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Actualités musicales du
6 octobre 2008

6 octobre 2008, 21h
Paris, Théâtre Mouffetard

Lyre & Muses présente
du Classique au Jazz

Bernard Désormière, piano
Jean Chaudron, contrebasse
Alain Bouchaux, batterie / percussions

Spécialistes de la musique improvisée, Bernard Désormières, Jean Chaudron et Alain Bouchaux ont formé ce trio pour développer ensemble des improvisations à partir du répertoire de la musique classique jusqu'aux standards de jazz.

L'entente musicale immédiate et le plaisir commun ressentis lors des premiers concerts ont marqué la genèse de ce trio régulier, dans lequel nos instrumentistes ajoutent, avec passion, leurs polymorphes qualités à leurs riches expériences de praticiens de divers langages musicaux (jazz, variété, classique, baroque, world music. etc.).

Leur programme contient également une majorité de créations personnelles représentatives de leur engagement artistique au sein de la communauté des musiques actuelles. Ils nous proposeront de larges extraits de leur nouvel album COULEUR ORANGE.

Théâtre Mouffetard, 78 rue Mouffetard 75005 - PARIS. Billets : 20 € / 15 €.

 


7e Nuit blanche :
plus d'un million de personnes
dans les rues de Paris

En dépit d'une météo peu clémente, plus d'un million de personnes déambulaient tard dans la nuit de samedi dans les rues de Paris à l'occasion de la 7e Nuit blanche, selon les chiffres fournis à à l'Associated Press dimanche peu après 0h par le maire adjoint à la Culture Christophe Girard.

« Selon le comptage totalisé à 23h, nous avions déjà dépassé 50% du chiffre total de l'an passé » (deux millions de visiteurs, NDLR), a commenté l'adjoint au maire, citant les chiffres recueillis par la cellule sécurité de la Ville.

La foule se concentrait autour des cinq gares parisiennes, de deux tours (Montparnasse et St-Jacques) et d'églises parisiennes, principaux lieux des manifestations et installations d'art contemporain de la 7e Nuit blanche.

En début de soirée, à la Tour Saint-Jacques, dont l'installation ne rendait son meilleur qu'à la nuit tombée, un groupe de retraités allemands venus de Kiel (nord de l'Allemagne) pour la Nuit blanche n'arrivait pas à se mettre d'accord pour savoir si les projections du Pékinois Gu Dexin éclairaient un édifice de « gothique flamboyant » ou pas, puisque construit sous le roi Louis XII, quand leur guide, expliquait qu'il datait de 1856 (date de la transformation en place de marché puis en square du lieu). « Nichts zu zehen » (il n'y a rien à voir, NDLR), tempêtait leur aîné, Ulrich, 67 ans.

Gare de l'Est, parents et bambins s'amusaient à l'avance des poses qu'ils prendraient pour « Vous êtes tous mes amis », de Pierrick Sorin. Les participants pouvaient ainsi se faire tirer le portrait sur un fond bleu, celui-ci était détouré sur place par des infographistes, qui l'incrustaient ensuite dans de vrais clichés de l'auteur. Des clichés ensuite projetés sur cinq écrans géants, pour une vision panoramique sur le fronton de la gare. Les fous rires fusaient à la vue du résultat, rappelant les héros des films de Jacques Tati, avec les « tronches » grimées des participants.

Au même endroit, les plus jeunes s'amusaient, après s'en être bien fait expliquer le principe, des « dégoulinures » de l'artiste, une installation interactive permettant aux visiteurs de voir leurs barbouillages de couleurs, réalisés en petits formats, ensuite projetés en grand format de 60mx20m sur le mur de l'hôtel Terminus Est, face à la gare. Le voeu de l'artiste, qui souhaite « que ce qui soit grand public, un peu forain » reste « sympathique, donc un peu idiot », était exaucé.

