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   Septembre 2008    

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Actualités musicales du
3 septembre 2008

 

Universal numérise des intégrales
de chanson française

La maison de disques Universal Music France vient de mettre en vente sur les plate-formes de téléchargement 104 albums de dix grands noms de la chanson française, dont Maurice Chevalier, Catherine Sauvage ou les Compagnons de la chanson, qui étaient pour certains indisponibles en CD.

Au total, 1.500 titres de ces artistes (Maurice Chevalier, Catherine Sauvage, les Compagnons de la chanson, Francis Lemarque, Marie-Paule Belle, Marcel Amont, Eddie Constantine, Pia Colombo, Jacques Douai et Ginette Garcin) sont disponibles à la vente uniquement sous forme numérique dans le cadre d'une opération patrimoniale appelée « Héritage ».


Francesca Solleville, « Mes amis sont comme des anges »

Ces albums, enregistrés entre les années 40 et 80, constituent l'intégrale de ces artistes sur les différents labels absorbés depuis par Universal (Barclay, Decca, Disc'AZ, Philips, Polydor, BAM, Bel-Air, Festival, Fontana, Mercury, Riviera, Véga).


Pia Colombo, « La Colombe »

La « major » du disque prévoit de proposer prochainement au téléchargement dans la collection « Héritage » des intégrales de Fernandel, Zizi Jeanmaire, Georgette Lemaire, Nicole Louvier, Mistigri et Francesca Solleville.

« Le programme Héritage permet à Universal de réaliser un inventaire exhaustif de son catalogue et d'effectuer un travail de sauvegarde de ses masters grâce au transfert des bandes magnétiques vers le support numérique », a déclaré Universal, dans un communiqué.


Francis Lemarque, « À Paris » (sur de belles images)

La maison de disques prévoit d'ouvrir prochainement un site internet consacré à la collection « Héritage ».

Suprématie argentine au 6e Mondial de tango
à Buenos Aires

Les danseurs argentins ont confirmé leur suprématie au 6ème Mondial de tango en remportant les deux épreuves, tango de salle et tango de scène, mais les couples « étrangers », notamment colombiens, ont aussi réalisé de belles performances.

Deux couples colombiens sont ainsi parvenus à se hisser à la troisième et quatrième place dans la catégorie Esenario (scène), remportée lundi soir par les Argentins José Fernández et Melody Gisele Celatti, devant un public de plus de 5.000 personnes.

Pas moins de six couples colombiens sont parvenus à se qualifier pour la finale, sans parvenir toutefois à réitérer l'exploit de 2006 quand deux danseurs originaires de Cali (Colombie) avait remporté cette épreuve.

Trois couples japonais se sont également qualifiés, preuve de la popularité dont fait preuve le tango en Extrême-Orient, mais là encore sans parvenir à renouveler l'exploit de l'an dernier quand un couple japonais s'était hissé à la troisième place.

Des dizaines de couples « étrangers » étaient en lice pour cette catégorie, qui met en scène des chorégraphies plus riches, aux costumes et maquillages plus sophistiqués, très en vogue en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon.

La domination argentine avait déjà été totale samedi lors de la finale, catégorie tango de salle (Tango Salon), où les « porteños », les habitants de Buenos Aires, restent sans rival. C'est le couple formé par Daniel Nacucchio (29 ans) et Cristina Sosa (25 ans), tous deux natifs de la capitale argentine, qui a remporté cette compétition devant deux autres couples argentins.

Né dans les « milongas » (salles de bal traditionnelles), le tango de salle est la danse la plus populaire d'Argentine et les « étrangers » y sont moins à leur aise.

Cette sixième édition du Mondial de tango a rassemblé cette année quelque 60.000 spectateurs, dont près d'un tiers d'étrangers. Quelque 400 couples de danseurs ont participé cette année aux épreuves, dont 90 provenant de 22 pays.


Cuarteto Cedron

Les adieux à l'Europe de Ravi Shankar,
le Mozart du sitar

Le Beatle George Harrison, son disciple, l'appelait « le parrain de la world music » et le violoniste Yehudi Menuhin le comparait à Mozart: le maître du sitar Ravi Shankar, qui a popularisé la musique indienne en Occident, a fait à Paris ses adieux aux scènes européennes.

A 88 ans, Ravi Shankar donne en Europe une courte tournée annoncée comme la dernière. Après s'être produit à Londres début juin, il s'arrêtait pour deux soirs à la salle Pleyel, lundi pour un concert puis mardi pour une leçon de musique, avant quatre spectacles aux Etats-Unis en octobre. Cette tournée, initialement prévue au printemps, avait été reportée pour raisons de santé.

Malicieux, le musicien indien a laissé planer le doute sur la réalité de ses adieux en entrant en scène lundi, salué par une ovation debout: « Mes chers amis de Paris, c'est censé être mon dernier concert ici, j'espère que ce n'est pas vrai! ».

Vêtu d'une tunique bleu clair, il est accompagné par sa fille Anoushka, (à qui il a enseigné le sitar et qui a assuré la première partie), par un virtuose du tablâ (percussions) et deux joueurs de tampura, les luths qui font office de bourdon dans la musique classique indienne.

Ravi Shankar n'a plus la souplesse nécessaire pour s'asseoir en tailleur sur les grands tapis orientaux déployés sur le sol et se fait aider par un de ses musiciens pour monter sur scène et accorder son instrument. En revanche, sa science du sitar est intacte, comme il le prouve dès les premières notes de ce concert d'une heure et demie, fait de trois longs morceaux.

Le maître indien, né le 7 avril 1920 à Varanasi (Bénarès), a popularisé la musique indienne en Occident dès la fin des années 50 et a notamment enseigné l'art du sitar au Beatle George Harrison dans les années 60.

Bien que ces sons envoûtants aient irrigué la pop music depuis 40 ans, en partie grâce à lui, ils gardent le même pouvoir de fascination sur les oreilles occidentales. Tantôt méditative, tantôt échevelée mais toujours raffinée et complexe, cette musique construite en partie sur l'improvisation est hypnotique et mystérieuse, propice au vagabondage de l'esprit, comme hors du temps.

Le public de Pleyel, composé de quinquagénaires chics comme de jeunes gens au look baba cool, se laisse emporter et écoute religieusement, réservant une ovation aux musiciens entre chaque morceau.

Dans l'assistance, on aperçoit Olivia, la veuve de George Harrison, ou Nicolas Godin, du duo électro-pop Air. La première a d'ailleurs remis un prix honorifique à Ravi Shankar à l'issue du concert, décerné par le Centre India, qui oeuvre pour le rapprochement entre la culture indienne et le monde occidental.

Si le maître indien entretient un rapport très respectueux avec son art, il ne s'interdit pas quelques facéties et glisse des notes d'« Au clair de la lune » au milieu d'un raga traditionnel.

Malgré son expérience et son statut, il jette des regards admiratifs à son joueur de tablâ, l'impressionnant Tanmoy Bose, et couve des yeux sa fille Anoushka, 27 ans, au jeu vif et brillant, qui l'accompagne sur scène depuis 1995. Son autre fille a également choisi d'être musicienne mais dans un style tout à fait différent puisqu'il s'agit de la chanteuse pop-folk américaine Norah Jones.

Au terme du concert, Ravi Shankar reçoit un triomphe du public de Pleyel, qui se lève pour le voir quitter la scène à petits pas au bras d'Anoushka. (AFP / Paul RICARD)

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