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Actualités musicales
11 - 20 février 2008
Actualités musicales du 11 février 2008
Turandot, avec une fin chinoise,
fera son entrée en mars,
Grand Théâtre national de Beijing
L'opéra classique Turandot possède désormais un
épilogue chinois, et sera présenté pour la première fois dans le
Grand Théâtre national (GTN) du 21 au 26 mars à Beijing.
Hao Weiya, jeune compositeur chinois, a composé une fin
de 18 minutes pour l'opéra en trois actes, dernier ouvrage du
compositeur italien Giacomo Puccini (1858-1924), renommé dans le
monde entier. Hao a été employé par le GTN pour créer une nouvelle
fin à l'opéra.
Hao a déclaré qu'une aria intitulée « la Première
larme » était la partie la plus importante de la fin, montrant
une résurrection sentimentale profonde du personnage principal, qui
traduit également la puissance de l'amour.
Turandot, joué avec l'épilogue du compositeur chinois,
comprendra deux nouveaux personnages, la princesse Loulin et Yuren,
la première représentant la vengeance et le second l'ange chinois.
Le metteur en scène Chen Xinyi a estimé que ces deux
rôles contrastés combinaient l'essentiel de l'esprit de Turandot.
Ils expriment mieux deux thèmes de l'opéra, amour et héroïsme, que
Chen a dit vouloir souligner.
Turandot, une ancienne fable qui tire son origine en
Perse mais se situe en Chine, raconte l'histoire d'une princesse si
désirable que les hommes viennent par centaines, du monde entier, et se
font concurrence pour obtenir son amour. Le prétendant doit répondre à
trois énigmes difficiles et celui qui échoue se blesse la tête sur
un poteau, ce qui sert d'avertissement aux autres prétendants.
Puccini a choisi la mélodie d'une chanson folklorique
chinoise remixée pour en faire l'un des principaux thèmes musicaux
de l'opéra, qui raconte une histoire d'amour dans l'antiquité
chinoise. L'opéra est inachevé, se terminant à la deuxième scène
du troisième acte, en raison de la mort de Puccini, en 1924.
Hao est le troisième compositeur et le premier Chinois
à tenter de donner une fin à l'opéra. Les deux personnes précédentes
étaient des Italiens: Franco Alfano et Luciano Berio.
Turandot, Finale. Ghena Dimitrova (1941-2005) et
Nicola Martinucci.
Arènes de Vérone, 1983
Le Grand théâtre national est le nouvel opéra de
Beijing. La seule structure principale a coûté trois milliards de
yuans ( environ 410 millions de dollars). L'investissement total est
estimé à près de six milliards de yuans. Il se trouve près du très
prestigieux Grand Palais du Peuple.
La quatrième édition du Festival du
clip
aura lieu du 14 au 17 février
à Aix-en-Provence
La quatrième édition du Festival du clip aura lieu du
14 au 17 février à Aix-en-Provence. Cent-vingt clips ont été sélectionnés
en compétition (sur près de 700 visionnés par le comité d'organisation),
répartis en trois sections: « internationale » (le meilleur de
la production internationale en 2007), « émergence » (œuvres
produites en France et sélectionnées pour « l'approche créative et
originale de la réalisation ») et « jeunes talents ». La présidence
du jury « international » est assurée par la chanteuse Olivia Ruiz.
Des débats sont également au programme (
http://www.festivalduclip.com
)
Actualités musicales du 12 février 2008
La soprano Inga Nielsen est
décédée
La soprano danoise Inga Nielsen est décédée dimanche
soir à l'hôpital de Gentofte (nord de Copenhague) à l'âge de 61 ans des
suites d'un cancer, a-t-on appris lundi de source hospitalière et auprès
de sa famille.
Née le 2 juin 1946, Inga Nielsen était réputée pour
être une chanteuse remarquable des opéras de Mozart.
Sa carrière internationale avait décollé en 1975
lorsqu'elle rejoignit l'opéra de Francfort. Mais en 1980, elle choisit une
carrière indépendante.
Elle se produisit sur les grandes scènes d'opéra à
Berlin, Vienne, Milan, Rome, Paris, Salzbourg ou encore Londres et New
York.
Inga Nielsen et Placido Domingo à Copenhague en 1993. «
Manon » de Massenet,
duo « N'est-ce plus ma main ? »
Festival les Nuits de
l'Alligator
Le festival les Nuits de l'Alligator se poursuit cette
semaine dans la salle parisienne de La Maroquinerie, et jusqu'au 26
février avec une partie des musiciens de l'affiche qui donneront des
concerts dans treize villes de province.
Si elles se disent festival de blues, les Nuits de
l'Alligator programment peu d'artistes appartenant stricto sensu à ce
style, préférant le retrouver dans l'état d'esprit des musiciens à
l'affiche.
Vic Chestnutt appartient à la mouvance folk et
interprète des ballades sombres et désenchantées. Buck 65 est un rappeur
canadien. Et les riffs de guitares de The Willowz, groupe de rock garage
dont le premier fan est le réalisateur Michel Gondry, évoquent plus ceux
de Kings of Leon que de BB King.
Les formations les plus proches du blues sont à
chercher du côté de Hot 8 Brass Band, une fanfare de la Nouvelle Orléans
qui renouvelle le genre, de The Sweet Vandals, un groupe de soul-funk
madrilène, ou de Bob and Lisa, un duo de rock'n'roll acoustique.
Bèlè de Martinique, gwo ka de Guadeloupe, tambours et
danses garifuna du Honduras, contredanse d'Haïti... Ces formes musicales
des Caraïbes vont être interprétées à la Cité de la musique à Paris les
15, 16 et 17 février, dans le cadre d'un cycle consacré à cette région, où
les musiques sont souvent liées à des rituels festifs ou des
processions.
Les Yoruba Andabo, une troupe de musiciens appartenant
à la communauté noire de Cuba, ouvriront ce cycle vendredi. Les musiques
des Caraïbes sont souvent rituelles et cultuelles : les Yoruba Andabo,
également à l'affiche samedi après-midi, invoquent dans leur musique
cérémonielle les orishas, des divinités africaines d'origine yoruba.
Yoruba Andabo « Linda Habana »
Autre ensemble à l'affiche Kan'nida (samedi) interprète
le gwo'ka, un rythme des anciens esclaves de la Guadeloupe dont le tambour
ka est l'élément moteur. Le gwo ka est encore souvent interprété lors de
veillées, les « swaré tanbou » en
créole.
Sally Nyolo, entre bikutsi et
chanson,
au New Morning
La chanteuse camerounaise Sally Nyolo retrouvera la
scène parisienne à l'occasion d'un concert au New Morning vendredi, quatre
mois après la parution de son cinquième disque,
« Mémoire du monde » (Cantos/Pias).
Elle y interprète des chansons en français portées par le rythme bikutsi
(créé par des femmes, il consiste à reproduire avec la voix les bruits de
la forêt), sortes de rêveries avec parfois des influences reggae et des
pointes électro.
Ex-membre du groupe vocal Zap Mama, Sally Nyolo, après
avoir été choriste dans les années 80 (Nicole Croisille, Jacques Higelin,
Touré Kunda, Sixun), s'est lancée dans une carrière sous son nom dans les
années 90, couronnée par un certain succès puisqu'elle a obtenu en 1997 le
Grand Prix RFI.
Harold Lopez Nussa
joue à Bordeaux et à Paris
Harold Lopez Nussa, jeune pianiste prodige cubain, est
en concert à Bordeaux mardi et à Paris (New Morning) mercredi, en
trio.
Harold Lopez Nussa a publié l'an dernier, à 24 ans, son
premier album, « Sobre el Atelier »
(Cristal Records/Harmonia Mundi), où il virevolte entre jazz et musique
cubaine. Sa technique, sa vélocité, son style baroque et percutant, ne
l'empêchent pas de posséder aussi un certain toucher et de laisser
transpirer tendresse et émotion.
Plusieurs compositions personnelles voisinent sur cet
album avec des reprises de musiciens de jazz (Wayne Shorter, Jaco
Pastorius) et de musiciens cubains très influencés, comme lui, par le jazz
(Chucho Valdes, Ramon Valle).
Harold Lopez Nussa (reportage, sous-titré en anglais)
Haydee Milanes chante
Pablo Milanes accompagnée au piano par Harold Lopez
Nussa
Cinq récompenses aux Grammy
Award
pour Amy Winehouse
La chanteuse britannique Amy Winehouse a remporté sa
5ème récompense de la nuit avec le Grammy du meilleur disque lors de la
50e cérémonie des Grammy Awards dimanche à Los Angeles.
