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F - 93100 Montreuil
Actualités musicales
11 mars - 20 mars 2008
Actualités musicales du 11 mars 2008
Grande anthologie chantée en 40
CDs,
des troubadours des XIIe-XIIIe siècles.
Sortie du second coffret
Les troubadours représentent deux siècles de création
artistique occitane, littéraire et musicale. Aujourd’hui la nécessité
d’une meilleure socialisation des troubadours semble faire l’unanimité
notamment par le besoin de la diffusion de leurs oeuvres et des valeurs
artistiques et éthiques qu’elles véhiculent.
Depuis plusieurs années, Troubadours Art Ensemble,
dirigé par Gérard Zuchetto (auteur, chercheur dans le domaine du trobar,
chanteur et compositeur) enregistre les chansons des troubadours d’après
les sources manuscrites médiévales et leurs retranscriptions. Plusieurs CD
sont parus chez divers éditeurs en France et en Europe et la critique
musicale a salué de façon unanime ce travail de re-création des chansons
de troubadours.
L’Association Trob’Art Productions, créée en 2000,
administre et gère cet ensemble musical professionnel spécialisé (avec
l’aide d’un cabinet d’expert comptable) qui consacre l’essentiel de son
action à l’interprétation des « cansos » de « trobar » par une démarche
artistique originale alliant rigueur dans la connaissance des manuscrits
médiévaux et expérience musicale des « musiques du monde ». L’ensemble
donne en moyenne quelques quarante concerts par an avec différents
programmes consacrés aux troubadours et se produit partout dans le
monde.
A partir de, 2005 toutes les productions de l’ensemble
sont regroupées et éditées par le label Tròba Vox et distribuées en France
par Abeille Musique.
Il apparaît que le corpus musical des troubadours est
riche de 248 chants notés avec les mélodies et que, s’il a fait l’objet de
deux anthologies intégrales de retranscriptions mélodiques, il n’existe
pas à ce jour d’anthologie chantée regroupant l’intégralité des
chants.
La réalisation de LA TRÒBA est donc une première
mondiale dans le domaine des troubadours avec comme objectif de porter à
la connaissance du plus grand public « saber e coneissensa de trobar ». Le
CD et le DVD sont parmi les supports les plus populaires de diffusion et
peuvent ainsi contribuer à la connaissance de ce patrimoine phare de la
civilisation occitane.
CHANTEURS
Sandra HURTADO-RÒS, Isabelle BONNADIER, Gisela
BELLSOLÀ, Martina DE PEIRA, Equidad BARES, Esther LAMANDIER, Maurice
MONCOZET, Jan DAU MELHAU, Etienne GAUCHER, Léo RICHOMME, Gerard
ZUCHETTO
INSTRUMENTISTES
Véronique CONDESSE, harpe - Denyse DOWLING, flûtes,
chalemies - Valérie LOOMER, guiterne - Domitille VIGNERON, vièle -
Florence JACQUEMART, flûtes, cornemuses - Guy ROBERT, luth, oud, harpe -
André ROCHARD, vièle, guiterne - Gérard MELOUX, oud - Patrice VILLAUMÉ,
vielle à roue ténor, tympanon - Dominique REGEF, rebec, vielle à roue -
Emmanuel BONNARDOT, vièle, rebec - Michel MALDONADO, vièle - Christophe
DESLIGNES, organetto - Luis BARBAN, santur - Thierry GOMAR,
percussions.
Traductions : Gérard ZUCHETTO et Jörn GRUBER
Interprétation musicale : TROUBADOURS ART ENSEMBLE et
artistes invités.
Direction artistique et musicale : Gérard ZUCHETTO.
Dee Dee Bridgewater
est commandeur des Arts et des Lettres
La ministre de la Culture, Christine Albanel, remettra
vendredi à 18h00 les insignes de commandeur dans l'ordre des Arts et des
Lettres, à la chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater, 57 ans, a-t-on appris
lundi auprès du ministère.
Dee Dee Bridgewater - Malian's project (FR 3) 2007
Née à Memphis en 1950, Dee Dee Bridgewater a fait ses
premières armes au sein de l'orchestre de Mel Lewis et Thad Jones en 1979,
avant de chanter pour Max Roach, Dizzy Gillespie ou Sonny Rollins.
Dee Dee Bridgewater, « Ne me quitte pas »
La vocaliste est devenue à partir de la fin des années
80, grâce notamment au succès de « Precious Thing », un duo avec Ray
Charles, l'une des chanteuses de jazz les plus prisées du grand public en
France, où elle a vécu de 1986 à 1999 avant de retourner aux
Etats-Unis.
Festival de l'imaginaire :
musiques et arts de tradition populaire
du monde
Le nô de Kurokawa, théâtre rituel du Japon, lance
mercredi le Festival de l'imaginaire, qui propose jusqu'au 18 avril à
Paris et à Aubervilliers concerts et spectacles de tradition populaire où
la musique rythme d'autres expressions: danse, masques, marionnettes.
Le nô de Kurokawa, interprété par la troupe Shimo-Za
mercredi et jeudi à la Maison des Cultures du monde, est une oeuvre
littéraire, musicale et chorégraphique.
Aux antipodes de ce spectacle, la musique dépouillée
d'un autre Japonais, Yoshio Kurahashi, pour flûtes en bambou shakuachi (7
avril).
Cette année, le festival met l'accent sur l'art du
masque et de la marionnette.
Les membres de la compagnie Bradamante viendront (15,
16, 17 mars) animer des marionnettes en métal de Sicile dont l'origine
daterait du 16e siècle.
Du 24 au 27 mars, une troupe de jeunes du village de
Kirango sur les bords du Niger présentera le rituel des masques et
marionnettes bozos (pêcheurs du fleuve Niger), représentant des génies
aquatiques et des animaux fantastiques.
Dans le domaine purement musical, le festival
consacrera ses quatre dernières soirées, au Théâtre équestre Zingaro à
Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), au riche patrimoine musical de la
Colombie: vallenato du nord-ouest où l'accordéon européen s'acoquine avec
le cajon d'origine africaine et la guacharaca indigène; joutes vocales des
fermiers de la pampa orientale du Llanos; gaitas, ensembles du centre du
pays pour percussions, flûtes, clarinettes et maracas.
Les musiques d'Asie centrale sont aussi à l'honneur,
avec le tengir-too des montagnes kirghizes, les mugham (modes)
d'Azerbaïdjan, la musique de cour de l'Académie du maqâm (mode oriental)
de Douchanbé, capitale du Tadjikistan: autant d'opportunités de découvrir
la richesse et la gamme étendue d'instruments traditionnels spécifiques à
cette vaste région.
Catherine Ringer continuera à chanter,
mais les Rita Mitsouko, c'est fini
Catherine Ringer « continuera à chanter » mais
n'utilisera plus le nom du groupe Rita Mitsouko, a-t-elle déclaré au
journal Le Parisien de lundi, le premier à publier une interview d'elle
depuis la mort de son compagnon et guitariste Fred Chichin fin
novembre.
La chanteuse de 50 ans reprendra vendredi à Achères
(Yvelines) une tournée interrompue par la disparition de Fred Chichin le
28 novembre à 53 ans, d'un cancer foudroyant.
« Je continuerai à chanter. J'ai commencé une chanson,
écrit un autre texte. J'en ai toujours fait, même avant de rencontrer Fred
», a déclaré Catherine Ringer.
« Ces nouveaux concerts seront forcément très
particuliers, pleins d'émotions pour moi, pour le public », a-t-elle
ajouté. « Il (Fred Chichin) sera très présent, tout en étant absent. Mais
je veux boucler la boucle, terminer l'histoire. J'en ai besoin ».
« Après, je ne sais pas ce qui va se passer. En tout
cas, les Rita Mitsouko, c'est fini. J'avais même un moment pensé tourner
sous le nom de Tamits, en gardant juste le milieu du nom Rita Mitsouko »,
a-t-elle poursuivi.
« Franchement, je ne pensais pas qu'il allait mourir.
Je croyais que c'était juste un moment d'épuisement. Il avait eu une
hépatite C et avait suivi un traitement assez lourd entre 2001 et 2003.
Après, il s'était remis à travailler comme un fou », s'est-elle
souvenu.
« Fin août, on a fait un dernier concert ensemble, au
festival Rock en Seine. Mi-septembre, cela a commencé à ne plus aller. Et
son état n'a fait qu'empirer. On ne savait pas ce qui se passait. Les
médecins disaient que l'hépatite était à peu près jugulée. C'était en fait
un cancer qui n'avait rien à voir », a expliqué Catherine Ringer.
Sa tournée est intitulée « Catherine Ringer chante les
Rita Mitsouko and more » et comprend 21 concerts, dont l'un au Printemps
de Bourges (18 avril), deux à la Cigale à Paris (19 et 20 avril), et un à
L'Olympia (12 mai). Outre la France, elle se produira trois fois en
Allemagne, une fois à Londres et une autre à Lausanne (Suisse).
Un requiem en langue zapotèque
l'année prochaine à Toulouse
Un requiem en zapotèque, l'une des langues indiennes du
Mexique toujours vivante dans l'Etat d'Oaxaca (sud), sera présenté à
Toulouse en mars 2009.
« Rekinfo », un requiem indien sous forme de dialogue
en zapotèque et en espagnol avec un orchestre symphonique et 50 choristes,
sera joué à l'abbaye Saint-Pierre des Cuisines (XIIe siècle), a annoncé
son auteur, le compositeur franco-espagnol Bernardo Sandoval.
Dans cette oeuvre qui s'inscrit dans une volonté de «
dénonciation des génocides », « l'Espagnol demande pardon », dit à l'AFP
le musicien toulousain après un concert à Tepoztlan (sud-ouest de Mexico)
dans le cadre d'une tournée au Mexique.
A 50 ans, né en Espagne, mais arrivé à Toulouse à l'âge
de deux ans, Bernardo Sandoval est l'unique guitariste français lauréat du
premier prix de guitare flamenca de La Union (Espagne). Il a également été
récompensé du César de la meilleure musique de film pour le film « Western
» de Manuel Poirier.
Bernardo Sandoval n'en est pas à son premier essai de
mélanger son flamenco revisité à des rythmes primitifs. En 2005, il avait
associé le flamenco à des rythmes de l'Afrique où il se rend souvent dans
un projet dénommé Alianza.
Cette fois, le requiem mélangera musicalités indienne
et espagnole. C'est la première fois que le zapotèque sera la langue d'une
oeuvre classique hors du Mexique.
« C'est l'histoire d'un homme et d'une femme, la
rencontre aussi de la culture espagnole et indigène du XVIe siècle », dit
le musicien à la recherche de nouvelles démarches pour « faire quelque
chose de différent ». Le rôle de l'Indienne sera chanté par une jeune
artiste d'Oaxaca, Lorena Vera.
Bernardo Sandoval vient de passer plus de deux mois
dans l'Etat d'Oaxaca pour préparer son projet, qu'il espère voir venir au
Mexique.
Des oeuvres du peintre mexicain Cesar Nunez serviront
de décor aux trois représentations de Toulouse.
