Dimanche 12 octobre, 17h00
Toulon, Église Saint Cyprien de Saint Jean du Var
Récital d'orgue et chœur
Michel COLIN, organiste
CAVATINA, choeur de chambre
Philippe PADOVANI, baryton martin
Bach, Prélude et fugue en rémineur ;
Choral du Veilleur
Caccini, Ave Maria
Vivaldi, Gloria
Bach, Cantate 147 « Jésus que ma joie demeure
»
Haendel, Concerto en si b majeur (3
mouvements) ; Largo ; Messie (Alleluia)
Mozart, Requiem ( Lacrymosa ) ; Messe
du couronnement ; Adagio pour harmonica de verre
Rossini, Moïse
Schubert, Messe en sol (Credo) ; Ave
Maria
Bizet, Agnus Dei
Poulenc, Dialogue des Carmélites (Salve
Regina)
Widor, Allegro cantabile ; Final de la
5ème symphonie
Entrée libre
Accueil réservé
pour la « Fiancée », de Smetana,
à l'Opéra de Paris
L'Opéra de Paris a fait entrer à son répertoire, samedi
soir, « La Fiancée vendue » du Tchèque Bedrich Smetana (1824-1884), jolie
démonstration de gaieté lyrique que le metteur en scène belge Gilbert
Deflo neutralise, malheureusement, dans un décor villageois et forain
inanimé.
Le compositeur de « La Moldau » a signé avec le
deuxième de ses huit opéras l'une des oeuvres les plus populaires du
répertoire tchèque, créée en 1866 à Prague et fêtée depuis un peu partout
dans le monde.
Resté à l'écart des festivités pendant 142 ans, l'Opéra
de Paris se rattrape en offrant à cette comédie les ors de son Palais
Garnier jusqu'au 2 novembre pour neuf représentations, dont huit sous la
direction musicale de Jiri Belohlavek.
Cette baguette sûre est celle de l'un des chefs
tchèques les plus recherchés, qui ne ménage pas l'Orchestre de l'Opéra
dans l'ouverture virtuosissime de « La Fiancée vendue ». Mais Belohlavek
pourrait peut-être livrer une lecture un peu plus subtile de cette
partition pleine de vie, qui emprunte certes au folklore du pays mais
puise aussi chez Mozart une certaine grâce.
Le Flamand Gilbert Deflo opte lui pour une conception
scénique de facture naïve, qui sied certes mieux à « La Fiancée vendue »
qu'à sa récente « Luisa Miller » de Verdi (Opéra Bastille, février-mars
2008), mais n'est pas de nature à préserver complètement cet opéra-comique
de la tentation folklorique.
Cette histoire de jeune fille (Marenka) promise à un
garçon riche (Vasek), mais aimant un pauvre (Jenik) qui parviendra à
obtenir sa main par la ruse, est racontée dans un décor unique de cabanes
rouges, avec en arrière plan des attractions de fête foraine (montagnes
russes, grande roue) lumineuses.
Loin d'inviter à l'onirisme, l'aspect peint et stylisé
de la scénographie menace d'éteindre tout enjeu théâtral sous des lumières
sans imagination et une direction d'acteurs paresseuse. Dans ces
conditions, la débauche de couleurs (costumes des danseurs notamment)
façon bonbons acidulés ne fait qu'illusion.
Cette « Fiancée » est cependant sauvée par quelques
forts caractères, comme le marieur Kecal de la basse allemande Franz
Hawlata, dont les scories vocales sont compensées par un beau métier
théâtral, ou le Vasek à l'allure de gros bambin bègue et bouffe du ténor
suisse Christoph Homberger, davantage comédien que chanteur.
Quant au plaisir d'essence vocale, il ne vient pas tant
de la Marenka noble de ligne mais un peu courte et monocolore de la
soprano allemande Christiane Oelze que du Jenik du jeune Tchèque Ales
Briscein, ténor clair à la projection insolente.
Les mille combats de Laurence Equilbey,
figure de l'art choral français
La maison de disques Naïve publiera mardi le nouvel
enregistrement de l'ensemble Accentus dirigé par Laurence Equilbey, figure
de proue du renouveau de l'art choral qui, plutôt que de s'endormir sur
ses succès, continue de s'activer sur tous les fronts.
