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Musicologie.org 2008
56 rue de la Fédération
93100 Montreuil

Actualités musicales

1er mai - 10 mai 2008

 


Actualités musicales du 1er mai 2008

Wolfgang Wagner,
le « patriarche » du Festival de Bayreuth,
tire sa révérence

Régnant sur la « Colline Verte » depuis plus d'un demi-siècle, le directeur du festival de Bayreuth (sud de l'Allemagne), Wolfgang Wagner, 88 ans, a annoncé qu'il allait quitter son poste, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour le temple de la musique wagnérienne.

A la tête depuis 1951 du festival fondé par le compositeur Richard Wagner lui-même, son petit-fils Wolfgang « a annoncé sa démission, au plus tard le 31 août prochain », a indiqué mardi à l'AFP Toni Schmid, le président du conseil d'administration du festival, qui s'est réuni mardi après-midi pour évoquer sa succession.

Celle-ci devrait probablement échoir aux filles de Wolfgang Wagner, Eva Wagner-Pasquier, 63 ans, et Katharina Wagner, 29 ans, née d'un second mariage. La décision définitive doit être prise d'ici début septembre, a précisé M. Schmid.

La succession à la direction du festival fait l'objet depuis plus de dix ans d'un conflit sans merci entre les descendants de M. Wagner, mais aussi entre Wolfgang Wagner et le conseil d'administration du festival.

Le délai de quatre mois prévu pour le dépôt des candidatures ne devrait être qu'une mesure formelle. Que ce soit au niveau fédéral ou régional, les autorités ont d'ores et déjà approuvé le concept d'une direction en tandem entre les deux demi-soeurs.

Un modèle qu'a déjà connu le festival entre 1951 et 1966.

Après la Seconde guerre mondiale, marquée par la compromission de leur mère, Winifred, avec le régime nazi et Adolf Hitler en particulier, Wolfgang Wagner avait dirigé conjointement le festival avec son frère Wieland jusqu'à la mort de ce dernier en 1966.

Depuis, le « patriarche » règne seul sur « la Colline Verte », avec un contrat à vie de directeur. Son style autocratique et son refus obstiné de démissionner ont été critiqués, y compris par de grands artistes comme la cantatrice allemande Waltraud Meier, qui a décidé de ne plus mettre les pieds sur la scène de Bayreuth tant que durera le règne de Wolfgang Wagner.

La guerre de succession avait atteint son paroxysme en 2001, lorsque le « Stiftungsrat » avait plaidé en faveur d'Eva Wagner-Pasquier, issue d'un premier mariage. Mais, Wolfgang Wagner avait opposé à cette nomination une fin de non-recevoir.

Wolfgang Wagner, qui a signé douze mises en scènes à Bayreuth et présenté environ 1.600 représentations au théâtre de la Colline Verte, s'entêtait à ne vouloir passer le témoin qu'à Katharina, fruit de son union avec sa seconde épouse Gudrun, provoquant l'impasse.

La mort de Gudrun en novembre dernier, à l'âge de 63 ans, semble avoir contribué à faire bouger les choses à Bayreuth, tout comme la pression financière des institutions qui financent le festival, selon la presse allemande.

Collaboratrice très influente du directeur du festival de Bayreuth, Gudrun « a sacrifié la paix familiale sur l'autel de son ambition », écrivait le quotidien Die Welt à la mi-avril.

Après la mort de sa femme, Wolfgang Wagner s'est réconcilié avec sa fille Eva, qui a lontemps dirigé le festival d'Aix-en-Provence, en France, et qui a accepté de partager le pouvoir avec sa demi-soeur de 34 ans sa cadette.

Katharina, critiquée pour sa jeunesse et son manque d'expérience par ses détracteurs, dont sa cousine Nike Wagner, musicologue de 62 ans également prétendante à la direction du festival, pourrait profiter de l'expérience de sa demi-soeur.

En 2007, l'arrière-petite-fille de Richard Wagner a fait ses débuts de metteur en scène sur la Colline verte avec une production résolument contemporaine du compositeur: « Les Maîtres chanteurs de Nuremberg » (1868).

« Argippo », opéra perdu de Vivaldi,
ressuscite à Prague après 278 ans d'oubli

A 37 ans, le chef d'orchestre tchèque Ondrej Macek joue un coup de maître: il a retrouvé et va diriger « Argippo », un opéra baroque de Vivaldi dont toute trace avait disparu après une unique représentation à Prague, en 1730.

« J'étais vraiment très content quand j'ai retrouvé les partitions que tout le monde croyait perdues », explique sobrement le musicien.

C'était fin novembre 2006, la nouvelle fit grand bruit dans les milieux amateurs. Pour Francesco Fanna, le directeur de l'Institut Vivaldi joint à Venise, il s'agit là d'une découverte « exceptionnelle ».

Seize mois plus tard, Ondrej Macek attend fébrilement la première du « drame musical en trois actes » prévue samedi dans la grande Salle espagnole du Château de Prague.

Ce lieu prestigieux, d'habitude réservée aux grandes réceptions officielles ou aux sessions parlementaires extraordinaires, est « une des rares salles de Prague avec une acoustique adaptée à la musique baroque », explique ce claveciniste diplômé es musicologie qui dirige depuis le début des années 90 son ensemble baroque.

En même temps, le Château majestueux qui surplombe la capitale tchèque lui semblait particulièrement adapté pour marquer le retour en musique du seul opéra composé par Antonio Vivaldi (1678-1741) pour Prague.

Jusque là, beaucoup avaient recherché la partition perdue d'Argippo. En vain. « Ils s'étaient arrêtés à Prague », explique Ondrej Macek non sans malice.

Habitué à fouiller les archives pour exhumer les oeuvres oubliées du 18è, le chef tchèque assure que le jeu de piste fut « facile ». Le théâtre privé du comte Franz Anton Sporck qui avait commandité l'opéra avait brûlé, seul subsistait un exemplaire du livret à la Bibliothèque nationale, il chercha « logiquement » la trace des musiciens italiens recrutés pour la première.

« Après Prague, la compagnie d'Antonio Denzio est partie à Regensburg, j'ai décidé d'aller là-bas moi aussi », raconte-t-il. Sa quête le conduit au château de St Emmeram, dans les archives privées de la maison princière Thurn und Taxis, en Bavière. Au bout de deux semaines, il tombe sur des partitions classées dans un fascicule de musiques baroques.

« J'ai tout de suite su que c'était ce que je cherchais, parce que tout correspondait au livret archivé à la Bibliothèque nationale de Prague« , se souvient le musicien, un éclair dans les yeux.

Après authentification au très officiel Institut Vivaldi de Venise, il se lance dans une reconstitution. Car les partitions manuscrites archivées à Regensburg, « des copies de facture grossière comportant de nombreuses erreurs » selon lui, sont incomplètes: il manque environ un tiers de l'opéra.

Il lui a fallu puiser dans les arias composées par Vivaldi à la même époque pour compléter le drame musical bâti autour de l'histoire d'une princesse amoureuse abusée par un prétendant malhonnête. Pendant les répétitions, chanteurs, violons et violoncelle réunis autour d'Ondrej Macek au clavecin, ont ensuite ressuscité avec enthousiasme cette musique aux phrasés étrangement familiers.

Après Prague, « Argippo » sera joué début juin au théâtre baroque de Cesky Krumlov, à la frontière autrichienne, un des rares en Europe à avoir échappé à la destruction, puis en octobre à Venise, la ville natale de Vivaldi.

Rigoletto à Lille
sous la direction musicale
de Roberto Rizzi Brignoli

L'Opéra de Lille présentera à huit reprises, à partir du 7 mai et jusqu'au 25 mai, sa nouvelle production « Rigoletto » de Verdi sous la direction musicale de Roberto Rizzi Brignoli et dans une mise en scène d'Yves Beaunesne.

Après le succès de « La Traviata » en 2007, l'Opéra reprend un autre « sommet de l'art » du compositeur italien, explique Caroline Sonrier, directrice de l'Opéra de Lille.

Créé en 1851 d'après « Le Roi s'amuse » de Victor Hugo, le drame révolutionnaire de Verdi, porté par le duo Rigoletto - bouffon du Duc de Mantoue le jour et père protecteur le soir - et sa fille Gilda « raconte l'histoire d'une rencontre improbable entre la beauté et la laideur », affirme le metteur en scène, Yves Beaunesne, qui avait déjà collaboré avec l'Opéra de Lille sur « Werther »

Robert Rizzi Brignoli, remarqué à la Scala de Milan dans les années 90, évoque « un opéra incroyable par sa modernité, (..) construit sur le récitatif et le dialogue entre les personnages ». Le chef d'orchestre précise qu'il préfère travailler « lorsqu'il y a la possibilité de faire du théâtre dans la musique ».

Le texte, basé sur le livret de Francesco Maria Piave, sera servi par une distribution internationale de la nouvelle génération de chanteurs. Gilda, « la figure qui fait avancer l'histoire », selon Yves Beaunesne, sera incarnée par la soprano américaine Stacey Tappan, le duc de Mantoue par le ténor new-yorkais Dimitri Pittas et Stephano Antonucci, grand représentant de l'école italienne, sera l'interpréte de Rigoletto.

Les 10.000 places, mises en vente le 27 mars, se sont écoulées en moins d'une semaine.

Un succès dont se félicite Caroline Sonrier qui veut « solliciter un public plus large » pour ces grands répertoires de l'opéra. Elle a d'ailleurs annoncé des représentations supplémentaires pour la saison prochaine.

Saison de brassages,
au théâtre du Châtelet,
avec Sting et Placido Domingo

Le Châtelet a annoncé mardi sa saison 2008-2009, qui comportera des productions musicales, lyriques et chorégraphiques en tous genres, avec Sting ou Placido Domingo, et sera fidèle aux idées de « surprises » et de « brassages » chères à son directeur Jean-Luc Choplin.

Parmi les événements de la saison du théâtre musical de Paris figurera en novembre le passage du disque à la scène de « Welcome to the Voice », un opéra à la frontière du rock et du lyrique avec les Anglais Sting et Elvis Costello.

En juin, le Châtelet créera « Pastorale » du compositeur contemporain Gérard Pesson, dans une mise en scène du vidéaste burlesque Pierrick Sorin, avec la participation de « plusieurs nouvelles stars de la variété » dont l'identité n'a pas encore été divulguée.

« Je travaille à rendre floues les frontières, les barrières entre les choses, en essayant de réserver des surprises. Vive le brassage dans tous les sens, le brassage artistique mais aussi celui des publics ! », déclare Jean-Luc Choplin en amont de sa troisième saison.

Après le cinquantenaire de « Candide » en 2006-2007 et celui de « West Side Story » la saison suivante, le Châtelet poursuivra son hommage à Leonard Bernstein avec la première française, pour les fêtes de fin d'année, d'« On the Town », la première comédie musicale signée par le tandem formé par le compositeur américain et son compatriote chorégraphe Jerome Robbins.

