Musicologie.org
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil
01 55 86 27 92 Contact
Actualités musicales
1er - 10 février 2008
Actualités musicales du 1er février 2008
L'Orchestre de Paris retrouve
Daniel Barenboïm comme pianiste
Après une longue absence, Daniel Barenboïm a retrouvé
mercredi soir comme pianiste l'Orchestre de Paris, dont il a été le
directeur musical de 1975 à 1989, lors d'un concert à la salle Pleyel,
pleine de la foule des grands jours.
Au premier rang d'une assistance enthousiaste, on
remarquait la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, la princesse
Caroline de Hanovre et son époux, ainsi que le surintendant de la Scala de
Milan, Stéphane Lissner, qui, au finale, ont applaudi debout le pianiste
israélien.
Ce dernier a interprété, sous la direction de
l'Allemand Christoph Eschenbach, « patron » de l'Orchestre de Paris, la
partie soliste du romantique premier concerto de piano de Brahms, qu'il
devait redonner lors d'un deuxième concert jeudi soir.
Le public parisien a retrouvé avec un plaisir non
dissimulé le toucher à la fois délié et vigoureux du pianiste, son extrême
précision dans les contrastes, sa large palette expressive et la chaleur
de son jeu.
Barenboïm, visiblement ému de l'accueil qui lui était
réservé, a dédié un bis — une pièce de Liszt — « d'abord à
l'orchestre, puis à vous tous », en s'adressant au public de Pleyel,
évoquant les « quinze ans de bonheur » que furent ses années avec les
musiciens de l'Orchestre de Paris.
Depuis son départ de la direction musicale de cette
formation en 1989, Barenboïm a collaboré avec elle seulement comme
pianiste en décembre 1990 et comme chef en 1992 et 1993 au Châtelet pour
un mémorable « Wozzeck » de Berg mis en scène par Patrice Chéreau.
Un Patrice Chéreau qu'il a retrouvé en décembre 2007
pour « Tristan et Isolde » de Wagner à la Scala de Milan, avec laquelle il
commence une collaboration en tant que « maestro scaligero » (« maestro de
la Scala », soit l'équivalent de premier chef invité).
Depuis 1992, Barenboïm est directeur musical du
Staatsoper Berlin où il a reçu en mars 1997 l'Orchestre de Paris dans le
cadre du Festival de Berlin.
Il doit revenir à Paris à l'été 2009 avec son
West-Eastern Divan Orchestra, composé de jeunes musiciens d'Israël et du
Moyen-Orient, et comme invité de l'Orchestre de Paris.
Disparition de Madeleine Milhaud.
Elle était âgée de 105 ans
Madeleine Milhaud, veuve et muse du compositeur Darius
Milhaud mort en 1974, est décédée le 17 janvier à 105 ans
Née le 22 mars 1902, celle qui s'illustra comme
comédienne au théâtre et à la radio avait épousé en 1925 Darius Milhaud,
son cousin germain, avec lequel elle avait eu un fils, le sculpteur Daniel
Milhaud.
Elle s'était mise au service de ce mari qu'elle
vénérait et dont elle se disait modestement la « muse ménagère ».
Grand témoin de la vie musicale au XXe siècle, elle a
également côtoyé quelques-uns des plus grands représentants de la
littérature, de la peinture, du théâtre et de la musique de son époque,
ses amis s'appelant Cocteau, Léger, Claudel, Stravinsky, Satie, Picasso ou
encore Diaghilev.
Comme comédienne, elle avait notamment joué dans Le
Piège de la méduse, pièce pré-dadaïste d'Erik Satie, qu'elle mit en scène
en 1966.
Interrogée par la journaliste Mildred Clary à
l'occasion de son centenaire, Madeleine Milhaud avait raconté son parcours
exceptionnel dans Mon XXe siècle, chez Bleu nuit éditeur, maison d'édition
qui a annoncé son décès le 28 janvier.
Pour ses 90 ans, Michel Dieuzaide avait consacré un
documentaire à celle qui, malgré son âge avancé, travaillait encore sur
l'oeuvre de son mari, classant archives et photos ou conseillant des
interprètes dans l'interprétation de ses mélodies.
Intermittents spoliés :
la Cour des comptes critique
la gestion de leurs congés payés
La gestion de la caisse de congés payés des
intermittents du spectacle, les « congés spectacles », est critiquée dans
un pré-rapport de la Cour des comptes révélé par le mensuel Capital paru
jeudi et dont l'AFP a obtenu une copie.
Selon un « relevé d'observations provisoires » de la
Cour portant sur les exercices 2003 à 2005, cette caisse de congés payés
créée en 1939 « ne remplit pas correctement » son « objectif premier »,
qui est d'assurer « le versement rapide et complet » aux artistes et
techniciens intermittents de leurs indemnités de congés payés.
La Cour estime que le système des « congés spectacles »
a pour effet de « ralentir au-delà du raisonnable la perception des
indemnités dues », « empêcher le versement de plus de 8% de leur montant,
soit chaque année quelque 16 millions d'euros » et « désorienter ou
décourager en priorité les intermittents percevant les rémunérations les
plus faibles ».
La caisse, gérée par les seuls employeurs, aurait aussi
« éludé le paiement de certaines charges sociales ou fiscales », notamment
en pratiquant jusqu'en 2001, à raison de 2 millions d'euros par an, des
abattements indus sur les indemnités de 15.000 techniciens du
spectacle.
En outre, elle aurait « prêté consciemment son concours
au prélèvement d'une cotisation additionnelle » permettant notamment « de
financer, à l'insu des contributeurs, quelques centaines de milliers
d'euros par an de dépenses courantes de deux organisations syndicales
».
De manière plus anecdotique, la Cour s'étonne de
certaines incongruités dans le fichier des bénéficiaires de la caisse, où
elle relève les noms de Bourvil (décédé en 1970), Joe Dassin (1980),
Simone Signoret (1985) et Arletty (1992).
« Au delà de cet aspect — people —, ce qui est grave,
c'est que des salariés ont été spoliés, et que leurs droits à la retraite
seront minorés », a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la
CGT-spectacle, Jean Voirin, qui pense qu'une gestion paritaire de la
caisse « permettrait d'éviter ce type de scandales ».
« Selon nos informations, nous sommes à quelques jours
de la publication du rapport définitif de la Cour des comptes sur ce sujet
», a ajouté Jean Voirin, qui espère qu'ensuite « la justice », de même que
« le ministère du Travail », « fera son travail ».
La direction de la caisse n'avait pu être jointe jeudi
midi par l'AFP.
Victoires de la musique :
Zazie caracole en tête des nominations
Zazie caracole en tête des nominations des 23es
Victoires de la musique avec cinq citations. La chanteuse est talonnée par
trois outsiders, Christophe Willem, Christophe Maé et Renan Luce avec
trois nominations chacun, ont annoncé jeudi soir les organisateurs.
Découverte en 1993 (révélation féminine), Zazie,
auteur-compositeur et interprète, figure cette année dans les catégories
majeures que sont artiste interprète féminine, album chansons/variétés
pour « Totem » et chanson originale avec l'extrait « Je suis un homme ».
On la trouve aussi dans les catégories spectacle musical/tournée/concert
pour son « Totem Tour » et dans celle du vidéo-clip de l'année pour le
single « Je suis un homme », réalisé par Yvan Attal.
Autre présence, plus symbolique cette fois, pour la
chanteuse: elle est l'auteur-compositeur du tube « Double Je », chanté par
Christophe Willem, lui-même en lice dans la catégorie chanson originale
pour ce même titre. Le lauréat de la « Nouvelle Star » 2006 figure aussi
dans deux autres catégories: album révélation pour son premier opus «
Inventaire » et vidéo-clip, toujours pour « Double Je », qui met en scène
une thérapie de groupe pour le moins débridée.
Christophe Maé, révélation du spectacle musical de
Kamel Ouali, « Le Roi soleil », concourt dans les catégories artiste
révélation du public, artiste révélation scène et album révélation,
également pour un premier album « Mon paradis ».
Signe des temps, les Victoires jouent manifestement un
peu plus encore la carte jeune: cette année, les deux Christophe, idoles
de la jeune génération, ont reçu deux trophées chacun le 26 janvier lors
des 9e NRJ Music Awards. Le jeune Renan Luce est le troisième outsider,
avec lui aussi trois citations: artiste révélation du public, artiste
révélation scène et album révélation pour « Repenti ».
C'est un vrai peloton qui ferme la marche. AaRON,
Thomas Dutronc, Rita Mitsouko, Vanessa Paradis, Diam's, le duo électro
Justice, Etienne Daho ou encore Keren Ann: tous récoltent deux
nominations. De même, Michel Polnareff, qui a effectué en 2007 son grand
retour en France après plus de trente ans d'absence (artiste interprète
masculin et spectacle musical/concert pour sa tournée marathon « Ze Tour
2007 ».
Surprise pour le roi du pastiche Michael Youn et son
groupe Fatal Bazooka. Il est aussi en lice avec deux citations, d'abord
parmi les albums de musiques urbaines pour « T'as vu », puis pour le
vidéo-clip de l'année avec le single « Mauvaise foi nocturne ».
La cérémonie des « Victoires », cette année produite et
présentée par Nagui, sera diffusée le 8 mars en direct sur France-2 et
France-Inter, depuis le Zénith de Paris.
La plus vieille librairie du Canada
ferme après 169 ans d'existence
Après avoir survécu à deux guerres mondiales et la
Grande Dépression, la plus vieille librairie du Canada, The Book Room,
ferme ses portes, fatalement touchée par la concurrence des ventes de
livres en ligne, en grandes surfaces, dans les marchés d'alimentation et
les pharmacies. L'établissement de Halifax, en Nouvelle-Ecosse, avait été
ouvert il y a 169 ans.
Le président de Book Room Ltd., Charles Burchell, a
déclaré que les employés et la direction étaient tristes de voir la
librairie fermer ses portes, mais qu'en regardant l'état des ventes de
l'an dernier, il était clair que l'aventure n'était plus viable.
Les affaires avaient commencé à baisser il y a quelques
années et la dernière période des fêtes a été la pire de l'histoire de la
compagnie, a expliqué M. Burchell, qui est entré au Book Room il y a 42
ans.
Selon M. Burchell, le dernier clou dans le cercueil a
été planté lorsqu'il a fallu ajuster les prix en fonction de ceux
pratiqués aux Etats-Unis en raison de la force du dollar canadien.
Avec cette fermeture, sept personnes se retrouveront au
chômage. M. Burchell a précisé que la librairie écoulerait son inventaire
au cours des prochaines semaines.
Nicoletta s'autobiographie
Alors qu'elle célébrera cette année ses quarante ans de
carrière, Nicoletta revient sur son parcours et lève le voile sur son
enfance, à l'occasion de la parution de « La maison d'en face », une
autobiographie publiée mardi.
Jusque là avare concernant son enfance savoyarde,
Nicoletta affronte ses souvenirs, « entre une mère débile mentale, selon
les diagnostics de l'époque, un oncle alcoolique et un père absent », mais
évoque, la sauvant du reste, une grand-mère aimante.
