La
majorité des membres du « Léo
Vito quintet » peut être qualifiée
d'amateur ; mais ne vous y trompez pas :
il présente un répertoire
de standards accessible au grand public
qui a intérêt donc a réserver
s’il veut une place, le grand public ! Car
vous imaginez bien qu’un homme tel que Vito
Léo connaît bien son petit
monde entier de la physique et que tout
ce petit monde va se précipiter à
ce concert mémorable... Qu’on ne
se le dise pas : nous n’avons que 142 places
! Voici encore les bienfaits des excellents
stages des « Lundis d’Hortense »
Vito LEO, guitare Martine
VERBRUGGHE, sax alto, soprano Béla
FÖLDVARY, batterie Fabrice CELY,
piano Léon CERFONTAINE, basse
11e Salon International de la Lutherie Les
10, 11 et 12 octobre Montpellier – Opéra Comédie
(entrée libre)
Aujourd’hui, le Salon International de la Lutherie
est un des plus grands rassemblements européens
de luthiers. C’est l’occasion de découvrir les
performances et l’excellence de ces artisans, qui sont
aussi des artistes. C’est également l’occasion
de constater que l’art de la fabrication de la guitare
est en perpétuelle évolution, aussi bien
en termes de formes, de matériaux, de techniques
que de sonorités.
Cette année 40 luthiers exposent, venus de
toutes les régions françaises, mais aussi
d’Italie, d’Allemagne où d’Espagne. Ils attirent
deux publics: le grand public, pour qui la curiosité
et la découverte du métier reste la première
motivation, mais surtout les musiciens amateus ou professionnels
et les acteurs de la filière.
Le salon développe ainsi chaque année
un chiffre d’affaires conséquent, tant en ventes
directes qu’indirectes. Il s’agit donc d’un événement
clé dans la dynamisation et le développement
de la filière lutherie en Languedoc-Roussillon.
D’autres actions de promotion s’inscrivent également
dans cette démarche :
Une bourse pour la recherche : Confluences, structure
organisatrice du festival et donc du salon, remet une
bourse de 5.000 euros à un luthier de la région
Languedoc-Roussillon. Cette bourse, destinée
à la recherche sur l’innovation en matière
de fabrication à été remise cette
année à Olivier Pozzo, Luthier à
Nîmes. Son instrument sera présenté
à la presse, aux luthiers, au public professionnel
et amateur, dimanche 12 octobre sur le salon.
Le Catalogue des Luthiers du Languedoc-Roussillon
: Édité à 10.000 exemplaires, ce
catalogue rassemble les luthiers de la région
et les entreprises de la filière. Il est distribué
par Confluences tant à un niveau national qu’international.
Favoriser la visibilité des luthiers de la
région à l’étranger : Les artisans
luthiers de la région souhaitant exposer leur
savoir faire à l’étranger bénéficient
d’une prise en charge partielle du coût par Confluences.
Ces actions de « promotion de la filière
lutherie en Languedoc-Roussillon » que mène
Confluences depuis maintenant 11 ans sont essentiellement
soutenues et financées par la Région Languedoc-Roussillon.
Quelques chiffres clés :
5.000 visiteurs en moyenne
40 luthiers venant de toute la France (soit plus
du tiers de la profession française)
Chiffre d’affaires estimé du salon 2007 :ventes
directes : 34.000 euros / ventes différées
: 75.000 euros.
