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Actualités musicales du
7 septembre 2008

 

Orchestre du Capitole :
Sokhiev donne le « la »
d'une tournée européenne

L'Orchestre national du Capitole de Toulouse, emmené par son chef et nouveau directeur musical Tugan Sokhiev, a donné cette semaine, en Espagne et à Saint-Jean-de-Luz, le coup d'envoi d'une tournée européenne pour accompagner la présidence française de l'UE.

Le jeune chef russe, 30 ans, arrivé il y a trois ans à Toulouse comme premier chef invité et conseiller musical, a été nommé directeur musical le 1er septembre. « L'Orchestre du Capitole est unique en France. Musicalement, nous parlons la même langue », dit-il à l'AFP.

Avec sa fougue habituelle et n'hésitant pas à forcer sur les tempi, Sokhiev a ravi une foule enthousiaste, cette semaine à San Sebastian, au pays basque espagnol, pour la Quincena musical de la station balnéaire.

Au programme, deux concerts: l'opéra Iolanta (Tchaïkovski), en version de concert, et Rhapsodie sur un thème de Paganini (Rachmaninov), magistralement interprétée par le pianiste virtuose russe Denis Matsuev.

Vendredi, l'orchestre était à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) avant de poursuivre une « tournée des capitales européennes » jusqu'au 8 novembre (Paris le 25 octobre à la salle Pleyel, puis Bruxelles, Berlin, Hambourg, Varsovie, Budapest et Vienne notamment).

« Nous allons porter haut les couleurs de la France et de Toulouse », ville candidate au titre de capitale européenne de la culture en 2013, se félicite le chef russe.

Depuis sa venue dans la Ville rose, Tugan Sokhiev fascine par la complicité avec ses 104 musiciens. « C'est un orchestre toujours frais », plaisante son chef.

« Maintenant, j'ai encore plus de responsabilités. C'est une marque de confiance que me donne l'orchestre, et moi j'ai confiance en eux. On travaille dur, mais on a la même énergie », souligne-t-il.

« Ce que j'aime dans cet orchestre, c'est que les musiciens ne sont pas dans la routine, qu'ils ont confiance en eux et s'apprécient », dit-il.

Le coup de foudre est réciproque: les musiciens ne tarissent pas d'éloges sur leur chef, né en Ossétie du Nord et pur produit de l'école russe et de ses maîtres Ilya Musin et Yuri Temirkanov.

« Il a une autorité naturelle, une honnêteté dans sa façon de travailler. Quand on le suit, on ne peut pas se tromper et on doit toujours donner le meilleur », déclare Sylvain Picard, tuba.

« Tugan a une gestuelle parfaite. A la baguette ou avec ses mains, très expressives, il porte l'orchestre. Parfois, un regard suffit », souligne Jacques Deleplancque, premier cor.

Aux répétitions, Tugan Sokhiev évite les longs discours. L'ambiance est studieuse mais l'humour a sa place. « Je veux la précision d'une montre suisse sur ce mouvement », lance-t-il en riant à deux musiciens, mélangeant à l'occasion anglais et français. Les musiciens sourient et immédiatement après, le mouvement est parfait.

« Tugan sera l'un des meilleurs du monde », prédit le pianiste Denis Matsuev. « Il incarne une nouvelle génération de chefs russes, avec un nouveau style. Il transmet sa passion à l'orchestre. Avec lui, cet orchestre peut tout jouer », ajoute-t-il.

Mais Tugan Sokhiev se défend d'être un prodige. Il rappelle que son apprentissage a été long, qu'il a appris à diriger durant sept ans avant ses premières armes avec le théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg.

« C'est une chance unique d'avoir Tugan », affirme le délégué général de l'orchestre, Thierry d'Argoubet. Fier d'avoir trouvé la perle rare, il promet même d'agrandir l'orchestre avec une vingtaine de nouveaux musiciens. (AFP / Par Jean-Luc CHANDELIER)

Les 10 ans de Naïve,
« PME culturelle »

Patrick Zelnik, le président du label indépendant Naïve, qui fête ses 10 ans, estime dans un entretien à l'AFP que « la réflexion autour des PME culturelles » est un enjeu économique majeur pour une industrie du disque aujourd'hui en crise.

Ce gros label indépendant, dont le chiffre d'affaires est de 37 millions d'euros, dispose d'un catalogue qui couvre tous les genres, pop, chanson, classique, musiques du monde ou jazz (avec Carla Bruni, Asa, Jean-Christophe Spinosi ou Laurent Korcia), et est également actif dans les domaines de l'édition de livres et de DVD. Pour ses dix ans, Naïve organise trois concerts à Paris, lundi aux Bouffes du Nord, mardi à l'Alhambra et mercredi à la Maroquinerie (programme sur www.naive.fr).

Q: Quel bilan tirez-vous de ces dix ans?

R: « Dix ans, c'est encore jeune pour tirer un bilan. On a essayé, par une espèce de politique de contre-programmation par rapport aux majors, de construire à la fois une marque et un catalogue, dans la durée. On est les seuls à avoir développé un concept multiculturel et multimédia, avec une attitude complètement généraliste en musique qui a été un peu incomprise au début. On a été les premiers à parier sur le classique, à une époque où les majors s'en désengageaient plutôt, et on représente aujourd'hui 10% du marché classique français ».

