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Actualités musicales du
10 octobre 2008

Vendredi 10 octobre 2008 – 20h30
Espace Culturel Brassages
Dongelberg (Belgique) 
 

Leo Vito Quintet

 

La majorité des membres du « Léo Vito quintet » peut être qualifiée d'amateur ; mais ne vous y trompez pas : il présente un répertoire de standards accessible au grand public qui a intérêt donc a réserver s’il veut une place, le grand public ! Car vous imaginez bien qu’un homme tel que Vito Léo connaît bien son petit monde entier de la physique et que tout ce petit monde va se précipiter à ce concert mémorable... Qu’on ne se le dise pas : nous n’avons que 142 places ! Voici encore les bienfaits des excellents stages des « Lundis d’Hortense »

 

Vito LEO, guitare
Martine VERBRUGGHE, sax alto, soprano
Béla FÖLDVARY, batterie
Fabrice CELY, piano
Léon CERFONTAINE, basse

Espace Culturel Brassages
3, rue d’Incourt
1370 DONGELBERG (Jodoigne)
Infos & réservations : 010 88 12 13

11e Salon International de la Lutherie
Les 10, 11 et 12 octobre
Montpellier – Opéra Comédie (entrée libre)

Aujourd’hui, le Salon International de la Lutherie est un des plus grands rassemblements européens de luthiers. C’est l’occasion de découvrir les performances et l’excellence de ces artisans, qui sont aussi des artistes. C’est également l’occasion de constater que l’art de la fabrication de la guitare est en perpétuelle évolution, aussi bien en termes de formes, de matériaux, de techniques que de sonorités.

Cette année 40 luthiers exposent, venus de toutes les régions françaises, mais aussi d’Italie, d’Allemagne où d’Espagne. Ils attirent deux publics: le grand public, pour qui la curiosité et la découverte du métier reste la première motivation, mais surtout les musiciens amateus ou professionnels et les acteurs de la filière.

Le salon développe ainsi chaque année un chiffre d’affaires conséquent, tant en ventes directes qu’indirectes. Il s’agit donc d’un événement clé dans la dynamisation et le développement de la filière lutherie en Languedoc-Roussillon.

D’autres actions de promotion s’inscrivent également dans cette démarche :

Une bourse pour la recherche : Confluences, structure organisatrice du festival et donc du salon, remet une bourse de 5.000 euros à un luthier de la région Languedoc-Roussillon. Cette bourse, destinée à la recherche sur l’innovation en matière de fabrication à été remise cette année à Olivier Pozzo, Luthier à Nîmes. Son instrument sera présenté à la presse, aux luthiers, au public professionnel et amateur, dimanche 12 octobre sur le salon.

Le Catalogue des Luthiers du Languedoc-Roussillon : Édité à 10.000 exemplaires, ce catalogue rassemble les luthiers de la région et les entreprises de la filière. Il est distribué par Confluences tant à un niveau national qu’international.

Favoriser la visibilité des luthiers de la région à l’étranger : Les artisans luthiers de la région souhaitant exposer leur savoir faire à l’étranger bénéficient d’une prise en charge partielle du coût par Confluences.

Ces actions de « promotion de la filière lutherie en Languedoc-Roussillon » que mène Confluences depuis maintenant 11 ans sont essentiellement soutenues et financées par la Région Languedoc-Roussillon.

Quelques chiffres clés :

5.000 visiteurs en moyenne

40 luthiers venant de toute la France (soit plus du tiers de la profession française)

Chiffre d’affaires estimé du salon 2007 :ventes directes : 34.000 euros / ventes différées : 75.000 euros.

