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Troisième édition
du festival « Musique de rue » de Besançon
La 3e édition du festival
"Musique de rue" investira les places, les
parcs, les bars et les tours bastionnées de Besançon
du 2 au 5 octobre, avec une musique à la fois
populaire et savante.
En ouverture de la manifestation,
Ye Essat Abea, une création franco-éthiopienne,
présentera une oeuvre inédite alliant
pyrotechnie et travail sonore.
Fidèle à son esprit
de découverte, "Musique de rue" propose
quantité d'expérimentations sonores et
musicales articulées autour d'installations permanentes.
Pendant les quatre jours du festival,
un intérêt particulier sera porté
sur "les musiques végétales",
écologiques et naturelles, dans le parc de la
gare d'eau, lieu emblématique en bordure du Doubs.
L'orgue de bois, sculpture musicale
monumentale faite de lamelles de bois, résonnera
grâce à des capteurs sonores.
Munis de lampes torches, les spectateurs
pourront pénétrer dans une clairière
plongée dans le noir. Des capteurs placés
à l'intérieur des pistils de fleurs, aux
tiges fluorescentes, réagiront à l'intensité
de l'éclairage et déclencheront une série
de sons.
Une thématique particulière
s'installe cette année entre Besançon
et la Nouvelle-Orléans. Entre deux fanfares,
un documentaire et une résidence culinaire feront
découvrir la culture de la boucle du Mississippi.
D'autres groupes en provenance de
Moldavie, du Québec ou encore du Brésil
présenteront des compositions traditionnelles
ou modernes de leur pays.
La traditionnelle "Block Party"
fera la part belle à une dizaine d'artistes issus
du hip-hop, ainsi qu'à plusieurs graffeurs.
Dans une friche industrielle un peu
à l'écart de la ville, Fantazio et ses
invités feront danser le public jusqu'à
3h00 du matin, du jeudi au samedi.
Le festival, qui attend plus de 90.000
visiteurs, sera marqué de multiples démarches
originales comme le "cabinet itinérant de
massage d'oreilles" ou le plus classique "tremplin"
pour les artistes émergents.
Contac t: http://www.musiquesderue.com
03.81.50.00.10
 L'Australian
Ballet revient à Paris pour le « Sacre
» de la culture aborigène
L'Australian Ballet a fait son retour
lundi soir à Paris, après 43 ans d'absence,
en présentant au Théâtre du Châtelet
"Rites", un "Sacre du printemps"
aux couleurs indigènes, en compagnie de danseurs
aborigènes du Bangarra Dance Theatre.
Présentée en première
française lundi et mardi, la pièce "Rites"
célèbre 30.000 ans de culture australienne,
sur la musique du "Sacre" de Stravinsky.
Quatre séquences symbolisant
la terre, l'air, le feu et l'eau explorent les perceptions
aborigènes des éléments, dans une
approche musclée faisant fusionner le vocabulaire
du ballet classique avec une énergie plus animale.
Semblables à des lézards,
les danseurs -- 13 de Bangarra et 22 de l'Australian
Ballet -- rampent, roulent et s'élèvent
dans une scénographie colorée (cuivre
de la terre, bleu de l'air, rouge feu et blanc liquide).
A sa création en 1913 au Théâtre
des Champs-Elysées dans la chorégraphie
de Vaslav Nijinski, le sauvage et païen "Sacre
du printemps" avait fait scandale.
La révolution inscrite dans
"Rites" (1997), chaudement accueilli lundi
soir, est d'une autre nature. La pièce montre
combien les Australiens ont changé en une génération,
selon son chorégraphe Stephen Page, directeur
artistique de Bangarra, nom qui veut dire en substance
"faire du feu".
"Nous ne voulons pas faire de
politique mais il y a quarante ans, les Aborigènes
n'étaient pas considérés comme
des humains", a-t-il rappelé en amont du
spectacle.
"+Rites+ a eu un bon effet en
Australie sur la conscience des gens, et je pense que
c'est sain. Cette collaboration entre le récit,
la musique et la danse est un moyen merveilleux de réconciliation",
a estimé Stephen Page, 40 ans, descendant de
deux tribus aborigènes.
