rues cherche à être
un « territoire d'exploration des arts sonores » pour les artistes
plutôt qu'un accueil des têtes d'affiche en tournée.
Pour sa deuxième édition, les organisateurs ont invité
la compagnie Monte-Charge et Motus à présenter pour la première fois leur
« manège acousmatique », écrin sonore qui embarquera le spectateur
dans l'orbite musicale d'une vingtaine de compositeurs contemporains.
Le tromboniste américain Glenn Ferris présentera une
pièce composée spécialement pour le festival, qui rassemblera une
quarantaine de musiciens -professionnels et amateurs-, tandis que le Belge
Max Vandervorst, en résidence à Dole (Jura), dévoilera ses vélos sonores
conçus avec des étudiants en éco-design.
Le centre-ville de Besançon, entièrement piéton pendant
la manifestation, deviendra un cabinet de curiosité à ciel ouvert, avec
« Le chant des sirènes », opéra urbain où la ville devient un organe
symphonique, ainsi que les insolites machines musicales de Jacques Rémus,
« pape de la bricophonie ».
Les musiques du monde seront représentées par des
artistes d'une dizaine de nationalités différentes, dont les Cubains de la
Banda de Santiago, le trio américain Digital Primitives, le Gangbe Brass
Band, un brass-band béninois, et la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié,
accompagnée par les Toulousains du Tigre des platanes.
Autre événement marquant, le défilé de la fanfare de la
Touffe, qui initiera les Bisontins à l'art de la fanfare en leur apprenant
à se servir d'instruments à embouchures et à les faire parader après
seulement deux heures de « répétition ».
Dimanche, les quelque 600 artistes défileront, pour un
ultime adieu, dans les rues de Besançon pour clôturer le festival.
Selon les organisateurs, peu importe « l'audimat »
du festival pourvu qu'il y ait l'émotion collective. La première édition
avait attiré 70.000 personnes.
Patti Smith, est invitée aux 12e
Internationales
de la Guitare de Montpellier
Jazz, pop, blues, fado, flamenco, classique ou
électrique: les 12e Internationales de la Guitare célèbrent l'instrument
dans toute sa diversité du 3 au 19 octobre à Montpellier, avec la rockeuse
Patti Smith comme invitée vedette.
L'artiste américaine se produira sur la scène de
l'opéra Berlioz le 18 octobre, accompagnée par son guitariste et vieil
acolyte Lenny Kaye, qui travaille avec elle depuis le début des années
70.
Les Musiciens du Nil et leurs musiques rurales et
traditionnelles de Haute-Egypte ouvrent ces Internationales, qui offrent
au total plus de 80 spectacles, les Internationales investissant opéra et
salles de concerts mais aussi les bars et salles de spectacles de
Montpellier et d'autres communes alentour.
Dans cette programmation généreuse, deux soirées
s'annoncent comme des temps forts: samedi 6, l'Opéra-Comédie de
Montpellier accueille une « Noce de flamenco » avec Vicente Navarro,
un des virtuoses de la guitare flamenca contemporaine.
Une semaine plus tard, les frères Boulou et Elios
Ferré, maîtres du jazz manouche, se produiront avec des invités
exceptionnels: Maurice Vander, Georges Moustaki, Michel Portal, les frères
Belmondo et Riccardo del Fra.
Le festival se clôturera sur une note électro-rock et
un concert gratuit (DJ Zebra et WhoMadeWho).
Parallèlement au festival se dérouleront des stages de
jazz, de swing manouche, de rock et de blues, ainsi qu'une master class
avec Roberto Aussel, mais aussi le 10e Salon international de la lutherie,
du 12 au 14 octobre.
Programme complet :
http://www.internationalesdelaguitare.com
Actualités musicales du 4 octobre 2006

Bruxelles redonne sa bénédiction
au mariage Sony-BMG
La Commission européenne a redonné son feu vert
mercredi à l'union des maisons de disques Sony et BMG, au grand dam des
labels indépendants qui l'avaient contrainte à rouvrir une enquête car ils
s'inquiètent de possibles abus de position dominante.
« Cette fusion ne menace pas la concurrence et
nous l'avons donc autorisée sans conditions », a résumé la commissaire à
la Concurrence Neelie Kroes lors d'une conférence de presse.
Le cas était pour le moins exceptionnel: le mariage
entre Sony Music, filiale du géant japonais de l'électronique grand public
Sony, et BMG, pôle musique du groupe de médias allemand Bertelsmann, pour
créer l'une des deux plus grandes maisons de disques au monde, avait déjà
été béni en 2004 par Bruxelles et est consommé depuis longtemps.
Mais le premier feu vert de Bruxelles a été annulé en
2006 par la Cour européenne de justice (CEJ), saisie par des producteurs
indépendants réunis dans l'association Impala et inquiets de la réduction
de cinq à quatre (EMI, Warner, Universal et Sony-BMG) du nombre de majors
qui se répartissent 80% du marché européen du disque.
La Commission elle-même avait soulevé des arguments
similaires lors de la tentative avortée de fusion entre deux autres majors
du disque, EMI et Warner. Mais dans le cas de Sony-BMG, elle a estimé ne
pas pouvoir étayer suffisamment un veto.
Déjà recalée pour arguments insuffisants à trois
reprises par la CEJ, pour l'interdiction des fusions Schneider/Legrand,
Airtours/First Choice et Sidel/Tetra Laval, Bruxelles n'avait pas voulu
prendre de risques et avait autorisé Sony et BMG à se marier.
Après l'annulation de la CEJ, Bruxelles a donc repris
sa copie mais sans la revoir. Mercredi, Neelie Kroes s'est surtout
attachée à montrer que ses services avaient bien fait leur travail, avec
une nouvelle enquête beaucoup plus approfondie que la première.
Le cas a été « réexaminé d'un bout à l'autre, en
regardant non seulement ce qui était susceptible d'arriver sur les
marchés, mais ce qui s'est réellement passé entre 2004 et aujourd'hui », a
insisté la commissaire, faisant état d'une « analyse extrêmement
détaillée » de « millions de données ».