Oeuvre de jeunesse de Wagner, « Les Fées » sont annoncées en « création scénique en France » au printemps sous la baguette de Marc Minkowski et dans une mise en scène de l'Espagnol Emilio Sagi, avec un rideau d'avant-scène illustré par Gérard Rancinan, photographe très en vue.

Après avoir dirigé en fosse en juillet prochain l'adaptation scénique de « La Mouche » de Cronenberg, le ténor espagnol Placido Domingo campera sur scène en mai l'un de ses rôles fétiches, « Cyrano de Bergerac » de Franco Alfano, en compagnie de la Roxane de la soprano française Nathalie Manfrino.

Autre fidèle, le chef baroque Jean-Christophe Spinosi règlera en janvier des « Vêpres de la vierge » de Monteverdi « mises en abîme », selon les mots de Jean-Luc Choplin, par le plasticien russe Oleg Kulik. En juin, le Châtelet résonnera des bruits de tambours japonais en juin avec la troupe de Kodo.

La saison s'ouvrira sur la comédie musicale « Tanguera », une « histoire d'amour et de mort » à Buenos Aires. La danse sera d'ailleurs fortement représentée avec à l'automne la première venue à Paris depuis 1965 de l'Australian Ballet et une pièce féerique du Britannique Matthew Bourne d'après « Edward aux mains d'argent » de Tim Burton, la visite en avril de la Martha Graham Dance Company et celle des virils Ballets Trockadero de Monte-Carlo puis le séjour en juillet, pour ses 50 ans, de l'Alvin Ailey American Dance Theater.

Le tout avec un budget stable d'un peu moins de 30 millions d'euros (dont 18 M EUR apportés par la ville de Paris) qui fait du Théâtre de Châtelet la deuxième institution lyrique de la capitale derrière l'Opéra de Paris.

« La mue du Châtelet est terminée: nous parions sur un grand renouvellement de styles tout en étant fidèles à l'esprit féérique, spectaculaire et international du lieu », se réjouit Jean-Luc Choplin, qui se félicite d'avoir fait passer la fréquentation du théâtre de 180.000 spectateurs par saison, du temps où c'était une maison d'opéra « classique », à 300.000 aujourd'hui.

Roberto Alagna
jouera le rôle d'André Chénier
au cours de la saison 2008-2009
de l'Opéra de Monte-Carlo

Jean-Louis Grinda, directeur de l'Opéra de Monte-Carlo, a présenté mercredi la saison monégasque 2008-2009 où le ténor Roberto Alagna brillera, en première mondiale, dans le rôle d'André Chénier dans l'opéra du même nom d'Umberto Giordano.

Le célèbre ténor, qui vient d'interpréter Cyrano de Bergerac à Monte-Carlo, reviendra dans la principauté pour y interpréter André Chénier (19, 22, 25 et 27 février), rôle mythique pour les ténors, qu'il chantera ensuite sur la scène du Metropolitan opera de New York.

Deux nouvelles productions devraient également marquer cette saison monégasque: la Flûte enchantée de Mozart mise en scène par Jean-Louis Grinda lui-même (les 19, 21 et 23 novembre au Grimaldi Forum), avec une direction musicale de Philippe Auguin, ainsi que Norma de Bellini, mise en scène par le directeur des ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot, avec la soprano arménienne Hasmik Papian dans le rôle titre. Les costumes seront signés Karl Lagerfeld (20, 22, 24 et 27 mars).

Le baryton basse allemand Albert Dohmen interprétera le Hollandais Volant dans le Vaisseau fantôme de Richard Wagner, une production de l'Opéra national de Bordeaux qui sera jouée les 23, 25, 27 et 29 janvier à Monte-Carlo.

L'infidélité déçue, un opéra-bouffe de Franz Joseph Haydn sera joué pour la première fois à Monte-Carlo dans une mise en scène de Richard Brunel. La direction musicale sera assurée par Jérémie Rhorer (5, 7 et 9 décembre).

La basse géorgienne Paata Burchuladze interprétera des mélodies russes (21 février). Pour terminer la saison, La Dame de Pique, un opéra en trois actes de Tchaïkovski, avec Vladimir Galouzine dans le rôle de Hermann sera jouée les 24, 26, 28 et 30 avril, en première à l'Opéra de Monte-Carlo.

La saison prochaine verra l'Opéra de Monte-Carlo sortir de ses murs. Un Don Giovanni de Mozart sera présenté à Dublin et la Chauve-Souris de Johann Strauss à Montpellier à des dates qui n'ont pas encore été déterminées.

Amica de Mascagni, qui a été crée sur la scène de l'Opéra de Monte-Carlo, sera à Rome en octobre.

Jean-Louis Grinda a par ailleurs souligné les résultats satisfaisants de la saison 2007-2008 qui a accueilli 17.500 spectateurs, et engrangé des recettes de 850.000 euros.

Georges Moustaki :
Mai 68 a été un moment de grâce

Georges Moustaki, qui sortira son nouvel album (intitulé « Solitaire ») le 5 mai, avait 34 ans en mai 68 et en garde le souvenir d'un « moment de grâce ».

Il assimile à un « crime de lèse-liberté » l'idée d'en « liquider l'héritage » lancée il y a un an par Nicolas Sarkozy avant son élection.

Q: Quel souvenir gardez-vous de mai 68?

R: « C'était tellement beau. J'avais déjà ce que je souhaitais, une vie qui me plaisait. Les jeunes gens qui avaient 15 ans de moins que moi aspiraient à la même chose, avec une exigence à la fois semblable, parce qu'ils avaient le désir de changer leur vie, et différente, parce qu'ils avaient des convictions plus radicales. J'avais envie de les rencontrer. On est allé avec Higelin et nos guitares pour le dire dans notre langage, aussi bien à la Sorbonne que dans les usines. On s'est laissé emporter par cette contestation joyeuse et en même temps crédible. J'étais dans un groupe très actif, avec notamment Ariane Mnouchkine. Tous les jours, on prenait notre téléphone et on se disait: on va à Citroën ou à Assas ».

Q: Comment avez-vous vécu le retour à la normale?

R: « J'étais un peu plus âgé que les autres, donc ce n'était pas un rêve déçu. Je regrettais que ça n'ait pas duré plus longtemps, sinon continuellement. Je n'en ai pas fait une maladie, mais il y avait des jeunes gens dans mon groupe, comme Maxime Le Forestier ou (le guitariste) Joël Favereau, qui se sont dit tout à coup: Qu'est-ce qu'on va faire maintenant?. On était dans une spirale très euphorique et l'euphorie est retombée. Aujourd'hui, Cohn-Bendit est devenu politicien alors que c'était un joyeux trublion. Beaucoup de héros de mai 68 ne sont pas dignes, à mes yeux, de ce qu'ils ont vécu. J'espère ne pas en faire partie » (rires).

Q: Que vous avait inspiré l'idée de Nicolas Sarkozy d'en « liquider l'héritage »?

R: « C'était un crime de lèse-liberté. Quoi qu'on en ait pensé, mai 68 a été un moment de grâce, même pour la partie adverse. Il y a eu tout à coup une prise de conscience qu'on avait l'obligation de se réveiller, de ne pas rester dans le ronron d'avant 68 ».

Le musée de Woodstock
ouvrira ses portes le 2 juin

Un musée consacré au célèbre festival de rock de Woodstock organisé en 1969 dans une ferme à Bethel (nord de l'Etat de New York) ouvrira ses portes le 2 juin prochain, ont indiqué mardi ses organisateurs dans un communiqué.

Le musée entend préserver l'héritage et le lieu de l'événement, qui avait rassemblé près d'un million de spectateurs venus écouter pendant trois jours les légendaires Jimmy Hendrix, Joan Baez, Santana, Janis Joplin, les Who ou les Greateful Dead.

Le musée, situé à quelque 170 kilomètres de New York, explore l'expérience unique que constitua le festival de Woodstock, sa signification en tant qu'événement culminant d'une décennie de bouleversements sociaux et le legs culturel des années 60 sur le monde actuel, ajoute le communiqué.

D'après les organisateurs, il s'agira d'une « expérience multimédia captivante, qui associe la projection de films, l'exposition d'écrits et d'objets qui relatent cette aventure unique que fut Woodstock ».

Le musée sera intégré au Centre artistique de Bethel Woods, qui héberge un théâtre couvert d'une capacité de 4.500 sièges et d'autres espaces ouverts.

La comédie musicale « Hair »
fête ses 40 ans
et revient dans Central Park

La célèbre comédie musicale « Hair », qui avait révolutionné le genre dans les années 60 à New York avant de s'installer à Londres, Paris puis de faire le tour du monde, fête mardi son quarantième anniversaire et va renaître dans Central Park l'été prochain.

Jouée pour la première fois sur une grande scène de Broadway le 29 avril 1968, l'oeuvre écrite par James Rado et Jérome Ragni sur des airs de Galt MacDermot avait vu le jour un an plus tôt dans les salles plus discrètes de l'« off-Broadway » dans une production du Public Theater, qui organise la reprise de l'été 2008.

Jugé très provocant en raison de ses textes qui abordaient ouvertement les thèmes de l'homosexualité, de la masturbation, ou de la drogue, choquant en raison de la nudité de certaines scènes, « Hair » était très vite devenu le porte-drapeau de l'Amérique des opposants à la guerre du Vietnam, et des « hippies ».

La comédie musicale raconte l'histoire d'une bande de jeunes pacifistes qui vivent dans l'East village à Manhattan, militent contre la guerre et pratiquent l'amour libre.

Certaines des chansons, comme « Let the sunshine in », « The age of Aquarius », « I got life » ont été au sommet des hit-parades pendant des mois, et figuraient encore en 2006, dans un sondage mené par la BBC, sur la liste des chansons les plus écoutées.

Après quatre ans de spectacle ininterrompu à Broadway, la comédie musicale avait gardé l'affiche cinq ans à Londres, et a fait depuis le tour du monde à l'exception de quelques pays comme la Chine ou le Vietnam.

Le réalisateur Milos Forman l'a adaptée avec succès au cinéma en 1979. En mai 1988, le vingtième anniversaire avait été célébré par une représentation à l'ONU au bénéfice des enfants malades du sida, un événement promu par la Première dame de l'époque, Nancy Reagan.

Les représentations de cet été auront lieu dans Central Park du 22 juillet au 17 août, a indiqué un porte-parole du Public Theater.

Plainte du syndicat phonographique (Snep)
au CSA contre W9 et Virgin 17

Le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), se plaint dans une lettre adressée au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de la place qu'occupe la musique dans la programmation de deux chaînes gratuites de la télévision numérique terrestre (TNT), W9 et Virgin 17.

