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Musicologie.org 2008
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil

Actualités musicales

11 - 20 février 2008

 


Actualités musicales du  11 février 2008

Turandot, avec une fin chinoise,
fera son entrée en mars,
Grand Théâtre national de Beijing

L'opéra classique Turandot  possède désormais un épilogue chinois, et sera présenté pour la  première fois dans le Grand Théâtre national (GTN) du 21 au 26  mars à Beijing.

Hao Weiya, jeune compositeur chinois, a composé une fin de 18  minutes pour l'opéra en trois actes, dernier ouvrage du  compositeur italien Giacomo Puccini (1858-1924), renommé dans le  monde entier. Hao a été employé par le GTN pour créer une nouvelle fin à l'opéra.

Hao a déclaré qu'une aria intitulée « la Première larme » était  la partie la plus importante de la fin, montrant une résurrection  sentimentale profonde du personnage principal, qui traduit  également la puissance de l'amour.

Turandot, joué avec l'épilogue du compositeur chinois,  comprendra deux nouveaux personnages, la princesse Loulin et Yuren, la première représentant la vengeance et le second l'ange chinois.

Le metteur en scène Chen Xinyi a estimé que ces deux rôles  contrastés combinaient l'essentiel de l'esprit de Turandot. Ils  expriment mieux deux thèmes de l'opéra, amour et héroïsme, que  Chen a dit vouloir souligner.

Turandot, une ancienne fable qui tire son origine en Perse mais se situe en Chine, raconte l'histoire d'une princesse si désirable que les hommes viennent par centaines, du monde entier, et se font concurrence pour obtenir son amour. Le prétendant doit répondre à  trois énigmes difficiles et celui qui échoue se blesse la tête sur un poteau, ce qui sert d'avertissement aux autres prétendants.

Puccini a choisi la mélodie d'une chanson folklorique chinoise  remixée pour en faire l'un des principaux thèmes musicaux de  l'opéra, qui raconte une histoire d'amour dans l'antiquité  chinoise. L'opéra est inachevé, se terminant à la deuxième scène  du troisième acte, en raison de la mort de Puccini, en 1924.

Hao est le troisième compositeur et le premier Chinois à tenter de donner une fin à l'opéra. Les deux personnes précédentes  étaient des Italiens: Franco Alfano et Luciano Berio.

 
 Turandot, Finale. Ghena Dimitrova (1941-2005) et Nicola Martinucci.
Arènes de Vérone, 1983

Le Grand théâtre national est le nouvel opéra de Beijing. La  seule structure principale a coûté trois milliards de yuans ( environ 410 millions de dollars). L'investissement total est  estimé à près de six milliards de yuans. Il se trouve près du très prestigieux Grand Palais du Peuple.

La quatrième édition du Festival du clip
aura lieu du 14 au 17 février
à Aix-en-Provence

La quatrième édition du Festival du clip aura lieu du 14 au 17 février à Aix-en-Provence. Cent-vingt clips ont été sélectionnés en compétition (sur près de 700 visionnés par le comité d'organisation), répartis en trois sections: «  internationale » (le meilleur de la production internationale en 2007), « émergence » (œuvres produites en France et sélectionnées pour « l'approche créative et originale de la réalisation ») et « jeunes talents ». La présidence du jury « international » est assurée par la chanteuse Olivia Ruiz. Des débats sont également au programme ( http://www.festivalduclip.com )


Actualités musicales du  12 février 2008

 La soprano Inga Nielsen est décédée

La soprano danoise Inga Nielsen est décédée dimanche soir à l'hôpital de Gentofte (nord de Copenhague) à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris lundi de source hospitalière et auprès de sa famille.

Née le 2 juin 1946, Inga Nielsen était réputée pour être une chanteuse remarquable des opéras de Mozart.

Sa carrière internationale avait décollé en 1975 lorsqu'elle rejoignit l'opéra de Francfort. Mais en 1980, elle choisit une carrière indépendante.

Elle se produisit sur les grandes scènes d'opéra à Berlin, Vienne, Milan, Rome, Paris, Salzbourg ou encore Londres et New York.


Inga Nielsen et Placido Domingo à Copenhague en 1993. « Manon » de Massenet,
duo « N'est-ce plus ma main ? »

 

 

Festival les Nuits de l'Alligator

Le festival les Nuits de l'Alligator se poursuit cette semaine dans la salle parisienne de La Maroquinerie, et jusqu'au 26 février avec une partie des musiciens de l'affiche qui donneront des concerts dans treize villes de province.

Si elles se disent festival de blues, les Nuits de l'Alligator programment peu d'artistes appartenant stricto sensu à ce style, préférant le retrouver dans l'état d'esprit des musiciens à l'affiche.

Vic Chestnutt appartient à la mouvance folk et interprète des ballades sombres et désenchantées. Buck 65 est un rappeur canadien. Et les riffs de guitares de The Willowz, groupe de rock garage dont le premier fan est le réalisateur Michel Gondry, évoquent plus ceux de Kings of Leon que de BB King.

Les formations les plus proches du blues sont à chercher du côté de Hot 8 Brass Band, une fanfare de la Nouvelle Orléans qui renouvelle le genre, de The Sweet Vandals, un groupe de soul-funk madrilène, ou de Bob and Lisa, un duo de rock'n'roll acoustique.

http://www.lesnuitsdelalligator.com

 

  Les Caraïbes à la Cité de la Musique

Bèlè de Martinique, gwo ka de Guadeloupe, tambours et danses garifuna du Honduras, contredanse d'Haïti... Ces formes musicales des Caraïbes vont être interprétées à la Cité de la musique à Paris les 15, 16 et 17 février, dans le cadre d'un cycle consacré à cette région, où les musiques sont souvent liées à des rituels festifs ou des processions.

Les Yoruba Andabo, une troupe de musiciens appartenant à la communauté noire de Cuba, ouvriront ce cycle vendredi. Les musiques des Caraïbes sont souvent rituelles et cultuelles : les Yoruba Andabo, également à l'affiche samedi après-midi, invoquent dans leur musique cérémonielle les orishas, des divinités africaines d'origine yoruba.


Yoruba Andabo « Linda Habana »

Autre ensemble à l'affiche Kan'nida (samedi) interprète le gwo'ka, un rythme des anciens esclaves de la Guadeloupe dont le tambour ka est l'élément moteur. Le gwo ka est encore souvent interprété lors de veillées, les « swaré tanbou » en créole.

 

Sally Nyolo, entre bikutsi et chanson,
au New Morning

La chanteuse camerounaise Sally Nyolo retrouvera la scène parisienne à l'occasion d'un concert au New Morning vendredi, quatre mois après la parution de son cinquième disque, « Mémoire du monde » (Cantos/Pias). Elle y interprète des chansons en français portées par le rythme bikutsi (créé par des femmes, il consiste à reproduire avec la voix les bruits de la forêt), sortes de rêveries avec parfois des influences reggae et des pointes électro.

Ex-membre du groupe vocal Zap Mama, Sally Nyolo, après avoir été choriste dans les années 80 (Nicole Croisille, Jacques Higelin, Touré Kunda, Sixun), s'est lancée dans une carrière sous son nom dans les années 90, couronnée par un certain succès puisqu'elle a obtenu en 1997 le Grand Prix RFI.

 

Harold Lopez Nussa
joue à Bordeaux et à Paris

Harold Lopez Nussa, jeune pianiste prodige cubain, est en concert à Bordeaux mardi et à Paris (New Morning) mercredi, en trio.

Harold Lopez Nussa a publié l'an dernier, à 24 ans, son premier album, « Sobre el Atelier » (Cristal Records/Harmonia Mundi), où il virevolte entre jazz et musique cubaine. Sa technique, sa vélocité, son style baroque et percutant, ne l'empêchent pas de posséder aussi un certain toucher et de laisser transpirer tendresse et émotion.

Plusieurs compositions personnelles voisinent sur cet album avec des reprises de musiciens de jazz (Wayne Shorter, Jaco Pastorius) et de musiciens cubains très influencés, comme lui, par le jazz (Chucho Valdes, Ramon Valle).

 
Harold Lopez Nussa (reportage, sous-titré en anglais)

 
  Haydee Milanes chante Pablo Milanes accompagnée au piano par Harold Lopez Nussa

 

Cinq récompenses aux  Grammy Award
pour Amy Winehouse

La chanteuse britannique Amy Winehouse a remporté sa 5ème récompense de la nuit avec le Grammy du meilleur disque lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards dimanche à Los Angeles.