Horaires : Vendredi 10 octobre / 14h00 - 19h00 ; Samedi 11 octobre / 10h00 - 19h00 ; Dimanche 12 octobre / 10h00 – 18h00

Programme

Vendredi 10 octobre

  • 14h00, inauguration
  • 15h00–19h00, démonstrations de guitares des luthiers

Samedi 11 octobre

  • 10h00, Ouverture
  • 10h00–12h00, master class d’Eduardo Isaac - salle Molière
  • 14h00–16h00, suite de la master class d’Eduardo Isaac - salle Molière, stage d’initiation à la guitare pour enfants avec Sylvie Roux
  • 14h30–18h00,visite guidée des élèves du conservatoire et des écoles de musique
  • 16h00– 7h00, conférence de Christophe Leduc sur la guitare basse
  • 17h00–19h00, concert de Di Piazza et de Frédéric Monino

Dimanche 12 octobre

  • 10h00, ouverture
  • 10h00–12h00, stage d’initiation à la guitare pour enfants avec Sylvie Roux
  • 14h00–16h00, démonstrations de guitares
  • 16h00– 8h00, concert de Eduardo Isaac - salle Molière
  • 18h00, clôture

Vendredi 10 Octobre 2008
Goudargues (Gard)
Église Notre-Dame et Saint-Michel
Les troubadours
chantent l'art roman

Ensemble Saurimonda
 Troubadours Art Ensemble

Le 3ème festival Les Troubadours chantent l’art roman en Languedoc-Roussillon est accueilli cette fois-ci dans le Gard à Goudargues, le vendredi 10 octobre. Dernière date dans ce département pour cette année 2008 avec deux concerts : le matin à 10h, un concert pédagogique réservé au public scolaire et à 18 h un concert tous publics avec les Ensembles Saurimonda et Troubadours Art Ensemble en l’église Notre-Dame et Saint-Michel de Goudargues. Par ailleurs le festival se poursuit en octobre avec les deux dernières journées le 24 à Florac en Lozère et le 28 à Minerve dans l’Hérault.

10 h Concert pédagogique :  Les troubadours

Une rencontre illustrée dans les mots et les sons, poésie et musique, chants et instruments par les musiciens de Troubadours Art Ensemble. La musique et les instruments, la langue occitane et l'interprétation des cansos : manuscrits et chansonniers médiévaux, trouveurs, jongleurs, instrumentistes, la notation musicale, les représentations d'instruments de musiques dans les enluminures, sculptures, fresques…
Chanter les troubadours aujourd'hui à la lumière de nos connaissances actuelles.

18 h Concert Ensemble Saurimonda Les troubadours catalans et Troubadours Art Ensemble : Troubadours et chants séfarades

Saurimonda

Après une formation théâtrale et musicale, Gisela Bellsolà oriente sa carrière vers le chant, à travers ses propres compositions, ou comme interprète de la culture catalane, puis dirige ses recherches vers la musique médiévale. D'abord El Cant de la Sib.bila, thème emprunté à un très ancien fond de tradition mythique, mais aussi les chants des troubadours et la conception de divers spectacles. Elle crée avec Michel Maldonado l'ensemble de musique médiévale Saurimonda, ensemble avec lequel elle enregistre ab la Fresca clardat, chants des troubadours catalans.


Ensemble Saurimonda 

Troubadours Art Ensemble

Troubadours Art Ensemble s'est constitué au fil des années autour de Gérard Zuchetto, chercheur, auteur, compositeur et interprète des troubadours. La recherche, comme voyage dans l'Art de Trobar, ainsi que l'interprétation vivante des chansons des troubadours s'appuient sur la connaissance du Moyen Âge occitan et du contexte poétique et musical de cet art lyrique. En parfaite conscience du sens profond des Cansos et en trouvant mots et mélodies dans les sonorités des instruments traditionnels et contemporains, et les ornementations vocales, Troubadours Art Ensemble donne à écouter une approche personnelle et originale de ce répertoire.


Troubadours Art Ensemble

Des sonorités premières de la langue occitane et des instruments anciens de Méditerranée. Cansos de trobar et compositions contemporaines.

