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   Septembre 2008    

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Actualités musicales du
1er septembre 2008

 

Jazz à la Villette
connecté à d'autres formes artistiques

Archie Shepp et Anne Teresa de Keersmaeker, Josef Nadj et Akosh S, Vincent Courtois et Pierre Baux: pour sa 13e édition (2-14 septembre), le festival Jazz à la Villette sort le jazz de son cadre strict et le connecte à d'autres arts, comme la danse ou la poésie.

Jazz et danse contemporains seront réunis à plusieurs reprises, avec « A Love Supreme », un spectacle de la chorégraphe flamande Anna Teresa de Keersmaeker, ou « Les Signes extérieurs », une création de Mathilde Monnier sur une musique de Louis Sclavis (clarinette basse).

Deux expérimentateurs, le danseur-chorégraphe Boris Charmatz et le cornettiste Médéric Collignon, confronteront leurs univers le 3 septembre.

Josef Nadj, danseur et chorégraphe franco-serbe d'origine hongroise, présentera « Paysage après l'orage », avec le saxophoniste free hongrois Akosh S, un spectacle où l'improvisation est reine.

Si leur présence en nombre dans un festival dit de jazz est un fait nouveau, l'interconnexion entre jazz et danse ne date pas d'hier: Anne Teresa de Keersmaeker a déjà créé une chorégraphie sur la musique de « Bitches Brew », un album mythique de Miles Davis. Louis Sclavis, l'une des figures essentielles du jazz et musiques improvisés, compose pour la danse depuis plusieurs décennies.

Le comédien Jacques Bonnaffé, un adepte des expériences avec des musiciens de jazz, est à l'affiche de deux spectacles.

Plusieurs autres concerts vont ajouter à la confusion des genres, mêlant le jazz, le funk, la musique électro-acoustique, le post rock, le punk.

Pierre Henry, l'un des papes de la musique concrète et électro-acoustique, diffusera depuis la salle, devant la console son, ses effets électroniques composés pour accompagner le trompettiste jazz Erik Truffaz qui, lui, sera sur scène.

La soirée du 6 septembre verra s'entrechoquer le jazz, le funk, le punk rock, le hip hop et la soul avec le trio du guitariste américain Vernon, « Free Form Funky Freqs », ou le saxophoniste new-yorkais James Chance et son mélange furieux de funk, de jazz et de punk.

Autres rencontres choc, celles de Nosfell et du Britannique Phil Minton, deux chanteurs hors normes (le 5), et du groupe post-rock de Chicago Tortoise avec deux musiciens de la riche scène free expérimentale de la ville (12).

Dans un festival qui revendique cette idée d'un jazz aux contours de plus en plus flous, la présence de Bumcello, le duo animé par Vincent Segal (violoncelle, samples) et Cyril Atef (percussions, samples), qui gravitent autour d'une planète dont le jazz n'est qu'un des nombreux satellites (funk, soul, soukous, musique orientale...).

Toutes ces aventures ne doivent pas faire oublier la présence au festival de plusieurs grands noms d'un jazz au sens plus orthodoxe du terme, au premier rang desquels figure celui de Lalo Schifrin.

Ce pianiste-compositeur ayant un pied à Hollywood - il a composé notamment les musiques de « Bullit » ou « Mission impossible » -, fut aussi musicien et arrangeur de Dizzy Gillespie. Il viendra jouer un répertoire jazz.

Plusieurs saxophonistes de premier plan sont à l'affiche: Charles Lloyd, Joshua Redman, Mark Turner.

La formule du big band sera par ailleurs représentée sous diverses formes, depuis Le Sacre du Tympan du bassiste Fred Pallem et ses pastiches de musiques de films hollywoodiennes, au grand ensemble Matthew Herbert. Ce musicien issu de la scène électro s'est épris  du jazz classique, qu'il interprète avec respect tout en y incorporant des samples. (AFP / Christophe CHEYNIER

Bayreuth : La bataille pour la succession
devrait être tranchée lundi

Signe des temps, le festival de Bayreuth s'était achevé jeudi dernier sur « Parsifal », opéra de Wagner mettant en scène des chevaliers en quête d'un sauveur: lundi doit être tranchée la succession de Wolfgang Wagner, petit-fils du maître de l'opéra.

M. Wagner, 89 ans, a accepté cette année d'abandonner la tête de plus prestigieux festival de musique du monde après 57 ans sur le « trône », dont 42 sans partage.

Comme les chevaliers du Saint-Graal, Bayreuth est en quête d'un nouveau chef capable d'insuffler de nouvelles visions après des années de stagnation artistique.

Le « conseil de la fondation » qui dirige le festival, se réunit le 1er septembre pour décider qui reprendra les rênes.

