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Actualité musicale

21 - 31 janvier 2008

 


  Actualité musicale du 21 janvier 2008 

Huong Thanh, Nguyên Lê :
la fragile beauté des chansons du Vietnam

Le chant vietnamien enivrant de Huong Thanh, les guitares et sons électroniques audacieux de Nguyên Lê, s'entrelacent régulièrement: leur quatrième disque, « Fragile Beauty » (ACT), est né en octobre, et le premier d'une série de concerts a lieu mardi à Paris (New Morning).

Après ce concert en formation étoffée de sept musiciens mêlant instruments occidentaux (piano, basse) et traditionnels (koto japonais, divers instruments à cordes, flûtes et percussions vietnamiennes), les deux complices joueront en trio à Toulouse (23) et Montpellier (24) avec comme comparse le pianiste Dominique Border, puis à Luxembourg (14 février), Nyon (Suisse, 1er mars) et Angoulême (festival Musiques Métisses, 7 mai) avec la joueuse japonaise de koto Mieko Miyazaki.

Née à Saïgon, Huong Thanh est arrivée en France en 1977, à 16 ans. Son père était un acteur et un chanteur réputé de cai luong, une forme de théâtre chanté vietnamien née au début du 20e siècle dont elle possède les secrets.

Né à Paris, Nguyên Lê est musicien professionnel depuis environ 25 ans. Cet autodidacte a joué avec la plupart des musiciens de la famille « jazz world fusion » de la capitale.

« Dans mon enfance, mes parents écoutaient beaucoup de musiques traditionnelles », a-t-il confié à l'AFP. Après lui avoir tourné le dos à l'adolescence, il affronte la question de l'identité dans les années 90. « J'ai mis du temps à y répondre de manière mature. En travaillant avec Thanh, j'ai vraiment trouvé la réponse ».

Avec Huong Thanh, porteuse du chant traditionnel vietnamien en France, il construit depuis une douzaine d'années une véritable oeuvre musicale.

Huong Thanh apporte des chants, tirés du répertoire du cai luong, dont le qan-ho spécifique au Nord, ou du hat boi, forme plus ancienne de théâtre chanté d'inspiration chinoise. Nguyên Lê, guitariste, improvisateur et arrangeur, habille les subtils ornements de sa voix d'arrangements concoctés dans son « home studio », mariant toutes sortes de sonorités.

« Je tente toutes les rencontres possibles, tout en gardant l'âme vietnamienne incarnée par Thanh », explique le musicien, suivi dans cette aventure musicale par des musiciens aussi réputés que Paolo Fresu, Renaud Gracia-Fons ou Etienne Mbappé.

Leur musique, surannée tout en étant novatrice, prend une dimension magique sur scène où Huong Thanh apparaît, lumineuse, en costume traditionnel (le ao dai).


Purple Haze (Jimmy Hendrix) arrangé par Nguyen Le (guitare) avec Francis Lassus (batterie) , Cathy Renoir (voix, harmonica), Etienne Mbappe (basse).
Mosaic Festival de Singapour en 2006.

La troupe Yamato fait son
« daïko show » au Casino de Paris

Les dix percussionnistes de la troupe Yamato, cinq femmes et cinq hommes, sont à l'affiche jusqu'au 3 février au Casino de Paris, où ils offrent une version grand public de l'art du daïko, ce tambour ancestral du Japon dont certains, très imposants, dépassent la taille d'un humain.

Un idéogramme japonais, signifiant « wa daïko (joueur de daïko) Yamato », éclairé en haut d'une scène plongée dans le noir, marque le début de la représentation, avant l'apparition saisissante des tambourineurs, qui utilisent uniquement des baguettes -et non leurs mains- pour ce type d'instrument.

Les éclairages et les costumes (noirs pour la première partie, rouge et noir pour la seconde) jouent aussi un rôle important dans ce spectacle, où l'accent est autant mis sur l'esthétique du geste que sur les rythmes proprements dits, qui ne sont pas d'une extrême complexité.

Parmi les prouesses que recèlent ce spectacle, figure une longue séquence avec six percussionnistes alignés devant la scène pour un numéro au shime-daïko -l'une des formes du daïko-, un petit tambour venu de Corée introduit au Japon vers le 6e siècle, au son proche du djembe.

Mais à force de vouloir trop « occidentaliser » un show baptisé « Shin-On » (« Le battement du coeur »), de vouloir désacraliser cet art très ancien du daïko par l'utilisation de facéties un peu faciles, celui-ci perd parfois en intensité et en magnétisme.

Le public, séduit par ces battements venus de l'autre bout du monde, adhère totalement aux numéros et facéties des percussionnistes d'une troupe, née en 1993 et dont le nom Yamato, était celui de la Cour du premier Etat japonais unifié au 4e siècle.

Les percussions sont en vogue dans la capitale, puisque du 22 janvier au 17 février au Trianon, ce sont celles du Brésil qui seront à l'honneur dans le spectacle « Bale de Rua ».

Réouverture des cinémas, du cirque,
de l'opéra et des bibliothèques,
interdits depuis une dizaine d'années
au Turkménistan

L'ancien président «Turkmenbachi», mort en 2006, avait aussi ordonné la fermeture des cirques, de l'opéra et des bibliothèques.

Les Turkmènes, privés des plaisirs du cinéma, du cirque et même de l'opéra, interdits il y a une dizaine d'années par le défunt président Saparmourat Niazov, vont bientôt retourner dans les salles obscures et au spectacle, a annoncé dimanche leur nouveau président.

«Je propose de faire renaître chez nous l'art lyrique», a déclaré le président Gourbangouly Berdymoukhamedov qui a remplacé le président à vie dit «Turkmenbachi», le leader de tous les Turkmènes, mort il y a un peu plus d'un an.

«Il est également temps de reconstruire et de rouvrir le bâtiment du cirque d'Etat d'Achkhabad, de rétablir sur sa piste les spectacles de cirque dont les très populaires représentations équestres nationales», a déclaré le président au cours d'une réunion avec la presse et des intellectuels retransmise à la télévision.

«Il est regrettable aussi de voir qu'il n'existe pas de bons cinémas à Achkhabad. Les salles de cinéma sont actuellement utilisées pour d'autres usages et nécessitent une rénovation complète», a-t-il ajouté.

Turkmenbachi, devenu président de cette ex-république soviétique d'Asie centrale en 1990, un an avant la chute de l'URSS, avait instauré un culte délirant de sa personnalité.

En 1999-2000, il avait interdit l'opéra et le ballet pour «non conformité avec la mentalité nationale». Le seul opéra du pays avait été détruit et la troupe dissoute. Les spectacles de cirque avaient été interdits, tous les cinémas fermés ainsi que les bibliothèques régionales et départementales.

Ludivic Tézier, pour la 3e fois au Metropolitan,
avec le rôle de Marcello
dans la « Bohème » de Puccini

Après le grand succès de Ludovic Tézier dans le rôle de Werther (version baryton – prise de rôle ) à La Monnaie de Bruxelles, Ludovic Tézier retrouve la scène du Metropolitan Opéra de New York où il tiendra le rôle de Marcello dans La Bohème mise en scène par Franco Zeffirelli, sous la baguette du maestro Nicola Luisotti, du 29 mars au 18 avril 2008 .

Œuvre fort différente et tout aussi célèbre, La Bohême de Puccini, que le baryton français se produit, cette fois au Metropolitan Opera de New York. Le rôle de Marcello lui est familier ; ce peintre ami du héros, représentant typique de cette « bohême » parisienne mêlant les plaisirs d’une vie libre et la misère qui formera le nœud du drame, est doté de beaux moments lyriques, nourris par la psychologie musicale magistrale de Puccini. Les moments musicaux en compagnie de Musette, couple qui répond à celui des héros, Rodolfo et Mimi, le duo avec Rodolfo à l’acte IV : tout cela forme la trame d’un rôle vocal fort riche, et dote Ludovic Tézier de tout un ensemble de caractères musicaux contrastés.

C’est la 3eme venue de Ludovic Tézier sur la scène du Metropolitan Opéra de New York.

Autour du maestro Nicola Luisotti, une belle distribution : Angela Gheorghiu, dans le rôle de Mimi, Ramon Vargas est Rodolfo et Ludovic Tézier tient le rôle Marcello.

Prochain rendez-vous avec Ludovic Tézier : juin 2008 au Théâtre des Champs Elysées : Falstaff - rôle de Ford.

L’orgue est mort ? Vive l’orgue !
Un enouvelle revue : « Orgues nouvelles »

Les signes funestes de son prochain enterrement abondent... tout autant, heureusement, que les raisons d’espérer en sa reverdie. Nous choisissons cette petite espérance, tenace et merveilleuse.

Comme vous, nous ne pouvons nous résigner à la disparition d’un patrimoine et d’un savoir-faire uniques et prestigieux – prestigieux parce qu’uniques.

Avec vous, il nous faut remonter aux sources de l’orgue, revivifier les racines, toiletter son statut, capter les ondes  européennes, apprivoiser les collègues musiciens, convaincre les pouvoirs publics, susciter l’appétit... bref marier un  passé qui nous a nourri, un présent de cohésion sociale et un avenir prometteur.

Nous y sommes prêts. Avec vous. Grâce à la nouvelle revue Orgues Nouvelles s’adressera aux organistes et amis de l’orgue, mais aussi aux musiciens et mélomanes de tous horizons.

Ce magazine abordera, dans leurs aspects culturel et cultuel, et dans un “souffle” européen, les domaines de la formation et de la vie des organistes, les actualités, la facture d’orgue, le patrimoine, les autres domaines musicaux et sera complété d’un agenda des concerts, stages, manifestations...

Il proposera aussi des partitions inédites et un DVD avec enregistrements, partitions en Pdf et iconographie... Ce nouveau magazine veut justifier les deux termes de son titre par trois ambitions :

Orgues : toucher les organistes, tous les organistes, et tous ceux qui de près ou de loin travaillent à l’avenir de cet instrument prestigieux et menacé.

Nouvelles : collecter et diffuser toutes nouvelles concernant l’orgue, sa musique, ses musiciens ; informer, former,  réagir ; magnifier son répertoire cultuel, mais aussi réhabiliter, revivifier et imposer sa place dans le concert instrumental profane.

Ainsi Orgues Nouvelles mettra en valeur sa très forte identité européenne sur les plans patrimoniaux, musicaux et socio-culturels.

Comité d’honneur Orgues nouvelles : Cardinal Paul Poupard, Marie-Claire Alain, Marie-Louise Girod, Gilbert Amy, Philippe Beaussant (de l’Académie française), Gilles Cantagrel, Christophe Coin, Henri Dutilleux, Bernard Foccroulle, Jean-Pierre Leguay, Jacques Taddei…

Comité de reflexion et d’initiatives : Georges Guillard, François Espinasse, Henri de Rohan-Csermak, Jean-Michel Dieuaide, Alain Cartayrade, Rémy Fombon,Paul Souchal, Michel Trémoulhac, Florence Leyssieux.

Editions Voix Nouvelles, 34 rue Paul Bert - 69003 Lyon. Tél. 04 72 77 57 62 Fax 04 72 61 17 64

Le 13e Concours International
de Piano Milosz Magin
aura lieu à Paris du du 19 au 24 mars 2009

Sous le haut patronage du Ministère de la Culture et de la Communication et du Ministère de la Culture et du Patrimoine National de Pologne.