La chanteuse a devancé Beyonce, Foo Fighters, Rihanna
and Justin Timberlake également nominés dans cette prestigieuse catégorie,
et a dédicacé ce Grammy à son mari Blake Fielder-Civil, son
« cher Blake, mon Blake emprisonné »,
et à « Londres ».
L'artiste a chanté en direct par satellite depuis
Londres, après avoir reçu les Grammy de la meilleure révélation de
l'année, meilleure chanson de l'année, meilleur album pop, meilleur
interprète pop pour les titres « Rehab
» et l'album « Back to Black. »
Herbie Hancock remporte le Grammy
du meilleur album de l'année
Le pianiste Herbie Hancock a remporté dimanche à Los
Angeles le Grammy du meilleur album de l'année avec
« River : The Joni Letters » lors de la
50e cérémonie des Grammy Awards.
« Je voudrais
remercier l'académie pour avoir courageusement rompu avec la tradition
cette année, en choisissant un artiste qui ne fait pas de la pop, et en
honorant ainsi les géants sur qui je m'appuie. Certains comme Miles Davis
ou John Coltrane méritaient incontestablement cette récompense », a
déclaré le jazzman américain de 67 ans.
« C'est un nouveau
jour qui prouve que l'impossible peut devenir possible », a ajouté le
musicien sous des applaudissements nourris, en entonant l'hymne de
campagne du candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama
Herbie Hancock a également rendu hommage à la chanteuse
canadienne Joni Mitchell, présente sur l'album jazzy primé, tout comme
Tina Turner, Norah Jones ou Leonard Cohen.
« Cela fait 43 ans
que le premier et dernier artiste de jazz a reçu le Grammy pour l'album de
l'année », a ajouté Herbie Hancock qui était en compétition, dans la
catégorie phare du meilleur album, avec Foo Fighters, Vince Gill, Kanye
West and Amy Winehouse.
Duo de pianos Herbie Hancock et Joe
Zawinul
Les principales récompenses
des Grammy Awards
Album de l'année :
« River : The Joni Letters » de Herbie
Hancock
Disque de l'année :
« Rehab » de l'album Black To Black
d'Amy Winehouse
Chanson de l'année (décernée aux auteurs de la chanson)
: « Rehab » d'Amy Winehouse
Révélation de l'année : Amy Winehouse
Meilleure interprétation féminine pop : Amy
Winehouse
Meilleure interprétation masculine pop : Justin
Timberlake
Meilleur album pop :
« Back To Black » d'Amy Winehouse
Meilleur album rock :
« Icky Thump » des White Stripes
Meilleure chanson rock :
« Radio Nowhere » de Bruce
Springsteen
Meilleur album Dance/Electronique :
« We Are The Night », The Chemical
Brothers
Meilleur interprète féminie R&B : Alicia Keys
Meilleur interprète masculin R&B : Prince
Meilleur album R&B :
« Funk This » de Chaka Khan
Meilleur album, meilleur interprète rap :
« Graduation » de Kanye West
Meilleur album jazz :
« River: The Joni Letters » de Herbie
Hancock
Meilleur album hard-rock :
« The Pretender », des Foo Fighters
Actualités musicales du 13 février 2008
12-13 février 2008
Montpellier, Opéra / Comédie
Salle Molière
Musique française
d'hier et d'aujourd'hui
Concert du Groupe Vocal Opéra Junior (16-25 ans)
Direction musicale : Vladimir Kojoukharov
Au piano : Kaoru Ohto
Les jeunes chanteurs du Groupe
Vocal, Pré-Groupe Vocal et Atelier d’Étude du Répertoire interprètent des
oeuvres pour ensembles vocaux, airs d’opéras, mélodies et duos du
répertoire classique et contemporain.
Clément JANEQUIN (1485 -1558)
:
Ce moys de mai, Le Chant du Rossigneulx : En
escoutant.
Francis POULENC (1889 -1963) :
Le beau laboureur, Margoton s’en va-t’à
l’iau.
Maurice RAVEL (1875 -1937) :
Trois Chansons.
Hector BERLIOZ (1803 -1869) :
Chanson à boire, La Mort
d'Ophélie.
Claude DEBUSSY (1862 -1918) :
Harmonie du soir, Nuit d’étoiles.
Olivier MESSIAEN (1908-1992) :
Katchikatchi les étoiles.
Vladimir KOJOUKHAROV :
Danza
(sur un poème de Federico Garcia Lorca). Philippe
HERSANT :
Enfance III
(extrait de Allégories). Jacques OFFENBACH (1819-1880)
:
Entracte et Barcarolle
(extrait des « Contes d’Hoffman »). Jules MASSENET
(1842 -1912) :
Elégie.
Georges BIZET (1838-1875) :
Que se passe-t-il donc là bas
(extrait de Carmen)
Ce concert est donné en
avant-première de la tournée du Groupe Vocal Opéra Junior aux USA
organisée en partenariat avec le Consulat de France à la Nouvelle Orléans
et la Fondation Orange du 16 au 1er mars 2008.
Opéra Junior offre aux jeunes,
débutants ou déjà en possession d'une expérience musicale, la possibilité
d'une pratique artistique exercée dans un cadre professionnel et, pour
ceux qui en expriment la volonté, de s'orienter vers les métiers de la
scène.
La formation comprend des ateliers
de musique d'ensemble, technique vocale et cours de chant individuel,
formation musicale (en partenariat avec le Conservatoire National de
Région Montpellier Agglomération), travail corporel et expression
scénique.
Le Groupe Vocal Opéra Junior a été
créé en 1996, sous l'impulsion de Guillemette Laurens, artiste lyrique. Il
est depuis dirigé par Vladimir Kojoukharov, compositeur, directeur
fondateur d'Opera Junior et Valérie Sainte Agathe, chef de choeur, avec la
collaboration de Guillemette Laurens et Isabelle Fallot, professeur de
chant.
Il est constitué de jeunes
chanteurs (garçons et filles âgés de 16 à 25 ans) passionnés par la scène
et décidés, dans un cadre professionnel, à enrichir et développer leurs
aptitudes vocales et musicales.
D'abord simple ensemble vocal, il
devient à partir de janvier 2004 un département de formation à orientation
professionnelle pour jeunes chanteurs et comporte notamment un Atelier
d'Etude du Répertoire dont le travail est axé sur l'interprétation de
mélodies, airs d'opéras, duos, trios et autres musiques de chambre du
répertoire classique et contemporain.
Mercredi 13 février 2008 - 19h -
tout public . Mardi 12 février 2008 - 19h - jeune public, collèges,
lycées. Salle Molière - Opéra Comédie / Montpellier. Location à la
billetterie de l’Opéra : 04 67 601 999 - 10€ - 5€ - 3€
The Police : le groupe « revivifié »
par sa tournée mais pas d'album en vue
Le guitariste du groupe rock The Police, Andy Summers,
s'est dit « revivifié » par la tournée retour de sa formation, qui
marquera une pause à partir de dimanche, mais a prévenu qu'aucun album
n'était en préparation.
« C'est super, chaque soir c'est différent », a
expliqué mardi M. Summers à des journalistes, à la veille d'un concert à
Tokyo.
En sommeil depuis 1984, le trio britannique The Police
(Sting au chant, Andy Summers à la guitare et Stewart Copeland à la
batterie) s'est reformé l'an passé pour une tournée mondiale lancée le 28
mai à Vancouver (Canada).
Le groupe a, depuis, joué en Amérique du Nord et du
Sud, Europe, Océanie et Asie.
M. Summers, 65 ans, a assuré que malgré l'ancienneté du
groupe, les concerts attiraient un « public d'âge très varié ». « En
Amérique latine, il y avait des adolescents, des jeunes de vingt ans,
c'est revivifiant ! », a-t-il expliqué.
Sur le plan musical, il s'est dit content des
performances scéniques de la formation. « Nous faisons le maximum pour que
nos vieilles chansons sonnent bien », a-t-il précisé.
Mais M. Summers a écarté tout nouvel album, affirmant
que le groupe ne travaillait « sur aucune nouvelle chanson ».
Le groupe avait sorti cinq albums entre 1977 et 1984,
avec des tubes comme « Roxanne », « Message in a bottle » ou « Every
breath you take ». Son cocktail de rock, pop et reggae lui avait ouvert
les portes de la gloire, mais des tensions entre ses membres avaient
abrégé l'expérience.
Sur ce point, M. Summers n'a pas caché que les
relations au sein du trio avaient leur « bons » et « mauvais jours ». «
C'est comme un mariage » mais ça évite « une ambiance monotone », a-t-il
jugé.
Interrogé sur le succès des reformations d'anciens
groupes (Genesis, The Smashing Pumpkins, Led Zeppelin et les Sex Pistols
qui ont tous rejoué en 2007), le guitariste a qualifié le phénomène «
d'intéressant ».
