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Actualités musicales du
1er octobre 2008

Troisième édition du festival
« Musique de rue » de Besançon

La 3e édition du festival "Musique de rue" investira les places, les parcs, les bars et les tours bastionnées de Besançon du 2 au 5 octobre, avec une musique à la fois populaire et savante.

En ouverture de la manifestation, Ye Essat Abea, une création franco-éthiopienne, présentera une oeuvre inédite alliant pyrotechnie et travail sonore.

Fidèle à son esprit de découverte, "Musique de rue" propose quantité d'expérimentations sonores et musicales articulées autour d'installations permanentes.

Pendant les quatre jours du festival, un intérêt particulier sera porté sur "les musiques végétales", écologiques et naturelles, dans le parc de la gare d'eau, lieu emblématique en bordure du Doubs.

L'orgue de bois, sculpture musicale monumentale faite de lamelles de bois, résonnera grâce à des capteurs sonores.

Munis de lampes torches, les spectateurs pourront pénétrer dans une clairière plongée dans le noir. Des capteurs placés à l'intérieur des pistils de fleurs, aux tiges fluorescentes, réagiront à l'intensité de l'éclairage et déclencheront une série de sons.

Une thématique particulière s'installe cette année entre Besançon et la Nouvelle-Orléans. Entre deux fanfares, un documentaire et une résidence culinaire feront découvrir la culture de la boucle du Mississippi.

D'autres groupes en provenance de Moldavie, du Québec ou encore du Brésil présenteront des compositions traditionnelles ou modernes de leur pays.

La traditionnelle "Block Party" fera la part belle à une dizaine d'artistes issus du hip-hop, ainsi qu'à plusieurs graffeurs.

Dans une friche industrielle un peu à l'écart de la ville, Fantazio et ses invités feront danser le public jusqu'à 3h00 du matin, du jeudi au samedi.

Le festival, qui attend plus de 90.000 visiteurs, sera marqué de multiples démarches originales comme le "cabinet itinérant de massage d'oreilles" ou le plus classique "tremplin" pour les artistes émergents.

Contac t: http://www.musiquesderue.com  03.81.50.00.10


L'Australian Ballet revient à Paris
pour le « Sacre » de la culture aborigène

L'Australian Ballet a fait son retour lundi soir à Paris, après 43 ans d'absence, en présentant au Théâtre du Châtelet "Rites", un "Sacre du printemps" aux couleurs indigènes, en compagnie de danseurs aborigènes du Bangarra Dance Theatre.

Présentée en première française lundi et mardi, la pièce "Rites" célèbre 30.000 ans de culture australienne, sur la musique du "Sacre" de Stravinsky.

Quatre séquences symbolisant la terre, l'air, le feu et l'eau explorent les perceptions aborigènes des éléments, dans une approche musclée faisant fusionner le vocabulaire du ballet classique avec une énergie plus animale.

Semblables à des lézards, les danseurs -- 13 de Bangarra et 22 de l'Australian Ballet -- rampent, roulent et s'élèvent dans une scénographie colorée (cuivre de la terre, bleu de l'air, rouge feu et blanc liquide).

A sa création en 1913 au Théâtre des Champs-Elysées dans la chorégraphie de Vaslav Nijinski, le sauvage et païen "Sacre du printemps" avait fait scandale.

La révolution inscrite dans "Rites" (1997), chaudement accueilli lundi soir, est d'une autre nature. La pièce montre combien les Australiens ont changé en une génération, selon son chorégraphe Stephen Page, directeur artistique de Bangarra, nom qui veut dire en substance "faire du feu".

"Nous ne voulons pas faire de politique mais il y a quarante ans, les Aborigènes n'étaient pas considérés comme des humains", a-t-il rappelé en amont du spectacle.

"+Rites+ a eu un bon effet en Australie sur la conscience des gens, et je pense que c'est sain. Cette collaboration entre le récit, la musique et la danse est un moyen merveilleux de réconciliation", a estimé Stephen Page, 40 ans, descendant de deux tribus aborigènes.