« Nous ne pouvons pas accepter que Virgin 17 comme W9 puissent être considérées comme des télévisions à dominante ou à majorité musicale et s'exonérer, si elles le souhaitent, de toute contrainte musicale aux heures de grande écoute », écrit le Snep dans une lettre publiée mercredi.

Le Snep rappelle que les décisions d'autorisations prises en 2005 par le CSA ont été censurées par le Conseil d'Etat le 26 février dernier et que cette censure « pose avec acuité la question de leur programmation ».

Saisi par TF1, NRJ et le groupe AB, le Conseil d'Etat avait jugé les conventions passées entre le CSA et ces deux chaînes « illégales », car elles avaient fait passer les deux chaînes d'un format purement musical à un format plus généraliste.

« Les deux chaînes diffusent le plus souvent en début de soirée des oeuvres de fiction », souligne le Snep, ajoutant qu'il faut « réajuster les contraintes musicales de W9 et Virgin 17 en prime time » (première partie de soirée).

En ce qui concerne W9, l'annulation de sa convention la renvoie à une convention antérieure qui prévoyait plus de clips musicaux, moins de films et moins de publicité.

Pour sa part, Virgin 17 conserve sa fréquence, mais doit conclure une nouvelle convention avec le CSA.

« Il est clair que la diminution des heures de programmes musicaux de M6 associée à la possibilité pour Virgin 17 et W9 de s'affranchir de toute obligation de programmer de la musique aux heures où la télévision est la plus regardée, loin de représenter un accroissement de l'offre, constitue un affaiblissement », souligne le Snep dans sa lettre.


Actualités musicales du 2 mai 2008

Syd Matters,
la folk loin de la planète starlettes

A « des milliards de kilomètres » de la planète starlettes, le Français Jonathan Morali, le leader du groupe Syd Matters, continue de creuser, dans l'intimité de sa chambre et sur scène, le sillon d'une folk mélodique et atmosphérique.

Depuis qu'il a été révélé en 2003 par la première édition du concours CQFD des Inrockuptibles, le Parisien a grandi, au fil de trois albums, dont le dernier, « Ghost Days », est sorti en janvier. Il le présente actuellement sur scène avec ses quatre musiciens lors d'une tournée en France, Suisse et Belgique.

« Les jours fantômes, ça résume bien ces jours où je passe du temps tout seul dans ma chambre, avec l'impression que l'univers se réduit à cet espace », explique-t-il à l'AFP.


Syd Matters, « To All Of You »

Pour raconter ces « jours fantômes », il utilise des mélodies soignées, à l'allure folk empreinte de modestie mais habillée d'orchestrations d'ampleur.

Il a des modèles, Nick Drake pour la folk, Pink Floyd (« Syd Matters » fait référence au premier guitariste du Floyd, Syd Barrett) et Radiohead, pour les « orchestraux ».

De ces maîtres méticuleux il a adopté le perfectionnisme, mais pas le goût du labeur sans fin, en dépit d'une propension à camper dans sa chambre la guitare à la main.

« Au lieu de nous réécouter 10.000 fois à la recherche de l'équilibre parfait des chansons, on a cherché la spontanéité, le vivant, cherché à faire quelque chose de complexe mais qui sonne évident », affirme-t-il.

Il ne récuse pas l'étiquette de « chanson mélancolique » qu'on lui accole souvent, et qu'il attribue principalement à sa voix. « Syd Matters avec un autre chanteur, ce ne serait pas tristounet », rigole-t-il.

Il a récemment trouvé l'occasion d'élargir son public grâce à une nomination aux Victoires de la musique. Syd Matters a été cité pour la bande originale du film de Nicolas Klotz, « La Question humaine », mais a été devancé par Eric Serra pour la musique de « Arthur et les Minimoys », de Luc Besson.

Morali et ses musiciens se sont sentis « comme le cousin de province mal sapé » lors de la soirée organisée le 8 mars.

« La cérémonie, pompeuse, est faite de telle sorte que tu te retrouves dans une situation où tu espères gagner, tu te prends au jeu, l'esprit de compétition naît, comme si tu étais en lice pour être employé du mois », reconnaît-il.

« Je le dis sans condescendance, mais la variété est un monde de starlettes, ajoute-t-il. Des vedettes qui ne se contentent pas de faire de la musique mais doivent aussi se coiffer comme il faut, plaire à la ménagère, passer chez Drucker. C'est un monde à des milliards de kilomètres du nôtre ».

Teknival : 4.000 teufeurs
arrivés sur l'ancien site de l'Otan
à Crucey-Villages

Quatre mille teufeurs et huit camions sound-system sont arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi sur l'ancienne base militaire de l'Otan située à Crucey-Villages (Eure-et-Loir), près de Dreux à l'occasion du Teknival, a annoncé la préfecture d'Eure-et-Loir.

« L'ambiance est calme pour le moment », a estimé Eric Spitz, secrétaire général de la préfecture, selon lequel 40 à 50.000 teufeurs sont attendus « entre vendredi et samedi », au plus fort de cet événement qui dure jusqu'à dimanche.

Mille personnes dont 250 en permanence sont chargées de veiller « à ce que ce Teknival  »ne soit pas une zone de non droit« , a affirmé à l'AFP M. Spitz, qui a fait état d'une importante mobilisation de forces de l'ordre.

La tenue de ce Teknival, pour la deuxième fois sur ce site (le premier avait eu lieu en 2005), a provoqué la colère des riverains et des élus du département. Une centaine de maires d'Eure-et-Loir avait ainsi manifesté mercredi leur opposition au déroulement de cette manifestation à l'appel du député-maire (UMP) de Dreux, Gérard Hamel.

Celui-ci s'estime « trahi » par Nicolas Sarkozy, duquel il avait reçu en 2005 l'assurance, lorsqu'il était ministre de l'intérieur, qu'il n'y aurait plus de Teknival sur cette ancienne base militaire.

M. Hamel avait toutefois assuré mercredi le préfet d'Eure-et-Loir que l'ensemble des élus agirait lors de ce week-end de manière responsable. « Nous ferons tout pour éviter, autant que faire se pourra, que des drames irrémédiables ne se produisent ».

En 2005, le corps d'un homme de 30 ans avait été retrouvé dans un fossé. Il avait succombé à une overdose.

Yoko Ono et World Wide Video
suspendent la diffusion
d'images de John Lennon

La veuve de John Lennon et une association de collectionneurs se sont entendus pour ne pas diffuser une vidéo montrant l'ancien chanteur des Beatles en train de fumer de la marijuana et de composer jusqu'à ce qu'un tribunal de Boston tranche la question des droits d'auteur.

Les avocats de Yoko Ono et de World Wide Video, un groupe de collectionneurs d'objets liés aux Beatles dont le siège est dans le Massachusetts (nord-est des Etats-Unis), se sont brièvement rencontrés mercredi pour mettre au point un calendrier.

Une première audience devant un tribunal du Massachusetts « aura lieu le 21 mai », a déclaré à l'AFP Joseph Doyle, avocat de World Wide Video, qui assure avoir acheté les droits de ces images au premier mari de Yoko Ono, Anthony Cox, qui les avait réalisées en 1970.

« Les deux parties sont convenues de ne pas diffuser les images tant que le cas n'est pas réglé devant les tribunaux », a précisé à l'AFP Claire Papanastasiou, porte-parole des avocats de Yoko Ono.

Les images montrent notamment John Lennon fumant de la marijuana, pendant qu'il compose des chansons comme « Remember » ou « Mind Games », puis avançant l'idée de mettre du LSD dans le thé de Richard Nixon, alors président des Etats-Unis,

Selon Ray Thomas, producteur exécutif de World Wide Video qui a pris l'initiative de cette bataille juridique, « John Lennon - 3 jours dans une vie », immortalise un moment historique de la vie de l'artiste assassiné en 1980 à l'âge de 40 ans à New York.

« Cette vidéo permet à une nouvelle génération de partager avec ceux qui ont vécu cette époque une vision profonde des différentes facettes de l'homme qui avait instauré de nouveaux standards dans l'art, la musique, la mode et la politique », avait déclaré récemment Ray Thomas dans un communiqué.

Bahreïn : concert d'une star glamour libanaise
malgré l'opposition islamiste

La chanteuse libanaise Haïfa Wehbe, connue pour ses tenues et son allure « glamours », s'est produite mercredi soir à Manama malgré l'opposition du Parlement bahreïni, dominé par les islamistes.

« Haïfa Wehbe était en tenue très décente » au point qu'« on avait l'impression qu'elle était voilée », a dit, amusé, Adel Srour, l'un des nombreux spectateurs qui ont assisté au spectacle.

Mais la star « a fait une prestation très correcte par rapport à ses concerts habituels », a ajouté ce Bahreïni de 37 ans, qui était en famille pour le spectacle de mercredi.

Haïfa Wehbe portait une longue robe verte avec un col en V, laissant apparaître un décolleté plongeant, selon des photos de la star publiées par le quotidien Al-Ayyam.

 
Haïfa Wehbe 

Le concert, qui s'est prolongé tard dans la nuit de mercredi à jeudi, a attiré de nombreux Bahreïnis et ressortissants des autres monarchies du Golfe, a ajouté le journal.

La star libanaise s'est produite au lendemain d'un vote par le Parlement bahreïni, dominé par les islamistes, d'une motion urgente demandant au gouvernement de faire le nécessaire pour l'interdire.

Ce vote du Parlement, où les islamistes détiennent trois-quart des 40 sièges, était intervenu malgré les assurances des organisateurs du concert que la star libanaise serait vêtue sagement, de façon à respecter les traditions du pays.

Les députés islamistes font régulièrement campagne pour interdire des concerts ou autres formes de spectacles susceptibles, selon eux, de violer les principes islamiques de Bahreïn, un pays jugé cependant relativement libéral par rapport à d'autres monarchies du Golfe.

Il y a quatre ans, les députés islamistes sunnites étaient parvenus à forcer la chaîne de télévision satellitaire MBC, contrôlée par des capitaux saoudiens, de suspendre la production d'une version arabe de l'émission de télé-réalité Big Brother qui était en train d'être filmée à Bahreïn.

Pour eux, une telle émission violait les traditions islamiques.

Les islamistes chiites, dans l'opposition, sont entrés au Parlement à la faveur des élections de 2006.

Bob Dylan a rejoint l'affiche
du 3e festival Virgin Mobile

Bob Dylan a rejoint l'affiche du 3e festival Virgin Mobile, prévu sur l'hippodrome de Pimlico à Baltimore (Maryland) les 9 et 10 août. Parmi les autres artistes figurent The Offspring, Wilco, Iggy & les Stooges, Chuck Berry ainsi que les Foo Fighters, Jack Jackson, Kanye West, Nine Inch Nails et les Stones Temple Pilots, ces derniers ayant été annoncés précédemment.


Bob Dylan, « Blowin' In the Wind » (1963)

Ce festival prévoit deux scènes principales disposées sur le champ de courses, ainsi qu'une grande tente qui abritera un dance-floor pour la musique électronique.