« Il faut avoir atteint un certain âge pour revenir sur
son passé sans en être affecté », confie la chanteuse de 64 ans, énumérant
un à un les traumatismes qui ont jalonné son enfance. « Avec un tel
passif, aujourd'hui j'aurais tout d'une délinquante en puissance »,
relativise-t-elle, se souvenant aussi d'avoir fréquenté, adolescente, les
maisons de correction tenues par des bonnes soeurs.
« J'ai toujours été une dissidente, mais j'ai gardé la
foi », glisse-t-elle, fière « en dix ans d'avoir drainé un nouveau public
dans les églises » pour ses concerts gospel, dont elle est devenue un
porte-voix en France. « Se battre, affronter » est aussi le conseil
qu'elle donne aux jeunes dans le métier, « car il faut imposer ce qu'on a
dans le ventre et sortir du formatage ».
Aujourd'hui apaisée, celle qui a tour à tour été une
proche de Brel, Ferré, Ray Charles, Alice Cooper ou encore Jimi Hendrix,
souhaite « vieillir en bonne santé », choquée « qu'on use les artistes
jusqu'à la moelle », même si elle se dit « surprise » que des émissions
comme « Taratata » puissent encore la snober.
« La maison d'en face » - Nicoletta - Ed. Florent
Massot 19,50 € - Triple CD « Nicoletta - Les 50 plus belles chansons
», Barclay / Universal.
Actualités musicales du 2 février 2008
A La Folle Journée, le classique
se marie aux nouvelles technologies
Pour la première fois, la Folle Journée de Nantes offre
cette année l'enregistrement d'un concert sur clé USB ou sur CD une heure
seulement après le spectacle, une prouesse possible grâce aux nouvelles
technologies qui passionnent le créateur du plus populaire des festivals
français de musique classique.
« Pratiquement à tous les concerts, il y a des gens qui
trouvent dommage de ne pouvoir disposer d'un enregistrement », explique
René Martin, créateur et directeur artistique de La Folle Journée dont la
14e édition s'est ouverte mercredi.
D'où la prouesse technique de parvenir à enregistrer en
direct en numérique les concerts, puis à les travailler aussitôt, et à
offrir une heure après l'intégralité du concert sur deux supports
différents au choix: un disque compacts (CD) dans une pochette dédiée au
tarif de 10 euros, ou un téléchargement MP3 sur une clé USB pour 6
euros.
L'absence d'intermédiaires « nous permet de sortir des
disques à très bon marché », note René Martin, qui a lancé cette
initiative avec sa maison de production Mirare.
Les enregistrements disponibles en format MP3 sont
fournis à un taux de compression de 192, contre 128 habituellement sur
internet. Pour les CD, « Nous avons un système avec 30 graveurs simultanés
et nous pouvons fournir 30 disques en quatre minutes », explique Olivier
Radenac, ingénieur informaticien.
La possibilité d'avoir aussi rapidement
l'enregistrement d'un concert après la représentation est une première,
assure René Martin. Ces enregistrements ne sont vendus que pendant la
Folle Journée et bénéficient de ce fait d'un « côté collector et exclusif
», note le directeur.
Cette initiative a séduit le public mais aussi les
artistes. « C'est très agréable pour les musiciens, pour savoir ce que
l'on a vraiment fait. Car les impressions sont différentes quand on écoute
et quand on chante », note l'Espagnol José Pizarro, chanteur dans le
premier concert enregistré.
« Je n'avais jamais vu ça. C'est déjà très rare d'avoir
un festival pareil. Avoir en plus un enregistrement sonore, c'est énorme
», explique-t-il.
Une cinquantaine des 270 concerts programmés lors de
cette édition de la Folle Journée consacrée à Franz Schubert seront ainsi
enregistrés. « Si ça marche bien, je pense que l'on sera copié », s'amuse
le directeur artistique.
Cette année, cinq concerts seront aussi diffusés
gratuitement sur internet, des avancées technologiques qui passionnent
René Martin.
Déjà en 2007, lors de l'édition de La Folle Journée de
Tokyo, 40 concerts étaient disponibles en direct sur internet avec accès
payant et « il y avait eu un réel intérêt », explique-t-il.
« Je compte utiliser internet de façon extrêmement
large », prévient René Martin qui projette d'équiper de caméras et prises
de sons toutes les salles de la Cité des congrès de Nantes où se déroule
La Folle Journée.
Plus de 124.000 billets ont été vendus pour la 14e
édition du festival qui se termine dimanche. « D'ici à trois ans, pour
trois euros, vous pourrez aussi entrer dans les concerts via internet »,
promet-il.
Mais en guise de clin d'oeil, Mirare produit aussi
cette année des oeuvres de Schubert... sur des 33 cm en vinyle.
Une « Dame de pique »
angoissante et oppressante
au Capitole de Toulouse
Le public du théâtre du Capitole de Toulouse a acclamé
jeudi soir la première représentation de « La Dame de pique » de Piotr
Illich Tchaïkovski dans une nouvelle mise en scène angoissante qui plonge
le spectateur dans un malaise lancinant de près de quatre heures.
Pour diriger la partition, le théâtre toulousain a fait
appel à un connaisseur du répertoire russe, le jeune chef Tugan Sokhiev,
30 ans, né en Ossétie du Nord et qui a étudié au conservatoire de
Saint-Pétersbourg.
Tugan Sokhiev, premier chef invité et conseiller
musical de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse depuis septembre
2005, dirigeait jeudi son premier opéra dans la Ville rose.
A ses côtés, le metteur en scène Arnaud Bernard a
soulevé quelques huées parmi le public en proposant un décor angoissant,
très épuré et sans cesse en mouvement.
Dès le lever de rideau, de hauts murs blancs carrelés
plongent le spectateur dans un univers clinique, carcéral et
psychiatrique. La folie d'Hermann, ange déchu, est ainsi habilement
installée dès les premières notes, et concourt à l'oppression du
spectateur.
Cette course effrénée jusqu'au tragique des destins
illumine le tableau final où la dépouille d'Hermann, enveloppée dans un
drap plastifié blanc tel une camisole, trône au milieu de la scène où
passe devant elle le fantôme noir de la Dame de pique.
L'interprétation d'Hermann, idéologue amoureux éperdu
de Lisa mais déchiré entre l'amour et l'appât du gain, a valu une ovation
jeudi au ténor Vladimir Galouzine.
La néerlandaise Barbara Haveman, qui incarne le
tragique destin de Lisa, et la soprano bulgare Raina Kabaivanska dans le
rôle de la comtesse détentrice du secret infaillible permettant de gagner
aux cartes, ont également recueilli les bravo du public toulousain.
Quatre autres représentations de « La Dame de pique »,
jouée jeudi à guichets fermés, sont prévues jusqu'au 10 février.
Angela Gheorghiu
annule son récital à Paris
La star roumaine de l'art lyrique Angela Gheorghiu a
annulé, « pour des raisons de santé », le récital qu'elle devait donner
lundi soir à la salle Pleyel à Paris, a annoncé cette institution vendredi
dans un communiqué.
La diva devait interpréter dans la série Les Grandes
Voix un programme d'airs d'opéras italiens, en compagnie de l'Orchestre
Lamoureux dirigé par l'Américain Eugene Kohn, l'un de ses accompagnateurs
favoris.
Les billets vendus pour le récital, pour lequel il n'y
a « pas de report possible », seront remboursés intégralement aux caisses
de la salle Pleyel ou par téléphone (01 42 56 13 13), précise le
communiqué.
La chanteuse de 42 ans, qui forme un couple médiatique
avec le ténor français Roberto Alagna, devrait être remise pour répéter et
tenir le rôle de Mimi dans « La Bohème » de Puccini au Metropolitan Opera
de New York, du 29 mars au 18 avril, selon sa maison de disques EMI
Classics.
« Roméos et Juliettes » :
quand Shakespeare est soluble
dans la danse hip hop
Le festival Suresnes Cités Danse a créé jeudi soir «
Roméos et Juliettes », une pièce de Sébastien Lefrançois, l'un de ces
chorégraphes issus du mouvement hip hop ayant acquis la maturité
artistique pour se mesurer au chef-d'oeuvre de Shakespeare.
Le spectacle, qui bénéficie d'une musique enregistrée
spécialement et finement composée par Laurent Couson, est programmé cinq
autres fois jusqu'au 6 février au Théâtre Jean-Vilar de Suresnes
(Hauts-de-Seine).
Il constitue la première création répétée dans le cadre
de Cités Danse Connexions, le nouveau « pôle de production, diffusion et
transmission de la danse hip hop », structure unique en France née dans
les murs du Théâtre de Suresnes et dont Sébastien Lefrançois est le «
chorégraphe associé ».
Cet artiste de 38 ans, qui a fondé en 1994 à
Cergy-Pontoise sa propre compagnie (Trafic de styles), n'en est pas à ses
débuts. Mais c'est la première fois qu'il se frotte à une pièce du
répertoire, la tragédie « Roméo et Juliette » (1595), qui a déjà inspiré
nombre de chorégraphes, tels Rudolf Noureev, Angelin Preljocaj et, pour
son « West Side Story », Jerome Robbins.
Sébastien Lefrançois a évidemment relu Shakespeare à sa
façon. Le pluriel du titre (« Roméos et Juliettes ») évoque la diversité
des regards qui alimentent son travail.
Tous ses collaborateurs apportent leur touche à cette
aventure inédite de façon plutôt inattendue et réussie. Giulio Lichtner
signe une scénographie simplissime (des cubes noirs, de larges rectangles
blancs ou marbrés) mais qui se réinvente à l'infini, donnant forme
moyennant quelques transformations manuelles à vue au logis des Capulet, à
l'autel où le mariage des amants de Vérone est célébré, à la tombe de
Tybalt...
Quant aux costumes de Mario Faundez, ils jouent
subtilement sur les codes vestimentaires du mouvement hip hop (sportswear,
pantalons baggy...), enrichis de clins d'oeil à la Renaissance italienne
(collerettes, capes, couvre-chefs, etc.).
Le spectacle révèle surtout que Sébastien Lefrançois a
pu travailler en profondeur à Suresnes, dès juin 2007, sans se limiter aux
cinq interprètes qui composent sa compagnie mais en faisant appel à huit
jeunes danseurs, un comédien et un circassien, pour enrichir une danse qui
se nourrit volontiers des arts du mime et du cirque.
Son écriture a la vertu de ne jamais chercher la
virtuosité pure mais de prendre des formes variées et complexes,
expressives et finalement très théâtrales: le vocabulaire hip hop, bien
présent, n'est pas ici une fin mais le moyen de raconter une histoire. Il
s'épanouit autant dans l'étreinte amoureuse des deux amants que dans
l'affrontement entre bandes rivales.