La chanteuse a devancé Beyonce, Foo Fighters, Rihanna and Justin Timberlake également nominés dans cette prestigieuse catégorie, et a dédicacé ce Grammy à son mari Blake Fielder-Civil, son « cher Blake, mon Blake emprisonné », et à « Londres ».

L'artiste a chanté en direct par satellite depuis Londres, après avoir reçu les Grammy de la meilleure révélation de l'année, meilleure chanson de l'année, meilleur album pop, meilleur interprète pop pour les titres « Rehab » et l'album « Back to Black. »

 

Herbie Hancock remporte le Grammy
du meilleur album de l'année

Le pianiste Herbie Hancock a remporté dimanche à Los Angeles le Grammy du meilleur album de l'année avec « River : The Joni Letters » lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards.

« Je voudrais remercier l'académie pour avoir courageusement rompu avec la tradition cette année, en choisissant un artiste qui ne fait pas de la pop, et en honorant ainsi les géants sur qui je m'appuie. Certains comme Miles Davis ou John Coltrane méritaient incontestablement cette récompense », a déclaré le jazzman américain de 67 ans.

« C'est un nouveau jour qui prouve que l'impossible peut devenir possible », a ajouté le musicien sous des applaudissements nourris, en entonant l'hymne de campagne du candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama

Herbie Hancock a également rendu hommage à la chanteuse canadienne Joni Mitchell, présente sur l'album jazzy primé, tout comme Tina Turner, Norah Jones ou Leonard Cohen.

« Cela fait 43 ans que le premier et dernier artiste de jazz a reçu le Grammy pour l'album de l'année », a ajouté Herbie Hancock qui était en compétition, dans la catégorie phare du meilleur album, avec Foo Fighters, Vince Gill, Kanye West and Amy Winehouse.


Duo de pianos Herbie Hancock et Joe Zawinul

  Les principales récompenses
des Grammy Awards

Album de l'année  : « River : The Joni Letters » de Herbie Hancock

Disque de l'année : « Rehab » de l'album Black To Black d'Amy Winehouse

Chanson de l'année (décernée aux auteurs de la chanson) : « Rehab » d'Amy Winehouse

Révélation de l'année : Amy Winehouse

Meilleure interprétation féminine pop : Amy Winehouse

Meilleure interprétation masculine pop : Justin Timberlake

Meilleur album pop : « Back To Black » d'Amy Winehouse

Meilleur album rock : « Icky Thump » des White Stripes

Meilleure chanson rock : « Radio Nowhere » de Bruce Springsteen

Meilleur album Dance/Electronique : « We Are The Night », The Chemical Brothers

Meilleur interprète féminie R&B : Alicia Keys

Meilleur interprète masculin R&B : Prince

Meilleur album R&B : « Funk This » de Chaka Khan

Meilleur album, meilleur interprète rap : « Graduation » de Kanye West

Meilleur album jazz : « River: The Joni Letters » de Herbie Hancock

Meilleur album hard-rock : « The Pretender », des Foo Fighters


Actualités musicales du  13 février 2008

12-13 février 2008
Montpellier, Opéra / Comédie
Salle Molière

Musique française
d'hier et d'aujourd'hui

Concert du Groupe Vocal Opéra Junior (16-25 ans)
Direction musicale : Vladimir Kojoukharov
Au piano : Kaoru Ohto

Les jeunes chanteurs du Groupe Vocal, Pré-Groupe Vocal et Atelier d’Étude du Répertoire interprètent des oeuvres pour ensembles vocaux, airs d’opéras, mélodies et duos du répertoire classique et contemporain.

Clément JANEQUIN  (1485 -1558) : Ce moys de mai,  Le Chant du Rossigneulx : En escoutant. Francis POULENC (1889 -1963) : Le beau laboureur,  Margoton s’en va-t’à l’iau. Maurice RAVEL (1875 -1937) :   Trois Chansons. Hector BERLIOZ (1803 -1869) : Chanson à boire,  La Mort d'Ophélie. Claude DEBUSSY (1862 -1918) : Harmonie du soir, Nuit d’étoiles. Olivier MESSIAEN (1908-1992) : Katchikatchi les étoiles. Vladimir KOJOUKHAROV :   Danza (sur un poème de Federico Garcia Lorca). Philippe HERSANT :   Enfance III (extrait de Allégories). Jacques OFFENBACH (1819-1880) :   Entracte et Barcarolle (extrait des « Contes d’Hoffman »). Jules MASSENET (1842 -1912) :   Elégie. Georges BIZET (1838-1875) :   Que se passe-t-il donc là bas (extrait de Carmen)

Ce concert est donné en avant-première de la tournée du Groupe Vocal Opéra Junior aux USA organisée en partenariat avec le Consulat de France à la Nouvelle Orléans et la Fondation Orange du 16 au 1er mars 2008.

Opéra Junior offre aux jeunes, débutants ou déjà en possession d'une expérience musicale, la possibilité d'une pratique artistique exercée dans un cadre professionnel et, pour ceux qui en expriment la volonté, de s'orienter vers les métiers de la scène.

La formation comprend des ateliers de musique d'ensemble, technique vocale et cours de chant individuel, formation musicale (en partenariat avec le Conservatoire National de Région Montpellier Agglomération), travail corporel et expression scénique.

Le Groupe Vocal Opéra Junior a été créé en 1996, sous l'impulsion de Guillemette Laurens, artiste lyrique. Il est depuis dirigé par Vladimir Kojoukharov, compositeur, directeur fondateur d'Opera Junior et Valérie Sainte Agathe, chef de choeur, avec la collaboration de Guillemette Laurens et Isabelle Fallot, professeur de chant.

Il est constitué de jeunes chanteurs (garçons et filles âgés de 16 à 25 ans) passionnés par la scène et décidés, dans un cadre professionnel, à enrichir et développer leurs aptitudes vocales et musicales.

D'abord simple ensemble vocal, il devient à partir de janvier 2004 un département de formation à orientation professionnelle pour jeunes chanteurs et comporte notamment un Atelier d'Etude du Répertoire dont le travail est axé sur l'interprétation de mélodies, airs d'opéras, duos, trios et autres musiques de chambre du répertoire classique et contemporain.

Mercredi 13 février 2008 - 19h - tout public . Mardi 12 février 2008 - 19h - jeune public, collèges, lycées. Salle Molière - Opéra Comédie / Montpellier. Location à la billetterie de l’Opéra : 04 67 601 999 - 10€ - 5€ - 3€

The Police : le groupe « revivifié »
par sa tournée mais pas d'album en vue

Le guitariste du groupe rock The Police, Andy Summers, s'est dit « revivifié » par la tournée retour de sa formation, qui marquera une pause à partir de dimanche, mais a prévenu qu'aucun album n'était en préparation.

« C'est super, chaque soir c'est différent », a expliqué mardi M. Summers à des journalistes, à la veille d'un concert à Tokyo.

En sommeil depuis 1984, le trio britannique The Police (Sting au chant, Andy Summers à la guitare et Stewart Copeland à la batterie) s'est reformé l'an passé pour une tournée mondiale lancée le 28 mai à Vancouver (Canada).

Le groupe a, depuis, joué en Amérique du Nord et du Sud, Europe, Océanie et Asie.

M. Summers, 65 ans, a assuré que malgré l'ancienneté du groupe, les concerts attiraient un « public d'âge très varié ». « En Amérique latine, il y avait des adolescents, des jeunes de vingt ans, c'est revivifiant ! », a-t-il expliqué.

Sur le plan musical, il s'est dit content des performances scéniques de la formation. « Nous faisons le maximum pour que nos vieilles chansons sonnent bien », a-t-il précisé.

Mais M. Summers a écarté tout nouvel album, affirmant que le groupe ne travaillait « sur aucune nouvelle chanson ».

Le groupe avait sorti cinq albums entre 1977 et 1984, avec des tubes comme « Roxanne », « Message in a bottle » ou « Every breath you take ». Son cocktail de rock, pop et reggae lui avait ouvert les portes de la gloire, mais des tensions entre ses membres avaient abrégé l'expérience.

Sur ce point, M. Summers n'a pas caché que les relations au sein du trio avaient leur « bons » et « mauvais jours ». « C'est comme un mariage » mais ça évite « une ambiance monotone », a-t-il jugé.

Interrogé sur le succès des reformations d'anciens groupes (Genesis, The Smashing Pumpkins, Led Zeppelin et les Sex Pistols qui ont tous rejoué en 2007), le guitariste a qualifié le phénomène « d'intéressant ».