Un Laurence Olivier Award
en Grande-Bretagne
pour Natalie Dessay
La soprano française Natalie Dessay a obtenu un
Laurence Olivier Award, la plus haute récompense pour les arts du
spectacle en Grande-Bretagne, pour sa performance dans « La Fille du
régiment » de Gaetano Donizetti, a-t-on appris lundi auprès de sa maison
de disque, Virgin Classics (EMI).
Lors d'une cérémonie organisée dimanche soir à Londres,
le Laurence Olivier Award 2008 pour une « réussite exceptionnelle dans le
domaine de l'opéra » a été attribué à cette artiste lyrique de 43 ans,
originaire de Lyon.
Natalie Dessay, « Der Hölle Rache » (Mozart,
Die Zauberflöte)
Le jury a distingué la performance de la chanteuse dans
« La Fille du régiment » montée par le metteur en scène français Laurent
Pelly au Covent Garden de Londres en janvier et février 2007.
Ce même théâtre a également obtenu un Laurence Olivier
Award au titre de la « meilleure nouvelle production lyrique », pour «
Pelléas et Mélisande » de Claude Debussy, à laquelle a participé un autre
metteur en scène français, Stanislas Nordey.
Actualités musicales du 12 mars 2008
Mercredi 12 mars 2008, 20h30
Paris, Auditorium de la Cité Internationale des Arts
Le danger du jazz en art
Photo Emma, Trottoir bleu
Deux nouvelles performances, avec
Fabienne Audéoud
Bobby Few
Renaud Bézy
Benjamin Sanz
Harry Swift
Charlotte de Jésus.
1: « écouter Bobby Few » : Un quart de queue dans un
auditorium. Bobby Few au piano. Fabienne Audéoud sur scène l’écoute.
2: « oser peindre en jazz » : Un trio de jazz
(Bobby Few, Harry Swift, Benjamin Sanz) devant une grande « toile ».
Fabienne Audéoud et Renaud Bézy y improviseront une peinture qui sera
proposée au public à la fin de la performance.
Bobby Few étudie le piano dès l'âge de 7 ans,
puis poursuivra, plus tard, l'étude de la théorie musicale et de la
composition au Cleveland Institute of Music. Dès 16 ans, il commence
à jouer dans des clubs de jazz de Cleveland. Il a même l'immense chance de
jouer entre les sets d'un concert d'Ella Fitzgerald qui, attendrie par la
jeunesse de Bobby, l'encouragera chaleureusement… Très vite, Bobby crée
son propre trio et se produit aux Etats-Unis. Au début des années 60, son
ami d'enfance, Albert Ayler, l'aide à faire le grand saut : il lui
conseille de partir pour New York. C'est là qu'il enregistre son
premier disque avec Booker Ervin « The In Between » puis un second avec
Albert Ayler intitulé « Music Is The healing Force of The Universe », tous
deux récemment réédités. Il jouera également avec Brook Benton, un
chanteur de rhythm and blues, qu'il accompagnera à travers le monde et
dont il deviendra le directeur musical. Concert après concert, la kyrielle
d'artistes avec lesquels il travaille sont des plus prestigieux : Archie
Shepp, Kenny Clarke, Frank Wright, Jo Henderson, Woody Shaw, Sunny Murray,
Roland Kirk, Nat Adderley, Frank Foster, David Murray, Bill Dixon, Albert
Ayler ou encore Steve Lacy qu'il accompagnera à travers l'Europe, les
Etats-Unis et le Japon de 1980 à 1992. Durant sa longue et riche
carrière, Bobby Few a également collaboré à plus de 70 enregistrements
dont le dernier en date, « Heavenly Places », en duo avec Avram
Feffer et produit par Box Holder Records (New York).
http://www.bobby-few.com
Fabienne Audéoud plasticienne et musicienne basée à
Paris. Ses travaux en solo et en collaboration ont été montrés dans de
nombreuses expositions de groupe et solo à entre autres: Tate Modern, ICA,
Camden Art Centre South London Gallery (Londres), Ikon Gallery
(Birmingham), Moderna Museet (Stockholm), Bergens Kunstvererig (Bergen),
Magazin 4 (Bregenz), Fundació Antoni Tàpies (Barcelone), Serralves Museum
(Porto), Confort Moderne (Poitiers)... Ses peintures en collaboration avec
John Russell sont actuellement dans l’exposition « Intrusion » au Petit
Palais (Paris) et dans « Ne pas jouer avec des choses mortes » à la
Villa Arson (Nice). Depuis son retour de Londres à Paris elle travaille
sur une performance musicale de grande envergure « the hit » avec Iswhat
?!
http://www.fabienneaudeoud.com
Renaud Bézy plasticien basé à Paris depuis 2002. Il
manie toute forme de médium: peinture, installation, animation numérique
avec une prédilection pour l'outil informatique. Son travail a fait
l'objet de nombreuses expositions tant en France qu'à l'étranger
(Angleterre, Allemagne, USA, Chine…etc.). Il participera au mois de mars à
Flatland Limo Project, un événement en parallèle de l'Harmory Show à New
York organisé par l’artiste et commissaire indépendante Holly Crawford.
Investi dans divers projets initiés par des artistes, Renaud Bézy
collabore régulièrement avec Fabienne Audéoud depuis mai 2007 pour
organiser des événements ou produire des pièces à deux.
Benjamin Sanz batteur et compositeur, compte à son
actif de nombreuses collaborations. Il est à l'initiative de plusieurs
projets habités par le jazz et les musiques de racines africaines. Tourné
vers la créativité et l'improvisation, son jeu polyrythmique provoque
l'échange, privilégie une pulsation forte et la cohésion du son
d'ensemble. Formé au contact de grands musiciens et par ses voyages, il a
joué en Europe, en Afrique et aux Etats Unis avec David Murray and the Gwo
KaMasters, le groupe Benkadi, Byard Lancaster, Roy Campbell, Dgiz, Hervé
Samb, Lobi Traoré, Safiata Condé, Ninjazz!, Frank Lacy, Aïda Kahnn,
Lafayette Gilchrist, Napoleon Maddox, Sabir Mateen, Iswhat?! et Bobby
Few... Il prépare un enregistrement avec son groupe, le « Benjamin Sanz
Quintet ».
Harry Swift est installé à Paris depuis 1980. Il a
travaillé avec de nombreux musiciens américains tels que Bobby Few, Joe
Lee Wilson, Annette Lowman, Steve Lacy, Kirk Lightsey, Mal Waldron et Bill
Hardman. Depuis 1985, il joue régulièrement avec Bobby Few en duo,
en trio avec Noel McGhie, avec le saxophoniste Byron Pope et avec le Bobby
Few Explosions Project (avec Rasul Siddik et Ricky Ford). En 1995, Harry
Swift forme un trio avec Jean-Claude Montredon à la batterie et Jon
Handelsman aux saxophones. Depuis 2002, il enregistre avec le Bobby Few
Quintet, le trio Handelsman / Montredon / Swift, la pianiste brésilienne
Maria Ines Guimaraes, le quartet de Noah Howard. Enfin, il joue avec le
trio de Sunny Murray. Harry Swift accompagne Bobby Few, de façon
constante, depuis 1985. C’est l’ami et compagnon de route de toujours.
Charlotte De Jésus programme l'Olympic Café de 2005 à
2007, explorant la scène Afro-Parisienne de griots et artistes immigrés
avec le Festival Rue Léon, et les boutures jazzistiques et improvisantes
des musiques de demain. Compagne des Jazz Sessions de la Miroiterie, elle
participe à la programmation du Festival La Belle Ouie, du Festival au
Féminin...
Auditorium de la cité internationale des arts, 18 rue
de l'Hôtel de ville, 10 € —
06 89 52 81 48
L'Opéra-Comique
retrouve avec intérêt
« Zampa » , un de ses triomphes passés
Le public de l'Opéra-Comique a retrouvé lundi soir avec
intérêt l'un des piliers du répertoire de la maison au XIXe siècle, «
Zampa » de Ferdinand Hérold (1791-1833), tombé dans un oubli quasi total
avec la Première guerre mondiale malgré une partition inspirée sinon
inventive.
Créé en mai 1831 à l'Opéra-Comique, « Zampa ou la
fiancée de marbre » a fait les beaux soirs de cette institution, où il a
été joué près de 700 fois, et a voyagé jusqu'à Moscou et Rio de
Janeiro.
Mais au XXe siècle, seule l'ouverture de cet
opéra-comique — ouvrage alternant les airs et les passages dialogués — en
trois actes est restée connue des mélomanes.
Le nouveau directeur de l'Opéra-Comique, Jérôme
Deschamps, a confié la résurrection de la partition au chef
franco-américain William Christie, qui s'aventure exceptionnellement, à la
tête de ses Arts Florissants, hors de ses terres baroques.
Trop chahutée, l'ouverture annonce une direction vive,
que l'orchestre — parfois bien imprécis — et le plateau semblent avoir du
mal à suivre. Mais Christie révèle au fil des actes sa lecture plutôt
approfondie d'une partition qui lorgne à la fois sur le bel canto italien,
la prosodie française et l'Allemagne pour l'instrumentation et les
harmonies. Le chef veille à accorder un rôle moteur au rythme, dont Hérold
disait qu'« il fait tout ».
Jérôme Deschamps signe la mise en scène avec sa
compagne Macha Makeïeff: le duo regarde dans un miroir romantique, façon
XIXe siècle et Viollet-le-Duc, cette histoire de corsaire (Zampa) qui
convoite une jeune femme (Camille) dans la Sicile du XVIe siècle et se
perdra, tel Dom Juan, pour s'être fiancé bien légèrement avec une pieuse
statue de marbre.
Le spectacle n'est pas d'une folle audace mais épouse
le livret de Mélesville, dont les dialogues auraient pu être coupés ou
légèrement réécrits afin de paraître moins longs et datés.
La distribution, qui s'exprime globalement dans un
français excellent, a été soignée, si l'on oublie le ténor américain
Richard Troxell, dépassé par les exigences du rôle-titre.
A la soprano Patricia Petibon (Camille), dont la voix
s'est épaissie sans perdre de son agilité, répond l'Alphonse (son fiancé)
frais et rayonnant du ténor suisse Bernard Richter. La mezzo autrichienne
Doris Lamprecht est quant à elle une actrice comique toujours aussi
hilarante.
Comme pour chacune de ses nouvelles productions,
l'Opéra-Comique organise un mini-festival autour de « Zampa », ouvrage
donné cinq autres fois jusqu'au 21 mars, puis repris les 21, 23 et 26
décembre au même endroit et les 10 et 11 janvier 2009 au Théâtre de
Caen.
La salle Favart accueillera ainsi un concert de musique
de chambre célébrant « Paris 1830 » avec les solistes de l'Orchestre
national de France et la pianiste Vahan Mardirossian (18 mars), un duel au
piano entre Wilhem Latchoumia et Ferenc Vizi comme au temps de Liszt et
Thalberg (15) et un récital de la soprano Mireille Delunsch jouant « les
premières héroïnes romantiques » (20).
A l'heure du déjeuner, des « romances » françaises
seront chantées (12, 17 et 21) et le Quatuor Girard s'illustrera chez
Cherubini, Gounod et Hérold (14 et 19).
Enfin, l'orchestre Ostinato, la soprano Chantal Perraud
et le ténor Alexandre Guerrero interprèteront des airs et ouvertures sur
le thème « rapt, vol et brigandage à l'Opéra-Comique » (14 et 15) tandis
que deux comédiens raconteront « la véritable histoire de Zampa » (du 12
au 21).