C'est tout juste si l'on regrette que le chorégraphe
n'ait pas donné davantage de liberté apparente à ses interprètes via
l'improvisation, indissociable de l'énergie du hip hop. Les danseurs se
rattrapent cependant aux saluts en donnant libre cours à leur nature de «
breakers » et « smurfers », devant une salle conquise.
La « latmya », la nouvelle transe de
Bagdad
Le rythme est lancinant, les basses sont profondes, les
mots parlent d'amour et de chagrin. Du bout des doigts, Qoussaï, coincé
dans les embouteillages de Bagdad, marque la mesure sur son volant.
Comme des foules d'amateurs, le chauffeur de taxi
écoute un chanteur très en vogue en Irak, Bassem Karbalaï: le roi de la «
latmya » et l'idole de la jeunesse chiite.
« C'est un phénomène nouveau », explique à un
journaliste de l'AFP le jeune homme, aux cheveux noirs et gominés, en
montant le volume de la musique triste et plaintive. Et une mode d'autant
plus étonnante dans le nouvel Irak, que la mélodie et les paroles qui le
font fredonner remontent à la nuit des temps.
Ce que Qoussaï passe en boucle dans son lecteur MP3
sont des chants religieux qui font partie de la tradition chiite. Mis en
musique, soutenus par des choeurs et des effets d'échos, mixés
électroniquement, ils ont fait une arrivée remarquée sur la scène musicale
irakienne.
Aujourd'hui, la latmya, qui se traduit par « frapper du
plat de la main », a tout envahi: les ondes des radios, les clips vidéo,
les sonneries de téléphones mobiles, et les étals des marchands de CD.
L'élément central de ces mélopées sont les battements
sourds qui les rythment, comme le font les mains des pénitents se frappant
la poitrine lors des grandes cérémonies du deuil de l'Achoura, qui
commémore la mort de l'imam Hussein en 680, lors de la bataille de
Kerbala.
Les paroles répètent à l'infini, sur un ton monocorde,
la fin tragique face aux soldats du calife sunnite des Ommeyades du «
Prince des martyrs » et de ses compagnons. Et l'amour et le chagrin que
tous les chiites éprouvent pour eux.
« Je voudrais que la mort emporte mon âme vers la
tienne, et que je connaisse enfin le repos », chante Bassem Karbalaï en
faisant parler Zeinab, la soeur de l'imam Abbas tué avec son demi-frère
Hussein.
Le récit de la bataille de Kerbala, événement fondateur
du chiisme, est une source d'inspiration permanente pour les nouvelles
générations d'auteurs et de poètes dont les textes sont ensuite mis en
musique.
« La révolution de l'imam Hussein se renouvelle grâce à
ces poèmes », explique à l'AFP Majeeb al-Rikaby, un jeune homme de 26 ans,
brun, mince et barbu, étudiant en littérature arabe à l'université de
Bassorah.
« Il y a l'histoire telle qu'elle s'est déroulée, mais
chaque année des poètes l'expriment à leur manière pour que cette épopée
reste éternelle », ajoute-t-il.
Si l'histoire est la même, la mise en musique est
nouvelle, souligne Qoussaï. « A l'époque de Saddam Hussein, la latmya
était interdite et les chiites la chantaient en secret à la maison, dans
des cercles de parents et d'amis sûrs. »
« Après 2003, on a commencé à mettre de la musique sur
les paroles et pour remplacer les gens qui se frappent sur la poitrine,
les groupes utilisent des synthétiseurs », ajoute-t-il.
Outre Bassem Karbalaï, des dizaines d'autres artistes
irakiens essaient de se faire un nom dans le monde nouveau de la latmya
électronique, comme Moulla Jalil, ou « sheikh Bashir ».
Des studios d'enregistrement ont fait leur apparition
dans le quartier chiite de Bagdad, Sadr City, mais les installations les
plus prisées se trouvent au Koweït et à Bahreïn.
Des morceaux ont même été traduits en anglais et l'un
d'eux, « Sukaina cries », qui raconte l'histoire de la fille d'Hussein,
avec une orchestration très riche, connaît un gros succès dans une version
accessible sur la plate-forme internet de vidéo YouTube.
« Tout ça est nouveau, se réjouit Qoussaï. Aujourd'hui,
les gens écoutent de la latmya pour dire qu'ils sont chiites, parce qu'ils
se sentent religieux, ou pour apprécier de la musique qui respecte leur
tradition ».
« Ou, comme moi, tout simplement pour passer le temps
quand je conduis mon taxi », ajoute le jeune homme
Actualités musicales du 5 février 2008
Fin de la 14e « Folle Journée » de
Nantes,
121.000 billets vendus
Quelque 121.000 billets ont été vendus pour la 14e «
Folle Journée » de Nantes, la manifestation de musique classique la plus
fréquentée de France qui s'achevait dimanche soir après 269 concerts
donnés en cinq jours, ont annoncé les organisateurs.
L'édition 2008 du festival, qui a mobilisé 1.800
artistes, était placée sous le thème de « Schubert dans tous ses états ».
Elle innovait cette année avec l'apparition de trois créations de
compositeurs contemporains, le Français Bruno Mantovani ainsi que les
Japonais Dai Fujikura et Hoshio Hosokawa.
Lors d'un prélude désormais classique à la
manifestation, qui s'est déroulé du 25 au 27 janvier dans onze villes des
Pays de la Loire, près de 50.000 billets ont été vendus, selon la région,
partenaire de l'événement.
Le festival qui bénéficie de nombreuses retransmissions
en direct ou différé sur Arte et France Musique, s'exportera à Bilbao du
29 février au 2 mars, à Tokyo du 2 au 6 mai et à Rio de Janeiro du 6 au 8
juin.
L'événement nantais disposait cette année d'un budget
de 3,3 millions d'euros, dont près de la moitié assurée par les ventes de
billets.
La direction du festival a annoncé son intention de
lancer en septembre ou octobre prochain une « Folle Nuit », avec des
concerts regroupés en un seul soir de 17H00 à minuit à la Cité des congrès
de Nantes.
Depuis sa création en 1995, la « Folle Journée » a
réussi à toucher un large public avec un concept nouveau, basé sur des
concerts généralement courts, accessibles à des tarifs abordables, avec
une unité de lieu (la Cité des congrès de Nantes et sa dizaine de salles)
et de temps (un week-end prolongé).
L'édition 2009 aura pour thème « 100 ans de musique
baroque (1650-1750) en Allemagne du Nord » et mettra à l'honneur les
compositeurs Schütz, Weckmann, Buxtehude et Bach.
Kazushi Ono mène « Cardillac »
avec chaleur pour ses débuts
à l'Opéra de Paris
Le chef d'orchestre japonais Kazushi Ono a débuté à
l'Opéra de Paris en offrant une direction chaleureuse de « Cardillac » de
l'Allemand Paul Hindemith (1895-1963), ouvrage repris jusqu'au 16 février
dans la production qui l'a fait entrer en septembre 2005 au répertoire de
la maison.
Par rapport à 2005, seuls deux changements ont été
introduits, concernant le chef et l'interprète du rôle-titre.
L'Américain Kent Nagano a été remplacé par Kazushi Ono,
actuellement directeur musical de La Monnaie de Bruxelles et chef
principal désigné de l'Opéra de Lyon.
Un habitué de l'Opéra de Paris depuis 1977, le
baryton-basse austro-allemand Franz Grundheber, assume avec une émouvante
présence scénique l'orfèvre Cardillac, que le metteur en scène français
André Engel a transformé en Fantômas avec cape, haut de forme et masque
noirs dans d'impressionnants décors construits de Nicky Rieti.
Le livret, inspiré d'une nouvelle d'E.T.A. Hoffmann,
rapporte la relation passionnée qu'un créateur peut entretenir avec son
oeuvre: ici, Cardillac devient assassin pour récupérer les bijoux qu'il a
vendus.
André Engel a transposé l'action, sensée se passer à
Paris au XVIIe siècle, dans un Paris des années 20 et 30 (l'ouvrage a été
créé en 1926). Elle se déroule dans quatre décors de cette époque: le hall
d'un palace parisien, la chambre à coucher d'une coquette, l'atelier cossu
de l'orfèvre et une perspective de toits de Paris.
Le compositeur a traité l'argument avec la démarche de
l'artiste engagé et reconnu qu'il était alors et qui, partisan d'une
musique « fonctionnelle », proscrivait effusion et beauté sonore pour
elles-mêmes.
Cette position d'Hindemith, qui visait à renouer
musicalement avec la tradition de Bach et Haendel, lui a valu dans les
années 20 une notoriété internationale, avant son bannissement de
l'Allemagne par les nazis et un certain purgatoire dans le reste du
monde.
Tout comme en 2005, on regrette que la démarche
d'Hindemith demeure démonstrative au détriment parfois de l'émotion.
Il reste heureusement un total investissement des
interprètes (solistes, choeur et orchestre) sous la direction de Kazushi
Ono, moins cérébrale peut-être que celle de Kent Nagano.
Le chorégraphe Saburo Teshigawara
à Strasbourg avant Paris et Séville
Le chorégraphe japonais Saburo Teshigawara, figure de
la danse contemporaine, a présenté à Strasbourg sa dernière création «
Glass Tooth », jamais encore dansée en Europe.
Invité sur la jeune scène du Théâtre du Maillon avant
de se produire en février à la Filature à Mulhouse (7 et 8), à Chaillot à
Paris (14 au 17) et à Séville (Espagne), sa « dance art installation » a
été très longuement applaudie vendredi soir.
Sur scène, deux larges périmètres sont composés de
milliers de bris de verre qui crissent sous les pas des danseurs.
Teshigawara et sa compagnie évoluent en des mouvements convulsifs ou
suspendent le temps dans d'improbables équilibres.
La danse sur ce dangereux tapis suggère le hip-hop des
banlieues, mais revisité par un esthète japonais.
« Le verre brisé n'est pas dangereux, il répond à mon
contact, c'est un processus d'échange et de fusion », selon le chorégraphe
qui aime cette confrontation entre « l'organique » du corps souple et
mobile et le « minéral » du verre, dur et transparent.
La chorégraphie de 70 minutes sur une musique
contemporaine puis un concerto pour violon, rappelle que le fondateur de
la compagnie Karas fut initialement formé aux arts plastiques. Il est
entouré de Kei Miyata et de Rihoko Sato, avec lesquelles il créa ce
spectacle fin 2006 à Tokyo.
Ni classique, ni butoh (une danse japonaise), refusant
la tradition, Teshigawara a créé en Europe des pièces pour les ballets de
Francfort, le Nederlands Dans Theater, le Ballet du Grand théâtre de
Genève ainsi que pour le ballet de l'Opéra de Paris en 2003 avec « Air
».
Mort du légendaire percussionniste
cubain Tata Güines
Le percussionniste Tata Güines, véritable légende de la
musique cubaine, est décédé lundi à l'âge de 77 ans dans un hôpital de La
Havane, a-t-on appris auprès de sa famille.
De son vrai nom Aristides Soto, surnommé le « roi du
tambour », le percussionniste, applaudi sur les scènes internationales
depuis les années 50, avait dû être hospitalisé neuf jours plus tôt à la
suite d'une affection rénale, annulant une tournée prévue en Espagne et en
France notamment.
