Le Japonais Kazushi Ono, 48 ans, a pris lundi ses
fonctions de chef d'orchestre principal de l'Opéra national de Lyon
(centre-est) pour un mandat de cinq ans, a-t-on appris auprès de
l'établissement.
Le chef japonais, qui n'est pas encore arrivé à Lyon en
raison d'obligations professionnelles, vient remplacer le Hongrois Ivan
Fischer qui a quitté l'Opéra national de Lyon en 2003.
Il donnera son premier concert en tant que chef
d'orchestre de l'Opéra de Lyon le 20 septembre à l'occasion des 25 ans de
la formation, successivement dirigée par le Britannique John Eliot
Gardiner, l'Américain Kent Nagano et le Français Louis Langrée.
Lors de ce concert-anniversaire, le Japonais assurera
la direction musicale de « Chichester Psalms » de Leonard Bernstein,
de « La Symphonie de psaumes » de Stravinsky et du « Tricorne »
de Manuel de Falla.
Au cours de la saison 2008-2009, Kazushi Ono dirigera
deux opéras, « Le Joueur » de Prokofiev (mise en scène du Polonais
Grzegorz Jarzyna) fin janvier et « Lulu » d'Alban Berg (réalisation
de l'Allemand Peter Stein) en avril 2009.
Fin avril, il dirigera un autre concert où se mêleront
des oeuvres d'Ernest Chausson (« Symphonie en si bémol majeur »), de
Debussy (« Prélude à l'après-midi d'un faune ») et de Stravinsky
(« L'Oiseau de feu » et « Suite d'orchestre »).
Le chef et les 61 musiciens lyonnais devraient ensuite
aller en tournée au Japon en 2009-2010.
Kazushi Ono était depuis 2002 directeur musical de La
Monnaie à Bruxelles.
Disciple de l'Américain Leonard Bernstein et de
l'Allemand Wolfgang Sawallisch, vainqueur du Concours Toscanini 1987, il a
été chef permanent de l'Orchestre philharmonique de Tokyo (1992-1996) et
directeur général de la musique à Karlsruhe en Allemagne (1996-2002).
Depuis 2003, l'orchestre de Lyon était temporairement
dirigé par un noyau de chefs invités pour divers projets musicaux.
Les deux demi-soeurs Wagner
remportent la guerre de succession
pour la direction du Festival de Bayreuth
Le prestigieux festival d'opéra de Bayreuth, dans le
sud de l'Allemagne, a mis fin lundi à la guerre de succession qui le
minait depuis des années, en nommant à sa tête les demi-soeurs Katharina
Wagner et Eva Wagner-Pasquier, qui succéderont en duo à leur père
Wolfgang.
Cette passation de pouvoir a été avalisée lundi à la
quasi-unanimité par le conseil d'administration du festival, chargé de
tourner la page de l'ère Wolfgang Wagner, 89 ans, qui a annoncé cette
année sa démission après 57 ans de pouvoir.
Les deux arrières-petites-filles du compositeur Richard
Wagner, âgées de 30 et 63 ans, ont longtemps été rivales dans la course au
pouvoir sur la « Colline verte ».
Mais elles ont finalement mis leurs querelles en
sourdine et vont prendre les commandes en duo, conformément au scénario
qui s'était dessiné depuis quelques mois. « Nous sommes très
heureuses », a simplement déclaré Katharina Wagner, après l'annonce de la
décision.
Les administrateurs ont rejeté la candidature
alternative présentée, également en duo, par Nike Wagner, 63 ans, une
cousine d'Eva et Katharina, et par le Belge Gerard Mortier, qui dirige
actuellement l'Opéra de Paris.
Les deux demi-soeurs devront clarifier la ligne
artistique de Bayreuth, pas très lisible ces dernières années dans le
choix des metteurs en scène, et ramener au « Festspielhaus » les
grandes voix wagnériennes qui avaient déserté les lieux, à l'image de la
soprano allemande Waltraud Meier.
Même ses détracteurs les plus virulents admettent que
Wolfgang, qui a finalement renoncé à son poste alors qu'il s'était
proclamé directeur « à vie », a permis à Bayreuth d'être ce qu'il
est.