« Aujourd'hui, la musique est partout la même, jouée de
façon individuelle. Mais les gens aiment toujours voir trois ou quatre
types sur scène avec des guitares », a-t-il commenté.
Après Tokyo, The Police assurera deux dernières dates
samedi et dimanche à Hawaï (Etats-Unis), avant trois mois de pause.
D'autres concerts sont prévus en Europe à partir de juin.
Le groupe de hard rock glam,
Kiss en tournée européenne pour ses 35 ans
Le groupe de hard rock américain Kiss, célèbre pour son
imagerie glam et ses visages maquillés en noir et blanc, fêtera ses 35 ans
de carrière en donnant une tournée européenne qui débutera à Munich
(Allemagne) le 11 mai, a annoncé mardi l'organisateur du concert en
France.
Selon le site internet du groupe, cette tournée
européenne passera par l'Allemagne, l'Italie, la Serbie, la Russie, la
République tchèque, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France et
l'Espagne.
Quatorze concerts sont pour l'heure prévus, jusqu'au 21
juin à Bilbao (Espagne), mais d'autres dates devraient être ajoutées
prochainement. Kiss, habitué des shows à grand spectacle, a souligné qu'il
s'agissait de sa première tournée en Europe depuis 1999.
Kiss a été formé en 1973 par le bassiste Gene Simmons
et le chanteur et guitariste Paul Stanley, les deux seuls membres du
groupe d'origine qui font toujours partie du quatuor actuel.
Ses musiciens sont vite devenus très populaires auprès
des adolescents des années 70 grâce à leurs costumes extravagants en cuir
et à paillettes, leurs chaussures compensées et leur maquillage, une
imagerie inspirée d'artistes comme les New York Dolls ou Alice Cooper.
Gene Simmons est la figure la plus connue du groupe
avec son maquillage en forme d'ailes de chauve-souris et sa manie de tirer
la langue.
Kiss a interprété durant sa carrière des hymnes rock
comme « Detroit Rock City » (l'album « Destroyer » de 1976), « Rock'n'Roll
All Night » ou le célèbre « I was made for lovin' you », qui, en 1979,
mélangeait hard rock et disco.
Henri Salvador est mort
Henri Salvador est mort mercredi à l'âge de 90 ans, à son domicile
parisien d'une rupture d'anévrisme, a annoncé à l'AFP sa maison de
disques, Polydor (Universal).
Le vétéran de la chanson française avait composé et interprété
d'innombrables succès populaires tels que « Syracuse », « Une
chanson douce », « Zorro est arrivé », « Le lion est mort ce
soir », « Faut rigoler », « Juanita Banana », « Le Travail,
c'est la santé ».
Il avait fait ses adieux à la scène au Palais des Congrès à Paris, en
décembre 2007.
Formé à l'école des grands musiciens noirs américains et de Django
Reinhardt, ce guitariste accompli était un artiste multiple : « J'ai
fait du jazz, des sketches, des chansons drôles, des comptines, du
music-hall, de la télévision », aimait-il répéter.
Avec Boris Vian, il avait introduit le rock en France (« Rock
Hoquet », 1957) et composé quelques perles dont « Rock and roll mops
» et « Blouse du dentiste ».
Né le 18 juillet 1917 à Cayenne (Guyane), Henri Salvador était le fils
d'un percepteur d'ascendance espagnole et d'une mère guadeloupéenne
d'origine indienne, installés à Paris en 1924. A l'âge de 11 ans, il
découvre Armstrong et Duke Ellington, c'est son premier choc musical.
Engagé en 1935 par Django Reinhardt, il part en tournée en 1938 en
Amérique latine avec Ray Ventura, et sera une vedette au Brésil.
Après la guerre, il monte son propre orchestre, publie son premier
disque, « Maladie d'amour » (1947) et obtient un double grand prix de
l'Académie Charles Cros.
Dans les années cinquante, Henri Salvador commence une carrière de
fantaisiste à l'A.B.C, temple du music-hall parisien. Il donne des
récitals à guichets fermés, salle Pleyel, au théâtre Daunou, à l'Alhambra,
et multiplie les tournées à l'étranger (Italie, Etats-Unis).
A partir de 1961, le chanteur offre à la télévison de grands shows
inimitables, « Salves d'Or » (1968), « Dimanche Salvador »
(1973). Il devient aussi l'idole des enfants avec notamment « Les
Aristochats » (troisième prix Charles Cros, 1971). Entre-temps, il fonde
en 1962 avec sa femme Jacqueline sa maison de disques, puis deux ans plus
tard sa marque « Rigolo ».
Vingt ans plus tard, il retrouve la scène à Pantin et la SACEM lui
décerne le Grand prix de l'Humour (1987).
Inépuisable, le chanteur au rire tonitruant publie jusqu'à la fin
plusieurs albums — « Monsieur Henri » (1994), « Chambre avec vue
» (2000), « Révérence » (2006) —, et se produit encore sur
scène.
En 2001, Henri Salvador avait épousé en deuxième noce la productrice de
télévision Catherine Costa.
Il avait publié son autobiographie « Toute ma vie » (1994), qu'il
résumait d'une phrase : »Rigoler, c'est aussi un métier ».
Actualités
musicales du 14 février 2008
14 février 2008
Montreuil-sous-Bois
Instants Chavirés
Trio
Bertrand GAUGUET
saxophones alto & soprano
Franz HAUTZINGER
trompette quart de tons
Thomas LEHN
synthétiseur analogique
Photo Marion Innocenzi
Constitué du trompettiste Franz Hautzinger, du joueur
de synthétiseur analogique Thomas Lehn et du saxophoniste Bertrand
Gauguet, ce trio réunit trois musiciens européens engagés dans les
pratiques contemporaines de l’improvisation et des musiques nouvelles.
En s’élaborant sur des matériaux composés de souffles
amplifiés, de micro-sons et d’une maîtrise du silence, le jeu de Franz
Hautzinger (Autriche) tisse un maillage sonore atypique proche d’une
esthétique « réductionniste ». Le générateur analogique de Thomas Lehn
(Allemagne) développe dans la musique électronique Live une approche
singulière qui lui permet de modifier, combiner et contrôler plusieurs
paramètres du son. Quant à Bertrand Gauguet (France), son approche au
saxophone se précise autour d’un langage constitué de matières produites
par le souffle qui tend à s’approcher souvent des sonorités
électroniques.
Gauguet-Hautzinger-Lehn travaille à superposer les
espaces sonores, qu’ils soient acoustiques, amplifiés, naturels ou
électroniques, pour construire des architectures temporelles et générer
ainsi les modulations d’une « musique de chambre » ouverte et
combinatoire.
Bertrand Gauguet se situe à la croisée des pratiques
sonores acoustiques et amplifiées, improvisées ou composées. Comme
compositeur, son travail se précise autour de pièces électroniques
produites pour la danse, la radio et le cinéma. Comme improvisateur, c'est
aux saxophones alto et soprano qu'il est présent depuis 2000 sur la scène
européenne des musiques improvisées. Commence la trompette à neuf ans
avant d’opter huit ans plus tard pour le saxophone. Après un passage
par le conservatoire, la décision est prise de continuer en autodidacte.
Installation à Rennes en 1991, commence des études d’histoire de l’art,
s’initie aux rudiments des instruments électroniques et joue du rock
expérimental. Les années qui suivent sont consacrées à l’étude du Jazz et
de la musique Carnatique (Inde du sud) : nombreux concerts en quartet,
quintet et Big Band. Se consacre à l'improvisation à partir de 1999. Des
rencontres marquantes ont lieu avec Michel Doneda, Steve Lacy et Barre
Phillips ; avec Julyen Hamilton pour les relations à la danse. Organise à
Rennes des concerts à la galerie d'art Le Bon Accueil - Site Expérimental
des pratiques artistiques (1999-2000) puis des sessions
transdisciplinaires à l'atelier de l'artiste Benoît Travers (2000-2001).