Fondé en 1985 par Milosz MAGIN, ce concours a pour vocation de révéler des talents internationaux, de faire découvrir les différents aspects de la musique polonaise et de rendre hommage à la musique française. Composé de 3 degrés sans limite d'âge, il est ouvert aussi bien aux très jeunes pianistes qu'aux concertistes. Il est doté de 10 000 euros de Prix, de l'enregistrement d'un CD, de concerts en France et en Pologne.

Comité d’honneur : Alexandre BODAK, Mario BOIS, Youri BOUKOV, Jacques CHAILLEY, Tadeusz CHMIELEWSKI, France CLIDAT, Thérèse DUSSAUT, Patrice FONTANAROSA, Jean-Marie FOURNIER, Henri GORAIEB, Alexandre HANLET, Yves HENRY, Barbara HESSE - BUKOWSKA, Charles IMBERT, Jan A. JARNICKI, Danielle LAVAL, Jean-Marc LUISADA, Daniel MAGNE, Daniel OLBRYCHSKI, Janusz OLEJNICZAK, Evelyne PAGES, Piotr PALECZNY, Barbara PIASECKA - JOHNSON, Gérard POULET, Livia REV, Eliane RICHEPIN, Bruno RIGUTTO, Henri SAUGUET, Tserenjigmed SHARAVTSEREN, Gabriel TACCHINO, Alexandre TANSMAN, Antoine TISNE.

Règlement

1 - Le Concours International de Piano Milosz MAGIN se déroulera à Paris du 19 au 24 mars 2009 ; 19 : Concert d’ouverture ; 20 : Concertiste : Epreuve I - 23 : Concertiste : Epreuve II ; 21 : Supérieur ; 24 : Concert des Lauréats

2 - Le concours est ouvert aux pianistes de toutes nationalités et sans limite d’âge.

3 - Le concours comprend 3 degrés : ELEMENTAIRE, SUPERIEUR, CONCERTISTE. Les degrés Elémentaire et Supérieur se dérouleront en une épreuve. Le degré Concertiste comprendra 2 épreuves.

4 - Toutes les oeuvres seront exécutées sans reprise et de mémoire.

5 - Le jury composé d’éminentes personnalités musicales pourra ne pas attribuer tous les prix. Ces décisions sont sans appel. En cas de partage des voix, celle du Président est prépondérante. Il se réserve le droit d’écourter l’audition des candidats.

6 - Les Prix annoncés n’engagent que les donateurs. Les engagements proposés sont attribués selon la décision du directeur artistique ou comité organisateur de chaque événement musical.

7 - Après réception du dossier complet, les candidats seront informés quinze jours avant la date prévue, de la salle et de l’heure à laquelle ils devront se présenter.

8 - Le droit d’inscription ne sera remboursé en aucun cas.

9 - Toutes les épreuves seront publiques. Les candidats acceptent d’être filmés et enregistrés.

10 - Les lauréats s’engagent à participer au concert de clôture du Concours.

Programmes ; Prix ; Inscription ; Palmarès ; Informations ; Éditions Concertino


  Actualité musicale du 22 janvier 2008 

L'Opéra-Comique aux sources
de l'art lyrique français avec Lully

Jérôme Deschamps, nouveau directeur du Théâtre national de l'Opéra-Comique, a choisi de « remonter aux sources de l'art lyrique français » avec « Cadmus et Hermione » de Lully sur un livret de Quinault, la deuxième production de sa première saison.

La réalisation de ce spectacle, accueilli avec chaleur par le public dès la première lundi soir et joué à cinq reprises à Paris jusqu'au 27 janvier avant une tournée, a été confiée au chef Vincent Dumestre à la tête du Poème Harmonique et au metteur en scène Benjamin Lazar.

En 2004, le même tandem avait signé un « Bourgeois gentilhomme » de Molière avec la musique de Lully qui a redonné vie avec bonheur à un genre spécifique, la comédie-ballet.

Avec « Cadmus et Hermione » - représenté comme « Le Bourgeois » avec un éclairage à la bougie et une prononciation proche de celle du Grand siècle, en se référant à une riche documentation pour les décors peints et les costumes très colorés -, on est en présence d'un autre genre spécifique à la France, la « tragédie lyrique mise en musique ».

« Cadmus et Hermione », qui fut créé en 1673 et était le deuxième spectacle de la toute nouvelle Académie royale de musique confiée à Lully, est considérée comme l'acte de naissance de l'opéra français: une tentative de faire tenir ensemble la partie instrumentale, le chant, un récitatif moteur du drame et la danse, le tout au service d'une progression dramatique.

La fusion est effectivement réussie et bien rendue par la production bien que « Cadmus et Hermione » ait une action ténue par rapport aux tragédies ou comédies de la même époque de Racine et Molière.

Philippe Quinault, le librettiste, a tiré son sujet d'Ovide en le modifiant. Le prince phénicien Cadmus ne part plus à la recherche de sa soeur Europe mais d'Hermione, ce qui l'engage à s'opposer à Mars et à vaincre différentes épreuves. Les deux principaux protagonistes sont flanqués de confidents qui introduisent le comique dans l'intrigue.

Benjamin Lazar fait une large utilisation de la machinerie pour faire apparaître les Dieux, les furies et autres dragon, python, etc. Les parties dansées réglées par Gudrun Skamletz s'intégrent parfaitement à l'action.

Après Paris, le spectacle, coproduit avec le Centre de musique baroque de Versailles et la Fondation Royaumont, sera donné à l'Opéra de Rouen les 3, 5 et 6 février et au Théâtre de Caen les 20 et 22 mars.

A l'Opéra-Comique, le Poème Harmonique fera aussi entendre la parodie de cette tragédie lyrique signée en 1737 sur des airs populaires connus par Denis Carolet, « Pierrot Cadmus », les 23 et 24 janvier à 14h30, le 25 à 20h00 et le 26 à 16h00.

Décès d'Andy Palacio,
artiste de l'Unesco pour la paix

Le guitariste et chanteur bélizien Andy Palacio, artiste de l'Unesco pour la paix, est décédé samedi soir à l'âge de 47 ans, au Belize, des suites d'une crise cardiaque foudroyante, a annoncé lundi son producteur dans un communiqué.

Andy Palacio était issu de la communauté garifuna, descendante d'esclaves noirs d'Afrique et d'indiens. Cette communauté, qui possède une culture, une langue et des codes spécifiques, est disséminée au Belize et dans les pays voisins (Guatemala, Honduras, Nicaragua).

Profondément attaché à la préservation de la culture garifuna, à laquelle il a consacré une partie de sa vie, Andy Palacio avait été nommé en octobre artiste de l'Unesco pour la paix.

Vedette du punta rock -équivalent pour les garinagu (pluriel de garifuna) du zouk pour les Antillais-, Andy Palacio a largement contribué à préserver la richesse de la musique traditionnelle du peuple garifuna, où se mêlent influences amérindiennes, africaines et caribéennes, dont le coeur est au Belize.

Il avait donné deux concerts en juin dernier à Paris, dont un à l'Olympia où il avait partagé l'affiche avec Abd Al Malik, Sanseverino et Mamani Keita, dans le cadre de la Fête de la Musique.

Deux mois avant, il avait publié l'album « Watina » (« J'interpelle »), où les chants et rythmes garifuna prenaient une saveur particulière, rehaussés de guitares aux accents soul ou d'un saxophone.

L'origine de la communauté garifuna remonte à 1635, lorsque deux navires négriers sombrèrent au large de l'île Saint-Vincent. Les survivants y furent recueillis par les indiens arawaks.

De ce mélange naquit la communauté garifuna dont les membres, rétifs à toute forme de colonisation, furent déportés fin XVIIIe sur une île en face du Belize (ex-Honduras britannique).

 
  Actualité musicale du 23 janvier 2008 

Le 23 janvier à partir de 19h30
Paris, Scène Bastille
Le 27 février à 20h30
Paris, Studio de l'Ermitage 

Hervé Samb
 
Mike Armoogum – Basse
Jon Grandcamp – Batterie
Taffa Cisse – Percussions
Remy Zakine aka DJ Kin'z – Platines  
1ère partie : Amen Viana

Guitariste-compositeur, né au Sénégal, Hervé Samb commence la guitare à 9 ans. Il s’intéresse depuis toujours aux rythmes de ses origines et à la musique noire américaine. Véritable passionné, à 11 ans il entame une carrière parallèlement à ses études.

Le Blues s’impose à lui très vite. Il forme son premier groupe « Hervé SAMB Quintet » et participe à des festivals locaux dont lr Saint-Louis Festival. Il y rencontre Lucky Peterson, et joue avec lui.

Sa route croise ensuite celle de Pierre Van Dormal. Guitariste, professeur au conservatoire de Dakar, PVD devient son maître spirituel et détermine sa rencontre décisive avec le Jazz. Amoureux de la musique et avide de connaissances, le musicien autodidacte se perfectionne à travers l’étude de l’harmonie. Ses progrès sont spectaculaires !

 En Août 1998 il s’installe à Paris. Très rapidement il intègre diverse formations, c’est le début d’une carrière internationale : Amadou & Mariam, David Murray, Meshell Ndegeocello, Cheikh Tidiane Seck, Jacques Schwarz-Bart, Richard Bohringer, Boney Fields…

 La polyvalence et l’ouverture artistique de Samb continue d’en surprendre plus d’un. Outre la réalisation de plusieurs albums, il nous revient avec son projet, « CROSS OVER » qui résume l’intime relation entre l’Afrique et l’Amérique Noire. Ce répertoire repose sur des compositions originales et il distille un son moderne où Rock, Blues et Jazz s’offrent un séjour en Afrique !

 Discographie :

  • 2007 – Meshell Ndegeocello, The World has made me the man of my dream
  • 2007 – Somi, Red soil in my eyes
  • 2006 – World Saxophone Quartet, Political Blues
  • 2006 – Boney Fields & the Bone’s project, We Play The Blues
  • 2006 – Meshell Ndegeocello, The Article 3
  • 2006 – Kdr-Society, Welcom to village
  • 2005 – Kdr-Society, Last flight from Rwanda
  • 2004 – David Murray & The Gwoka Masters (avec Pharoah Sanders), Gwotet
  • 2002 – Boney Fields & the Bone’s project, Red Wolf
  • 1999 – Boney Fields & the Bone’s project, Hard Work

2 bis rue des Taillandiers 75011 Paris / Réservations 01 48 06 50 70 - M : Bastille, Ledru Rollin — Entrée 15 €  - Préventes 12 € (Of Course Productions 06.64.84.69.40 / ofcourseprod@gmail.com

Le 27 février à 20h30, Au Studio de l'Ermitage, 8 rue de l'Ermitage, 75020 Paris / 01 44 62 02 86. Métro Jourdain, Ménilmontant. http://www.studio-ermitage.com

Management/Booking - Of Course Productions, Lucia Luce : ofcourseprod@gmail.com, 06 64 84 69 40. Presse - Charlotte De Jésus chalalou@yahoo.fr - 06 89 52 81 48


  Actualité musicale du 24 janvier 2008 

24 janvier 2008, 12h30
Paris, Salle Cortot
« Les concerts de midi et demi »

Récital de piano
Guigla Katsarava
Scriabine, Debussy, Liszt

Guigla Katsarava est né à Tbilissi, formé à l'école russe de piano par le maître Lev Naoumov au conservatoire Tchaikovski de Moscou.