Outre la musique enregistrée sur des supports physiques
tels que CDs et cassettes, le champ de l'enquête a aussi été élargi aux
téléchargements en ligne, qui en étaient encore à leurs balbutiements lors
de la première décision mais qui ont depuis, connu un véritable boom.
Tout cela pour en revenir à la même conclusion:
Bruxelles dit n'avoir trouvé aucun indice de risques pour la concurrence.
Une « décision bizarre » et « indéfendable », ont immédiatement
réagi les labels indépendants de l'association Impala.
L'affaire est loin d'être réglée. Impala demande que
les méthodes de travail de la Commission soient passées en revue et se
réserve « l'option de faire appel » devant la justice européenne et
« de demander des dommages-intérêts à la Commission ».
« Il y a des preuves plus que suffisantes que
quelque chose n'est pas normal », a commenté une porte-parole de
l'association.
Mettre un veto à une fusion déjà bouclée était
difficilement concevable. Mais Impala espérait que Bruxelles assortisse
cette fois son feu vert de conditions, et avait suggéré entre autres des
désinvestissements significatifs de la part de Sony-BMG, selon la
porte-parole. Bruxelles avait posé de telles conditions lors du rachat par
la major Universal (groupe Vivendi) du catalogue de droits d'édition
musicale BMG Music Publishing.
Habib Koité est une bibliothèque
vivante
des musiques du Mali
Habib Koité, qui publie un nouvel album « Afriki »
(Cumbacha) et dont la tournée européenne passe par Paris (L'Européen)
dimanche et lundi, possède un profond savoir des musiques traditionnelles
du Mali, qu'il réactualise en leur imprimant un « groove » et des
arrangements modernes.
Ce griot khassonké, fruit de l'union d'une malinké et
d'un peul, né à Thiès (Sénégal) d'un père cheminot, éduqué à Kayes sous la
férule d'un grand-père autoritaire, a eu une ascension linéaire: après
avoir appris la guitare en autodidacte, on l'inscrit à 19 ans, en 1978,
comme élève à l'Institut national des arts (INA) de Bamako, dont il
devient professeur en 1982.
Entre deux cours, il se forge un répertoire et une
réputation à la tête du INA Stars, l'orchestre de l'institution, puis de
Bamada, son groupe fondé en 1988.
« J'ai été musicien de club pendant plus de quinze
ans », raconte à l'AFP Habib Koité, qui a abandonné le professorat en 1996
pour privilégier sa carrière de musicien professionnel.
« Cette expérience m'aide beaucoup à rentrer dans
la structure des autres musiques », poursuit ce musicien respecté et
recherché.
« Afriki », premier disque du groupe depuis six
ans, rassemble des musiques de diverses ethnies et régions du Mali,
passant d'une mélodie alerte du Wassoulou à un blues songhai.
En plus de sa virtuosité, Habib Koité apporte à ce
répertoire le sang neuf d'arrangements novateurs, de subtils mariages
d'instruments.
« Je rassemble des sons d'instruments
traditionnels, identitaires, du folklore malien, très divers rythmiquement
et mélodiquement, et j'y ajoute ma propre expérience », explique celui qui
a même convié des joueurs de cornes d'antilope sur un titre.
Propulsées par une basse agile, ses chansons
fourmillent d'alliages de timbres parfois osés, un harmonica et un
balafon, un djembe et un violon... Il habille une chanson de cordes
occidentales, apporte l'allant de cuivres sur « Africa ». Autre idée:
faire chanter de jeunes griotes plus bas, afin de rendre leurs voix plus
douces.
L'ensemble, à la fois majestueux et dansant, coule de
source, grâce à la cohésion d'un groupe immuable: « Avec un groupe
comme ça, vous avez une base solide qui vous permet de faire le show.
Toute notre musique est cousue dans les mémoires ».
Zappa fils joue Zappa père
Le Grand Rex à Paris accueille vendredi une soirée qui
promet d'être exceptionnelle, intitulée « Zappa plays Zappa ».
Dweezil Zappa y reprendra une partie du répertoire de son père, le génial
Frank Zappa, disparu en 1993 à 52 ans d'un cancer de la prostate.
Dweezil Zappa avait entamé cette tournée l'an dernier
et, depuis, a sillonné l'Europe et l'Amérique du Nord, récoltant au
passage des critiques élogieuses. Le guitariste de 38 ans sera accompagné
par sept musiciens, dont Ray White (guitare et voix), qui avait joué avec
Zappa père à partir du milieu des années 70.
En moins de 30 ans de carrière, Frank Zappa a construit
l'une des oeuvres les plus foisonnantes et passionnantes de l'histoire de
la pop, embrassant une infinité de styles, du rock au jazz en passant par
le doo wop ou la musique contemporaine d'avant-garde. Ses premiers chocs
musicaux lui avaient d'ailleurs été procurés, enfant, par l'écoute du
« Sacre du printemps » de Stravinsky et de « Ionisation » de
Varèse.
Sasha Waltz à la rencontre
du Ballet de l'Opéra de Paris
La chorégraphe allemande Sasha Waltz, figure de la
danse contemporaine, donnera à partir de vendredi soir sa première
création avec le Ballet de l'Opéra de Paris, après avoir reçu comme un
« défi » cette invitation par l'une des plus grandes compagnies de
formation classique.
L'Opéra Bastille donnera lors de dix représentations
jusqu'au 20 octobre son « Roméo et Juliette » d'après Shakespeare,
sur la musique de la symphonie dramatique éponyme de Berlioz (1839).
La partition sera dirigée en fosse par le chef
d'orchestre russe Valery Gergiev, grand spécialiste du compositeur
français, en alternance avec l'Estonien Vello Pähn.