Notre musique naît dans l'essence de l'idée, le gaubi, le feeling, le tarab… et d'un art lyrique occitan au fil du temps nourri des mots et des musiques d'une terre aux mille passages.

l'église Notre-Dame et Saint-Michel - 30630 Goudargues. Tarif : 10 € ; réduit : 8 €. Rens. 04 66 82 69 41

Vendredi 10 octobre, 20h
Paris, Institut Néerlandais
Ensemble Corona
Se voi non ridete…
Musique autour de Nicolas Machiavel
 
Valeria Mignaco, chant
Heleen Gerretsen, cornetto, flûtes à bec
Israel Golani, luth
Margo Fontijne, viole de gambe

Première moitié du XVIe siècle : l’Italie s’enfonce dans des guerres interminables. Malgré le désordre et la confusion, le pouvoir s’affirme en passant des commandes à d’excellents peintres et architectes. On embauche des musiciens célèbres et on fait la fête avec exubérance. Le Florentin Nicolas Machiavel, tel un véritable homo universalis, se trouve au centre de tout. Homme politique, poète et auteur de comédies et de textes pour madrigaux, il se lie avec des acteurs et des chanteurs et il écrit des chansons pour Barbera Salutati, qu’il adore. Parmi ses amis compositeurs on compte Isaac et Verdelot qui ont mis en musique plusieurs de ses textes.

De nos jours encore, il est fort agréable de passer une soirée avec Nicolas Machiavel et ses amis, en compagnie de l’Ensemble Corona.

Dans le cadre de l’exposition Bruegel, Rubens et leurs  contemporains du Musée des Offices de Florence.

Tarifs : 5 € / 2,50 €.

Chapelle de Jésus Enfant, 29 rue Las Cases 75007 Paris. M° Solférino ou Assemblée nationale. téléphone : 01 53 59 12 40


Agrandir le plan
 

« Armide » de Lully à l'honneur
sous la baguette
du magicien William Christie

Deux décennies après l'historique « Atys », le chef franco-américain William Christie a fait un grand retour à Lully mercredi soir à Paris avec « Armide », chef-d'oeuvre de l'opéra français naissant, dans une mise en scène du Canadien Robert Carsen distanciée et diversement appréciée.

En 1987, pour le tricentenaire de la mort de Jean-Baptiste Lully (1632-1687), Christie ressuscitait à l'Opéra-Comique sa tragédie en musique « Atys » (1676), une production qui jettera les bases du renouveau baroque français.

Vingt-et-un ans plus tard, cette fois au Théâtre des Champs-Elysées, le chef de l'ensemble Les Arts Florissants s'attaque (jusqu'au 18 octobre) à une autre tragédie lyrique en version scénique, la dernière — et le chef-d'oeuvre — de Lully et son librettiste Philippe Quinault: « Armide » (1686).

L'« Atys » mise en scène par Jean-Marie Villégier se voulait historiquement informée, avec danses baroques réglées par Francine Lancelot, perruques et costumes d'époques.

L'« Armide » de Carsen, dont la chorégraphie est signée Jean-Claude Gallotta, une figure de la danse contemporaine française, est d'une autre nature. Le metteur en scène canadien donne le ton avant même le début du spectacle, convoquant un gardien de musée désoeuvré devant un écran indiquant « prochaine visite à 19h30 » (l'heure de la représentation).

Le prologue est à l'avenant, promenant des touristes en polo dans la salle encore éclairée ou, par vidéo interposée, en plein château de Versailles, dans la galerie des glaces et la chambre du roi, alors que Lully et Quinault chantent la gloire et la sagesse de Louis XIV.

Une dizaine de danseurs du centre chorégraphique national de Grenoble que dirige Gallotta apparaissent aussi à l'image, batifolant dans les jardins de Le Nôtre. Ailleurs, la danse de Gallotta est parfois pas très lisible ou trop décorative, et sollicite un peu trop les choristes.

Carsen, lui, a laissé s'endormir sur le lit du roi un visiteur particulier: c'est Renaud, le chevalier que la magicienne Armide hait mais dont elle tombera amoureuse après l'avoir ensorcelé. Dans un décor gris argent nimbé de voiles joliment éclairé, ou avec un sol jonché de pétales de roses rouges, le metteur en scène compose de bien belles images, mais peine à les animer d'une tension constante. Même l'échappée bouffe du IVe acte est fort sage.

