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Orchestre du Capitole : Sokhiev
donne le « la » d'une tournée
européenne
L'Orchestre national du Capitole
de Toulouse, emmené par son chef et nouveau directeur
musical Tugan Sokhiev, a donné cette semaine,
en Espagne et à Saint-Jean-de-Luz, le coup d'envoi
d'une tournée européenne pour accompagner
la présidence française de l'UE.
Le jeune chef russe, 30 ans, arrivé
il y a trois ans à Toulouse comme premier chef
invité et conseiller musical, a été
nommé directeur musical le 1er septembre. « L'Orchestre
du Capitole est unique en France. Musicalement, nous
parlons la même langue », dit-il à
l'AFP.
Avec sa fougue habituelle et n'hésitant
pas à forcer sur les tempi, Sokhiev a ravi une
foule enthousiaste, cette semaine à San Sebastian,
au pays basque espagnol, pour la Quincena musical de
la station balnéaire.
Au programme, deux concerts: l'opéra
Iolanta (Tchaïkovski), en version de concert, et
Rhapsodie sur un thème de Paganini (Rachmaninov),
magistralement interprétée par le pianiste
virtuose russe Denis Matsuev.
Vendredi, l'orchestre était
à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques)
avant de poursuivre une « tournée
des capitales européennes » jusqu'au 8
novembre (Paris le 25 octobre à la salle Pleyel,
puis Bruxelles, Berlin, Hambourg, Varsovie, Budapest
et Vienne notamment).
« Nous allons porter haut
les couleurs de la France et de Toulouse », ville
candidate au titre de capitale européenne de
la culture en 2013, se félicite le chef russe.
Depuis sa venue dans la Ville rose,
Tugan Sokhiev fascine par la complicité avec
ses 104 musiciens. « C'est un orchestre toujours
frais », plaisante son chef.
« Maintenant, j'ai encore
plus de responsabilités. C'est une marque de
confiance que me donne l'orchestre, et moi j'ai confiance
en eux. On travaille dur, mais on a la même énergie
», souligne-t-il.
« Ce que j'aime dans cet
orchestre, c'est que les musiciens ne sont pas dans
la routine, qu'ils ont confiance en eux et s'apprécient
», dit-il.
Le coup de foudre est réciproque:
les musiciens ne tarissent pas d'éloges sur leur
chef, né en Ossétie du Nord et pur produit
de l'école russe et de ses maîtres Ilya
Musin et Yuri Temirkanov.
« Il a une autorité
naturelle, une honnêteté dans sa façon
de travailler. Quand on le suit, on ne peut pas se tromper
et on doit toujours donner le meilleur », déclare
Sylvain Picard, tuba.
« Tugan a une gestuelle
parfaite. A la baguette ou avec ses mains, très
expressives, il porte l'orchestre. Parfois, un regard
suffit », souligne Jacques Deleplancque, premier
cor.
Aux répétitions, Tugan
Sokhiev évite les longs discours. L'ambiance
est studieuse mais l'humour a sa place. « Je
veux la précision d'une montre suisse sur ce
mouvement », lance-t-il en riant à deux
musiciens, mélangeant à l'occasion anglais
et français. Les musiciens sourient et immédiatement
après, le mouvement est parfait.
« Tugan sera l'un des
meilleurs du monde », prédit le pianiste
Denis Matsuev. « Il incarne une nouvelle
génération de chefs russes, avec un nouveau
style. Il transmet sa passion à l'orchestre.
Avec lui, cet orchestre peut tout jouer », ajoute-t-il.
Mais Tugan Sokhiev se défend
d'être un prodige. Il rappelle que son apprentissage
a été long, qu'il a appris à diriger
durant sept ans avant ses premières armes avec
le théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg.
« C'est une chance unique
d'avoir Tugan », affirme le délégué
général de l'orchestre, Thierry d'Argoubet.