Titulaire du Konzert Diplom de État allemand, 1er prix du concours international Rachmaninov, lauréat du concours international William Kappell (USA), concertiste, chambriste (partenaire régulier du violoniste Gérard Poulet), professeur de piano à l'école normale de musique Alfred Cortot à Paris

Concert soutenu par Culturesfrance et la SACEM — Entrée libre — École Normale de Musique de Paris, 78 rue Cardinet, 75 017 Paris. Métro Malesherbes.

Paris célèbre Elliott Carter,
compositeur bientôt centenaire

La Cité de la musique à Paris dédie dès mardi soir et jusqu'à dimanche une troisième biennale aux quatuors à cordes, dont les cinq composés par l'Américain Elliott Carter, compositeur d'avant-garde toujours vivant qui s'apprête à fêter ses 100 ans.

Elliott Carter est presque l'exact contemporain d'Olivier Messiaen, largement honoré en 2008: il est né le 11 décembre 1908, le lendemain du compositeur français, qui est lui décédé en 1992.

Comme Messiaen, la quête de séduction en moins peut-être, le New-Yorkais a développé un langage original et exigeant, hors de toute chapelle, loin de l'esthétique très américaine de Leonard Bernstein ou d'Aaron Copland, et a fortiori du courant minimaliste de Philip Glass et Steve Reich.

Encouragé par l'iconoclaste Charles Ives, inspiré par les expérimentations d'Henry Cowell et Edgar Varèse, Carter doit aussi une partie de sa formation à la France puisqu'il a travaillé entre 1932 et 1935 à l'Ecole normale de Paris auprès de Nadia Boulanger, qui a prodigué ses conseils à nombre de compositeurs américains du XXe siècle.

Pierre Boulez, figure tutélaire de la musique contemporaine française, demeure l'un de ses principaux soutiens.

Elliott Carter a écrit entre 1950 et 1995 cinq quatuors à cordes, forme classique par excellence qu'il a revisitée de manière radicale, avec une complexité rythmique qui est sa marque de fabrique.

L'intégrale de ces pièces sera donnée à la Cité de la musique par quatre des meilleurs quatuors américains et européens, les Juilliard (quatuor n° 2, mardi), Arditti (n° 3 vendredi et n° 4 samedi), Pacifica (n° 1 dimanche) et Amati (n° 5 dimanche).

Les quatuors de Carter seront donnés dans la perspective de ceux de Haydn, que l'Américain affectionne, de même que ceux de Beethoven, Schubert, Dvorak, Bartok ou Chostakovitch, entre autres compositeurs honorés lors de cette 3e Biennale de quatuors à cordes, riche de 12 concerts en six jours.

Un site internet (www.carter100.com) a été créé pour célébrer le centenaire du compositeur et recenser à l'échelle mondiale les concerts qui lui seront consacrés cette année, notamment aux Etats-Unis au Carnegie Hall de New York et à Tanglewood, la résidence d'été de l'Orchestre symphonique de Boston.

Le Philharmonique de Berlin
rend hommage à Karajan

L'Orchestre philharmonique de Berlin rend hommage cette semaine dans la capitale allemande puis à Paris, Lucerne (Suisse) et Vienne à celui qui fut son « chef à vie » pendant 44 ans, l'Autrichien Herbert von Karajan (1908-1989), dont on célèbre en 2008 le centenaire de la naissance.

La célèbre formation symphonique se produira à la Philharmonie de Berlin mercredi, à la salle Pleyel à Paris vendredi, au Centre de la culture et des congrès de Lucerne samedi et au Musikverein de Vienne lundi, sous la direction du Japonais Seiji Ozawa, 72 ans, qui fut l'élève de Karajan.

Ces quatre concerts affichent le même programme d'oeuvres reflétant le répertoire de prédilection du charismatique chef salzbourgeois: le concerto pour violon de Beethoven avec en soliste l'Allemande Anne-Sophie Mutter, remarquée dès 1976  — elle avait 13 ans — par Karajan et, en seconde partie, la sixième symphonie, dite « Pathétique », de Tchaïkovski.

L'année 2008 permet de célébrer un double anniversaire autour de Karajan: outre le centenaire de sa naissance, le 5 avril, elle marque les 70 ans de sa rencontre avec les Berliner Philharmoniker (littéralement les « Philharmonistes berlinois »), phalange qui en a fait son « directeur artistique à vie » de 1955 à sa mort le 16 juillet 1989.

Le Ballet de l'Opéra de Lyon
fait une étape attendue
au Théâtre de la Ville

Après le Ballet national de Marseille à Chaillot, le Ballet de l'Opéra de Lyon fait également une étape attendue à Paris en ce début d'année 2008, depuis mardi soir et jusqu'à samedi au Théâtre de la Ville, avec deux chorégraphies au programme.

L'une, de 30 minutes, « Enemy in the figure », signée en 1990 par l'Américain William Forsythe et ovationnée par le public mardi, témoigne d'une politique artistique tournée vers le répertoire éprouvé du dernier quart du XXe siècle.

L'autre pièce, longue de 55 minutes, « Superstars », du Français Rachid Ouramdane, un temps passé par le hip hop, est la preuve d'une ouverture de la formation lyonnaise à de nouvelles expériences.

Toutefois, l'utilisation et l'intégration de la vidéo n'y sont pas encore totalement convaincantes. Ce que montrent et laissent entendre les écrans vidéo (la touchante confession des sept danseurs venus de pays différents) distrait trop le spectateur de leurs sept solos dansés successifs, sur un accompagnement musical d'Alexandre Meyer, adapté au ton de chacun des interprètes.

L'accueil pour cette nouveauté a d'ailleurs été tiède. Mais il est vrai que « Superstars » pâtit du voisinage avec « Enemy in the figure », composition en séquences à l'écriture fulgurante et syncopée, qui réclame de 11 danseurs une virtuosité spectaculaire.

Le Ballet de l'Opéra de Lyon est la compagnie de danse française qui effectue le plus de tournées en France et dans le monde depuis sa relance il y a pas loin de trente ans par Françoise Adret.

Aujourd'hui, c'est l'ancien danseur d'origine grecque Yorgos Loukos qui préside aux destinées de cette troupe forte de 32 danseurs de 14 nationalités.

Dès 1985, puis en 1986, le Théâtre de la Ville accueillait le Ballet de l'Opéra de Lyon avec la « Cendrillon » de la Française Maguy Marin.

Cette chorégraphie interprétée par les danseurs avec des masques de poupées sur la musique de Prokofiev, a été longtemps la carte de visite de la compagnie, qui n'était pas venue au Théâtre de la Ville depuis 2004.

Pour ses soixante ans,
le Festival d'Aix, promet
une « célébration festive »

Le Festival d'Aix-en-Provence, l'un des grands rendez-vous de l'été dans le monde de l'art lyrique, a présenté mercredi sa programmation 2008 et promis une « célébration festive » de son soixantième anniversaire, du 27 juin au 23 juillet.

La prochaine édition sera riche de six productions scéniques, seize concerts et récitals et une soixantaine de manifestations de l'Académie européenne de musique, pépinière de jeunes talents qui fête ses dix ans.

Le premier festival français par le budget (18,8 millions d'euros hors taxes) dans le domaine du spectacle vivant espère dépasser les 80.000 spectateurs comptabilisés l'an dernier (en hausse de 33% par rapport à 2006) et notamment porter à 25.000 le nombre d'entrées à ses manifestations gratuites.

« L'ensemble de la programmation sera porteuse à la fois de mémoire et de prospective », a indiqué à la presse le directeur général du festival, le Belge Bernard Foccroulle, qui estime que « les commémorations n'ont de sens que si nous nous emparons du passé pour mieux préparer l'avenir ».

Le Festival d'Aix a été fondé en juillet 1948 par Gabriel Dussurget, qui avait programmé en guise de premier opéra « Cosi fan tutte » de Mozart dans le plein air enchanteur de l'Archevêché: soixante ans plus tard, cette oeuvre sera donnée au même endroit dans une mise en scène d'Abbas Kiarostami.

Le cinéaste iranien fera ses débuts à l'opéra dans une production dirigée en fosse par le baroqueux Christophe Rousset, pour la première fois présent à Aix.

Le chef britannique Daniel Harding, invité tous les ans depuis 1998 mais dont les prestations étaient critiquées, a disparu de l'affiche. C'est sous la direction du fin mozartien Louis Langrée que « Zaïde » de Mozart fera son entrée au répertoire aixois, dans une mise en scène de l'Américain Peter Sellars. Valeur montante de la direction d'orchestre, Jérémie Rhorer a été chargé d'une rareté de Haydn, « L'infedelte delusa » (« L'infidélité trompée »), mise en scène par un autre jeune talent, Richard Brunel.

L'un des événements de cette édition-anniversaire devrait être la création mondiale du sixième opéra de Pascal Dusapin, « Passion », sous la baguette du Français Franck Ollu et dans une mise en scène de l'Italien Giuseppe Frigeni.

« Contrairement aux idées reçues, l'opéra contemporain se porte bien« , estime Bernard Foccroulle, qui a déjà passé commande à l'Italien Luca Francesconi, au Japonais Toshio Hosokawa et au Britannique George Benjamin pour des créations en 2009, 2010 et 2011.

Autre rendez-vous attendu, l'Orchestre philharmonique de Berlin, son chef anglais Simon Rattle et le metteur en scène Stéphane Braunschweig poursuivront leur luxueux « Ring » de Wagner avec « Siegfried », le ténor canadien Ben Heppner faisant à cette occasion ses débuts dans le rôle-titre.

Deux autres formations berlinoises ont été conviées: l'Akademie für Alte Musik et le RIAS-Kammerchor, qui donneront l'oratorio « Belshazzar » de Haendel sous la direction du Belge René Jacobs et dans un spectacle de l'Allemand Christof Nel.

En concert, Aix fêtera un autre anniversaire, le centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen, notamment avec sa fameuse « Turangalîla-Symphonie », dont la première européenne eut lieu dans ce festival en 1950.

Les 60 ans de la manifestation seront aussi célébrés par des expositions, la mise en ligne d'archives de l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) et des rencontres, dont un colloque « pour en finir avec l'esclavagisme » en écho à « Zaïde », qui met en scène une esclave.

Abbas Kiarostami mettra en scène
« Cosi fan tutte », à Aix

Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami fera ses débuts de metteur en scène d'opéra avec « Cosi fan tutte » de Mozart en juillet prochain lors du 60e Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, a annoncé la manifestation mercredi.

Cette nouvelle production sera donnée huit fois du 4 au 19 juillet dans le cadre de plein air du Théâtre de l'Archevêché sous la direction musicale du chef d'orchestre baroque français Christophe Rousset, placé à la tête de la Camerata de Salzbourg.

Le spectacle est coproduit par l'English National Opera (ENO) de Londres, qui l'accueillera ultérieurement.

« C'est une expérience nouvelle, qui me touche au plus haut point », a indiqué lors d'une conférence de presse à Paris Abbas Kiarostami, 67 ans, Palme d'or à Cannes en 1996 pour « Le Goût de la cerise » et Grand prix spécial du jury à Venise en 1999 pour « Le Vent nous emportera ».

C'est le directeur général du Festival d'Aix, le Belge Bernard Foccroulle, qui a proposé au réalisateur iranien de tenter l'aventure lyrique.