Horaires : Vendredi 10 octobre / 14h00 - 19h00 ;
Samedi 11 octobre / 10h00 - 19h00 ; Dimanche 12 octobre
/ 10h00 – 18h00
Programme
Vendredi 10 octobre
14h00, inauguration
15h00–19h00, démonstrations de guitares
des luthiers
Samedi 11 octobre
10h00, Ouverture
10h00–12h00, master class d’Eduardo Isaac -
salle Molière
14h00–16h00, suite de la master class d’Eduardo
Isaac - salle Molière, stage d’initiation
à la guitare pour enfants avec Sylvie Roux
14h30–18h00,visite guidée des élèves
du conservatoire et des écoles de musique
16h00– 7h00, conférence de Christophe
Leduc sur la guitare basse
17h00–19h00, concert de Di Piazza et de Frédéric
Monino
Dimanche 12 octobre
10h00, ouverture
10h00–12h00, stage d’initiation à la
guitare pour enfants avec Sylvie Roux
14h00–16h00, démonstrations de guitares
16h00– 8h00, concert de Eduardo Isaac - salle
Molière
18h00, clôture
Vendredi
10 Octobre 2008 Goudargues (Gard) Église
Notre-Dame et Saint-Michel Les
troubadours chantent l'art roman
Ensemble
Saurimonda Troubadours Art Ensemble
Le
3ème festival Les Troubadours chantent
l’art roman en Languedoc-Roussillon est
accueilli cette fois-ci dans le Gard à
Goudargues, le vendredi 10 octobre. Dernière
date dans ce département pour cette
année 2008 avec deux concerts : le
matin à 10h, un concert pédagogique
réservé au public scolaire
et à 18 h un concert tous publics
avec les Ensembles Saurimonda et Troubadours
Art Ensemble en l’église Notre-Dame
et Saint-Michel de Goudargues. Par ailleurs
le festival se poursuit en octobre avec
les deux dernières journées
le 24 à Florac en Lozère et
le 28 à Minerve dans l’Hérault.
10
h Concert pédagogique : Les
troubadours
Une
rencontre illustrée dans les mots
et les sons, poésie et musique, chants
et instruments par les musiciens de Troubadours
Art Ensemble. La musique et les instruments,
la langue occitane et l'interprétation
des cansos : manuscrits et chansonniers
médiévaux, trouveurs, jongleurs,
instrumentistes, la notation musicale, les
représentations d'instruments de
musiques dans les enluminures, sculptures,
fresques… Chanter les troubadours aujourd'hui
à la lumière de nos connaissances
actuelles.
18
h Concert Ensemble Saurimonda Les troubadours
catalans et Troubadours Art Ensemble : Troubadours
et chants séfarades
Saurimonda
Après
une formation théâtrale et
musicale, Gisela Bellsolà oriente
sa carrière vers le chant, à
travers ses propres compositions, ou comme
interprète de la culture catalane,
puis dirige ses recherches vers la musique
médiévale. D'abord El Cant
de la Sib.bila, thème emprunté
à un très ancien fond de tradition
mythique, mais aussi les chants des troubadours
et la conception de divers spectacles. Elle
crée avec Michel Maldonado l'ensemble
de musique médiévale Saurimonda,
ensemble avec lequel elle enregistre ab
la Fresca clardat, chants des troubadours
catalans.
Ensemble
Saurimonda
Troubadours
Art Ensemble
Troubadours
Art Ensemble s'est constitué au fil
des années autour de Gérard
Zuchetto, chercheur, auteur, compositeur
et interprète des troubadours. La
recherche, comme voyage dans l'Art de Trobar,
ainsi que l'interprétation vivante
des chansons des troubadours s'appuient
sur la connaissance du Moyen Âge occitan
et du contexte poétique et musical
de cet art lyrique. En parfaite conscience
du sens profond des Cansos et en trouvant
mots et mélodies dans les sonorités
des instruments traditionnels et contemporains,
et les ornementations vocales, Troubadours
Art Ensemble donne à écouter
une approche personnelle et originale de
ce répertoire.
Troubadours
Art Ensemble
Des
sonorités premières de la
langue occitane et des instruments anciens
de Méditerranée. Cansos de
trobar et compositions contemporaines.
Notre
musique naît dans l'essence de l'idée,
le gaubi, le feeling, le tarab… et d'un
art lyrique occitan au fil du temps nourri
des mots et des musiques d'une terre aux
mille passages.
Vendredi 10 octobre, 20h Paris,
Institut Néerlandais Ensemble Corona Se
voi non ridete… Musique autour de Nicolas
Machiavel Valeria Mignaco, chant Heleen Gerretsen, cornetto,
flûtes à bec Israel Golani, luth Margo
Fontijne, viole de gambe
Première moitié du XVIe siècle
: l’Italie s’enfonce dans des guerres interminables.