Fier d'avoir trouvé la perle rare, il promet
même d'agrandir l'orchestre avec une vingtaine
de nouveaux musiciens. (AFP / Par Jean-Luc CHANDELIER)

Les 10 ans de Naïve,
« PME culturelle »
Patrick Zelnik, le président
du label indépendant Naïve, qui fête
ses 10 ans, estime dans un entretien à l'AFP
que « la réflexion autour des PME
culturelles » est un enjeu économique majeur
pour une industrie du disque aujourd'hui en crise.
Ce gros label indépendant,
dont le chiffre d'affaires est de 37 millions d'euros,
dispose d'un catalogue qui couvre tous les genres, pop,
chanson, classique, musiques du monde ou jazz (avec
Carla Bruni, Asa, Jean-Christophe Spinosi ou Laurent
Korcia), et est également actif dans les domaines
de l'édition de livres et de DVD. Pour ses dix
ans, Naïve organise trois concerts à Paris,
lundi aux Bouffes du Nord, mardi à l'Alhambra
et mercredi à la Maroquinerie (programme sur
www.naive.fr).
Q: Quel bilan tirez-vous de ces dix
ans?
R: « Dix ans, c'est encore
jeune pour tirer un bilan. On a essayé, par une
espèce de politique de contre-programmation par
rapport aux majors, de construire à la fois une
marque et un catalogue, dans la durée. On est
les seuls à avoir développé un
concept multiculturel et multimédia, avec une
attitude complètement généraliste
en musique qui a été un peu incomprise
au début. On a été les premiers
à parier sur le classique, à une époque
où les majors s'en désengageaient plutôt,
et on représente aujourd'hui 10% du marché
classique français ».
Q: Naïve a-t-il pâti de
la crise du disque?
R: « C'est impossible
de ne pas en souffrir. Mais notre attitude généraliste
nous a permis de résister. C'est la diversité
du catalogue qui nous sauve. Les Américains appellent
ça le modèle long tail : au lieu
d'avoir un artiste qui vend 500.000 exemplaires, on
en aura 10 qui vendent 50.000. D'autre part, on a beaucoup
développé à l'international, avec
par exemple un groupe comme Pink Martini, car on pensait
que c'était impossible de raisonner sur la France
seule. Je pense que d'ici 3 à 5 ans, on ne parlera
même plus des ventes françaises, on parlera
des ventes européennes ».
Q: Comment analysez-vous cette crise?
R: « J'ai souvent dénoncé
le fait que la piraterie n'était pas la cause
unique et qu'il fallait que les industriels du disque
se remettent en question. Sur un marché d'offres,
quand crise il y a, elle est forcément due au
fait que l'offre est moins séduisante. L'industrie
tout entière, et Naïve en fait partie, a
pris internet plus comme une menace que comme une opportunité.
On aurait pu inventer de nouvelles manières de
créer, de présenter et de vendre les CD,
mais aussi ne pas laisser Apple prendre 80% du marché
du téléchargement légal et fixer
le prix de la musique. Ce sont les échecs majeurs
de l'industrie. Et j'ai également dénoncé
les phénomènes de concentration comme
l'une des causes de la crise ».
Q: Vous êtes également
président d'Impala, le syndicat européen
des labels indépendants. Comment voyez-vous l'évolution
du secteur?
R: « Je pense qu'il y
aura une redistribution des cartes. L'Europe s'aperçoit
enfin que sa santé économique va dépendre
pour une grande partie de celle des PME. La clé,
c'est la réflexion autour des PME culturelles.
Ce sont elles qui créent la diversité,
elles représentent 80% des nouveautés
sur le marché du disque et 50% des emplois ».
Q: Naïve a vécu une situation
inédite avec le dernier album de Carla Bruni,
chanteuse et épouse du Président de la
République. Comment avez-vous géré
cette situation?
R: « On a essayé
le plus possible d'éviter les amalgames. Je n'ai
cessé de dire: Jugez l'album pour ce qu'il
est, essayons de ne pas mélanger la politique
et l'artistique. Je n'ai pas toujours été
suivi dans ce sens ». (AFP / Par Paul RICARD)

Les goûts musicaux,
révélateurs de personnalités
Les amateurs de musique classique
et de jazz sont créatifs, les fans de pop sont
travailleurs et les férus de heavy métal
sont des personnes douces et bien dans leur peau.