Mort de Samy al-Maghribi,
une icône de la musique marocaine
Samy al-Maghribi, qui fut une « icône » de la musique
marocaine, est décédé à Montréal à 86 ans, rapporte mardi l'agence
marocaine MAP.
De son vrai nom Salomon Amzellag, ce musicien de
confession juive, a durant soixante ans, a enrichi le patrimoine de la
musique traditionnelle marocaine, notamment le malhoun et la musique
maroco-andalouse, initialement conçue à Séville et Grenade (Espagne) dans
l'Andalousie musulmane avant la fin du XVe siècle.
« Sami al-Maghrabi s'est illustré particulièrement par
des chansons populaires basées sur une grande culture artistique, et qui,
malheureusement commencent à disparaître de la scène marocaine », a estimé
dans une déclaration à l'AFP Touria Hadraoui, l'une des représentantes de
la musique malhoun qui accompagne des poèmes écrits en arabe dialectal
raffiné.
« Sans te dire adieu, nous te dirons merci Sami d'avoir
cristallisé l'expression même de la joie et du bonheur pour plus d'une
génération », écrit mardi Aujourd'hui Le Maroc qui, comme plusieurs autres
quotidiens lui rend hommage.
Né en 1922 à Safi, la famille de Sami s'installe quatre
ans plus tard à Rabat où à l'âge de sept ans, il intègre un groupe de
musiciens dans le quartier juif de la ville. Il apprend ensuite à jouer du
oud (luth), un instrument qu'il va perfectionner au Conservatoire de
musique de Casablanca.
A 20 ans, il quitte le commerce pour se dédier
entièrement au chant et à la musique, en interprétant particulièrement les
qaçaids (poèmes) de Sidi Qaddour Al Alami, de Mohamed Benslimane et
d'autres grands ténors du malhoun.
Parmi les chansons qui lui ont valu la célébrité,
figurent « Bensoussan », poème écrit par Benyechou ainsi qu'« al-Kawi » et
« Mal hbibi malou », « Hal ar yal attar ».
Durant son parcours, Samy a contribué à la rénovation
de la chanson marocaine, notamment aux côtés d'un autre chanteur juif
marocain Salim Hilali.
Samy al-Maghribi était père d'un garçon et de cinq
filles qui l'ont accompagné dans un certain nombre d'oeuvres
musicales.
Plus de 450.000 spectateurs
à la salle Pleyel
depuis sa réouverture
La salle Pleyel, lieu mythique de la vie musicale
parisienne, a attiré « plus de 450.000 spectateurs » depuis sa réouverture
en septembre 2006 après rénovation, a annoncé mardi son président, Laurent
Bayle, en présentant la saison 2008-2009 de cet auditorium.
Un taux de remplissage de 94% (1.800 spectateurs en
moyenne dans une salle de 1.914 sièges) a été comptabilisé au terme de 250
concerts (symphoniques, de musiques vocale, baroque, de chambre, du monde,
de jazz et de variétés), selon des chiffres arrêtés à la fin février
2008.
La salle Pleyel rénovée a présenté mardi sa troisième
saison (2008-2009), une nouvelle fois très riche sur le plan
symphonique.
Outre ses résidents habituels (41 concerts de
l'Orchestre de Paris, 24 du Philharmonique de Radio France, 7 du London
Symphony Orchestra), l'auditorium accueillera des formations aussi
prestigieuses que le New York Philharmonic, l'Orchestre du Concertgebouw
d'Amsterdam ou celui du Gewandhaus de Leipzig.
L'immeuble Art déco de la rue du faubourg Saint-Honoré
recevra pas moins de trois orchestres berlinois: à défaut du
Philharmonique de Berlin, la Staatskapelle, l'Orchestre de la radio et
l'Orchestre symphonique allemand (DSO) seront à l'affiche.
La salle Pleyel initiera la saison prochaine plusieurs
projets thématiques, autour notamment du pianiste italien Maurizio Pollini
(quatre concerts et récitals) et des frères Renaud (violon) et Gautier
(violoncelle) Capuçon (trois concerts).
Les grandes voix seront bien représentées avec des
prestations du ténor Roberto Alagna, de la mezzo italienne Cecilia Bartoli
ou encore de la soprano suédoise Nina Stemme.
Hors musique classique, on relève en jazz les noms de
Keith Jarrett, Ahmad Jamal, John Zorn pour un hommage à Serge Gainsbourg,
en musiques du monde celui de Salif Keïta et la rencontre de Marcio Faraco
et Milton Nascimento pour les 50 ans de la bossa nova, sans oublier Lou
Reed, Paolo Conte, le duo électro Air ou Etienne Daho.
La salle Pleyel fonctionne avec un budget annuel de 15
millions d'euros, dont un tiers de subventions (80% de l'Etat et 20% de la
ville) et deux tiers de recettes propres (billetterie et mécénat).
Le directeur de l'Orchestre de Paris
inquiet du désengagement de l'État
Le directeur général de l'Orchestre de Paris,
Georges-François Hirsch, s'est dit mardi « inquiet du financement des
orchestres français », invoquant le manque de « réponses claires » sur le
soutien apporté par l'Etat aux formations symphoniques en 2008.
« Depuis quelques temps, nous avons vu des discours qui
allaient dans le même sens, celui d'une réduction des moyens publics », a
déclaré M. Hirsch lors de la présentation à la presse, à la salle Pleyel à
Paris, de la saison 2008-2009 de son orchestre.
Face à l'inquiétude de la trentaine de formations
symphoniques permanentes en France, la ministre de la Culture Christine
Albanel, a assuré le 11 février que « le financement du réseau national
(du spectacle vivant) en 2008 (serait) comparable à celui de 2007 »,
précisant qu'elle y incluait « les réseaux musicaux ».
« Je ne peux pas dire qu'aujourd'hui nous ayons obtenu
des réponses claires », a déploré mardi M. Hirsch, qui est aussi président
du Syndicat national des orchestres et des théâtres lyriques subventionnés
de droit privé (Synolyr) et de la Fédération des employeurs du spectacle
vivant privé et public (Feps).
« Mme Albanel souhaite faire mieux, j'espère qu'elle
pourra y arriver », a-t-il ajouté.
L'Orchestre de Paris, qui compte 119 musiciens
permanents, est la plus importante formation symphonique de France par son
budget (près de 17 millions d'euros, dont environ 8 M EUR apportés par
l'Etat et 5 M EUR par la ville).
Il poursuivra en 2008-2009 l'intégrale Mahler de
l'Allemand Christoph Eschenbach, qui vivra son avant-dernière saison comme
directeur musical.
Les solistes du pupitre des vents, qui font la fierté
de cette phalange depuis sa fondation en 1967, seront à l'honneur durant
toute la saison.
Outre ses 41 concerts (avec des hommages à Karajan et
Messiaen) à la salle Pleyel, dont il est le résident principal,
l'Orchestre de Paris se produira dans la fosse de l'Opéra-Comique (« Le
Roi malgré lui » de Chabrier) ainsi qu'en tournée en Suisse, Autriche,
Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Scandinavie.
Leonard Cohen
entame une tournée mondiale en juin
Le chanteur, compositeur et poète canadien Leonard
Cohen a annoncé qu'il entamait une tournée mondiale à partir de juin
prochain, au cours d'une cérémonie d'intronisation au « temple de la
renommée » à New York avec Madonna et d'autres artistes.
Leonard Cohen, « The Stranger Song » (1967)
Dans un communiqué diffusé mardi, le compositeur de
morceaux cultes des années 70, qui est âgé de 73 ans, a précisé que la
tournée commencerait le 6 juin prochain à Toronto (Canada) pour se
poursuivre dans de nombreuses villes européennes en juillet et août. Les
détails de la tournée n'ont pas été révélés. Il ne s'est pas produit sur
scène depuis 15 ans.
Leonard Cohen, Madonna, les groupes britanniques Dave
Clark Five et The Ventures sont entrés officiellement au « Rock and Roll
Hall of Fame », au cours d'une cérémonie tenue dans un hôtel de New York
lundi soir.
Leonard Cohen au festival de l'île de Wight en 1970
Depuis 1986, quelques artistes sont acceptés chaque
année au « temple de la renommée », qui enregistre et conserve les moments
les plus importants des plus grands interprètes ou producteurs de
rock-and-roll, ou toute autre personne ayant influé sur l'industrie. Le «
temple » est situé à Cleveland (Ohio).
Actualités musicales du 13 mars 2008
L'opéra « Padmâvatî »,
un défi inédit pour Bhansali,
figure du cinéma indien
Après 60 ans d'absence à Paris, l'opéra-ballet français
« Padmâvatî » composé par Roussel s'installera vendredi au Théâtre du
Châtelet dans une mise en scène du cinéaste indien Bhansali qui s'annonce
fastueuse mais raffinée, sans le côté kitsch de nombreux films de
Bollywood.
Sanja Leela Bhansali, 45 ans, qui a réalisé cinq films
dont « Devdas », présenté au Festival de Cannes en 2002 et nommé aux
Oscars, signe sa toute première mise en scène d'opéra avec cette nouvelle
production programmée six fois jusqu'au 24 mars.
« C'est nouveau pour moi de monter un spectacle vivant
devant un public et de faire interpréter de la musique classique
occidentale visuellement et théâtralement sur une scène, ce qui m'a
toujours fasciné », explique Bhansali dans un entretien à l'AFP.
Si le défi est inédit, l'histoire de « Padmâvatî »
— opéra-ballet en deux actes d'Albert Roussel (1869-1937), créé à
l'Opéra de Paris en 1923 mais curieusement absent des scènes parisiennes
depuis 1947 — n'est pas étrangère à l'univers du réalisateur
indien.
Le livret de Louis Laloy reprend une légende indienne
selon laquelle la reine Padmâvatî, au début du XIVe siècle, préfère être
brûlée dans son palais plutôt que de tomber entre les mains du sultan
mogol Alaouddin et de renoncer à son union sacrée avec son époux
Rata-Sen.
« Pour moi, c'est une grande histoire à raconter. C'est
l'histoire d'une femme qui se bat pour sa dignité », résume Bhansali.
Désireux de ressusciter l'opéra-ballet en vogue sous
l'ère baroque française (avec Rameau notamment), Roussel voulait en faire
un « spectacle où les danses, les choeurs, la magie des décors et des
lumières auraient une part prédominante ».
Une oeuvre au carrefour de disciplines artistiques qui
colle a priori bien à l'univers de Bhansali, réalisateur mais aussi
chorégraphe féru de musique, dont il dit qu'« elle est le point de travail
de tout (son) travail ».
Si son nom est associé à celui de Bollywood, ses
luxuriantes danses et chansons, Bhansali est réputé pour un style élégant
et raffiné rompant avec les standards de l'industrie cinématographique
commerciale de Bombay.
Le mot Bollywood, d'ailleurs, ne figure pas dans son
vocabulaire. « Je suis un cinéaste indien, et le cinéma indien est vaste.
Comment dites-vous pour les films français ? Follywood ? », glisse-t-il
avec amusement.