Ce disque comporte le « Requiem » de Gabriel Fauré,
joyau du répertoire sacré où le plus célèbre des choeurs de chambre
français était très attendu.
A la tête de membres de l'Orchestre national de France,
Laurence Equilbey, 46 ans, a choisi de graver la version « originale »
(1893) de l'oeuvre, la plus intimiste.
L'effectif instrumental a toutefois été un peu étoffé,
et la chef de choeur a aligné une quarantaine de chanteurs. « J'aime bien
quand les lignes sont riches », confie-t-elle à l'AFP, comme en écho à la
densité sonore qui a fait la réputation de l'ensemble.
Ici la voix est accompagnée, mais c'est le chant a
cappella qui constitue le coeur de métier d'Accentus, comme dans ce
programme de transcriptions qu'il reprendra en concert mardi soir au Grand
Théâtre de Provence à Aix, dont Laurence Equilbey est « artiste associée
».
Des oeuvres au départ non destinées à une
interprétation chorale (Schubert, Mahler, Wagner), mais efficacement
adaptées par des compositeurs contemporains comme Clytus Gottwald, Franck
Krawczyk et Gérard Pesson. Résultat: 140.000 ventes cumulées pour les deux
albums baptisés « Transcriptions », parus en 2003 et 2006, un triomphe
pour des CDs de musique chorale.
En 1991, quand elle a fondé Accentus après s'être
formée à Vienne auprès du maître baroqueux Nikolaus Harnoncourt et à
Stockholm avec le grand chef de choeur Eric Ericson, Laurence Equilbey
n'aurait pas forcément parié sur un tel engouement.
L'ambitieuse musicienne voulait bâtir un ensemble de 32
chanteurs comparable aux meilleurs orchestres par la qualité de ses
concerts, dans un pays alors dépourvu de choeurs professionnels (hors
lyriques) dignes de ce nom.
Trois Victoires de la musique classique (2002, 2005 et
2008) plus tard, le renom d'Accentus a dépassé le cercle des initiés.
Laurence Equilbey a oeuvré à la réforme du Choeur de l'Orchestre de Paris,
initié la Biennale d'art vocal de la Cité de la musique, créé un centre de
formation pour chanteurs (le Jeune choeur de Paris), lancé un programme de
recherche européen (Tenso)... et même un diapason électronique, le
e-tuner, qui permet d'accéder à l'aveugle à n'importe quelle note.
Son omniprésence et son activisme agacent, parfois.
Mais Laurence Equilbey incarne indéniablement une dynamique de renouveau
de la musique chorale en France, qui se décline par ailleurs avec des
ensembles comme Les Eléments, Arsys, Sequenza 9.3 ou Mikrokosmos.
Evidemment, elle ne veut pas en rester là. Elle
diversifie ses activités de chef en acceptant des invitations à la tête
d'orchestres (Philharmonique de Bruxelles, Bulgarie...) ou dans des fosses
d'opéra (« Albert Herring » de Britten cette saison à Rouen puis salle
Favart).
Laurence Equilbey veut aussi faire bouger « un secteur
international de l'art vocal désuet », en multipliant les concerts de
choeur mis en espace, visuels et multimédias. Et elle réfléchit à son
avenir avec Accentus qui doit désormais, dit-elle, « être lié à une grande
maison, avec un budget de production confortable, sinon ce groupe va
s'étioler ».
« J'aimerais que ce choeur m'échappe un peu, qu'il ne
m'appartienne plus à 100% », souligne-t-elle.
« Œdipe » la France retrouve sur scène
l'un de ses chefs-d'oeuvre lyriques
Evénement vendredi soir au Théâtre du Capitole à
Toulouse: « Œdipe » d'Enesco a été représenté sur une scène en France, une
première depuis 45 ans et la réparation d'une anomalie pour l'un des
grands opéras français du XXe siècle, orchestralement et vocalement
fascinant.