« Aujourd'hui, la musique est partout la même, jouée de façon individuelle. Mais les gens aiment toujours voir trois ou quatre types sur scène avec des guitares », a-t-il commenté.

Après Tokyo, The Police assurera deux dernières dates samedi et dimanche à Hawaï (Etats-Unis), avant trois mois de pause. D'autres concerts sont prévus en Europe à partir de juin.

Le groupe de hard rock glam,
Kiss en tournée européenne pour ses 35 ans

Le groupe de hard rock américain Kiss, célèbre pour son imagerie glam et ses visages maquillés en noir et blanc, fêtera ses 35 ans de carrière en donnant une tournée européenne qui débutera à Munich (Allemagne) le 11 mai, a annoncé mardi l'organisateur du concert en France.

Selon le site internet du groupe, cette tournée européenne passera par l'Allemagne, l'Italie, la Serbie, la Russie, la République tchèque, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France et l'Espagne.

Quatorze concerts sont pour l'heure prévus, jusqu'au 21 juin à Bilbao (Espagne), mais d'autres dates devraient être ajoutées prochainement. Kiss, habitué des shows à grand spectacle, a souligné qu'il s'agissait de sa première tournée en Europe depuis 1999.

Kiss a été formé en 1973 par le bassiste Gene Simmons et le chanteur et guitariste Paul Stanley, les deux seuls membres du groupe d'origine qui font toujours partie du quatuor actuel.

Ses musiciens sont vite devenus très populaires auprès des adolescents des années 70 grâce à leurs costumes extravagants en cuir et à paillettes, leurs chaussures compensées et leur maquillage, une imagerie inspirée d'artistes comme les New York Dolls ou Alice Cooper.

Gene Simmons est la figure la plus connue du groupe avec son maquillage en forme d'ailes de chauve-souris et sa manie de tirer la langue.

Kiss a interprété durant sa carrière des hymnes rock comme « Detroit Rock City » (l'album « Destroyer » de 1976), « Rock'n'Roll All Night » ou le célèbre « I was made for lovin' you », qui, en 1979, mélangeait hard rock et disco.

Henri Salvador est mort

Henri Salvador est mort mercredi à l'âge de 90 ans, à son domicile parisien d'une rupture d'anévrisme, a annoncé à l'AFP sa maison de disques, Polydor (Universal).

Le vétéran de la chanson française avait composé et interprété d'innombrables succès populaires tels que « Syracuse », « Une chanson douce », « Zorro est arrivé », « Le lion est mort ce soir », « Faut rigoler », « Juanita Banana », « Le Travail, c'est la santé ».

Il avait fait ses adieux à la scène au Palais des Congrès à Paris, en décembre 2007.

Formé à l'école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt, ce guitariste accompli était un artiste multiple : « J'ai fait du jazz, des sketches, des chansons drôles, des comptines, du music-hall, de la télévision », aimait-il répéter.

Avec Boris Vian, il avait introduit le rock en France (« Rock Hoquet », 1957) et composé quelques perles dont « Rock and roll mops » et « Blouse du dentiste ».

Né le 18 juillet 1917 à Cayenne (Guyane), Henri Salvador était le fils d'un percepteur d'ascendance espagnole et d'une mère guadeloupéenne d'origine indienne, installés à Paris en 1924. A l'âge de 11 ans, il découvre Armstrong et Duke Ellington, c'est son premier choc musical.

Engagé en 1935 par Django Reinhardt, il part en tournée en 1938 en Amérique latine avec Ray Ventura, et sera une vedette au Brésil.

Après la guerre, il monte son propre orchestre, publie son premier disque, « Maladie d'amour » (1947) et obtient un double grand prix de l'Académie Charles Cros.

Dans les années cinquante, Henri Salvador commence une carrière de fantaisiste à l'A.B.C, temple du music-hall parisien. Il donne des récitals à guichets fermés, salle Pleyel, au théâtre Daunou, à l'Alhambra, et multiplie les tournées à l'étranger (Italie, Etats-Unis).

A partir de 1961, le chanteur offre à la télévison de grands shows inimitables, « Salves d'Or » (1968), « Dimanche Salvador » (1973). Il devient aussi l'idole des enfants avec notamment « Les Aristochats » (troisième prix Charles Cros, 1971). Entre-temps, il fonde en 1962 avec sa femme Jacqueline sa maison de disques, puis deux ans plus tard sa marque « Rigolo ».

Vingt ans plus tard, il retrouve la scène à Pantin et la SACEM lui décerne le Grand prix de l'Humour (1987).

Inépuisable, le chanteur au rire tonitruant publie jusqu'à la fin plusieurs albums — « Monsieur Henri » (1994), « Chambre avec vue » (2000), « Révérence » (2006) —, et se produit encore sur scène.

En 2001, Henri Salvador avait épousé en deuxième noce la productrice de télévision Catherine Costa.

Il avait publié son autobiographie « Toute ma vie » (1994), qu'il résumait d'une phrase :  »Rigoler, c'est aussi un métier ».


Actualités musicales du  14 février 2008

14 février 2008
Montreuil-sous-Bois
Instants Chavirés

Trio
Bertrand GAUGUET
saxophones alto & soprano
Franz HAUTZINGER
trompette quart de tons
Thomas LEHN
synthétiseur analogique  


                           
  Photo Marion Innocenzi

Constitué du trompettiste Franz Hautzinger, du joueur de synthétiseur analogique Thomas Lehn et du saxophoniste Bertrand Gauguet, ce trio réunit trois musiciens européens engagés dans les pratiques contemporaines de l’improvisation et des musiques nouvelles.

En s’élaborant sur des matériaux composés de souffles amplifiés, de micro-sons et d’une maîtrise du silence, le jeu de Franz Hautzinger (Autriche) tisse un maillage sonore atypique proche d’une esthétique « réductionniste ». Le générateur analogique de Thomas Lehn (Allemagne) développe dans la musique électronique Live une approche singulière qui lui permet de modifier, combiner et contrôler plusieurs paramètres du son. Quant à Bertrand Gauguet (France), son approche au saxophone se précise autour d’un langage constitué de matières produites par le souffle qui tend à s’approcher souvent des sonorités électroniques.

Gauguet-Hautzinger-Lehn travaille à superposer les espaces sonores, qu’ils soient acoustiques, amplifiés, naturels ou électroniques, pour construire des architectures temporelles et générer ainsi les modulations d’une « musique de chambre » ouverte et combinatoire.

Instants Chavirés
7, rue Richard Lenoir
93100 Montreuil
téléphone : 01 42 87 25 91
 

Bertrand Gauguet se situe à la croisée des pratiques sonores acoustiques et amplifiées, improvisées ou composées. Comme compositeur, son travail se précise autour de pièces  électroniques produites pour la danse, la radio et le cinéma. Comme improvisateur, c'est aux saxophones alto et soprano qu'il est présent depuis 2000 sur la scène européenne des musiques improvisées. Commence la trompette à neuf ans avant  d’opter huit ans plus tard pour le saxophone. Après un passage par le conservatoire, la décision est prise de continuer en autodidacte. Installation à Rennes en 1991, commence des études d’histoire de l’art, s’initie aux rudiments des instruments électroniques et joue du rock expérimental. Les années qui suivent sont consacrées à l’étude du Jazz et de la musique Carnatique (Inde du sud) : nombreux concerts en quartet, quintet et Big Band. Se consacre à l'improvisation à partir de 1999. Des rencontres marquantes ont lieu avec Michel Doneda, Steve Lacy et Barre Phillips ; avec Julyen Hamilton pour les relations à la danse. Organise à Rennes des concerts à la galerie d'art Le Bon Accueil - Site Expérimental des pratiques artistiques (1999-2000) puis des sessions transdisciplinaires à l'atelier de l'artiste Benoît Travers (2000-2001). Il improvise notamment avec Martine Altenburger, Pascal Battus, Frédéric Blondy, Fabrice Charles, Jim Denley, Michel Doneda, Franz Hautzinger, Thomas Lehn, Lê Quan Ninh, Barre Phillips et Dan Warburton. Il s'implique également dans l'organisation d'événements ponctuels (concerts, performances, rencontres, etc.) et dans la pédagogie en animant des ateliers consacrés à l'éveil sonore et à l'improvisation. http://www.bg70.net/