Le Canadien recueille quelques huées aux saluts, mais peu importe puisque le théâtre est dans la fosse. Christie dirige en effet d'une main impérieuse un orchestre charnu et contrasté (la percussion !), quand il ne fait pas crépiter son clavecin pour le continuo servant d'écrin aux récitatifs, là où la fusion entre le mot (de Quinault) et la note (de Lully) est à son sommet.

La distribution est formée de chanteurs pour la plupart rompus à l'art de la déclamation lyrique. Si le ténor écossais Paul Agnew déçoit par ses aigus fragiles et altérés, Stéphanie d'Oustrac impose en Armide une forte incarnation de tragédienne, torche vive dans sa robe rouge sang.

Les confidentes de la magicienne (la soprano maltaise Claire Debono, la mezzo Isabelle Druet) sont d'une éloquence remarquable, tandis que le baryton-basse Laurent Naouri est La Haine avec beaucoup de caractère, façon Méphisto travesti.

Vigon, le « soul man » marocain
sorti de l'oubli 40 ans après

Il fut vendeur de légumes au Maroc avant de découvrir la soul dans les bases américaines puis de devenir une petite vedette dans le Paris des années 60 : à la faveur d'une réédition, Vigon, chanteur à la voix stupéfiante, connaît aujourd'hui une deuxième jeunesse, 40 ans après.

« Ce qui arrive maintenant, c'est ce qui aurait dû arriver il y a 40 ans », s'émerveille ce sexagénaire affable, enchanté qu'un nouveau public découvre sa musique.

Le label Barclay (Universal) a réédité début septembre un album de ses chansons, « The end of Vigon », dans les collections de vinyles « Back to black » et de CD vintage « Vinyl Replica ».

La critique s'est vite emballée pour ses reprises formidables de morceaux soul/rhythm'n'blues de Bob & Earl, Ray Charles ou Bo Diddley, découvrant, stupéfaite, que la France possédait dans les « sixties » un chanteur capable de rivaliser avec les maîtres noirs-américains du genre.

Elle a couvert d'éloges la voix veloutée de Vigon et les arrangements des morceaux, cordes suaves et cuivres brûlants dignes de la Motown ou de Stax mais pourtant « made in France ».

« Même quand c'est sorti il y a 40 ans, il n'y avait pas autant d'enthousiasme! », sourit le Marocain, lunettes noires, costume élégant et faux airs du chanteur noir-américain Sam Cooke.

Vigon tire ce pseudonyme de son enfance, lorsqu'il avait déformé la prononciation du mot « wagon » à l'école.

Il est né Abdelghafour Mouhsine en 1945 à Rabat. D'abord marchand de légumes avec son père, il tombe fou amoureux du rhythm'n'blues dans les bases militaires américaines de Kenitra ou Sidi Slimane et apprend les standards en phonétique, puisqu'il ne maîtrise pas l'anglais.

« J'allais faire danser les troufions tous les samedis et là-bas, on achetait les disques qui arrivaient d'Amérique dans la semaine de leur sortie », se souvient-il. « Twist and shout des Isley Brothers, on l'a chantée au Maroc avant que les Beatles la reprennent! ».

En 1964, il est en vacances à Paris et va au Golf Drouot, la Mecque du rock. Il monte sur scène, bluffe le public puis rejoint les Lemons, avec aux claviers un autre tout jeune homme nommé Michel Jonasz.

Le groupe écume les scènes, Golf Drouot ou Bus Palladium, assied sa réputation et fait les premières parties de Stevie Wonder, Otis Redding, Wilson Pickett, Little Richard, des Who ou des Rolling Stones.