Il improvise notamment avec Martine Altenburger, Pascal Battus, Frédéric
Blondy, Fabrice Charles, Jim Denley, Michel Doneda, Franz Hautzinger,
Thomas Lehn, Lê Quan Ninh, Barre Phillips et Dan Warburton. Il s'implique
également dans l'organisation d'événements ponctuels (concerts,
performances, rencontres, etc.) et dans la pédagogie en animant des
ateliers consacrés à l'éveil sonore et à l'improvisation.
http://www.bg70.net/
Franz Hautzinge, compositeur et improvisateur
autrichien de musique nouvelle est né en 1963. Il étudie la trompette et
la composition d’abord à l’académie de musique et d’arts dramatiques de
Graz, puis au conservatoire de Vienne. Il enseigne depuis 1989 le jeu
d’ensemble, la composition et l’arrangement à l’université de Vienne au
département de musique et d’arts dramatiques. Il se produit comme soliste
dans de nombreuses formations en compagnie de musiciens internationaux
(Elliott Sharp, Ben Patterson, Joachim Kuhn, Tony Oxley, Otomo Yoshihide)
et initie plusieurs projets (Franz Hautzinger Speakers Corner, Dachte
Musik, Regenorchester, projects solo). Franz Hautzinger joue un idiome
instrumental unique. Ces dernières années, il s’est tourné vers une
approche qui s’inspire de la nouvelle musique qui s’émancipe des modes
d’improvisation, de composition et des concepts liés au Jazz. Sa linéarité
qui incorpore de plus en plus des éléments de jeu modal et de Free Jazz le
conduit à ouvrir une voie dans l’exploration des espaces de l’action et de
l’incident. En dépit de toute réduction apparente vers l’extérieur et
l’usage de gestes laconiques (mélodie respirée, tons simples explorant le
silence, microsons élaborés ou usage des intervalles en quart de tons), la
musique de Franz Hautzinger représente une texture en maillage, riche en
associations, laquelle communique plus par des paramètres tels que la
densité, le volume et la couleur que par des valeurs temporelles et
d’intervalles.
Thomas Lehn
A partir du début des années 80, Thomas Lehn travaille
comme artiste, interprète, compositeur et improvisateur dans la musique
contemporaine. Son style d'expression musicale prend ses racines dans
l'expérience d'un large éventail des champs musicaux. Après ses études
d'ingénieur de son à la Hochschule für Musik à Detmold, il étudie le piano
- classique et jazz - à Cologne. En tant qu'interprète, il donne des
concerts depuis 1982. Il joue à la fois des oeuvres contemporaines,
notamment des nombreuses créations, et des musiques traditionnelles de la
période romantique et classique. En 1989, il fonde le Trio Dario et,
quatre ans plus tard, le Mengano Quartett. Il joue également dans le Nova
Ensemble Wuppertal qui se concentre sur l'avant-garde contemporaine.
Parallèlement à son travail de pianiste, Thomas Lehn se consacre à la
composition et l'interprétation de la musique électronique. Partant de son
expérience d'interprète et d'improvisateur dans divers domaines, il a
développé son langage individuel dans la musique électronique live. Son
équipement électronique se compose des synthétiseurs analogiques de la fin
des années soixante. Les moyens de ces instruments - notamment la
possibilité de modifier le son électrique d'une manière directe, et de
combiner et contrôler plusieurs paramètres à la fois - permettent à Thomas
Lehn d'agir spontanément et de réagir en étroit contact avec le processus
de tension (espace et structure de la musique) pendant qu'il la joue.
Actuellement il collabore avec Gerry Hemingway, Marcus Schmickler, Dr
Eugène Chadbourne, Paul Lovens et Mats Gustaffson. Il a également joué
avec John Butcher, Axel Dörner, Tim Hodgkinson, Radu Malfatti, Roger
Turner et Evan Parker. Enfin, Thomas Lehn participe au MIMEO, le Music in
Mouvement Electronic Orchestra, qui regroupe douze représentants de la
musique contemporaine électronique de sept nations européennes.
http://www.thomaslehn.com/
Février 2008, tournée en France du 13.02.08 au 17.02.08
1er décembre 2007, Festival Total Meeting : Le Petit Faucheux
(Tours)
Janvier 2007, Cave 12 (Genève) —Musée d’art moderne et contemporain
(Strasbourg) —Théâtre du Saulcy (Metz) —Q-02 (Bruxelles)
Actualités musicales du 14 février 2008
Gilberto Gil salue en Salvador
« un des principaux chantres de la bossa nova »
Le chanteur brésilien Gilberto Gil, ministre de la Culture depuis 2003, a
rendu hommage à Henri Salvador, décédé mercredi, en soulignant son rôle
historique comme « un des principaux chantres de la bossa nova ».
Gil, 65 ans, actuellement en visite à Madrid, souligne,
dans un communiqué diffusé par son ministère, que ce dernier avait décoré
Henri Salvador en 2005 de l'Ordre du Mérite de la Culture « pour toutes
les contributions qu'il a rendues » à la musique brésilienne.
« Avec une présence marquante au Brésil, Henri a été
l'un des principaux chantres de la bossa nova. Il a partagé de bons
moments avec moi et d'autres chanteurs de ma génération. Sa passion pour
le Brésil était évidente et, pour moi, particulièrement envoûtante ».
Gilberto Gil faisait partie des pointures de la musique
brésilienne qui avaient participé au dernier album d'Henri Salvador, «
Révérence », sorti en 2006.
L'arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum avait
notamment insisté pour réenregistrer à cette occasion « Dans mon île »,
composée en 1957 par Salvador et reprise par Veloso en 1981. Cette
chanson, découverte par les musiciens brésiliens en 1958 dans le film
italien « Nuits d'Europe », a contribué à la naissance de la bossa
nova.
Le musicien brésilien « Sergio Mendes m'a raconté que
quand (le musicien brésilien Antonio Carlos) Jobim a vu ça, il s'est dit :
C'est ça qu'il faut faire, ralentir le tempo de la samba et mettre des
belles mélodies », se souvenait avec fierté Henri Salvador.
Pour Gil, père du « tropicalisme », mouvement musical
du milieu des années 60 qui a impregné la musique brésilienne d'influences
extérieures, Henri Salvador a été l'un des compositeurs les plus «
différents et pluriels de la musique européenne ».
Décès du musicologue Jules van
Ackere
On a appris mardi le décès, le 3 février dernier, du
musicologue Jules van Ackere à l'âge de 93 ans. Il est l'auteur de
nombreux essais et ouvrages sur la musique. Il s'était spécialisé dans la
musique française, avec notamment des analyses des oeuvres de Debussy et
Ravel.
Né à Heule le 8 février 1914, il a fait ses études
musicales au Conservatoire de Gand. Romaniste de formation, il a donné
cours à la Handelshogeschool Sint Ignatius à Anvers et aux facultés
universitaires. On lui doit des essais littéraires (d'Annunzio,
Pirandello, Buzzati) et des études notamment sur la Renaissance italienne.
Parmi ses ouvrages, on trouve « L'Europe de la Renaissance, du Baroque et
du Rococo » (1969) et le chapitre « Belgique Baroque et Classique » de la
série « L'Architecture en Belgique ».
Chamboduc de Saint-Pulgent
reconduite à la présidence
de l'Opéra-Comique
Maryvonne Chamboduc de Saint-Pulgent a été reconduite
dans ses fonctions de présidente du conseil d'aministration du Théâtre
national de l'Opéra-Comique, mercredi en Conseil des ministres.
« Maryvonne Chamboduc de Saint-Pulgent, conseiller
d'Etat, est renouvelée dans ses fonctions de président du conseil
d'administration du Théâtre national de l'Opéra-Comique », indique le
communiqué publié à l'issue du Conseil des ministres.
Sotheby's remet un violon de
Guarnerius
à un homme d'affaires russe
La maison de vente aux enchères londonienne Sotheby's a
remis mercredi le violon « Ex-Vieuxtemps » (1741) de Guarnerius del Gesu à
son nouveau propriétaire russe Maksim Viktorov, président du conseil de
tutelle de la Fondation russe des programmes d'investissement.
« Je suis très ému et je me sens obligé de conserver
cet instrument pour nous tous », a indiqué M.Viktorov, qui a acheté
l'instrument à un collectionneur privé par le biais de Sotheby's.
Le prix de la transaction n'a pas été divulgué. « Je ne
peux pas préciser le prix, son ancien propriétaire et moi même ne voulons
pas le faire. Mais je confirme qu'il est supérieur au prix record de vente
aux enchères d'un instrument de musique », a dit l'homme d'affaires devant
les journalistes avant de rappeler que le Hammer (1707) de Stradivarius
avait été vendu pour une somme record de 3,5 millions de dollars chez
Christie's en 2006.
L'Ex-Vieuxtemps de Guarnerius del Gesu, qui a été
conservé pendant plus de cent ans dans une collection privée, doit son nom
au compositeur et violoniste belge Henri Vieuxtemps, l'un des virtuoses du
XIXe siècle qui a joué avec ce violon.