Jusqu'à récemment, les jeux semblaient faits: Katharina Wagner, 30 ans, et Eva Wagner-Pasquier, 63 ans, toutes deux filles de Wolfgang et issues de deux mariages différents, s'étaient alliées pour se porter candidates, même si l'alliance des deux demi-soeurs paraissait étrange.

Mais, avec la candidature de dernière minute de la nièce de Wolfgang, Nike Wagner, 63 ans, et du Belge Gerard Mortier, actuellement à la tête de l'Opéra de Paris, la course est de nouveau ouverte.

Conformément aux statuts du festival, fondé par Richard Wagner en 1876, il doit rester sous le contrôle des descendants, à moins qu'ils ne conviennent pas pour un tel poste.

Or les différentes branches de la dynastie se sont livrées à une bataille qui a fait les choux gras des médias.

Wolfgang a dirigé seul Bayreuth d'une main de fer depuis le décès de son frère Wieland, en 1966. Même ses détracteurs les plus virulents admettent qu'il a permis à Bayreuth d'être ce qu'il est. Mais beaucoup d'observateurs pensent que son long règne a contribué à fossiliser le festival.

Quand le conseil de la fondation a nommé officiellement Eva comme successeur de Wolfgang en 2001, le patriarche a tout simplement ignoré cette décision, jugeant Eva incompétente et insistant pour diriger à vie le Festival.

Mais, à la suite de la mort inattendue de son épouse Gudrun l'an dernier, les relations entre Wolfgang et Eva se sont dégelées. Il a finalement accepté un compromis prévoyant que Eva et Katharina prendraient conjointement les commandes.

Cette proposition semblait devoir satisfaire quasiment tout le monde: Wolfgang, le conseil de la fondation, les autorités régionales et fédérales qui subventionnent le festival, et la toute puissante Société des amis de Bayreuth, plus important donateur.

Une seule personne était laissée sur le carreau: Nike, qui avait prévu de diriger le festival avec Eva. Nike assure aujourd'hui que la porte reste ouverte à Eva, qui serait « bienvenue » si elle voulait se joindre à elle et à Mortier.

Nike dirige son propre festival, « Perelinages » à Weimar, et Mortier, 64 ans, s'est fait un nom à la tête du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles avant de diriger le festival réputé de Salzbourg. Mortier a aussi fondé la Triennale de musique et le Théâtre de la Ruhr, et prendra les rênes du New York City Opera l'an prochain.

A 30 ans, Katharina est encore trop jeune pour diriger un festival du calibre de Bayreuth. Mais le tandem Katharina-Eva, étant donné l'expérience de la seconde -d'Aix-en-Provence à Londres et New York —, pourrait s'avérer un duo vainqueur.

Katharina a mis au point cette année la première retransmission en direct sur internet d'un opéra depuis Bayreuth et une diffusion gratuite à l'extérieur sur écran géant qui a connu un franc succès.

Elle veut continuer sur sa lancée, promettant des opéras pour enfants et une académie pour les jeunes talents. Elle s'est aussi engagée auprès d'historiens indépendants à leur ouvrir les archives pour enquêter sur le passé nazi du festival.

Nike, pour sa part, n'a pas perdu tout espoir. « Parfois, je crois encore aux miracles », déclarait-elle récemment. (AFP / Simon MORGAN

Au Canada, un fonds pour les nouveaux médias
est menacé de suppression

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper va supprimer un fonds destiné aux nouvelles technologies et aux médias interactifs, rapporte samedi le Globe and Mail.

Le Fonds des nouveaux médias du Canada, dont la mission officielle est « la conception, la production, la commercialisation ou la distribution de nouveaux médias culturels canadiens de qualité supérieure, originaux, interactifs ou en ligne », disparaîtra fin mars, à la suite de la suppression de la subvention de 14,5 millions de dollars qu'il recevait annuellement, selon le quotidien.

Le gouvernement a aboli à la mi-août un chapelet de programmes culturels visant entre autres à assurer le rayonnement des artistes canadiens à l'étranger, une mesure qui a suscité l'indignation de l'opposition et des milieux artistiques.

La ministre du Patrimoine, en charge de la culture, Josée Verner, avait affirmé au Globe and Mail à cette occasion que ces programmes étaient « dépassés », après l'émergence des nouveaux médias.

Il faut « prendre en compte les nouveaux changements quand on fait les choses. Je pense à toutes ces nouvelles technologies » , avait-elle ajouté, laissant entendre que le gouvernement encouragerait le développement de cette branche.

Le leader libéral Stéphane Dion, principal concurrent de M. Harper pour le poste de Premier ministre, a récemment indiqué qu'après ces suppressions, il était décidé à faire de la culture un des thèmes majeurs de la campagne pour des élections, dont la tenue semble de plus en plus probable dans les semaines à venir.

 

©Musicologie.org 2008