Mais beaucoup d'observateurs pensent que son long règne
a contribué à fossiliser le festival, une institution en Allemagne et dans
le monde, que fréquentent assidûment par exemple la chancelière Angela
Merkel et son époux, et où décrocher une place relève de la chasse au
trésor.
Avec Eva Wagner-Pasquier, 63 ans, c'est une
« directrice d'opéra expérimentée » - elle a notamment travaillé à
Aix-en-Provence, Londres et New York - qui va prendre les rênes de la
« colline verte », a souligné lundi le ministre bavarois de la
Culture, Thomas Goppel.
A 30 ans seulement, sa demi-soeur Katharina, née d'un
second mariage de Wolfgang, n'a pas cette expérience, et a même fait
l'objet de huées pour certaines de ses mises en scène.
Mais elle a su faire preuve d'innovation, en mettant au
point cette année la première retransmission en direct sur internet d'un
opéra depuis Bayreuth, et une diffusion gratuite à l'extérieur sur écran
géant qui a connu un franc succès.
Elle veut continuer sur sa lancée, promettant des
opéras pour enfants et une académie pour les jeunes talents. Elle s'est
aussi engagée auprès d'historiens indépendants à leur ouvrir les archives
pour enquêter sur le passé nazi du festival.
Le ministre allemand de la Culture, Bernd Neumann, a
salué lundi soir dans un communiqué la nomination du nouveau tandem,
« une décision solide » selon lui. Il a dit espérer que « la
réputation internationale » de Bayreuth, qui est « le plus célèbre
festival d'opéra au monde », restera entière et « justifiée ».
Les deux demi-soeurs ont toutefois prévenu qu'elles ne
seraient pas celles qui amèneraient la révolution dans le temple
wagnérien. « Jusqu'en 2015, tout est plus ou moins déjà prévu. Et nos
idées ne sont un secret pour personne », a souligné Katharina.
« Je ne crois pas que le changement sera
rapidement perceptible », a observé de son côté son aînée Eva.
« Peut-être d'ici deux ou trois ans ». (AFP / Arnaud BOUVIER)
Après dix ans d'existence,
la maison de disques Abeille Musique
mise sur l'internet
Le premier distributeur français indépendant de musique
classique enregistrée, Abeille Musique, qui fête ses dix ans, a exprimé
lundi son souhait de se développer sur l'internet, que ce soit en
téléchargement ou avec la vente par correspondance (VPC) de disques.
Fondée en 1998 par l'iconoclaste Yves Riesel, la
société Abeille Musique s'est surtout fait connaître du grand public en
commercialisant des intégrales à bas prix, comme l'intégrale Mozart en 170
CD, qui s'est vendue en France à plus de 200.000 exemplaires.
Malgré ces succès commerciaux, Yves Riesel est
convaincu que « le CD est un support en voie de disparition », car
trop cher à l'heure où les plate-formes de téléchargement proposent les
mêmes enregistrements pour 9,99 euros.
Abeille Musique a donc « décidé de se lancer dans
la distribution numérique: voilà à quoi nous avons utilisé l'argent gagné
avec les coffrets », a indiqué M. Riesel lundi lors d'une conférence de
presse.
La société propose désormais 15.000 des 20.000
références de son catalogue (120 labels dont Naxos, Chandos ou Hyperion)
en téléchargement, sur des plate-formes comme iTunes, Fnacmusic,
Virginmega ou Qobuz, site regroupé avec Abeille Musique au sein de la
holding LyraMediaGroup.
Le numérique ne représentait que 5% du chiffre
d'affaires total (13 millions d'euros) d'Abeille Musique à fin 2007, mais
la société tablait sur 200% de progression du c.a. de ce secteur entre
2007 et 2008.
Même dans le domaine des ventes physiques, Yves Riesel
parie sur l'internet, « seule façon de faire triompher la diversité
culturelle » alors que « les magasins ne cessent de réduire leurs
rayons ».