« Je dois vous avouer que je me suis rendu au premier rendez-vous en me disant que je ne pouvais pas accepter, que ce travail n'était pas le mien, que je ne serais pas à la hauteur. On me proposait quelque chose que personne n'avait eu la folie de me proposer auparavant », a confié Abbas Kiarostami.

« Mais Bernard (Foccroulle) m'a convaincu d'entrer dans cet univers », a ajouté le cinéaste qui, « au fur et à mesure » de son travail, se « rend compte de l'universalité » de « Cosi fan tutte » (« Ainsi font-elles toutes »), « dramma giocoso » de 1790 sur les jeux de l'amour.

Pour Abbas Kiarostami, « nous faisons tous de la musique: nous ne faisons que changer d'instrument. Maintenant que j'ai changé, je me rends compte que ce n'est pas plus difficile que le cinéma, je m'en sors ».

« Dans l'opéra, les contraintes sont nombreuses mais vous mettent sur des rails, c'est un cadre assez salvateur », estime le réalisateur, évoquant le « plaisir immense que (lui) procure ce travail ».

Marché de la musique :
environ 17% de baisse en 2007

Le marché de gros hors taxes des ventes de musique en France, tous supports confondus (physiques et numériques), a poursuivi sa chute en 2007, avec une baisse évaluée à 17% environ, ont indiqué les producteurs de disques mercredi, à quelques jours de l'ouverture du Midem.

Selon le Snep (Syndicat national de l'édition phonographique), le marché a chuté de 50% depuis le début de la crise en 2002, que les producteurs attribuent essentiellement au téléchargement pirate sur internet.

« La baisse pour 2007 est comprise entre 15 et 20%, probablement autour de 17%, et le marché de gros hors taxe de la musique représente moins de 800 millions d'euros », ont annoncé Christophe Lameignère et Hervé Rony, président et directeur général du Snep, évoquant une « année pourrie ».

Le Snep dévoilera l'intégralité des chiffres de 2007 lundi à Cannes, au Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale).

Selon lui, la progression du chiffre d'affaires des ventes sur le marché numérique (internet et téléphonie mobile) s'est tassée (+ 15 à 20% contre + 30% en 2006), en raison de la chute du marché des sonneries téléphoniques. Le numérique représente moins de 10% du marché total.

La progression des téléchargements de morceaux sur internet ou téléphones mobiles est « assez forte », ont-ils souligné sans donner de chiffres.

« Au-delà de la vente à la carte (de chansons ou d'albums) se développent les abonnements, les revenus du streaming (écoute sans téléchargement) ainsi que d'autres téléchargements comme les logos ou les fonds d'écran, ce qui montre que le numérique engendre une diversification des revenus », a commenté M. Rony.

Le Snep a répété qu'il était « très content » de l'accord sur l'offre culturelle en ligne signé fin novembre à l'Elysée, après une mission confiée au Pdg de la Fnac, Denis Olivennes.

« Il faut que cela se mette en place rapidement, à l'été », a souhaité M. Rony. Selon le Snep, le gouvernement pourrait déposer un texte devant le Sénat en première lecture peu après les municipales.

Cet accord signé entre les secteurs de la musique, du cinéma, d'internet et les pouvoirs publics prévoit une série de mesures pour freiner le piratage et stimuler l'offre légale en ligne.

Rolando Villazon,
chevalier des Arts et Lettres

Le ténor mexicain Rolando Villazon, l'un des chanteurs d'opéra les plus demandés de sa génération, sera fait lundi soir chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres à Paris, où il vit, a-t-on appris mercredi dans son entourage professionnel.

Ses insignes lui seront remis par l'ancien directeur de l'Opéra de Paris Hugues Gall à l'issue du récital qu'il donnera au Théâtre des Champs-Elysées dans la série « Les Grandes Voix ».

Cette soirée marquera le retour sur une scène parisienne de ce musicien de 35 ans qui a dû observer quatre mois de repos fin 2007 en raison d'un surmenage vocal.

Acclamé sur les plus grandes scènes lyriques, de l'Opéra de Paris au Metropolitan Opera de New York en passant par Covent Garden à Londres, Rolando Villazon est nommé dans la catégorie « artiste lyrique de l'année » aux Victoires de la musique classique 2008, qui seront remises le 13 février à Toulouse.

Il retrouvera la soprano austro-russe Anna Netrebko, sa partenaire chez Deutsche Grammophon (Universal), en août prochain au Festival de Salzbourg dans « Roméo et Juliette » de Gounod.

Jean-Pierre Bourcier
réélu président du Syndicat de la critique

Jean-Pierre Bourcier, rédacteur en chef adjoint à La Tribune, a été réélu lundi président du Syndicat professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse, a-t-on appris auprès de cette association.

Agé de 64 ans, Jean-Pierre Bourcier est entré en 1995 au quotidien La Tribune, après avoir été journaliste notamment aux Echos et à Libération. Il anime également un master de journalisme bilingue à l'université Paris III.

Le Syndicat de la critique de théâtre, de musique et de danse regroupe quelque 150 critiques français et étrangers exerçant leur activité en France.

Le bureau de ce syndicat professionnel se compose également de trois vice-présidents: pour le théâtre Jean Chollet (Actualité de la scénographie), pour la musique Christian Merlin (Le Figaro, L'Avant-Scène Opéra) et pour la danse Gwénola David (La Terrasse, Danser, Mouvement).

Annie Chénieux (Le Journal du dimanche) et Alain Cochard (Concert Classic.com, Diapason) ont été réélus secrétaire généraux et Irène Sadowska-Guillon (Cassandre et Espace latino) reste trésorière.

Les autres membres du comité sont Bertrand Bolognesi (Anaclase), Yves Bourgade, Gérard Corneloup (Le Figaro), Mme Dominique Darzacq, Jacques Doucelin (Opéra magazine, Concertclassic.com), Pierre Flinois (L'Avant-scène opéra), Claude Glayman (Opéra magazine), Laurent Goumarre (France Culture), Jean-Pierre Han (Lettres françaises, Témoignage Chrétien, Frictions), Marie-José Sirach (L'Humanité) et Manuel Piolat-Soleymat (La Terrasse,Theatre on line).


  Actualité musicale du 25 janvier 2008 

Vendredi 25 janvier
Paris, Église Sainte-Croix-des-Arméniens

Concert
Le choeur Aria de Paris (Sylvie Portal , dir)
Orchestre Vocations (Reta Kazarian, dir)
Participation exceptionnelle de Michel Piquemal

Mozart, Aria de concert KV 432, 513
Mendelssohn, Psaume 42
Beethoven, Ouverture d'Egmont

Places 18 / 20 € - réservation 01 47 63 76 14 et sur place à partir de  19h45. Places non numérotées, accès handicapés.

 « La Dame de pique » de Tchaïkovski
ou la force du destin à l'opéra de Lyon

L'opéra de Lyon accueille depuis mercredi soir « La Dame de pique » de Piotr Illich Tchaïkovski, oeuvre lyrique inspirée d'une nouvelle d'Alexandre Pouchkine sur le destin tragique d'un jeune Russe ayant succombé à la passion du jeu.

Mis en oeuvre par Peter Stein, figure emblématique du théâtre allemand et européen, cet opéra en trois actes, composé par Tchaïkovski en 1890, dont le livret avait été rédigé par son frère Modeste à partir d'une nouvelle éponyme de Pouchkine, se déroule au milieu du XVIIIe siècle.

Le personnage principal, Hermann, est amoureux de Lisa, jeune fille promise au prince Eletski, et petite-fille de la Comtesse, une passionnée de jeu qui aurait reçu dans sa jeunesse le secret d'une combinaison de trois cartes lui permettant de gagner systématiquement. Elle porte d'ailleurs depuis le surnom de dame de pique.

Ce secret fascine Hermann, qui intimide la vieille dame. Celle-ci meurt terrorisée par ses menaces. Plus tard, le spectre de la Comtesse apparaît à Hermann et lui divulgue la combinaison secrète (trois, sept et as) à condition qu'il épouse Lisa. Mais ce dernier n'a qu'une idée en tête: jouer. La belle réalise alors que la passion du jeu de Hermann l'emporte sur la passion amoureuse, et de dépit, elle se jette dans la Neva.

Hermann s'empresse d'aller jouer et remporte la mise avec le trois, puis le sept. Sûr de lui, il mise l'as contre le prince Eletski qui attend sa revanche. Or, la troisième carte n'est pas l'as comme prévu mais la dame de pique. Le spectre de la comtesse apparaît à Hermann, qui se suicide.

Passions dévastatrices du jeu pour Hermann (Viktor Luthier), de l'amour pour Lisa (Olga Guryakova) : la mise en scène des drames vécus par les personnages est empreinte de réalisme et de psychologie et la musique, dirigée par le Russe Kirill Petrenko, dépeint avec justesse et sensibilité chacun des états d'âmes. Le tout au milieu des décors de Ferdinand Wögerbauer d'une grande sobriété.

« La Dame de pique » est le dernier volet d'une trilogie de Tchaïkovski d'après les oeuvres de Pouchkine, dont le directeur de l'opéra de Lyon Serge Dorny avait confié la mise en scène à Peter Stein, et la direction à Kirill Petrenko.

Les deux autres volets, « Mazeppa » et « Eugène Onéguine », ont été présentés à Lyon en 2006 et 2007. « La Dame de pique » est à l'affiche jusqu'au 5 février.

Série d'hommages à Stéphane Grappelli,
qui aurait cent ans

Concerts et coffrets viennent fleurir le centième anniversaire de la naissance du violoniste de jazz Stéphane Grappelli, au nom intimement lié à celui de Django Reinhardt, mais dont la carrière s'est prolongée bien au-delà de la mort du célèbre manouche.

Du 29 janvier au 2 février, le club parisien le Sunside consacre un hommage au violoniste né à Paris le 26 janvier 1908, qui a débuté dans les années 20 avant de fonder en 1934 avec Django Reinhardt le Quintette du Hot Club de France, qui marquera l'histoire du jazz.

Le violoniste roumain Costel Nitescu, musicien régulier du guitariste Tchavolo Schmitt qui vient de publier un album « Forever Swing, Grappelli Forever » (Le Chant du Monde), y jouera le 29. Un autre violoniste tzigane roumain, Florin Niculescu, lui succèdera (1er, 2 février). Ils rappelleront le rôle essentiel du violon, et de Grappelli, dans le swing manouche.

Aussi à l'affiche, les guitaristes Boulou - qui joua avec Grappelli - et Elios Ferré. Ces frères offrent une version moderniste du jazz manouche, qu'ils interprètent sur leur nouvel album, « Live in Montpellier » (Le Chant du monde).

A la fin des années 40, Grappelli entreprit une carrière solo. Ensuite, ce violoniste maîtrisant le langage du jazz en gardant un style tendre hérité du manouche, situé dans le jazz classique en étant ouvert, a joué avec de nombreux musiciens: Oscar Peterson, Gary Burton, Philip Catherine, Daniel Humair, NHOP, Maurice Vander...

Le coffret de six disques « Stéphane Grappelli in Paris » (Universal) témoigne de sa production chez Barclay et Musidisc dans les années 50, 60 et 70. Un disque 25 cm, « Stéphane Grappelli sextette », paru en 1956 y figure, pour la première fois en CD et rebaptisé pour l'occasion « The Nearness of you ».

Harmonia Mundi publie de son côté un coffret consacré à la période du Hot Club.