Chose rare, la production mobilise les différentes
forces chorégraphiques, musicales et lyriques de la maison: le Ballet,
l'Orchestre et les Choeurs, auxquels se joindront trois chanteurs
solistes, les Russes Ekaterina Gubanova (mezzo), Mikhaïl Petrenko (basse)
et le ténor français Yann Beuron.
La rencontre n'était pas gagnée d'avance entre Sasha
Waltz, 44 ans, figure indépendante de la danse-théâtre et ancienne
codirectrice (1999-2004) de la moderniste Schaubühne de Berlin, avec le
Ballet de l'Opéra de Paris, compagnie de répertoire composée de danseurs
de formation classique.
« C'est le moment pour la danse de montrer
qu'au-delà des conflits esthétiques, on avance », a expliqué à la presse
la directrice de la danse à l'Opéra de Paris, Brigitte Lefèvre.
« Nos artistes ne sont pas des danseurs classiques
devant être évangélisés par une chorégraphe contemporaine. Sasha Waltz
travaille avec, et surtout pas de manière scolaire au contact de gens
auxquels il faudrait transmettre un savoir », ajoute-t-elle.
Les étoiles Aurélie Dupont, Hervé Moreau et Wilfried
Romoli se sont rendus en juin dernier à Berlin afin de mener un travail de
recherche à partir d'improvisations avec les danseurs de Sasha Waltz &
Guests, la compagnie de la chorégraphe.
Ils ont ainsi pu s'initier à son écriture
chorégraphique, basée sur le poids des corps, la fluidité du mouvement et
le refus de la verticalité. En retour, « le langage que j'utilise a
été modifié au contact des danseurs », explique Sasha Waltz, « très
honorée de cette invitation qui en même temps est un défi ».
Pour évoquer l'idylle des amants de Vérone (Roméo et
Juliette) sacrifiée sur l'autel des haines ancestrales entre Montaigu et
Capulet, Sasha Waltz a fui les conceptions théâtrales narratives au profit
d'une vision « émotionnelle » entre néoromantisme et abstraction,
loin de toute réinterprétation politique.
Cette chorégraphe au regard de plasticienne s'appuiera
pour cela sur le décor, central dans sa dramaturgie et voulu ici comme un
espace scénique mouvant, évoluant à vu, avec des niveaux différents et des
falaises « apportant de la dynamique et de la tension ».
« Les danseurs ne seront jamais en sécurité, comme
pour dire que l'amour n'est jamais assuré », fait valoir Sasha Waltz.
Selon la chorégraphe, le « centre, le coeur
battant » du spectacle devrait être un pas de deux d'une durée
inhabituelle. « Dix-huit minutes: c'est très long ! », souligne une
Sasha Waltz mi-anxieuse mi-amusée.
L'Orchestre de Chicago
est à Paris avec Riccardo Muti
L'Orchestre symphonique de Chicago, l'une des plus
prestigieuses formations américaines, a donné mardi soir le premier de
deux concerts à la salle Pleyel à Paris, exhibant une somptueuse mécanique
instrumentale sous la baguette de première classe de l'Italien Riccardo
Muti.
Le CSO (Chicago Symphony Orchestra), fondé en 1891, a
entamé le 26 septembre sa 33e tournée internationale depuis 1971, un
périple européen qui s'achèvera vendredi et samedi à Londres après un
second programme (Prokofiev, Falla et Ravel) mercredi à Paris.
Muti, 66 ans, est bien connu dans la capitale
française, où il est depuis plus d'un quart de siècle l'invité régulier de
l'Orchestre national de France.
Le CSO qui ne s'était pas produit à Paris depuis 1998
vient de retrouver, en la personne du maestro napolitain, un chef qu'il
n'avait pas côtoyé depuis 32 ans.
Ces retrouvailles ont suscité mardi soir un accueil
enthousiaste du public de Pleyel.
Dès la symphonie « Pathétique » (n°6) de
Tchaïkovski, le CSO a tout d'une machine orchestrale virtuose et
parfaitement huilée, au legato somptueux, flatté par le geste rond de
Muti. Mais ses attaques pourraient être plus incisives, et l'émotion peine
à émerger sous ce vernis sonore très homogène.
Plus que dans la suite « Nobilissima visione »
d'Hindemith, au goût néo-rococo empesé, l'orchestre se montre ensuite
plutôt convaincant dans le « Poème de l'extase » de Scriabine, opus à
l'invention débridée qui pourrait toutefois être joué de manière moins
sage, plus vénéneuse.
La salle, cependant, ne boude pas son plaisir. Muti
l'en remercie avec, en guise de bis, « Rosamunde » de Schubert. Le
chef, qui a ses habitudes à Vienne (Philharmonique, Opéra d'Etat), sait
parfaitement dans cette musique comment faire chanter le quatuor (cordes),
à la sonorité très dense, et sa petite harmonie, dans laquelle brille le
Français Mathieu Dufour, flûte solo du CSO.
Le retour de Muti a relancé les spéculations sur son
avenir avec l'Orchestre de Chicago, historiquement l'un des « big
five », c'est à dire l'une des cinq plus grandes formations symphoniques
des Etats-Unis avec Boston, Cleveland, New York et Philadelphie.
Le CSO a un chef principal (le Néerlandais Bernard
Haitink) et un chef émérite (le Français Pierre Boulez) mais n'a plus de
directeur musical depuis le départ en juin 2006 de l'Israélien Daniel
Barenboïm après 15 ans de mandat.
Interrogé par le Chicago Tribune, Muti a écarté l'idée
de devenir le dixième directeur musical de la formation. « Je ne suis
candidat à rien, qu'il s'agisse d'être directeur musical, président ou
pape », a-t-il plaisanté.
Parmi les noms qui circulent le plus souvent pour le
poste figure ceux de l'Italien Riccardo Chailly et de l'Américain David
Robertson.
Mort de Lamine Konté,
maître sénégalais de la kora
Le musicien sénégalais Lamine Konté, réputé maître de
la kora et traditionaliste ouvert à la modernité ayant notamment travaillé
pour le cinéma, est décédé la semaine dernière, a annoncé le site musique
de Radio France Internationale (RFI Musique).