Malgré le désordre et la confusion, le
pouvoir s’affirme en passant des commandes à
d’excellents peintres et architectes. On embauche des
musiciens célèbres et on fait la fête
avec exubérance. Le Florentin Nicolas Machiavel,
tel un véritable homo universalis, se trouve
au centre de tout. Homme politique, poète et
auteur de comédies et de textes pour madrigaux,
il se lie avec des acteurs et des chanteurs et il écrit
des chansons pour Barbera Salutati, qu’il adore. Parmi
ses amis compositeurs on compte Isaac et Verdelot qui
ont mis en musique plusieurs de ses textes.
De nos jours encore, il est fort agréable
de passer une soirée avec Nicolas Machiavel et
ses amis, en compagnie de l’Ensemble Corona.
Dans le cadre de l’exposition Bruegel, Rubens et
leurs contemporains du Musée des Offices
de Florence.
Tarifs : 5 € / 2,50 €.
Chapelle de Jésus Enfant, 29 rue Las Cases
75007 Paris. M° Solférino ou Assemblée
nationale. téléphone : 01 53 59 12 40
« Armide »
de Lully à l'honneur sous la baguette
du magicien William Christie
Deux décennies après
l'historique « Atys », le chef franco-américain
William Christie a fait un grand retour à Lully
mercredi soir à Paris avec « Armide »,
chef-d'oeuvre de l'opéra français naissant,
dans une mise en scène du Canadien Robert Carsen
distanciée et diversement appréciée.
En 1987, pour le tricentenaire de
la mort de Jean-Baptiste Lully (1632-1687), Christie
ressuscitait à l'Opéra-Comique sa tragédie
en musique « Atys » (1676), une production qui
jettera les bases du renouveau baroque français.
Vingt-et-un ans plus tard, cette
fois au Théâtre des Champs-Elysées,
le chef de l'ensemble Les Arts Florissants s'attaque
(jusqu'au 18 octobre) à une autre tragédie
lyrique en version scénique, la dernière
— et le chef-d'oeuvre — de Lully et son librettiste
Philippe Quinault: « Armide » (1686).
L'« Atys » mise en scène
par Jean-Marie Villégier se voulait historiquement
informée, avec danses baroques réglées
par Francine Lancelot, perruques et costumes d'époques.
L'« Armide » de Carsen, dont
la chorégraphie est signée Jean-Claude
Gallotta, une figure de la danse contemporaine française,
est d'une autre nature. Le metteur en scène canadien
donne le ton avant même le début du spectacle,
convoquant un gardien de musée désoeuvré
devant un écran indiquant « prochaine visite
à 19h30 » (l'heure de la représentation).
Le prologue est à l'avenant,
promenant des touristes en polo dans la salle encore
éclairée ou, par vidéo interposée,
en plein château de Versailles, dans la galerie
des glaces et la chambre du roi, alors que Lully et
Quinault chantent la gloire et la sagesse de Louis XIV.
Une dizaine de danseurs du centre
chorégraphique national de Grenoble que dirige
Gallotta apparaissent aussi à l'image, batifolant
dans les jardins de Le Nôtre. Ailleurs, la danse
de Gallotta est parfois pas très lisible ou trop
décorative, et sollicite un peu trop les choristes.
Carsen, lui, a laissé s'endormir
sur le lit du roi un visiteur particulier: c'est Renaud,
le chevalier que la magicienne Armide hait mais dont
elle tombera amoureuse après l'avoir ensorcelé.
Dans un décor gris argent nimbé de voiles
joliment éclairé, ou avec un sol jonché
de pétales de roses rouges, le metteur en scène
compose de bien belles images, mais peine à les
animer d'une tension constante. Même l'échappée
bouffe du IVe acte est fort sage.
Le Canadien recueille quelques huées
aux saluts, mais peu importe puisque le théâtre
est dans la fosse. Christie dirige en effet d'une main
impérieuse un orchestre charnu et contrasté
(la percussion !), quand il ne fait pas crépiter
son clavecin pour le continuo servant d'écrin
aux récitatifs, là où la fusion
entre le mot (de Quinault) et la note (de Lully) est
à son sommet.