L'homme d'affaires, violoniste amateur et propriétaire
de 15 autres violons dont un Stradivarius du grand musicien Nicolo
Paganini, a l'intention de prêter son violon à des musiciens de renom
plusieurs fois par an. (RIA Novosti)
Actualités musicales du 15 février 2008
15 février 2008, 19h30
Nanterre Maison de la musique
Auditorium Rameau
Heinz Holliger (t)air(e), pour flûte seule
Kaija Saariaho NoaNoa, pour flûte et électronique
Philippe Manoury Jupiter, pour flûte et électronique
Premier volet du portrait consacré à Philippe Manoury,
ce récital est bâti autour d'une pièce maîtresse du répertoire pour
instrument et électronique : Jupiter.
Composée en 1987, cette œuvre s'appuie sur les
recherches que le compositeur a menées à l'Ircam autour de l'interaction
homme-machine. Un dispositif sophistiqué est ici mis en jeu, qui offre au
compositeur des ressources nouvelles pour développer son imagination
autour de l'extension, dans l'espace et le temps, de l'écriture
musicale.
Gilles Burgos a choisi d'ouvrir son récital par une
pièce de Heinz Holliger. Ce compositeur met en valeur dans (t)air(e) les
nombreuses possibilités sonores de la flûte, révélées par les nouvelles
techniques de jeu.
Le dispositif informatique utilisé dans NoaNoa est plus
simple que celui de Jupiter. Il n'entre pas dans la structure formelle de
l'œuvre mais participe plutôt de la couleur poétique. Il prolonge en
échos, réverbérations, dédoublements, la partie instrumentale et épouse
l'univers sensible et raffiné de la compositrice.
En présence de Philippe Manoury et de Laurent Cuniot.
Réalisateurs en informatique musicale et développement logiciel Ircam :
Xavier Chabot, Jean-Baptiste Barrière, Marc Battier, Cort Lippe
Production TM+ avec le soutien de l'Ircam-Centre
Pompidou — 8 rue des anciennes-mairies. RER A, arrêt Nanterre-ville.
Renseignements, réservations : Catherine Navarro, au 01 41 37 52 18.
contact@tmplus.org - Plein tarif :
10 €. Tarif réduit (abonnés Ircam, TM+ et cartes nanterriens) : 5 €
http://www.tmplus.org/
Gilles
Burgos
Refusant les étiquettes et les spécialisations
abusives, Gilles Burgos, après avoir reçu un Premier Prix de flûte et de
musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Paris dans les
classes de Jean-Pierre Rampal et Christian Lardé, se consacre à l'étude
des répertoires de la flûte sur les instruments originaux, de la flûte
Hotteterre à la flûte Boehm, conciliant dans une même démarche de
recherche musicologie et création contemporaine, privilégiant le
répertoire soliste et la musique de chambre.
En 1978, il rejoint l'Ensemble Kaleidocollage, ensemble
dédié à la musique de chambre du 20ème siècle, formation du Pierrot
Lunaire de Schoenberg, dont il sera membre jusqu’en 1998.
Il collabore autant pour les concerts que pour les
enregistrements avec la plupart des formations de musique contemporaine
:
L'Itinéraire de 1986 à 1993, l’Ensemble Der blaue
Reiter (depuis 1998), et, plus épisodiquement, avec l’Ensemble Modern
(Frankfurt am Main), 2e2m, GERM, l’Ensemble Intercontemporain...
Sa complicité avec Laurent Cuniot, forgée sur les bancs
du CNSM, le conduit à s’impliquer dès le début dans l’aventure de TM+.
Il poursuit parallèlement une carrière de soliste en
travaillant notamment avec le harpiste Pierre-Michel Vigneau, les
pianistes Alain Neveux, Gery Moutier, Marie Paule Siruguet, et les
guitaristes Eric Franceries et Sylvie Burgos. Il est également soliste de
la fondation Cziffra. Il a été primé aux Concours Internationaux de Genève
et Paris.
Pédagogue et formateur, Gilles Burgos enseigne
actuellement la flûte moderne et le traverso au Conservatoire à
rayonnement départemental de Musique et de Danse d'Evry.
Il est aussi en charge de la Méthodologie de
l’Enseignement de la flûte au sein du Département Formation à
l’Enseignement du CNSM de Paris.
Le palmarès des victoires
de la musique classique
Révélation de l'année artiste lyrique : Thomas Dolié,
baryton
Révélation de l'année soliste instrumental : David
Greilsammer, piano
Artiste lyrique de l'année : Rolando Villazon,
ténor
Soliste instrumental de l'année : Jean-Guihen Queyras,
violoncelle
Ensemble de l'année : Accentus, direction Laurence
Equilbey
Compositeur de l'année : Eric Tanguy, « In terra pace
»
Enregistrement de l'année : « Carestini, histoire d'un
castrat » par Philippe Jaroussky (Virgin/EMI)
DVD de l'année : « Jeanne d'Arc au bûcher » de Honegger
avec Sylvie Testud comme récitante, direction Alain Altinoglu, mise en
scène Jean-Paul Scarpitta, réalisation Don Kent
(Accord/Universal)
Victoires de la musique classique 2008
:
la Ville rose aux couleurs russes
Toulouse s'était mise aux couleurs de la musique russe
en accueillant mercredi les 15e Victoires de la musique classique, qui ont
tenté d'élargir leur audience avec quelques stars, sur fond de
mobilisation concernant l'avenir de l'audiovisuel public et de la
culture.
La principale émission de musique classique à la
télévision était animée par un tandem désormais habituel (Marie Drucker et
Frédéric Lodéon) et diffusée sur France 3 et France Inter en direct.
Face à la grève très suivie mercredi sur l'audiovisuel
public en raison du projet de suppression de la publicité, l'émission a pu
être maintenue grâce au recours à des moyens techniques privés, selon les
organisateurs.
Par la voix de l'un de ses musiciens, l'Orchestre
national du Capitole de Toulouse — l'accompagnateur de la soirée, qui
a reçu une Victoire d'honneur — a dit sa solidarité avec les salariés
de l'audiovisuel public, qui doit avoir « des moyens pour la création
».
La soirée, à la Halle aux grains, résidence de
l'Orchestre du Capitole, a conservé sa tonalité politique quand ce
musicien a dénoncé l'annonce d'une « diminution » du budget de plusieurs «
orchestres, maisons d'opéras et d'un certain nombre de structures
culturelles », ce qu'il a jugé « pas digne d'un pays qui entend mener une
politique de civilisation ».
Côté palmarès, « le plus grand concert classique de
l'année » a une nouvelle fois honoré sa mission de tremplin sans
équivalent pour de jeunes talents, même si l'audience de l'émission est
passée sous la barre des deux millions de téléspectateurs (1,9) en
2007.
Le pianiste franco-américain d'origine israélienne
David Greilsammer a été élu par le public révélation soliste instrumental
de l'année. Le même jury populaire a sacré le baryton Thomas Dolié
révélation artiste lyrique.
Le contre-ténor Philippe Jaroussky a confirmé que les
Victoires lui réussissent puisqu'il a été primé dans la catégorie
enregistrement (album Carestini), après avoir été sacré révélation (2004)
puis artiste lyrique de l'année (2007).
Mais le chanteur, qui fêtait ses 30 ans mercredi,
n'était pas là pour recevoir son trophée. Autre absent de taille, le ténor
franco-mexicain Rolando Villazon, sacré « artiste lyrique de l'année »
alors qu'il a passé quatre mois à l'écart des scènes, fin 2007, en raison
d'un surmenage vocal. Nommée dans la même catégorie, la soprano Sandrine
Piau, elle, était là et a chanté, mais est repartie bredouille.
Le violoncelliste Jean-Guihen Queyras a été fait
soliste instrumental de l'année, et « Jeanne d'Arc au bûcher », avec la
comédienne Sylvie Testud en récitante, a été désigné meilleur DVD.
Pour le reste, le palmarès a emprunté des chemins
connus. Eric Tanguy a reçu la Victoire du meilleur compositeur, comme en
2004. Après 2002 et 2005, le choeur de chambre Accentus de Laurence
Equilbey a pour sa part obtenu sa troisième couronne au titre de
l'ensemble de l'année.
La soirée avait pour « fil rouge » la musique russe. Un
clin d'oeil au jeune chef télégénique de la formation toulousaine, Tugan
Sokhiev, originaire d'Ossétie du nord, qui a joué Glinka et accompagné la
prodige du violon allemande Julia Fischer dans Tchaïkovski.
Deux autres Russes ont été distingués : le «
violoncelliste du siècle » Mstislav Rostropovitch, grand disparu de
l'année auquel un hommage a été rendu, et le pianiste Evgueny Kissin, qui
a reçu une Victoire d'honneur.
Le Châtelet reporte en 2009
l'opéra-installation « Le Facteur temps »
Le Théâtre du Châtelet à Paris a retiré de son affiche
2007-2008 le spectacle « Le Facteur temps », qui devrait être reprogrammé
en 2009, a-t-on appris jeudi auprès de l'institution, qui invoque des «
contraintes d'ordres technique et financier ».