Violoniste virtuose et pédagogue recherché
— Yehudi Menuhin a été son disciple — mais aussi chef
d'orchestre et compositeur, le Roumain Georges Enesco (George Enescu dans
sa langue natale) a choisi comme seconde patrie la France, où il est mort
en 1955, à 73 ans.
Toulouse : Oedipe ouvre la saison lyrique au Capitole
C'est d'ailleurs au Palais Garnier qu'« OEdipe », son
unique opéra, a été créé en 1936, sur un livret en français d'Edmond Fleg.
Le public hexagonal a pu revoir cette tragédie lyrique difficile à monter
pour la dernière fois en 1963, mais alors en roumain, lors d'une visite de
l'Opéra de Bucarest.
Depuis, les mélomanes français devaient se contenter
d'enregistrements, notamment celui réalisé en 1989 sous la direction
musicale de l'Américain Lawrence Foster avec le baryton belge José Van Dam
dans le rôle-titre, une référence qu'EMI vient de rééditer.
Le metteur en scène Nicolas Joel a donc décidé d'ouvrir
sa 18e et dernière saison à la tête du Capitole, jusqu'au 19 octobre, avec
une nouvelle production de cette rareté, en partenariat avec le Festival
international George Enescu de Bucarest, qui la programmera à son tour les
30 août et 2 septembre 2009.
« C'est l'une des choses les plus ambitieuses que
j'aurai faites au Capitole, vu l'importance de l'ouvrage et des moyens à
mettre en oeuvre », expliquait à l'AFP Nicolas Joel quelques jours avant
la première.
Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) fin
août, le directeur du Capitole signe la conception scénique de cet «
OEdipe » mais a dû en confier la réalisation à son assistant Stéphane
Roche.
Peut-être victime de ces circonstances particulières,
la direction d'acteurs n'est pas le point fort de la soirée. Elle peine à
habiter un ouvrage déjà hiératique sur le plan dramatique, sauf au IIIe
acte, celui d'OEdipe-Roi, qui se crève les yeux après avoir appris qu'il a
tué son père et épousé sa mère.
Les Italiens Ezio Frigerio (décors) et Franca
Squarciapino (costumes) assument une esthétique visuelle très classique
voire traditionnelle, avec gradins d'amphithéâtre, colonnes, costumes et
perruques « à l'antique ».
Dans la fosse, les menus défauts de justesse de
l'Orchestre du Capitole sont des broutilles rapidement oubliées, tant la
formation rend justice à cette partition à la fois dense et subtile (les
bois !), qui sonne très française par son raffinement mais ne ressemble à
rien de connu.
L'Israélien Pinchas Steinberg dirige le tout d'une main
ferme mais sans forcer le trait, au diapason d'une écriture moderne sans
tapage, ample sans boursouflure (même, globalement, du côté des choeurs,
bien sollicités).
Point fort de cette résurrection scénique: le plateau
vocal, pour lequel Nicolas Joel a été « très heureux de réunir une
distribution à 90% francophone ». Dans l'éprouvant rôle d'OEdipe,
omniprésent ou presque, le baryton Franck Ferrari défie le destin avec un
aplomb remarquable.
Les autres rôles sont souvent des faire-valoir, mais
ils ont été distribués avec un luxe exceptionnel, à l'image de la mezzo
Sylvie Brunet, qui donne une leçon de déclamation lyrique en Jocaste, et
de l'alto québécoise Marie-Nicole Lemieux, auteur d'un numéro sidérant en
monstrueuse Sphinge.
Ne reste plus qu'à retrouver « OEdipe » à l'Opéra de
Paris, ce qui est dans les projets de Nicolas Joel, directeur de la maison
dès l'été prochain.
Air conquiert la salle Pleyel
au terme d'un concert plutôt sage
Le duo électro-pop français Air était à l'affiche de la
salle Pleyel samedi, où il a reçu un accueil extrêmement enthousiaste bien
que ce concert ait confirmé qu'il était davantage un groupe de studio que
de scène.
Cadre élégant et épuré, fauteuils confortables, jeux de
lumière étudiés: Pleyel, l'un des temples parisiens de la musique
classique, offre un écrin idéal à l'électro-pop éthérée d'Air, dont les
racines sont à chercher du côté de Serge Gainsbourg, du compositeur de
musique de films François de Roubaix ou de l'Américain Todd Rundgren.
