Universal numérise des intégrales
de chanson française
La maison de disques Universal Music France vient de
mettre en vente sur les plate-formes de téléchargement 104 albums de dix
grands noms de la chanson française, dont Maurice Chevalier, Catherine
Sauvage ou les Compagnons de la chanson, qui étaient pour certains
indisponibles en CD.
Au total, 1.500 titres de ces artistes (Maurice
Chevalier, Catherine Sauvage, les Compagnons de la chanson, Francis
Lemarque, Marie-Paule Belle, Marcel Amont, Eddie Constantine, Pia Colombo,
Jacques Douai et Ginette Garcin) sont disponibles à la vente uniquement
sous forme numérique dans le cadre d'une opération patrimoniale appelée
« Héritage ».
Francesca Solleville, « Mes amis sont comme des anges »
Ces albums, enregistrés entre les années 40 et 80,
constituent l'intégrale de ces artistes sur les différents labels absorbés
depuis par Universal (Barclay, Decca, Disc'AZ, Philips, Polydor, BAM,
Bel-Air, Festival, Fontana, Mercury, Riviera, Véga).
Pia Colombo, « La Colombe »
La « major » du disque prévoit de proposer
prochainement au téléchargement dans la collection « Héritage » des
intégrales de Fernandel, Zizi Jeanmaire, Georgette Lemaire, Nicole
Louvier, Mistigri et Francesca Solleville.
« Le programme Héritage permet à Universal de
réaliser un inventaire exhaustif de son catalogue et d'effectuer un
travail de sauvegarde de ses masters grâce au transfert des bandes
magnétiques vers le support numérique », a déclaré Universal, dans un
communiqué.
Francis Lemarque, « À Paris » (sur de belles images)
La maison de disques prévoit d'ouvrir prochainement un
site internet consacré à la collection « Héritage ».
Suprématie argentine au 6e Mondial de
tango
à Buenos Aires
Les danseurs argentins ont confirmé leur suprématie au
6ème Mondial de tango en remportant les deux épreuves, tango de salle et
tango de scène, mais les couples « étrangers », notamment colombiens,
ont aussi réalisé de belles performances.
Deux couples colombiens sont ainsi parvenus à se hisser
à la troisième et quatrième place dans la catégorie Esenario (scène),
remportée lundi soir par les Argentins José Fernández et Melody Gisele
Celatti, devant un public de plus de 5.000 personnes.
Pas moins de six couples colombiens sont parvenus à se
qualifier pour la finale, sans parvenir toutefois à réitérer l'exploit de
2006 quand deux danseurs originaires de Cali (Colombie) avait remporté
cette épreuve.
Trois couples japonais se sont également qualifiés,
preuve de la popularité dont fait preuve le tango en Extrême-Orient, mais
là encore sans parvenir à renouveler l'exploit de l'an dernier quand un
couple japonais s'était hissé à la troisième place.
Des dizaines de couples « étrangers » étaient en
lice pour cette catégorie, qui met en scène des chorégraphies plus riches,
aux costumes et maquillages plus sophistiqués, très en vogue en Europe,
aux Etats-Unis ou au Japon.
La domination argentine avait déjà été totale samedi
lors de la finale, catégorie tango de salle (Tango Salon), où les
« porteños », les habitants de Buenos Aires, restent sans rival.
C'est le couple formé par Daniel Nacucchio (29 ans) et Cristina Sosa (25
ans), tous deux natifs de la capitale argentine, qui a remporté cette
compétition devant deux autres couples argentins.
Né dans les « milongas » (salles de bal
traditionnelles), le tango de salle est la danse la plus populaire
d'Argentine et les « étrangers » y sont moins à leur aise.
Cette sixième édition du Mondial de tango a rassemblé
cette année quelque 60.000 spectateurs, dont près d'un tiers d'étrangers.
Quelque 400 couples de danseurs ont participé cette année aux épreuves,
dont 90 provenant de 22 pays.
Cuarteto Cedron
Les adieux à l'Europe de Ravi
Shankar,
le Mozart du sitar
Le Beatle George Harrison, son disciple, l'appelait « le parrain de
la world music » et le violoniste Yehudi Menuhin le comparait à Mozart: le
maître du sitar Ravi Shankar, qui a popularisé la musique indienne en
Occident, a fait à Paris ses adieux aux scènes européennes.
A 88 ans, Ravi Shankar donne en Europe une courte
tournée annoncée comme la dernière. Après s'être produit à Londres début
juin, il s'arrêtait pour deux soirs à la salle Pleyel, lundi pour un
concert puis mardi pour une leçon de musique, avant quatre spectacles aux
Etats-Unis en octobre. Cette tournée, initialement prévue au printemps,
avait été reportée pour raisons de santé.
Malicieux, le musicien indien a laissé planer le doute
sur la réalité de ses adieux en entrant en scène lundi, salué par une
ovation debout: « Mes chers amis de Paris, c'est censé être mon
dernier concert ici, j'espère que ce n'est pas vrai! ».
Vêtu d'une tunique bleu clair, il est accompagné par sa
fille Anoushka, (à qui il a enseigné le sitar et qui a assuré la première
partie), par un virtuose du tablâ (percussions) et deux joueurs de
tampura, les luths qui font office de bourdon dans la musique classique
indienne.
Ravi Shankar n'a plus la souplesse nécessaire pour
s'asseoir en tailleur sur les grands tapis orientaux déployés sur le sol
et se fait aider par un de ses musiciens pour monter sur scène et accorder
son instrument. En revanche, sa science du sitar est intacte, comme il le
prouve dès les premières notes de ce concert d'une heure et demie, fait de
trois longs morceaux.
Le maître indien, né le 7 avril 1920 à Varanasi
(Bénarès), a popularisé la musique indienne en Occident dès la fin des
années 50 et a notamment enseigné l'art du sitar au Beatle George Harrison
dans les années 60.
Bien que ces sons envoûtants aient irrigué la pop music
depuis 40 ans, en partie grâce à lui, ils gardent le même pouvoir de
fascination sur les oreilles occidentales. Tantôt méditative, tantôt
échevelée mais toujours raffinée et complexe, cette musique construite en
partie sur l'improvisation est hypnotique et mystérieuse, propice au
vagabondage de l'esprit, comme hors du temps.
Le public de Pleyel, composé de quinquagénaires chics
comme de jeunes gens au look baba cool, se laisse emporter et écoute
religieusement, réservant une ovation aux musiciens entre chaque
morceau.
Dans l'assistance, on aperçoit Olivia, la veuve de
George Harrison, ou Nicolas Godin, du duo électro-pop Air. La première a
d'ailleurs remis un prix honorifique à Ravi Shankar à l'issue du concert,
décerné par le Centre India, qui oeuvre pour le rapprochement entre la
culture indienne et le monde occidental.
Si le maître indien entretient un rapport très
respectueux avec son art, il ne s'interdit pas quelques facéties et glisse
des notes d'« Au clair de la lune » au milieu d'un raga
traditionnel.
Malgré son expérience et son statut, il jette des
regards admiratifs à son joueur de tablâ, l'impressionnant Tanmoy Bose, et
couve des yeux sa fille Anoushka, 27 ans, au jeu vif et brillant, qui
l'accompagne sur scène depuis 1995. Son autre fille a également choisi
d'être musicienne mais dans un style tout à fait différent puisqu'il
s'agit de la chanteuse pop-folk américaine Norah Jones.
Au terme du concert, Ravi Shankar reçoit un triomphe du
public de Pleyel, qui se lève pour le voir quitter la scène à petits pas
au bras d'Anoushka. (AFP / Paul RICARD)