La distribution est formée
de chanteurs pour la plupart rompus à l'art de
la déclamation lyrique. Si le ténor écossais
Paul Agnew déçoit par ses aigus fragiles
et altérés, Stéphanie d'Oustrac
impose en Armide une forte incarnation de tragédienne,
torche vive dans sa robe rouge sang.
Les confidentes de la magicienne
(la soprano maltaise Claire Debono, la mezzo Isabelle
Druet) sont d'une éloquence remarquable, tandis
que le baryton-basse Laurent Naouri est La Haine avec
beaucoup de caractère, façon Méphisto
travesti.
Vigon, le «
soul man » marocain sorti de l'oubli 40 ans
après
Il fut vendeur de légumes
au Maroc avant de découvrir la soul dans les
bases américaines puis de devenir une petite
vedette dans le Paris des années 60 : à
la faveur d'une réédition, Vigon, chanteur
à la voix stupéfiante, connaît aujourd'hui
une deuxième jeunesse, 40 ans après.
« Ce qui arrive maintenant, c'est
ce qui aurait dû arriver il y a 40 ans »,
s'émerveille ce sexagénaire affable, enchanté
qu'un nouveau public découvre sa musique.
Le label Barclay (Universal) a réédité
début septembre un album de ses chansons, «
The
end of Vigon », dans les collections de vinyles
« Back to black » et de CD vintage «
Vinyl
Replica ».
La critique s'est vite emballée
pour ses reprises formidables de morceaux soul/rhythm'n'blues
de Bob & Earl, Ray Charles ou Bo Diddley, découvrant,
stupéfaite, que la France possédait dans
les « sixties » un chanteur capable de rivaliser
avec les maîtres noirs-américains du genre.
Elle a couvert d'éloges la
voix veloutée de Vigon et les arrangements des
morceaux, cordes suaves et cuivres brûlants dignes
de la Motown ou de Stax mais pourtant « made in
France ».
« Même quand c'est sorti
il y a 40 ans, il n'y avait pas autant d'enthousiasme!
»,
sourit le Marocain, lunettes noires, costume élégant
et faux airs du chanteur noir-américain Sam Cooke.
Vigon tire ce pseudonyme de son enfance,
lorsqu'il avait déformé la prononciation
du mot « wagon » à l'école.
Il est né Abdelghafour Mouhsine
en 1945 à Rabat. D'abord marchand de légumes
avec son père, il tombe fou amoureux du rhythm'n'blues
dans les bases militaires américaines de Kenitra
ou Sidi Slimane et apprend les standards en phonétique,
puisqu'il ne maîtrise pas l'anglais.
« J'allais faire danser les troufions
tous les samedis et là-bas, on achetait les disques
qui arrivaient d'Amérique dans la semaine de
leur sortie », se souvient-il. « Twist and
shout des Isley Brothers, on l'a chantée au
Maroc avant que les Beatles la reprennent! ».
En 1964, il est en vacances à
Paris et va au Golf Drouot, la Mecque du rock. Il monte
sur scène, bluffe le public puis rejoint les
Lemons, avec aux claviers un autre tout jeune homme
nommé Michel Jonasz.
Le groupe écume les scènes,
Golf Drouot ou Bus Palladium, assied sa réputation
et fait les premières parties de Stevie Wonder,
Otis Redding, Wilson Pickett, Little Richard, des Who
ou des Rolling Stones.
« Fin septembre, je suis allé
voir Stevie Wonder à Bercy: quand je pense qu'à
l'époque on passait dans des night clubs et que
c'était la folie! », s'exclame Vigon, qui
chantera samedi et dimanche au Cidisc (Convention des
disques de collection) à Paris, puis le 15 octobre
au Petit Journal Montparnasse.
L'un de ses morceaux en solo, «
It's
all over », est paru en 1968 sur le label américain
Atlantic. L'année précédente, il
avait sorti sa seule chanson en français, «
Un
petit ange noir ».