Selon les organisateurs, l'édition de l'an dernier avait atteint les 74.000 spectateurs, autour d'une affiche où l'on comptait Police, les Smashing Pumpkins, les Beastie Boys et une quarantaine d'autres groupes ou artistes.

Les paroles manuscrites
de « Give Peace A Chance », de Lennon
mises à l'encan en juillet

En donnant à Gail Renard le papier où étaient griffonnées les paroles de « Give Peace A Chance » en 1969, John Lennon conseilla à l'adolescente de ne pas s'en séparer. « Cela vaudra quelque chose un de ces jours », lui avait glissé le Beatle. Près de quarante plus tard, ce manuscrit est la pièce centrale d'une vente aux enchères organisée en juillet par Christie's à Londres. Les mots de ce titre pacifiste devraient atteindre plus de 200.000 livres (254.000 euros).


John Lennon, « Give Peace a Chance », en public à Toronto, en 1969

« L'intérêt est là parce qu'il s'agit certainement d'une des compositions solo les plus reconnaissables de John Lennon », souligne Helen Hall, chef du département culture populaire de Christie's à South Kensington. « Elle est importante non simplement parce que c'est un des hymnes à la paix les plus célèbres de Lennon, mais aussi parce qu'elle a été écrite à un moment historique. »

Peu voient dans ces paroles un exemple d'écriture de grande qualité, mais les mots rappellent avec force les événements de la fin des années 1960. Les Beatles avaient passé la période des coupes au bol et des toquades psychédéliques, mais étaient proches de se séparer alors que Lennon, fortement influencé par Yoko Ono, sa nouvelle épouse, plongeait dans l'utopie militante pour la paix.

Déterminés à attirer l'attention du monde sur la guerre du Vietnam, les nouveaux mariés s'installèrent dans la suite 1742 du Queen Elizabeth Hotel de Montréal (Canada) et invitèrent les médias à venir les interviewer.

Gail Renard, une jeune admiratrice qui avait réussi à échapper à la surveillance des agents de sécurité, fut l'une des premières personnes à se présenter. Elle se lia d'amitié avec le Beatle, offrit son aide pour s'occuper de Kyoto, la fille de Yoko Ono, et fit des copies de la chanson qu'écrivit Lennon au cours de ce « bed in ».

Aujourd'hui présentatrice de télévision, Gail Renard a entretenu une longue amitié avec John Lennon. L'artiste l'a aidée à se lancer dans le journalisme en plaçant un article qu'elle avait écrit sur le « bed-in » dans le magazine « Beatles Monthly ».

L'enregistrement de « Give Peace A Chance » prit environ cinq minutes et devint un tube international après avoir été retouché en studio. Plusieurs invités célèbres, dont Timothy Leary, le « pape du LSD », le poète de la contre-culture Allen Ginsberg et l'acteur Tommy Smothers ont prêté leur voix pour l'enregistrement, qui accéda à la 14e place du classement américain Billboard.

Fait significatif, « Give Peace A Chance » fut commercialisé en tant que chanson du Plastic Ono Band, illustrant le désenchantement croissant de Lennon à l'égard des Fab Four, en particulier de Paul McCartney.

L'enregistrement de la chanson est dénué du sens de la musique et du talent des Beatles, mais la phrase même « Give Peace A Chance » est entrée dans le langage populaire, survivant à la mort de Lennon assassiné devant son immeuble à Manhattan en 1980.

Helen Hall, de Christie's, rappelle que la chanson est devenue avec « Imagine » l'une des plus populaires de Lennon. Elle ajoute que les sommes atteintes par des paroles des Beatles continuent de grimper à l'heure où une nouvelle génération découvre les oeuvres de Lennon et McCartney. « Nous voyons beaucoup d'acheteurs âgés de 30-40 ans qui n'ont pas grandi en les écoutant », remarque-t-elle.

Les paroles manuscrites de « Give Peace a Chance » seront exposées à Londres le 5 juillet et mises aux enchères le 10 juillet.

Tina Turner en tournée en 2008
après 7 ans d'absence

La chanteuse américaine Tina Turner a annoncé mercredi qu'elle reprendrait la route à la fin de l'année pour une nouvelle tournée, la première depuis sept ans.

Agée de 68 ans, Tina Turner se produira à partir du 1er octobre, a-t-elle précisé lors du « Oprah Winfrey Show », un célèbre talk-show américain. Le premier concert aura lieu à Kansas City.

La chanteuse était interviewée samedi en compagnie de l'actrice Cher, 61 ans, devant 4.000 spectateurs à Las Vegas, pour une émission qui sera diffusée le 8 mai.

Oprah Winfrey a ensuite demandé aux deux femmes s'il n'était pas trop dur de vieillir quand on travaille dans le show business.

« Ce chiffre ne signifie rien. Rien du tout », a répondu Tina Turner.

Cher, en revanche, s'est montrée moins enthousiaste. « Je trouve ça horrible », a-t-elle déclaré.


What's love got to do with it Tina Turner (1985)


Actualités musicales du 3 mai 2008

Retour triomphal de Stevie Wonder
au Jazz Festival de La Nouvelle-Orléans

Cela faisait plus de 30 ans que Stevie Wonder n'avait pas chanté sur la scène du Festival « Jazz and Heritage » de La Nouvelle-Orléans: il en est la vedette vendredi, au grand plaisir des organisateurs.

« Quand on a annoncé que Stevie Wonder venait, nous savions qu'il déclencherait cette petite étincelle insaisissable », a déclaré Quint Davis, le producteur du festival.

« Une grande partie de La Nouvelle-Orléans est habitée par un esprit mélancolique », explique-t-il. « Les gens sont fatigués. On a dû faire face à tant de choses après le passage de l'ouragan Katrina et parfois on a besoin de recharger les batteries avant de démarrer une nouvelle année. Bruce Springsteen nous a permis cela en 2006, Rod Stewart l'année dernière. Mais il n'y a personne qui puisse faire revivre notre âme et notre esprit comme Stevie Wonder. »

L'artiste noir et aveugle s'était produit sur la scène du festival pour la dernière fois en 1973, lors d'une séance d'improvisation impromptue de jam avec The Meters, le groupe de funk R&B créé par Art Neville, le plus âgé des Neville Brothers.

« Il est monté sur scène et a commencé à toucher le clavier, puis la batterie. C'était magique. On s'attend à ce même genre de frisson cette année », a encore confié Quint Davis.

Le chanteur se produira sur la plus grande des 11 scènes de la « Fair Grounds Race Course » de La Nouvelle-Orléans, une course de chevaux réunissant plus de 1.000 musiciens pendant deux week-ends.

Stevie Wonder, qui compte à son répertoire des succès tels « Superstition », « Signed, Sealed, Delivered (I'm Yours) » et « Isn't She Lovely », a enregistré la chanson « Shelter in the Rain » après le désastre causé par la déferlante de l'ouragan Katrina en août 2005. La fondation créée par Stevie Wonder a reversé les bénéfices de ce titre à des associations caritatives consacrées à l'aide aux victimes.

Neville et ses frères Charles, Aaron et Cyril célèbrent cette année leurs 30 ans de carrière musicale. Le retour des frères au festival de jazz de La Nouvelle-Orléans a été fêté cette semaine par les autorités qui leur ont remis les clés de la ville. Ils assureront la clôture du festival.

Selon Quint Davis, « la musique n'est pas un simple divertissement ici. Elle nourrit les gens plus que dans n'importe quelle autre ville dans le monde. Nous survivons grâce à elle. Les Neville Brothers et Stevie (...) incarnent cette âme et ce coeur dont nous nous nourrissons. »


Stevie Wonder et Ray Charles


Actualités musicales du 4 mai 2008

Les Troubadours
chantent l’art roman
en Languedoc-Roussillon
Programme du mois de mai

Outre le fait symbolique de lier Troubadours et Art roman, la création d'un festival consacré à la poésie chantée des troubadours du Monde est l'occasion d'attirer l'attention sur la culture occitane à la lumière d'une invention artistique universelle, l'art de trobar, toujours renouvelée. Un art d'inventer des chansons sur tous les sujets et qui reste aujourd'hui un aiguillon venant bousculer les idées reçues. Un art de chanter son engagement artistique dont on retrouve les échos lyriques dans la plupart des cultures musicales européennes, africaines, indiennes, arabes, asiatiques… Un art d'être troubadour, au vrai sens du terme, qui s'inscrit dans une esthétique poético-musicale largement partagée dans le monde entier.

Depuis trois ans, le festival Les troubadours chantent l'art roman est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir, en des sites magnifiques de l'art roman, des artistes de grand talent porteurs de la parole libre des troubadours parmi lesquels Sapho, Bevinda, Paco Ibañez, André Minvielle, Fawzy Al Aiedy, Ravi Prasad, Junko Ueda, Erransa, Balkanes, Mora Vocis, Ensemble Perceval, Equidad Barès, Joia, Jan Maria Carlotti, Witiza, Flor Enversa, Trouveurs de Mots, Le Concert dans l'œuf , Ensemble Taxim, Troubadours Art Ensemble, Alegransa, Ghaetta, Saurimonda, Rosa Salvatja, Esther Lamandier, Michel Raji, Troubadours Caravane …

Gérard Zuchetto
directeur artistique
Festival Les Troubadours chantent l'art roman en Languedoc-Roussillon

Programme en mai 2008

Dimanche 11 Mai

ABBAYE DE VILLELONGUE - SAINT- MARTIN-LE- VIEIL (Aude)

  • 11 h 30 Montolieu Apéro littéraire avec Mickaël Gluck
  • 16 h Abbaye de Villelongue Goûter occitan et Lectures au vert avec Thierry Almon
  • 17 h Visite guidée
  • 18 h Concert Rosa Salvatja et Troubadours Art Ensemble - L'art lyrique des troubadours

 Samedi 24 Mai

ÉGLISE SAINT-FÉLIX A BAYSSAN (Hérault)

18 h Trouveurs de Mots Contes et légendes du Trobar

21 h Concert en l'église Saint-Félix - Erransa - Chansons séfarades

Dimanche 25 Mai

  • 16h Lectures au vert avec Thierry Almon
  • 17h Concert en l'église Saint-Félix - Alegransa - Cansos de trobar
  • 15 au 31 Mai :  Exposition Camins de Trobar

http://www.festival-troubadoursartroman.fr/

Le Roméo et Juliette « révolutionnaire »,
de Dusapin, secoue l'Opéra-Comique

Près de vingt ans après sa création à Montpellier, « Roméo et Juliette », premier opéra du compositeur français Pascal Dusapin, remonté à l'Opéra-Comique, suscite encore les huées d'une partie du public, réfractaire à cette version « révolutionnaire » du mythe des amants de Vérone.