Son spectacle pour « Padmâvatî », réglé par une équipe
100% indienne (scénographie d'Omung Kumar Bhandula, Tanusree Shankar à la
chorégraphie, Rajesh Pratap Singh pour les costumes), n'écarte cependant
pas un certain faste, avec animaux vivants (dont un éléphant) sur scène et
décors monumentaux.
Pour le reste, la musique et le chant, Bhansali devrait
être bien épaulé. Dans la fosse du Châtelet, le chef américain Lawrence
Foster, amateur d'oeuvres rares, veillera sur le Philharmonique de Radio
France dans une partition riche et complexe, flattant l'orchestre, et qui
évite tout exotisme gratuit.
La distribution, largement francophone, a été également
soignée autour de Sylvie Brunet, qui mesurera son sens de la déclamation
lyrique française aux exigences du rôle-titre.
Après ce pari « aventureux », Bhansali, lui, reprendra
son métier habituel, quel que soit le succès public et critique de cette
production. « Après cela, je reviens à mes films », prévient-il.
Banlieues Bleues :
hors des sentiers battus du jazz
Le festival Banlieues Bleues, qu'inaugurera vendredi à
Saint-Ouen le trompettiste antillais Jacques Coursil, va assembler
jusqu'au 18 avril, en 47 concerts étalés sur 27 soirées dans 17 villes de
Seine-Saint-Denis, les nombreuses pièces du puzzle du jazz
contemporain.
Jazz et poésie, jazz et cinéma, jazz et rap, jazz et
gospel, jazz et rock, jazz zoulou, jazz électro, jazz et boxe, figures
marquantes du free jazz: pour sa 25e édition, Banlieues Bleues a concocté
une affiche dont le jazz reste le coeur, mais totalement décloisonnée.
Le festival va frapper fort d'entrée avec samedi et
dimanche « Toi même », un objet non identifié entre le bal, le cabaret, le
concert, la performance, conçu par Noël Akchoté.
Ce guitariste avant-gardiste a composé des chansons de
cabaret d'un genre nouveau, interprétées par plusieurs vocalistes dont la
rockeuse Laetitia Sheriff, avec la présence d'un bassiste post-punk ou de
John Giorno, poète de la « beat generation ».
Au-delà des interventions du poète américain, Banlieues
Bleues se fait largement l'écho d'un courant qui semble s'amplifier, celui
de la confrontation de la poésie et du jazz contemporains.
Ainsi, les Last Poets, apparus dans les années 60 et
considérés comme les précurseurs du rap, scanderont pour la première fois
leurs poèmes sur fond de musique de jazz. Et Jacques Coursil, dans une
création baptisée « Clameurs », récitera entre deux chorus de trompette
des textes de Frantz Fanon ou Edouard Glissant.
Le jazz va aussi mettre les gants. Plusieurs concerts
tournent autour de la boxe, dont celui du batteur Jack DeJohnette qui
interprétera en quintette la bande-son composée par Miles Davis, son
ancien mentor, sur les images de « Jack Johnson - Portrait of a legend »,
un film-culte sur le premier noir champion du monde poids lourds.
Le rock a en outre inspiré plusieurs créations, dont
celle des frères Lionel et Stéphane Belmondo, qui interpréteront au sein
d'un septette à vocation électrique des compositions du groupe
psychédélique The Grateful Dead, ou un trio de contrebassistes qui
revisitera les thèmes de Jimi Hendrix.
Quelques musiciens importants du jazz contemporain sont
à l'affiche: le guitariste John Scofield, dans une formule à trois cuivres
pour un jazz funk décalé, le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim ou le
trompettiste Dave Douglas pour un hommage à Don Cherry.
Le festival est aussi l'occasion de découvrir des
musiciens de free jazz méconnus mais plus que confirmés, tel le guitariste
Raymond Boni.
Toujours présentes dans la programmation, les musiques
populaires afro-américaines seront représentées par le trio Medeski,
Martin & Wood ou le saxophoniste Maceo Parker (ex-James Brown) dans le
domaine du funk, par la chanteuse Mavis Staples dans celui de la soul
music.
Sans oublier les musiques du monde: Salif Keita se
présentera dans une formule dépouillée qui magnifiera la voix du Malien,
une autre soirée proposera le tango déglingué du chanteur portègne Melingo
et la poésie électro de l'Uruguayen Jorge Drexler.
Une platine vinyle
à connecter sur PC
pour numériser sa discothèque
Le géant de l'électronique grand public japonais Sony a
annoncé mercredi la commercialisation au Japon mi-avril d'une platine pour
disques vinyle à raccorder à un ordinateur pour réaliser simplement des
copies numériques de titres enregistrés sur ces vieux supports
analogiques.
La platine se connecte à un PC par câble USB via lequel
transite le signal électrique musical. Elle est fournie avec un logiciel
spécifique qui permet de convertir automatiquement les morceaux en formats
numériques compressés MP3 ou ATRAC. Ces fichiers peuvent ensuite être
répliqués sur CD inscriptibles ou transférés sur un baladeur
audionumérique.
Il existe déjà des appareils assez proches mais
généralement difficiles à trouver. Des astuces employées par des
connaisseurs permettent aussi de numériser sur PC une discothèque vinyle,
mais la méthode est rebutante pour le commun des mélomanes.
« Avec ce produit, nous voulons offrir à tous un moyen
simple de convertir une collection complète de disques souvent associés à
des souvenirs personnels », a souligné Sony.
La conversion en numérique n'implique cependant pas une
amélioration de la qualité, variable selon l'état des supports. Les
morceaux conservés sur des disques rayés continueront de bégayer et les
crachouillis resteront intacts.
Par ailleurs, contrairement à un CD dont le contenu
peut être transféré sur un disque dur de PC en beaucoup moins de temps
qu'il n'en faut pour le lire, dans le cas du vinyle, la copie se fait à la
vitesse de lecture normale des morceaux: une heure de musique nécessite
une heure pour la convertir.
La platine PS-LX300USB de Sony sera proposée au Japon
en avril pour un prix voisin de 180 euros.
Pour ses 20 ans,
IAM s'offre les Pyramides
Pour fêter ses 20 ans, le groupe de rap français IAM,
dont la majorité des membres a adopté des pseudonymes tirés de l'Egypte
ancienne, s'offre vendredi un concert devant les Pyramides.
« C'est notre cadeau d'anniversaire à nous. Il fallait
vraiment trouver un endroit complètement original et pour nous, c'était
implicite que ce soit ici », a déclaré mercredi à l'AFP le chanteur
Akhénaton.
Le groupe marseillais, qui a explosé en 1993 avec son
tube « Je danse le MIA », est formé d'Akhénaton, Shurik'N, Kheops,
Freeman, Kephren et Imhotep.
A l'époque de la création d'IAM, « tous les groupes
avaient des noms anglais. On voulait se démarquer un peu et on a choisi
les noms (...) par pure passion » pour l'Egypte pharaonique, a expliqué
Freeman lors d'une conférence de presse.
« Un concert aux Pyramides, on ne pouvait pas faire
mieux », a-t-il ajouté.
« Il y a une dimension mystique à notre voyage », s'est
enthousiasmé Akhénaton, expliquant que l'idée d'un concert en Egypte pour
leurs 20 ans est partie « d'un délire interne ».
Mais « les meilleures plaisanteries font les meilleurs
projets », a-t-il souri.
Le groupe a aussi réagi sur le ton de la plaisanterie
après avoir été interrogé sur une visite en Egypte effectuée par le
président français Nicolas Sarkozy en décembre.
« On vient effacer ses traces, on vient balayer
derrière lui! » a dit Akhénaton dans un éclat de rire général.
Et pour leurs fans français frustrés de ne pouvoir se
rendre en Egypte pour le concert de vendredi, Akhénaton a indiqué que le
groupe allait « essayer » de donner un concert gratuit cet été à
Marseille.
Devant les Pyramides, le groupe sera notamment
accompagné de l'Ensemble national de musique populaire du Caire et de
l'Orchestre symphonique du Caire.
La tournée mondiale
de Leonard Cohen
passera par Lyon et Nice
La tournée mondiale annoncée pour cet été par Leonard
Cohen mardi passera, en France, par le festival les Nuits de Fourvière à
Lyon le 9 juillet et le Nice Jazz Festival le 22, ont indiqué mercredi les
organisateurs de ces manifestations.
Le chanteur, compositeur et poète canadien a annoncé
cette tournée mardi à l'occasion d'une cérémonie d'intronisation au «
Rock'n'roll Hall of Fame » (« temple de la renommée » et musée du rock),
qui s'est tenue à New York (et lors de laquelle Madonna a également été
honorée).
Leonard Cohen, 73 ans, auteur et compositeur depuis 40
ans de chansons devenues cultes (« Suzanne », « Sisters Of Mercy », « So
Long, Marianne », « Bird On A Wire »...), n'a plus fait de tournée depuis
1993.
Cette tournée débutera le 6 juin à Toronto et passera
notamment par les festivals de Glastonbury (Angleterre), Montreux (Suisse)
ou Benicassim (Espagne).
Cohen, qui a embrassé le bouddhisme zen, a sorti son
dernier album, « Dear Heather » en 2004. Le compositeur Philip Glass a mis
en musique son recueil de poésies « Book of Longing » dans un album qui
est sorti il y a quelques mois.
Actualités musicales du 14 mars 2008
14 mars 2008, 21h00
Chapelle des Missions, Paris
Musique vocale
« La Chapelle Musique du Val de Grace »
Quatuor vocal, Étienne Ferchaud, dir.
Thierry Escaich, orgue
J. S. Bach Choral de la cantate du Veilleur BWV 140
choral final de la cantate BWV 147
William Byrd Christe qui lux es et dies
Thierry Escaich Improvisations
Thomas Tallis Lamentations
Thierry Escaich « Lamentations » et improvisations
Pierre de La Rue Agnus Dei
Bruno Gousset Psaume
Thierry Escaich Improvisations
J. S. Bach Jesu meine Freude, choral
Programme de musiques religieuses sur le thème de la
« Passion du Christ » dans la magnifique chapelle baroque de la «
Congrégation du Saint Esprit » dont la première pierre fut posée en
1769.
Prix des places : 20 / 15 €. Chapelle des Missions, 30
rue Lhomond, 75005 - Paris. Métro : Place Monge - RER Luxembourg - Bus :
47, 84, 89
Association Lyre et Muse, 12, rue Pierre et Marie
Curie, 75005 Paris. Rép. / Fax: 01 40 46 89 65. asso.lyre-muses@wanadoo.fr
- http://www.lyre-muses.fr
14 mars 2008
Paris, église de la Madeleine
Michel Garnier Marie de Magdala
oratorio
Pakoune
Marylène Ingremeau
Vincent Lecornier
Michel Garnier
Orchestre et choeur de Magdala
Jean-Pierre Grégoire, dir.
Commencée sur l'île de Patmos, en
Grèce, l'histoire évoque la naissance de Jésus en Galilée et sa rencontre
avec Marie Madeleine qui le rejoindra le jour de son entrée à
Jérusalem.
Après le Golgotha, Marie Madeleine,
accompagnée des Apôtres, arrive aux Saintes Maries de la Mer et va
s'installer dans le Massif de la Sainte Baume où, pendant 30 ans, elle
méditera dans la grotte et la forêt.
L'oeuvre s'achève en apothéose
symphonique pour sa rencontre avec le Christ et son élévation.