« Fin septembre, je suis allé voir Stevie Wonder à Bercy: quand je pense qu'à l'époque on passait dans des night clubs et que c'était la folie! », s'exclame Vigon, qui chantera samedi et dimanche au Cidisc (Convention des disques de collection) à Paris, puis le 15 octobre au Petit Journal Montparnasse.

L'un de ses morceaux en solo, « It's all over », est paru en 1968 sur le label américain Atlantic. L'année précédente, il avait sorti sa seule chanson en français, « Un petit ange noir ».

Il rentre au Maroc au milieu des années 70, pour deux semaines. « J'y suis resté 23 ans! », s'amuse-t-il en expliquant qu'il y était chanteur dans un hôtel d'Agadir.

En 2000, retour en France, où les années 60 -« La mode des vieux! »- ont à nouveau la cote. Vigon la bête de scène se produit régulièrement dans des soirées privées et a pour fans d'autres artistes originaires du Maroc, les humoristes Gad Elmaleh et Jamel Debbouze, au mariage duquel il a chanté.

« On me demande parfois si l'Amérique ne m'a pas tenté. Mais je n'aurais jamais imaginé partir du Maroc, alors c'est déjà pas mal! », assure-t-il. « Gamin, je dormais sur une peau de mouton. Maintenant, dans les hôtels, on me dit: Est-ce que la chambre vous plaît ?. Ca me fait rire! ».


Vigon, « Harlem Shuffer »


 Vigon à Hergnies, 12 juillet 2008

Après Tim Burton, Matthew Bourne
a la main plutôt heureuse avec « Edward... »

Ode à la différence, « Edward aux mains d'argent », le film de l'Américain Tim Burton, réussit son passage à la scène grâce à la fantaisie du chorégraphe britannique Matthew Bourne, qui en a tiré un spectacle à l'affiche du Théâtre du Châtelet depuis mercredi.

Ce spectacle, qui mêle ballet et comédie musicale et a été joué 400 fois à l'étranger depuis 2005, sera présenté à Paris jusqu'au 2 novembre.

A 48 ans, Matthew Bourne a signé neuf spectacles depuis 1993, dont une relecture iconoclaste du ballet « Le Lac des cygnes » qui avait séduit le public parisien il y a trois ans. Dans ce « Swan Lake », les cygnes étaient non pas des femmes mais des hommes aux cuisses de faune.

« Edward aux mains d'argent » en version scénique reprend l'argument et l'esthétique du conte de fées gothique réalisé par Burton en 1990. Edward (incarné dans le film par Johnny Depp) est une créature imaginée par une espèce de docteur Frankenstein et qui a de grands ciseaux à la place des mains.

La mort de son créateur précipite dans le vrai monde cet être marginal, qui ne peut toucher les autres sous peine de les blesser.

Il est d'abord adopté par la communauté qui vit dans la banlieue résidentielle proche du château où il a été créé et qui est séduite par ses dons innés de coiffeur ou de tailleur de haies. Le conformisme de ce microcosme à l'apparence idyllique mais à la morale rigoriste finira cependant par sceller son exclusion.

Sur scène comme dans le film, le contraste entre la noirceur gothique de l'univers d'Edward et la banlieue proprette et colorée comme une meringue écoeurante fonctionne à merveille, et on comprend vite que l'épouvante n'est pas du côté où on l'attend.

Les décors - château au clair de lune, pavillons pastels bordés de larges pelouses... - sont remarquables et l'enchaînement des différents tableaux est étonnamment fluide.

Cet « Edward » à la fois plein d'humour et touchant tient largement de la comédie musicale et sa chorégraphie, qui sollicite trente danseurs, est réglée à la manière d'oeuvres comme « West Side Story ». Il ne relève pourtant pas entièrement de ce genre puisqu'il n'y a pas de partie chantée.

L'action est guidée par la musique basée sur la bande originale du film (signée par Danny Elfman, compositeur réputé pour le cinéma), et jouée ici par un orchestre de douze musiciens.