Q: Naïve a-t-il pâti de la crise du disque?

R: « C'est impossible de ne pas en souffrir. Mais notre attitude généraliste nous a permis de résister. C'est la diversité du catalogue qui nous sauve. Les Américains appellent ça le modèle long tail : au lieu d'avoir un artiste qui vend 500.000 exemplaires, on en aura 10 qui vendent 50.000. D'autre part, on a beaucoup développé à l'international, avec par exemple un groupe comme Pink Martini, car on pensait que c'était impossible de raisonner sur la France seule. Je pense que d'ici 3 à 5 ans, on ne parlera même plus des ventes françaises, on parlera des ventes européennes ».

Q: Comment analysez-vous cette crise?

R: « J'ai souvent dénoncé le fait que la piraterie n'était pas la cause unique et qu'il fallait que les industriels du disque se remettent en question. Sur un marché d'offres, quand crise il y a, elle est forcément due au fait que l'offre est moins séduisante. L'industrie tout entière, et Naïve en fait partie, a pris internet plus comme une menace que comme une opportunité. On aurait pu inventer de nouvelles manières de créer, de présenter et de vendre les CD, mais aussi ne pas laisser Apple prendre 80% du marché du téléchargement légal et fixer le prix de la musique. Ce sont les échecs majeurs de l'industrie. Et j'ai également dénoncé les phénomènes de concentration comme l'une des causes de la crise ».

Q: Vous êtes également président d'Impala, le syndicat européen des labels indépendants. Comment voyez-vous l'évolution du secteur?

R: « Je pense qu'il y aura une redistribution des cartes. L'Europe s'aperçoit enfin que sa santé économique va dépendre pour une grande partie de celle des PME. La clé, c'est la réflexion autour des PME culturelles. Ce sont elles qui créent la diversité, elles représentent 80% des nouveautés sur le marché du disque et 50% des emplois ».

Q: Naïve a vécu une situation inédite avec le dernier album de Carla Bruni, chanteuse et épouse du Président de la République. Comment avez-vous géré cette situation?

R: « On a essayé le plus possible d'éviter les amalgames. Je n'ai cessé de dire: Jugez l'album pour ce qu'il est, essayons de ne pas mélanger la politique et l'artistique. Je n'ai pas toujours été suivi dans ce sens ». (AFP / Par Paul RICARD)

Les goûts musicaux,
révélateurs de personnalités

Les amateurs de musique classique et de jazz sont créatifs, les fans de pop sont travailleurs et les férus de heavy métal sont des personnes douces et bien dans leur peau.

Telles sont les conclusions du Professeur Adrian North de l'université Heriot-Watt, en Ecosse, qui s'est penché sur les liens entre goûts musicaux et personnalité.

« Les gens s'identifient souvent à travers leurs goûts musicaux, leurs vêtements, leurs bistrots préférés et l'utilisation d'un argot », a déclaré Noth.

« Il n'est pas surprenant que la personnalité soit également liée aux préférences musicales. »

Pour réaliser ce que North dit être la plus grande étude jamais réalisée sur les goûts musicaux des individus et leur caractère, les chercheurs ont interrogé 36.518 personnes à travers le monde. Ils ont dû classer par ordre de préférence 104 styles musicaux différents avant d'être soumis à un test de personnalité.

« Depuis des décennies, les chercheurs montraient que les fans de rock et de rap étaient rebelles et que les amateurs d'opéra étaient riches et bien éduqués », a dit North.

« Mais c'est la première fois qu'une étude montre que la personnalité est liée à la manière d'apprécier un vaste éventail de styles musicaux. »

L'étude conclut que les fans de jazz et de musique classique ont une bonne estime de soi, mais les premiers sont plus extravertis que les seconds, plus timides.

Les amateurs de country et de western seraient travailleurs et timides, tandis que les férus de rap sont extravertis et que les fans de rock indépendant manquent d'amour-propre et ne sont pas très faciles à vivre.

Ceux qui aiment la soul décrochent le jackpot: ils sont, selon l'étude, créatifs, extravertis, doux, bien dans leur peau et ont une bonne estime d'eux-mêmes.

Pour ceux qui se demandent toujours pourquoi un conducteur de voiture de sport rutilante ne peut s'empêcher de mettre la musique à fond, North a peut-être une explication.

Selon lui, les personnes qui écoutent de la musique entraînante ont généralement des revenus plus élevés que ceux qui préfèrent des musiques relaxantes.

North est toujours à la recherche de volontaires pour son étude, des détails sont disponibles à l'adresse http://www.peopleintomusic.com/. (Reuters / Michael Holden, version française Mathilde Gardin)

Les syndicats de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche
appellent à la mobilisation le 18 septembre

Les principaux syndicats de l'Enseignement supérieur et de la Recherche appellent à la mobilisation le 18 septembre pour dénoncer la politique du gouvernement dans leur secteur, qu'ils qualifient de «jeu de massacre».