Au centre de la scène, Nicolas Godin, l'un des deux
membres du duo, alterne entre guitare et basse et, parfois, claviers.
Jean-Benoît Dunckel joue à la fois du piano à queue et de plusieurs
synthétiseurs rétro. Tirés à quatre épingles, ils sont accompagnés par un
batteur.
Ils balaient les différentes époques de leur
discographie: leur premier album, « Moon Safari » (1998), avec les
morceaux « Talisman » ou le fameux « Kelly watch the stars », la bande
originale du film « Virgin Suicides » de leur amie Sofia Coppola (2000),
leur quatrième album, « Talkie Walkie » (2004) -qui fournit une bonne
partie des chansons du spectacle, dont « Venus », « Alpha Beta Gaga » ou «
Mike Mills », et le dernier, « Pocket Symphony » (2007), avec « Napalm
Love ».
Air, « Napalm Love »
Entre chaque morceau, Air reçoit une ovation du public,
venu saluer l'un des groupes français les plus connus à l'étranger avec
Daft Punk, autre duo qui, comme lui, était considéré il y a dix ans comme
le fer de lance du défunt mouvement « french touch ».
Pourtant, et même si la qualité de sa musique n'est
plus à démontrer, on regrette par moments qu'Air ne s'écarte pas davantage
des versions gravées sur disque.
Le concert est linéaire, sans vraie surprise. L'intérêt
de l'auditeur s'émousse même parfois un peu devant des morceaux certes
somptueux à écouter dans son salon mais qui, sur scène, gagneraient sans
doute à être malmenés et étirés en longueur, quitte à faire venir des
musiciens supplémentaires.
Le public ne semble cependant pas en tenir rigueur au
duo et le gratifie d'une ovation debout au terme du rappel, après avoir
réservé un accueil triomphal à sa chanson la plus connue, « Sexy Boy
».
Cette saison, Pleyel, gérée par la Cité de la musique,
diversifie sa programmation en plus de son répertoire classique habituel.
Après Air, l'Italien Paolo Conte ou l'Indien Ravi Shankar il y a quelques
semaines, elle accueillera ces prochains mois l'Israélienne Noa, Etienne
Daho, Michel Legrand, le jeune Nosfell ou des hommages à Serge Gainsbourg
puis Boris Vian.
« Je m'voyais déjà »,
une comédie musicale
inspirée des chansons d'Aznavour
Pour la première fois, une comédie musicale inspirée
des succès de Charles Aznavour est jouée à Paris et figure parmi les
bonnes surprises de la rentrée, à l'initiative de Katia Aznavour, la fille
du chanteur, dans une mise en scène d'Alain Sachs.
« Je m'voyais déjà
» en public en 2004
Avec la chanteuse québécoise Diane Tell en tête
d'affiche, entourée d'une troupe enthousiaste de six jeunes chanteurs et
comédiens, dont Jonatan Cerrada révélé par un télé-crochet, ce spectacle
mobilise aussi Gérard Daguerre, le directeur musical de Charles Aznavour,
qui dirige les cinq musiciens.
A contre-pied des comédies musicales montées comme de
super-productions présomptueuses, « Je m'voyais déjà » joue au Théâtre du
Gymnase la carte de la simplicité, portée par une mise en scène inventive,
notamment des trucages vidéo qui font vite oublier la quasi absence de
décors.
« Plus qu'une simple productrice, mon rôle implique une
certains vigilance. Pendant la préparation du spectacle, je n'ai pas eu
l'occasion de critiquer qui que ce soit: je sais que j'ai affaire à de
vrais passionnés et à des amoureux de l'oeuvre de mon père », souligne
Katia Aznavour.
Sur un livret un peu facile et des jeux de mots qui le
sont tout autant de l'humoriste Laurent Ruquier, Diane Tell incarne une
chanteuse oubliée, Francesca Lavi, clin d'oeil à « Merci Madame la Vie !
», célèbre succès d'Aznavour.