Stéphane Grappelli s'est éteint en décembre 1997, à près de 90 ans.

Le Midem, le Davos de la musique,
s'ouvre dans un secteur toujours en crise

La 42e édition du Midem, le Davos de l'industrie musicale, s'ouvre ce week end à Cannes, et comme dans la station suisse, un krach sera dans tous les esprits: celui du disque, dont la crise n'en finit pas même si 2008 pourrait enfin marquer un vrai décollage du marché numérique.

Le Marché international du disque et de l'édition musicale aura lieu de dimanche à jeudi, précédé samedi par le MidemNet, consacré aux nouvelles technologies.

Ces derniers mois ont été riches en bouleversements. Dernier séisme en date, l'annonce par EMI - l'une des quatre « majors » avec le leader Universal, Sony-BMG et Warner - d'un plan de restructuration décidé par son nouveau propriétaire, le fonds d'investissement Terra Firma, avec la suppression du tiers de ses 5.500 emplois dans le monde.

Robbie Williams, l'une de ses stars, a déjà annoncé qu'il refusait de fournir son prochain album à EMI. Coldplay pourrait l'imiter.

L'an passé, Paul McCartney avait quitté EMI pour rejoindre le label créé par la chaîne américaine de cafés Starbucks, accusant au passage les « majors » de ne pas avoir su faire face à la révolution internet. Les Rolling Stones ont eux aussi délaissé EMI pour leur prochain album, la BO d'un documentaire de Martin Scorsese, qui sortira chez Universal.

Madonna a également porté un coup de boutoir à l'hégémonie des « majors » en quittant Warner mi-octobre pour signer un accord de 120 millions de dollars sur dix ans avec le promoteur de concerts américain Live Nation. L'accord porte sur tous les aspects de sa carrière, du disque aux concerts en passant par les produits dérivés.

Ce type de contrats, « à 360° », se généralise au sein des maisons de disques: conscientes que les ventes de musique pourraient bientôt ne plus suffire à leur subsistance, elles veulent diversifier leurs revenus et profiter des concerts et de l'image des artistes, ces derniers devenant dès lors de véritables marques.

Autre innovation, la décision du groupe Radiohead de laisser les internautes fixer leur prix pour télécharger son nouvel album en octobre. Depuis, « In Rainbows » est sorti en CD de façon traditionnelle mais cette initiative est révélatrice de la soif d'expérimentations du secteur.

Car aucun modèle économique capable de remplacer durablement la distribution physique traditionnelle n'a encore émergé sur internet.

En France, 2007 a été une nouvelle année noire avec une chute de 17% du marché de la musique. Mais si le court terme est sinistré, les raisons d'espérer existent.

Plus que le téléchargement à l'acte, modèle dicté par Apple et son site iTunes, « majors » et producteurs indépendants attendent beaucoup des formules d'abonnement pour l'achat de musique sur le net et les téléphones mobiles.

Quelque 9.000 participants assisteront au Midem, avec 74 conférences et 98 concerts. Peter Gabriel, l'ex-chanteur de Genesis, sera fait homme de l'année.

Enfin, cette édition marque un renforcement de la présence de la Chine, hôte d'honneur de la soirée d'ouverture.

2008 « année charnière »
pour la filière musicale,
selon les indépendants

2008 sera « une année charnière pour la filière musicale », estiment les producteurs indépendants, qui misent sur un décollage du marché numérique et demandent au gouvernement de poursuivre son plan de soutien pour « assurer une transition favorable vers un nouveau modèle économique ».

Selon l'UPFI, syndicat des producteurs indépendants, le marché de la musique numérique en France (internet et téléphonie) a augmenté de 65,8% en volume en 2007 (53,1 millions de titres téléchargés hors sonneries musicales) et de 27,6% en valeur (40,2 millions d'euros TTC).

« Malgré le poids encore relativement faible des ventes numériques, (...) on assiste à un décollage progressif de ce marché », estiment les indépendants qui, comme les « majors », misent pour 2008 sur « de nouveaux modèles d'exploitation de la musique basés sur des services d'abonnements » sur le net et la téléphonie mobile.

Parallèlement, « le marché du CD continue de reculer de façon importante (83,1 millions d'unités vendues, soit -18,3% par rapport à 2006 en volume, pour un chiffre d'affaires de 1,18 milliard d'euros TTC, soit -17,1%) ».

Dans ce contexte, l'UPFI demande au gouvernement de passer à la « deuxième phase » de son plan de soutien de la filière. Les indépendants souhaitent que la baisse de la TVA sur les produits culturels soit « un sujet prioritaire à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne » au deuxième semestre.

En outre, ils réclament la poursuite des aides fiscales pour soutenir leur secteur, via notamment « une adaptation du régime des Soficas (Sicav destinées à financer des projets cinématographiques, ndlr) pour la production musicale ».

L'UPFI a salué la première phase de ce plan de soutien mise en oeuvre en 2007, avec le « renforcement du dispositif du crédit d'impôt à la production phonographique » et la signature d'un accord destiné à développer l'offre numérique légale sur internet après la mission confiée au Pdg de la Fnac Denis Olivennes.

L'UPFI a par ailleurs souligné que la part de marché des indépendants s'était renforcée en 2007 (22% en valeur, soit + 1,9% par rapport à 2006), grâce au succès d'albums comme ceux d'AaRON, Katie Melua, Manu Chao ou Justice.

Stabilité des droits perçus
par les producteurs de disques en 2007

Les droits perçus par les producteurs de disques en 2007 devraient se monter à 60,9 millions d'euros, un montant stable par rapport à 2006 (60,5 M EUR), a annoncé jeudi la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP).

En 2007, la SCPP a réparti 40,85 millions d'euros à ses ayants droit, soit une baisse de 1% par rapport à 2006 (41,3).

Le coût de la gestion devrait être de 9,3% en 2007. Enfin, le montant des aides à la création de la SCPP disponible pour l'exercice 2008 devrait être de 8,7 millions d'euros.

Pour 2008, la SCPP, présidée par Pascal Nègre (président de la plus grosse des « majors » du disque, Universal Music France), a dressé plusieurs priorités: la réévaluation du barème de la rémunération que versent les radios publiques en contrepartie du droit de diffuser de la musique (ce barème a été réévalué en 2007 pour les radios privées), la réévaluation du barème de la rémunération versée par les lieux sonorisés (cafés, hôtels, restaurants, commerces etc.) et l'arrêt de la baisse des perceptions de la rémunération pour copie privée.

Le rôle de la SCPP est de percevoir des rémunérations auprès des utilisateurs de musique (radios, télévisions, discothèques, lieux sonorisés, copie privée sonore et audiovisuelle...) et de les répartir à ses membres. Plus de 900 producteurs en sont membres, dont les quatre « majors », Universal, Sony-BMG, EMI et Warner.

La Convention internationale
des disques de collection (Cidisc)
s'ouvre samedi à Paris

Avis aux chasseurs de vinyles rares et passionnés de musique : la Convention internationale des disques de collection (Cidisc) s'ouvre samedi à l'Espace Champerret, dans le XVIIe arrondissement de Paris, pour deux jours d'achats, de ventes et d'échanges.

Cent soixante exposants professionnels ou amateurs, venus de province, de Paris et de l'étranger vont proposer des vinyles, CD et DVD, neufs ou d'occasion, à l'occasion de ce 62e Cidisc. Le public pourra également y trouver vidéos, cassettes, livres, magazines, partitions, cartes postales et posters.

Johnny Hallyday, Sheila, Sylvie Vartan, Mylène Farmer, Serge Gainsbourg, Dalida, Vanessa Paradis ou encore Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Claude François et Etienne Daho comptent parmi les artistes français « les plus collectionnés ». Au rayon étranger, Elvis Presley, les Beatles, Jimi Hendrix, les Rolling Stones, Madonna, Prince, Nirvana, Abba, Oasis, Gene Vincent, Michael Jackson ou les Who ont les faveurs des collectionneurs.

Le rendez-vous de ce week-end, organisé par Juke Box Magazine, sera marqué par des mini-concerts gratuits. Les visiteurs auront notamment droit à des représentations de Jean Veidly, des Pirates, accompagné par les Corsaires, samedi et dimanche.

 

Les ventes mondiales de musique en ligne
ont grimpé de 40% en 2007

Les ventes mondiales de musique en ligne ont grimpé de 40% en 2007, confirmant le décollage des plateformes de téléchargement légal, selon le rapport annuel sur la musique numérique publié jeudi par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI).

Les ventes ont atteint « environ 3 milliards de dollars » l'an dernier, contre 2,1 milliards en 2006, s'est félicité l'organisme basé à Londres, évoquant une « révolution qui bouleverse l'industrie musicale alors que les maisons de disques s'adaptent au modèle de distribution numérique ».

Selon l'organisation, « la disponibilité croissante du répertoire, l'augmentation du choix et de la diffusion des baladeurs a tiré la demande de musique (sur internet) à un niveau record ».

Ainsi, en cinq ans, de 2003 à 2007, le nombre de plateformes de téléchargement légales est passé d'une trentaine à plus de 500, le nombre de morceaux disponibles est passé d'un million à plus de six, et la valeur des ventes numériques est passée de 0 à 15% du chiffre d'affaires de l'industrie musicale, a ajouté l'IFPI.

La chanson la plus téléchargée légalement en 2007 a été « Girlfriend » de la rockeuse canadienne Avril Lavigne, a encore indiqué l'IFPI, qui publie pour la première fois dans ce rapport le palmarès mondial des meilleures ventes numériques.

Cependant, l'IFPI, connue pour sa lutte contre le « piratage » musical qui prive selon elle artistes et maisons de disques de leurs revenus, a appelé les gouvernements du monde entier à combattre « concrètement » le téléchargement illégal de musique sur internet.

A ce propos, elle a cité en exemple « l'accord Sarkozy » signé en France entre les secteurs de la musique, du cinéma et d'internet et les pouvoirs publics, au terme d'une mission confiée à Denis Olivennes, affirmant qu'il avait contribué « plus que toute autre chose à changer l'état d'esprit » vis-à-vis de cet enjeu.


  Actualité musicale du 26 janvier 2008 

Le concert du Philharmonique à Pyongyang
sera mondialement retransmis mondialement

Le concert du Philharmonique de New York à Pyongyang le 26 février prochain, dirigé par Lorin Maazel, sera retransmis en direct dans le monde entier, a annoncé un communiqué de l'orchestre.

L'annonce de ce concert historique avait été faite le 11 décembre dernier à New York au cours d'une conférence de presse à laquelle participaient, au coté du président de l'orchestre Paul Guenther et du directeur Zarin Mehta, le négociateur américain chargé du nucléaire nord-coréen Christopher Hill ainsi que le chef de la mission de la République Démocratique de Corée aux Nations Unies Pak Gil Yon.

L'orchestre commencera par interpréter les hymnes américain et nord-coréen, puis jouera le Prélude à l'Acte III de l'opéra « Lohengrin » de Richard Wagner, la Neuvième Symphonie d'Anton Dvorak et « Un Américain à Paris » de George Gershwin.

Le concert aura lieu au Grand Théâtre de Pyongyang, à l'issue d'une tournée du Philharmonique de New York à Taïwan, Hong Kong, Shanghaï et Pékin. Les musiciens, qui seront en République démocratique de Corée du 25 au 27 février, partiront ensuite pour Séoul en Corée du Sud, où ils joueront en concert le 28 février.