Son disque « Lagrimas negras » (« Larmes noires »),
sorti en 2004 et enregistré avec le chanteur Diego « El Cigala » et le
pianiste Bebo Valdes, père de « Chucho » Valdes, avait connu un succès
international.
« Mon père était un homme très joyeux, enthousiaste,
plein de vie et d'envie de continuer. Il avait beaucoup de projets, de
tournées, de disques, de documentaires en vue », a déclaré à l'AFP l'un de
ses quatre fils, Arturo Soto.
Tata Güines avait participé à l'enregistrement de trois
disques récompensés par des Grammy: « Lagrimas negras », « La rumba soy yo
» (2000) et « Cuban Odyssey » (2003).
En 1957, il s'était rendu à New York où il était resté
deux ans, travaillant notamment avec le trompettiste, compositeur et chef
d'orchestre Dizzy Gillespie, avant de fonder à Cuba son propre
orchestre.
Le percussionniste doit être enterré mardi en présence
de nombreux musiciens dans son village natal de Güines, à 50 km au sud-est
de La Havane.
Sa disparition est un nouveau coup dur pour la musique
traditionnelle cubaine née dans les années 50, après la mort au cours de
ces cinq dernières années de figures telles que Ibrahim Ferrer, Pio Leyva,
Compay Segundo et Ruben Gonzalez, tous membres du Buena Vista Social
Club.
Carnaval de Rio : l'école de samba
Viradouro donne « la chair de poule »
L'école de samba Viradouro, la dernière à défiler lundi à l'aube, a
rempli la mission qu'elle s'était donnée de faire « frissonner » le public
et a soulevé l'enthousiasme des 70.000 spectateurs du Sambodrome de Rio,
lors de la première nuit du carnaval brésilien.
Paulo Barros, le « carnavalesco » (metteur en scène) de
l'école avait annoncé qu'il voulait montrer dans son défilé tout ce qui
donne la chair de poule: de la joie devant la naissance d'un enfant à la
peur et à la répugnance, de l'amour à l'horreur que l'homme est capable de
susciter.
Mais l'un des huit chars allégoriques de Viradouro qui
représentait les corps squelettiques empilés des victimes de l'Holocauste,
surmontés d'un danseur déguisé en Adolf Hitler, avait été interdit jeudi
par la justice, saisie de l'affaire par la Fédération israélite de
Rio.
L'interdiction avait soulevé une polémique entre
partisans et opposants tandis que le « carnavalesco » apparaissait en
larmes à la télévision. Il devait refaire en 48 heures le char qui lui
avait demandé des mois de travail. Il avait laissé planer le mystère sur
la solution trouvée jusqu'au dernier moment.
Tout le monde était donc curieux de voir le nouveau
char - le cinquième du défilé - qui est apparu en forme de gâteau blanc,
surmonté de danseurs baillonés en signe de protestation et de défense de
la liberté d'expression. On pouvait lire sur une banderole à l'avant du
char: « On ne construit pas l'avenir en enterrant l'Histoire ».
Intitulé « C'est à donner la chair de poule », le
défilé, le plus original des six écoles en lice dans la nuit, a commencé
par « le froid qui fait frissonner » avec une véritable piste de ski
mobile de 30 mètres de long et 9 d'inclinaison, que 15 skieurs
descendaient en slalom. Vingt-sept tonnes de glaces ont dû être amenées de
Sao Paulo par camion frigorifique. Les jupes du traditionnel groupe des
bahiannaises représentaient des igloos.
Le second char à entrer en piste mettait en scène
l'émotion de la naissance et montrait un bébé en caoutchouc de cinq mètres
qui remuait la bouche et les bras, tenu la tête en bas par deux grandes
mains gantées d'un médecin.
Puis ont suivi les « frissons de l'amour » avec le char
du « Kamasutra » où une dizaine de couples mimaient un acte d'amour.
Le défilé faisait aussi allusion à des films d'horreur
comme « l'Exorciste » et à des scènes historiques avec des danseurs
déguisés en guillotine qui tenaient une tête coupée. Un « banquet de la
répugnance » montrait de gros cafards en train de dévorer les restes d'un
repas.
Le dernier char donnait des « frissons de la nostalgie
», en rendant hommage à un célèbre compositeur de samba, Cartola.
L'école de samba Portela, aux couleurs blanc et bleu,
la quatrième à défiler a également fait vibrer le public avec son thème
consacré à l'écologie et à la nécessité de préserver la nature.
C'est l'école de samba Sao Clemente qui avait donné le
coup d'envoi à cette première nuit de fastueux défilés, avec pour thème
l'arrivée au Brésil de la famille royale portugaise qui fuyait les troupes
de Napoléon, il y a 200 ans.
La reine mère, « Maria a Louca » (Marie la folle),
était interprétée avec beaucoup d'humour par l'un des plus célèbres
travestis du Brésil, « Rogeria ».
Après Sao Clemente sont entrées en scène: Porto da
Pedra, avec un défilé sur les cent ans de l'immigration japonaise au
Brésil; Salgueiro, qui a rendu un hommage aux habitants de Rio depuis
l'arrivée de la Cour portugaise en 1808 Portela puis Mangueira qui a fêté
le « frevo », un rythme frénétique de l'Etat Pernambouc (nord-est du
Brésil) avant le grand final de Viradouro.
Des milliers de spectateurs se pressaient dans les
tribunes, encouragés par un temps plus clément après des pluies
incessantes dans la journée.
Actualités musicales du 6 février 2008
Jazz, spiritualité et mysticisme à la
Cité de la musique
Le jazz, musique contestataire souvent liée aux
plaisirs terrestres, peut aussi être empreinte de spiritualité et de
mysticisme, comme le montre le cycle de concerts « Jazz mystique » à
la Cité de la musique à Paris du 8 au 13 février.
Ce dialogue entre terrestre et divin entrepris par
certains musiciens, sera établi dès vendredi par la St John Coltrane
Church. Fondée en 1971, elle voue un culte à la musique de John Coltrane,
l'auteur de « A Love Supreme », qu'elle considère basée sur la
spiritualité.
Hommage sera rendu samedi à un autre saxophoniste,
Albert Ayler, héros du free jazz, par deux groupes dont l'un emmené par le
guitariste free new-yorkais Marc Ribot.
Sun Râ et Magma ont élevé le mysticisme au rang de
système.
Le joueur de claviers américain Herman Blount, décédé
en 1993, avait choisi le pseudonyme de Sun Râ en référence au dieu
égyptien du soleil. Ses concerts étaient autant de rampes de lancement
pour des voyages cosmiques, en costumes intersidéraux et sur une musique
(qui sera jouée le 13 par le Sun Ra Arkestra) proche dans l'esprit et la
forme de la « Great Black Music ».
Les membres de Magma viennent de Kobaia, une planète
imaginée par son batteur-leader Christian Vander. Au-delà de sa
philosophie - venir sur Terre punir les vivants de certains de leurs actes
- Magma (à l'affiche le 11) interprète un jazz-rock puissant et
hypnotique, empruntant autant dans ses parties vocales à Carl Orff qu'à la
soul music, qui exerce encore 40 ans après sa création, une certaine
fascination.
Duke Ellington, pas spécialement dévot, composa en 1965
une oeuvre entre jazz et musique liturgique européenne, qui sera jouée le
13 février.
« Orphée », la danse d'amour et de
mort
de Pina Bausch, réenchante Paris
« Orphée et Eurydice », opéra dansé de l'Allemande
Pina Bausch sur la musique de Gluck, réenchante depuis lundi soir le
public du Palais Garnier, sous le charme de cette danse d'amour et de mort
qui s'affirme comme l'un des joyaux du répertoire du Ballet de l'Opéra de
Paris.
A l'affiche jusqu'au 19 février, ce spectacle total, au
carrefour de la danse, de la musique et du chant, sera diffusé samedi 16
par la chaîne Arte: ce sera la première fois que la perfectionniste Pina
Bausch, 67 ans, accepte qu'une de ses oeuvres soit retransmise en direct
(19h30).
Ce petit événement atteste la confiance que la grande
dame de la danse allemande voue au Ballet de l'Opéra de Paris, qui a
interprété pour la première fois en mai 2005 cette pièce présentée à
Garnier dès 1993, mais alors par la compagnie de Pina Bausch, le
Tanztheater Wuppertal.
« Orphée et Eurydice », créé en 1975, est le
deuxième « opéra dansé » de Pina Bausch, qui avait chorégraphié et
mis en scène une première partition de Christoph W. Gluck (1714-1787),
« Iphigénie en Tauride », l'année précédente.
Pina Bausch, qui n'est pas encore la grande prêtresse
avant-gardiste de la danse-théâtre (« Tanztheater »), s'inscrit ici
dans l'héritage de la danse moderne. La chorégraphe parie sur la grande
force dramatique de la musique de Gluck pour exprimer, sans
réinterprétation inutile, ce que raconte la tragique histoire d'Orphée,
mortel égalant les dieux par sa musique et son chant mais qui va échouer à
remonter des enfers celle qu'il aime, la dryade Eurydice.
Le travail de l'Allemand Rolf Borzik, disparu en 1980,
n'est pas accessoire dans le succès de ce ballet, avec ses décors façon
lieu de culte abstrait d'une beauté sobre mais captivante (espaces noirs
et blancs, corps superbement reflétés par le verre, etc.), ses costumes
fluides et en transparence pour les femmes, sombres et élégants pour les
hommes...
Pina Bausch a divisé l'opéra en quatre tableaux qui
transportent le spectateur d'un bonheur à un autre, du « deuil »
observé de haut par une Eurydice au visage de madone jusqu'à la
« mort » de celle-ci, les bras en croix, en passant par le labyrinthe
tissé par les furies (« violence ») et la « paix » que retrouve
les amants dans le havre d'un jardin.
La chorégraphe a eu la bonne idée de faire accompagner
chacun des trois principaux rôles dansés d'une « doublure voix »,
dans un esprit de fusion entre le chant et le geste, souple et fluide,
notamment dans le mouvement du buste et des bras.
Sous la direction éclairée de l'Allemand Thomas
Hengelbrock, le Choeur Balthaser-Neumann, limpide et expressif, chante en
fosse au côté de l'orchestre du même nom et est doublé sur scène par les
ensembles de danseurs, d'une mise en place parfaite.
La preuve est faite: l'« Orphée » de Pina Bausch
est définitivement un grand « classique moderne » de la danse au XXe
siècle, et sied à merveille au Ballet de l'Opéra de Paris.
Ratmanski va quitter
la direction artistique du Ballet du Bolchoï
Le directeur artistique du Ballet du Bolchoï Alexeï
Ratmanski quittera l'an prochain ses fonctions au sein du prestigieux
théâtre moscovite, a indiqué mardi à l'AFP la porte-parole de
l'établissement Ekaterina Novikova.