Aucune indication n'a été fournie sur la cause et le
lieu de son décès survenu, selon RFI Musique, dans la nuit du 28 au 29
septembre.
Sa mort a été confirmée mardi soir à l'AFP à Dakar par
un responsable de l'association des journalistes culturels du Sénégal.
Il vivait à Paris depuis trois décennies.
Né en 1942 en Casamance (sud du Sénégal), Lamine Konté
est issu d'une grande famille de griots mandingues, des gardiens de la
tradition orale pour qui jouer de la kora est une pratique ancestrale.
Konté fait partie des musiciens ayant permis de faire
connaître la kora à un très large public à travers de nombreux albums, des
collaborations à des musiques de films et l'enseignement de cet instrument
à 21 cordes - « l'instrument magnifique », disait-il - aux
jeunes.
« Je joue avec une kora à 25 cordes, et lorsque
j'ai fini d'accorder mon instrument, je peux jouer avec n'importe quel
autre instrument », confiait Lamine Konté lui-même en août 2005 au
magazine sénégalais d'informations culturelles Le 221.
Formé à l'Ecole nationale des arts de Dakar, il a
composé la musique de plusieurs films, dont « Bako, l'autre rive » du
Français Jacques Champreux, « Baara » du Malien Souleymane Cissé. Il
a également collaboré avec Stevie Wonder pour la bande originale du
documentaire « Journey Through The Secret Life Of Plants » (de Walon
Green, Etats-Unis).
Sa discographie comprend notamment les albums
« Songs Of The Griots », « Griot Legend », « La kora du
Sénégal » (en deux volumes).
Actualités musicales du 5 octobre 2006

Goldman, Antoine ou Birkin
soutiennent
le magazine Chorus, menacé de disparition
Jean-Jacques Goldman, Antoine, Jane Birkin ou Diane
Dufresne font partie des artistes qui ont apporté leur soutien au magazine
Chorus/Les cahiers de la chanson, dont l'existence est menacée par des
difficultés financières, a-t-il indiqué vendredi.
« Chorus souffre (...) Vous savez pouvoir compter
sur moi en toutes circonstances », écrit Jean-Jacques Goldman dans un
message publié sur le site internet de ce trimestriel considéré comme la
bible de la chanson francophone (www.chorus-chanson.fr).
Antoine, Jamait, Paco Ibanez, Gérald Genty, Jean-Louis
Jossic, du groupe Tri Yann, François Morel, ou, par le biais de leur
agence artistique, Jane Birkin, Agnès Jaoui, Lluis Llach, Paolo Conte et
Diane Dufresne ont également envoyé des messages de soutien publiés par le
site, parmi ceux d'autres artistes, professionnels de la musique et
anonymes.
Selon l'équipe dirigeante de Chorus, il lui manque
2.000 abonnés (ou dix pages de publicité sur 196 pages au total par
numéro) pour équilibrer ses comptes et poursuivre son activité.
Face à ces difficultés, le magazine a dû réduire sa
pagination de 196 à 100 pages pour son numéro d'automne, paru le 21
septembre et qui comprend notamment un dossier sur Barbara pour les dix
ans de sa mort.
Chorus, qui paraît le premier jour de chaque saison,
dresse un panorama complet de l'actualité et du patrimoine de la chanson
francophone et joue un rôle de défricheur en donnant un coup de projecteur
sur des artistes peu exposés.
Ce journal indépendant est dirigé et détenu par Fred et
Mauricette Hidalgo. Ils l'ont créé en 1992 pour prendre la relève du
mensuel « Paroles et musique ».
Ouverture de la 2ème édition
de Musiques de rues à Besançon
La 2ème édition du festival Musiques de rues a débuté
jeudi soir à Besançon par le « Chant des sirènes », un opéra urbain
présenté par la compagnie Mécanique Vivante dans lequel les sirènes
d'alerte deviennent des instruments acoustiques à part entière.
Jusqu'à dimanche, le centre-ville de Besançon se mue en
cabinet de curiosité à ciel ouvert, en conviant près de 600 artistes pour
une centaine de spectacles gratuits, tous plus originaux les uns que les
autres.
Une douzaine de fanfares venues d'Orient, d'Afrique ou
de Cuba et des bricophonistes (inventeurs d'insolites machines sonores)
investiront les places, les jardins, les théâtres et une friche
industrielle de la capitale de la Franche-Comté.
Une curiosité à ne pas manquer: le « manège
acousmatique » de la compagnie Monte-Charge et Motus, présenté au public
pour la première fois. Cet écrin sonore embarquera le spectateur dans
l'orbite musicale d'une vingtaine de compositeurs contemporains.
Le célèbre tromboniste américain Glenn Ferris
présentera samedi et dimanche une pièce composée spécialement pour le
festival, qui rassemblera une quarantaine de musiciens -professionnels et
amateurs-, tandis que le Belge Max Vandervorst, en résidence à Dole
(Jura), dévoilera ses vélos sonores conçus avec des étudiants en
éco-design.
Les musiques du monde seront représentées par des
artistes d'une dizaine de nationalités différentes, dont les Cubains de la
Banda de Santiago, le trio américain Digital Primitives, le Gangbe Brass
Band, un brass-band béninois, et la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié,
accompagnée par les Toulousains du Tigre des platanes.
Dimanche, les quelque 600 artistes défileront, pour un
ultime adieu, dans les rues de Besançon pour clôturer le festival.
La première édition avait attiré 70.000
spectateurs.
Le prix Europe pour le théâtre
est décerné à Patrice Chéreau
Le metteur en scène, cinéaste et acteur français
Patrice Chéreau est le lauréat du XIIème prix Europe pour le théâtre, doté
d'une somme de 60.000 euros, a annoncé jeudi le Théâtre national de
Salonique, au nord de la Grèce, où lui sera remis la récompense.