Le premier programme de l'Australian
Ballet comprend aussi une "Symphonie fantastique"
sur la musique de Berlioz et dans une chorégraphie
du Polonais Krzysztof Pastor en hommage aux Ballets
Russes, dont le Châtelet fêtera en 2009
le centenaire de la première saison.
Les danseurs de la compagnie nationale
australienne fondée en 1962 interprèteront
ensuite, de jeudi à samedi, un "Lac des
cygnes" réglé sur la partition de
Tchaïkovski par leur compatriote Graeme Murphy.
 Cheick
Tidiane Seck, l'artisan de l'ombre de la musique
malienne
Bien que peu connu du grand public,
Cheick Tidiane Seck, qui vient de sortir son nouvel
album, est un pion important sur l'échiquier
des musiques maliennes, auxquelles il apporte le groove
et les sonorités modernes de ses claviers depuis
le début des années 70.
"Sabaly" (Universal), qu'il
présentera sur scène à Paris (New-Morning)
le 28 octobre, est son troisième album seulement.
Pourtant, sa carrière est riche et ses connaissances
musicales lui valent d'être très sollicité.
Héritier des Manu Dibango,
Fela Kuti ou Hugh Masekela, artisans d'une fusion entre
musiques africaines, jazz, funk et soul, Cheick Tidiane
Seck a joué avec trois groupes légendaires
à cheval entre Mali et Guinée, Les Ambassadeurs,
le Super Rail Band et le Bembeya Jazz.
Il a signé les arrangements
de plusieurs albums de Salif Keita et publié
en 1995 avec le pianiste Hank Jones le disque "Sarala",
consacrant la rencontre somptueuse des musiques mandingues
et du jazz.
Cet artiste de 55 ans, qui possède
aussi des talents de peintre, a produit le dernier album
de l'Américaine Dee Dee Bridgewater, "Red
Earth", imprégné de musique malienne,
ainsi que ceux à venir de la diva Oumou Sangaré
et du fameux griot Kasse Mady. Il joue aussi sur "Welcome
to Mali", la chanson-titre du nouveau disque d'Amadou
et Mariam à paraître le 17 novembre.
"Amadou, je l'ai rencontré
en 1968 à Sikasso. A l'époque il jouait
dans le Koulé Stars. Lorsque qu'Amadou a rencontré
Mariam pour la première fois, il avait sa main
dans ma main", raconte-t-il, drapé dans
un costume en bogolan, un tissu traditionnel.
Sur son nouveau disque, il pose le
phrasé groove et jazzy-funk de ses orgues, apportant
des accents actuels à des chansons puisées
à la tradition malienne: "J'ai écarté
délibérément tout son électronique,
je voulais quelque chose d'organique mais avec un accent
et une esthétique modernes".
Cet album, sur lequel il chante aussi
et joue de la guitare ou du balafon, prend le pouls
de la bouillonnante scène de Bamako: Amadou et
Mariam, Oumou Sangaré, Afel Bocoum, Manu Dibango,
Djelimady Tounkara, Habib Koité y sont invités,
tout comme Dee Dee Bridgewater.
"Je me suis servi de l'ambiance
de là-bas", souligne-t-il. Sur "Sabaly",
il interprète une rumba de Manu Dibango, à
laquelle il a "voulu donner une couleur plus jazz",
une chanson aux accents hip hop ou encore "Ni Tara
Bamako", un hymne à Bamako composé
dans les années 60 par un certain Baba Bari,
qu'il a voulu "remettre au goût du jour".
C'est d'ailleurs de cette époque
que date son amour pour les claviers, pendant son enfance
à Sikasso: "J'y ai passé trois années
à la mission catholique. Il y avait un harmonium.
C'était mon premier contact avec un instrument".
Ironie du sort pour un musicien aussi
chevronné, sa mère "était
une griotte d'un autre âge, pour qui enregistrer
une voix et la mettre dans une boîte était
un sacrilège. Elle n'a jamais voulu qu'on l'enregistre".
(AFP, par Christophe CHEYNIER)
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