Il rentre au Maroc au milieu des
années 70, pour deux semaines. « J'y suis
resté 23 ans! », s'amuse-t-il en expliquant
qu'il y était chanteur dans un hôtel d'Agadir.
En 2000, retour en France, où
les années 60 -« La mode des vieux! »-
ont à nouveau la cote. Vigon la bête de
scène se produit régulièrement
dans des soirées privées et a pour fans
d'autres artistes originaires du Maroc, les humoristes
Gad Elmaleh et Jamel Debbouze, au mariage duquel il
a chanté.
« On me demande parfois si l'Amérique
ne m'a pas tenté. Mais je n'aurais jamais imaginé
partir du Maroc, alors c'est déjà pas
mal! », assure-t-il. « Gamin, je dormais sur
une peau de mouton. Maintenant, dans les hôtels,
on me dit: Est-ce que la chambre vous plaît
?.
Ca me fait rire! ».
Vigon, « Harlem Shuffer »
Vigon à Hergnies, 12 juillet 2008
Après Tim Burton, Matthew
Bourne a la main plutôt heureuse avec «
Edward... »
Ode à la différence,
« Edward aux mains d'argent », le film de l'Américain
Tim Burton, réussit son passage à la scène
grâce à la fantaisie du chorégraphe
britannique Matthew Bourne, qui en a tiré un
spectacle à l'affiche du Théâtre
du Châtelet depuis mercredi.
Ce spectacle, qui mêle ballet
et comédie musicale et a été joué
400 fois à l'étranger depuis 2005, sera
présenté à Paris jusqu'au 2 novembre.
A 48 ans, Matthew Bourne a signé
neuf spectacles depuis 1993, dont une relecture iconoclaste
du ballet « Le Lac des cygnes » qui avait séduit
le public parisien il y a trois ans. Dans ce «
Swan
Lake », les cygnes étaient non pas des femmes
mais des hommes aux cuisses de faune.
« Edward aux mains d'argent
»
en version scénique reprend l'argument et l'esthétique
du conte de fées gothique réalisé
par Burton en 1990. Edward (incarné dans le film
par Johnny Depp) est une créature imaginée
par une espèce de docteur Frankenstein et qui
a de grands ciseaux à la place des mains.
La mort de son créateur précipite
dans le vrai monde cet être marginal, qui ne peut
toucher les autres sous peine de les blesser.
Il est d'abord adopté par
la communauté qui vit dans la banlieue résidentielle
proche du château où il a été
créé et qui est séduite par ses
dons innés de coiffeur ou de tailleur de haies.
Le conformisme de ce microcosme à l'apparence
idyllique mais à la morale rigoriste finira cependant
par sceller son exclusion.
Sur scène comme dans le film,
le contraste entre la noirceur gothique de l'univers
d'Edward et la banlieue proprette et colorée
comme une meringue écoeurante fonctionne à
merveille, et on comprend vite que l'épouvante
n'est pas du côté où on l'attend.
Les décors - château
au clair de lune, pavillons pastels bordés de
larges pelouses... - sont remarquables et l'enchaînement
des différents tableaux est étonnamment
fluide.
Cet « Edward » à la
fois plein d'humour et touchant tient largement de la
comédie musicale et sa chorégraphie, qui
sollicite trente danseurs, est réglée
à la manière d'oeuvres comme « West
Side Story ». Il ne relève pourtant pas entièrement
de ce genre puisqu'il n'y a pas de partie chantée.
L'action est guidée par la
musique basée sur la bande originale du film
(signée par Danny Elfman, compositeur réputé
pour le cinéma), et jouée ici par un orchestre
de douze musiciens.
La première partie est la
plus réussie puisqu'elle pose les bases de cet
univers tout en dualité: l'apparition d'Edward
(costume en cuir sombre, cheveux ébouriffés
et mimiques d'acteur de films muets calquées
sur celle de Depp), sa découverte de la banlieue
résidentielle très années 50 et
son histoire d'amour naissante avec une jeune fille.