L'héroïne recrute six jeunes rejetés d'un casting. La
troupe décide de s'accorder une seconde chance en montant une comédie
musicale sur... Charles Aznavour. En coulisses, les états d'âme et
romances croisées des personnages trouvent écho avec trente chansons
éternelles et emblématiques du chanteur agréablement interprétées.
Spectacle drôle et émouvant sans être sirupeux, « Je
m'voyais déjà » raconte cette aventure artistique jusqu'au soir de la
première triomphale. La fiction rejoint d'ailleurs la réalité avec les
spectateurs du Théâtre du Gymnase, qui ne boudent pas leur plaisir,
rappelant plusieurs fois la troupe de « Je m'voyais déjà ».
Troisième Picardie Mouv',
du 17 au 26 octobre
La troisième édition du festival Picardie Mouv' aura
lieu du 17 au 26 octobre dans sept villes de la région (Amiens, Creil,
Abbeville, Soissons, Gauchy, Compiègne et Beauvais). Placé sous la
direction artistique de Mustapha Terki, créateur de l'excellent festival
MEG de Montréal au Québec, Picardie Mouv accueillera une quarantaine de
groupes ou artistes, dont Marie Modiano, la talentueuse Claire Diterzi,
Arthur H, l'Orchestra Baobab, Cali, les excellents Suédois de I'm from
Barcelona, Moriarty, The Kills, les BB Brunes, le chanteur reggae Horace
Andy (qui fut l'une des voix de Massive Attack) ou Tiken Jah Fakoly.
Programme:
http://www.picardiemouv.com
Michel Portal
au Théâtre des Champs Elysées
Michel Portal (clarinette basse), qui fait partie des
monstres sacrés du jazz contemporain français, est à l'affiche parisienne
du prestigieux Théâtre des Champs-Elysées le 17 octobre, avec un invité de
marque: le batteur de la scène jazz avant-gardiste new-yorkaise Joey
Baron.
Le pianiste Bojan Z, autre dévoreur d'espaces du jazz,
et le contrebassiste Bruno Chevillon, un fidèle musicien du batteur Daniel
Humair, complètent cette formation inédite.
Michel Portal Quartet « Pastor » : Michel
Portal, saxophone alto, clarinette basse ; Marc Ducret,
guitare ; Jean-François Jenny-Clark, contrebasse
; Daniel Humair, percussions
Michel Portal, qui vient de passer le cap des 70 ans,
conserve toujours le même appétit de rencontres, d'expériences et de
confrontations musicales.
Rhoda Scott en live
L'organiste franco-américaine Rhoda Scott, l'une des
grandes ambassadrices de l'orgue Hammond B3, publie à la tête de son Lady
Quartet un disque « Live at Sunset » (MustRecord/DG Diffusion).
Rhoda Scott quartet à Montségur 2004
(essais de balance)
Ce quartette, né en juillet 2007 à l'occasion du
festival Jazz à Vienne, sera à l'affiche du... Sunset les 12, 13 et 14
octobre.
Cet album permet d'entendre deux saxophonistes
talentueuses de la scène bebop hexagonale, Sophie Alour au ténor et Lisa
Cat-Berro à l'alto. La batteuse Julie Saury complète cette formation qui
diffuse sur cet album la chaleur d'un jazz club bien ficelé, entre
compositions de Rhoda Scott et reprises judicieuses (Wayne Shorter, Lou
Donaldson, Pee Wee Ellis).
Rhoda Scott, fille d'un pasteur noir américain et d'une
mère d'origine allemande, qui vient de fêter ses 70 ans, a découvert la
France, où elle vit une partie du temps depuis, dans les années 70, après
être venue suivre les cours de Nadia Boulanger sur les conseils du célèbre
arrangeur Quincy Jones.
Avishai Cohen en tournée
Le trio du contrebassiste Avishai Cohen donnera
prochainement une série de concerts, en octobre à Paris (Le Bataclan/16),
Tourcoing (23), Béziers (24), en novembre à Monaco (26), Antony (28). Il
reviendra sillonner la France au printemps.
Avishai cohen trio, en public à l'Olympia.