Plus sérieusement à l'église Saint-Eustache, « où l'art contemporain a toujours été présent et l'église fidèle à la Nuit Blanche depuis cinq ans », comme le confiait à l'Associated Press le père Luc Forestier, curé de la paroisse, l'heure était au recueillement face à l'oeuvre de Javier Téllez. Son film « reliant voyants et non-voyants » met en scène cinq aveugles, cannes blanches en main prendre contact avec un éléphant d'Asie, lui-même guidé par les friandises que laisse tomber son cornac sur le sol et que le pachyderme récolte avec sa trompe. S'ensuit un contact « tactile » entre l'animal et les hommes.

« Les églises, comme les théâtres ou les universités sont les lieux de savoir et ouvrent une voie vers une dimension spirituelle de la vie », a glissé à l'AP Christophe Girard, l'adjoint à la Culture du maire de Paris, ému par l'implication des 80 bénévoles de la paroisse pour la Nuit blanche.

Sur le parvis de la gare de Lyon où le réalisateur Shaad Ali tournait l'une des trois scènes d'un film « bollywoodien », le public semblait surpris à la vue des danseuses indiennes dans leur costumes chamarrés mais transies de froid, menées à la baguette par une chorégraphe vociférante (y compris les premiers rôles) pour tourner et retourner, à cause de problèmes de coordination entre son, image, chorégraphie et play-back - qui sera enregistré en post-prodction - la même pendant scène une demi-heure durant. Le tout, pour en tirer dix secondes à l'écran. « Ma fille veut être actrice, là je crois qu'elle est calmée pour un moment », confie Jasmine, rassurée, venue en voisine et dont la fille en question Naïma, 16 ans, est emmitouflée jusqu'aux oreilles et n'a plus qu'un rêve: boire un chocolat chaud.

Ainsi que l'on pouvait s'y attendre, les concerts de Patti Smith, entourée de sa fille Jesse au piano et de son fils Jackson à la guitare, a plus que fait le plein. Ils étaient encore nombreux à faire le pied grue sur la parvis de l'église Saint-Germain-des-Prés. Sortis ravis du concert de 22h30, Nathalie et Joël, originaires de l'Essonne, avaient eu la bonne idée de prendre « une demi-journée de RTT vendredi après-midi et attendu deux heures dans le froid » afin d'obtenir le précieux Sésame (gratuit) donnant accès à l'église avant 0h30.

« Chanter et dire des textes autour de Saint-François d'Assise, c'est un truc que je n'imaginais pas faire dans une église. Je trouve ça d'autant plus excitant qu'il y a des centaines de milliers de gens dans les rues en contact direct avec l'art, ici dans ce pays, cette ville où ce mot veut dire quelque chose », a confié à l'AP la chanteuse, Commandeur des Arts et des Lettres. « Du coup, j'ai hâte de voir ce que donnera la Nuit blanche de Miami » (prévue le 1er novembre).

Plus cocasse, un proche du père Jean-Marie Vincent, curé de la paroisse, s'inquiétait de problème logistique et que « tout le matos soit bien remballé tôt dimanche, car on a messe à 9h »... Du même endroit, l'on entendait les vibrations sonores venues d'une autre installation, celle du Japonais Ryoji Ikeda, qui faisait quasiment disparaître la Tour Montparnasse dans une débauche de lumière blanche. Cette installation, baptisée « Spectra » et « Matrix », s'accompagnait d'effets sonores générés par les visiteurs eux-mêmes, en déambulant dans l'oeuvre.

Koweït : un concert soudainement arrêté
après le baiser d'une fan au chanteur

Pas de baiser public au Koweït: les autorités du très conservateur émirat ont soudainement mis fin vendredi au concert d'un chanteur égyptien après qu'une fan eut sauté sur scène pour embrasser l'artiste, a confirmé dimanche le ministre koweïtien chargé de la surveillance des activités de divertissement.

Qanas al-Adwani a justifié cette décision par le fait que, par son comportement, la jeune femme avait « défié les traditions conservatrices » du Koweït.

M. Al-Adwani a également fait valoir que cette fan avait enfreint les règles de contrôle sur les spectacles publics, que les fondamentalistes avaient imposées après avoir échoué en 1997 dans leur tentative d'interdiction pure et simple de tout concert.

