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Jazz à la Villette
connecté à d'autres formes artistiques
Archie Shepp et Anne Teresa de Keersmaeker, Josef Nadj
et Akosh S, Vincent Courtois et Pierre Baux: pour sa 13e édition (2-14
septembre), le festival Jazz à la Villette sort le jazz de son cadre
strict et le connecte à d'autres arts, comme la danse ou la poésie.
Jazz et danse contemporains seront réunis à plusieurs
reprises, avec « A Love Supreme », un spectacle de la chorégraphe
flamande Anna Teresa de Keersmaeker, ou « Les Signes extérieurs »,
une création de Mathilde Monnier sur une musique de Louis Sclavis
(clarinette basse).
Deux expérimentateurs, le danseur-chorégraphe Boris
Charmatz et le cornettiste Médéric Collignon, confronteront leurs univers
le 3 septembre.
Josef Nadj, danseur et chorégraphe franco-serbe
d'origine hongroise, présentera « Paysage après l'orage », avec le
saxophoniste free hongrois Akosh S, un spectacle où l'improvisation est
reine.
Si leur présence en nombre dans un festival dit de jazz
est un fait nouveau, l'interconnexion entre jazz et danse ne date pas
d'hier: Anne Teresa de Keersmaeker a déjà créé une chorégraphie sur la
musique de « Bitches Brew », un album mythique de Miles Davis. Louis
Sclavis, l'une des figures essentielles du jazz et musiques improvisés,
compose pour la danse depuis plusieurs décennies.
Le comédien Jacques Bonnaffé, un adepte des expériences
avec des musiciens de jazz, est à l'affiche de deux spectacles.
Plusieurs autres concerts vont ajouter à la confusion
des genres, mêlant le jazz, le funk, la musique électro-acoustique, le
post rock, le punk.
Pierre Henry, l'un des papes de la musique concrète et
électro-acoustique, diffusera depuis la salle, devant la console son, ses
effets électroniques composés pour accompagner le trompettiste jazz Erik
Truffaz qui, lui, sera sur scène.
La soirée du 6 septembre verra s'entrechoquer le jazz,
le funk, le punk rock, le hip hop et la soul avec le trio du guitariste
américain Vernon, « Free Form Funky Freqs », ou le saxophoniste
new-yorkais James Chance et son mélange furieux de funk, de jazz et de
punk.
Autres rencontres choc, celles de Nosfell et du
Britannique Phil Minton, deux chanteurs hors normes (le 5), et du groupe
post-rock de Chicago Tortoise avec deux musiciens de la riche scène free
expérimentale de la ville (12).
Dans un festival qui revendique cette idée d'un jazz
aux contours de plus en plus flous, la présence de Bumcello, le duo animé
par Vincent Segal (violoncelle, samples) et Cyril Atef (percussions,
samples), qui gravitent autour d'une planète dont le jazz n'est qu'un des
nombreux satellites (funk, soul, soukous, musique orientale...).
Toutes ces aventures ne doivent pas faire oublier la
présence au festival de plusieurs grands noms d'un jazz au sens plus
orthodoxe du terme, au premier rang desquels figure celui de Lalo
Schifrin.
Ce pianiste-compositeur ayant un pied à Hollywood - il
a composé notamment les musiques de « Bullit » ou « Mission
impossible » -, fut aussi musicien et arrangeur de Dizzy Gillespie. Il
viendra jouer un répertoire jazz.
Plusieurs saxophonistes de premier plan sont à
l'affiche: Charles Lloyd, Joshua Redman, Mark Turner.
La formule du big band sera par ailleurs représentée
sous diverses formes, depuis Le Sacre du Tympan du bassiste Fred Pallem et
ses pastiches de musiques de films hollywoodiennes, au grand ensemble
Matthew Herbert. Ce musicien issu de la scène électro s'est épris du
jazz classique, qu'il interprète avec respect tout en y incorporant des
samples. (AFP / Christophe CHEYNIER

Bayreuth : La bataille pour la
succession
devrait être tranchée lundi
Signe des temps, le festival de Bayreuth s'était achevé
jeudi dernier sur « Parsifal », opéra de Wagner mettant en scène des
chevaliers en quête d'un sauveur: lundi doit être tranchée la succession
de Wolfgang Wagner, petit-fils du maître de l'opéra.
M. Wagner, 89 ans, a accepté cette année d'abandonner
la tête de plus prestigieux festival de musique du monde après 57 ans sur
le « trône », dont 42 sans partage.
Comme les chevaliers du Saint-Graal, Bayreuth est en
quête d'un nouveau chef capable d'insuffler de nouvelles visions après des
années de stagnation artistique.
Le « conseil de la fondation » qui dirige le
festival, se réunit le 1er septembre pour décider qui reprendra les
rênes.