La retransmission du concert en direct sera co-produite par le Philharmonique et la société EuroArts Music International, la télévision nord-coréenne « Munhwa Broadcasting Company » (MBC), ARTE France et l'Union Européenne de télédiffusion EBU, précise le communiqué.

Banlieues Bleues fête sa 25e édition
avec de nombreuses créations

Pour sa 25e édition, le festival de jazz contemporain Banlieues Bleues a augmenté sa voilure: une durée supérieure à un mois (14 mars-18 avril), 17 villes de Seine-Saint-Denis contre 15 l'an dernier, plus de la moitié de créations et concerts inédits.

Cette édition, placée plus que jamais sous le signe du décloisonnement des genres et de l'éclatement du jazz, commencera tambour battant, avec un premier week-end dont le maître d'oeuvre sera le guitariste de jazz avant-gardiste Noël Akchoté.

Celui-ci proposera durant deux fois cinq heures, samedi 15 et dimanche 16 à Pantin, une création autour du cabaret, avec notamment un bassiste post-rock et un poète de la « beat generation ».

Plusieurs autres créations méritent le détour, dont celles des frères Lionel et Stéphane Belmondo, qui se pencheront sur la musique du groupe de rock psychédélique californien, The Grateful Dead.

Quelques figures du jazz sont à l'affiche: le guitariste John Scofield, en trio agrémenté de trois cuivres pour un jazz funk décalé, le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim en trio.

Le chanteur Malien Salif Keita, dans une version épurée, une soirée réunissant le chanteur portègne Melingo et son tango maudit, et la poésie électro de l'Uruguayen Jorge Drexler, représenteront les musiques du monde.

Le trio Medeski, Martin & Wood et le saxophoniste alto Maceo Parker, ancien cuivre de James Brown, diffuseront la ferveur du funk, la chanteuse Mavis Staples (ex-Staples Singers) délivrera le message d'une soul music aux accents gospel.

La soirée de clôture, le 18 avril à la MC 93 à Bobigny, réunira deux formations qui décoiffent: le Spatial Aka Orchestra créé par l'ex-clavier des Specials, Jerry Dammers, pour une relecture festive et dansante des oeuvres de Sun Râ, et le Hypnotic Brass Ensemble, une fanfare futuriste de Chicago et son « afro-free-jazz-funk ».

Inauguration d'un centre musical
à la Goutte d'Or à Paris

Le maire de Paris (PS) Bertrand Delanoë inaugure vendredi soir dans le XVIIIème arrondissement le centre musical Barbara-Fleury-Goutte d'Or destiné aux musiques actuelles, qui offrira à de jeunes talents, studios de répétition et d'enregistrement.

Jeunes musiciens de rock, pop, soul, metal, electro, rap, Rn'B, amateurs ou en voie de professionnalisation, disposeront de huit studios équipés en matériel numérique, dans ce site de cinq niveaux situé le long du boulevard de la Chapelle.

Dédié à « la création, à la jeunesse et l'avenir » selon la mairie, ce centre, au coeur du quartier populaire de la Goutte d'Or, comprend aussi une salle de spectacle de 300 places. Les associations locales pourront louer espaces de création et de répétition.

Les groupes amateurs, sélectionnés sur dossier, pourront aussi trouver un accompagnement et un soutien personnalisé pour réaliser leurs projets.

En présence notamment de la chanteuse Olivia Ruiz, marraine du centre avec Alain Bashung, du président PS de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, du maire PS du XVIIIème Daniel Vaillant, M. Delanoë va inaugurer un des derniers équipements culturels importants de l'actuelle mandature.

La soirée inaugurale est dédiée à Barbara avec des concerts de BabX, du groupe de hip hop Enigmatik et du groupe John Merrick. Le centre s'ouvrira ensuite graduellement à la profession musicale, avant ouverture au public le 5 février.

Le coût total d'investissement, selon la mairie, s'élève à près de 10 millions d'euros, financé par la Ville avec la contribution de la Région et de l'Etat.

Le chef d'orchestre Kazushi Ono,
de Bruxelles à Lyon en passant par Paris

La carrière de Kazushi Ono prend un nouveau départ: le Japonais fera ses débuts mardi à l'Opéra de Paris et deviendra en septembre chef principal de celui de Lyon, après avoir passé six fructueuses saisons à La Monnaie à Bruxelles.

Le maestro de 47 ans s'apprête à diriger dans la fosse de l'Opéra Bastille les cinq représentations de la reprise de « Cardillac » de Paul Hindemith, une oeuvre qu'il a fréquentée dès les années 1980 comme assistant à Munich de l'Allemand Wolfgang Sawallisch.

Kazushi Ono a bénéficié des conseils de l'Américain Leonard Bernstein à Tanglewood (Etats-Unis) le temps d'un été, en 1983, mais c'est Sawallisch et ses « capacités de musicien », son « professionnalisme » qui l'ont profondément marqué.

« Il y a deux types de chef d'orchestre: celui qui utilise la pièce pour lui-même et celui, comme Sawallisch, qui va toujours se donner la peine d'en trouver l'essence et de la servir, c'est ça qui m'a influencé », explique à l'AFP le musicien nippon.

Premier prix du Concours Arturo Toscanini en 1987, Kazushi Ono n'a pas tardé à prendre des postes de chef permanent à l'Orchestre philharmonique de Zagreb (1988-1996) et à celui de Tokyo (1992-1996), sa ville natale.

Son mandat (1996-2002) de directeur général de la musique à Karlsruhe (Allemagne), théâtre de répertoire idéal pour parfaire son métier, aura été une expérience marquante. « J'ai pu y diriger presque tous les opéras de Wagner », souligne Kazushi Ono.

Mais c'est son engagement en 2002 à La Monnaie qui l'a fait repérer du monde musical par son aisance dans des répertoires divers - de Mozart à la création contemporaine - et la précision technique de son geste. Sans parler de sa fiabilité dans les situations les plus périlleuses: le public du Châtelet n'a pas oublié comment Kazushi Ono, pour ses débuts parisiens en avril 2005, a sauvé la création française des « Bassarides » de Henze en réduisant en un week-end la partition, pour cause de grève du Philharmonique de Radio France.

Après Bruxelles, qu'il quittera à la fin de cette saison, l'Opéra de Lyon s'offrira à lui dès le 1er septembre prochain. Le directeur général de la maison, « Serge Dorny, qui est belge, est venu voir plusieurs de mes spectacles à La Monnaie. Nous nous sommes aperçus que nous avions une ambition commune: imaginer l'opéra du futur », confie Kazushi Ono.

« Il n'y aura pas de futur pour l'opéra s'il appartient à un petit cercle », développe le chef tokyoïte, pas mécontent d'arriver dans une maison dont « un quart du public a moins de 25 ans ».

A Lyon, Kazushi Ono, avec le titre de chef principal, ne se préoccupera que de musique, loin de toute tâche administrative. « Je crois que c'est ça, la relation moderne entre un chef et un directeur d'opéra », estime Kazushi Ono.

Il y dirigera deux nouvelles productions par saison et deux à trois programmes symphoniques, sans compter les tournées.

Bernard Foccroulle, qui fut son patron à La Monnaie, l'a aussi invité en 2010 et 2011 au Festival d'Aix-en-Provence, où il se présentera avec l'Orchestre de l'Opéra de Lyon.

La maison lyonnaise l'a enrôlé pour cinq ans, mais est déjà prévenue: il n'est pas sûr qu'elle pourra garder plus longtemps ce chef qui a déjà débuté à la Scala de Milan, au Metropolitan Opera de New York et s'apprête à faire de même au Festival de Glyndebourne (Grande-Bretagne).

Les « Enfants de la Zique » :
un kit pédagogique
pour la chanson francophone

Les Francofolies de La Rochelle ont présenté vendredi à La Rochelle la 14ème édition des « Enfants de la Zique », un CD de 15 titres accompagné d'un livret pédagogique réalisé par des enseignants en lettres et en musique, pour parler de la chanson francophone en classe.

Chaque année, les chansons sont regroupées autour d'un thème, l'amour en 2001, le héros en 2005, cette année le rêve, et mêlent auteurs du patrimoine, Brel, Ferré ou Piaf ou Greco, aux créateurs contemporains, Diam's, Rita Mitsouko ou Clarika.

Edité cette année à 40.000 exemplaires et adressé gratuitement aux enseignants qui en font la demande, le kit pédagogique, CD plus livret, représente un budget de 200.000 euros, financé par les ministères de la Culture et de l'Education nationale.

« Il s'agit de donner envie aux enseignants comme aux enfants de considérer que la chanson est quelque chose qui s'écoute en classe », a précisé Henri de Rohan-Csermak, chef du département Arts et culture au CNDP, Centre national de documentation pédagogique, qui est le coéditeur du kit avec les Francofolies.

« En 1995, nous avons démarré cette opération avec un tirage de 500 exemplaires dans les académies de Poitiers et de Lyon. Au fil des années, nous sommes passés à une diffusion nationale de 20.000 exemplaires. Cette année, nous doublons le tirage« , a expliqué Gérard Pont, dirigeant du festival des Francofolies de La Rochelle.


  Actualité musicale du 31 janvier 2008 

Ouverture de la 14e édition
de La « Folle journée » de Nantes

La 14e édition de « La Folle Journée », placée sous le thème de « Schubert dans tous ses états », s'est ouverte mercredi soir à Nantes jusqu'au 3 février avec au menu des innovations dont trois créations de compositeurs contemporains inspirées de Schubert.

Les premiers concerts qui ont débuté à 17h00 ont accueilli leur flot de public et les organisateurs annonçaient dès 19h00 qu'il ne restait plus que 6.000 billets disponibles, soit 124.000 billets vendus. Quelque 122.000 billets ont été vendus pour la 13e « Folle Journée » de Nantes en 2007.

Le concert d'ouverture de ce festival de musique classique, le plus fréquenté de France, programmé à 20h00, accueillera comme en 2007 la soprano Barbara Hendricks, 59 ans, accompagnée au piano par Love Derwinger pour interpréter plusieurs oeuvres de Schubert.

La grande nouveauté de cette édition sera la présentation de trois créations mondiales inspirées de Schubert écrites par trois compositeurs, le Français Bruno Mantovani et les Japonais Dai Fujikura et Hoshio Hosokawa.

Quelque 270 concerts sont programmés pour cette édition qui accueille jusqu'à dimanche 2.000 artistes.

Lors d'un prélude désormais classique à la manifestation et qui s'est déroulé du 25 au 27 janvier dans onze villes de la région Pays de la Loire près de 50.000 billets ont été vendus, selon la région, partenaire de l'événement.

Le festival qui bénéficie de nombreuses retransmissions en direct ou différé sur Arte et France Musique, s'exportera ensuite à Bilbao du 29 février au 2 mars, à Tokyo du 2 au 6 mai et à Rio au 6 au 8 juin.

Sons d'hiver :
une 17e édition inaugurée
aux sons de la « Great Black Music »

La 17e édition du festival Sons d'hiver, dont le free jazz et les musiques improvisées constituent le coeur, s'ouvre vendredi au Kremlin-Bicêtre au son de la « Great Black Music » avec l'ensemble « Chicago 12 », et se poursuivra dans treize autres villes du Val-de-Marne jusqu'au 23 février.

Sons d'hiver a toujours voulu témoigner de plusieurs traits caractéristiques du free jazz: la transmission de génération en génération et l'emprunt incessant à d'autres musiques (funk, blues, rap, électro, rock...) dont il se nourrit.