La première partie est la plus réussie puisqu'elle pose les bases de cet univers tout en dualité: l'apparition d'Edward (costume en cuir sombre, cheveux ébouriffés et mimiques d'acteur de films muets calquées sur celle de Depp), sa découverte de la banlieue résidentielle très années 50 et son histoire d'amour naissante avec une jeune fille.

En revanche, cette dynamique s'étiole dans la deuxième partie et l'action patine un peu dans les scènes de Noël, qui aboutiront à l'exclusion d'Edward. Malgré cela, on retient la fantaisie et l'inventivité visuelle du spectacle, qui peut être apprécié par des gens de tous âges, y compris ceux qui n'ont jamais vu le film.

 

Le « 104 », un lieu chargé d'histoire,
qui fut « usine à deuil »

Le 104 rue d'Aubervilliers (XIXe arrondissement), transformé en établissement artistique de la ville de Paris qui ouvre ses portes samedi, est un lieu chargé d'histoire, qui a abrité les pompes funèbres municipales de 1873 à 1997, année de départ du dernier employé.

Construit dans un quartier populaire à l'emplacement de l'ancien abattoir de la Villette par les architectes Delebarre et Godon, dirigés par Baltard, cet immense ensemble de bâtiments de brique, pierre et fer est recouvert d'une verrière typique de l'architecture industrielle du XIXe siècle.

« L'usine à deuil » comme on l'appelait, organisait le passage de la vie à la mort dans Paris, souligne Bertrand Delanoë dans la préface de « Paris, dernier voyage » de Bruno Bertherat et Christian Chevandier (Editions La Découverte).

Les cercueils y étaient fabriqués, les corbillards aménagés, les cortèges préparés et les funérailles ordonnancées. Les pompes funèbres, devenues municipales en 1905 (séparation de l'Eglise et de l'Etat) ont vu partir jusqu'à 27.000 corbillards chaque année, d'abord tirés par des chevaux comme en témoignent les anciennes écuries, puis automobiles. Les convois hippomobiles disparaissent en 1936.

A la veille de la première guerre mondiale, le personnel comportait un millier d'agents (palefreniers, menuisiers, brodeuses...). Les effectifs tombent à moins de 800 à la fin des années soixante.

Sous l'Occupation, les corps des fusillés du Mont Valérien y ont transité de même qu'à la Libération, ceux de déportés morts en camps de concentration et rapatriés.

Les pompes funèbres municipales n'occupent plus le bâtiment depuis 1997, le monopole communal sur les obsèques prenant fin en 1998.

Le maire du XIXe Roger Madec (PS) a fait inscrire le 104 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

Delanoë : avec le 104,
« l'art sort de ses ornières disciplinaires »

En ouvrant le centre culturel « 104 » dans le XIXe arrondissement, un quartier qui a connu encore récemment des violences urbaines, « nous assumons une nouvelle donne de l'offre culturelle parisienne », affirme le maire de Paris Bertrand Delanoë, interrogé par l'AFP.

Q. En quoi le « 104 » était-il nécessaire dans le paysage culturel parisien déjà très dense, et quelle est son originalité?

R. C'est vrai, l'offre culturelle à Paris est sans doute l'une des plus riches du monde. Mais pour que notre cité demeure une véritable capitale des arts et de la création, il lui fallait un lieu où puisse naître un nouveau souffle, une nouvelle inspiration, autour d'un concept original.

Le 104, c'est une résidence d'artistes ouverte sur la ville et sur le monde. Un lieu qui accueillera des artistes français et étrangers le temps d'une création - entre deux mois et un an - et où des visiteurs, d'où qu'ils viennent, pourront assister à la genèse d'une oeuvre, saisir l'artiste au travail.

Au 104, l'art sort de ses ornières disciplinaires. L'esprit du lieu est résolument éclectique. (...) En outre, la dimension économique et commerciale du 104, est elle-même très innovante: voisinant avec les ateliers d'artistes, vous trouverez une pépinière de 700 m³ pour les jeunes entreprises culturelles (...) L'ensemble permettra au 104 de générer un tiers de ressources propres.