10 musiciens: instruments
classiques et percussions traditionnelles d'orient. 100 choristes: chants
en français et en araméen. A chaque acte, des parfums (huiles
essentielles) sont diffusés sur le public.
Paris - Eglise de la Madeleine - Places
de 27.50 € à 33.00 € selon l'emplacement - Renseignements et réservations:
08 92 68 36 22 (FNAC) ou 06 76 80 32 67
Costel Busuioc,
le « Pavarotti roumain » d'Espagne
Costel Busuioc, un maçon de 33 ans surnommé en Espagne
« le Pavarotti roumain », a vécu un conte de fée en remportant mercredi
soir une Star Academy pour immigrés, s'ouvrant les portes de la
renommée.
En séduisant le jury de « Fils de Babel », un concours
musical de la télévision publique espagnole réservé aux immigrés, ce
Roumain parti de rien a remporté le droit d'enregistrer un disque avec
Sony, qui va gérer sa carrière.
Informé du succès de son compatriote, le ministre
roumain de la Culture, Adrian Iorgulescu, lui a offert une bourse d'étude
à l'Université nationale de Musique de Bucarest, ont rapporté les médias
espagnols.
Rien ne semblait prédestiner Costel Busuioc, arrivé il
y a deux ans en Espagne où il travaille comme maçon, à gagner un jour sa
vie en chantant l'« Ave Maria » de Franz Schubert ou « Caruso ».
Né dans une famille pauvre et nombreuse - il a neuf
frères et soeurs - il avait été abandonné petit par ses parents. A l'école
primaire, il partageait son temps entre les classes et les chèvres qu'il
gardait à Ghilad, dans l'ouest de la Roumanie, près de Timisoara, selon
les organisateurs du concours.
Marié très jeune, père de quatre enfants, Costel
Busuioc a lavé des wagons à la gare de Timisoara, travaillé comme masseur
dans une maison de retraite, avant, comme des centaines de milliers de
Roumains ces dernières années, de tenter sa chance en Espagne.
Costel busuioc - La donna e mobile
Gilles Vigneault
attend son 80e printemps
Il fêtera ses 80 ans à l'automne, mais les amis
parisiens du poète-chanteur québécois Gilles Vigneault ont anticipé
l'événement en lui rendant un hommage tout en chansons mercredi soir.
C'était à la Délégation Générale du Québec. Il y avait
là la chanteuse Fabienne Thibeault, inoubliable « serveuse automate » de
Starmania, tout comme le créateur de la comédie musicale Luc Plamondon,
lui aussi Québécois.
Gilles Vigneault - Les Gens de mon pays
Côté français, Guy Béart interpréta « Quand vous
mourrez de nos amours », l'un des premiers grands succès du chantre du
Québec et Marcel Amont « Pour traverser la rivière ». Côté Belge, Julos
Beaucarne se lança dans le célèbre « Gens du pays » en wallon.
De l'homme au regard d'enfant et au profil d'oiseau, on
chanta les louanges. « Pour parler de Gilles, les mots sont trop fragiles,
confiait Fabienne thibeault. C'est un être extraordinaire, un auteur
merveilleux, quelqu'un d'extrêmement courtois ».
Hughes Aufray rapportait sa fierté d'avoir été le
premier à faire entendre, en 1966, lors d'une émission de télévision
française, la voix du poète né à Natashquan, sur les rives du fleuve
Saint-Laurent. Anne Sylvestre riait de Gilles qu'il était envieux de ses
tournures de phrases à elle, et qu'elle enviait ses tournures à lui.
Mais le poète, dont l'intégrale des chansons
enregistrées paraît aux Editions de l'Archipel sous le titre « Gilles
Vigneault: les gens de mon pays » (476 pages, 23 Euros), le poète lui,
restait dans ses étoiles.
« C'est une fête que je ne mérite pas, mais que
j'accepte bien volontiers. C'est une fête en rapport avec l'idée de passer
du temps avec les gens. Pour moi, c'est d'aller les voir chez eux, dans
les provinces, à la campagne, comme je viens de le faire en Belgique et en
France. D'aller les rencontrer dans ces contrées dont ils n'ont pas
l'occasion de sortir ».
Des contrées vastes comme son pays auquel toujours il
revient. « Mon pays, vous savez, c'est l'hiver. En ce moment, il est très
beau. Il est tout blanc ».
« J'ai hâte d'y retourner pour le printemps. Parce que
le 19 mars, c'est la Saint-Joseph, la fête du sucre. Partout dans les
villages, les enfants vont dans les bois recueillir l'eau des érables,
pour la transformer en sirop ».
« Je viens de me construire une cabane, sur les rives
d'un lac. J'y serai pour la fête du sucre. Pour le printemps. Mon
quatre-vingtième printemps! »
Japon : un casque audio
hyper-isolant
vis-à-vis du brouhaha
Le groupe d'électronique japonais Sony va
commercialiser au Japon un casque audio haut de gamme pourvu d'un système
numérique de réduction de bruits qui atténue 99% des perturbations sonores
externes, un résultat jamais atteint par les modèles à procédé
analogique.
Il existe déjà de nombreux casques audio de différentes
formes (fermés, oreillettes) dotés d'un dispositif pour annuler
partiellement les bruits provenant de l'extérieur (conversations,
ronronnement dans les trains, voitures dans les rues, etc.). Cependant,
seulement environ 80% des nuisances sonores alentour sont généralement
plus ou moins réduites dans le meilleur des cas.
Le processus numérique mis en oeuvre permet d'attaquer
toutes les fréquences, y compris élevées (médium-aigus), ce qui est plus
difficile avec les procédés habituels analogiques, lesquels parviennent
certes à atténuer les sons sourds (dans un avion par exemple) mais pas les
bruits stridents (comme les conversation, klaxons et rires).
Toutefois, certains fabricants ne jugent pas pertinents
de proposer des casques à réduction de bruits environnants trop
performants du fait du danger potentiel qu'ils peuvent représenter
lorsqu'ils sont utilisés dans les rues où la vigilance s'impose.
D'autres estiment que les procédés mis en oeuvre
perturbent le signal musical, préférant n'utiliser que des méthodes
d'isolation non électroniques classiques (mousses notamment).
Le casque de Sony sera disponible fin avril au Japon
pour environ 50.000 yens (315 euros).
NTM se reforme
le temps de trois concerts
à Bercy les 18, 19 et 20 septembre
Le duo NTM, groupe phare du hip hop français, a annoncé
sa reformation, dix ans après sa séparation, le temps de trois concerts à
Bercy les 18, 19 et 20 septembre tout en se montrant évasif quant à la
possibilité d'enregistrer un nouvel album, jeudi soir sur Canal+.
« A Bercy en septembre ! » ont hurlé à leurs fans en
liesse, sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot, JoeyStarr et
Kool Shen, après avoir interprété en direct l'un de leurs succès, « Seine
St-Denis Style ».
« J'ai l'impression que ça faisait une heure qu'on
s'était quittés (...) c'est passé vite ! » a lancé Kool Shen, crâne rasé
et tee-shirt bleu.
Le tandem, qui a promis d'interpréter « tels quels »
ses succès des années 1990 à Bercy, est resté évasif quant à
l'enregistrement d'un nouvel album.
« Ce n'est pas prévu aujourd'hui... On ne livre pas un
packaging, des gens pourraient nous reprocher de monter sur scène pour
l'argent », a dit Kool Shen.
« Mais l'année dernière Kool Shen avait arrêté le
rap... alors tout est possible ! Regardez les élections, tout est possible
! » a toutefois ironisé son compère JoeyStarr, derrière de grandes
lunettes de soleil.
NTM - acronyme de « Nique ta mère » - est le groupe
phare du hip hop français, dans sa tendance dure. Sa séparation remontait
à 1998 et l'album « NTM ».
Il a été formé, à la fin des années 80 par JoeyStarr
alias Didier Morville et Kool Shen (Bruno Lopes), dans le prolongement
d'un collectif de danseurs hip hop et de graffeurs auquel ils
appartenaient depuis le début de cette décennie.
Originaire de la Seine-Saint-Denis, le groupe, outre
son importance artistique, a joué un rôle de révélateur social, traduisant
dans ses textes contestataires et parfois violents le malaise des
banlieues.
Depuis la séparation de NTM, JoeyStarr et Kool Shen,
qui s'étaient brouillés, s'étaient lancés dans des carrières solo, comme
rappeurs et producteurs. Le premier a sorti l'album « Gare au jaguarr » en
octobre 2006.
La parution d'un best of de NTM il y a quelques mois
avait rendu crédible l'hypothèse d'une reformation.
Actualités musicales du 15 mars 2008
15 mars 2008 à 20h
Paris, Schola Cantorum
Katerina
Kulykova
piano
Katerina Kulykova, jeune pianiste
ukrainienne, déjà lauréate de très nombreux concours nationaux et
internationaux, a choisi la France pour exercer son art au travers de deux
représentations uniques.
Les romantiques des pays de l’Est
sont à l’honneur avec, en 1ère partie, la transcription pour piano du
ballet « Casse Noisette » de Tchaïkovski ainsi que les « Rapsodies
espagnoles » de Liszt et, en 2ème partie, « Tableaux d’une exposition » de
Moussorgski et « Islamey » de Balakirev, œuvres qui ne manqueront pas de
séduire les amateurs comme les mélomanes de musique classique.
De plus, grâce à la présence d’une
interprète, l’artiste se tiendra à la disposition du public pour répondre
à toutes les questions et instaurer un dialogue constructif autour des
œuvres interprétées et du parcours artistique de la pianiste.
Schola Cantorum – 269 rue Saint
Jacques - 75005 PARIS
Tarif : 20 €, 16 € (membres
de la Schola Cantorum, étudiants, jeunes 12-18 ans, groupe à partir de 10
personnes), gratuit pour les moins de 12 ans
Le dimanche 16 mars 2008,
Katerina Kulykova se produira à à 16h, à Mons-en-Barœul. Salle
Allende, avenue Robert Schumann, 59370 Mons-en-Barœul. Tarif : 16 €, 12 €
(étudiants, 12-18 ans), groupe à partir de 10 personnes. gratuit pour les
moins de 12 ans
Soliste de l'Ensemble intercontemporain, l'altiste
Christophe Desjardins fait partie de ces rares artistes qui mettent toute
leur énergie au service de la musique de notre temps, parfois au prix d'un
déficit de notoriété.
Le 20 mars, Christophe Desjardins servira trois
créateurs français, lors d'un atelier-concert présenté et commenté par
Philippe Manoury, dont il jouera la « Partita I » pour alto et
électronique, à la Maison de la musique de Nanterre.
Le 10 avril, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris
l'accueillera pour « Déchirures d'un temps plissé » de Robert Pascal.
Enfin, le 2 mai, Christophe Desjardins participera à la Cité de la musique
à la création de « Messe noire », oeuvre pour quatuor à cordes de
Gérard Pesson.
Martial Solal fête
au Théâtre du Châtelet
plus de 50 ans de carrière
Martial Solal, l'un des grands pianistes du jazz
moderne, sera samedi sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris, pour un
concert exceptionnel qui le verra notamment jouer avec un batteur
« historique », Roy Haynes, autre fringant octogénaire à la carrière
impressionnante.