Avishaï Cohen, contrebasse ; Shai Maestro, piano
; Mark Giuliana, batterie
Après avoir reçu une formation de contrebassiste
classique en Israël, Avishaï Cohen a émigré à New York en 1992, où il
s'est orienté vers le jazz contemporain. Il y impose rapidement de grandes
qualités d'instrumentiste, et fait partie notamment de Origin, la
formation du pianiste Chick Corea. Ses deux derniers albums, « Continuo »
(Nocturne) en 2006 et « Gently Disturbed » ont imposé ce musicien
voyageur, assumant ses racines juives, moyen-orientales et
méditerranéennes, comme un élément essentiel de la scène jazz
contemporaine.
Musica Nuda en tournée
Musica Nuda est un duo composé de la chanteuse Petra
Magoni et du contrebassiste Ferrucio Spinetti, qui interprète librement,
avec humour et second degré, des classiques du jazz, de la pop et de la
chanson, française, italienne ou brésilienne. Il entamera le 15 octobre à
Paris (Alhambra) une tournée qui mènera les deux comparses à Pont-Audemer
(17), Lyon (18), Sochaux (21), Oloron (7 novembre), Boulogne-sur-Mer
(9).
Musica Nuda, « il cammello e il dromedario
»
Musica Nuda est né du hasard, lorsque Petra Magoni fit
appel à Ferrucio Spinetti pour remplacer le guitariste avec lequel elle
répétait à la veille d'une tournée en Toscane, en 2003.
Le duo existe toujours cinq ans après. Porté par le
succès, il a publié en juin son troisième album, « 55/21 » (Blue Note), où
il reçoit pour la première fois quelques invités, Jacques Higelin,
Sanseverino et le pianiste italien Stefano Bollani.
Et un bel hommage à Jacques
Brel
Magic Malik :
double album et concerts
Le flûtiste Magic Malik publie son sixième album, «
Saoûle » (Label Bleu/Harmonia Mundi), aux commandes du Magic Malik
Orchestra, laboratoire où s'élabore une formule onirique touchant au free
jazz, à la fusion, au rock progressif, au slam, avec une touche de
créolité.
Magic Malik et son Orchestra, qui compte dans ses rangs
la contrebassiste Sarah Murcia, habituelle complice du chanteur Fred
Poulet, sera en concert à Chambéry le 18 octobre, Paris (festival
Perkumania) le 29 novembre, Francheville le 29 janvier et Toulouse le 30
janvier.
Magic Malik Orchestra à Brest en juin 2008
Magic Malik fait partie, avec Julien Lourau, Vincent
Segal et Cyril Atef (les duettistes de Bumcello), de cette génération de
musiciens français ayant fait exploser depuis le milieu des années 90 les
frontières entre jazz, world music, slam, électro, chanson avant-gardiste,
groove, musiques planantes.
Bastia en musique
La 21e édition des Musicales de Bastia, le plus ancien
festival de Corse, aura lieu du 15 au 19 octobre. Elle accueillera
notamment les Frères Guissé, venus du Sénégal, le spectacle « Cant'in
Sinfunia », lors duquel quatre jeunes chanteurs (dont le fils d'une des
plus belles voix de Corse, Petru Guelfucci) revisiteront le répertoire de
l'île accompagnés par un orchestre classique, la rencontre entre les
Corses de Voce Ventu et le Kabyle Idir, les jazzmen Philippe Le Van et
Nicolas Folmer, le slammeur Grand Corps Malade ou encore Michel Fugain.
Programme: www.musicales-de-bastia.com
La jeune Europe de la musique en
tournée
Europavox, festival centré sur la promotion de la
diversité musicale européenne dont la troisième édition a eu lieu à
Clermont-Ferrand et dans le Massif Central début juin, organise pour la
première fois une tournée en France. Elle a été inscrite dans le
calendrier de la saison culturelle européenne, qui se tient lors du second
semestre 2008 à l'occasion de la présidence française de l'Union. Cette
tournée se déroulera du 14 au 23 octobre et passera par Nantes, Paris,
Lille, Strasbourg, Caen, Angers et Bordeaux. Elle réunira dix jeunes
groupes originaires d'autant de pays européens, parmi lesquels les
Français d'Elderberries, les Autrichiens de Waxolutionists, le Portugais
The Legendary Tiger Man (alias Paulo Furtado du groupe Wraygunn) ou encore
les jumelles suédoises de Taxi Taxi!. Programme: www.europavox.com
« Mattrach », guitariste virtuose de 17
ans,
nouvelle coqueluche d'internet
Depuis la chambre de sa maison familiale de Gommegnies
(Nord), près de Valenciennes, Matthieu Rachmajda, 17 ans, s'est bâti une
réputation de guitariste virtuose en postant sur internet 60 vidéos,
regardées en deux ans à plus de 20 millions de reprises.