« Le Facteur temps », sorte d'« opéra-installation »
conçu par une équipe de 14 plasticiens, dont l'Américain Matthew Barney et
le Danois Olafur Eliasson, devait être initialement donné lors de trois
représentations jeudi, vendredi et samedi soir.
Ce spectacle-performance a été créé en juillet 2007 au
Festival de Manchester (Grande-Bretagne).
« La performance de Manchester a révélé des dizaines de
problèmes techniques. Pour les résoudre, il nous manque 300.000 euros.
Nous n'avons trouvé aucun mécène », explique le directeur général du
Châtelet, Jean-Luc Choplin, cité dans un article du quotidien Le Monde
daté de vendredi.
Dans les mêmes colonnes, le plasticien suisse Hans
Ulrich Obrist, l'un des concepteurs du projet, juge « dommage qu'une
institution parisienne traite avec un tel mépris des artistes de cette
envergure ».
Le Châtelet dispose d'un budget annuel de près de 30
millions d'euros grâce à la récente actualisation (+ 400.000 EUR) de la
subvention de la ville de Paris (environ 17,5 M EUR), mais son financement
demeure tendu.
La saison dernière, M. Choplin avait déjà invoqué des «
raisons techniques et financières » pour remplacer la « Carmen » de Bizet
mise en scène par Sandrine Anglade par une production moins coûteuse,
louée au Staatsoper de Berlin.
Ce remplacement inhabituel à quelques semaines du début
des répétitions a connu un écho médiatique et judiciaire. L'affaire est
d'ailleurs toujours pendante devant les tribunaux, la jeune metteur en
scène jugeant son limogeage « abusif ».
Tous à l'Opéra : contre le soupçon
d'élitisme,
l'art lyrique joue l'ouverture
Une trentaine de théâtres en France participeront
samedi à la deuxième journée « Tous à l'Opéra ! », opération portes
ouvertes parrainée par le ténor Roberto Alagna et destinée à montrer, de
manière éclectique voire ludique, que l'art lyrique n'est pas réservé à
une élite.
Comme en 2007, cette manifestation initiée par la
Réunion des Opéras de France (ROF) sera la déclinaison française des «
Journées européennes de l'opéra », qui tiendront également leur deuxième
édition du 15 au 17 février dans une vingtaine de maisons de 14 pays (hors
France).
Lors de la première édition de « Tous à l'Opéra ! » en
février 2007, pour le 400e anniversaire de la création de l'« Orfeo » de
Monteverdi — chef-d'oeuvre fondateur du genre lyrique —, près de
75.000 visites avaient été enregistrées.
La fréquentation devrait être supérieure cette année
puisque le nombre d'établissements participant à l'opération est passé de
25 à 28. Les absents sont rares : l'Opéra national du Rhin, l'Opéra de
Lille — pour incompatibilité de plannings — et le Théâtre du
Châtelet à Paris, dont la programmation est aujourd'hui en partie sortie
du cadre lyrique.
La présentation de cette 2e édition avait eu lieu en
décembre sur fond d'inquiétudes dans plusieurs maisons d'opéra en région,
qui craignaient pour 2008 un gel partiel voire une diminution des crédits
de l'Etat.
Depuis, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a
affirmé que « le financement du réseau national » du spectacle vivant en
2008 serait « comparable à celui de 2007 », et a inclus dans sa promesse
la trentaine de maisons d'opéra que compte le pays.
« On a été globalement rassurés mais on reste
extrêmement prudents, on attend de voir l'après-municipales », indique à
l'AFP le chef d'orchestre Jean-Yves Ossonce, directeur de l'Opéra de
Tours, qui avait sonné l'alerte sur les subventions en novembre
dernier.
Les théâtres lyriques français se préparent donc à
ouvrir leurs portes dans une ambiance relativement apaisée.
« Tous à l'Opéra ! » proposera une découverte des
bâtiments et des corps de métiers lyriques, notamment techniques, avec par
exemple à Lyon, Toulouse et Marseille des présentations de costumes,
accessoires et maquettes de décors.
Cette 2e édition, relayée à la radio (France Musique)
et à la télévision (France 3, Arte, Mezzo...), donnera un coup de
projecteur sur la voix : ainsi, l'Opéra national de Bordeaux dédiera la
journée à son choeur. Plusieurs maisons joueront la carte de
l'interactivité avec un public souvent invité à chanter, jouer ou danser,
comme à l'Opéra de Rennes.
Après la soprano Natalie Dessay en 2007, c'est le plus
populaire des artistes lyriques français, Roberto Alagna, qui a accepté de
parrainer l'opération.
« Il faut montrer au grand public que l'opéra est
accessible à tous », expliquait le chanteur il y a quelques semaines. «
J'en suis la preuve : je suis d'origine très modeste, mais j'ai quand même
réussi à y entrer (dans des maisons d'opéra, NDLR) », ajoutait le
ténor.
Reste à connaître l'impact d'une telle opération sur la
fréquentation à l'année des maisons d'opéra.
« L'an dernier, on a reçu lors de Tous à l'Opéra ! un
public majoritairement inconnu de nos maisons. Par la suite, un peu plus
de places ont été vendues », assure le président de la ROF, Laurent
Hénart.
« Mais on s'aperçoit qu'on n'élargit pas le public si
la politique n'est pas continue : il faut répéter ces journées portes
ouvertes mais ne pas s'en contenter », estime-t-il. Renseignements :
http://www.tous-a-lopera.fr
Diana Krall, Gary Burton, George
Benson
au prochain Nice Jazz Festival
Des légendes du jazz et du blues comme Gary Burton, Pat
Metheny, John Mayall, George Benson associés à des artistes de la scène
actuelle comme Stacey Kent et Diana Krall seront à l'affiche du Nice Jazz
Festival de l'été 2008, partiellement dévoilée jeudi par son nouvel
organisateur.
La société de production Gérard Drouot a souhaité «
recentrer la manifestation sur le jazz avec des artistes de renommée »
pour établir une programmation « au même niveau que Marciac et Vienne »,
les deux grands festivals de jazz de l'été en France. Gérard Drouot a été
désigné en décembre pour succéder à Viviane Sicnasi Productions aux
commandes du festival durant six ans.
Le festival programmera également, du 19 au 26 juillet,
la chanteuse Barbara Hendricks avec une formation jazz, le quintet du
violoniste Nigel Kennedy avec le violoniste français Jean-Luc Ponthy,
Stefano Di Batista, Michel Portal et le trompettiste Ibrahim Maalouf.
Aux frontières du jazz et du blues figureront les noms
de Paul Personne avec Thiéfaine, Pink Martini, Sanseverino, Alain Bashung,
Rufus Wainwright.
Avec un budget artistique de plus d'un million d'euros,
l'organisateur a indiqué, lors d'une conférence de presse, être encore en
négociation avec deux « grandes stars ».
Malgré des tarifs en légère hausse, l'objectif est de
dépasser les 30.000 spectateurs payants en 2008 et d'atteindre 35.000 à
40.000 entrées d'ici trois ans, des chiffres « jamais atteints » lors des
précédentes éditions selon Gérard Drouot.
Viviane Sicnasi productions avait annoncé une
fréquentation de 40.668 spectateurs pour l'édition 2007.
Bruxelles s'inquiète
de la retraite des rock-stars
La Commission européenne s'inquiète de la retraite des
musiciens et des chanteurs : elle a annoncé jeudi vouloir protéger
davantage les interprètes musicaux en doublant la durée de leurs
droits.
« J'ai l'intention de présenter une proposition pour
étendre la protection des droits pour les interprètes européens de 50 à 95
ans », a indiqué Charlie McCreevy, le commissaire au Marché intérieur,
lors d'une conférence de presse.
« Je ne vois pas de raison convaincante justifiant
qu'un compositeur bénéficie d'une protection de ses droits pendant toute
sa vie et 70 ans après, alors qu'un interprète ne voit ses droits protégés
que pendant 50 ans, ce qui ne couvre souvent même pas sa vie entière »,
s'est justifié M. McCreevy.
« Nous ignorons bien souvent l'auteur de notre chanson
préférée, mais nous connaissons en général le nom de l'interprète »,
a-t-il relevé.
Le commissaire a toutefois reconnu penser moins aux «
artistes de renom tels que Cliff Richards ou Charles Aznavour » qu'aux «
milliers de musiciens de studios anonymes » qui ont enregistré dans les
années cinquante et soixante, et dont les redevances constituent souvent
leur seule retraite.
L'association AEPO-ARTIS, qui fédère plusieurs
organisations d'interprètes au niveau européen et avait proposé un tel
allongement, s'est félicitée que Bruxelles reconnaisse la « plus-value
créative apportée par les interprètes », au même titre que les
compositeurs.