Le prix, créé par la Commission européenne et décerné
par un jury international présidé cette année par le critique italien
Franco Quadri, fera l'objet d'une cérémonie en avril 2008.
Patrice Chéreau, 63 ans, a acquis une renommée
internationale en 1976 pour sa mise en scène de la « Tétralogie » de
Richard Wagner à Bayreuth, après des débuts au Piccolo Teatro de Milan
(Italie) et au Théâtre national populaire de Lyon (France).
Au théâtre des Amandiers, à Nanterre (banlieue
parisienne), qu'il dirige de 1982 à 1990, il a monté notamment
« Combat de nègres et de chiens » de Bernard Marie Koltès et
« Les paravents » de Jean Genet.
Depuis son départ de Nanterre, il s'est consacré à
l'opéra, mettant en scène « Woyzeck » d'Alan Berg et « Don
Giovanni » de Mozart, et au cinéma, avec notamment « Intimité », ours
d'or à Berlin en 2000, et « Son frère », en 2003.
Parmi ses films, souvent primés, figurent également
« L'homme blessé » en 1983, « La Reine Margot » en 1994, et
« Ceux qui m'aiment prendront le train » (1998).
Le prix Europe pour le théâtre a été attribué
successivement à Ariane Mnouchkine, Peter Brook, Giorgio Strehler, Heiner
Mueller, Robert Wilson, Luca Ronconi, Pina Bausch, Lev Dodin, Michel
Piccoli, Harold Pinter et l'année dernière au metteur en scène canadien
Robert Lepage.
Nicolas Joel a la tête pleine de
projets
pour l'Opéra de Paris
Le metteur en scène Nicolas Joel a la tête pleine de
projets pour l'Opéra national de Paris, dont il prendra la direction à
l'été 2009, avec un souci majeur: apporter à cette grande maison « la
stabilité dont elle a besoin ».
Pour l'heure, Nicolas Joel, 54 ans, est toujours
directeur artistique du Théâtre du Capitole de Toulouse, où il met en
scène à partir de vendredi soir et jusqu'au 14 octobre « Le Roi d'Ys
» de Lalo, ouvrage typique de ce rare répertoire français du XIXe siècle
qu'il souhaite remettre à l'honneur.
Son agenda de metteur en scène est bien rempli pour les
prochains mois avec, entre autres engagements, « Rienzi » de Wagner à
Leipzig, « Le Cid » de Massenet à Zurich et deux « Faust » de
Gounod différents aux Chorégies d'Orange et à Vienne.
En décembre dernier, il apprenait sa nomination comme
« directeur délégué » de l'Opéra de Paris, chargé de préparer ses
premières saisons en attendant sa prise de fonction comme directeur de
plein droit.
Dix mois plus tard, il sourit encore au souvenir de
quelques commentaires, dans la presse et le microcosme musical, ironisant
contre la montée d'un « provincial » --il est en poste à Toulouse
depuis 1990-- à Paris.
« Je suis un Parisien de la Mitteleuropa, ma mère
est née à Milan », confie Nicolas Joel dans un entretien à l'AFP.
« Et regardez ma carrière ! », ajoute-t-il sans fausse modestie.
De fait, aucun metteur en scène lyrique de sa
génération ne peut se targuer d'un tel parcours, sur le mythique
« Ring » de Patrice Chéreau à Bayreuth (1976-1980) puis dans les plus
grands théâtres, de la Scala de Milan au Metropolitan Opera de New York en
passant par Covent Garden à Londres.
En devenant directeur d'une maison colossale (1.600
salariés, 170 millions de budget), Nicolas Joel n'aura sans doute plus le
temps de signer de mises en scène. « Je n'en tire aucune frustration:
mon arrivée ici n'est pas la fin de quelque chose », dit-il.
Comme à Toulouse, il devrait apporter un soin
particulier à la qualité de ses distributions et « espère bien
participer à l'apparition d'une génération nouvelle » de chanteurs. Lui
qui « n'a pas de problème » avec les stars (il a mis en scène Luciano
Pavarotti ou Roberto Alagna) le dit sans détour: « Faut-il des
vedettes dans une maison comme l'Opéra de Paris? Ma réponse est oui ».
Nicolas Joel souhaite approfondir, par exemple via des
publications et expositions, le « regard sur l'histoire de l'Opéra de
Paris, qui n'est pas né avec Rolf Liebermann », son emblématique directeur
entre 1973 et 1980.
« Il n'est pas question de transformer l'Opéra en
maison de retraite, mais il faut lui apporter la stabilité dont il a
besoin », ajoute le futur directeur, qui met en avant « deux
nécessités: le maintien des ouvrages au répertoire et la coproduction »
avec de grandes maisons comme la Scala et le Met.
Durant son mandat, l'Orchestre de l'Opéra sera doté
d'un directeur musical, qui conduira chaque saison « deux nouvelles
productions et si possible deux reprises ». Nicolas Joel ne dévoile pas
encore sa programmation, mais on devine qu'elle ira du baroque (Rameau) au
contemporain (une création en 2010-2011) en passant par le « Ring »
de Wagner, que « l'Opéra de Paris doit avoir à son répertoire ».
« Tout cela est assez simple: il s'agit de faire
de l'opéra », ajoute avec un sourire Nicolas Joel, qui tient à regarder
son métier « avec sagesse et tranquillité ».
Les « Terres-Neuves », rendez-vous
rock
et citoyen vendredi et samedi à Bègles
Concerts rock avec les Têtes Raides, Eiffel et les
Hyènes, et « rencontres citoyennes » vont nourrir vendredi et samedi
à Bègles la deuxième édition des « Rendez-vous de Terres Neuves »,
festival militant porté par des musiciens du groupe bordelais Noir
Désir.
« Ce n'est pas uniquement un festival de musique
et ce ne sont pas uniquement des débats », résume Denis Barthe, batteur de
Noir Désir.