« Alexeï Ratmanski quittera son poste après
l'expiration de son contrat en décembre », a-t-elle déclaré. « Il
continuera toutefois à travailler au Bolchoï comme chorégraphe et montera
chez nous au moins un ballet par an », a-t-elle ajouté.
« Ratmanski ne veut plus s'occuper d'affaires
administratives mais se consacrer entièrement à la création artistique »,
a-t-elle poursuivi.
Dans une interview mardi au New York Times, M.
Ratmanski a indiqué être en négociations avec le New York City Ballet pour
y travailler comme chorégraphe attitré. Il devrait y remplacer Christopher
Wheeldon qui quittera son poste fin février.
« Mon contrat à Moscou expire à la fin 2008, je
vais probablement y rester comme chorégraphe ou chorégraphe invité, mais
pas comme directeur artistique », a-t-il dit.
« Je veux travailler comme chorégraphe dans plus
d'endroits - et me concentrer sur cela - la direction artistique me prend
en fait les deux-tiers de mon temps », a-t-il ajouté.
Né en 1968 à Léningrad (redevenu Saint-Pétersbourg),
Ratmanski a étudié à l'Ecole de Danse de Moscou avant de rejoindre le
Théâtre d'opéra et de ballet de Kiev (1986-92 et 1995-97). De 1992 à 1995,
il a travaillé au Ballet Royal de Winnipeg (Canada) et en 1997 au Ballet
Royal Danois.
Il a également signé ses premières chorégraphies au
Bolchoï en 1997. Depuis sa nomination comme directeur artistique du Ballet
du Bolchoï en janvier 2004, 24 nouveaux spectacles de danse y ont été
présentés.
Actualités musicales du 7 février 2008
Les orchestres inquiets à propos
du montant des subventions d'Etat en 2008
L'Association française des orchestres (AFO), qui
regroupe 36 formations musicales permanentes en France, a fait part
mercredi dans un communiqué de sa « plus vive inquiétude quant au
montant des subventions d'Etat » dont ses membres bénéficieront en
2008.
« Les interrogations adressées par les orchestres
aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) dont elles
dépendent comme celles adressées par le président de l'AFO Ivan Renar à
Christine Albanel, ministre de la Culture, n'ont donné lieu à ce jour à
aucune réponse précise », écrit l'association.
Pour ces raisons, l'AFO « a résolu de rendre
publiques les deux lettres adressées à madame la ministre de la Culture
les 7 et 29 janvier dernier ».
Dans la première, Ivan Renar, par ailleurs sénateur
communiste du Nord, s'alarme des « conséquences qu'auraient des
réductions de crédits envisagées sur 2008 et les années suivantes:
réduction drastique de l'activité, suppression des projets exceptionnels
pourtant facteurs de visibilité et d'élargissement de l'audience, forte
diminution ou suppression des programmes ».
Ainsi, l'Orchestre national des Pays de la Loire a
d'ores et déjà annulé la « Symphonie des mille » de Mahler qu'il
devait donner à Nantes fin juin, arguant sur son site internet de
« restrictions financières annoncées tardivement ».
Dans son courrier du 29 janvier, M. Renar se dit
« extrêmement inquiet et même choqué » que les orchestres n'aient pas
été cités parmi les institutions (centres dramatiques et chorégraphiques
nationaux, scènes nationales) devant bénéficier en 2008 d'une aide de
l'Etat identique à celle de 2007.
Les professionnels du spectacle vivant (musique,
théâtre, danse...) s'alarment depuis plusieurs mois du budget du ministère
de la Culture pour 2008, jugé insuffisant (environ 640 millions d'euros
pour la création).
Mme Albanel a tenté d'apaiser les tensions en annonçant
un double « desserrement budgétaire » (34,8 millions d'euros pour la
création et 4,07 M EUR pour les établissements supérieurs de la culture)
et la tenue d'Entretiens de Valois, qui doivent débuter le 11 février.
Planètes Musiques : ouverture à
Nanterre
avant un tour de France
La huitième édition de Planètes Musiques, festival
itinérant de musiques traditionnelles actuelles, démarre à Nanterre
(Hauts-de-Seine) vendredi, samedi et dimanche, avant plusieurs concerts en
province (33 concerts dans 21 villes jusqu'au 7 juin).
L'affiche 2008, qui comprend huit artistes ou
formations, réunit des musiciens de Chine avec le joueur de guimbarde et
de flûtes Wang Li, des Antilles avec Indestwas Ka, un ensemble de gwo ka
de Guadeloupe. Diverses régions de France métropolitaine sont également
représentées avec le sextette vocal féminin languedocien La Mal Coiffée,
la chanteuse bretonne Annie Ebrel, ou le duo Brotto-Lopez qui interprète
des musiques à danser du Quercy et de Gascogne.
La Fédération des associations de musiques et danses
traditionnelles, qui organise « Planètes musiques », a une vision
moderniste des musiques « trad »: les musiques de terroir regardent
autour d'elles et ne redoutent pas pour certaines de s'ouvrir à
l'électronique.
Les gwerz d'Annie Ebrel adoptent ainsi l'harmonica ou
le zarb (percussion iranienne), et le duo lyonnais Antiquarks invente une
fusion de musiques méditerranéennes, africaine et électro avec une vielle
à roue.
Après Nanterre, chaque musicien ou formation donnera
une série de concerts en province (programme: http://www.famdt.com).
« Planètes Musiques » publie aussi un disque, florilège des musiciens
au programme (Modal/L'Autre Distribution).
Le centre Grame présente sa biennale
« Musiques en scène » sur fond d'inquiétude
Le Grame, centre national de création musicale à Lyon,
a présenté mercredi la programmation de sa biennale Musiques en scène 2008
(4-20 mars) en exprimant « la plus grande inquiétude » concernant
l'aide apportée par l'Etat à son fonctionnement.
« Nous sommes dans la plus grande inquiétude vu
les rumeurs, les contradictions et les discours variés qui nous sont tenus
» concernant les subventions, a déclaré lors d'une conférence de presse à
Paris le directeur artistique de Grame et de la biennale Musiques en
scène, James Giroudon.
Le Grame est l'une des sept structures labellisées
« centre national de création musicale » avec Césaré à Reims, le CIRM
à Nice, le GMEA (en préfiguration) à Albi, le GMEM à Marseille, La Muse en
circuit à Alfortville (Val-de-Marne) et l'Imeb à Bourges.
Selon le Grame, le ministère de la Culture avait
d'abord annoncé en octobre une augmentation de 11% de la dotation globale
à ces centres.
Mais la Direction régionale des affaires culturelles de
Rhône-Alpes a au contraire notifié au Grame une baisse de 4% et un gel de
2% des crédits, alors que l'aide à d'autres structures nationales en
région (centres dramatiques et chorégraphiques nationaux, scènes
nationales) a été reconduite pour 2008.
« Devons-nous en déduire que le label centre
national de création musicale n'a de national que le nom et que c'est un
réseau national secondaire qui ne fait pas partie du coeur de réseau ? »,
s'interroge Patrick Giraudo, directeur délégué du Grame.
La biennale Musiques en scène, l'une des principales
manifestations de musique contemporaine en France, proposera en 2008,
parmi 76 oeuvres musicales et cinq nouvelles productions scéniques et
multimédia, 19 créations.
En ouverture le 4 mars, Lyon accueillera en première
mondiale le nouvel opéra du Hongrois Peter Eötvös, « Lady Sarashina
», sous la direction de ce compositeur et chef d'orchestre qui a participé
à la programmation de la biennale en qualité de « commissaire associé
».
Un important hommage sera rendu du 5 au 9 mars au
compositeur et grand maître de la musique électronique Karlheinz
Stockhausen, décédé le 5 décembre et dont Eötvös fut un proche
collaborateur.
Google prépare un service
de musique en ligne gratuit en Chine
Le groupe internet Google serait sur le point de créer
une société commune pour proposer un service de téléchargement gratuit de
musique en ligne en Chine, afin de rattraper le site de recherche chinois
Baidu, rapporte mercredi le Wall Street Journal.
Google s'associerait à une société chinoise d'édition
musicale en ligne, Top100.cn, avec une offre comprenant notamment du
contenu fourni par trois maisons de disques de taille mondiale.
Toujours selon le quotidien, Universal aurait déjà
donné son accord au projet, des pourparlers étant en cours avec EMI et
Sony BMG. Warner aurait également fait part de son intérêt pour le
projet.
Le service pourrait être lancé dans les prochaines
semaines, affirme le Wall Street Journal.
Selon le quotidien, la part de marché de Google sur les
moteurs de recherche en Chine, en termes de chiffre d'affaires,
n'atteignait que 26% au quatrième trimestre 2007, contre 60% pour
Baidu.
La popularité de Baidu s'appuie notamment sur les liens
musicaux qu'il propose. Mais il est accusé de fournir des liens vers des
sites de musique piratée.
Trois grands labels musicaux, Universal, Warner et Sony
BMG, ont annoncé mardi poursuivre, une nouvelle fois, Baidu pour violation
des droits de propriété intelectuelle.
Actualités musicales du 8 février 2008
Thierry Beauvert va quitter
la tête de France Musique
Thierry Beauvert va quitter ses fonctions à la tête de
France Musique mais conserver la direction de la musique de Radio France,
en charge des quatre formations musicales du groupe radiophonique, a-t-on
appris jeudi auprès de la maison.
La direction de Radio France a pris la décision « en
parfait accord avec Thierry Beauvert », a précisé à l'AFP une
porte-parole, confirmant des informations parues jeudi dans la lettre
d'information spécialisée Satellifax.
M. Beauvert, 51 ans, quittera ses fonctions lorsque son
remplaçant sera nommé. Les candidatures de plusieurs personnes sont
examinées, selon Radio France.
Satellifax affirme que le poste a été proposé à Bernard
Meillat, ancien directeur de la programmation de Radio Classique et actuel
directeur de Musiq3, la radio musicale classique du groupe audiovisuel
public belge RTBF.
Thierry Beauvert est à la tête de France Musique depuis
juin 2004. En décembre 2005, il avait été nommé directeur de la musique de
Radio France, qui comprend quatre formations: l'Orchestre national de
France, l'Orchestre philharmonique de Radio France, le Choeur et la
Maîtrise de Radio France.
France Musique subit la concurrence acharnée de Radio
Classique depuis près de deux ans. Selon la dernière étude de Médiamétrie,
qui porte sur novembre et décembre 2007, France Musique avait un taux
d'audience cumulée (pourcentage de personnes qui ont écouté la radio au
moins une fois dans la journée) de 1,6 point, contre 1,7 point pour Radio
Classique.
France Musique s'est toutefois redressée par rapport à
l'étude précédente, puisqu'elle affichait 1,4 point d'audience cumulée en
septembre et octobre 2007.
Les USA refusent un visa à Amy
Winehouse
qui n'assistera pas aux Grammy Awards
La chanteuse britannique Amy Winehouse s'est vu refuser
un visa pour les Etats-Unis et ne pourra participer à la cérémonie des 50e
Grammy Awards, les prestigieuses récompenses musicales américaines, pour
lesquelles elle a reçu six nominations, ont annoncé jeudi ses
représentants.