Aux Etats-Unis, il est déjà possible de protéger les
droits d'un interprète pendant 95 ans. Dans l'UE, la durée a été fixée à
50 ans par une directive de 1993.
En Grèce toutefois, les droits des interprètes durent
au-delà de 50 ans, durant toute la vie de l'interprète.
Et en France, la justice avait reconnu en novembre à
Henri Salvador un droit moral, comme auteur mais aussi comme interprète,
sur ses chansons de plus de 50 ans. Elle avait accordé 85.000 euros de
dommages-intérêts au chanteur qui s'offusquait que des chansons tombées
dans le domaine public soient rééditées sans son autorisation.
« Certaines choses méritent d'être éclaircies » dans
les propositions de M. McCreevy, a toutefois noté Guenaelle Collet de
l'APOS-ARTIS.
Le commissaire suggère par exemple, sans détailler, que
les maisons de disques créent, pour rémunérer les musiciens de studio, un
fonds qui leur réserverait « au moins 20% des recettes au cours de la
période prolongée ».
La Commission veut adopter le projet final avant
l'été.
M. McCreevy veut parallèlement relancer le débat
concernant les taxes sur la copie privée, appliquées selon les pays sur
les appareils permettant de réaliser les copies (ordinateurs, lecteurs
MP3, etc.) ou les supports (CD). Les montant sont reversés aux auteurs et
interprètes.
« Il ne peut être question de remettre en cause la
compensation pour copie privée due aux titulaires des droits. Cependant il
est nécessaire de revoir la manière dont ces redevances sont prélevées en
pratique », a noté jeudi M. McCreevy, suggérant d'« appliquer les
redevances proportionnellement à la perte causée par la copie privée
».
« Les interprètes resteront extrêmement vigilants sur
la question », a prévenu Guenaelle Collet. « Il ne faut pas qu'une annonce
se fasse au détriment d'une autre. »
« Il n'y a pas d'alternative viable aux redevances sur
la copie privée », mais « des petits ajustements à faire », a estimé
Véronique Desbrosses, secrétaire générale du groupement européen des
sociétés d'auteurs et compositeurs (Gesac). Elle a accueilli favorablement
le fait que la Commission consulte l'industrie.
En 2006, M. McCreevy avait déjà préparé une
recommandation suggérant de supprimer les taxes sur la copie privée.
Devant le tollé dans les milieux artistiques, qui n'avaient pas été
consultés, le projet avait été reporté sine die.
Actualités musicales du 16 février 2008
L'Ircam joue la carte du fado
pour adoucir son image
L'Ircam tente de corriger son image d'institut aux
recherches musicales pointues voire arides et d'« élargir ses esthétiques
», comme en témoigne la création d'une oeuvre où le compositeur
contemporain Stefano Gervasoni rencontre l'univers de la chanteuse de fado
Cristina Branco.
« Com que voz » sera donnée dimanche en première
mondiale à Porto (Portugal) puis en Allemagne les 20 février (Francfort)
et 10 mars (Berlin), avant d'être jouée en juin dans le cadre du festival
Agora de l'Ircam au Châtelet à Paris (le 11) et enfin à Bruxelles (le
13).
Cette pièce « pour deux voix, grand ensemble et
électronique » est naturellement basée sur ce qui fait la notoriété de
l'Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam)
depuis une trentaine d'années: le recours à l'informatique musicale.
Mais cette « oeuvre ample », dirigée par Franck Ollu à
la tête de l'Ensemble Modern de Francfort, constitue une « tentative tout
à fait nouvelle » pour l'institut fondé en 1970 par le compositeur Pierre
Boulez, figure tutélaire de l'avant-garde musicale en France.
« On confronte une chanteuse de tradition orale
(Cristina Branco) qui ne lit pas la musique avec un baryton (Frank Wörner)
qui la lit et un ensemble électronique. Par là-même, on croise des publics
qui ne sont pas appelés à se rencontrer », explique à l'AFP le directeur
de l'Ircam, Frank Madlener.
« Cristina Branco sera accompagnée par sa propre voix
transformée, elle a accepté de jouer le jeu », se réjouit-il en soulignant
que cet objet sonore inédit ne reniait pas « l'expressivité et la douleur
du fado ».
Cette aventure illustre en tout cas le projet
artistique de Frank Madlener, à la tête de l'Ircam depuis janvier 2006.
Tout en maintenant la réputation scientifique d'un institut qui est l'un
des plus grands centres dans le monde dédiés à la recherche et à la
création musicales, le directeur souhaite en « élargir les esthétiques
».
« Il y a eu une standardisation, dans ce que faisait
l'Ircam, autour du format pièce solo avec électronique : aujourd'hui, on
doit ouvrir le champ. Dans les années qui viennent, il s'agira de faire
peut-être moins de projets, mais des projets plus forts, scéniques
notamment », souligne Frank Madlener.
Lieu de formation célèbre pour son cursus international
pour compositeurs, l'Ircam souhaite mieux mettre en avant « quatre ou cinq
» de ces créateurs, tout en apportant une attention particulière aux
interprètes, qui ont pu être par le passé un peu occultés par
l'institution.
Pour élargir son horizon, l'établissement mise aussi
sur des partenariats (écoles supérieures étrangères, studio des arts
visuels Le Fresnoy...), le développement de ses actions éducatives et une
meilleure articulation avec le Centre Pompidou — dont il est un «
institut associé » — et ses 5,5 millions de visiteurs en 2007.
Et l'institution publique veut en finir avec une « idée
reçue » — elle serait « budgétivore » — qui brouille son
image.
« L'Ircam n'est pas une pompe à fric puisqu'elle en
produit », fait valoir Frank Madlener, qui met en avant, sur un budget
supérieur à 10 millions d'euros, 35% de recettes propres, notamment grâce
à l'activité de ses 90 chercheurs.
« Luisa Miller » de Verdi
retrouve l'Opéra de Paris
dans une imagerie figée
Après 25 ans d'absence, « Luisa Miller » de Verdi est
revenu jeudi soir à l'affiche de l'Opéra de Paris dans une nouvelle
production, plutôt fraîchement accueillie, du Belge Gilbert Deflo, qui
traite ce drame intime de l'amour empoisonné par une imagerie sulpicienne
et figée.
Créé à Naples en 1849, cet opéra en trois actes a été
joué au Palais Garnier seulement en 1983, dans une production qui a fait
l'objet d'une série de huit représentations — avec Luciano Pavarotti
— sans se maintenir au répertoire de la maison.
Un quart de siècle plus tard, le directeur de l'Opéra
de Paris, Gerard Mortier, tente de réhabiliter dans la capitale française
l'ouvrage de Verdi — l'un de ses compositeurs préférés — en en
confiant la mise en scène, à l'Opéra Bastille, à son compatriote et
compagnon de route Gilbert Deflo.
Dès l'ouverture, moment fort d'une partition qui accuse
quelques faiblesses par ailleurs, le ton du spectacle est donné par
l'apparition de l'inscription « Luisa Miller » en lettres gothiques.
Gilbert Deflo oppose le monde féodal du tyrannique
comte Walter, sous de sombres arcs gothiques, aux couleurs pastel de la
ruralité populaire et bucolique (le chalet, les montagnes du Tyrol) des
Miller.
Le livret est tiré de la pièce « Intrigue et Amour » de
Schiller; le metteur en scène semble lui s'abreuver aux sources du
romantisme allemand au premier degré et avec naïveté.
Les décors de l'Italien William Orlandi se laissent
voir derrière un cadre arrondi, ce qui renforce l'impression d'un
spectacle sous cloche, manquant de souffle, tandis que la direction
d'acteur s'avère désespérément statique.
Il faut attendre le IIIe acte pour que la scène prenne
vie, mais le mérite en revient au drame noué par le livret et la musique,
quand les amants Luisa (la fille de Miller) et Rodolfo (le fils du comte)
achèvent leur histoire d'amour pure, contre les intrigues du clan Walter,
dans le poison mortel.
Sous l'ère Mortier, l'Opéra de Paris a tout de même
habitué son public à davantage d'audace scénique.
Reste la distribution, qui n'est pas secondaire. Petit
format un peu perdu dans l'immensité de Bastille, la soprano américaine
Ana Maria Martinez fait une Luisa sensible, à laquelle répond le Rodolfo
du ténor mexicain Ramon Vargas, toujours sûr de style.
La basse russe Ildar Abdrazakov (Walter) et la mezzo
espagnole Maria José Montiel ne ratent pas leurs débuts à l'Opéra de
Paris, de même que le chef italien Massimo Zanetti, bel animateur d'un
orchestre maison en bonne forme, à l'image d'une clarinette solo fluide
comme l'ondine.