Le déficit « à six chiffres » qui a sanctionné la
première édition, en mai 2006, n'a pas refroidi les ardeurs des
organisateurs, convaincus de la pertinence de leur festival citoyen.
Les « Rendez-vous de Terres Neuves » ont toutefois
été resserrés à deux jours au lieu de trois et bénéficient de l'appui
financier de la municipalité de Bègles au côté de ND Musique, la société
d'édition de Noir Désir.
Côté scène, les Têtes Raides en constituent la tête
d'affiche, quelques semaines avant la sortie de leur nouvel album.
Mouss et Hakim, deux des chanteurs du groupe toulousain
Zebda, avec le projet « Origines contrôlées », un répertoire composé
de chansons de l'immigration algérienne des années 40 à 70, et les Hyènes
(avec les Noir Désir Denis Barthe et Jean-Paul Roy) et leurs invités, dont
Olivia Ruiz, se produiront également vendredi.
Samedi, le groupe bordelais Eiffel conclura aussi son
concert avec des invités, après le « rap altermondialiste » de la
Marseillaise Keny Arkana.
Cette programmation « engagée » s'inscrit dans la
lignée des idées défendues par Noir Désir qui, en 1997, avait posé les
bases du concept de concert militant avec le rassemblement « Un jour
à Bordeaux ».
« La manière dont on a toujours abordé la musique,
c'est que les mots soient chargés de sens aussi. On n'a rien contre les
chansons qui parlent de filles, de voitures et de bière, mais il ne faut
pas en faire un élevage non plus », estime Denis Barthe.
Côté débats, plusieurs intervenants (universitaires,
politiques, associatifs) discuteront samedi autour du thème
« Liberté, égalité, fraternité? » décliné en deux tables rondes:
l'une sur les services de l'Etat, l'autre sur le le monde du travail.
« Quand on voit la fameuse vague bleue de l'UMP
aux législatives, l'idée est de trouver un moyen intelligent de continuer
à débattre, à discuter... Ou alors on pose les valises, c'est Big Brother,
et on n'en parle plus », souligne le batteur de « Noir Dez »
confessant « une sensibilité de gauche ».
Les débats seront rythmés par les interventions des
« Lyricalistes », un collectif de slameurs bordelais.
(www.lesrdvdeterresneuves.com. Débats gratuits.
Concerts: 15 euros par soir)
Concerts gratuits : Célébration
du bicentenaire des pianos Pleyel,
le samedi 13 octobre
Manufacture Pleyel (1807), à Saint-DenisLes pianos
Pleyel fêtent leur 200 ans (1807-2007) le samedi 13 octobre de 11h00 à
minuit. Pour cette occasion, une grande journée « Portes ouvertes » aura
lieu à la salle Pleyel à Paris et cinq concerts exceptionnels et gratuits
seront donnés.
Programme proposé de la journée :
Séance jeune public - 11h
« La Revue de cuisine » de Bohuslav Martinù et «
L’Histoire du petit tailleur » de Tibor Harsanyi avec Emanuelle Gaume
(récitante), Sarah Nemtanu (violon), Alexis Descharmes (violoncelle),
Michel Moraguès (flûte), Nicolas Baldeyrou (clarinette), Julien Hardy
(basson), Guillaume Jehl (trompette), Emmanuel Curt et François Desforges
(percussions), Véra Tsybakov (piano) et Fabien Gabel (direction).
Séance romantique - 14h30
Hommage à Ignace Pleyel avec le Trio Pleyel de Vienne
et hommage à Frédéric Chopin par Yves Henry : extrait des Préludes joués
sur un piano Pleyel de 1838 et un piano de concert contemporain.
Récital de piano - 16h30
Delphine Lizé joue Ravel et Schubert.
Jazz - 18h30
« Le Jazz et la Diva » de Didier Lockwood, Caroline
Casadesus et Dimitri Naïditch.
Spectacle musical - 20h30
François-René Duchâble dans un spectacle original sur
la vie de Berlioz avec le comédien Alain Carré.
Durant toute la semaine prochaine, les Pianos Pleyel
seront à la fête du 9 au 14 octobre 2007 avec l’inauguration de leur
nouvel atelier à Saint-Denis (93) et l’inauguration de leur nouveau
show-room à la Salle Pleyel.
Actualités musicales du 6 octobre 2006

Carlos Saura fait danser le fado
portugais
Le réalisateur espagnol Carlos Saura bouscule toutes
les conventions dans son dernier film, « Fados », en introduisant une
chorégraphie pour accompagner ce chant traditionnel portugais emprunt de
nostalgie et de mélancolie généralement écouté dans le recueillement.
« Et pourquoi pas? » s'interroge le réalisateur
dont le film « Fados » est sorti jeudi dans les salles
portugaises.
« Beaucoup de fados ont un rythme et une cadence
sur lequel on peut danser. La règle qui consiste à dire que le fado n'est
pas fait pour danser est une invention purement portugaise », affirme-t-il
dans un entretien avec l'AFP.
« Silence on va chanter le fado ». C'est sur cette
formule consacrée que débutent généralement les spectacles de fado
classiques, où le spectateur tend l'oreille dans une ambiance de lumière
tamisée et se laisse porter par l'émotion.
Dans son dernier film, le réalisateur espagnol de 75
ans met en scène une vision très personnelle du fado. Il a voulu renvoyer
une image différente de ce genre musical traditionnel en retraçant son
évolution, de ses origines africaines et brésiliennes jusqu'aux
interprétations plus innovantes dues à une nouvelle génération d'artistes
qui occupe aujourd'hui le devant de la scène.
Un fado en perpétuelle évolution qui emprunte aux
rythmes africains, au hip hop, à la musique classique ou encore à la bossa
nova avec des interprètes de différentes nationalités comme les Brésiliens
Caetano Veloso, Chico Buarque, la Luso-Mozambiquienne
En utilisant le pluriel « Fados » pour le titre
Saura a voulu marquer la variété et les possibilités nouvelles d'un genre
trop souvent figé dans les dernières années dans le carcan de la
tradition.