« Amy Winehouse ne chantera pas à la cérémonie cette
année des Grammy Awards », qui a lieu dimanche à Los Angeles, a indiqué
The Outside Organisation, la société qui représente ses intérêts, dans un
communiqué.
« Malheureusement, sa demande d'un visa pour les
Etats-Unis a été rejetée par l'ambassade américaine à Londres », a précisé
la société.
Amy Winehouse, 24 ans, avait été entendue par la police
mardi sur des soupçons d'usage de crack, un dérivé de la cocaïne. Le mois
dernier, la chanteuse avait été filmée en train de fumer ce qui semble
être du crack quelques heures avant qu'elle ne se rende à une audience
judiciaire de son mari, Blake Fielder-Civil.
Quelques jours après la diffusion par un tabloïde de
cette vidéo, elle avait commencé une cure de désintoxication. « Amy a fait
des progrès depuis son entrée dans une clinique de désintoxication et bien
que déçue par cette décision, elle l'a acceptée et va se concentrer sur
son rétablissement », ont ajouté ses représentants.
Amy Winehouse avait obtenu une nomination pour les
Grammys dans la catégorie album de l'année pour « Back to black ». Elle
concourt aussi notamment dans la catégorie la plus prestigieuse, le disque
de l'année, pour le titre « Rehab » (« désintoxication »).
Actualités musicales du 9 février 2008
A Lyon, la musicothérapie vient au
secours
des malades d'Alzheimer
Le guitariste attaque les premières notes de « La Java
Bleue ». Petit à petit, les regards des octogénaires s'animent, puis leurs
lèvres: à l'hôpital gériatrique Antoine Charial près de Lyon, la
musicothérapie accompagne les malades d'Alzheimer pour réveiller les
souvenirs.
Chaque semaine, une vingtaine de patients - en grande
majorité des femmes - participent à ces séances de chant animées par
Daniel de Rossi, un musicien exerçant depuis dix ans dans les hôpitaux
lyonnais.
« La musicothérapie est un concept très ancien, qui se
fait beaucoup dans les pays anglo-saxons, mais son intégration dans le
fonctionnement habituel d'une unité gériatrique de long séjour est une
volonté lyonnaise », souligne le Dr Hakki Onen, praticien hospitalier.
Dans leurs fauteuils roulants, Odette et Ginette, 93
ans toutes deux, entonnent la mine radieuse les airs de leur jeunesse,
applaudissant joyeusement le guitariste après chaque chanson pour en
redemander une autre.
Derrière elles, Raymonde est sous le charme de la
musique. « J'aimais danser, j'allais dans les bals et je dansais tout »,
se remémore cette octogénaire qui ne « se souvient plus de son âge ». Et
d'ajouter: « ça me donne encore envie de danser ».
André, un sémillant routier retraité de 82 ans,
n'hésite pas à entraîner une patiente sur l'air du « Plus beau tango du
monde », bientôt suivi par deux autres malades ayant deux infirmières pour
cavalière.
— La Vie en rose — tire de leur torpeur plusieurs
patientes assoupies dans leur fauteuil roulant. Les yeux de Marie-Louise
s'allument comme si la musique avait réveillé un souvenir.
« La musique permet d'établir un contact avec le malade
et d'avoir des échanges », note Daniel de Rossi qui a vu plusieurs
patients recouvrer la parole grâce à la musicothérapie.
Il se souvient ainsi d'une Alsacienne de 90 ans qui
dormait habituellement durant les séances. Lorsqu'il a entonné — Mon Beau
Sapin — en allemand, « elle a ouvert les yeux, bougé les lèvres
pour chanter et s'est mise à pleurer », raconte-t-il.
« On ne sait pas si la musicothérapie ralentit
l'évolution de la maladie, mais ça améliore l'humeur et le bien-être de
nos patients et nous permet de réduire la consommation excessive de
neuroleptiques ou d'anxiolytiques », souligne le Dr Onen.
« Pendant les périodes de musique, les patients ne
gémissent plus à cause de leur mal-être », observe le gériatre, soulignant
les « vertus antalgiques de la musique ».
« Quand on leur joue les airs d'autrefois, ça réveille
leurs souvenirs et leur procure du plaisir », ajoute-t-il.
« C'est très difficile au début, leur attention monte
petit à petit et puis ça redescend car ils fatiguent vite », observe
Brigitte Siché, une animatrice pour qui « même ceux qui apparemment ne
captent pas en profitent à leur façon ».
« Mais on sait que ça leur plaît », ajoute-t-elle. « Et
la certitude, c'est que dans l'après-midi, certains chantent encore ».
Un choeur d'élite en ZEP
pour « tirer vers le haut » un quartier
La Maîtrise de Radio France, très sérieux choeur
d'enfants du 16e arrondissement de Paris, a ouvert en septembre une
antenne en Seine-Saint-Denis. En quelques mois, « le virus a pris » à
Bondy, où l'évolution des enfants est suivie avec attention.
Dans les quartiers Nord de Bondy, tristes et gris, il
est une école primaire sortie de terre en 2007 aux couleurs acidulées et à
la sonnerie musicale, où une classe de CE1 prend joyeusement quatre fois
par semaine son cours de « choeur tutti »: Olympe de Gouges.
Dans l'auditorium bleu et mauve de l'école, les 23
petites chaises disposées en arc devant le piano à queue sont prises
d'assaut par Rahma, Bilal, Sylvestre, Kadiatou... 8 garçons et 15 filles,
de 7 et 8 ans, d'une douzaine d'origines.
Au signal de leur chef de choeur: « imaginez que vous
êtes dans votre lit », les enfants vocalisent à l'unisson en s'étirant.
Les visages s'illuminent, les jambes frétillent, deux fillettes
dansent.
En quelques minutes, la classe mémorise les savants
couplets de la chansonnette du jour. Au piano, Morgan Jourdain accompagne
de compositions mélancoliques et douces sa bouillonnante portée
d'enfants.
Ces enfants « très dans la vie et mobilisés »
connaissent une « évolution merveilleuse », « le virus a pris », souligne
le directeur de l'école, Yannick Saint-Aubert.
Sélectionnés parmi 135 volontaires, pour leur
personnalité et leurs capacités vocales, ces enfants reçoivent sur le
temps scolaire des cours de chant choral, formation musicale, technique
vocale et piano.
Chaque année, une nouvelle classe sera formée. Dans
quatre ans, les premiers pourront intégrer la Maîtrise ou poursuivre une
scolarité classique.
« Tout l'enjeu pédagogique est de démontrer qu'avec 8
heures en moins, ils en apprendront autant, que cet enseignement va être
un levier aux apprentissages », explique M. Saint-Aubert. L'objectif est
de « montrer que l'on peut arriver à l'excellence, qu'il n'y a pas de
fatalité culturelle ».
Le projet « a l'ambition de tirer vers le haut les
quartiers Nord », renchérit le coordinateur de Radio France Anis Barnat,
dont le bureau, dans l'école, est connu des 250 élèves.
« Ici, les enfants ont des rêves« , s'enthousiasme M.
Barnat, « ils ont les défauts de leurs qualité: une force à canaliser
».
Nesrine, Nour et Oumou, fans de R'n'B et d'Amel Bent,
se voient « chanteuses ». Depuis qu'il est allé à un concert à la salle
Pleyel à Paris, Erico, lui, veut être « contrebassiste » car il « aime les
instruments plus gros que les autres ».
Au bout de cinq mois, l'institutrice est épatée par «
les capacités de mémorisation » de sa cohorte. Sandrine Palagonia espère
que le travail individualisé en petits groupes « leur fera gagner beaucoup
en autonomie ». Une universitaire de Nanterre a commencé à étudier
l'impact de cet enseignement peu banal.
Pour Asvitha, une Srilankaise arrivée en septembre 2006
en France, les résultats sont « flagrants », rapporte l'institutrice.
Non-francophone, la fillette devait être maintenue en CP. « Elle a appris
la syntaxe en chantant. Même si elle a encore un déficit de vocabulaire,
ce n'est plus une élève en difficulté ».
Déjà aussi connus que « Les petits écoliers chantants
de Bondy », chorale fondée en 1945 et sollicitée sur les plus grandes
scènes de variétés, les élèves d'Olympe de Gouges chanteront une première
fois pour leurs parents et le quartier le 16 février.
Compte-tenu « de l'émulation créée dans l'école et dans
la ville », entretenue par le conservatoire municipal, le maire PS Gilbert
Roger rêve maintenant à « un festival choral » à Bondy.
Catherine Ringer, des Rita Mitsouko,
remontera sur scène en avril
Catherine Ringer remontera sur scène à partir du 4
avril pour interpréter les chansons des Rita Mitsouko, quelques mois après
le décès fin novembre de l'autre moitié du duo, son compagnon Fred
Chichin, a annoncé vendredi la maison de disques Because Music.
Catherine Ringer
La chanteuse des Rita reprendra ainsi la tournée
interrompue par la disparition de Fred Chichin le 28 novembre à 53 ans,
des suites d'un cancer foudroyant. Elle remontera sur scène sous son
propre nom dans le cadre de concerts intitulés « Catherine Ringer chante
les Rita Mitsouko and more ».
Cette tournée débutera le 4 avril à Toulouse puis
passera par Bordeaux (5), Nantes (7), l'Allemagne (Munich le 10,
Schorndorf le 11, Francfort le 13), l'Angleterre (Londres le 15), le
Printemps de Bourges (18), Paris pour deux soirées à la Cigale les 19 et
20 avril, Lille (24), Strasbourg (25), Dijon (26), Montpellier (29) puis
Lausanne (Suisse, 30).
Selon Because, « Catherine chantera les chansons
composées avec Fred pour les Rita Mitsouko et quelques autres déjà
connues, et à découvrir ». Elle sera accompagnée par le groupe qu'elle et
Fred Chichin, guitariste des Rita, avaient constitué autour d'eux pour
présenter sur scène leur dernier album, « Variéty », paru en avril
2007.
Les Rita Mitsouko ont reçu fin janvier deux nominations
pour les Victoires de la musique (qui seront décernées le 8 mars), dans
les catégories groupe ou artiste interprète féminine de l'année et album
de chansons/variétés de l'année.
« Thriller » a 25 ans et reste
l'album
le plus vendu de tous les temps
Les zombies ont la peau dure : 25 ans après sa sortie
et son célébrissime clip peuplé de morts-vivants, « Thriller » de Michael
Jackson, dont l'édition anniversaire paraîtra la semaine prochaine, reste
l'album le plus vendu de tous les temps.
Les chiffres des ventes de « Thriller », sorti en
décembre 1982, sont sujets à controverse puisqu'il n'existe pas de
comptage mondial officiel.