« Luisa Miller » sera donné neuf autres fois jusqu'au
12 mars, retransmis le 8 en direct sur France Musique ainsi que sur
d'autres antennes de l'Union européenne de radio et capté en vue d'une
diffusion ultérieure sur France 3.
Actualités musicales du 18 février 2008
Retour en Hollande, à 104 ans,
du chanteur des nazis, Johan Heesters
Johan Heesters, qui a 104 ans est selon le livre
Guinness des records le plus vieux chanteur à faire encore de la scène, a
fait un retour sous haute sécurité samedi dans ses Pays-Bas natals, qui ne
lui ont pas pardonné d'avoir fait carrière grâce aux nazis.
Une centaine de protestataires se sont retrouvés devant
le théâtre De Flint de sa ville natale d'Amersfoort, à une cinquantaine de
kilomètres à l'est d'Amsterdam, mais le concert s'est finalement déroulé
calmement, devant quelque 600 personnes, a rapporté l'agence néerlandaise
de presse ANP.
Le théâtre où cet interprète d'opérettes et de chansons
sentimentales s'est produit avait annoncé avoir installé des portiques de
sécurité à l'entrée, organisé des contrôles d'identité obligatoires, et
averti que « tout comportement pouvant troubler l'ordre » serait
réprimé.
Parmi ces « comportements » figurait la tenue
vestimentaire: des appels circulaient sur internet pour que les
protestataires viennent en uniforme de nazis, qui ont lancé la carrière
d'Heesters.
« Si votre tenue présente un caractère démonstratif ou
choquant, l'accès vous sera refusé », a précisé le théâtre.
En 1963, lors de sa dernière tentative pour chanter aux
Pays-Bas, Johan Heesters avait été chassé de scène par le public du
théâtre Carré d'Amsterdam, debout le bras tendu pour un salut
hitlérien.
Samedi, la caricaturiste du quotidien amstellodamois
Het Parool montrait le chanteur saluant ainsi son public.
En guise de protestation, un concert d'oeuvres de
musiciens morts dans des camps de concentration avait été organisé samedi
soir à Amersfoort.
Heesters a débuté sur scène à 17 ans à Amsterdam. En
1934, il obtint un contrat à Vienne, et un an plus tard à Berlin, où il
devint la coqueluche des nouveaux maîtres du Reich, notamment
d'Hitler.
Sans jamais perdre un accent néerlandais prononcé, il a
après la guerre fait toute sa carrière en Allemagne, et réside en
Bavière.
Actualités musicales du 19 février 2008
« Tous à l'Opéra ! » :
près de 90.000 visiteurs
dans 28 théâtres lyriques
La deuxième journée « Tous à l'Opéra ! » a attiré
samedi près de 90.000 visiteurs dans les 28 théâtres lyriques de France
participant à cette opération portes ouvertes, a annoncé lundi la Réunion
des Opéras de France (ROF) dans un communiqué.
L'édition 2008 « confirme un véritable engouement pour
l'art lyrique et ses métiers », affirme la ROF, qui note « une
fréquentation en hausse de 20% par rapport à 2007 ».
Les organisateurs ont comptabilisé 12.000 personnes à
Paris dont 7.500 au Palais Garnier, 10.000 à Toulouse, 9.500 à Bordeaux,
7.000 à Lyon, 6.000 à Marseille, 4.000 à Tours et à Nice, 3.500 à Vichy ou
Massy, plus de 2.000 à Nancy et Toulon et plus de 1.000 à Avignon,
Limoges, Longjumeau et Rennes.
Le président de la ROF Laurent Hénart, cité dans le
communiqué, se « félicite du succès de l'initiative qui confirme sa
pertinence: les Opéras sont des lieux ouverts à tous et le succès
populaire de cette manifestation prouve qu'ils peuvent trouver de nouveaux
auditoires ».
« Compte tenu de cette réussite », M. Hénart « estime,
à l'aune des +Entretiens de Valois+ (sur le spectacle vivant, lancés le 11
février, NDLR), que les Opéras en région méritent, de la part de l'Etat,
une politique de fond et un investissement dans la durée et, de la part
des collectivités territoriales, le renouvellement de leurs engagements
».
La troisième édition de « Tous à l'Opéra ! » aura lieu
samedi 9 mai 2009, par ailleurs Journée de l'Europe. La manifestation
s'inscrira une nouvelle fois dans le cadre des Journées européennes de
l'Opéra, qui ont également tenu leur deuxième édition ce week-end dans une
vingtaine de maisons de 14 pays (hors France).
Un important axe routier transformé
en « autoroute de l'amour »,
pour la Love Parade 2008
L'un des plus importants axes routiers d'Allemagne et
d'Europe, la B-1, sera transformé en « autoroute de l'amour » le 19
juillet prochain à l'occasion de la Love Parade qui aura lieu à Dortmund,
selon un porte-parole de la manifestation.
Plus d'un million de fans de musique électronique sont
attendus dans la Ruhr du 17 au 20 juillet prochains. La Love Parade, qui
s'est déroulée à Berlin jusqu'en 2006, a eu lieu à Essen l'an dernier. Et
elle fera étape à Bochum, Duisbourg et Gelsenkirchen dans les années à
venir.
La B-1, qui est sur ce tronçon une voie rapide, est
empruntée chaque jour par près de 100.000 véhicules. « La Love Parade 2008
entrera dans l'Histoire du seul fait d'avoir élu domicile sur cette route
», s'est réjoui le maire social-démocrate (SPD) de Dortmund, Gerhard
Langemeyer.
Actualités musicales du 20 février 2008
Décès de la danseuse Natalia
Bessmertnova,
une des étoiles du Bolchoï
La danseuse russe Natalia Bessmertnova, une des étoiles
du Bolchoï pendant plus de trente ans, est décédée dans la nuit de lundi à
mardi des suites d'une longue maladie, a annoncé mardi le théâtre du
Bolchoï.
« Elle est décédée dans un hôpital de Moscou après une
longue et difficile maladie », a indiqué le Bolchoï sur son site.
Un porte-parole du théâtre a précisé à Interfax qu'elle
était morte dans la nuit de lundi à mardi.
Avec Maïa Plissetskaïa et Galina Oulanova (également
décédée), elle a fait les beaux jours de la danse soviétique durant l'âge
d'or du Bolchoï.
« Dieu lui avait tout donné pour qu'elle devienne la
muse du ballet classique », a déclaré le directeur général du Bolchoï,
Anatoly Iksanov. « Rien que sur ses mains étonnantes, ses mains longues et
poétiques, les critiques écrivaient des pages entières », a-t-il dit.
Née à Moscou le 19 juillet 1941, elle avait intégré
l'école du Bolchoï d'où elle était ressortie avec la note la plus élevée
possible, une première dans l'histoire de l'institution.
A partir de 1961 et de son entrée dans le corps de
ballet du Bolchoï, elle en devient une des étoiles et se produit partout,
en URSS, comme en Occident.
Mariée au chorégraphe Iouri Grigorovitch, qui dirigera
près de 30 ans durant le Bolchoï, elle fait sensation en 1975 dans « Ivan
le Terrible », un ballet qui la fait connaître à l'Ouest.
Technicienne aux ralentis spectaculaires, aussi à
l'aise dans les rôles dramatiques que dans les rôles lyriques, elle
s'impose dans ses interprétations de « Roméo et Juliette », « Don
Quichotte » ou de « Gisèle » qui lui vaut sa promotion comme danseuse
étoile.
Quand plusieurs artistes soviétiques font défection,
comme Roudolf Noureev en 1961, Natalia Bessmertnova fait le choix de la
loyauté à l'URSS.
En 1979, elle interprète à Stockholm « Le lac des
cygnes », avec Valeri Anissimov. Plusieurs chorégraphes passent alors à
l'Ouest. « Je suis persuadée que leur pouvoir créateur et leur
développement artistique ne peuvent que s'en ressentir », déclare-t-elle à
l'époque.
En 1986, elle reçoit le prix Lénine pour l'ensemble de
sa carrière.
Après 1991 et la chute de l'URSS, le Bolchoï, soumis
aux mêmes difficultés financières que le reste du pays, périclite.
Les années 90 marquent aussi le déclin de Bessmertnova
qui donne son dernier spectacle, « Gisèle », en 1994.
Elle enseigne ensuite au Bolchoï, jusqu'à sa démission
en signe de solidarité avec son mari, chassé du Bolchoï par ceux qui lui
reprochent son classicisme et son conservatisme. Elle dit alors « refuser
d'être témoin de la mort de ce trésor de l'art russe ».
En 2001, elle revient au Bolchoï où elle enseignera
encore quelques années.