« J'ai essayé d'introduire dans mon film certains
éléments dont nous pensons qu'ils ont pu avoir une influence sur le fado
(...), comme par exemple les rythmes du Brésil ou de l'Afrique », explique
le réalisateur espagnol.
« Le fado fait partie de ma culture au même titre
que le tango et d'autres styles musicaux », souligne-t-il.
Devenu la musique emblématique de tout un peuple et la
voix du Portugal dans le monde grâce à des artistes comme Amalia
Rodrigues, le fado, selon certains musicologues, trouverait son origine au
Brésil où les rythmes noirs importés par les esclaves africains se
mêlèrent aux « modinhas », airs de musique des salons nobles.
Il fut ensuite ramené d'Amérique du sud par les
aristocrates et leurs domestiques qui avaient, en 1807, suivi la cour
portugaise fuyant à Rio de Janeiro les troupes napoléoniennes.
Sans renier la tradition, une nouvelle génération de
fadistes est née ces dernières années, prête à prendre la relève et à
ajouter sa marque personnelle avec des artistes comme Camané, Katia
Guerreiro, Mafalda Arnauth, Cristina Branco, Pedro Moutinho ou encore
Mariza.
Née au Mozambique, Mariza, à l'affiche de « Fados
», est en passe de devenir la nouvelle diva du fado dans le monde. Elle
puise son inspiration dans un monde lusophone plus vaste, en ajoutant
notamment de nouveaux instruments à la traditionnelle guitare
portugaise.
« Elle me paraît être l'une des artistes pouvant
le mieux rompre le cercle et l'ouvrir », affirme Saura.
« Il me paraît fondamental de renouveler le fado.
Il existe un fado orthodoxe, classique, qui est là pour durer. Puis un
autre qui poussent les fadistes à aller plus loin. Je crois que le
métissage est fondamental », estime le réalisateur.
« Fados » est le dernier volet de la trilogie du
cinéaste espagnol consacré à la musique, après Flamenco en 1985 et Tango
en 1998, nommé pour l'oscar du meilleur film étranger.
Les propos citoyens de Bruce
Springsteen
Le chanteur de rock américain Bruce Springsteen, s'est
défendu jeudi d'avoir une attitude antipatriotique, estimant que c'est la
politique du président Bush depuis six ans qui est « anti-américaine
», dans une interview à la chaîne de télévision CBS.
« Depuis six ans, j'ai vu des choses se passer que
personne, je crois, ne s'attendait à voir arriver aux Etats-Unis », a dit
le chanteur dans une interview qui sera diffusée dimanche.
Springsteen, qui vient de sortir un nouvel album
intitulé « Magic », a notamment fait allusion aux méthodes
d'interrogatoire de la CIA, au programme de surveillance intérieure mis en
place par l'administration Bush et à la détention de terroristes présumés
sur la base de Guantanamo, à Cuba, sans y faire toutefois explicitement
référence.
« Quand les gens pensent à ce qui fait la marque
des Etats-Unis, ils ne pensent pas à la torture. Ils ne pensent pas aux
écoutes illégales (...) ils ne pensent pas à l'absence de droits
fondamentaux », a-t-il dit, en référence à la détention de suspects sans
qu'ils soient inculpés.
« Ce sont toutes ces choses qui sont
anti-américaines », a-t-il dit. « Il y a toute une série de choses
que (...) je n'aurais jamais cru voir en Amérique ».
L'étiquette « antipatriotique » que certains lui
ont collée en raison de ses déclarations contre la guerre correspondait
seulement « au langage du moment » et « au modus operandi de
tous ceux qui n'aiment pas quelqu'un », selon lui.
Mais « à un moment donné, c'est antipatriotique de
s'asseoir et de se contenter de regarder arriver des choses qui dégradent
le pays qui vous est si cher », a-t-il dit.
Surnommé « le Boss » et célèbre pour des tubes
comme « Born in the USA », Bruce Springsteen avait soutenu en 2004 le
démocrate John Kerry, candidat malheureux à la présidence contre George W.
Bush.
Après « Eugène Onéguine »,
le Bolchoï rajeunit sa « Dame de Pique »
Le plus célèbre théâtre de Russie, le Bolchoï, a confié
l'ouverture de sa 232e saison vendredi à deux novices en matière d'opéra,
chargés de dépoussiérer l'un de ses classiques les plus sacrés, la
« Dame de Pique » du compositeur Piotr Tchaïkovski.
Toujours privé de ses locaux historiques, transformés
en vaste chantier pour au moins encore une année, le Bolchoï poursuit
parallèlement son entreprise de toilettage de son répertoire en tournant
la page sur des mises en scène qui pour certaines ont été reprises sans
altération notable pendant plus de 60 ans.
Longuement critiqué pour ses mises en scènes figées, le
théâtre moscovite a révolutionné son répertoire après l'arrivée de la
nouvelle direction en 2001, invitant des artistes d'avant-garde et
multipliant les spectacles modernes.
Après l'« Eugène Onéguine » de Dmitri Tcherniakov,
qui, présenté en ouverture de la saison l'an dernier, avait inauguré -non
sans vagues- sa « nouvelle vision des classiques nationaux », l'heure
a sonné à présent de rajeunir la « Dame de Pique », explique-t-on au
Bolchoï.
Un processus « psychologiquement pas facile, qui
s'apparente à renoncer à de vieilles pantoufles confortables ou à sortir
Lénine du mausolée », ironise le magazine culturel Aficha.
Le célèbre opéra conçu en 1890 par Tchaïkovski à partir
d'une nouvelle de Pouchkine a pour cela été confié à deux novices en
matière d'opéra, même s'ils sont par ailleurs de véritables célébrités de
la scène culturelle russe.
Il s'agit de Valeri Fokine, l'un des maîtres du théâtre
russe pour la mise en scène, et du pianiste et chef d'orchestre Mikhaïl
Pletnev pour la direction musicale.