Au cours de cette soirée, Martial Solal, 80 ans, jouera
en solo, en duo avec le guitariste Biréli Lagrène et le pianiste Stefano
Bollani, en trio avec Roy Haynes et le contrebassiste Mads Vinding, en
quartet avec le trompettiste Eric Le Lann, sa fille Claudia Solal,
chanteuse de jazz improvisé, et Mads Vinding.
Martial Solal Piano Solo «I Got Rhythm » (1981)
Martial Solal a traversé avec succès plus d'un
demi-siècle de jazz, depuis qu'il a débarqué à Paris, en provenance de son
Alger natal, en 1950.
Sa carrière est plus que bien remplie: premières piges
dans divers big bands, premier enregistrement pour les ultimes sessions de
Django Reinhardt en 1953, premier disque en 1956, premier quartet,
nombreuses musiques de films, innombrables collaborations très
diversifiées (Lee Konitz, Paul Motian, Michel Portal, Didier Lockwood,
Gary Peacock, Dave Douglas, Joachim Kühn...), composition d'oeuvres de
musique contemporaine, le Dodecaband, un big band léger créé il y a
plusieurs décennies qu'il anime toujours régulièrement...
Martial Solal & Toots Thielemans, « Valse à Trois Temp
»
A 80 ans, ce pianiste inventif, très joueur, aux
constructions originales et aux variations de timbres complexes, se porte
comme un charme.
Cet homme affable et plein d'humour, d'une insatiable
curiosité, continue de se produire régulièrement, d'être recherché et de
publier des albums à un rythme soutenu: le dernier en date,
« Longitudes » (CamJazz), avec Louis et François Moutin
(batterie/contrebasse), araîtra fin avril.
Derrière la décontraction se cache un travailleur:
lorsqu'il n'est pas en concert ou studio, il travaille ses gammes
plusieurs heures par jour, ce qui lui permet de conserver intacte son
agilité digitale, et une technique exceptionnelle faisant de lui l'égal
d'Oscar Peterson ou Art Tatum.
Un Faust médiéval
mis en scène à Bordeaux
par un jeune tandem français
Après avoir été longtemps transposé aux XIXe et XXe
siècles, l'inusable « Faust » de Charles Gounod revient dans un opéra
médiéval stylisé, pour éviter le piège de la reconstitution, par les
jeunes metteurs en scène Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, du 16
au 28 mars à Bordeaux.
Depuis la commande du directeur de l'Opéra de Bordeaux,
Thierry Fouquet, voici quatre ans, les deux metteurs en scène, actuels
directeurs artistiques de l'Opéra français de New York, ont « potassé
» l'histoire des sociétés médiévales, avec le désir d'inscrire sans
clichés le mythique trio de Faust, Méphisto et Marguerite dans le contexte
religieux et sociologique de l'époque.
« L'enjeu dramaturgique d'un Faust médiéval
n'était pas facile parce qu'en voulant représenter le Moyen-Age, on peut
très vite tomber dans un costume historisant, un décor en carton-pâte et
on ne voulait pas que le public dise: on est au musée », expliquent-ils à
l'AFP.
Le tandem a alors travaillé sur le XVe siècle
germanique, s'inspirant pour les costumes et les décors des peintres de
l'Europe du nord de l'époque (Hans Holbein, Lucas Cranach...), pour une
mise en scène qu'ils ont voulue « très graphique, avec une grande
pureté dans les lignes pour les costumes ».
Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, qui se
définissent comme « de purs produits du renouveau de la mise en scène
dans les années 90 », n'ont pas voulu chercher de correspondance entre
Faust et le XIXè siècle.
« La question du spirituel et de la quête
amoureuse, parfois naïve, la recherche de la jeunesse éternelle sont
vraiment d'actualité. Il ne nous semblait pas nécessaire de moderniser ces
thèmes pour qu'ils parlent au public », estiment-ils.
Ce qui ne fut pas toujours le cas: au cours des années
70 et 80, ces thématiques ne fonctionnaient plus dans l'Europe de la
libération sexuelle et de l'émancipation féminine, d'où le goût de
certains metteurs en scène à vouloir « psychologiser » les
personnages.
« Dans notre mise en scène, on veut faire
comprendre que la vie des personnages est encadrée par le religieux... On
vit une partie de l'année aux Etats-Unis, et là bas, c'est une société
très religieuse, on a peut-être aussi été influencé par ça »,
confient-ils.
Le Dr Faust, savant catholique dans sa bulle, apparaît
au premier acte dans un cimetière et non dans son cabinet, car au
Moyen-Age le monde des vivants n'est pas séparé de celui des morts.
Fidèle aux représentations du diable à l'époque,
Méphisto apparaît quant à lui sous les traits d'un homme sauvage et velu,
mais aussi d'un bouffon, « qui peut être un bon copain et qui devient
mauvais la minute d'après ».
« Méphisto est l'image même du leader
charismatique. Il a une influence physique sur les gens, c'est un
manipulateur de masse comme les grands dictateurs », soulignent-ils, tous
deux diplômés en sciences politiques et histoire de l'art.
Avec le personnage de Marguerite, « on a travaillé
sur la blondeur, une ligne du vêtement qui ne la positionne pas dans une
classe sociale, ni Cendrillon ni Cosette ».
Pour eux, Faust, « c'est du grand spectacle, mais
le costume historique ne doit pas empêcher l'engagement physique très fort
des chanteurs ».
Un rare portrait de Mozart adulte
authentifié par un expert à Londres
Un rare portrait de Mozart adulte, présenté comme la
plus importante découverte du genre depuis la mort du compositeur en 1791,
a été authentifié par un expert britannique du King's College de Londres,
a annoncé vendredi l'université.
Cette huile de 35 cm sur 48 montre le génie autrichien
(1756-1791) de profil, portant une veste rouge correspondant presque
exactement à l'habit décrit par Mozart dans une lettre à son père en
septembre 1782.
Le tableau, « sans doute » peint vers 1783 par
Joseph Hickel, peintre à la cour impériale d'Autriche, pourrait valoir
plusieurs millions de dollars, selon King's College.
« On peut dire qu'il s'agit du portrait de Mozart
le plus important jamais découvert depuis la mort du compositeur en 1791,
et également le 4e portrait authentifié connu de lui lors des années
viennoises, l'époque de ses plus grands succès professionnels et de ses
plus grandes compositions », explique le Pr Cliff Eisen, cité par le
communiqué.
Ce tableau, inconnu pendant plus de 200 ans, avait été
acheté en 2005 par un collectionneur américain. Il appartenait jusqu'alors
aux héritiers de Johann Lorenz Hagenauer, un ami du père de Mozart.
« Dans la mesure où il n'existe que quelques rares
images authentifiées de Mozart pendant les dix dernières années de sa vie,
cette découverte est foncièrement importante », a pour sa part commenté le
Pr Simon Keefe, de l'université anglaise de Sheffield.
Ce tableau « devrait rejoindre les deux autres
portraits les plus célèbres de Mozart adulte — un tableau inachevé du
beau-frère de Mozart Joseph Lange et un autre posthume de Barbara Kraft
— au nombre des images de référence du compositeur aux yeux du grand
public », a ajouté le Pr Keefe.
Né à Salzbourg en 1756, Wolfgang Amadeus Mozart s'était
installé en 1781 à Vienne, où il est mort 10 ans plus tard à l'âge de 35
ans, et où il a composé parmi ses plus grands chefs-d'oeuvre.
Harmonia Mundi,
la cinquantaine sans la crise
Fondé en 1958 par le très militant Bernard Coutaz,
Harmonia Mundi, le plus important éditeur phonographique français
spécialisé en musique classique, ne craint pas la crise de la cinquantaine
et croit toujours en l'avenir du disque.
La maison basée à Arles (Bouches-du-Rhône) n'a pas
attendu 2008 pour fêter son jubilé, cédant dès l'automne à la mode des
coffrets à bas prix en écoulant une somme de cinquante
« chefs-d'oeuvre » (30 CD, 40 euros) à plusieurs dizaines de milliers
d'exemplaires.
Le 27 mars, Harmonia Mundi tirera une nouvelle salve de
rééditions avec les premières parutions de sa collection « hmGold
».
Le mélomane y trouvera des enregistrements qui ont
marqué l'histoire d'un label très actif dans le répertoire ancien et
baroque, avec les Belges Philippe Herreweghe et René Jacobs notamment,
mais aussi en musique chorale ou de chambre.
Parallèlement, durant quatre semaines chaque dimanche
dès le 16 mars, France Musique consacrera ses « Greniers de la
mémoire » à cet anniversaire, en compagnie du fondateur de la maison,
Bernard Coutaz, toujours vaillant à 85 ans.
En octobre 1958, c'est un journaliste engagé à gauche
— « je le suis toujours », dit-il — qui lance, d'abord à
Paris, sa maison de disque.
« Je ne supportais pas l'autorité des rédacteurs
en chef. J'étais préparé pour le livre, mais comme je pensais que le
microsillon était promis à un large développement, j'ai choisi le disque
», explique Bernard Coutaz à l'AFP.
« Un peu bousculé » dans la capitale,
l'entrepreneur trouve le calme dans le Luberon. C'est là qu'il lancera sa
première collection (des enregistrements d'orgues historiques) et fera la
rencontre du pionnier des contre-ténors modernes, l'Anglais Alfred Deller,
fidèle au label jusqu'à sa mort en 1979.
Harmonia Mundi s'installera dans un mas arlésien en
1986. « J'avais promis 30 emplois. En 2008, on est 138 à Arles, 260
en France, 320 dans le monde », égrène avec fierté Bernard Coutaz, à la
tête d'un groupe qui s'assume multinational mais demeure indépendant, et
se targue en France de faire jeu égal au rayon classique avec EMI derrière
Universal, soit deux majors.
« J'ai montré qu'une telle société pouvait vivre
et se développer, même dans un marché qui se casse la gueule de 45% en
cinq ans », souligne le PDG, qui affiche deux à trois millions d'euros de
résultat net sur un chiffre d'affaires de 60 M EUR.
Comment ? D'abord grâce à un catalogue « qui a
évolué en suivant les artistes, leurs désirs, plutôt qu'en les précédant
». Ensuite, en réinvestissant les bénéfices dans la production, après en
avoir distribué 20% au personnel.
Du coup, Bernard Coutaz peut se permettre de ne pas
foncer tête baissée dans les ventes numériques, improbable eldorado devant
lequel il est « sans illusion ».
« Le téléchargement pour le classique doit
représenter 3% des ventes. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des
extraterrestres avec des grandes oreilles, mais avons des yeux et des
mains qui ont envie de voir, de toucher et de posséder », fait-il
valoir.
Selon lui, la crise n'est donc pas celle du support (le
CD) mais de la distribution, à l'heure où les magasins spécialisés ferment
les uns après les autres sous la poussée des grandes enseignes et de
l'absence de prix unique.
D'où l'idée de lancer ses propres boutiques, désormais
au nombre de 44 en France et de 3 en Espagne.
« Et ça marche », relève Bernard Coutaz, qui dit
« ne pas croire au miracle, mais à l'obstination et à la continuité
».
Renaissance à Vienne
d'un opéra de Marin Marais
oublié depuis 237 ans
Un joyau de l'opéra baroque français, « Alcyone »
de Marin Marais (1656-1728), oublié depuis 237 ans, a ressurgi de ses
cendres à Vienne, dans une mise en scène de l'Autrichien Philipp
Harnoncourt, fils du chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt, un des
pionniers de la remise à l'honneur de la musique baroque.