Franz Hautzinge, compositeur et improvisateur autrichien de musique nouvelle est né en 1963. Il étudie la trompette et la composition d’abord à l’académie de musique et d’arts dramatiques de Graz, puis au conservatoire de Vienne. Il enseigne depuis 1989 le jeu d’ensemble, la composition et l’arrangement à l’université de Vienne au département de musique et d’arts dramatiques. Il se produit comme soliste dans de nombreuses formations en compagnie de musiciens internationaux (Elliott Sharp, Ben Patterson, Joachim Kuhn, Tony Oxley, Otomo Yoshihide) et initie plusieurs projets (Franz Hautzinger Speakers Corner, Dachte Musik, Regenorchester, projects solo). Franz Hautzinger joue un idiome instrumental unique. Ces dernières années, il s’est tourné vers une approche qui s’inspire de la nouvelle musique qui s’émancipe des modes d’improvisation, de composition et des concepts liés au Jazz. Sa linéarité qui incorpore de plus en plus des éléments de jeu modal et de Free Jazz le conduit à ouvrir une voie dans l’exploration des espaces de l’action et de l’incident. En dépit de toute réduction apparente vers l’extérieur et l’usage de gestes laconiques (mélodie respirée, tons simples explorant le silence, microsons élaborés ou usage des intervalles en quart de tons), la musique de Franz Hautzinger représente une texture en maillage, riche en associations, laquelle communique plus par des paramètres tels que la densité, le volume et la couleur que par des valeurs temporelles et d’intervalles.


Thomas Lehn

A partir du début des années 80, Thomas Lehn travaille comme artiste, interprète, compositeur et improvisateur dans la musique contemporaine. Son style d'expression musicale prend ses racines dans l'expérience d'un large éventail des champs musicaux. Après ses études d'ingénieur de son à la Hochschule für Musik à Detmold, il étudie le piano - classique et jazz - à Cologne. En tant qu'interprète, il donne des concerts depuis 1982. Il joue à la fois des oeuvres contemporaines, notamment des nombreuses créations, et des musiques traditionnelles de la période romantique et classique. En 1989, il fonde le Trio Dario et, quatre ans plus tard, le Mengano Quartett. Il joue également dans le Nova Ensemble Wuppertal qui se concentre sur l'avant-garde contemporaine. Parallèlement à son travail de pianiste, Thomas Lehn se consacre à la composition et l'interprétation de la musique électronique. Partant de son expérience d'interprète et d'improvisateur dans divers domaines, il a développé son langage individuel dans la musique électronique live. Son équipement électronique se compose des synthétiseurs analogiques de la fin des années soixante. Les moyens de ces instruments - notamment la possibilité de modifier le son électrique d'une manière directe, et de combiner et contrôler plusieurs paramètres à la fois - permettent à Thomas Lehn d'agir spontanément et de réagir en étroit contact avec le processus de tension (espace et structure de la musique) pendant qu'il la joue. Actuellement il collabore avec Gerry Hemingway, Marcus Schmickler, Dr Eugène Chadbourne, Paul Lovens et Mats Gustaffson. Il a également joué avec John Butcher, Axel Dörner, Tim Hodgkinson, Radu Malfatti, Roger Turner et Evan Parker. Enfin, Thomas Lehn participe au MIMEO, le Music in Mouvement Electronic Orchestra, qui regroupe douze représentants de la musique contemporaine électronique de sept nations européennes. http://www.thomaslehn.com/

  • Février 2008,  tournée en France du 13.02.08 au 17.02.08
  • 1er décembre 2007, Festival Total Meeting : Le Petit Faucheux (Tours)
  • Janvier 2007, Cave 12 (Genève) —Musée d’art moderne et contemporain (Strasbourg) —Théâtre du Saulcy (Metz) —Q-02 (Bruxelles)


Actualités musicales du  14 février 2008

Gilberto Gil salue en Salvador
« un des principaux chantres de la bossa nova »

Henri Salvador Le chanteur brésilien Gilberto Gil, ministre de la Culture depuis 2003, a rendu hommage à Henri Salvador, décédé mercredi, en soulignant son rôle historique comme « un des principaux chantres de la bossa nova ».

Gil, 65 ans, actuellement en visite à Madrid, souligne, dans un communiqué diffusé par son ministère, que ce dernier avait décoré Henri Salvador en 2005 de l'Ordre du Mérite de la Culture « pour toutes les contributions qu'il a rendues » à la musique brésilienne.

« Avec une présence marquante au Brésil, Henri a été l'un des principaux chantres de la bossa nova. Il a partagé de bons moments avec moi et d'autres chanteurs de ma génération. Sa passion pour le Brésil était évidente et, pour moi, particulièrement envoûtante ».

Gilberto Gil faisait partie des pointures de la musique brésilienne qui avaient participé au dernier album d'Henri Salvador, « Révérence », sorti en 2006.

L'arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum avait notamment insisté pour réenregistrer à cette occasion « Dans mon île », composée en 1957 par Salvador et reprise par Veloso en 1981. Cette chanson, découverte par les musiciens brésiliens en 1958 dans le film italien « Nuits d'Europe », a contribué à la naissance de la bossa nova.

Le musicien brésilien « Sergio Mendes m'a raconté que quand (le musicien brésilien Antonio Carlos) Jobim a vu ça, il s'est dit : C'est ça qu'il faut faire, ralentir le tempo de la samba et mettre des belles mélodies », se souvenait avec fierté Henri Salvador.

Pour Gil, père du « tropicalisme », mouvement musical du milieu des années 60 qui a impregné la musique brésilienne d'influences extérieures, Henri Salvador a été l'un des compositeurs les plus « différents et pluriels de la musique européenne ».

Décès du musicologue Jules van Ackere

On a appris mardi le décès, le 3 février dernier, du musicologue Jules van Ackere à l'âge de 93 ans. Il est l'auteur de nombreux essais et ouvrages sur la musique. Il s'était spécialisé dans la musique française, avec notamment des analyses des oeuvres de Debussy et Ravel.

Né à Heule le 8 février 1914, il a fait ses études musicales au Conservatoire de Gand. Romaniste de formation, il a donné cours à la Handelshogeschool Sint Ignatius à Anvers et aux facultés universitaires. On lui doit des essais littéraires (d'Annunzio, Pirandello, Buzzati) et des études notamment sur la Renaissance italienne. Parmi ses ouvrages, on trouve « L'Europe de la Renaissance, du Baroque et du Rococo » (1969) et le chapitre « Belgique Baroque et Classique » de la série « L'Architecture en Belgique ».

Chamboduc de Saint-Pulgent
reconduite à la présidence
de l'Opéra-Comique

Maryvonne Chamboduc de Saint-Pulgent a été reconduite dans ses fonctions de présidente du conseil d'aministration du Théâtre national de l'Opéra-Comique, mercredi en Conseil des ministres.

« Maryvonne Chamboduc de Saint-Pulgent, conseiller d'Etat, est renouvelée dans ses fonctions de président du conseil d'administration du Théâtre national de l'Opéra-Comique », indique le communiqué publié à l'issue du Conseil des ministres.

Sotheby's remet un violon de Guarnerius
à un homme d'affaires russe

La maison de vente aux enchères londonienne Sotheby's a remis mercredi le violon « Ex-Vieuxtemps » (1741) de Guarnerius del Gesu à son nouveau propriétaire russe Maksim Viktorov, président du conseil de tutelle de la Fondation russe des programmes d'investissement.

« Je suis très ému et je me sens obligé de conserver cet instrument pour nous tous », a indiqué M.Viktorov, qui a acheté l'instrument à un collectionneur privé par le biais de Sotheby's.

Le prix de la transaction n'a pas été divulgué. « Je ne peux pas préciser le prix, son ancien propriétaire et moi même ne voulons pas le faire. Mais je confirme qu'il est supérieur au prix record de vente aux enchères d'un instrument de musique », a dit l'homme d'affaires devant les journalistes avant de rappeler que le Hammer (1707) de Stradivarius avait été vendu pour une somme record de 3,5 millions de dollars chez Christie's en 2006.

L'Ex-Vieuxtemps de Guarnerius del Gesu, qui a été conservé pendant plus de cent ans dans une collection privée, doit son nom au compositeur et violoniste belge Henri Vieuxtemps, l'un des virtuoses du XIXe siècle qui a joué avec ce violon.