Tous deux de fortes personnalités: Fokine est connu
pour ses mises en scène théâtrales de Gogol, Kafka et Tchékov et Pletnev
pour le brusque et récent arrêt de sa carrière de pianiste au profit
exclusif de sa passion pour le pilotage d'avions et d'orchestre.
Les deux hommes sont convenus de « mettre l'accent
sur le côté mystique et sur la profondeur musicale » de l'oeuvre, et sont
ainsi parvenus à esquiver les conflits, a confié Mikhaïl Pletnev à la
presse deux jours avant la première.
« Je n'avais jamais fait de théâtre musical.
C'était dur, mais nous avons travaillé honnêtement. Quel que soit le
résultat, c'est une expérience intéressante et importante », a relaté de
son côté Valeri Fokine.
« Les acteurs sont différents de ceux du théâtre
dramatique. J'aime à les entendre chanter. Mais je devais obtenir qu'ils
vivent sur scène », souligne-t-il.
Au premier abord, la nouvelle mise en scène ne fait pas
table rase du passé avec ses costumes de style classique
(quoiqu'exclusivement composés de noir et de blanc), chignons ou chapeaux
pour les femmes et hauts-de-forme pour les hommes.
Le décor, très austère, est toujours barré par une
haute passerelle noire sur laquelle le choeur a parfois du mal à se tenir
en entier et derrière les colonnes de laquelle le héros amoureux et
joueur, Guerman, se dissimule pour tenter d'arracher le secret des
« trois cartes » à la comtesse.
Mais celle-ci, dans cette scène-clé, « se comporte
de manière étrange, elle n'a pas peur de son assassin », alors que la
comtesse est censée mourir de peur, rapporte la chanteuse Elena
Obraztsova, qui l'interprète.
Loin de faire « la vieille », elle se veut
coquette, avec des airs de « Marlène Dietrich ». Une idée qui lui est
venue lorsqu'elle chantait à Los Angeles en compagnie de Placido Domingo,
et qui a été « acceptée » par Valeri Fokine, relate-t-elle.
Ouverture samedi
des 34e Nancy jazz pulsations
La 34e édition des Nancy jazz pulsations (NJP) s'ouvre
samedi, avec comme têtes d'affiche David Murray, Richard Galliano, Biyouna
ou encore Tiken Jah Fakoly.
Les NJP, l'un des trois plus anciens festivals de jazz
de France, se tiendront jusqu'au 20 octobre et verront se dérouler près de
150 concerts, dans une vingtaine de villes de la région, selon les
organisateurs.
La programmation se veut résolument jazz, qu'il soit
classique (David Murray - 18 oct), matiné de funk (Fred Wesley, ancien
tromboniste de Maceo Parker - 20 octobre) ou de tango (Richard Galliano -
18 oct), qu'il vienne du Brésil (Hamilton de Holanda - 18 oct) ou
d'ailleurs.
Le festival, à l'ecclectisme affiché, propose aussi une
petite moitié de concerts de « musiques soeurs » du jazz, selon le
président et cofondateur des NJP Claude-Jean Antoine, dit « Tito
».
La pop planante d'Aaron (15 oct), celle plus
« hippie » des Suédois de « I'm from Barcelona » (13 oct), se
mélangeront au blues de l'Américaine Candy Kane (13 oct), au hip hop
français de La rumeur (16 oct) ou aux plus difficilement classables
Biyouna (10 oct) et Brigitte Fontaine (10 oct).
Les mélodies africaines seront également à l'honneur.
Le « seigneur de la kora », le Malien Toumani Diabaté sera à
l'affiche le 12 octobre, quand l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly et le Nigérian
Seun Kuti, fils de Fela, se produiront le 19.
Les pop-stars dispendieuses sont en revanche absentes
de la programmation. Le festival, avec son budget de 2 millions d'euros,
pratique une « politique extrêmement rigoureuse sur les cachets »,
explique le président des NJP.
« On veut échapper à la dictature des têtes
d'affiche chères. On préfère travailler sur de nouveaux talents, même si
ce ne sont pas forcément des découvertes à proprement parler », souligne
« Tito ».
Quelque 50.000 personnes sont attendues durant les deux
semaines des NJP. Une centaine de bénévoles seront à pied d'oeuvre pour
les accueillir.
Hommage de la Ville de Paris
à Pavarotti le 13 octobre
En hommage à Luciano Pavarotti, la mairie de Paris
diffusera sur le parvis de l'Hôtel de ville samedi 13 octobre à 18h30 le
récital donné par le ténor italien en mai 1990 à Milan, annonce-t-elle
vendredi dans un communiqué.
Le parvis se transformera en salle de concert avec la
projection sur écran géant de ce récital mêlant airs d'opéras et chansons
napolitaines pour se conclure sur le célèbre « Nessun dorma » extrait
de « Turandot » de Puccini. Il avait valu 6 rappels à Luciano
Pavarotti.
Luciano Pavarotti est décédé le 6 septembre dans sa
ville natale de Modène (nord) des suites d'un cancer à l'âge de 71 ans, au
terme de quarante années d'une exceptionnelle carrière.
Dominique A et Jeanne Cherhal
rendent hommage à Barbara
Le théâtre du Châtelet à Paris accueille un hommage à
Barbara dimanche à 11H00, dans le cadre de ses « concerts du dimanche
matin ». Intitulé « Souviens-toi Barbara », ce spectacle a été initié
par la productrice Jeanine Roze, qui a débuté auprès de Barbara, et du
pianiste Alexandre Tharaud, admirateur de la « longue dame brune
».
Sur scène, ce dernier sera entouré des chanteurs
Dominique A et Jeanne Cherhal, du clarinettiste Michel Portal, de
l'accordéoniste Roland Romanelli et du violoncelliste François Salque pour
reprendre les classiques de Barbara. On célébrera le 14 novembre prochain
les 10 ans de la disparition de la chanteuse.
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