Abeille Musique entend ainsi baisser le prix de ses CD
proposés en VPC sur son site internet afin d'augmenter ses ventes par ce
moyen, qui représentent déjà 26% de son c.a.
« Aux Etats-Unis, 80% des ventes de CD se font par
internet », fait valoir M. Riesel.
Le PDG d'Abeille Musique a aussi indiqué qu'il
entendait « dénoncer tous (ses) contrats » avec les grandes
enseignes, visant la Fnac et Virginmegastore sans les citer, afin
d'obtenir de meilleures conditions pour la commercialisation de ses
disques en magasin.
Mini-concert de Keziah Jones
dans la station de métro Miromesnil
Le chanteur nigérian Keziah Jones a donné un
mini-concert de vingt minutes dans la station de métro parisienne
Miromesnil, lundi après-midi dans le cadre d'une opération de promotion de
son nouvel album, qui sortait le jour même, a constaté l'AFP.
Vêtu d'une chemise et d'un pantalon tigrés et coiffé de
son inamovible petit chapeau noir, Keziah Jones a joué cinq chansons,
installé avec sa guitare et son ampli au fond d'un hall de la station,
entre plusieurs couloirs de correspondance.
Keziah Jones, « All Along The Watchtower »
Il s'est produit sous les yeux de quelque 200
personnes, dont une grosse partie de journalistes.
« La boucle est bouclée, je reviens là où j'ai
commencé », a-t-il lancé au micro, dans une allusion au fait qu'il avait
été repéré par un producteur en 1991 dans le métro parisien.
Il avait été précédé par la fanfare latino-funk des
Zooters, un groupe de musiciens qui se produit habituellement dans le
métro et qu'il avait lui-même choisi.
Keziah Jones, « Beautiful Emilie »
Dans le cadre de cette opération de promotion de
l'album « Nigerian Wood » (Because Music), Keziah Jones donnera trois
autres mini-concerts « secrets » dans le métro parisien, mercredi,
jeudi et samedi. Comme c'était le cas pour celui de lundi, les lieux et
les horaires seront révélés sur le site
http://www.ratpdestinationmusique.fr
Keziah Jones n'est pas le premier musicien connu à
jouer dans le métro. Début 2007, à l'initiative du Washington Post et hors
de toute démarche promotionnelle, l'Américain Joshua Bell, un violoniste
classique de premier plan, s'était installé incognito dans une station de
métro de Washington.
Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube par le journal
américain, on voit le virtuose interpréter un extrait d'une « Partita
» de Bach sans que les usagers, pressés, ne lui jettent le moindre
regard.
Bireli Lagrene, Mc Laughlin et Keziah Jones, «
Voodoo Chile »
Retrait prématuré en
Grande-Bretagne,
de « Marguerite », œuvre
d' Alain Boublil, Claude-Michel Schönberge
et Michel Legrand
« Marguerite », la nouvelle comédie musicale des
créateurs des « Misérables », les Français Alain Boublil et
Claude-Michel Schönberg, va être retirée de l'affiche londonienne un mois
et demi avant la date prévue.
L'oeuvre, mise en musique par le Français Michel
Legrand, sera montrée une dernière fois le 13 septembre, a indiqué lundi
le Theatre Royal Haymarket, où la comédie est présentée. La pièce avait
débuté fin mai sur le West End, le Broadway londonien, et était annoncée
jusqu'au 1er novembre.
Les créateurs des « Mis », comédie musicale au
record mondial de longévité, avaient décidé de transposer dans la France
collaboratrice « La Dame aux camélias », oeuvre publiée en 1848 par
Alexandre Dumas fils. Dans « Marguerite », l'héroïne éponyme est une
ancienne chanteuse à succès entretenue par un général nazi et qui tombe
amoureuse d'un pianiste proche de la résistance.
« Pourquoi devrions-nous aimer une collabo
opportuniste? », s'était demandé le quotidien The Guardian lors de la
sortie de la comédie. « Devenue la poule d'un nazi, la Dame ...
n'attire plus la sympathie », croyait également l'Evening Standard.