L'homme d'affaires, violoniste amateur et propriétaire de 15 autres violons dont un Stradivarius du grand musicien Nicolo Paganini, a l'intention de prêter son violon à des musiciens de renom plusieurs fois par an. (RIA Novosti)


Actualités musicales du  15 février 2008

15 février 2008, 19h30
Nanterre Maison de la musique
Auditorium Rameau

Récital Gilles Burgos
Flûtes

Concert 1 TM+

Gilles Burgos - Photo Hugo Zangl

Heinz Holliger
(t)air(e), pour flûte seule
Kaija Saariaho
NoaNoa, pour flûte et électronique
Philippe Manoury
Jupiter, pour flûte et électronique

Premier volet du portrait consacré à Philippe Manoury, ce récital est bâti autour d'une pièce maîtresse du répertoire pour instrument et électronique : Jupiter.

Composée en 1987, cette œuvre s'appuie sur les recherches que le compositeur a menées à l'Ircam autour de l'interaction homme-machine. Un dispositif sophistiqué est ici mis en jeu, qui offre au compositeur des ressources nouvelles pour développer son imagination autour de l'extension, dans l'espace et le temps, de l'écriture musicale.

Gilles Burgos a choisi d'ouvrir son récital par une pièce de Heinz Holliger. Ce compositeur met en valeur dans (t)air(e) les nombreuses possibilités sonores de la flûte, révélées par les nouvelles techniques de jeu.

Le dispositif informatique utilisé dans NoaNoa est plus simple que celui de Jupiter. Il n'entre pas dans la structure formelle de l'œuvre mais participe plutôt de la couleur poétique. Il prolonge en échos, réverbérations, dédoublements, la partie instrumentale et épouse l'univers sensible et raffiné de la compositrice.

En présence de Philippe Manoury et de Laurent Cuniot. Réalisateurs en informatique musicale et développement logiciel Ircam : Xavier Chabot, Jean-Baptiste Barrière, Marc Battier, Cort Lippe

Production TM+ avec le soutien de l'Ircam-Centre Pompidou — 8 rue des anciennes-mairies. RER A, arrêt Nanterre-ville.  Renseignements, réservations : Catherine Navarro, au 01 41 37 52 18. contact@tmplus.org - Plein tarif : 10 €. Tarif réduit (abonnés Ircam, TM+ et cartes nanterriens) : 5 €

http://www.tmplus.org/

Gilles Burgos

Refusant les étiquettes et les spécialisations abusives, Gilles Burgos, après avoir reçu un Premier Prix de flûte et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Paris dans les classes de Jean-Pierre Rampal et Christian Lardé, se consacre à l'étude des répertoires de la flûte sur les instruments originaux, de la flûte Hotteterre à la flûte Boehm, conciliant dans une même démarche de recherche musicologie et création contemporaine, privilégiant le répertoire soliste et la musique de chambre.

En 1978, il rejoint l'Ensemble Kaleidocollage, ensemble dédié à la musique de chambre du 20ème siècle, formation du Pierrot Lunaire de Schoenberg, dont il sera membre jusqu’en 1998.

Il collabore autant pour les concerts que pour les enregistrements avec la plupart des formations de musique contemporaine :

L'Itinéraire de 1986 à 1993, l’Ensemble Der blaue Reiter (depuis 1998), et, plus épisodiquement, avec l’Ensemble Modern (Frankfurt am Main), 2e2m, GERM, l’Ensemble Intercontemporain...

Sa complicité avec Laurent Cuniot, forgée sur les bancs du CNSM, le conduit à s’impliquer dès le début dans l’aventure de TM+.

Il poursuit parallèlement une carrière de soliste en travaillant notamment avec le harpiste Pierre-Michel Vigneau, les pianistes Alain Neveux, Gery Moutier, Marie Paule Siruguet, et les guitaristes Eric Franceries et Sylvie Burgos. Il est également soliste de la fondation Cziffra. Il a été primé aux Concours Internationaux de Genève et Paris.

Pédagogue et formateur, Gilles Burgos enseigne actuellement la flûte moderne et le traverso au Conservatoire à rayonnement départemental de Musique et de Danse d'Evry.

Il est aussi en charge de la Méthodologie de l’Enseignement de la flûte au sein du Département Formation à l’Enseignement du CNSM de Paris.

Le palmarès des victoires
de la musique classique

Révélation de l'année artiste lyrique : Thomas Dolié, baryton

Révélation de l'année soliste instrumental : David Greilsammer, piano

Artiste lyrique de l'année : Rolando Villazon, ténor

Soliste instrumental de l'année : Jean-Guihen Queyras, violoncelle

Ensemble de l'année : Accentus, direction Laurence Equilbey

Compositeur de l'année : Eric Tanguy, « In terra pace »

Enregistrement de l'année : « Carestini, histoire d'un castrat » par Philippe Jaroussky (Virgin/EMI)

DVD de l'année : « Jeanne d'Arc au bûcher » de Honegger avec Sylvie Testud comme récitante, direction Alain Altinoglu, mise en scène Jean-Paul Scarpitta, réalisation Don Kent  (Accord/Universal)

Victoires de la musique classique 2008 :
la Ville rose aux couleurs russes

Toulouse s'était mise aux couleurs de la musique russe en accueillant mercredi les 15e Victoires de la musique classique, qui ont tenté d'élargir leur audience avec quelques stars, sur fond de mobilisation concernant l'avenir de l'audiovisuel public et de la culture.

La principale émission de musique classique à la télévision était animée par un tandem désormais habituel (Marie Drucker et Frédéric Lodéon) et diffusée sur France 3 et France Inter en direct.

Face à la grève très suivie mercredi sur l'audiovisuel public en raison du projet de suppression de la publicité, l'émission a pu être maintenue grâce au recours à des moyens techniques privés, selon les organisateurs.

Par la voix de l'un de ses musiciens, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse — l'accompagnateur de la soirée, qui a reçu une Victoire d'honneur — a dit sa solidarité avec les salariés de l'audiovisuel public, qui doit avoir « des moyens pour la création ».

La soirée, à la Halle aux grains, résidence de l'Orchestre du Capitole, a conservé sa tonalité politique quand ce musicien a dénoncé l'annonce d'une « diminution » du budget de plusieurs « orchestres, maisons d'opéras et d'un certain nombre de structures culturelles », ce qu'il a jugé « pas digne d'un pays qui entend mener une politique de civilisation ».

Côté palmarès, « le plus grand concert classique de l'année » a une nouvelle fois honoré sa mission de tremplin sans équivalent pour de jeunes talents, même si l'audience de l'émission est passée sous la barre des deux millions de téléspectateurs (1,9) en 2007.

Le pianiste franco-américain d'origine israélienne David Greilsammer a été élu par le public révélation soliste instrumental de l'année. Le même jury populaire a sacré le baryton Thomas Dolié révélation artiste lyrique.

Le contre-ténor Philippe Jaroussky a confirmé que les Victoires lui réussissent puisqu'il a été primé dans la catégorie enregistrement (album Carestini), après avoir été sacré révélation (2004) puis artiste lyrique de l'année (2007).

Mais le chanteur, qui fêtait ses 30 ans mercredi, n'était pas là pour recevoir son trophée. Autre absent de taille, le ténor franco-mexicain Rolando Villazon, sacré « artiste lyrique de l'année » alors qu'il a passé quatre mois à l'écart des scènes, fin 2007, en raison d'un surmenage vocal. Nommée dans la même catégorie, la soprano Sandrine Piau, elle, était là et a chanté, mais est repartie bredouille.

Le violoncelliste Jean-Guihen Queyras a été fait soliste instrumental de l'année, et « Jeanne d'Arc au bûcher », avec la comédienne Sylvie Testud en récitante, a été désigné meilleur DVD.

Pour le reste, le palmarès a emprunté des chemins connus. Eric Tanguy a reçu la Victoire du meilleur compositeur, comme en 2004. Après 2002 et 2005, le choeur de chambre Accentus de Laurence Equilbey a pour sa part obtenu sa troisième couronne au titre de l'ensemble de l'année.

La soirée avait pour « fil rouge » la musique russe. Un clin d'oeil au jeune chef télégénique de la formation toulousaine, Tugan Sokhiev, originaire d'Ossétie du nord, qui a joué Glinka et accompagné la prodige du violon allemande Julia Fischer dans Tchaïkovski.

Deux autres Russes ont été distingués : le « violoncelliste du siècle » Mstislav Rostropovitch, grand disparu de l'année auquel un hommage a été rendu, et le pianiste Evgueny Kissin, qui a reçu une Victoire d'honneur.

Le Châtelet reporte en 2009
l'opéra-installation  « Le Facteur temps »

Le Théâtre du Châtelet à Paris a retiré de son affiche 2007-2008 le spectacle « Le Facteur temps », qui devrait être reprogrammé en 2009, a-t-on appris jeudi auprès de l'institution, qui invoque des « contraintes d'ordres technique et financier ».