Telles sont les conclusions du Professeur
Adrian North de l'université Heriot-Watt, en
Ecosse, qui s'est penché sur les liens entre
goûts musicaux et personnalité.
« Les gens s'identifient
souvent à travers leurs goûts musicaux,
leurs vêtements, leurs bistrots préférés
et l'utilisation d'un argot », a déclaré
Noth.
« Il n'est pas surprenant
que la personnalité soit également liée
aux préférences musicales. »
Pour réaliser ce que North
dit être la plus grande étude jamais réalisée
sur les goûts musicaux des individus et leur caractère,
les chercheurs ont interrogé 36.518 personnes
à travers le monde. Ils ont dû classer
par ordre de préférence 104 styles musicaux
différents avant d'être soumis à
un test de personnalité.
« Depuis des décennies,
les chercheurs montraient que les fans de rock et de
rap étaient rebelles et que les amateurs d'opéra
étaient riches et bien éduqués
», a dit North.
« Mais c'est la première
fois qu'une étude montre que la personnalité
est liée à la manière d'apprécier
un vaste éventail de styles musicaux. »
L'étude conclut que les fans
de jazz et de musique classique ont une bonne estime
de soi, mais les premiers sont plus extravertis que
les seconds, plus timides.
Les amateurs de country et de western
seraient travailleurs et timides, tandis que les férus
de rap sont extravertis et que les fans de rock indépendant
manquent d'amour-propre et ne sont pas très faciles
à vivre.
Ceux qui aiment la soul décrochent
le jackpot: ils sont, selon l'étude, créatifs,
extravertis, doux, bien dans leur peau et ont une bonne
estime d'eux-mêmes.
Pour ceux qui se demandent toujours
pourquoi un conducteur de voiture de sport rutilante
ne peut s'empêcher de mettre la musique à
fond, North a peut-être une explication.
Selon lui, les personnes qui écoutent
de la musique entraînante ont généralement
des revenus plus élevés que ceux qui préfèrent
des musiques relaxantes.
North est toujours à la recherche
de volontaires pour son étude, des détails
sont disponibles à l'adresse http://www.peopleintomusic.com/.
(Reuters / Michael Holden, version française
Mathilde Gardin)

Les syndicats de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche appellent
à la mobilisation le 18 septembre
Les principaux syndicats de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche appellent à
la mobilisation le 18 septembre pour dénoncer
la politique du gouvernement dans leur secteur, qu'ils
qualifient de «jeu de massacre».
Dans un communiqué diffusé
vendredi, la FSU, la CGT, la CFDT, FO, l'UNEF, Solidaires
et les collectifs Sauvons la Recherche (SLR) et Sauvons
l'Université (SLU) dénoncent les suppressions
de postes, la réforme du CNRS, la «menace
de suppression des IUFM», la «remise en
cause des statuts et des carrières» ou
encore les restrictions budgétaires, affirmant
notamment que «le milliard supplémentaire
annoncé l'an dernier n'est pas assuré».
«Comme pour tous les chantiers
précédents, le gouvernement veut conclure
le chantier carrière dans la précipitation,
et sans réelles négociations avec les
organisations représentatives», déclarent
également les signataires.
La conclusion de la concertation
sur ce dossier est prévu le 18 septembre sur
la base de deux rapports «qui remettent en cause
le statut de fonctionnaire, enlevant toute protection
à la Recherche et à l'Enseignement face
aux pressions économiques et politiques»,
assurent les syndicats.
Pour eux, «le 18 septembre
ne doit pas être le jour de l'enterrement du statut
de titulaire, mais celui de la mobilisation des personnels
et des étudiants pour s'opposer ensemble aux
projets du gouvernement et exiger l'ouverture de véritables
négociations».