Q. L'ouverture d'un lieu culturel de cette ampleur est-elle à même de transformer un quartier qui est le théâtre de violences urbaines?

R. Installer ce lieu au coeur d'un quartier populaire est évidemment un acte identitaire. Les incidents graves qui se sont déroulés récemment dans le XIXe arrondissement ne disent rien de la diversité et de la richesse de cet arrondissement qui a vu naître les premiers grapheurs et groupes de hip hop français. En conviant dans le nord-est parisien un public qui peut avoir ses habitudes dans le centre de la cité, nous assumons une nouvelle donne de l'offre culturelle parisienne.

Q. Quand et comment mesurerez vous le succès, ou l'échec du 104?

R. Le 104 a été entièrement pensé comme une rencontre entre les arts, entre le public et les artistes, entre la dimension locale et l'échelle internationale. Il porte une ambition nouvelle qui a fait naître un formidable enthousiasme chez tous ceux qui ont conçu et vu s'épanouir ce projet (...).

Dans ces conditions, vous comprendrez que je ne me place pas dans une perspective d'échec: je préfère parler d'espoir, de mouvement et de dynamique. Et dire à chacun, artiste ou non: bienvenue au 104 !

Financements en hausse
pour l'Opéra national de Bordeaux

La ministre de la Culture Christine Albanel a signé jeudi le renouvellement de la convention « opéra national » de l'opéra de Bordeaux prévoyant, pour la période 2008-2012, une augmentation des financements publics de 2 millions d'euros sur cinq ans.

Le financement de l'Etat (3,743 millions d'euros en 2007) sera augmenté d'un million d'euros sur cinq ans, à raison d'une hausse de 200.000 euros par an, a précisé la mairie de Bordeaux.

La participation de la municipalité (14,6 millions d'euros en 2007, soit 24% du total des dépenses de la direction générale de l'action culturelle) sera augmentée de 500.000 euros sur cinq ans et celle de la Région Aquitaine (1,22 million d'euros) également accrue de 500.000 euros sur cinq ans, selon la mairie.

« Pour le spectacle vivant, j'ai voulu que l'effort porte prioritairement en régions », a commenté Mme Albanel. « C'est vrai qu'un petit effort a été demandé aux établissements publics parisiens au profit des établissements en régions et des directions régionales des affaires culturelles », a-t-elle précisé.

L'Opéra national de Bordeaux est le seul, parmi les opéras français bénéficiant du label « opéra national », à posséder une triple mission: lyrique, symphonique et chorégraphique, indique la mairie de Bordeaux. « Avec 360 collaborateurs dont près de 200 musiciens, danseurs et choristes, il est le plus gros employeur d'artistes hors Paris », souligne-t-elle dans un communiqué.

La troupe du Français
prend ses distances
avec le « projet Bobigny »

Coup de théâtre à la Comédie-Française : prenant ses distances avec son administrateur, la troupe de Molière a « décliné » jeudi, au moins provisoirement, la proposition de s'implanter à la MC93 de Bobigny, signe du malaise que ce projet suscite dans les milieux théâtraux.

L'affaire a fait grand bruit dès la semaine dernière, quand la presse a relayé le voeu de l'administrateur général de la Comédie-Française, Muriel Mayette, de « rapprocher » le premier théâtre de France d'une scène de banlieue, en l'occurrence la MC93, avec l'appui du ministère de la Culture.

Mme Mayette y a vu l'opportunité de toucher un public plus large tout en trouvant à Bobigny la grande salle modulable qui lui fait défaut, tandis que la Rue de Valois invoquait la nécessité de « revitaliser » un lieu ayant perdu 38% de spectateurs en quatre ans, selon des chiffres ministériels.

Le directeur de la MC93, Patrick Sommier, a dénoncé pour sa part une « OPA (offre publique d'achat) hostile » sur sa scène nationale, et reçu le soutien de nombreux artistes (les metteurs en scène Frank Castorf, Lev Dodine, Ariane Mnouchkine...) saluant la programmation audacieuse de la maison.