« Le Facteur temps », sorte d'« opéra-installation » conçu par une équipe de 14 plasticiens, dont l'Américain Matthew Barney et le Danois Olafur Eliasson, devait être initialement donné lors de trois représentations jeudi, vendredi et samedi soir.

Ce spectacle-performance a été créé en juillet 2007 au Festival de Manchester (Grande-Bretagne).

« La performance de Manchester a révélé des dizaines de problèmes techniques. Pour les résoudre, il nous manque 300.000 euros. Nous n'avons trouvé aucun mécène », explique le directeur général du Châtelet, Jean-Luc Choplin, cité dans un article du quotidien Le Monde daté de vendredi.

Dans les mêmes colonnes, le plasticien suisse Hans Ulrich Obrist, l'un des concepteurs du projet, juge « dommage qu'une institution parisienne traite avec un tel mépris des artistes de cette envergure ».

Le Châtelet dispose d'un budget annuel de près de 30 millions d'euros grâce à la récente actualisation (+ 400.000 EUR) de la subvention de la ville de Paris (environ 17,5 M EUR), mais son financement demeure tendu.

La saison dernière, M. Choplin avait déjà invoqué des « raisons techniques et financières » pour remplacer la « Carmen » de Bizet mise en scène par Sandrine Anglade par une production moins coûteuse, louée au Staatsoper de Berlin.

Ce remplacement inhabituel à quelques semaines du début des répétitions a connu un écho médiatique et judiciaire. L'affaire est d'ailleurs toujours pendante devant les tribunaux, la jeune metteur en scène jugeant son limogeage « abusif ».

Tous à l'Opéra : contre le soupçon d'élitisme,
l'art lyrique joue l'ouverture

Une trentaine de théâtres en France participeront samedi à la deuxième journée « Tous à l'Opéra ! », opération portes ouvertes parrainée par le ténor Roberto Alagna et destinée à montrer, de manière éclectique voire ludique, que l'art lyrique n'est pas réservé à une élite.

Comme en 2007, cette manifestation initiée par la Réunion des Opéras de France (ROF) sera la déclinaison française des « Journées européennes de l'opéra », qui tiendront également leur deuxième édition du 15 au 17 février dans une vingtaine de maisons de 14 pays (hors France).

Lors de la première édition de « Tous à l'Opéra ! » en février 2007, pour le 400e anniversaire de la création de l'« Orfeo » de Monteverdi — chef-d'oeuvre fondateur du genre lyrique —, près de 75.000 visites avaient été enregistrées.

La fréquentation devrait être supérieure cette année puisque le nombre d'établissements participant à l'opération est passé de 25 à 28. Les absents sont rares : l'Opéra national du Rhin, l'Opéra de Lille — pour incompatibilité de plannings — et le Théâtre du Châtelet à Paris, dont la programmation est aujourd'hui en partie sortie du cadre lyrique.

La présentation de cette 2e édition avait eu lieu en décembre sur fond d'inquiétudes dans plusieurs maisons d'opéra en région, qui craignaient pour 2008 un gel partiel voire une diminution des crédits de l'Etat.

Depuis, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a affirmé que « le financement du réseau national » du spectacle vivant en 2008 serait « comparable à celui de 2007 », et a inclus dans sa promesse la trentaine de maisons d'opéra que compte le pays.

« On a été globalement rassurés mais on reste extrêmement prudents, on attend de voir l'après-municipales », indique à l'AFP le chef d'orchestre Jean-Yves Ossonce, directeur de l'Opéra de Tours, qui avait sonné l'alerte sur les subventions en novembre dernier.

Les théâtres lyriques français se préparent donc à ouvrir leurs portes dans une ambiance relativement apaisée.

« Tous à l'Opéra ! » proposera une découverte des bâtiments et des corps de métiers lyriques, notamment techniques, avec par exemple à Lyon, Toulouse et Marseille des présentations de costumes, accessoires et maquettes de décors.

Cette 2e édition, relayée à la radio (France Musique) et à la télévision (France 3, Arte, Mezzo...), donnera un coup de projecteur sur la voix : ainsi, l'Opéra national de Bordeaux dédiera la journée à son choeur. Plusieurs maisons joueront la carte de l'interactivité avec un public souvent invité à chanter, jouer ou danser, comme à l'Opéra de Rennes.

Après la soprano Natalie Dessay en 2007, c'est le plus populaire des artistes lyriques français, Roberto Alagna, qui a accepté de parrainer l'opération.

« Il faut montrer au grand public que l'opéra est accessible à tous », expliquait le chanteur il y a quelques semaines. « J'en suis la preuve : je suis d'origine très modeste, mais j'ai quand même réussi à y entrer (dans des maisons d'opéra, NDLR) », ajoutait le ténor.

Reste à connaître l'impact d'une telle opération sur la fréquentation à l'année des maisons d'opéra.

« L'an dernier, on a reçu lors de Tous à l'Opéra ! un public majoritairement inconnu de nos maisons. Par la suite, un peu plus de places ont été vendues », assure le président de la ROF, Laurent Hénart.

« Mais on s'aperçoit qu'on n'élargit pas le public si la politique n'est pas continue : il faut répéter ces journées portes ouvertes mais ne pas s'en contenter », estime-t-il. Renseignements : http://www.tous-a-lopera.fr

Diana Krall, Gary Burton, George Benson
au prochain Nice Jazz Festival

Des légendes du jazz et du blues comme Gary Burton, Pat Metheny, John Mayall, George Benson associés à des artistes de la scène actuelle comme Stacey Kent et Diana Krall seront à l'affiche du Nice Jazz Festival de l'été 2008, partiellement dévoilée jeudi par son nouvel organisateur.

La société de production Gérard Drouot a souhaité « recentrer la manifestation sur le jazz avec des artistes de renommée » pour établir une programmation « au même niveau que Marciac et Vienne », les deux grands festivals de jazz de l'été en France. Gérard Drouot a été désigné en décembre pour succéder à Viviane Sicnasi Productions aux commandes du festival durant six ans.

Le festival programmera également, du 19 au 26 juillet, la chanteuse Barbara Hendricks avec une formation jazz, le quintet du violoniste Nigel Kennedy avec le violoniste français Jean-Luc Ponthy, Stefano Di Batista, Michel Portal et le trompettiste Ibrahim Maalouf.

Aux frontières du jazz et du blues figureront les noms de Paul Personne avec Thiéfaine, Pink Martini, Sanseverino, Alain Bashung, Rufus Wainwright.

Avec un budget artistique de plus d'un million d'euros, l'organisateur a indiqué, lors d'une conférence de presse, être encore en négociation avec deux « grandes stars ».

Malgré des tarifs en légère hausse, l'objectif est de dépasser les 30.000 spectateurs payants en 2008 et d'atteindre 35.000 à 40.000 entrées d'ici trois ans, des chiffres « jamais atteints » lors des précédentes éditions selon Gérard Drouot.

Viviane Sicnasi productions avait annoncé une fréquentation de 40.668 spectateurs pour l'édition 2007.

Bruxelles s'inquiète
de la retraite des rock-stars

La Commission européenne s'inquiète de la retraite des musiciens et des chanteurs : elle a annoncé jeudi vouloir protéger davantage les interprètes musicaux en doublant la durée de leurs droits.

« J'ai l'intention de présenter une proposition pour étendre la protection des droits pour les interprètes européens de 50 à 95 ans », a indiqué Charlie McCreevy, le commissaire au Marché intérieur, lors d'une conférence de presse.

« Je ne vois pas de raison convaincante justifiant qu'un compositeur bénéficie d'une protection de ses droits pendant toute sa vie et 70 ans après, alors qu'un interprète ne voit ses droits protégés que pendant 50 ans, ce qui ne couvre souvent même pas sa vie entière », s'est justifié M. McCreevy.

« Nous ignorons bien souvent l'auteur de notre chanson préférée, mais nous connaissons en général le nom de l'interprète », a-t-il relevé.

Le commissaire a toutefois reconnu penser moins aux « artistes de renom tels que Cliff Richards ou Charles Aznavour » qu'aux « milliers de musiciens de studios anonymes » qui ont enregistré dans les années cinquante et soixante, et dont les redevances constituent souvent leur seule retraite.

L'association AEPO-ARTIS, qui fédère plusieurs organisations d'interprètes au niveau européen et avait proposé un tel allongement, s'est félicitée que Bruxelles reconnaisse la « plus-value créative apportée par les interprètes », au même titre que les compositeurs.