En revanche, cette dynamique s'étiole
dans la deuxième partie et l'action patine un
peu dans les scènes de Noël, qui aboutiront
à l'exclusion d'Edward. Malgré cela, on
retient la fantaisie et l'inventivité visuelle
du spectacle, qui peut être apprécié
par des gens de tous âges, y compris ceux qui
n'ont jamais vu le film.
Le « 104 », un lieu chargé
d'histoire, qui fut « usine à deuil »
Le 104 rue d'Aubervilliers (XIXe
arrondissement), transformé en établissement
artistique de la ville de Paris qui ouvre ses portes
samedi, est un lieu chargé d'histoire, qui a
abrité les pompes funèbres municipales
de 1873 à 1997, année de départ
du dernier employé.
Construit dans un quartier populaire
à l'emplacement de l'ancien abattoir de la Villette
par les architectes Delebarre et Godon, dirigés
par Baltard, cet immense ensemble de bâtiments
de brique, pierre et fer est recouvert d'une verrière
typique de l'architecture industrielle du XIXe siècle.
« L'usine à deuil »
comme on l'appelait, organisait le passage de la vie
à la mort dans Paris, souligne Bertrand Delanoë
dans la préface de « Paris, dernier voyage
»
de Bruno Bertherat et Christian Chevandier (Editions
La Découverte).
Les cercueils y étaient fabriqués,
les corbillards aménagés, les cortèges
préparés et les funérailles ordonnancées.
Les pompes funèbres, devenues municipales en
1905 (séparation de l'Eglise et de l'Etat) ont
vu partir jusqu'à 27.000 corbillards chaque année,
d'abord tirés par des chevaux comme en témoignent
les anciennes écuries, puis automobiles. Les
convois hippomobiles disparaissent en 1936.
A la veille de la première
guerre mondiale, le personnel comportait un millier
d'agents (palefreniers, menuisiers, brodeuses...). Les
effectifs tombent à moins de 800 à la
fin des années soixante.
Sous l'Occupation, les corps des
fusillés du Mont Valérien y ont transité
de même qu'à la Libération, ceux
de déportés morts en camps de concentration
et rapatriés.
Les pompes funèbres municipales
n'occupent plus le bâtiment depuis 1997, le monopole
communal sur les obsèques prenant fin en 1998.
Le maire du XIXe Roger Madec (PS)
a fait inscrire le 104 à l'inventaire supplémentaire
des monuments historiques.
Delanoë : avec le 104, «
l'art sort de ses ornières disciplinaires »
En ouvrant le centre culturel «
104 »
dans le XIXe arrondissement, un quartier qui a connu
encore récemment des violences urbaines, «
nous
assumons une nouvelle donne de l'offre culturelle parisienne
»,
affirme le maire de Paris Bertrand Delanoë, interrogé
par l'AFP.
Q. En quoi le « 104 » était-il
nécessaire dans le paysage culturel parisien
déjà très dense, et quelle est
son originalité?
R. C'est vrai, l'offre culturelle
à Paris est sans doute l'une des plus riches
du monde. Mais pour que notre cité demeure une
véritable capitale des arts et de la création,
il lui fallait un lieu où puisse naître
un nouveau souffle, une nouvelle inspiration, autour
d'un concept original.
Le 104, c'est une résidence
d'artistes ouverte sur la ville et sur le monde. Un
lieu qui accueillera des artistes français et
étrangers le temps d'une création - entre
deux mois et un an - et où des visiteurs, d'où
qu'ils viennent, pourront assister à la genèse
d'une oeuvre, saisir l'artiste au travail.
Au 104, l'art sort de ses ornières
disciplinaires. L'esprit du lieu est résolument
éclectique. (...) En outre, la dimension économique
et commerciale du 104, est elle-même très
innovante: voisinant avec les ateliers d'artistes, vous
trouverez une pépinière de 700 m³
pour les jeunes entreprises culturelles (...) L'ensemble
permettra au 104 de générer un tiers de
ressources propres.
Q. L'ouverture d'un lieu culturel
de cette ampleur est-elle à même de transformer
un quartier qui est le théâtre de violences
urbaines?
R. Installer ce lieu au coeur d'un
quartier populaire est évidemment un acte identitaire.