C'est que Pascal Dusapin (né en 1955 à Nancy) et son librettiste, le poète et dramaturge français Olivier Cadiot, ont crânement tourné le dos à l'héritage shakespearien et à toute forme de narration « traditionnelle ».

Leur « Roméo et Juliette » est ainsi construit autour de l'attente et des conséquences d'une révolution, dont l'avènement, pivot central de la partition, est confié à l'orchestre seul dans un bel interlude.

Mais ce sont surtout les expérimentations sonores qui intéressent Dusapin et son librettiste, qu'elles naissent directement des mots et de leurs distorsions — chuchotement, bégaiements, cris, onomatopées — ou qu'elles soient purement musicales, Dusapin mélangeant joyeusement les styles et les registres.

Il en résulte un « opéra » réjouissant, bourré d'humour et jamais ennuyeux, aussi théâtral que puissamment lyrique.

Cette nouvelle production, signée du français Ludovic Lagarde et donnée à Favart depuis le 28 avril (dernière représentation le 5 mai), a le bon goût de ne pas souligner sur scène le patchwork musical qu'offre la partition.

La mise en scène, resserrée et sobre, est essentiellement construite autour d'un saule pleureur dont les branches enferment ou abritent les Roméos et les Juliettes — le couple étant dédoublé.

Parmi les interprètes, le baryton Jean-Sébastien Bou et la soprano Karen Vourc'h tirent admirablement leur épingle du jeu, tant sur le plan vocal que dramatique.

Ils trouvent dans l'Orchestre de Paris et son chef Alain Altinoglu un appui solide, dans cette partition d'une redoutable difficulté, qui bénéficie également de la participation de l'IRCAM pour les effets sonores enregistrés.

Pascal Dusapin, l'un rares compositeurs français vivants à être régulièrement joué à travers le monde, créera son sixième opéra, « Passion », au festival d'Aix-en-Provence en juillet prochain.

Ballet de l'Opéra de Paris :
Belarbi, Romoli,
deux vies par delà les étoiles

Les danseurs étoiles Kader Belarbi et Wilfried Romoli, 45 ans, vont quitter le Ballet de l'Opéra de Paris à quelques semaines d'intervalle, et si ces deux amis envisagent l'avenir différemment, ils garderont en commun la passion « sacrée » des studios de danse.

Wilfried Romoli fera ses « adieux officiels à la scène », point d'orgue émouvant dans la carrière d'une étoile, mardi soir (19h30) à l'Opéra Bastille dans « Raymonda » de Noureev, « Quatre tempéraments » de Balanchine, « Artifact Suite » de William Forsythe et « Un trait d'union » d'Angelin Preljocaj.

A la Bastille également mais en fin de saison (13 juillet à 14h30), Kader Belarbi partira sur une dernière prestation dans « Signes » de Carolyn Carlson, ballet que ce danseur-chorégraphe a créé en 1997.

Les deux danseurs ont été engagés dans le corps de ballet à un an d'intervalle (1979 pour Romoli, 1980 pour Belarbi) et ont été promus premiers danseurs — dernière station avant les étoiles — dans le même laps de temps (1988 pour Belarbi, 1989 pour Romoli).

Pour le reste, leur parcours dans la compagnie diffère nettement. Si Kader Belarbi a été nommé étoile à l'âge de 27 ans, Wilfried Romoli n'a accédé au grade suprême qu'en février 2005. « Je suis fier de mon parcours mais je n'ai pas toujours rigolé », explique-t-il à l'AFP.

« J'ai réussi en piquant des colères intérieures, en gérant des frustrations, en ne lâchant pas », précise ce danseur doté d'une belle énergie et d'une grande curiosité, mais pas selon lui du « profil de l'étoile ».

Tous deux vantent les vertus du Ballet de l'Opéra, où « l'exigence est le moteur principal dans tous les domaines », souligne Kader Belarbi.

Celui-ci n'a « jamais eu la vocation du danseur en point de mire ». Mais après cinq ans passés à l'Ecole de danse de l'Opéra, « socle de la compagnie », et son admission au sein du Ballet, il a fait de la danse « un mode de vie et de pensée ».

« C'est presque une religion, une hygiène à tout niveau, un état de corps et d'esprit », dit-il.

Au moment où ses adieux approchent, Kader Belarbi se veut « philosophe ». « On sait qu'il y a un terme à tout ça. Depuis 2002, d'ailleurs, je m'endeuille du danseur », souligne-t-il.

Son avenir est pour le moment fait de « trois points de suspension ». Sera-t-il appelé à diriger un centre chorégraphique national (CCN), comme certains le pensent ? « Il y a beaucoup d'interrogations. J'ai imaginé prendre un temps de pause. Il faut que je sois tempéré », confie-t-il.

Ce qui est sûr, c'est qu'il ne renoncera pas à « l'acte chorégraphique », « viscéral » chez cet artiste qui a déjà signé une vingtaine de pièces pour plusieurs grandes compagnies, dont le Ballet de l'Opéra de Paris.

« Je souhaite affirmer une danse d'auteur en prise avec différents styles et utilisant le vocabulaire classique sans tous les parasites du ballet classique », dit-il.

Wilfried Romoli, lui, deviendra dès la rentrée de septembre professeur à l'Ecole de danse de l'Opéra pour combler son « envie de transmettre ».

« J'estime qu'on a été une génération extrêmement gâtée, avec cette chance vertigineuse de pouvoir travailler avec les plus grands chorégraphes. Je me sentirais un peu coupable de rester chez moi avec tout ce savoir », explique-t-il. Ce qui ne l'empêchera pas de faire l'« interprète », au théâtre voire au cinéma (il a déjà joué dans « Filles uniques » de Pierre Jolivet).

Quoi qu'il en soit, l'un et l'autre garderont en eux « la notion sacrée du studio » de danse, disent-ils presque en choeur.


Actualités musicales du 5 mai 2008

Lundi 5 mai à 14 h 30
Cdmc, Paris

La musique est-elle soluble
dans les autres disciplines ?
Rencontre-Débat,
en ouverture de La Muse en Festival
Extension du domaine de la Note VIII

Que ce soit avec la danse, le théâtre ou le cinéma, la musique est  partout, parfois simplement utilitaire, mais souvent de création, avec  un engagement fort des compositeurs. Cependant, la hiérarchie sensorielle et culturelle pèse parfois  tellement lourd que la musique peut être mise à mal par la parole,  l’image ou les corps.

Cette rencontre, proposée par La Muse en Circuit, s’articule autour de  la programmation du festival Extension du domaine de la Note VIII. L’occasion d’explorer les risques et les bonheurs de ces hybridations  complexes qui font entrer l’art musical d’aujourd’hui dans de nouvelles dimensions passionnantes.

Avec :

  • Pierre Roullier, directeur artistique de l’Ensemble 2e2m
  • Jean Lambert-Wild, metteur en scène, directeur du CDN d’Orléans
  • Myriam Gourfink, chorégraphe en résidence à la Fondation Royaumont
  • Martin Matalon, compositeur
  • Et la participation de Jean Boillot, metteur en scène et directeur artistique de la Compagnie La Spirale

Entrée libre sur réservation (places limitées) au 01 47 15 49 86 — Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC), 16 place de la Fontaine-aux-Lions, 75019 Paris. Tél. : 01 47 15 49 86 - Fax : 01 47 15 49 89 - cdmc@cdmc.asso.fr - http://www.cdmc.asso.fr

Pop, rock, chanson :
les « Nuits Botanique »
illuminent à nouveau Bruxelles

Le festival « Nuits Botanique » de Bruxelles a pris son envol vendredi avec un concert tout en douceur des vétérans anglais Tindersticks, prélude à 12 jours de pop, de rock et de chanson française dans quelques-uns des plus beaux lieux de la capitale belge.

Pour cette première soirée, le Cirque royal affichait quasiment complet pour accueillir les Tindersticks, dont les balades étaient bien servies par l'accoustique parfaite de la salle et par un orchestre d'une dizaine de musiciens classique.

Evènement à la réputation aujourd'hui bien ancrée en Europe, les « Nuits » se déploieront du 7 au 18 mai au Cirque royal, avec quelques pointures francophones comme Camille, Daniel Darc ou Etienne Daho, mais aussi dans les deux salles et sous le chapiteau de l'ancien jardin botanique de Bruxelles, pour des concerts nettement plus rocks.

Malgré les bouleversements que traverse l'industrie musicale depuis la chute des ventes de CD au début des années 2000, le festival bruxellois parvient encore à marier têtes d'affiches et jeunes pousses prometteuses, pour proposer une centaine de concerts de groupes principalement anglo-américains, français et belges.

Le concert tout en flegme des Tindersticks, venu défendre leur septième album, « The Hungry Saw », prouve que la génération du MP3 ne déserte pas les lieux où la musique se joue encore en direct, avec de « vrais musiciens » — les Tindersticks étaient 12 sur scène — et de « vrais » instruments acoustiques.

Mais pour prendre place sous la magnifique coupole du Cirque royal, le ticket d'entrée s'élevait à 39 euros pour les meilleurs fauteuils, une inflation due au recentrage sur la scène « live » des acteurs du monde musical, dont le « modèle économique » est bouleversé par le téléchargement pirate.

« Depuis le déclin des ventes de CD, les musiciens et les opérateurs veulent récupérer ailleurs ce qu'ils ont perdu », explique Paul-Henri Wauters, programmateur en chef des Nuits Botanique.

Ces dernières années, des stars comme Madonna ou U2 ont quitté leurs maison de disque pour passer des contrats avec des organisateurs de concerts, dont le géant Live Nation.

La recherche de nouvelles sources de revenus touche aussi des petits marchés, comme la Belgique, où un groupe flamand quasi-inconnu, Goose, vient de signer des contrats pour illustrer une publicité pour Coca-Cola et un jeu vidéo.

« Il ne faut pas se braquer sur la mort annoncée du CD. Le live a une histoire qui remonte à plus de 2.000 ans et des spécificités qui restent pertinentes », relève Paul-Henri Wauters.

Les festivals comme les Nuits Botanique — ou les « Eurockéennes » et autres « Vieilles Charrues » en France — peuvent même tirer parti d'une situation où les maisons de disques ont perdu de leur influence, estime le programmateur bruxellois.

A condition de s'adapter aux nouvelles exigences d'un secteur qui voit les projets naître et mourir à une vitesse accélérée, souligne le fer de lance des « Nuits ».

« Il faut notamment entretenir toute l'année le lien avec le public », confie Paul-Henri Wauters, heureux de gérer un lieu qui organise plus de 200 concerts par an. Tout en reconnaissant qu'il ne « peut plus se payer certains artistes aux cachets désormais trop élevés » pour des salles d'une capacité de quelques centaines de places.