Sa « chaîne » sur le site de partage de vidéos Youtube,
où « Mattrach », son nom de scène, poste régulièrement de nouvelles images
tournées avec sa webcam dans sa chambre, est, avec plus de 30.000 abonnés,
la plus populaire de la version française du site.
MattRach, concert parisien
Cheveux courts ou longs suivant les périodes, le jeune
lycéen en Terminale ES dans un lycée valenciennois y démontre à chaque
fois une virtuosité impressionnante, qu'il reprenne des morceaux du
guitariste Steve Vai, adapte Mozart ou joue ses propres compositions.
« Il y en a beaucoup qui pensent que je suis tout le
temps sur ma
gratte », sourit-il. « Mais maintenant, je joue vraiment quand j'ai
envie de jouer, je peux passer une semaine et demi sans jouer », souligne
le jeune homme, qui dit vendre environ 800 MP3 sur internet chaque
semaine.
A huit ans, il reçoit sa première guitare. Commencent
ensuite des cours de guitare classique, jusqu'à l'an dernier, quand il
achève le conservatoire. Un soulagement pour lui, qui reconnaît ne pas
adorer le classique.
« Au début, mes influences étaient Vai et Satriani
(deux guitaristes très techniques, ndlr). Le
buzz s'est créé sur internet autour des vidéos les plus techniques
», avoue-t-il, ajoutant toutefois en être revenu.
« Pour moi, aujourd'hui, la technique est accessoire,
j'ai plus envie d'être musicien que seulement guitariste », avance celui
qui est depuis quelques mois soutenu par Fender, la marque de guitare
qu'utilisait notamment Jimi Hendrix, et qui soutient plusieurs dizaines de
jeunes musiciens comme lui.
Repéré sur internet, invité depuis quelques semaines
sur les plateaux de radio et de télévision, il reconnaît qu'« en ce
moment, tout s'enchaîne »: « c'est une belle avancée, en tout cas
médiatique, c'est déjà bien. Avant, tout restait virtuel sur internet
».
Désormais, il dit espérer signer un contrat avec une
maison de disques, vivre ensuite de sa passion, mais avoue ne pas savoir
ce qu'il fera dans un an.
« Comme c'est instrumental (il ne chante pas, ndlr),
c'est peut-être ça qui bloque un peu les maisons de disques », se
demande-t-il. « Mais je pense qu'il y a un public fidèle pour ça »,
poursuit-il, soulignant que ses vidéos reçoivent environ 50.000 visites
par jour sur Youtube. « Je suis désolé, je fais un peu ma promo, mais mon
manager insiste pour ça ». (AFP, Martin de MONTVALON)
Décès de la star jamaïcaine de reggae
Alton Ellis
La star jamaïcaine de reggae Alton Ellis, 70 ans, est
décédée dans la nuit de vendredi à samedi des suites d'un cancer à
Londres, a annoncé samedi un porte-parole de l'hôpital où il était
soigné.
Le chanteur, qui s'était installé en Grande-Bretagne
dans les années 70, est l'auteur de plusieurs succès qui sont étalés sur
une carrière de plus de 50 ans, parmi lesquels « I'm still in love », «
Dance Crasher » et « I'm just a guy ».
Alton Ellis & the High Notes, « My Willow
Tree »
« Sa vie, c'étaient la musique et la scène », a déclaré
son agent, Trish De Rosa, précisant que les autorités jamaïcaines
envisageaient de lui organiser des funérailles nationales.