Les incidents graves qui se sont déroulés
récemment dans le XIXe arrondissement ne disent
rien de la diversité et de la richesse de cet
arrondissement qui a vu naître les premiers grapheurs
et groupes de hip hop français. En conviant dans
le nord-est parisien un public qui peut avoir ses habitudes
dans le centre de la cité, nous assumons une
nouvelle donne de l'offre culturelle parisienne.
Q. Quand et comment mesurerez vous
le succès, ou l'échec du 104?
R. Le 104 a été entièrement
pensé comme une rencontre entre les arts, entre
le public et les artistes, entre la dimension locale
et l'échelle internationale. Il porte une ambition
nouvelle qui a fait naître un formidable enthousiasme
chez tous ceux qui ont conçu et vu s'épanouir
ce projet (...).
Dans ces conditions, vous comprendrez
que je ne me place pas dans une perspective d'échec:
je préfère parler d'espoir, de mouvement
et de dynamique. Et dire à chacun, artiste ou
non: bienvenue au 104 !
Financements en hausse pour l'Opéra
national de Bordeaux
La ministre de la Culture Christine
Albanel a signé jeudi le renouvellement de la
convention « opéra national » de l'opéra
de Bordeaux prévoyant, pour la période
2008-2012, une augmentation des financements publics
de 2 millions d'euros sur cinq ans.
Le financement de l'Etat (3,743 millions
d'euros en 2007) sera augmenté d'un million d'euros
sur cinq ans, à raison d'une hausse de 200.000
euros par an, a précisé la mairie de Bordeaux.
La participation de la municipalité
(14,6 millions d'euros en 2007, soit 24% du total des
dépenses de la direction générale
de l'action culturelle) sera augmentée de 500.000
euros sur cinq ans et celle de la Région Aquitaine
(1,22 million d'euros) également accrue de 500.000
euros sur cinq ans, selon la mairie.
« Pour le spectacle vivant, j'ai
voulu que l'effort porte prioritairement en régions
»,
a commenté Mme Albanel. « C'est vrai qu'un
petit effort a été demandé aux
établissements publics parisiens au profit des
établissements en régions et des directions
régionales des affaires culturelles », a-t-elle
précisé.
L'Opéra national de Bordeaux
est le seul, parmi les opéras français
bénéficiant du label « opéra
national », à posséder une triple
mission: lyrique, symphonique et chorégraphique,
indique la mairie de Bordeaux. « Avec 360 collaborateurs
dont près de 200 musiciens, danseurs et choristes,
il est le plus gros employeur d'artistes hors Paris
»,
souligne-t-elle dans un communiqué.
La troupe du Français prend
ses distances avec le « projet Bobigny »
Coup de théâtre à
la Comédie-Française : prenant ses distances
avec son administrateur, la troupe de Molière
a « décliné » jeudi, au moins
provisoirement, la proposition de s'implanter à
la MC93 de Bobigny, signe du malaise que ce projet suscite
dans les milieux théâtraux.
L'affaire a fait grand bruit dès
la semaine dernière, quand la presse a relayé
le voeu de l'administrateur général de
la Comédie-Française, Muriel Mayette,
de « rapprocher » le premier théâtre
de France d'une scène de banlieue, en l'occurrence
la MC93, avec l'appui du ministère de la Culture.
Mme Mayette y a vu l'opportunité
de toucher un public plus large tout en trouvant à
Bobigny la grande salle modulable qui lui fait défaut,
tandis que la Rue de Valois invoquait la nécessité
de « revitaliser » un lieu ayant perdu 38% de
spectateurs en quatre ans, selon des chiffres ministériels.
Le directeur de la MC93, Patrick
Sommier, a dénoncé pour sa part une «
OPA
(offre publique d'achat) hostile » sur sa scène
nationale, et reçu le soutien de nombreux artistes
(les metteurs en scène Frank Castorf, Lev Dodine,
Ariane Mnouchkine...) saluant la programmation audacieuse
de la maison.