Les Nuits Botanique font donc la part belle aux projets en phase de maturation, (Soko, Ceux qui Marchent Debout, The Do, Suarez,... ), parmi lesquels figurent peut-être de futurs grands noms. Programme complet sur http://www.botanique.be

Deux teknivals et des milliers de « teufeurs »,
ce week-end dans l'Eure-et-Loir et l'Ardèche

Des milliers de jeunes « teufeurs » ont participé ce week-end à deux teknivals, l'un autorisé près de Dreux et l'autre pas, en Ardèche, deux événements du mouvement « tekno » qui se sont déroulés sans incident.

Entre 25.500 (préfecture) et 30.000 (organisateurs) personnes se sont rassemblées au plus fort du week-end, à Crucey-Villages (Eure-et-Loir) sur une ancienne base militaire de l'OTAN, une manifestation autorisée par les autorités qui avaient mis en place un important dispositif de sécurité.

Quelque 5.000 d'entre-eux avaient quitté les lieux dimanche après-midi. Selon le colonel Alexis Jaraud, commandant du groupement de gendarmerie d'Eure-et-Loir, le site devait être totalement vide lundi midi.

L'événement s'est déroulé sans incident. Une personne qui avait ingéré de l'ammoniaque a toutefois dû être hospitalisée. « Son pronostic vital ne serait pas engagé« , selon le centre hospitalier de Dreux. Les secours sont très peu intervenus et n'ont eu qu'à traiter des cas de  »bobologie« , a affirmé à l'AFP le poste de commandement avancé.

A 16h00 dimanche, les gendarmes comptabilisaient depuis le début du teknival jeudi, 73 interpellations, 28 garde à vues dont deux toujours en cours dimanche après-midi. Cinq personnes devaient être présentées au Parquet dimanche après-midi.

Neuf personnes ont été placées en détention provisoire pour trafic de stupéfiants et un homme a été écroué après avoir été condamné vendredi à 6 mois de prison ferme, pour avoir eu en sa possession un millier de cachets d'extasie. Au total, 2.835 cachets d'ectasy ont été saisis, ainsi que 89.000 euros en liquide. Un pistolet Taser a aussi été confisqué.

La tenue de ce teknival a aussi été l'occasion pour ses médiateurs de plaider pour la reconnaissance par l'Etat du mouvement tekno « en tant que culture » et « mouvement artistique comme un autre ».

Conscients de l'image parfois négative du mouvement, les médiateurs ont assuré travailler à la prévention et « prendre le problème au sérieux ».

Mercredi, une centaine de maires d'Eure-et-Loir avait manifesté leur opposition au déroulement de cette manifestation, à l'appel du député-maire (UMP) de Dreux, Gérard Hamel.

Celui-ci s'est estimé « trahi » par Nicolas Sarkozy, dont il avait reçu en 2005 l'assurance, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, qu'il n'y aurait plus de teknival sur ce site.

Plus modeste, un teknival non autorisé a rassemblé quelque 500 personnes, selon la préfecture, à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche) de jeudi à dimanche. Les « teufeurs » s'y sont installés après avoir renoncé à organiser un teknival « sauvage » en Auvergne, revendiquant le fait de pouvoir se rassembler librement, sans l'encadrement déployé pour le teknival « légal ».

La rave s'est déroulée sans incident à l'exception de l'hospitalisation samedi d'un « teufeur » de 22 ans qui avait lui aussi ingéré de l'ammoniaque qui devait servir à transformer la cocaïne pour la fumer.

L'orchestre philharmonique de Chine
va jouer au Vatican

L'orchestre philharmonique de Chine, basé à Beijing (Pékin),va démarrer une tournée dans trois villes européennes avec une première étape au Vatican. Sous le bâton de son chef d'orchestre Yu Long, l'orchestre jouera dans la salle Paul VI, le principal auditorium du Vatican ce mercredi 7 mai 2008.

Le concert démarrera avec le Requiem de Mozart tandis que la célèbre chanson folklorique chinoise Jasmine Flower, sera jouée pour le grand finale. L'orchestre de l'Opéra de Shanghai jouera en même temps que l'orchestre.

« C'est un évènement d'échange entre les gens via la culture et l'art », a dit un employé des services médias et de presse du Ministère des Affaires étrangères au China Daily dans la matinée du 3 avril. « La musique est un langage universel qui peut relier les gens de différents pays et de différentes religions et backgrounds culturels. Nous souhaitons un grand succès au concert ».

La radio du vatican, qui a rapporté la première l'annonce du concert, a déclaré « La musique confirme son rôle en tant que langue et le moyen le plus précieux pour le dialogue entre les gens et les cultures. »

« Je suis bien sûr excité. C'est une visite historique. Bien que nous ayons joué à Rome en 2004, ce sera la première apparition de l'orchestre au Vatican, a dit le chef d'orchestre Yu Long au China Daily.

D'après Yu Long, le concert est l'initiative de la partie chinoise et le projet a été rapidement organisée.

Yu Long, 44 ans, originaire de Shanghai et formé en Allemagne, a comparé la visite de l'orchestre à la  »diplomatie pingpong« , faisant référence à la visite du joueur américain de pingpong en Chine en 1971, ce qui a ouvert la porte aux échanges sino-américains fermés depuis 22 ans.

L'orchestre philharmonique a joué le Requiem de Mozart à l'église St Joseph (Cathédrale Dongtang) il y a deux ans. Le 8 avril, l'orchestre avec la Chorale de l'Opéra de Shanghai a présenté le même concert à la cathédrale St Ignatius à Shanghai devant une audience d'un millier de personnes pour célébrer les 400 ans de cette église (Source : le Quotidien du Peuple en ligne)


Actualités musicales du 6 mai 2008

6 -  30 mai 2008
S A T E L L I T Café, Paris
7e Festival
des femmes du monde

Que diriez-vous d’un tour du monde, tout en finesse, douceur et émotions ? Suiveznous, pour un voyage musical mené par les Femmes.

Depuis 7 ans déjà, elles ont leur propre événement : le Festival Des Femmes du Monde, du 6 au 30 mai 2008.

Le SATELLIT Café leur ouvre ses portes et sa scène étoilée !

Qu’elles viennent d’Afrique, du Brésil, du Japon, de l’Inde, d’Europe ou des Iles, … elles seront les dignes ambassadrices de leur pays, pour vous faire partager leur art au féminin.

Alors entrez dans la ronde ! Venez découvrir « les perles » de notre programmation… Elles chantent, tapent, soufflent, dansent, enivrent … elles enchantent. Entre grâce et sensualité, vous ne pourrez que tomber sous le charme de nos FEMMES DU MONDE… !


Mardi 6 mai : Somabanti Basu, musique de l’Inde

Mercredi 7 mai : Aline de Lima, musique du Brésil

Jeudi 8 mai : Syl Nuvaanu, World Nippo, flamenco

Mardi 13 mai : Mounira Mitchala, musique d’Afrique - Tchad

Mercredi 14 mai : Catherine Braslavsky, du chant sacré aux musiques du monde

Jeudi 15 mai : Tipari, chanson ensoleillée Paris - La Réunion

Mardi 20 mai : Yasemi, musique de Turquie et de Grèce

Mercredi 21 mai : Norig, L’émotion Tzigane

Jeudi 22 mai : Bïa, musique populaire brésilienne et bossa nova

Mardi 27 mai : Sonya Heller, musique des Amériques

Mercredi 28 mai : Catalina Gimenez, sur un air de Flamenco

Jeudi 29 mai : Rupa and the April Fishes, grooves latines, swing gitan …

Vendredi 30 mai : Manian Damba, Mali

Les Soirées Concert au SATELLIT Café - Programmation Philippe Gueugnon / Promotion Association World Musique - Concerts les mardis, mercredis, jeudis et vendredis, dès 21h…

http://www.satellit-cafe.com/public/rubrique.tpl?rub=20580

6 mai 2008, 20h30
Théâtre de Vanves (92)

Albin de la Simone
Bungalow

Albin de la Simone, chant, clavier
François Lasserre, guitare, choeurs
Pascal Colomb, basse, choeurs
Raphaël Chassin, batterie, choeurs
Marie Girardin marionnettes

Après avoir fait ses premiers pas de pianiste dans un jazz d'obédience contemporaine, Albin de la Simone s’est progressivement mis à accompagner des chanteurs comme Mathieu Boogaerts, Alain Souchon, Jean-Louis Aubert ou encore Arthur H. Auprès d’eux, il s’est découvert une sensibilité d’auteur, jusqu’à voler de ses propres ailes en sortant un premier album en 2003. On l’y entendait donner la réplique à Feist et Alain Souchon.

Alors que ses deux premiers albums étaient assez intérieurs et autobiographiques, « Bungalow ! » revêt des aspects plus fictionnels.

« aujourd'hui, mes sacs sont vidés, j’ai pu m’amuser, inventer, je parle moins de moi » déclare Albin.

Pour écrire Bungalow, son troisième album, Albin de la Simone s’est isolé un mois dans un bungalow sur l’île de Bali. « Parce que j’étais seul, j’imaginais des voix féminines me répondant, me soutenant, et même se moquant de moi. Alors pour simuler provisoirement cet effet, j’ai utilisé un système de transposition numérique de ma propre voix, qui finalement s'est révélé être un élément irremplaçable sur huit des onze chansons du disque. »

Le nouvel album d’Albin de la Simone s’ouvre sur une exclamation, énoncée par des choristes étranges : « Catastrophe ! ». Cette énergie et cette fantaisie définissent la tonalité d’un disque que son auteur a souhaité simple et direct, aussi bien dans l’écriture que dans la réalisation. Toujours décalé, Albin s’exprime aujourd’hui de manière beaucoup plus limpide. « Il m’a été nécessaire d’accéder plus simplement aux choses. L’album a été nourri avec la notion de plaisir, et cela s'entend, j’espère. »

Le site d'Albin de la Simone :
http://www.albindelasimone.com/
Dans Mspace :
http://www.myspace.com/albindelasimone

16 € / 13 € — Théâtre de Vanves 12, rue Sadi Carnot - 92170 VANVES / Tél. 01 41 33 92 91 — Métro Ligne 13 Malakoff-Plateau de Vanves Bus 58 – 89 (Lycée Michelet) - 126 (Vanves-Centre administratif) —Contact Anouchka Charbey - Musiques / 01 41 33 93 22 Accueil-billetterie Maud Alejandro - Philippe Desbouchages

Le Sahel, thème principal
du 33e festival
des Musiques métisses d'Angoulême

Les musiques du Sahel, avec le guitariste malien Afel Bocoum, la chanteuse tchadienne Mounira Mitchala ou le groupe tamashek Tinariwen constituent l'axe majeur de la 33e édition du festival Musiques métisses, qui a lieu à Angoulême de jeudi à dimanche.

L'univers musical d'Afel Bocoum est sensiblement le même que celui du célèbre guitariste Ali Farka Touré. Lui aussi originaire de Niafounké comme son illustre aîné, Bocoum fait le lien entre les longues mélopées songhai et le phrasé du blues.