Le premier programme de l'Australian Ballet comprend aussi une "Symphonie fantastique" sur la musique de Berlioz et dans une chorégraphie du Polonais Krzysztof Pastor en hommage aux Ballets Russes, dont le Châtelet fêtera en 2009 le centenaire de la première saison.

Les danseurs de la compagnie nationale australienne fondée en 1962 interprèteront ensuite, de jeudi à samedi, un "Lac des cygnes" réglé sur la partition de Tchaïkovski par leur compatriote Graeme Murphy.


Cheick Tidiane Seck,
l'artisan de l'ombre de la musique malienne

Bien que peu connu du grand public, Cheick Tidiane Seck, qui vient de sortir son nouvel album, est un pion important sur l'échiquier des musiques maliennes, auxquelles il apporte le groove et les sonorités modernes de ses claviers depuis le début des années 70.

"Sabaly" (Universal), qu'il présentera sur scène à Paris (New-Morning) le 28 octobre, est son troisième album seulement. Pourtant, sa carrière est riche et ses connaissances musicales lui valent d'être très sollicité.

Héritier des Manu Dibango, Fela Kuti ou Hugh Masekela, artisans d'une fusion entre musiques africaines, jazz, funk et soul, Cheick Tidiane Seck a joué avec trois groupes légendaires à cheval entre Mali et Guinée, Les Ambassadeurs, le Super Rail Band et le Bembeya Jazz.

Il a signé les arrangements de plusieurs albums de Salif Keita et publié en 1995 avec le pianiste Hank Jones le disque "Sarala", consacrant la rencontre somptueuse des musiques mandingues et du jazz.

Cet artiste de 55 ans, qui possède aussi des talents de peintre, a produit le dernier album de l'Américaine Dee Dee Bridgewater, "Red Earth", imprégné de musique malienne, ainsi que ceux à venir de la diva Oumou Sangaré et du fameux griot Kasse Mady. Il joue aussi sur "Welcome to Mali", la chanson-titre du nouveau disque d'Amadou et Mariam à paraître le 17 novembre.

"Amadou, je l'ai rencontré en 1968 à Sikasso. A l'époque il jouait dans le Koulé Stars. Lorsque qu'Amadou a rencontré Mariam pour la première fois, il avait sa main dans ma main", raconte-t-il, drapé dans un costume en bogolan, un tissu traditionnel.

Sur son nouveau disque, il pose le phrasé groove et jazzy-funk de ses orgues, apportant des accents actuels à des chansons puisées à la tradition malienne: "J'ai écarté délibérément tout son électronique, je voulais quelque chose d'organique mais avec un accent et une esthétique modernes".

Cet album, sur lequel il chante aussi et joue de la guitare ou du balafon, prend le pouls de la bouillonnante scène de Bamako: Amadou et Mariam, Oumou Sangaré, Afel Bocoum, Manu Dibango, Djelimady Tounkara, Habib Koité y sont invités, tout comme Dee Dee Bridgewater.

"Je me suis servi de l'ambiance de là-bas", souligne-t-il. Sur "Sabaly", il interprète une rumba de Manu Dibango, à laquelle il a "voulu donner une couleur plus jazz", une chanson aux accents hip hop ou encore "Ni Tara Bamako", un hymne à Bamako composé dans les années 60 par un certain Baba Bari, qu'il a voulu "remettre au goût du jour".

C'est d'ailleurs de cette époque que date son amour pour les claviers, pendant son enfance à Sikasso: "J'y ai passé trois années à la mission catholique. Il y avait un harmonium. C'était mon premier contact avec un instrument".

Ironie du sort pour un musicien aussi chevronné, sa mère "était une griotte d'un autre âge, pour qui enregistrer une voix et la mettre dans une boîte était un sacrilège. Elle n'a jamais voulu qu'on l'enregistre". (AFP, par Christophe CHEYNIER)

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