Michael Jackson en 2003 à Los Angeles
Le label Epic (Sony-BMG) mentionne un total de 104
millions d'albums, sur la base d'anciennes données du Livre Guiness des
records. Mais nombre de spécialistes jugent ces chiffres exagérés et
situent la fourchette entre 50 et 60 millions. D'ailleurs, dans son
édition 2008, le Livre Guinness table sur 55 millions, total qui paraît le
plus vraisemblable.
Quoi qu'il en soit, cette première place est
incontestable et « Thriller » devrait l'occuper encore longtemps : la
crise des ventes qui touche l'industrie du disque, en pleine mutation à
cause d'internet, semble exclure qu'un album atteigne à nouveau de tels
sommets.
« Thriller » est l'album des superlatifs. Il a passé 80
semaines dans le top 10 aux Etats-Unis, dont 37 (non consécutives) à la
première place. Certifié 27 fois disque de platine (27 millions
d'exemplaires) aux USA, il est le seul album à y avoir réalisé les
meilleures ventes deux ans de suite (1983 et 1984).
Il a été disque de platine ou de diamant dans seize
pays, dont le Royaume-Uni, la France ou le Japon. Sur ses neuf chansons,
sept sont sorties en singles.
En février 1984, Michael Jackson a reçu 12 nominations
aux Grammy Awards, un record, et en a remporté huit : sept pour « Thriller
» et une pour le livre-disque du film « E.T. »
C'est sur une chanson de « Thriller », « Billie Jean »,
que ce danseur surdoué a étrenné son fameux pas glissé, le « moonwalk »,
en mai 1983 lors d'une émission télévisée pour les 25 ans du label
Motown.
« Thriller », qui a mis la musique noire au premier
plan, était le sixième album solo de Jackson, le deuxième avec le
producteur Quincy Jones après « Off the wall » (1979).
Mélange de soul, de disco-funk et de pop, ce disque est
marqué par les sons synthétiques des années 80. De grands noms y ont
participé, comme Paul McCartney (la chanson « The girl is mine »), le
guitariste Eddie Van Halen (sur « Beat it »), certains membres du groupe
Toto ou Vincent Price, acteur culte du cinéma d'horreur.
Son succès s'explique également par des facteurs
sociétaux.
Sa sortie a eu lieu à l'apogée du vinyle, supplanté peu
après par le CD. Surtout, elle correspondait à l'avènement de la chaîne
musicale MTV. Celle-ci a contribué à faire de Jackson le « King of pop »
tandis que les clips novateurs de ce dernier ont renforcé la notoriété de
la chaîne.
Le court-métrage réalisé par John Landis pour la
chanson « Thriller » a révolutionné l'histoire du clip... et impressionné
des millions d'enfants avec ses danseurs zombies. L'an passé, la vidéo
d'un remake du clip interprété par 1.500 détenus d'une prison philippine a
fait un carton sur internet.
L'édition du 25e anniversaire sortira lundi dans le
monde et mardi aux Etats-Unis, avec sept chansons supplémentaires: six
remixes signés Kanye West, Akon, Fergie et Will.i.am, et un inédit tiré
des sessions d'enregistrement d'origine. Les clips de « Thriller », « Beat
it » et « Billie Jean » figureront dans un DVD bonus.
De quoi doper un peu plus les chiffres de vente de «
Thriller » alors que les fans de Jackson, qui aura 50 ans le 29 août,
fantasment sur la sortie d'un hypothétique nouvel album.
Amy Winehouse se produira
aux Grammy Awards
par liaison satellite
La chanteuse britannique Amy Winehouse, dont la demande
de visa pour les Etats-Unis a été refusée, l'empêchant de se rendre à la
cérémonie des 50e Grammy Awards dimanche, s'y produira par liaison
satellite en direct de Londres, ont annoncé vendredi ses
représentants.
« Internationalement reconnue et six fois nominée aux
Grammys, Amy Winehouse se produira via liaison satellite lors de la 50e
cérémonie des Grammys », les prestigieuses récompenses musicales
américaines, a déclaré dans un communiqué The Outside Organisation, la
société qui représente ses intérêts.
Jeudi soir, la société de relations publiques avait
annoncé que la demande de visa pour les Etats-Unis déposée par Amy
Winehouse avait « été rejetée par l'ambassade américaine à Londres ».
Un porte-parole de la chanteuse a indiqué vendredi à
l'AFP qu'elle comptait déposer une nouvelle demande de visa pour les
Etats-Unis où elle espère se rendre « dans un proche avenir ».
En attendant, l'artiste âgée de 24 ans a décidé de
chanter en direct depuis un studio de Londres, ont précisé ses
représentants, soulignant qu'elle était ravie de pouvoir participer malgré
tout à la cérémonie qui aura lieu dimanche à Los Angeles.
« Je suis impatiente et très excitée à l'idée de me
produire à mes premiers Grammy Awards », a déclaré la chanteuse, citée
dans le communiqué.
Pour se préparer, elle devait quitter vendredi la
clinique de désintoxication dans laquelle elle suit un traitement depuis
deux semaines, a précisé The Outside Organisation.
« Elle se sent bien, elle a l'air en bonne santé et a
hâte de faire ce qu'elle fait le mieux. Elle restera sous surveillance
médicale permanente et son traitement continuera normalement », selon le
communiqué.
La chanteuse a été interrogée par la police mardi sur
des soupçons d'usage de crack, un dérivé de la cocaïne. Le mois dernier,
elle avait été filmée en train de fumer ce qui semble être du crack
quelques heures avant qu'elle ne se rende à une audience judiciaire de son
mari, Blake Fielder-Civil.
Quelques jours après la diffusion de cette vidéo par un
tabloïde, elle avait commencé une cure de désintoxication.
Amy Winehouse a obtenu une nomination pour les Grammys
dans la catégorie album de l'année pour « Back to black ». Elle concourt
aussi notamment dans la catégorie la plus prestigieuse, le disque de
l'année, pour le titre « Rehab » (« désintoxication »).
Pour Neil Young, « la musique
ne peut plus changer le monde »
Le chanteur populaire de folk rock Neil Young a jugé
que « la musique ne peut plus changer le monde » vendredi à la 58e
Berlinale, où il présente son documentaire consacré à la tournée de
concerts contre la guerre menée en 2006 par son groupe Crosby, Stills,
Nash and Young.
Neil Young
Signé par Young sous le nom de Bernard Shakey comme ses
autres films, « CSNY: Déjà Vu », qui emprunte son titre au premier album
du groupe, sorti en 1970, a été dévoilé en avant-première mondiale au
Festival de cinéma indépendant de Sundance (Utah, Etats-Unis) en
janvier.
Il est projeté hors compétition, dans la section
Berlinale special du festival international du film de Berlin (7-17
février), qui cette année réserve une place de choix à la musique, avec
des documentaires sur les Rolling Stones, Patti Smith, et une comédie
chantée de Bollywood « Om Shanti Om ».
« Je sais que le temps où la musique pouvait changer le
monde est passé. Je doute vraiment qu'une chanson puisse changer quoi que
ce soit. C'est la réalité, » a dit le chanteur canadien Neil Young lors
d'une conférence de presse consacrée à « CSNY: Déjà Vu ».
« Je ne pense pas que notre tournée (à travers les
Etats-Unis, ndlr) ait eu un quelconque impact sur les électeurs », a
ajouté le leader grisonnant de Crosby, Stills, Nash and Young.
A Berlin, Neil Young a profité de son passage devant
les micros pour envoyer quelques piques au président américain George W.
Bush, affirmant avoir encore « naïvement » besoin de provoquer la
réflexion chez son public.
« Qu'est ce qui ne va pas chez George Bush ? Il en faut
du temps, pour répondre à cette question. Parlons plutôt de ses qualités,
ce sera plus bref! »
« Il est en bonne forme. Cela prouve qu'un homme de son
âge peut se maintenir en bonne condition physique » a dit Neil Young, âgé
de 62 ans.
Le chanteur a affirmé ne pas voir de différences entre
la guerre du Vietnam, contre laquelle CSNY a milité à la fin des années 60
et celle menée par les Etats-Unis en Irak, dénoncée par le groupe qui a
chanté « Destituons le Président » dans sa tournée de 2006, intitulée «
Liberté de parole ».
« C'est la même guerre, et elle blesse tout le monde.
C'est une mauvaise façon de résoudre un problème, » a-t-il affirmé,
ajoutant que les Américains se sont leurrés s'ils ont pensé libérer
l'Irak« .
»Ce n'est pas à nous d'imposer la démocratie
partout dans le monde« , a-t-il dit.
Actualités musicales du 10 février 2008
Sophie Koch, la voix du coeur
La mezzo-soprano Sophie Koch se produira lundi soir au
Théâtre Marigny à Paris lors d'un récital donné au profit de l'association
La Chaîne de l'espoir, qui vient en aide à des enfants malades à travers
le monde.
La chanteuse, qui fêtera ses 39 ans le 15 février, sera
accompagnée par la pianiste Sophie Raynaud dans des pages de Berlioz,
Meyerbeer, Bizet, Offenbach, Schubert mais aussi dans certains des airs de
Mozart et Richard Strauss qui ont établi sa réputation sur les plus
grandes scènes, de Salzbourg à New York.
Plutôt rare dans la capitale française, Sophie Koch ne
devrait pas le rester longtemps: elle a déjà plusieurs projets avec
Nicolas Joel, directeur de l'Opéra de Paris à partir de l'été 2009, qui a
beaucoup fait appel à elle au Capitole de Toulouse.
Les honneurs du DVD et de la TV
pour l'ensemble Accentus
L'ensemble Accentus de Laurence Equilbey, l'un des
acteurs éminents du renouveau choral en France depuis une quinzaine
d'années, s'est lancé avec ses transcriptions pour choeur de chambre a
cappella dans une aventure dont l'élan n'est pas encore retombé.
Naïve a publié en 2003 et 2006 deux albums baptisés
« Transcriptions » dont le premier a été certifié disque d'or (au
moins 75.000 exemplaires vendus), un résultat exceptionnel pour un CD de
musique chorale, obtenu sans transiger sur la qualité artistique.
Sous un titre identique, le même label vient de publier
un DVD reprenant ces grandes pages de la musique (de Vivaldi à Ravel en
passant par Mahler et Wagner) transcendées par un choeur élevé au rang des
meilleurs instruments, dans une mise en images d'Andy Sommer très léchée
que diffusera Arte les 10 et 17 février à 19h00.
La chef de choeur Laurence Equilbey se fait par
ailleurs chef d'entreprise: elle a fondé la société Boreal Concept, dédiée
à la commercialisation d'un tout nouveau diapason électronique, le
e-tuner, qui équipe déjà 250 chanteurs pour les aider à entonner les
oeuvres contemporaines les plus exigeantes.
La « Jeune France » de Sequenza
9.3
Lancé dans les années 1930 en réaction au
néoclassicisme en musique et guidé par une démarche spirituelle et
humaniste, le groupe Jeune France et ses polyphonies font l'objet du
troisième disque Sequenza 9.3 de Catherine Simonpietri, qui vient de
paraître chez Alpha.