Le centre de culture
alternative « Trafo », fête ses
dix ans à Budapest
Le centre de culture alternative
« Trafo », devenu synonyme de l'art
contemporain à Budapest, fête ses 10 ans
ce week-end, évènement exceptionnel en
Hongrie où les subventions de l'Etat sont plutôt
réservées à l'Opéra et au
théâtre traditionnel.
« Je me souviens encore
de la première fois, quand j'ai vu le bâtiment
en 1991: c'était un ancien transformateur investi
par des anarchistes français de Marseille, qui
ont accroché au plafond la carcasse d'un autobus
au-dessus d'un tas de ferraille pour leur exposition
», raconte à l'AFP György Szabo, 48
ans, directeur du Trafo qui a transformé l'hideux
édifice en centre d'art moderne.
La bâtisse, dont la longue
façade de brique rouge est allégée
par de grandes fenêtres aux cadres verts, date
du début des années 1900 et a surtout
servi de site industriel. Sur une surface de 1.200 m2
on y trouve une salle de spectacles de 500 places pour
les concerts et 300 pour les pièces de théâtre,
une galerie, des studios et même un restaurant.
« Au Trafo, nous essayons
de présenter des productions marginales afin
de bousculer les habitudes culturelles des Hongrois,
beaucoup trop conventionnelles, nous voulons que les
gens s'extasient, leur présenter quelque chose
qui ne soit ni évident ni didactique »,
souligne M. Szabo.
« Trafo est un véritable
parc d'innovation public, qui veut influencer des personnes
aux sensibilités différentes »,
ajoute-t-il en montrant la brochure du nouveau programme
avec en couverture le dessin d'une personne accroupie
dont le dos est couvert d'une dizaine de mains ouvertes
ressemblant aux déformations osseuses de la colonne
vertébrale d'un stégosaure.
« Cette image a été
choisie pour les personnes qui apprécient la
beauté sous sa forme visuelle », note-t-il.
Pour une saison, l'équipe
du « Trafo » sélectionne environ
70 spectacles ou expositions parmi un millier d'évènements
culturels visionnés sur des DVD ou vu en direct.
Ainsi la première brochure
pour le programme de septembre et octobre présente
un groupe britannique de trois musiciens éclectiques
« Tiger Lillies », une nouvelle production
de cirque franco-japonaise, un ensemble de danse contemporaine
Random Dance venu du Royaume Uni ainsi qu'une pièce
de théâtre du metteur en scène flamand
Sanne van Rijn intitulée Uber et accompagnée
d'une recommandation spéciale du directeur du
Trafo.
« Je suis convaincu que
nos productions, qu'il s'agisse de pièces de
théâtre ou d'expositions, ne s'adressent
pas seulement à un petit nombre d'artistes ou
d'universitaires. Nous proposons une véritable
autoroute esthétique de danses, pièces
de théâtre, musiques, films et spectacles
de cirques », relève M. Szabo.
Interrogé sur le caractère
résolument moderne de la programmation il répond
par une question : « pourquoi observer l'Art
avec d'anciens outils alors que nous avons remplacé
le crayon par une souris ? »
Tout en faisant le plein de spectateurs
soir après soir, le théâtre du Trafo
avec sa scène de 12m sur 12 ne peut rivaliser
en terme d'audience avec le succès des music
halls et opérettes populaires. Par conséquence,
le Trafo, qui ne peut pas compter sur un soutien politique
de quelque bord que ce soit, est parmi les moins bien
subventionnés par la municipalité de Budapest:
son budget est limité à 19 millions de
forints (80.000 euros) pour le financement des programmes
de sa 10e saison.
« Trafo est une entreprise
héroïque. La culture a engendré l'industrie
de l'animation artistique, qui a de son côté
dévoré la culture à travers la
planète. Nous travaillons comme des chiens pour
présenter les oeuvres de véritables ermites
isolés et mal compris », explique M. Szabo.
En conclusion il assure pourtant
avec satisfaction que son « enfant »
est reconnu dans les milieux du théâtre
avec ceux de Prague, Varsovie et Belgrade. (AFP
/ Par Eszter BALAZS)
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