Alton Ellis était considéré en Jamaïque comme le plus
grand chanteur de « soul » que le pays ait connu jusqu'à ce que Bob Marley
se révèle. Il avait commencé sa carrière durant la période Ska, mais c'est
au cours de la période « Rocksteady » qu'il s'était réellement
distingué.
Doux, plein d'émotions, il avait atteint son apogée en
enregistrant des titres Rocksteady pour le label Treasure Island de Duke
Reid. L'album Mr. Soul of Jamaica rassemble la plupart de ses succès pour
ce label.
Le « 104 », nouveau temple parisien
de la culture, brillamment inauguré
Brillante inauguration pour le « 104 » samedi: sous un
soleil radieux, le maire de Paris Bertrand Delanoë a donné le coup d'envoi
à ce projet phare tant attendu, destiné à donner « de la vie et de
l'humanité » dans un quartier défavorisé du XIXè arrondissement.
Les clés du « 104 » ont été symboliquement remises au
maire, qui aurait voulu l'inaugurer avant les dernières municipales.« Je
n'ai pas de regret, c'est mieux avec une année de plus », a-t-il dit,
ajoutant: « nous ne nous sommes jamais découragés (...) Il faudra que lieu
s'invente tous les jours. C'était bien ça mon rêve ».
Ce nouvel établissement de la ville de Paris aux
imposantes dimensions (39.000 m2), architecture type Baltard avec en toile
de fond les tours des orgues de Flandre, accueille quelque 200 artistes en
résidence dans les anciens bâtiments des pompes funèbres municipales,
magnifiquement restaurés par l'Atelier Novembre.
Il a été ouvert au public dès samedi après-midi, avant
un concert dans la soirée de la star anglaise du trip hop Tricky (le « 104
» peut accueillir 5.000 personnes).
Les artistes remplacent les corbillards et des salles
de spectacle (200 et 400 places) ont été construites dans les anciennes
écuries.
Une brève visite de ce « passage » entre la rue Curial
et la rue d'Aubervilliers en compagnie d'Anne Hidalgo, sa première
adjointe, de Christophe Girard et de personnalités comme Pierre Arditi, a
permis au maire d'apprécier ce lieu où il veut accueillir « tous les arts,
tous les mondes, toutes les origines ».
De part et d'autre, 18 ateliers (les numéros sont
inscrits sur les murs) accueilleront les artistes, qui laisseront le
public les regarder travailler (tarifs de 3 ou 5 euros). Pour les
directeurs Frédéric Fisbach et Robert Cantarella, les « artistes sont la
raison d'être du 104 ».
Ce sera « un chemin, une rencontre pour partager la
quête du beau » s'est enflammé le maire, qui veut aussi un « lieu dédié au
monde ». Car la mondialisation dont il rêve en « vieil idéaliste », c'est
celle des êtres humains, des frontières abolies. « Qu'il n'y ait aucune
barrière pour l'accès à l'émotion du beau ».
Le maire du XIXè Roger Madec, à l'origine du classement
du site, a affirmé que le « 104 » était un « choix politique important, un
élément de valorisation de quartiers, délaissés, bafoués » et une «
réponse éclatante pour le rééquilibrage » en faveur de l'est parisien.
Représentant la région Ile-de-France, Marie-Pierre de
la Gontrie (PS) s'est félicitée de ce « challenge incroyable », ce «
projet lourd, complexe, coûteux » mené à bien après plus de deux ans de
travaux.
Des commerces et restaurants sont prévus dans quelques
mois, une librairie ouvrira en mars 2009 ainsi qu'une « maison des petits
», lieu d'accueil artistique pour enfants de 0 à 5 ans.
Un espace de 500 m2 est dédié aux animations
culturelles d'associations locales. Salons, défilés de mode devraient
aussi investir le lieu.
Devant le « 104 », Mehdi, travailleur marocain âgé,
s'étonne du choix de l'endroit, car « on ne peut pas se garer dans le
quartier ».
Le coût total est de 100 M € selon le cabinet de
l'adjoint à la Culture Christophe Girard, avec un budget de fonctionnement
annuel de 12 M €dont 8 à la charge de la Ville de Paris. M. Girard se dit
« raisonnablement inquiet » pour trouver le reste du financement. (AFP,
par Josette MICHY)