Le saxophoniste Archie Shepp mêlait à ses débuts le free jazz, le blues et le gospel. Depuis quelques années, il collabore avec de jeunes chanteuses et rappeurs. Chuck D., créateur dans les années 80 du mythique groupe Public Enemy, ainsi que le slammeur Rocé et ses mots acérés, lui donneront la réplique (le 6 à Vitry-sur-Seine).

Bernard Lubat, pianiste-batteur-tchatcheur gascon, figure impertinente du jazz improvisé français depuis le début des années 70, invitera (le 8 à Choisy-le-Roi) pour une série de duos des musiciens comme lui « allumés » et impertinents. Parmi eux, le chanteur basque Benat Achiary et le jeune trompettiste Médéric Collignon, que Lubat a certainement inspiré.

Steve Coleman, saxophoniste alto, poursuivra pour sa part (le 9 à Fontenay-sous-Bois), le dialogue instauré depuis de nombreuses années entre son free jazz funk et le rap agile et mélodique du trio Opus Akoben.

Un nouveau mouvement du jazz est né dans les années 90, le jazz électro expérimental. Pool Players, emmené par Steve Arguelles, en donnera une version (le 5 à Arcueil).

Création et audace existent aussi dans la « world music »: Lenine, Brésilien inventif, en apportera la preuve avec son mélange de pop-rock et de musiques du Nordeste (le 21 à Créteil).

Le festival colle à l'actualité du jazz sans oublier ses racines, laissant toujours une place au gospel et au swing manouche. Le gospel sera représenté cette année par le chanteur-organiste Craig Adams de La Nouvelle-Orléans, le berceau de la musique noire américaine (3 février à Saint-Mandé).

« Père Ubu », un groupe mythique du rock progressif américain (15 février à Villejuif), et « Black Rock Coalition », qui consacre la collusion du funk et du jazz pour un hommage à James Brown (le 23 à Créteil) figurent également à l'affiche. http://www.sonsdhiver.org

Midem Classical Awards :
Daniel Barenboïm et Philippe Jaroussky
au palmarès

Le pianiste israélien Daniel Barenboïm, le contre-ténor français Philippe Jaroussky et le compositeur polonais Krzysztof Penderecki figurent au palmarès des Midem Classical Awards 2008, proclamé mercredi soir à Cannes lors du 42e Midem, le marché mondial de la musique.

Comme annoncé de longue date, l'« hommage de l'année » a été rendu, pour l'ensemble de sa carrière, à la mezzo allemande Christa Ludwig, qui fêtera ses 80 ans le 16 mars.

Le quatuor à cordes britannique Navarra a été sacré « révélation », le chef d'orchestre américain David Zinman « artiste » et la maison de disque suédoise Bis « label » de l'année.

Le jury international de cette 4e édition des Midem Classical Awards, composé de journalistes et professionnels, a distingué au total 12 disques et 3 DVD.

Le palmarès:

Musiques anciennes: « Christophe Colomb, les paradis perdus », direction Jordi Savall (Alia Vox)

Musique baroque: « Le Messie » de Haendel (version de Dublin), dir. John Butt (Linn)

Récital de chant: « Heroes » (airs d'opéra de Vivaldi) par Philippe Jaroussky (Virgin Classics)

Musique chorale: « Gurrelieder » de Schönberg, dir. Michael Gielen (Hänssler Classic)

Instrument soliste: oeuvres de Scriabine par Yevgeny Sudbin (Bis)

Musique de chambre: les dix sonates pour violon et piano de Beethoven, par Corey Cerovsek (violon) et Paavali Jumppanen (piano) (Claves)

Opéra: « Le roi et le charbonnier » (« Kral a Uhlir ») de Dvorak, dir. Gerd Albrecht (Orfeo)

Musique contemporaine: « Cappricio » et autres oeuvres composées et dirigées par Krzysztof Penderecki (Dux)

Musique historique: « Le Paradis et la Péri » de Schumann, dir. Carlo Maria Giulini (Arts Music)

Concertos: concertos pour violon de Sibelius et Lindberg avec Lisa Batiashvili, dir. Sakari Oramo

Musique symphonique: « Kossuth » et « Le Prince de bois » de Bartok, dir. Zoltan Kocsis (Hungaroton)

Premier enregistrement: « Britten on film », dir. Martyn Brabbins (NMC)

DVD (opéra/ballet): « Lady Macbeth de Mzensk », dir. Mariss Jansons, mise en scène Martin Kusej (Opus Arte)

DVD (concerts): intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Daniel Barenboïm (EMI Classics)

DVD (documentaires): « Jacqueline du Pré, a celebration » (Allegro films)

Téléchargement: concertos et symphonie de Mozart, dir. Pierre-Laurent Aimard (DG Concerts)

Prix du jury: « Le Vin herbé » de Frank Martin, dir. Daniel Reuss (Harmonia Mundi)

Label de l'année: Bis

Révélation de l'année: Quatuor Navarra

Artiste de l'année: David Zinman

Hommage de l'année: Christa Ludwig.

Six weekends « portes ouvertes »
à l’Auditorium du Musée d’Orsay
en mars-avril

Du 15 mars au 20 avril 2008, Radio France organisera six weekends «Portes ouvertes» à l’auditorium du Musée d’Orsay.

Ces mini-festivals regrouperont chacun sept concerts entièrement gratuits et mettront en évidence l’influence des oeuvres de chambre de Beethoven sur la musique du XIXe siècle.

 Au programme de ces concerts : l’intégralité des quatuors de Beethoven par le Quatuor Ysaÿe, ses sonates pour piano et violon par Michaël Levinas et Jean-Marc Phillips-Varjabédian, et les neuf symphonies transcrites pour piano seul par Liszt ou pour piano à quatre mains par Czerny avec des pianistes aussi différents que Georges Pludermacher, Marie-Josèphe Jude ou Shani Diluka.

 L’influence de Beethoven sur la musique française du XIXe siècle sera évoquée à travers des oeuvres allant de Jadin à Debussy interprétées par le Quatuor Modigliani, le Quatuor Renoir et des jeunes musiciens.

 Des séances pédagogiques, le dimanche matin à 11 heures évoqueront l’histoire du quatuor ou de la symphonie au piano et seront complétées par la projection de films tels que «Ludwig van» de Mauricio Kagel ou «La Dixième Symphonie» d’Abel Gance.

Spectacle : le Syndeac veut
que toutes les subventions soient réajustées

Le Syndeac, principal syndicat de structures publiques dans le domaine du spectacle vivant, a demandé mardi dans un communiqué que toutes les scènes, festivals et compagnies dont les subventions pour 2008 sont « encore diminuées aujourd'hui » soient « réajustées ».

Les milieux du spectacle vivant (musique, théâtre, danse...) s'alarment depuis plusieurs mois du budget de leur ministère de tutelle pour 2008, jugé insuffisant (environ 640 millions d'euros pour la création).

La ministre de la Culture Christine Albanel a tenté d'apaiser les tensions en annonçant une double rallonge budgétaire (34,8 millions d'euros pour la création et 4,07 M EUR pour les établissements supérieurs de la culture) et la tenue d'Entretiens de Valois, qui doivent débuter le 11 décembre.

Le ministère a aussi annoncé que les principales structures en région, à savoir les 29 centres dramatiques nationaux (CDN), les 70 scènes nationales et les 19 centres chorégraphiques nationaux (CCN) seraient soutenus par l'Etat « au même niveau en 2008 qu'en 2007 ».

Dans un communiqué, le Syndeac demande lundi que « toutes les compagnies, notamment celles dépendant de la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France ou de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS), durement touchées, ainsi que les autres structures encore diminuées aujourd'hui, soient réajustées au même titre que les institutions, compagnies ou structures déjà remises à flot ».

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (environ 250 directeurs de CDN, CCN, scènes nationales, compagnies, festivals...) rappelle aussi sa revendication d'une « augmentation du budget du spectacle vivant de 50 millions d'euros », soit 15 M EUR de plus que l'enveloppe promise.

Contre la réserve dite de « précaution », appliquée à hauteur de 6% des crédits, le Syndeac réclame aussi un « dégel total pour 2008, qui pour l'instant n'apparaît que partiel ».

Ces « revendications doivent être entendues, afin de commencer les Entretiens (de Valois, NDLR) dans la sérénité nécessaire », prévient le Syndeac.

Musique en ligne :
les internautes ont droit
au respect des données privées

Nouveau revers pour l'industrie musicale dans sa lutte contre les téléchargements illégaux sur internet: la justice européenne a estimé mardi que protéger les droits d'auteurs ne justifiait pas toutes les atteintes à la vie privée des internautes.

Les juges de Luxembourg devaient arbitrer dans une affaire opposant en Espagne la société d'éditeurs et de producteurs de musique Promusicae au fournisseur d'accès à internet Telefonica.

Promusicae avait demandé à Telefonica de lui communiquer les noms et adresses d'utilisateurs d'un service d'échanges de fichiers en ligne (Kazaa), avec l'intention de les poursuivre au civil pour infraction aux droits d'auteurs.

L'industrie musicale est partie en guerre contre le piratage en ligne, qu'elle rend responsable d'une baisse de ses revenus. Le secteur du film et de la télévision commence aussi à s'en inquiéter.

Telefonica avait refusé, arguant que la législation espagnole limitait la communication de telles données aux enquêtes pénales et aux affaires liées à la sécurité publique ou à la défense nationale.

Les juges de Luxembourg, saisis par la justice espagnole, lui ont donné raison mardi. La protection des droits d'auteurs « ne doit pas porter préjudice aux exigences liées à la protection des données à caractère personnel », ont-il estimé. « Le droit communautaire n'impose pas aux Etats membres l'obligation, en vue d'assurer la protection effective du droit d'auteur, de divulguer des données à caractère personnel dans le cadre d'une procédure civile. »

En matière de communication des données personnelles, la Cour appelle toutefois les pays de l'UE à assurer « un juste équilibre entre les différents droits fondamentaux », respect de la propriété intellectuelle et protection de la vie privée.

Cet appel à l'équilibre a été salué par les associations IFPI, qui représente l'industrie mondiale de la musique, et MPA, qui réunit plusieurs producteurs de films dont les grands studios américains. Pour elles, il est important que la Cour ne fasse pas prévaloir un droit sur un autre.

« Il me semble que le chantier doit être rouvert au niveau européen », a toutefois indiqué à l'AFP Véronique Desbrosses, secrétaire générale du groupement européen des sociétés d'auteurs et compositeurs (Gesac). « On voudrait que Bruxelles donne un signe clair aux entreprises de télécoms. »

Elle a regretté « l'absence totale de responsabilité » pour ces derniers dans le cadre des règles européennes actuelles. « Cela durera tant que les fournisseurs d'accès et les entreprises télécoms ne seront pas impliqués, volontairement ou obligatoirement, dans la lutte contre la piraterie ».

Une opinion affichée aussi lundi à Cannes par Paul McGuiness, le manager du groupe U2, pour qui « les fournisseurs d'accès à internet doivent cesser de se défausser de leurs responsabilités ».

Pour l'industrie, la France est un modèle à suivre.

Le Parlement doit y entériner d'ici l'été un projet de loi anti-piratage des oeuvres culturelles sur internet. Le mécanisme central consiste, en coopération avec les fournisseurs d'accès à internet, à envoyer des messages d'avertissement aux internautes qui téléchargent illégalement des fichiers puis, en cas de récidive, à suspendre voire résilier leur abonnement internet.