Aux Etats-Unis, il est déjà possible de protéger les droits d'un interprète pendant 95 ans. Dans l'UE, la durée a été fixée à 50 ans par une directive de 1993.

En Grèce toutefois, les droits des interprètes durent au-delà de 50 ans, durant toute la vie de l'interprète.

Et en France, la justice avait reconnu en novembre à Henri Salvador un droit moral, comme auteur mais aussi comme interprète, sur ses chansons de plus de 50 ans. Elle avait accordé 85.000 euros de dommages-intérêts au chanteur qui s'offusquait que des chansons tombées dans le domaine public soient rééditées sans son autorisation.

« Certaines choses méritent d'être éclaircies » dans les propositions de M. McCreevy, a toutefois noté Guenaelle Collet de l'APOS-ARTIS.

Le commissaire suggère par exemple, sans détailler, que les maisons de disques créent, pour rémunérer les musiciens de studio, un fonds qui leur réserverait « au moins 20% des recettes au cours de la période prolongée ».

La Commission veut adopter le projet final avant l'été.

M. McCreevy veut parallèlement relancer le débat concernant les taxes sur la copie privée, appliquées selon les pays sur les appareils permettant de réaliser les copies (ordinateurs, lecteurs MP3, etc.) ou les supports (CD). Les montant sont reversés aux auteurs et interprètes.

« Il ne peut être question de remettre en cause la compensation pour copie privée due aux titulaires des droits. Cependant il est nécessaire de revoir la manière dont ces redevances sont prélevées en pratique », a noté jeudi M. McCreevy, suggérant d'« appliquer les redevances proportionnellement à la perte causée par la copie privée ».

« Les interprètes resteront extrêmement vigilants sur la question », a prévenu Guenaelle Collet. « Il ne faut pas qu'une annonce se fasse au détriment d'une autre. »

« Il n'y a pas d'alternative viable aux redevances sur la copie privée », mais « des petits ajustements à faire », a estimé Véronique Desbrosses, secrétaire générale du groupement européen des sociétés d'auteurs et compositeurs (Gesac). Elle a accueilli favorablement le fait que la Commission consulte l'industrie.

En 2006, M. McCreevy avait déjà préparé une recommandation suggérant de supprimer les taxes sur la copie privée. Devant le tollé dans les milieux artistiques, qui n'avaient pas été consultés, le projet avait été reporté sine die.


Actualités musicales du  16 février 2008

L'Ircam joue la carte du fado
pour adoucir son image

L'Ircam tente de corriger son image d'institut aux recherches musicales pointues voire arides et d'« élargir ses esthétiques », comme en témoigne la création d'une oeuvre où le compositeur contemporain Stefano Gervasoni rencontre l'univers de la chanteuse de fado Cristina Branco.

« Com que voz » sera donnée dimanche en première mondiale à Porto (Portugal) puis en Allemagne les 20 février (Francfort) et 10 mars (Berlin), avant d'être jouée en juin dans le cadre du festival Agora de l'Ircam au Châtelet à Paris (le 11) et enfin à Bruxelles (le 13).

Cette pièce « pour deux voix, grand ensemble et électronique » est naturellement basée sur ce qui fait la notoriété de l'Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam) depuis une trentaine d'années: le recours à l'informatique musicale.

Mais cette « oeuvre ample », dirigée par Franck Ollu à la tête de l'Ensemble Modern de Francfort, constitue une « tentative tout à fait nouvelle » pour l'institut fondé en 1970 par le compositeur Pierre Boulez, figure tutélaire de l'avant-garde musicale en France.

« On confronte une chanteuse de tradition orale (Cristina Branco) qui ne lit pas la musique avec un baryton (Frank Wörner) qui la lit et un ensemble électronique. Par là-même, on croise des publics qui ne sont pas appelés à se rencontrer », explique à l'AFP le directeur de l'Ircam, Frank Madlener.

« Cristina Branco sera accompagnée par sa propre voix transformée, elle a accepté de jouer le jeu », se réjouit-il en soulignant que cet objet sonore inédit ne reniait pas « l'expressivité et la douleur du fado ».

Cette aventure illustre en tout cas le projet artistique de Frank Madlener, à la tête de l'Ircam depuis janvier 2006. Tout en maintenant la réputation scientifique d'un institut qui est l'un des plus grands centres dans le monde dédiés à la recherche et à la création musicales, le directeur souhaite en « élargir les esthétiques ».

« Il y a eu une standardisation, dans ce que faisait l'Ircam, autour du format pièce solo avec électronique : aujourd'hui, on doit ouvrir le champ. Dans les années qui viennent, il s'agira de faire peut-être moins de projets, mais des projets plus forts, scéniques notamment », souligne Frank Madlener.

Lieu de formation célèbre pour son cursus international pour compositeurs, l'Ircam souhaite mieux mettre en avant « quatre ou cinq » de ces créateurs, tout en apportant une attention particulière aux interprètes, qui ont pu être par le passé un peu occultés par l'institution.

Pour élargir son horizon, l'établissement mise aussi sur des partenariats (écoles supérieures étrangères, studio des arts visuels Le Fresnoy...), le développement de ses actions éducatives et une meilleure articulation avec le Centre Pompidou — dont il est un « institut associé » — et ses 5,5 millions de visiteurs en 2007.

Et l'institution publique veut en finir avec une « idée reçue » — elle serait « budgétivore » — qui brouille son image.

« L'Ircam n'est pas une pompe à fric puisqu'elle en produit », fait valoir Frank Madlener, qui met en avant, sur un budget supérieur à 10 millions d'euros, 35% de recettes propres, notamment grâce à l'activité de ses 90 chercheurs.

« Luisa Miller » de Verdi
retrouve l'Opéra de Paris
dans une imagerie figée

Après 25 ans d'absence, « Luisa Miller » de Verdi est revenu jeudi soir à l'affiche de l'Opéra de Paris dans une nouvelle production, plutôt fraîchement accueillie, du Belge Gilbert Deflo, qui traite ce drame intime de l'amour empoisonné par une imagerie sulpicienne et figée.

Créé à Naples en 1849, cet opéra en trois actes a été joué au Palais Garnier seulement en 1983, dans une production qui a fait l'objet d'une série de huit représentations — avec Luciano Pavarotti — sans se maintenir au répertoire de la maison.

Un quart de siècle plus tard, le directeur de l'Opéra de Paris, Gerard Mortier, tente de réhabiliter dans la capitale française l'ouvrage de Verdi — l'un de ses compositeurs préférés — en en confiant la mise en scène, à l'Opéra Bastille, à son compatriote et compagnon de route Gilbert Deflo.

Dès l'ouverture, moment fort d'une partition qui accuse quelques faiblesses par ailleurs, le ton du spectacle est donné par l'apparition de l'inscription « Luisa Miller » en lettres gothiques.

Gilbert Deflo oppose le monde féodal du tyrannique comte Walter, sous de sombres arcs gothiques, aux couleurs pastel de la ruralité populaire et bucolique (le chalet, les montagnes du Tyrol) des Miller.

Le livret est tiré de la pièce « Intrigue et Amour » de Schiller; le metteur en scène semble lui s'abreuver aux sources du romantisme allemand au premier degré et avec naïveté.

Les décors de l'Italien William Orlandi se laissent voir derrière un cadre arrondi, ce qui renforce l'impression d'un spectacle sous cloche, manquant de souffle, tandis que la direction d'acteur s'avère désespérément statique.

Il faut attendre le IIIe acte pour que la scène prenne vie, mais le mérite en revient au drame noué par le livret et la musique, quand les amants Luisa (la fille de Miller) et Rodolfo (le fils du comte) achèvent leur histoire d'amour pure, contre les intrigues du clan Walter, dans le poison mortel.

Sous l'ère Mortier, l'Opéra de Paris a tout de même habitué son public à davantage d'audace scénique.

Reste la distribution, qui n'est pas secondaire. Petit format un peu perdu dans l'immensité de Bastille, la soprano américaine Ana Maria Martinez fait une Luisa sensible, à laquelle répond le Rodolfo du ténor mexicain Ramon Vargas, toujours sûr de style.

La basse russe Ildar Abdrazakov (Walter) et la mezzo espagnole Maria José Montiel ne ratent pas leurs débuts à l'Opéra de Paris, de même que le chef italien Massimo Zanetti, bel animateur d'un orchestre maison en bonne forme, à l'image d'une clarinette solo fluide comme l'ondine.