Jusqu'à récemment, les jeux semblaient faits: Katharina
Wagner, 30 ans, et Eva Wagner-Pasquier, 63 ans, toutes deux filles de
Wolfgang et issues de deux mariages différents, s'étaient alliées pour se
porter candidates, même si l'alliance des deux demi-soeurs paraissait
étrange.
Mais, avec la candidature de dernière minute de la
nièce de Wolfgang, Nike Wagner, 63 ans, et du Belge Gerard Mortier,
actuellement à la tête de l'Opéra de Paris, la course est de nouveau
ouverte.
Conformément aux statuts du festival, fondé par Richard
Wagner en 1876, il doit rester sous le contrôle des descendants, à moins
qu'ils ne conviennent pas pour un tel poste.
Or les différentes branches de la dynastie se sont
livrées à une bataille qui a fait les choux gras des médias.
Wolfgang a dirigé seul Bayreuth d'une main de fer
depuis le décès de son frère Wieland, en 1966. Même ses détracteurs les
plus virulents admettent qu'il a permis à Bayreuth d'être ce qu'il est.
Mais beaucoup d'observateurs pensent que son long règne a contribué à
fossiliser le festival.
Quand le conseil de la fondation a nommé officiellement
Eva comme successeur de Wolfgang en 2001, le patriarche a tout simplement
ignoré cette décision, jugeant Eva incompétente et insistant pour diriger
à vie le Festival.
Mais, à la suite de la mort inattendue de son épouse
Gudrun l'an dernier, les relations entre Wolfgang et Eva se sont dégelées.
Il a finalement accepté un compromis prévoyant que Eva et Katharina
prendraient conjointement les commandes.
Cette proposition semblait devoir satisfaire quasiment
tout le monde: Wolfgang, le conseil de la fondation, les autorités
régionales et fédérales qui subventionnent le festival, et la toute
puissante Société des amis de Bayreuth, plus important donateur.
Une seule personne était laissée sur le carreau: Nike,
qui avait prévu de diriger le festival avec Eva. Nike assure aujourd'hui
que la porte reste ouverte à Eva, qui serait « bienvenue » si elle
voulait se joindre à elle et à Mortier.
Nike dirige son propre festival, « Perelinages » à
Weimar, et Mortier, 64 ans, s'est fait un nom à la tête du Théâtre de la
Monnaie à Bruxelles avant de diriger le festival réputé de Salzbourg.
Mortier a aussi fondé la Triennale de musique et le Théâtre de la Ruhr, et
prendra les rênes du New York City Opera l'an prochain.
A 30 ans, Katharina est encore trop jeune pour diriger
un festival du calibre de Bayreuth. Mais le tandem Katharina-Eva, étant
donné l'expérience de la seconde -d'Aix-en-Provence à Londres et New York
—, pourrait s'avérer un duo vainqueur.
Katharina a mis au point cette année la première
retransmission en direct sur internet d'un opéra depuis Bayreuth et une
diffusion gratuite à l'extérieur sur écran géant qui a connu un franc
succès.
Elle veut continuer sur sa lancée, promettant des
opéras pour enfants et une académie pour les jeunes talents. Elle s'est
aussi engagée auprès d'historiens indépendants à leur ouvrir les archives
pour enquêter sur le passé nazi du festival.
Nike, pour sa part, n'a pas perdu tout espoir.
« Parfois, je crois encore aux miracles », déclarait-elle récemment.
(AFP / Simon MORGAN
Au Canada, un fonds pour les nouveaux
médias
est menacé de suppression
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper va
supprimer un fonds destiné aux nouvelles technologies et aux médias
interactifs, rapporte samedi le Globe and Mail.
Le Fonds des nouveaux médias du Canada, dont la mission
officielle est « la conception, la production, la commercialisation
ou la distribution de nouveaux médias culturels canadiens de qualité
supérieure, originaux, interactifs ou en ligne », disparaîtra fin mars, à
la suite de la suppression de la subvention de 14,5 millions de dollars
qu'il recevait annuellement, selon le quotidien.
Le gouvernement a aboli à la mi-août un chapelet de
programmes culturels visant entre autres à assurer le rayonnement des
artistes canadiens à l'étranger, une mesure qui a suscité l'indignation de
l'opposition et des milieux artistiques.
La ministre du Patrimoine, en charge de la culture,
Josée Verner, avait affirmé au Globe and Mail à cette occasion que ces
programmes étaient « dépassés », après l'émergence des nouveaux
médias.
Il faut « prendre en compte les nouveaux
changements quand on fait les choses. Je pense à toutes ces nouvelles
technologies » , avait-elle ajouté, laissant entendre que le
gouvernement encouragerait le développement de cette branche.
Le leader libéral Stéphane Dion, principal concurrent
de M. Harper pour le poste de Premier ministre, a récemment indiqué
qu'après ces suppressions, il était décidé à faire de la culture un des
thèmes majeurs de la campagne pour des élections, dont la tenue semble de
plus en plus probable dans les semaines à venir.
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