L'initiative hérisse les associations de consommateurs, mais elle ne semble pas déplaire à la Commission européenne.

« La Commission semble plutôt aimer l'idée de forcer les fournisseurs d'accès à internet à faire la police sur les activités des consommateurs sur internet », a commenté Cornelia Kutterer, de l'association européenne de consommateurs Beuc, jugeant cela « économiquement insensé ».

Les majors du disque démentent tout accord
avec le site gratuit de P2P QTrax

Les majors du disque ont démenti avoir pour l'heure conclu tout accord avec le site de téléchargement gratuit de musique en peer-to-peer QTrax, contrairement à ce que ce dernier a annoncé lors de son lancement en grande pompe dimanche au Midem.

« EMI est en pourparlers avec QTrax mais, à ce jour, n'a conclu aucun accord avec lui », a indiqué mardi à l'AFP un responsable d'EMI à Londres.

« Des discussions sont en cours avec ce nouveau service de téléchargement gratuit mais aucun accord n'est pour l'instant intervenu », a pour sa part déclaré un responsable d'Universal, la plus grosse des quatre majors.

Selon le blog spécialisé américain Silicon Alley Insider, Warner et Sony-BMG, les deux autres majors, n'ont pas non plus encore conclu d'accord avec QTrax.

Dans un communiqué, QTrax, basé à New York, a affirmé que le site avait enregistré la visite de 61.000 utilisateurs par heure depuis son lancement dimanche. Il semblait cependant impossible de télécharger de la musique par ce biais mardi après-midi.

« La réponse qu'a connue ce service est sans précédent », a assuré le président de QTrax, Allan Klepfisz, dans son communiqué. « Nous avons annoncé notre lancement au Midem justement en raison du niveau de soutien dont nous bénéficions de la part des ayants droit ».

« Nous pensons que la nature exacte de ce soutien sera précisée publiquement dans un délai très court », a-t-il ajouté.

QTrax a manifestement beaucoup investi pour son lancement au Midem. Il sponsorisait des conférences du MidemNet, a placé une immense bache publicitaire sur un immeuble en face du Palais des Festivals de Cannes. De nombreux jeunes gens vêtus aux couleurs du site distribuaient de la documentation aux participants du Midem.

Lors de sa conférence de presse de lancement, dimanche, il s'était notamment attiré la présence du chanteur anglais James Blunt.

Dans son dossier de presse, QTrax affirme proposer 25 à 30 millions de titres en téléchargement gratuit en se prévalant d'accords avec les majors et des indépendants. Selon lui, le financement proviendra des recettes publicitaires puisque ses utilisateurs seront soumis à de la publicité en contrepartie du droit à télécharger des morceaux gratuitement.

Le marché mondial de la musique
sur une note optimiste malgré la crise

Le 42e Midem, le marché mondial de la musique, s'achève sur un certain optimisme, l'industrie musicale croyant enfin discerner l'émergence de nouveaux modèles économiques sur internet et les téléphones mobiles pour compenser l'effondrement de la vente de CD.

« L'industrie fait face à d'énormes défis, mais j'ai senti des notes d'optimisme de la part de beaucoup d'entreprises », a commenté la directrice du Midem, Dominique Leguern, à la veille de sa clôture à Cannes.

La baisse du nombre de participants (9.100 venus de 91 pays, contre 9.400 l'an passé) vient essentiellement de l'industrie traditionnelle (les CD), alors que la part d'entreprises issues du monde numérique a augmenté de 19%.

Depuis cinq ans, les ventes de CD s'effondrent — le marché de la musique a perdu la moitié de sa valeur en cinq ans en France par exemple —, ce que l'industrie attribue au piratage sur internet. Cela fait autant d'années que la filière répète comme un mantra que son salut viendra des nouvelles technologies, le net et les téléphones mobiles.

En 2008, l'émergence de plusieurs modèles économiques pourrait véritablement prendre corps, parallèlement au schéma à l'acte (le consommateur paie pour chaque téléchargement) dicté par Apple et son site iTunes.

Les formules d'abonnement à des services de téléchargement illimité sont celles qui suscitent le plus d'espoir dans l'industrie musicale.

Autre possibilité, les services gratuits financés par la publicité. Mais leurs promesses de revenus semblent nettement plus floues et hypothétiques. Le Midem a d'ailleurs été marqué par le lancement raté du site de peer-to-peer QTrax.

Basé à New York, il prétendait proposer plus de 25 millions de titres en téléchargement gratuit grâce au financement publicitaire, avant que les majors (Universal, Sony-BMG, EMI et Warner) démentent avoir conclu des accords avec lui, au moins pour l'instant.

Pour que ces offres émergent, l'industrie veut juguler la piraterie. Les producteurs français attendent beaucoup des mesures nées de la mission confiée par le gouvernement au Pdg de l'enseigne culturelle la Fnac, Denis Olivennes.

Elles prévoient l'envoi aux pirates de messages d'avertissement puis la suspension de l'abonnement internet des récidivistes.

Au-delà du seul cadre hexagonal, ces mesures ont été saluées par l'industrie internationale.

Le manager du groupe U2, l'Irlandais Paul McGuinness, qui a violemment dénoncé au Midem la responsabilité des fournisseurs d'accès internet dans le piratage, a qualifié ce « plan Sarkozy » de « superbe précédent que les autres gouvernements devraient suivre ».

Cela ressemble à un revirement de l'Histoire, deux ans après que les députés français se furent attirés le courroux de l'industrie internationale en esquissant un premier pas vers l'adoption de la licence globale (et donc la dépénalisation de fait du téléchargement dit « pirate »).

Enfin, le Midem a été marqué par une opération séduction de la Chine. Une délégation officielle de cent personnes est venue promouvoir ce marché de 1,3 milliard d'habitants, pourtant touché par un taux de piraterie énorme (80% pour les CD, 99% en ligne).

« La Chine est le plus gros des marchés émergents et je ne vois pas comment notre industrie pourrait ne pas travailler avec elle », a estimé Mme Leguern.

Selon elle, il y a 480 millions de téléphones mobiles en Chine, un nombre en hausse de 10% par mois.

Signe de cet intérêt pour l'Asie, Reed Midem, l'organisateur du Midem, lancera en novembre à Hong Kong un salon consacré à la distribution des contenus de loisirs sur les plateformes numériques.

« Réhabilitation » par le rap
dans les prisons cubaines

A 23 ans, Julio César en compte déjà plusieurs derrière les barreaux. Mais il espère bien qu'à sa sortie de prison, il fera un tabac avec son groupe de rap, né, dit-il, grâce à la formation musicale dispensée par le système pénitenciaire cubain. Quitte à ulcérer les anciens prisonniers politiques, pour qui les prisons sont un « enfer » et les efforts de réhabilitation une « farce ».

Vêtus de leur uniforme gris bleu de détenus, les quatre membres du groupe « Poder con Senti2 » (« Pouvoir avec du sens ») entonnent « Adelante Comandante » (« En avant, Commandant », le titre de Fidel Castro) devant les 1.500 détenus de la prison de Guamajal, à Santa Clara, 280 km à l'est de La Havane.

« En avant, Commandant, de 26 en 26 (juillet, la fête nationale à Cuba), on continuera de l'avant/Et contre l'impérialisme, Cuba empoignera la batte (de base-ball) », psalmodie le groupe sur scène, avec toute la gestuelle des « pro » du rap.

Dans la salle, exceptionnellement ouverte lundi à la presse étrangère par les autorités, Silvio Rodriguez, 61 ans, écoute avec attention: le chanteur officiel a ouvert le concert et conclut ici une tournée dans sept provinces et devant 16.000 prisonniers, dans le cadre d'un programme de réhabilitation des détenus.

« On est ici parce qu'on croit en vous », a-t-il lancé à l'ouverture sous les applaudissements.

A la presse, il confiera: « Avoir une population pénitenciaire aussi importante que celle de Cuba, c'est, sans aucun doute, quelque chose d'inconfortable. Mais cela nous concerne et on doit faire face ».

Cuba, selon la Commission pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), organisation illégale mais tolérée, compte quelque 80.000 détenus pour 11,2 millions d'habitants, dont 234 « politiques ».

L'un des rappeurs, Leandro, 24 ans, « tire » sa neuvième année des 11 infligées — il ne dira pas pourquoi — et considère, lui, que « la liberté est une chose à laquelle on aspire, mais rester sans liberté de cette façon, c'est productif. »

« Avant, poursuit-il, on était complètement détraqués, des minus. Ici, j'ai étudié et je me suis concentré sur ce qui me plaisait. Ca m'a ouvert les méninges », dit-il, assurant avoir « l'idée fixe de continuer en musique ».

« On étudie la musique, on va à l'école et on se prépare physiquement », explique Duniesky Vargas, 22 ans, troisième larron du groupe.

« On est créatifs », assure Julio César: le répertoire du groupe comprend 37 morceaux de rap et de reggaeton.

Dans l'assistance, José Gustavo Valdes, 41 ans, qui purge sa troisième année de sa peine de quatre ans pour vol, trouve que ces concerts « servent à la formation des détenus, parce que la culture est une manière de changer la façon de penser ».

Libéré en août l'an dernier après 13 ans et 3 mois de prison, Francisco Chaviano — ex plus ancien prisonnier de conscience au monde —, n'en croit rien: « Tout cela, c'est une façade, de l'imposture », dit-il au téléphone à l'APF depuis La Havane.

« Les prisons à Cuba sont un enfer », assure-t-il, évoquant leurs « conditions terribles » et « leur état totalement désastreux ».

« Ils sont quelques uns parmi les détenus à avoir un traitement privilégié, en vendant leur âme (...) Ils racontent ce que le gouvernement veut leur faire dire », dit cet ex-professeur de 54 ans, condamné pour avoir révélé des « secrets d'Etat ».

Autre opposant, Guillermo Farinas n'a fait, lui, « que » quatre ans dans les prisons cubaines en plusieurs séjours, de 1996 à 2002. Pour cet ancien psychologue de 45 ans, vétéran de la guerre en Angola, c'est « une grande hypocrisie d'aller chanter pour les prisonniers sans voir leurs conditions ».

Y sévissent selon lui « la répression, la mauvaise alimentation, le manque d'eau, d'humanité et de respect des propres lois du socialisme », ainsi que le pouvoir discrétionnaire des « matons », le « matonismo ».

Mais à Cuba, « on a pas de prisonniers politiques, on a des prisonniers contre-révolutionnaires et de droits communs », assure le lieutenant-colonel Rafael Garcia.

L'UE menace Taïwan d'une action à l'OMC
sur les CD d'ici deux mois

La Commission européenne a donné mercredi deux mois à Taïwan pour changer sa législation concernant les licences sur les CD, faute de quoi elle pourrait entamer une action devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Dans un rapport publié mercredi, la Commission estime que la loi taïwanaise sur les brevets n'est « pas compatible avec les règles de l'OMC sur la propriété intellectuelle ».

Elle reproche en particulier au gouvernement de Taïwan d'avoir octroyé une « licence obligatoire » à la compagnie taïwanaise Gigastorage pour la fabrication de CD enregistrables dont le néerlandais Philips détient le brevet.

Une « licence obligatoire » est une décision d'un gouvernement autorisant un