Dans un communiqué diffusé vendredi, la FSU, la CGT, la CFDT, FO, l'UNEF, Solidaires et les collectifs Sauvons la Recherche (SLR) et Sauvons l'Université (SLU) dénoncent les suppressions de postes, la réforme du CNRS, la «menace de suppression des IUFM», la «remise en cause des statuts et des carrières» ou encore les restrictions budgétaires, affirmant notamment que «le milliard supplémentaire annoncé l'an dernier n'est pas assuré».

«Comme pour tous les chantiers précédents, le gouvernement veut conclure le chantier carrière dans la précipitation, et sans réelles négociations avec les organisations représentatives», déclarent également les signataires.

La conclusion de la concertation sur ce dossier est prévu le 18 septembre sur la base de deux rapports «qui remettent en cause le statut de fonctionnaire, enlevant toute protection à la Recherche et à l'Enseignement face aux pressions économiques et politiques», assurent les syndicats.

Pour eux, «le 18 septembre ne doit pas être le jour de l'enterrement du statut de titulaire, mais celui de la mobilisation des personnels et des étudiants pour s'opposer ensemble aux projets du gouvernement et exiger l'ouverture de véritables négociations».

Le centre de culture alternative « Trafo »,
fête ses dix ans à Budapest

Le centre de culture alternative « Trafo », devenu synonyme de l'art contemporain à Budapest, fête ses 10 ans ce week-end, évènement exceptionnel en Hongrie où les subventions de l'Etat sont plutôt réservées à l'Opéra et au théâtre traditionnel.

« Je me souviens encore de la première fois, quand j'ai vu le bâtiment en 1991: c'était un ancien transformateur investi par des anarchistes français de Marseille, qui ont accroché au plafond la carcasse d'un autobus au-dessus d'un tas de ferraille pour leur exposition », raconte à l'AFP György Szabo, 48 ans, directeur du Trafo qui a transformé l'hideux édifice en centre d'art moderne.

La bâtisse, dont la longue façade de brique rouge est allégée par de grandes fenêtres aux cadres verts, date du début des années 1900 et a surtout servi de site industriel. Sur une surface de 1.200 m2 on y trouve une salle de spectacles de 500 places pour les concerts et 300 pour les pièces de théâtre, une galerie, des studios et même un restaurant.

« Au Trafo, nous essayons de présenter des productions marginales afin de bousculer les habitudes culturelles des Hongrois, beaucoup trop conventionnelles, nous voulons que les gens s'extasient, leur présenter quelque chose qui ne soit ni évident ni didactique », souligne M. Szabo.

« Trafo est un véritable parc d'innovation public, qui veut influencer des personnes aux sensibilités différentes », ajoute-t-il en montrant la brochure du nouveau programme avec en couverture le dessin d'une personne accroupie dont le dos est couvert d'une dizaine de mains ouvertes ressemblant aux déformations osseuses de la colonne vertébrale d'un stégosaure.

« Cette image a été choisie pour les personnes qui apprécient la beauté sous sa forme visuelle », note-t-il.

Pour une saison, l'équipe du « Trafo » sélectionne environ 70 spectacles ou expositions parmi un millier d'évènements culturels visionnés sur des DVD ou vu en direct.

Ainsi la première brochure pour le programme de septembre et octobre présente un groupe britannique de trois musiciens éclectiques « Tiger Lillies », une nouvelle production de cirque franco-japonaise, un ensemble de danse contemporaine Random Dance venu du Royaume Uni ainsi qu'une pièce de théâtre du metteur en scène flamand Sanne van Rijn intitulée Uber et accompagnée d'une recommandation spéciale du directeur du Trafo.

« Je suis convaincu que nos productions, qu'il s'agisse de pièces de théâtre ou d'expositions, ne s'adressent pas seulement à un petit nombre d'artistes ou d'universitaires. Nous proposons une véritable autoroute esthétique de danses, pièces de théâtre, musiques, films et spectacles de cirques », relève M. Szabo.

Interrogé sur le caractère résolument moderne de la programmation il répond par une question : « pourquoi observer l'Art avec d'anciens outils alors que nous avons remplacé le crayon par une souris ? »

Tout en faisant le plein de spectateurs soir après soir, le théâtre du Trafo avec sa scène de 12m sur 12 ne peut rivaliser en terme d'audience avec le succès des music halls et opérettes populaires. Par conséquence, le Trafo, qui ne peut pas compter sur un soutien politique de quelque bord que ce soit, est parmi les moins bien subventionnés par la municipalité de Budapest: son budget est limité à 19 millions de forints (80.000 euros) pour le financement des programmes de sa 10e saison.

« Trafo est une entreprise héroïque. La culture a engendré l'industrie de l'animation artistique, qui a de son côté dévoré la culture à travers la planète. Nous travaillons comme des chiens pour présenter les oeuvres de véritables ermites isolés et mal compris », explique M. Szabo.

En conclusion il assure pourtant avec satisfaction que son « enfant » est reconnu dans les milieux du théâtre avec ceux de Prague, Varsovie et Belgrade.  (AFP / Par Eszter BALAZS)

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