La ministre de la Culture, Christine
Albanel, a tenté lundi de déminer le terrain
en parlant d'« offre publique d'ambition commune
»,
mais sans faire taire la profession, qui a dénoncé
la méthode, jugée « brutale »
par le Syndeac (directeurs de théâtre).
La troupe permanente de la Comédie-Française
(35 sociétaires et 22 pensionnaires) n'avait
pas réagi officiellement jusqu'à ce qu'elle
dise jeudi « comprendre« la »stupéfaction,
l'incompréhension« des uns et »la colère,
la révolte« des autres face à ce
projet »annoncé comme décidé
et imminent« .
« La situation est telle aujourd'hui
qu'il nous paraît nécessaire de décliner
la proposition de l'Etat (de s'installer à Bobigny,
NDLR) dans un premier temps », poursuivent les acteurs.
« Nous n'irons pas à Bobigny
sans une concertation préalable de l'ensemble
des directeurs des théâtres de la région
parisienne », souligne la troupe. Dans une déclaration
distincte, l'administrateur du Français dit «
partager
le sentiment de la troupe de la Comédie-Française
»,
tout en jugeant que « la polémique médiatique
ne doit pas entamer la générosité
d'une utopie artistique et historique ».
« Nous devons peser les forces
et les faiblesses de nos projets, et apaiser les inquiétudes.
Je rencontre Patrick Sommier le mardi 14 octobre pour
y travailler », précise Mme Mayette.
Mme Albanel a pour sa part manifestement
peu goûté la réaction de la troupe,
exprimant dans un communiqué « sa perplexité
»
et appelant « au sens de la responsabilité
de chacun ».
Le directeur de la MC93 a en revanche
indiqué ressentir « beaucoup d'émotion
»
face à la « solidarité » exprimée
par les Comédiens-Français.
« J'espère pouvoir un
jour travailler avec cette grande troupe », a-t-il
conclu, comme pour redire qu'il n'est pas totalement
fermé à une collaboration avec la Maison
de Molière.
Musique ancienne : « chants
et danseries » au festival de Lanvellec
L'édition 2008 du festival
de musique ancienne de Lanvellec (Côtes-d'Armor),
qui s'ouvre ce week-end, est placée sous le signe
des « chants et des danseries » d'Europe et
d'outre-Atlantique.
Lancée en 1986, cette manifestation
renommée, « le seul festival baroque en France
qui soit vraiment ancré dans un territoire »
selon les organisateurs, se déroule sur les trois
derniers week-ends d'octobre, pour l'essentiel dans
les églises et chapelles du Trégor.
La samedi 11, l'ensemble québécois
« les Idées heureuses » sous la direction
de la claveciniste Geneviève Soly, et la danseuse
baroque Marie-Nathalie Lacoursière restitueront
l'ambiance d'un salon en nouvelle France au XVIIIè
siècle.
Dimanche 12, le musicien genevois
Hadrien Jourdan fera vibrer l'orgue historique de Lanvellec
pour une invitation au voyage à travers l'Europe.
Le vendredi 17, l'ensemble Doulce
Mémoire, sous la direction de Denis Raisin Dadre,
transportera le public au temps de la Renaissance et,
le lendemain, en l'église romane du XIIè
siècle de Brélévénez, l'ensemble
Il Seminario Musicale présentera « un bal
au salon », la danse comme art de vivre dans la
société française du XVIIè
siècle.
Le dimanche 19 se produira en l'église
de Lanvellec l'artiste transalpin Ottavio Dantone avec
son ensemble Accademia Bizantina.
Le dernier week-end d'octobre, la
musique allemande du XVIIè siècle sera
à l'honneur le samedi avec l'ensemble Cappricio
Stravagante. Dimanche 26 sera présenté
en avant-première à Lannion « Musiques
de Joye », un voyage sur les pas de danses à
travers l'Europe du XVIIè siècle.
Ce festival a été lancé
à l'occasion de la restauration de l'orgue -monument
historique- de Lanvellec (600 habitants), construit
en 1653 par le facteur anglais Robert Dallam, alliée
à la volonté de mettre en valeur le riche
patrimoine architectural de la région. http://www.festival-lanvellec.fr