Le groupe Jeune France (créé en 1936). André Jolivet au Piano. Debout de
gauche à droite :
Olivier Messiaen, Yves Baudrier, Daniel-Lesur
Les douze voix de l'ensemble se montrent
particulièrement ferventes et investies, bien que leur français pourrait
être plus net, notamment dans « Epithalame » (1953) d'André
Jolivet.
Ce choeur mixte basé en Seine-Saint-Denis interprète
non sans sensualité « Le Cantique des cantiques » (1952) de
Daniel-Lesur, qu'il donnera en concert dimanche après-midi en la basilique
Sainte-Clotilde à Paris.
Le coeur de l'album est constitué par les « Cinq
rechants » (1949), composés il y a soixante ans dans une langue insolite
(inventée ou en français, mais surréaliste) et installant un monde sonore
unique, celui d'Olivier Messiaen, dont le centenaire de la naissance est
ici célébré avec talent
La 1ère édition du festival
Les Perséphonies de Lyon
(Musique et Création)
L’Association des Étudiants du Département de Musicologie de l’université
Lumière Lyon 2, organise du 10 au 12 mars 2008, le festival de créations
musicales, Les Perséphonies de Lyon, avec la collaboration de Apple on
Campus.
Pour fêter cette 1ère édition, nous vous donnons
rendez-vous sur le campus des berges duRhône : ce sera l’occasion
d’actualiser et d’animer sur le plan musical l’ensemble de la création
universitaire.
Faire connaître la diversité, la richesse et la
qualitédes créations des étudiants du département « Musique et Musicologie
» et diffuser la musique au sein et à l’extérieur de l’université : voici
ce que va permettre ce festival !
Tousles styles de musique seront proposés : musique
savante, chanson, Jazz, Rock, Hip Hop, électro, rap, ou encore musiques
traditionnelles, musiques du monde, sans oublier les musiques qui se
marient à d’autres disciplines artistiques comme la danse, la poésie ou
les arts visuels… Priorité aux créations ! Le lundi 10 mars à 20h30,
l'Ensemble Orchestral Lyon II se produira au Grand Amphithéâtre, 17 Quai
Claude Bernard. Mardi 11 et mercredi 12 Mars à 12h, carte blanche sera
donnée aux étudiants, au Salon Lirondelle, 16 Quai Claude Bernard. Accès :
Tram T1, arrêt « Quai Claude Bernard ». Entrée libre. Contact presse :
Nicolas NEBOUT, chargé de communication de l’A. E. D. M. 06 85 96 05 98 –
04 78 30 98 86 / assocmusico@hotmail.com
La révélation pop, The Do,
part sur les routes
Après un gros bouche à oreille né l'an passé sur
l'internet et finalement justifié par la sortie mi-janvier de son
remarquable premier album, le duo The Do, composé de la chanteuse
franco-finlandaise Olivia B. Merilahti et du musicien Dan Levy, est en
tournée à travers la France.
The Do, qui s'est déjà produit à Angers, Montpellier et
Marseille, poursuivra sa tournée jeudi à Poitiers et passera notamment par
Nantes (12 mars), Bordeaux (13) ou Paris (La Cigale, 20 mars).
The do : On My Shoulders
Vingt-quatre concerts (dont certains à l'étranger, à
Bruxelles, Amsterdam ou Zurich) sont pour l'heure prévus jusqu'au 18 avril
(dates sur www.myspace.com/thedoband). Le duo sera également à l'affiche
du Main square festival d'Arras le 6 juillet, avant Radiohead.
Son album « A mouthful » (« une bouchée » en
anglais), paru le 14 janvier, s'est pour l'heure écoulé à quelque 30.000
exemplaires et a occupé la première place des ventes en France la semaine
de sa sortie.
The Do (dont le nom s'écrit avec un « o » barré à
la scandinave) est né de la rencontre, il y a trois ans, entre Dan Levy,
31 ans, et Olivia B. Merilahti, 25 ans, amenés à collaborer à la bande
originale du film « L'Empire des loups ».
Lui est un multi-instrumentiste fan de jazz et de
musique classique du XXe siècle (Stravinsky, Bartok...), qui compose alors
pour le cinéma, la danse et le théâtre. Elle, née d'un père français et
d'une mère finlandaise, a chanté dans des groupes de rock et
d'électro.
Le nom du groupe vient des initiales de leurs prénoms
et fait aussi référence à la première note de la gamme et au mot japonais
qui signifie « la voie ».
Cette rencontre artistique et amoureuse a été un
déclic. « Ca n'arrive pas trois fois dans une vie », soulignent-ils,
cités par leur maison de disques Cinq7 (Wagram).
Leur complémentarité donne sa singularité et son éclat
à leur musique. A Olivia la sensibilité pop, à Dan les arrangements très
travaillés et les structures plus complexes venues du classique ou du
jazz.
C'est pourquoi « A Mouthful », écrit après
d'autres BO pour le cinéma, est un album si touffu, remarquable
d'éclectisme et capable d'incorporer une multitude de genres sans pour
autant être incohérent: pop, rock, folk ou hip hop, avec un zeste de
musiques du monde.
Les textes des chansons sont en anglais et, pour l'une
d'elles (« Unissasi laulelet »), en finnois. Toutes sont arrangées
avec beaucoup de soin (on sent que Levy a travaillé pour le cinéma).
Bien avant la sortie de « A mouthful », The Do a
fait l'objet d'un énorme « buzz » sur internet, renforcé par le choix
du mini-tube « On my shoulders » pour illustrer une publicité pour
des cahiers.
Attendu au tournant pour son concert du 6 décembre aux
Trans Musicales de Rennes, le duo avait séduit sans aucun mal journalistes
et programmateurs. Résolument tourné vers l'international, il espère
désormais dépasser les frontières de l'Hexagone.
Albanel ouvre lundi
les Entretiens de Valois,
mini-Grenelle du spectacle
La ministre de la Culture, Christine Albanel, lancera
lundi les Entretiens de Valois, sorte de mini-Grenelle du spectacle vivant
très attendu par les professionnels et les collectivités locales, qui
s'interrogent sur le rôle futur de l'Etat dans ce secteur.
Ces entretiens, qui se tiendront au ministère, rue de
Valois, au coeur de Paris, jusqu'au début juin, avaient été annoncés en
décembre par Mme Albanel en réponse à l'« exaspération » exprimée
dans les milieux de la musique, du théâtre et de la danse.
Les professionnels ont d'abord été échaudés par la
lettre de mission envoyée par l'Elysée et Matignon à la ministre,
craignant la promotion d'une « culture de l'audimat ».
Mécontente du budget 2008 du ministère (640 millions
d'euros pour la création), la Fédération des employeurs du spectacle
vivant privé et public (Feps) a ensuite réclamé une rallonge de 50 M EUR
et la tenue d'un « Grenelle de la culture », sur le modèle de celui
de l'environnement.
Mme Albanel a répondu en annonçant un
« desserrement budgétaire » de 34,8 M EUR au titre de la création.
Refusant de convoquer un « Grenelle » en arguant du fait que
« la culture n'est pas un domaine où tout est construire », elle a
aussi proposé des entretiens certes limités au spectacle vivant, mais en
présence des représentants du secteur et des collectivités locales.
La ministre n'a pas caché qu'en lâchant un peu de lest
au plan budgétaire, elle attendait des structures subventionnées qu'elles
s'engagent pleinement dans « un mouvement de réflexion et de réforme
» de leur secteur, qui reste héritier de l'ère initiée par André Malraux
il y a près d'un demi-siècle.
Le ministère a dégagé cinq axes de travail. Outre
l'amélioration des outils statistiques pour mieux observer un secteur qui
manque encore de données objectives, notamment quant à sa fréquentation,
le réexamen des divers labels (centres dramatiques, opéras nationaux,
scènes nationales, conventionnées, etc.) a été évoqué, ainsi que la
généralisation des contrats d'objectifs dans les structures
subventionnées.
La « Rue de Valois » souhaite en outre réviser les
systèmes d'aide à la production et à la diffusion mais aussi valoriser la
dimension européenne de la création.
« Le spectacle vivant, pour la première fois, aura
la possibilité de dialoguer dans son ensemble avec un ministre de la
Culture, c'est une grande première », se réjouit le président de la Feps,
Georges-François Hirsch.
« Cela étant, nous ne sommes pas naïfs: beaucoup
d'inquiétudes subsistent et tout ne sera pas pas réglé d'un coup de
baguette magique », ajoute le responsable patronal.
Les professionnels auraient d'ailleurs aimé que les
doutes concernant l'aide de l'Etat aux structures en 2008 soient
totalement levés avant le début des Entretiens.
Or, si le ministère a assuré que le coeur de son réseau
en région (centres dramatiques et chorégraphiques nationaux, scènes
nationales) serait soutenu en 2008 comme en 2007, d'autres institutions,
compagnies indépendantes et structures musicales notamment, redoutent
toujours une diminution voire un gel partiel de leurs crédits.
Les collectivités locales disent être prêtes à la
« concertation ». « Mais il ne s'agit pas que l'Etat profite de
la situation pour se défausser », a prévenu le président de la Fédération
nationale des collectivités territoriales pour la culture, Florian
Salazar-Martin.
Le réalisateur Martin Scorsese
prépare un documentaire
sur Bob Marley
Le cinéaste américain Martin Scorsese mettra en scène
un documentaire à propos du chanteur de reggae jamaïcain Bob Marley,
rapporte la presse américaine.
Martin Scorsese retracera le parcours de l'artiste qui
a fait découvrir la musique jamaïcaine au monde entier dans les années
1970. Le long métrage a reçu l'aval de la famille Marley, précise le
quotidien professionnel Variety.
La sortie du long métrage est d'ores et déjà prévue le
6 février 2010, date à laquelle Bob Marley aurait atteint l'âge de 65
ans.
Multipliant les « rockumentaires » entre deux
fictions, Martin Scorsese a dévoilé en avant-première mondiale Shine a
Light en ouverture du 58e Festival international du film de Berlin jeudi 7
février. Le documentaire compile deux concerts new-yorkais de la dernière
tournée des Rolling Stones. Shine a Light est attendu en France à partir
du 16 avril prochain.
Amateur de musique, le cinéaste américain a déjà tourné
Du Mali au Mississipi, documentaire sur les racines du blues, et No
Direction Home : Bob Dylan sur le chanteur folk américain.
En septembre 2007, Martin Scorsese devait également
mettre en chantier un documentaire sur l'ex-Beatles George Harrison décédé
en 2001. Le projet semble au point mort.
Bob Marley : No Woman No Cry
Question fictions, Martin Scorsese mettra en scène le
thriller Ashecliffe en mars prochain. Le film s'inspire d'un roman de
Dennis Lehane intitulé Shutter Island. Le casting réunit les acteurs
Leonardo DiCpario, Mark Ruffalo, Ben Kingsley et Michelle Williams. Le
réalisateur devrait ensuite diriger l'adaptation du livre American Darling
de Russell Banks avec Cate Blanchett dans le premier rôle.