Le Daily Telegraph avait évoqué sa « profonde
déception » pour une comédie écrite par les auteurs des « Misérables
», et mise en musique par l'oscarisé Michel Legrand.
Le pianiste Mikhaïl Rudy
en un livre et cinq disques
Les éditions du Rocher publieront jeudi « Le Roman
d'un pianiste » de Mikhaïl Rudy, musicien russe naturalisé français après
qu'il eut demandé l'asile politique.
Parallèlement, EMI Classics a regroupé dans un coffret
de cinq CD intitulé « Le piano romantique » des enregistrements
esquissant un portrait sensible de Mikhaïl Rudy dans des pages de Chopin,
Schubert, Brahms, Liszt et des transcriptions de Wagner.
Le pianiste de 55 ans aura dans les prochaines semaines
une importante actualité parisienne sur scène: en récital (Scriabine et
Chopin) au Théâtre des Champs-Elysées le 12 septembre, puis en octobre à
Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis, le 25) et à la Salle Pleyel (26),
dialoguant avec l'Orchestre national d'Île-de-France dans la
« Burlesque » de Richard Strauss.
Mikhail Rudy et Misha Alperin, « Double
Dream »
France 2 diffusera un portrait de ce Premier prix du
concours Marguerite Long (1975) le 10 novembre.
Trois jeunes chefs pour un
concert
La société d'artistes-interprètes Adami a organisé pour
la première fois une opération « talents chefs d'orchestre », lors de
laquelle trois jeunes baguettes ont été primées par un jury.
Parmi ces trois chefs en devenir figurent deux femmes,
une curiosité alors que la direction d'orchestre est l'un des derniers
bastions musicaux à demeurer largement masculin: la Française Ariane
Matiakh (28 ans) et l'Israélo-Brésilienne Debora Waldman (31 ans).
Avec le troisième lauréat, le Français Benjamin Levy
(34 ans), elles dirigeront l'Orchestre Colonne le 9 septembre (20h00) à la
Salle Gaveau à Paris, dans un programme associant des symphonies de Mozart
(« Jupiter »), Beethoven (n°1) et Mendelssohn (« Italienne
»).
Opéra des rues, l'art lyrique dans la
ville
« L'opéra est devenu un art bien trop souvent
considéré comme élitiste et difficilement accessible à un public néophyte
»: partant de ce constat, l'association Opéra des rues organise chaque
année depuis 2002 un festival éponyme dans des quartiers de Paris.
Le temps d'un week-end, les 5 et 6 septembre, les
organisateurs proposeront cette année neuf spectacles lyriques gratuits
dans des rues des XIIe et XIIIe arrondissements, autour de trois
« maîtres-mots: magie, mystère et rêve ».
Parmi ces petites formes figureront « Zaïna »,
conte musical de la compagnie lyrique Arcal mêlant airs d'opéra, mélodies
françaises, chanson réaliste et rap, « L'OVMI-OPERA » (« objet
visuel et musical improvisé »), « L'Enfant et les sortilèges » de
Ravel (Cie La Volute) ou encore « Les Tréteaux de Maître Pierre »
avec des musiques de la Renaissance espagnole portées par l'ensemble Non
Papa.
Frédéric Mitterrand
a pris la direction de la Villa Médicis à Rome
Le journaliste et écrivain Frédéric Mitterrand a pris ses fonctions lundi
à la direction de la Villa médicis, l'Académie de France à Rome, l'une des
plus prestigieuses institutions culturelles françaises à l'étranger.
Le neveu de l'ancien président François Mitterrand, qui
avait été nommé début juin par le président Nicolas Sarkozy, succède au
scénographe Richard Peduzzi.
Dans un entretien à l'AFP samedi, M. Mitterrand, qui
est aussi cinéaste, a déclaré se rendre à Rome « avec enthousiasme »,
avec l'idée d'« élargir le collège des pensionnaires et de
développer les expositions notamment autour des artistes
méditerranéens.
L'Académie de France à Rome, créée sous Louis XIV,
accueille des artistes pensionnaires français ou francophones afin qu'ils
se perfectionnent dans leur discipline (photographie, peinture, musique,
etc.).