Tinariwen est la figure de proue de cette nouvelle école de groupes tamashek, interprètes d'une sorte de blues-rock où se superposent riffs lancinants de guitares électriques et chants du désert chargés de nostalgie.

Les têtes d'affiche cette année sont surtout féminines, avec les chanteuses nigériane Asa, malienne Rokia Traoré, anglo-indienne Susheela Rahman, tchadienne Mounira et afro-américaine Dee Dee Bridgewater.

Asa a fait intrusion dans le paysage de la « world music » avec ses entraînantes chansons folk-pop-soul où ne font qu'affleurer ses racines africaines.

Rokia Traoré est plus enracinée dans la tradition musicale de sa région du centre-nord du Mali, tout en s'en distanciant par l'emprunt à d'autres sonorités plus occidentales.

Dee Dee Bridgewater entourée des musiciens maliens de son dernier album enregistré à Bamako, a elle réussi le mariage du jazz et des musiques maliennes.

Dans ce concert de voix féminines s'immiscera celle masculine d'Ismaël Lô, grande vedette de la chanson sénégalaise dont les mélodies raffinées, le discours émancipateur et la voix douce font un musicien très apprécié des femmes.

Plusieurs musiciens adeptes des métissages musicaux sont également conviés à Musiques métisses cette année: Titi Robin (oud, bouzouk), qui retrace l'histoire des musiques tziganes, de l'Inde du Nord à l'Afrique du Nord en passant par l'Espagne, le batteur-percussionniste Karim Ziad, qui fusionne le jazz-rock, le funk, les musiques maghrébines et gnawa, le guitariste Louis Winsberg et son flamenco jazz.

Après un détour l'an dernier par le Parc des expositions, un lieu flambant neuf à la périphérie de la ville, manquant d'âme pour ce style de musiques, le festival retrouve l'île de Bougines, son lieu de prédilection, à l'atmosphère plus chaleureuse.

Kylie Minogue,
promue Chevalier des Arts et Lettres

La chanteuse australienne Kylie Minogue, qui a choisi la France pour entamer une nouvelle tournée mondiale, a été faite chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel, lundi à Paris, a constaté un journaliste de l'AFP.

« Princesse de la pop, reine incontestée des pistes de danse, vous êtes une sorte de Midas de la scène musicale internationale, qui transforme tout ce qu'elle touche en or, des disques jusqu'aux micro-shorts ! », a souligné Mme Albanel, saluant la récipiendaire comme « une alchimiste de la musique ».

« Loin de la froide icône irréelle de perfection, vous séduisez par votre simplicité et votre naturel », a ajouté la ministre, soulignant par ailleurs le combat que la star australienne a mené contre le cancer du sein.

« Je veux saluer le courage dont vous avez fait preuve en révélant publiquement que vous étiez atteinte d'un cancer du sein. En faisant cela, vous avez favorisé la prise de conscience. Des médecins vont même jusqu'à parler d'un effet Kylie qui a incité les jeunes femmes à se faire dépister régulièrement », a souligne Mme Albanel.

Dans une robe noire à bretelles, bordée d'un galon blanc, le chignon impeccable, Kylie Minogue, entourée de ses parents, a confié dans ses remerciements qu'elle est « tombée amoureuse de la France » dès son premier séjour. « Cette histoire d'amour fleurit comme un printemps éternel », a-t-elle assuré.

La chanteuse, qui se produira mardi soir sur la scène de Bercy, a posé pour les nombreux photographes sur la terrasse des salons d'apparat du ministère, sans oublier en contre-bas les dizaines de fans qui avaient pris position dans les jardins du Palais-Royal.

Riccardo Muti est nommé
directeur musical
de l'Orchestre symphonique de Chicago

Le chef d'orchestre italien Riccardo Muti a été nommé lundi directeur musical de l'Orchestre symphonique de Chicago pour une durée de cinq ans à partir de la saison 2010-2011, selon un communiqué de l'orchestre.

Le célèbre maestro d'origine napolitaine, qui deviendra le 10e directeur musical de la formation, a obtenu l'approbation à l'unanimité du conseil d'administration de l'orchestre ainsi qu'un large soutien des musiciens, selon le communiqué.

Riccardo Muti, 66 ans, prendra la succession du chef d'orchestre israélien Daniel Barenboïm, qui a démissionné en 2006.

Avant de prendre ses fonctions, Riccardo Muti, qui a notamment dirigé l'Orchestre de Philadelphie et la Scala de Milan, supervisera en janvier 2009 les auditions et les programmes des prochaines saisons.

« Je suis très heureux de rejoindre l'Orchestre symphonique de Chicago en tant que directeur musical », a déclaré dans un communiqué M. Muti, qui avait fait ses débuts avec cet ensemble au festival de Ravinia en 1973 et qui l'avait rejoint en septembre dernier pour une résidence d'un mois, dont deux semaines de concerts.

Riccardo Muti a été directeur musical de la Scala de Milan de 1986 à 2005, où il a porté des projets comme la trilogie de Mozart et Da Ponte et le cycle du « Ring » de Wagner. Il avait également dirigé « l'Europa riconosciuta » de Salieri lors de la réouverture de la Scala après rénovation en 2004, mais avait démissionné en 2005 en raison de désaccords publics sur la programmation avec l'orchestre et l'ancienne direction.


Actualités musicales du 7 mai 2008

Nicholas Snowman est fier de son bilan,
et dirige sa dernière saison à Opéra du Rhin

L'Opéra national du Rhin a annoncé mardi sa saison 2008-2009, la sixième et dernière programmée par son directeur britannique Nicholas Snowman, qui a choisi sept productions lyriques « avec émotion » mais « sans tristesse », « fier » de laisser une maison dont le déficit a été « épongé ».

La prochaine saison de l'institution alsacienne (Strasbourg, Mulhouse, Colmar) ne suivra pas un fil rouge comme les deux dernières (de 2006 à 2008, autour de la Guerre de Troie) mais proposera « une collection d'opéras très importants ».

Le cru 2008-2009 s'ouvrira sur la première française de « L'Eveil du printemps » du Belge Benoît Mernier, créé à La Monnaie de Bruxelles.

Une curiosité, dans une terre où le répertoire germanique est davantage attendu: la programmation de deux opéras de Verdi, « Un bal masqué » (nouvelle mise en scène de Philippe Arlaud) et « Falstaff » (reprise de la réalisation de l'Italien Giorgio Barberio Corsetti) en guise de « grand éclat de rire » en fin de saison, selon les mots de Nicholas Snowman.

L'Opéra du Rhin montera aussi des « Noces de Figaro » de Mozart venues de Genève (production du Britannique Nicholas Hytner), un « Jephté » de Haendel coproduit avec Bordeaux qui marquera les débuts à Strasbourg du baroqueux anglais Ivor Bolton, ainsi qu'un nouveau « Werther » de Massenet confié au chef d'expérience Michel Plasson et à la jeune Mariame Clément pour la mise en scène.

Sans oublier « Siegfried », troisième et avant-dernière station du « Ring » de Wagner réglé par le talentueux metteur en scène britannique David McVicar jusqu'en 2010.

Le Ballet de l'Opéra du Rhin proposera pour sa part six programmes et affichera plusieurs créations, dont une assurée par le directeur de ce centre chorégraphique national (CCN), Bertrand d'At, sur la musique de « Pierre et le loup » de Prokofiev.

Enfin, la cellule d'insertion professionnelle Les Jeunes Voix du Rhin devient L'Opéra Studio, avec une formation renforcée, sur deux années au lieu d'une.

« Je suis fier d'avoir épongé le déficit dont j'ai hérité. C'est le cadeau que je fais (pour mon départ) », déclarait à la presse il y a quelques semaines Nicholas Snowman, qui passera le relais en septembre 2009 au Belge Marc Clémeur, venu de l'Opéra des Flandres.

Le portrait de Karajan,
ornera la nouvelle pièce
autrichienne, de cinq euros

Le portrait du chef d'orchestre disparu Herbert von Karajan, dont l'Autriche célèbre le 100ème anniversaire de la naissance, orne la nouvelle pièce autrichienne de collection de cinq euros qui sera disponible à partir du mercredi 7 mai dans les banques et caisses d'épargne.

Selon la Monnaie autrichienne, la pièce montre Herbert von Karajan, décédé en 1989 à l'âge de 81 ans, dans « une de ses attitudes typiques ». En arrière-plan figure une page de la partition de « l'Ode à la joie » de la 9ème Symphonie de Ludwig van Beethoven, que le chef d'orchestre avait arrangée pour en faire l'hymne européen.

Considéré par le grand public comme « le » chef d'orchestre par excellence du XXème siècle, Karajan, qui dirigea en parallèle plusieurs formations de prestige, dont le Philharmonique de Berlin, avait choisi de faire de sa ville natale, Salzbourg, la capitale de son empire musical après avoir pris son essor professionnel dans l'Allemagne nazie des années 1930.

Décès de la soprano Eliane Manchet

La soprano Eliane Manchet, qui a chanté de nombreux rôles en France comme à l'étranger et s'est fait un nom en Mélisande chez Debussy, notamment à la Scala de Milan, est décédée à l'âge de 70 ans, a-t-on appris mardi dans son entourage.

Prix d'excellence du Conservatoire de Strasbourg, elle avait débuté en 1966 à l'Opéra de Lyon, enchaînant ensuite plusieurs rôles dans les théâtres lyriques de province, notamment à Strasbourg où le metteur en scène Jean-Pierre Ponnelle en avait fait sa Reine de la nuit dans « La Flûte enchantée » de Mozart.

En 1970, Eliane Manchet s'était produite dans « Pelléas et Mélisande » de Debussy, peut-être l'ouvrage de sa vie, qu'elle retrouvera trois ans plus tard sur la scène de la Scala sous la direction musicale de Georges Prêtre.

Sa carrière l'a conduite ensuite dans plusieurs maisons d'opéra européennes, notamment allemandes (Cologne, Düsseldorf...), chez Rossini, Donizetti, Mozart ou Richard Strauss.

Dans les années 1980, elle était devenue une interprète de musique contemporaine reconnue, avant d'enseigner en conservatoire puis d'officier comme professeur de rôles (« coach ») aux Opéras d'Oslo, Rome, Leipzig (Allemagne), Liège (Belgique) ou Strasbourg.

Elle était mariée depuis 1972 au metteur en scène et ancien directeur de théâtre lyrique Pierre Médecin, président de la Chambre professionnelle des directeurs d'opéras (CPDO).

Les obsèques d'Eliane Manchet-Médecin seront célébrées mardi 13 mai à 14h30 à l'église Saint-Honoré-d'Eylau à Paris (XVIe arrondissement).

Underworld, Jeff Mills,
Laurent Garnier, Agoria
aux 6e Nuits Sonores de Lyon

Underworld, Jeff Mills, Laurent Garnier et Agoria seront les principales têtes d'affiche de la 6e édition du festival des musiques électroniques de Lyon, les « Nuits Sonores », qui débute mercredi et qui s'affirme plus que jamais comme l'une des références du genre en Europe.