Ce genre de manifestation doit désormais être autorisé par le gouvernement et surveillé par le ministère de l'Information, qui s'assure notamment qu'aucun spectateur ne se lève pour danser.


Mexique : Placido Domingo
chante sur un site maya

Le ténor espagnol Placido Domingo, qui a donné un concert samedi sur le site maya emblématique de Chichen-Itza, dans la péninsule mexicaine du Yucatan, a pimenté son répertoire classique par de la musique locale, invitant également les spectateurs à chanter avec lui, apaisant la controverse qui avait précédé sa prestation.

Les quelque 4.000 spectateurs ne semblaient d'ailleurs pas du tout préoccupés par l'inquiétude de certains Mexicains concernant la tenue même du concert dans ce lieu abritant la monumentale pyramide de Kukulcan. Un chercheur de l'Institut national d'anthropologie a intenté une action en justice, dans l'espoir de voir sanctionner les organisateurs pour « dégradation » du site de Chichen-Itza utilisé en « simple toile de fond ».

Samedi, avec l'aide du crooner mexicain Arnando Manzanero et la soprano portoricaine Maria Martinez, un Placido Domingo exubérant a conquis la foule avec des succès allant de « Tonight », de la comédie musicale West Side Story, à la ballade populaire de l'Etat du Yucatan « Peregrina ».

« C'est merveilleux d'être ici », a confié lors d'une pause Placido Domingo, qui a commencé sa carrière au Mexique.

« Sauvons la Recherche »
se mobilise pour réorienter la politique
de la recherche

L'association « Sauvons la Recherche » a convié les chercheurs à de nouvelles actions pour obtenir une réorientation de la politique de la recherche en France et en Europe, lors d'une assemblée générale dimanche à Toulouse, au terme de sa quatrième université d'automne.

Ces actions, devant être marquées notamment par un moratoire sur les missions d'évaluation des chercheurs, visent à exiger la définition d'une nouvelle politique de la recherche associant chercheurs et scientifiques, a déclaré le président de l'association, Bertrand Monthubert.

« Nous avons fait un bilan des réformes, inefficaces, qui ont été mises en place, à la fois en France et en Europe, dans le domaine de la recherche, en présence de responsables européens de mouvements de chercheurs », a dit à l'AFP M. Monthubert.

Le gouvernement « valorise un savoir utilitariste et laisse penser que le moteur de tout notre système en ce qui concerne la recherche, ce doit être la concurrence. Cela va totalement à l'encontre du fonctionnement de la recherche qui repose au contraire sur la coopération », a-t-il estimé.

« Sauvons la Recherche » a décidé de lancer un moratoire sur l'évaluation du système d'enseignement supérieur et de recherche, auquel les chercheurs sont associés, afin d'appuyer ses revendications.

« On va refuser de participer à ces évaluations, ces expertises tant que nos demandes ne sont pas satisfaites, tant qu'on n'aura pas des créations d'emplois, des crédits de base pour nos labos qui nous permettent de fonctionner », a affirmé M. Monthubert.

Le président de « Sauvons la Recherche » a qualifié de « provocation » la suppression de 900 postes prévue au budget 2009 du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans les organismes de recherche et les établissement d'enseignement supérieur.

« On va saisir les candidats aux élections européennes en leur demandant que le nouveau parlement européen modifie sa politique de recherche, en intégrant les scientifiques dans la réflexion », a-t-il par ailleurs annoncé.

« On envisage d'organiser un contre-sommet au sommet des chefs d'Etat européens qui fera le bilan de la stratégie de Lisbonne, lancée en 2000 et dont l'objectif était de porter les dépenses de la recherche à 3% du PIB en 2010 en Europe », a-t-il encore dit.

« Cette stratégie, souvent axée sur le soutien aux entreprises, n'a pas fonctionné. On est en 2008 et on est dans les 2%. Ca a même régressé dans certains pays, en France notamment », a-t-il affirmé.

Une centaine de chercheurs et universitaires ont participé à l'université d'automne de « Sauvons la Recherche », placée sur le thème de « la liberté de la recherche » face au pouvoir politique.

©Musicologie.org 2008