A l'Odeon Theater, une salle du 19ème siècle bâtie dans
le style Néo-Renaissance, le public a réservé un accueil enthousiaste à la
mise en scène, aux jeunes chanteurs et à l'ensemble d'instruments anciens
Armonico Tributo, sous la direction de Lorenz Duftschmid.
Si Marin Marais, un virtuose de la viole de gambe,
disciple de Jean-François Lully, est surtout réputé pour ses compositions
instrumentales, il n'en a pas moins composé quatre opéras, dont
« Alcyone », en cinq actes et un prologue, de loin le plus populaire
des quatre. Composé en 1706, « Alcyone » a été joué d'abord à la Cour
de Louis XIV puis avec succès sans interruption jusqu'en 1771, période à
partir de laquelle l'opéra italien a commencé à supplanter l'opéra
français, qui a alors quasiment disparu du répertoire.
Dans le rôle d'Alcyone, la soprano russe Svetlana
Smolentseva, à la voix riche et fruitée, a plus convaincu par son chant
que par sa prestation de comédienne, alors que, dans le rôle-vedette
masculin, le ténor allemand Johannes Weiss, malgré une forte intonation
nasale, ainsi que le baryton-basse allemand Steffen Roessler et le baryton
japonais Yasushi Hirano ont bien tenu leur partie.
En marge de la reprise de cet opéra oublié, qui sera
joué à l'Odeon jusqu'au 30 mars, les fans de musique baroque peuvent
revoir et réentendre l'un des grands films consacrés à la musique baroque
et à Marin Marais, « Tous les matins du monde », réalisé en 1991 par
Alain Corneau, rediffusé au Burg Kino.
« Couleurs d'orchestre » :
la vie ordinaire
d'une grande formation symphonique
Avec « Couleurs d'orchestre », Marie-Claude
Treilhou fait un pari rare et difficile : montrer au cinéma la vie
quotidienne d'une grande formation symphonique, l'Orchestre de Paris, en
observant ses coulisses et ses rouages, au risque d'une certaine
banalité.
Ce documentaire fait l'objet mercredi d'une sortie
modeste (six copies) mais constitue une étape importante dans le parcours
de Marie-Claude Treilhou, clôturant une trilogie musicale qui devrait
paraître ultérieurement en DVD.
Après « En cours de musique » (2000), variations
sur l'enseignement d'un professeur de piano, et « Les métamorphoses
du choeur » (2004) sur une chorale amateur, la réalisatrice aborde le
travail d'un orchestre de 119 musiciens permanents mais aussi de son
personnel technique et administratif.
En 2008, ce documentaire paraît daté: il a été tourné
du temps où l'Orchestre de Paris vivait une résidence douloureuse au
Théâtre Mogador — lieu peu favorable au rayonnement d'une formation
symphonique —, donc avant sa réinstallation en septembre 2006 à la Salle
Pleyel rénovée.
Le film est coproduit par l'Orchestre de Paris, mais ne
vire pas pour autant à l'hagiographie, ce qui aurait pu être tentant alors
que la phalange fête cette saison ses 40 ans.
On y voit qu'un orchestre est un corps social complexe,
où la bonne humeur n'est pas toujours de mise, par exemple quand tel
soliste des cuivres se plaint à un régisseur de la disposition de son
pupitre dans la « Quatrième symphonie » de Schumann...
Lors d'une répétition, le spectateur pénètre dans la
cabine d'enregistrement de Radio Classique, et aucun commentaire de
l'ingénieur du son sur l'interprétation ne lui échappe, même les moins
flatteurs (« c'est jamais génial... »).
La caméra s'attarde dans les bureaux où les
bibliothécaires discutent du matériel d'orchestre (partitions), les
administratifs tentent de retrouver les bagages égarés d'un chef invité,
mais aussi dans les couloirs où les régisseurs déplacent les instruments
dans leurs caisses en un ballet bien réglé.
Malheureusement, les échanges peuvent paraître bien
techniques voire futiles: c'est toute la limite de ce long métrage de deux
heures avare en musique, filmé sans style, par le petit bout de la
lorgnette, et qui n'apprendra pas grand chose au connaisseur tout en
laissant le néophyte au milieu du gué.
Restent quelques beaux moments d'humanité, notamment
quand un jeune contrebassiste montre maladroitement son bonheur à l'issue
de son admission sur concours. Ou quand l'Allemand Christoph Eschenbach,
directeur musical de l'orchestre, écoute les yeux fermés l'enregistrement
d'une suite de « Bacchus et Ariane » de Roussel avant de laisser
poindre une moue de contentement.
Le nouvel album de Raphaël
marqué par le style des Balkans
et des Caraïbes
Trois ans après « Caravane », qui avait remporté
un énorme succès (1,8 million d'exemplaires, trois Victoires de la
musique), Raphaël sortira lundi son quatrième album studio, « Je sais
que la Terre est plate » (Capitol/EMI).
Le chanteur s'est entouré de collaborateurs prestigieux
pour cet album très attendu et musicalement riche, dont le Jamaïcain Toots
Hibbert (le duo « Adieu Haïti »). Raphaël entamera le 7 novembre
(jour de ses 33 ans) une tournée qui passera par Paris-Bercy le 12
décembre.
Q: Passer à la suite a-t-il été compliqué après le
triomphe de « Caravane »?
R: « Ce n'est pas une expérience qui n'affecte
pas. J'ai reçu tellement qu'à un moment, l'envie a peut-être été un peu
émoussée. J'avais envie de me reposer, ou plutôt je ne savais même pas de
quoi j'avais envie. Mais le désir de refaire de la musique est vite
revenu. D'une certaine manière, un tel succès est un accident de parcours.
Peut-être que ça ne m'arrivera en plus, en tout cas j'en ai profité et
c'était très sympa! ».
Q: Comment avez-vous procédé pour élaborer ce nouvel
album?
R: « Je voulais qu'il soit un peu moins pop rock,
et plus dans le style des Balkans et des Caraïbes. J'ai essayé de ne pas
refaire la même chose, et en même temps, je ne crois pas que j'étais prêt
à faire un truc radicalement différent. Je n'avais pas envie de faire un
disque complètement en rupture juste parce que j'avais eu ce succès
énorme. Changer radicalement d'un disque à l'autre, c'est dur. Quels sont
les chanteurs français qui y arrivent, en dehors de Bashung, qui domine
tout le monde de la tête et des épaules? ».
Q: Pourquoi ce titre?
R: « J'aimais bien cette espèce de cosmogonie très
naïve. Et tout simplement, il fallait bien trouver un titre d'album à
partir des chansons. C'était le seul qui n'était pas tartignolle: les
autres faisaient prétentieux, ou tarte, ou convenus, alors que celui-là me
paraissait énigmatique. Je ne sais pas si c'est un bon titre, mais pour
l'instant j'aime bien! »
Q: Quel a été l'apport de vos musiciens, dont certains
sont des collaborateurs de votre idole, David Bowie?
R: « Ils ont une approche tellement différente!
Pas tellement parce que ce sont d'immenses musiciens, mais parce qu'ils
sont américains, d'une autre culture. Ils n'ont aucune idée de ce qui
passe à la radio en France, de ce qui marche et de ce qui est considéré
comme de mauvais goût, donc leur approche n'est pas du tout conditionnée.
En même temps, ils ne s'imposent pas leurs normes à eux parce que le
disque n'est pas destiné au marché américain. Je trouvais cette liberté
intéressante. »
Q: Le thème du voyage est une constante dans vos
chansons...
R: « J'adore cette idée de départ, d'aller simple.
C'est un réconfort, une manière de se dire qu'on n'a pas qu'une seule vie,
que tout peut recommencer ailleurs. En ce moment, je suis dans un trip de
pilotage, l'aéropostale, tout ça... Je pilote dès qu'il fait beau. Prendre
un peu d'altitude, c'est agréable. Quand on reste ici, c'est une routine
permanente. Le seul moyen d'en sortir, c'est de se défoncer la gueule, au
manque de sommeil ou à ce qu'on veut. Alors qu'avec le voyage, on sort
naturellement de soi-même ».
Q: D'ailleurs, vos textes évoquent assez régulièrement
l'alcool...
R: « Je ne dis pas que c'est bien d'être
alcoolique, mais que l'alcool, tant que ce n'est pas une souffrance, c'est
délicieux, voluptueux. Et c'est vrai que ça a été important pour moi dans
la mesure où j'étais extrêmement timide. Ca m'a permis d'avoir des
contacts plus faciles avec mes semblables ».
Les 80 ans de Christa Ludwig,
une mezzo de légende
L'Allemande Christa Ludwig fêtera dimanche son 80e
anniversaire et sa maison de disque, EMI, rend hommage à celle qui restera
comme l'une des grandes mezzos de la seconde moitié du XXe siècle.
« The Art of Christa Ludwig », coffret de cinq CD,
fait la part belle aux pages avec lesquelles la chanteuse, par sa langue
et sa culture, entretenait une évidente familiarité : lieder de Brahms,
Mahler, Schubert, Schumann ou Wolf en particulier et le répertoire
allemand en général.
Mais le coffret rend aussi justice à la curiosité de
cette musicienne qui s'aventura dans les répertoires français (Ravel,
Saint-Saëns...) et italien (Bellini, Verdi, etc.)
Christa Ludwig est en outre l'objet d'une
« Birthday Edition » en double DVD (Arthaus Musik).
Des biens de la cantatrice
Elisabeth Schwarzkopf
sont vendus aux enchères à Vienne
Les meubles, bijoux, tableaux et bibelots de la célèbre
cantatrice allemande Elisabeth Schwarzkopf, décédée en 2006, vendus jeudi
aux enchères à Vienne, ont rapporté 160.640 euros, très au-dessus des
estimations initiales, a annoncé vendredi la maison de ventes
Dorotheum.
La diva de l'opéra, qui avait élu domicile en Autriche
jusqu'à sa mort à l'âge de 90 ans, avait fait savoir qu'elle souhaitait
partager le bénéfice de tous ses biens pour moitié entre deux organismes,
l'association SOS-Villages d'enfants et le Centre de recherche Anna sur le
cancer des enfants.
Les mises à prix des objets, allant de bibelots
personnels de la soprano à des costumes de scène en passant par des pièces
d'antiquité ou des lettres et autographes de musiciens de renom comme
Puccini ou Rossini, variaient entre 20 euros pour une petite table basse
en bois et 14.000 euros pour un bracelet de platine datant du premier
tiers du XXe siècle, qui est finalement parti à 27.000 euros, soit presque
le double de l'estimation initiale.
Des fans de la cantatrice et aussi nombre de ses
anciens élèves sont venus du monde entier pour se presser à la vente aux
enchères.
Actualités musicales du 16 mars 2008
Paris réveille « Padmâvatî »,
spectacle à l'indienne
qui en met plein les yeux
Le Théâtre du Châtelet à Paris a réveillé vendredi soir
« Padmâvatî », opéra-ballet d'Albert Roussel (1869-1937)
présenté jusqu'au 24 mars dans une mise en scène du cinéaste indien Sanjay
Leela Bhansali (« Devdas »), avec le faste mais sans le kitsch de
« Bollywood ».