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a tenté lundi de déminer le terrain en parlant d'« offre publique d'ambition commune », mais sans faire taire la profession, qui a dénoncé la méthode, jugée « brutale » par le Syndeac (directeurs de théâtre).

La troupe permanente de la Comédie-Française (35 sociétaires et 22 pensionnaires) n'avait pas réagi officiellement jusqu'à ce qu'elle dise jeudi « comprendre« la  »stupéfaction, l'incompréhension« des uns et  »la colère, la révolte« des autres face à ce projet  »annoncé comme décidé et imminent« .

« La situation est telle aujourd'hui qu'il nous paraît nécessaire de décliner la proposition de l'Etat (de s'installer à Bobigny, NDLR) dans un premier temps », poursuivent les acteurs.

« Nous n'irons pas à Bobigny sans une concertation préalable de l'ensemble des directeurs des théâtres de la région parisienne », souligne la troupe. Dans une déclaration distincte, l'administrateur du Français dit « partager le sentiment de la troupe de la Comédie-Française », tout en jugeant que « la polémique médiatique ne doit pas entamer la générosité d'une utopie artistique et historique ».

« Nous devons peser les forces et les faiblesses de nos projets, et apaiser les inquiétudes. Je rencontre Patrick Sommier le mardi 14 octobre pour y travailler », précise Mme Mayette.

Mme Albanel a pour sa part manifestement peu goûté la réaction de la troupe, exprimant dans un communiqué « sa perplexité » et appelant « au sens de la responsabilité de chacun ».

Le directeur de la MC93 a en revanche indiqué ressentir « beaucoup d'émotion » face à la « solidarité » exprimée par les Comédiens-Français.

« J'espère pouvoir un jour travailler avec cette grande troupe », a-t-il conclu, comme pour redire qu'il n'est pas totalement fermé à une collaboration avec la Maison de Molière.

Musique ancienne :
« chants et danseries »
au festival de Lanvellec

L'édition 2008 du festival de musique ancienne de Lanvellec (Côtes-d'Armor), qui s'ouvre ce week-end, est placée sous le signe des « chants et des danseries » d'Europe et d'outre-Atlantique.

Lancée en 1986, cette manifestation renommée, « le seul festival baroque en France qui soit vraiment ancré dans un territoire » selon les organisateurs, se déroule sur les trois derniers week-ends d'octobre, pour l'essentiel dans les églises et chapelles du Trégor.

La samedi 11, l'ensemble québécois « les Idées heureuses » sous la direction de la claveciniste Geneviève Soly, et la danseuse baroque Marie-Nathalie Lacoursière restitueront l'ambiance d'un salon en nouvelle France au XVIIIè siècle.

Dimanche 12, le musicien genevois Hadrien Jourdan fera vibrer l'orgue historique de Lanvellec pour une invitation au voyage à travers l'Europe.

Le vendredi 17, l'ensemble Doulce Mémoire, sous la direction de Denis Raisin Dadre, transportera le public au temps de la Renaissance et, le lendemain, en l'église romane du XIIè siècle de Brélévénez, l'ensemble Il Seminario Musicale présentera « un bal au salon », la danse comme art de vivre dans la société française du XVIIè siècle.

Le dimanche 19 se produira en l'église de Lanvellec l'artiste transalpin Ottavio Dantone avec son ensemble Accademia Bizantina.

Le dernier week-end d'octobre, la musique allemande du XVIIè siècle sera à l'honneur le samedi avec l'ensemble Cappricio Stravagante. Dimanche 26 sera présenté en avant-première à Lannion « Musiques de Joye », un voyage sur les pas de danses à travers l'Europe du XVIIè siècle.

Ce festival a été lancé à l'occasion de la restauration de l'orgue -monument historique- de Lanvellec (600 habitants), construit en 1653 par le facteur anglais Robert Dallam, alliée à la volonté de mettre en valeur le riche patrimoine architectural de la région.
http://www.festival-lanvellec.fr

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