« Luisa Miller » sera donné neuf autres fois jusqu'au 12 mars, retransmis le 8 en direct sur France Musique ainsi que sur d'autres antennes de l'Union européenne de radio et capté en vue d'une diffusion ultérieure sur France 3.


Actualités musicales du  18 février 2008

Retour en Hollande, à 104 ans,
du chanteur des  nazis, Johan Heesters

Johan Heesters, qui a 104 ans est selon le livre Guinness des records le plus vieux chanteur à faire encore de la scène, a fait un retour sous haute sécurité samedi dans ses Pays-Bas natals, qui ne lui ont pas pardonné d'avoir fait carrière grâce aux nazis.


http://www.parool.nl/ 

Une centaine de protestataires se sont retrouvés devant le théâtre De Flint de sa ville natale d'Amersfoort, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Amsterdam, mais le concert s'est finalement déroulé calmement, devant quelque 600 personnes, a rapporté l'agence néerlandaise de presse ANP.

Le théâtre où cet interprète d'opérettes et de chansons sentimentales s'est produit avait annoncé avoir installé des portiques de sécurité à l'entrée, organisé des contrôles d'identité obligatoires, et averti que « tout comportement pouvant troubler l'ordre » serait réprimé.

Parmi ces « comportements » figurait la tenue vestimentaire: des appels circulaient sur internet pour que les protestataires viennent en uniforme de nazis, qui ont lancé la carrière d'Heesters.

« Si votre tenue présente un caractère démonstratif ou choquant, l'accès vous sera refusé », a précisé le théâtre.

En 1963, lors de sa dernière tentative pour chanter aux Pays-Bas, Johan Heesters avait été chassé de scène par le public du théâtre Carré d'Amsterdam, debout le bras tendu pour un salut hitlérien.

Samedi, la caricaturiste du quotidien amstellodamois Het Parool montrait le chanteur saluant ainsi son public.

En guise de protestation, un concert d'oeuvres de musiciens morts dans des camps de concentration avait été organisé samedi soir à Amersfoort.

Heesters a débuté sur scène à 17 ans à Amsterdam. En 1934, il obtint un contrat à Vienne, et un an plus tard à Berlin, où il devint la coqueluche des nouveaux maîtres du Reich, notamment d'Hitler.

Sans jamais perdre un accent néerlandais prononcé, il a après la guerre fait toute sa carrière en Allemagne, et réside en Bavière.


Actualités musicales du  19 février 2008

« Tous à l'Opéra ! » :
près de 90.000 visiteurs
dans 28 théâtres lyriques

La deuxième journée « Tous à l'Opéra ! » a attiré samedi près de 90.000 visiteurs dans les 28 théâtres lyriques de France participant à cette opération portes ouvertes, a annoncé lundi la Réunion des Opéras de France (ROF) dans un communiqué.

L'édition 2008 « confirme un véritable engouement pour l'art lyrique et ses métiers », affirme la ROF, qui note « une fréquentation en hausse de 20% par rapport à 2007 ».

Les organisateurs ont comptabilisé 12.000 personnes à Paris dont 7.500 au Palais Garnier, 10.000 à Toulouse, 9.500 à Bordeaux, 7.000 à Lyon, 6.000 à Marseille, 4.000 à Tours et à Nice, 3.500 à Vichy ou Massy, plus de 2.000 à Nancy et Toulon et plus de 1.000 à Avignon, Limoges, Longjumeau et Rennes.

Le président de la ROF Laurent Hénart, cité dans le communiqué, se « félicite du succès de l'initiative qui confirme sa pertinence: les Opéras sont des lieux ouverts à tous et le succès populaire de cette manifestation prouve qu'ils peuvent trouver de nouveaux auditoires ».

« Compte tenu de cette réussite », M. Hénart « estime, à l'aune des +Entretiens de Valois+ (sur le spectacle vivant, lancés le 11 février, NDLR), que les Opéras en région méritent, de la part de l'Etat, une politique de fond et un investissement dans la durée et, de la part des collectivités territoriales, le renouvellement de leurs engagements ».

La troisième édition de « Tous à l'Opéra ! » aura lieu samedi 9 mai 2009, par ailleurs Journée de l'Europe. La manifestation s'inscrira une nouvelle fois dans le cadre des Journées européennes de l'Opéra, qui ont également tenu leur deuxième édition ce week-end dans une vingtaine de maisons de 14 pays (hors France).

Un important axe routier transformé
en « autoroute de l'amour »,
pour la Love Parade 2008

L'un des plus importants axes routiers d'Allemagne et d'Europe, la B-1, sera transformé en « autoroute de l'amour » le 19 juillet prochain à l'occasion de la Love Parade qui aura lieu à Dortmund, selon un porte-parole de la manifestation.

Plus d'un million de fans de musique électronique sont attendus dans la Ruhr du 17 au 20 juillet prochains. La Love Parade, qui s'est déroulée à Berlin jusqu'en 2006, a eu lieu à Essen l'an dernier. Et elle fera étape à Bochum, Duisbourg et Gelsenkirchen dans les années à venir.

La B-1, qui est sur ce tronçon une voie rapide, est empruntée chaque jour par près de 100.000 véhicules. « La Love Parade 2008 entrera dans l'Histoire du seul fait d'avoir élu domicile sur cette route », s'est réjoui le maire social-démocrate (SPD) de Dortmund, Gerhard Langemeyer.


Actualités musicales du  20 février 2008

Décès de la danseuse Natalia Bessmertnova,
une des étoiles du Bolchoï

La danseuse russe Natalia Bessmertnova, une des étoiles du Bolchoï pendant plus de trente ans, est décédée dans la nuit de lundi à mardi des suites d'une longue maladie, a annoncé mardi le théâtre du Bolchoï.

« Elle est décédée dans un hôpital de Moscou après une longue et difficile maladie », a indiqué le Bolchoï sur son site.

Un porte-parole du théâtre a précisé à Interfax qu'elle était morte dans la nuit de lundi à mardi.

Avec Maïa Plissetskaïa et Galina Oulanova (également décédée), elle a fait les beaux jours de la danse soviétique durant l'âge d'or du Bolchoï.

« Dieu lui avait tout donné pour qu'elle devienne la muse du ballet classique », a déclaré le directeur général du Bolchoï, Anatoly Iksanov. « Rien que sur ses mains étonnantes, ses mains longues et poétiques, les critiques écrivaient des pages entières », a-t-il dit.

Née à Moscou le 19 juillet 1941, elle avait intégré l'école du Bolchoï d'où elle était ressortie avec la note la plus élevée possible, une première dans l'histoire de l'institution.

A partir de 1961 et de son entrée dans le corps de ballet du Bolchoï, elle en devient une des étoiles et se produit partout, en URSS, comme en Occident.

Mariée au chorégraphe Iouri Grigorovitch, qui dirigera près de 30 ans durant le Bolchoï, elle fait sensation en 1975 dans « Ivan le Terrible », un ballet qui la fait connaître à l'Ouest.

Technicienne aux ralentis spectaculaires, aussi à l'aise dans les rôles dramatiques que dans les rôles lyriques, elle s'impose dans ses interprétations de « Roméo et Juliette », « Don Quichotte » ou de « Gisèle » qui lui vaut sa promotion comme danseuse étoile.

Quand plusieurs artistes soviétiques font défection, comme Roudolf Noureev en 1961, Natalia Bessmertnova fait le choix de la loyauté à l'URSS.

En 1979, elle interprète à Stockholm « Le lac des cygnes », avec Valeri Anissimov. Plusieurs chorégraphes passent alors à l'Ouest. « Je suis persuadée que leur pouvoir créateur et leur développement artistique ne peuvent que s'en ressentir », déclare-t-elle à l'époque.

En 1986, elle reçoit le prix Lénine pour l'ensemble de sa carrière.

Après 1991 et la chute de l'URSS, le Bolchoï, soumis aux mêmes difficultés financières que le reste du pays, périclite.

Les années 90 marquent aussi le déclin de Bessmertnova qui donne son dernier spectacle, « Gisèle », en 1994.

Elle enseigne ensuite au Bolchoï, jusqu'à sa démission en signe de solidarité avec son mari, chassé du Bolchoï par ceux qui lui reprochent son classicisme et son conservatisme. Elle dit alors « refuser d'être témoin de la mort de ce trésor de l'art russe ».

En 2001, elle revient au Bolchoï où elle enseignera encore quelques années.

Voir de nombreuses vidéos :
http://fr.youtube.com/results?search_query=Bessmertnova&search_type=

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