Reportage réalisé par Tom Volf - 1ère partie
La production en met plein les yeux, mais aussi un peu
trop plein les oreilles sous la direction musicale de l'Américain Lawrence
Foster, qui manque de subtilité, à la tête d'un Orchestre philharmonique
de Radio France très mat, pour libérer le parfum enivrant voire vénéneux
de la partition.
La résurrection scénique de « Padmâvatî »,
opéra-ballet en deux actes créé à l'Opéra de Paris en 1923, était guettée
par tous les amoureux du répertoire lyrique français: l'oeuvre n'avait pas
été représentée en France depuis trente ans, et dans la capitale depuis
six décennies.
Soucieux de renouer avec une programmation d'ouvrages à
grand spectacle, le Châtelet a proposé à Bhansali de signer, à 45 ans, sa
première mise en scène d'opéra. En partant d'un présupposé logique: le
réalisateur de « Devdas » (2002), film made in Bollywood mais de
qualité, nommé aux Oscars et présenté à Cannes, serait en terre connue
dans un spectacle où, selon Roussel, « les danses, les choeurs, la
magie des décors et des lumières (ont) une part prédominante ».
Reportage réalisé par Tom Volf - 2e partie
De fait, le propos de Bhansali colle au livret de
l'orientaliste Louis Laloy, qui reprend une légende selon laquelle la
princesse Padmâvatî, à la fin du XIIIe siècle, préfère être brûlée dans
son palais plutôt que d'être livrée au sultan Alaouddin et de renoncer à
son union sacrée avec son époux Ratan-Sen.
Le ton est donné par l'élégante enseigne à fleur de
lotus, portant l'incription « Padmâvatî », qui surplombe le
cadre de scène et reste allumée tout au long du spectacle.
Les décors de l'artiste indien Omung Kumar Bhandula
évoquent de manière colorée, avec ce qu'il faut de féerie, le palais de
Chitor (intérieur et extérieur) et le temple de Siva.
Tanusree Shankar règle de son côté les chorégraphies,
interprétées par de jeunes gens virevoltants ou de gracieuses demoiselles
aux longs cheveux de jais, lesquels réussissent à caler leurs pas de danse
indienne sur une musique qui pourtant ne s'y prête pas forcément.
La production n'a pas lésiné sur les moyens, exhibant
sur scène des animaux vivants: il y a là l'éléphant Baby, la tigresse
Perle, le cheval Otello mais pas le python Shéhérazade, qui est mort au
cours des répétitions.
Bhansali réussit quelques belles images, notamment
quand Padmâvatî tue son mari, dont on voit le sang couler par un bel effet
de lumières sur le rideau. Ou encore quand elle le rejoint dans la mort,
dans un brasier fumant et rougeoyant. A la fin, le couple défunt semble
monter au ciel et s'étreint en une vraie-fausse happy end très
« bollywoodienne »...
On en oublierait presque les séductions de la
distribution, qui évite soigneusement de chanter dans un français trop
exotique. A l'image de la mezzo Sylvie Brunet, actrice limitée mais modèle
de déclamation lyrique dans l'éprouvant rôle-titre.
« La forêt bleue »,
un conte lyrique de Louis Aubert
servi avec fraîcheur
Le petit poucet, le chaperon rouge, l'ogre, la
princesse ou la fée se retrouvent dans le même conte lyrique de Louis
Aubert (1877-1968), « La forêt bleue », que La Péniche Opéra
représente, depuis vendredi soir, avec une fraîcheur communicative.
Mireille Larroche, la directrice de cette compagnie, a
eu l'idée d'exhumer cette oeuvre créée en 1911, qui transpose à la scène
la féerie des contes de Charles Perrault et accorde aux choeurs une place
privilégiée.
« Une merveilleuse odyssée à travers notre
inconscient, avec un livret qui mêle tous les personnages fétiches de
notre enfance et avec une musique marquée par une écriture polyphonique
audacieuse qui raconte tout ce que les mots ne savent pas dire », commente
Mireille Larroche, qui signe la mise en scène.
La production, donnée avec le concours du Jeune Choeur
de Paris, est étrennée ce week-end à la Maison de la musique de Nanterre.
Elle sera redonnée le 18 mars à Saint-Cloud, en avril à Fontainebleau le 5
et à Levallois le 18 et du 7 au 10 mai à Paris au Théâtre Silvia
Monfort.
Tous les protagonistes de « La forêt bleue »,
solistes aussi bien que divers ensembles (les fées, les villageois, des
fileuses) pour lesquels Louis Aubert a imaginé des procédés d'écriture
caractéristiques, sont interprétés par de jeunes chanteurs à la prosodie
soignée.
L'accompagnement instrumental, assuré par l'ensemble Ad
Novem, a été réduit à douze instruments (cordes, vents, percussion, harpe)
sous la direction de Geoffroy Jourdain.
La forêt jouant un grand rôle dans cette oeuvre, la
mise en scène l'a imaginée faite d'étroites pièces de toiles colorées
tombant des cintres, au milieu desquels évoluent les interprètes, revêtus
de costumes qui soulignent leurs parentés à différents peuples.
L'universalité des contes de Perrault en est le facteur unificateur.
La Péniche Opéra
http://www.penicheopera.com/
Musiques de jazz et d'ailleurs :
retour du jazz, chanson, vent d'Est
La 27e édition du festival « Musiques de jazz et d'ailleurs »,
du 17 au 23 mars à Amiens avec Catherine Ringer en ouverture, se recentre
sur le jazz, met l'accent sur les musiques d'Europe orientale et invite
plusieurs chanteurs aux univers singuliers.
Catherine Ringer, la chanteuse des Rita Mitsouko,
repartie en tournée quelques mois après le décès de son compagnon, le
guitariste Fred Chichin d'un cancer fin novembre, a été ajoutée à la
programmation en dernière minute.
Chaque soirée s'ouvrira en douceur avec des duos de
jazz acoustique: le pianiste Baptiste Trotignon et le saxophoniste David
El Malek, le pianiste Edouard Bineau et le saxophoniste Sébastien Texier
pour des musiques bucoliques inspirées par la vie du Facteur Cheval.
« Jazz et Musiques d'ailleurs » convie toute
une série de musiciens et formations venus de Hongrie, Moldavie,
République tchèque, Roumanie, Pologne, qui interpréteront des musiques
très diverses: airs des Balkans rénovés avec la Fanfare Ciocarla et le
Boban i Marko Markovic Orchestra, jazz contemporain avec le quartet du
saxophoniste hongrois Mihaly Dresch, musique contemporaine inspirée des
folklores locaux de Tara Fuki, un duo tchéco-polonais de
violoncellistes-chanteuses, électro avec le Hongrois DJ Palotaï.
Le courant français d'une musique entre jazz et
ambiances électroniques sera encore bien présente, avec Cyril Atef ou
Magic Malik. L'univers de Sarah Murcia, ex-contrebassiste de Magic Malik,
au sein de son groupe Caroline, se situe, lui, entre free jazz, rock
progressif et post punk.
Dans le domaine d'une chanson débordant du cadre
figurent Thomas Dutronc, Yael Naim et Fred Poulet.
Yael Naim et son percussionniste David Donatien
viennent de remporter la Victoire de la musique dans la catégorie
« musiques du monde ». La voix de Yael Naim, en hébreu, français et
anglais, se promène sur de subtiles ambiances sonores.
Le chanteur et vidéaste Fred Poulet, au style
désinvolte, au phrasé nonchalant et aux ambiances rêveuses, sera cette
année le fil rouge du festival. Parmi ses multiples interventions figure
en clôture le duo Beau Catcheur avec Sarah Murcia, où il détourne des airs
connus de la chanson et du rock, avec en soutien une Harmonie de 70
musiciens.
Enfin, la danse apparaît pour la première fois dans le
festival, avec « Paysage après l'orage », une création de et
avec le danseur-chorégraphe Josef Nadj, franco-serbe d'origine hongroise,
et deux musiciens dont le saxophoniste hongrois Akosh S.
Gossip et The Kills
en tournée commune
Deux des groupes de rock anglo-saxons les plus cotés du
moment, Gossip et The Kills, sont en tournée commune dans le cadre du
festival itinérant « La musicale en tournée ». Ce festival rock a été
créé par Canal+ et la Fnac sur la base de l'émission « La
musicale », que diffuse la chaîne cryptée. Après Toulouse samedi puis
Lyon dimanche, et avant Nantes le 19 mars et Lille le 20, « La
musicale en tournée » s'arrêtera mardi 18 mars à L'Olympia à Paris. Ce
concert sera filmé et diffusé ultérieurement sur Canal+.
The Kills, duo électrique formé de l'Américaine VV
(alias Alison Mosshart) et de l'Anglais Hotel (alias Jamie Hince, monsieur
Kate Moss à la ville), vient de sortir son troisième album,
« Midnight Boom ». Gossip, groupe américain emmené par la
charismatique Beth Ditto, publiera le 31 mars le CD/DVD « Live in
Liverpool », avant un album studio prévu pour la fin de l'année. Les
autres groupes à l'affiche de « La musicale en tournée » sont
les Américains de The Blake et les Anglais de Pete And The Pirates.
Metallica à Arras
Pour sa première édition, le festival « Rock en
France », qui aura lieu le 14 août sur la Grand'Place d'Arras, recevra un
monument du heavy metal de ces 25 dernières années, le groupe américain
Metallica, emmené par le chanteur James Hetfield et le batteur Lars
Ulrich. Metallica prévoit par ailleurs de sortir un album dans quelques
mois.
Le festival accueillera trois autres groupes
internationaux, dont l'identité sera révélée ultérieurement. « Rock
en France » http://www.rockenfrance.fr est organisé par la
société France Leduc Productions, également aux commandes du Main Square
Festival d'Arras, qui proposera lui aussi une affiche très relevée du 4 au
6 juillet, avec notamment Radiohead, Mika, les Chemical Brothers, Justice,
Underworld, Boys Noize, Digitalism, Sigur Ros, The Do ou encore The
Kooks.
Une relique de Jimi Hendrix à
Paris
Le Hard Rock Café de Paris expose une véritable
relique: la guitare Gibson SG blanche utilisée en 1968-69 par Jimi
Hendrix, unanimement reconnu comme le meilleur guitariste de l'Histoire
(et davantage coutumier des modèles Fender Stratocaster). Le précieux
objet, arrivé fin février sous l'oeil vigilant de deux agents de sécurité,
restera à Paris jusqu'à la mi-avril. Une soirée spéciale Hendrix (entrée
libre) sera organisée dans l'établissement mardi 18 mars, avec un groupe
de reprises et des invités surprise.
Les Sex Pistols
à l'affiche d'un festival breton le 6 juillet
Le groupe de punk britannique Sex Pistols est à
l'affiche du festival Terre-Neuvas de Bobital près de Dinan (Côtes
d'armor) le 6 juillet, quelques mois après son retour sur scène à Londres
en novembre, selon les organisateurs du festival breton.
« Ils seront en Serbie le 4 et en Pologne le 5 et
à l'heure d'aujourd'hui c'est la seule date en France. Je pense que ça le
restera mais je ne suis pas sûr à 100% », a expliqué samedi à l'AFP
Pierrick Beno&