La manifestation, qui s'étendra sur toute la ville dans une quarantaine de lieux, souvent originaux comme une ancienne usine d'ampoules cette année, accueillera plus de 250 artistes internationaux durant quatre jours.

Parmi eux, le groupe culte britannique Underworld, qui a conquis la planète électronique avec « Born Slippy », titre de la bande originale du film anglais « Trainspotting » (1996), et qui est programmé en ouverture de festival.

Le « set » (performance) de l'Américain Jeff Mills, légende venue tout droit de Chicago, est également très attendu de même que ceux des emblématiques DJ's (disc jockeys) de la « french touch » Laurent Garnier et Agoria, qui joueront à quatre mains durant toute une nuit (9 mai).

Comme celles de Barcelone, Manchester, Paris ou New-York lors des éditions précédentes, la scène électronique berlinoise sera à l'honneur avec notamment le groupe Einstürzende Neubauten, pionnier dans la musique électronique expérimentale.

« Qui aime les musiques électroniques sait que Berlin est la ville qui compte le plus d'artistes, de labels, de clubs, de bars alternatifs, de lieux cachés, de fêtes improvisées », expliquent les organisateurs du festival.

Au total, trois concerts payants seront proposés aux festivaliers qui, dans leur déambulation, pourront goûter aux traditionnels « apéros sonores » dans une quarantaine de bars partenaires et découvrir la culture électronique au travers de spectacles, de rencontres et d'expositions dans un circuit approprié.

On notera ainsi le programme « Images sonores » dans lequel des VJ's (vidéo jockey's) « illustrent » la musique par leurs vidéos.

Après la fête comme chaque année, une « plaid party » clôturera le festival dans le magnifique jardin de la Visitation, sur les hauteurs de Lyon.

Les « Nuits Sonores » (http://www.nuits-sonores.com) ont accueilli en 2007 plus de 50.000 personnes contre seulement 15.000 lors de la première édition, selon les organisateurs.

La voix et le chant
au centre du festival North Sea Jazz
de Rotterdam

La voix et le chant seront au centre de la 33e édition du festival North Sea Jazz qui se tiendra du 11 au 13 juillet à Rotterdam, dans l'ouest des Pays-Bas, ont annoncé mardi les organisateurs.

L'artiste invité cette année, le chanteur américain Bobby McFerrin connu pour son chant a capella et pour le tube « Don't worry, be happy » de 1988, ouvrira le festival, accompagné du NDR Big Band. Il jouera ensuite avec le bassiste Richard Bona.

Des noms prestigieux du jazz vocal comme Diana Krall ou Al Jarreau, ou la vocaliste expérimentale néerlandaise Greetje Bijma viendront entre autres compléter ce thème.

Parmi la centaine d'artistes invités, on trouve de grands noms comme Pat Metheny, Alicia Keys, Herbie Hancock, Sergio Mendes, Anie Stone et Youssou N'Dour, mais aussi, pour représenter la vieille garde, le saxophoniste be-bop Phil Woods.

Les stars montantes ne sont pas oubliées, Gnarls Barkley en tête, tandis que la chanteuse cubaine Omara Portuondo, qui a reconquis un public international après le Buena Vista Social Club, viendra renforcer la touche latino-américaine du festival.

Avec quelque deux cents concerts sur quinze scènes en trois jours, le North Sea Jazz festival, dont le site internet est www.northseajazz.com, se targue d'être l'un des plus importants rendez-vous d'été du jazz en Europe du nord.

Aretha Franklin et Woody Allen
au Festival de jazz de Montréal

La reine américaine de la musique soul Aretha Franklin et le cinéaste Woody Allen se produiront pour la première fois cette année au Festival de jazz international de Montréal, ont annoncé les organisateurs mardi.

Le musicien brésilien Gilberto Gil, le poète et musicien canadien Leonard Cohen, ainsi qu'Al Green, Dianne Reeves et The Wailers seront également les têtes d'affiche de ce prestigieux festival qui attire annuellement plus de deux millions de spectateurs.

Woody Allen se produira deux soirs comme clarinettiste avec son orchestre le New Orleans Jazz Band.

Cette 29e édition, du 26 juin au 6 juillet, sera dédiée au grand pianiste de jazz Oscar Peterson, décédé à la fin de l'an dernier. Une série de concerts de pianistes de renom, dont Oliver Jones, rendra hommage à ce géant canadien, ont indiqué les organisateurs lors d'une conférence de presse.

Plus de 3.000 musiciens offriront 150 spectacles en salle à la Place des Arts, le coeur du quartier des spectacles de Montréal, et 350 concerts gratuits sur des scènes installées en plein-air.

En plein centre-ville de Montréal, le site extérieur s'enrichit cette année d'une nouvelle scène, un chapiteau forain démontable importé d'Europe.

Ces 11 jours de festivités débuteront avec le premier concert en Amérique du Nord de la jeune chanteuse britannique Katie Melua, tandis que le spectacle de clôture célébrera le 25e anniversaire du label de jazz canadien Justin Time avec Oliver Jones.

Sous les feux de la rampe se produiront aussi les étoiles montantes Yael Naïm, artiste franco-israélienne propulsée par la chanson « New Soul » dans une pub d'Apple, et la chanteuse germano-nigérienne Ayo aux sons afro-beat qui ont fait déjà craquer Londres et Paris.

Pour les aficionados de la musique du monde, la chanteuse chouchou du festival, l'américaine Dee Dee Brigdewater animera la scène avec dix musiciens.

The Police donnera son dernier concert
à New York

Le groupe de rock britannique The Police jouera son ultime concert à New York en 2008, ont annoncé les musiciens mardi dans un communiqué.

« Notre première tournée américaine avait commencé au CBGB (club new-yorkais récemment fermé) en 1978 et cet été, 30 ans plus tard, notre voyage se termine avec un concert final à New York », précise le communiqué.

Les détails du concert doivent être annoncés ultérieurement.

Le trio britannique, composé du chanteur et bassiste Sting, du guitariste Andy Summers et du batteur Stewart Copeland, s'était séparé au milieu des années 80 mais n'avait jamais officiellement rompu.

Le groupe était remonté sur scène en mai 2007 pour une tournée qui l'avait mené à travers l'Amérique, l'Europe et l'Asie.

The Police a publié cinq albums entre 1977 et 1984, avec des tubes devenus classiques tels que « Roxanne », « Message in a Bottle » ou « Every Breath You Take. »

Le « son de Bristol » des Portishead
fait escale à Paris

Le Zenith a réservé lundi un accueil quasi-religieux au trio britannique Portishead, l'un des groupes les plus marquants des années 1990, qui n'avait plus fait de tournée depuis dix ans.

Dans la plus pure ascèse, sans aucun effet de mise en scène, la chanteuse Beth Gibbons à la voix tour à tour métallique, suave ou profonde a distillé les succès d'un des groupes les plus perfectionnistes et mystérieux d'outre-Manche.

Au bout d'un mois et demi de tournée, c'est à Paris que le groupe, qui présente son dernier et troisième album studio (« Third »), faisait en premier l'honneur de jouer deux soirs de suite (le concert de mardi est lui aussi complet).

Une petite heure et demie durant, le trio — la frêle et timide Gibbons, 43 ans, le guitariste Adrian Utley, huit de plus, et l'homme à tout jouer Geoff Barrow — épaulé de deux autres musiciens, a enchaîné les titres (« Sour Times », « We carry on », « Machine Gun »...), la plupart semblant plonger immédiatement dans un interminable, britannique et pluvieux lundi de novembre.

Entre sampling déjanté, guitares stridentes, percussions étranges, la patte si particulière de Portishead, devenue très froide et électrique dans leur dernier opus, a mis en transe les 6.000 spectateurs.

D'une timidité presque impolie — Beth Gibbons, qui ne donne jamais d'interview, a le plus souvent dansé dos au public —, la Britannique a gagné en confiance au fil du concert. La bière aidant, à la toute fin, elle est même descendue faire la bise à une douzaine d'inconditionnels.

Le « flux inépuisable » de Sankai Juku,
compagnie de danse issue du butô

Fidèle du Théâtre de la Ville à Paris depuis plus d'un quart de siècle, la compagnie japonaise Sankai Juku y a donné lundi en création mondiale « Tobari » (« comme dans un flux inépuisable »), où sa danse issue du butô invite à un voyage cosmique envoûtant, hors du temps et du monde.

La pièce est conçue, chorégraphiée et mise en scène par le fondateur en 1975 de Sankai Juku (« l'atelier de la montagne et de la mer »), Ushio Amagatsu (né en 1949), qui s'inspire largement des codes du butô, danse des ténèbres et théâtre de la cruauté nés dans les années 1960 au Japon.

Sa compagnie est ainsi entièrement composée d'hommes dont le crâne est rasé, le torse nu et le corps couvert de poudre blanche, souvent traversé de mouvements lents, parfois animé de façon nettement plus nerveuse.

Mais Ushio Amagatsu a su aussi prendre ses distances avec la radicalité inquiète du butô en fondant une esthétique singulière, globalement apaisée voire méditative, comme l'illustre « Tobari », mot employé en japonais pour évoquer le passage du jour à la nuit.

Comme en écho, la scénographie esquisse une nuit étoilée, tandis qu'un plateau elliptique au sol peut se parer de mille éclats à la façon d'une voûte céleste.

C'est là le pôle d'attraction des étonnants rituels décrits par les huit interprètes avec leurs corps souples et solides à la fois, leurs doigts subtilement articulés, leurs bras montrant le ciel.

Le plancher est recouvert de sable où, le temps d'un tableau, rampent des corps pris de convulsion. Car cette quête initiative est pavée de toutes les émotions: la paix mais aussi la peur se lisent sur ces visages parfois grimaçants.

Le public du Théâtre de la Ville a réservé une longue ovation à ce moment rare de poésie offert par une belle communauté d'âmes et de corps, sur des musique planantes, répétitives et mutantes de Takashi Kako, Yas-Kaz et Yoichiro Yoshikawa.

Les fans des « Sankai » auront l'occasion de les applaudir à nouveau du 14 au 17 mai. Comme lors de chacun de ses séjours au Théâtre de la Ville, la compagnie japonaise est venue en effet avec, outre sa création, la reprise d'une pièce précédemment créée.

Comme son nom l'indique, « Toki » (« un instant dans les temps entrelacés »), étrennée en 2005, part à la recherche du temps (suspendu, étiré...) dans un décor de stèles mortuaires cernant les huit interprètes, ici encore à l'apparence presque irréelle.

Le festival de danse de Marseille
investit le premier port de France

De grands noms de la danse comme Anna Teresa de Keersmaeker ou Michael Clark, un décor surprenant et