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Actualités musicales du 1er janvier 2007

Le « Faust » du chorégraphe
Jean-Christophe Maillot
est dédié à Maurice Béjart
Méphisto, Faust et Marguerite, l'inusable trio tragique
s'offre une nouvelle jeunesse sous la direction du chorégraphe
Jean-Christophe Maillot qui crée pour les Ballets de Monte-Carlo une
oeuvre épurée, d'une grande puissance visuelle.
« Quand tu es prêt, on monte Faust, mon ballet fétiche
» , écrivait à Jean-Christophe Maillot le chorégraphe Maurice Béjart dont
les versions dansées du texte de Goethe ont fait date.
Quatorze ans après son arrivée à la tête des Ballets de
Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot était prêt, mais le maître s'en est
allé. Le « Faust » présenté jusqu'à vendredi à Monaco lui est
dédié.
Pour Maillot, 47 ans, nourri aux grands ballets
symphoniques de Béjart ou Neumeier, s'attaquer à ce genre « qui n'est plus
tellement au goût du jour » ne relevait pas de l'évidence: il avait
d'abord souhaité monter Faust sur une musique originale commandée à un
compositeur contemporain. Le projet n'ayant pu aboutir, le chorégraphe a
dû rechercher une autre partition.
Jean-Christophe Maillot aurait pu opter pour la musique
de l'opéra de Gounod, dont il a assuré une mise en scène en mars au
théâtre de Wiesbaden (Allemagne). Il a finalement préféré la «
Faust-symphonie » de Liszt, oeuvre méconnue du compositeur allemand
et « jamais utilisée, je crois, en ballet », explique le chorégraphe
à l'AFP.
« La partition de Liszt me permettait de laisser de
côté l'aspect narratif de l'oeuvre de Goethe et de la vivre comme un
portait psychologique des trois personnages que sont Faust, Marguerite et
Méphisto. C'est cet aspect-là qui m'intéressait », décrit-il.
La musique de Liszt consacre un mouvement à chaque
personnage, le ballet de Maillot fait de même. Les questionnements et les
tentations de Faust s'exposent dans une première partie au rythme échevelé
où s'affrontent les « blancs », les « noirs » et les «
rouges » (âmes de Marguerite, de Faust ou du diable). Le deuxième
mouvement offre un « pas de quatre » plus intimiste entre les
personnages principaux, dans l'univers frais et innocent de Marguerite.
Entre enfer et paradis, fête et orgie, la troisième partie visite le monde
de Méphisto dans lequel Faust choisit de se perdre, ou de se
retrouver.
Innovant par rapport au texte de Goethe, le chorégraphe
utilise la figure de la mort, magnifiquement incarnée par Bernice
Coppieters, comme fil rouge de ce triptyque qu'elle conduit vers
l'inéluctable.
D'une oeuvre au symbolisme dense, souligné par la
musique très expressive de Liszt, Jean-Christophe Maillot tire un ballet
épuré, tout en faisant défiler sur scène les 45 danseurs de sa troupe.
Sa chorégraphie, harmonieux enchaînement de pas
traditionnels et de figures créatives, est mise en valeur par le
dépouillement de la mise en scène: pas plus d'un ou deux objets par scène
-lit, fauteuil, croix, cage, échelle, arbre, au format imposant-, costumes
aux contours très nets qui dévoilent le moindre frissonnement du corps et
appliquent le strict code couleur noir, rouge et blanc qui règle
l'ensemble du ballet, des lumières au décor.
Après sa présentation à Monaco, Faust devrait tourner
en Russie, en Espagne, en Italie et en France.
Nam trâm, le violoncelle vietnamien
Le pays ne compte aujourd'hui que 4 nam trâm, un violoncelle propre au
Vietnam. Apparu pour la première fois en octobre 2004 dans l'orchestre du
Théâtre de musique traditionnelle Bông Sen (fleur de lotus), le nam trâm a
même étonné les professionnels du fait de sa résonance très basse qui
s'accorde à merveille avec les mélodies folkloriques. Son créateur, Nguyên
Hoang Kim Quang, est un violoncelliste.
La particularité de l'orchestre du Théâtre de musique
traditionnelle Bông Sen, de Hô Chi Minh-Ville, réside dans le nam trâm, un
violoncelle « à la vietnamienne ». Contrairement à de nombreux
instruments traditionnels tels que flûte traversière, tambour, tambourin,
monocorde, cithare à 16 cordes, luth à 2 cordes... le nam trâm se
distingue par sa taille importante, celle d'un violoncelle. Il s'agit en
effet d'une « variété » de cet instrument, avec une grande caisse
presque rectangulaire. « Le nam trâm possède les qualités d'un violoncelle
en ce qui concerne l'intensité et la fréquence du son, permettant une
instrumentation parfaite dans un orchestre traditionnel. Sans oublier sa
résonance basse qui accompagne à merveille les mélodies
folkloriques », lance avec fierté le créateur du nam trâm, Nguyên
Hoàng Kim Quang, un violoncelliste sorti du Conservatoire de Hanoi.
Mais pourquoi cette création ? Son explication est
toute simple : « Violoncelliste, je fais partie intégrante de l'orchestre
Bông Sen depuis 1976.
C'était pourtant, pour nous, une cohabitation à
contrecoeur entre les instruments contemporains et traditionnels. Harcelé
par cette idée, j'ai nourri l'ambition de créer un instrument à l'instar
d'un violoncelle, susceptible de parfaire l'instrumentation de notre
orchestre qui manquait jusque là de ton grave ».
En 2003, l'ambition de Nguyên Hoàng Kim Quang a reçu le
soutien du musicien Thê Viên qui travaillait au Centre culturel de Hô Chi
Minh-Ville. Après de longues recherches et discussions, les 2
instrumentistes sont parvenus à l'idée de combiner 2 instruments - le day
(luth avec une caisse rectangulaire) et le tu dai - pour donner naissance
à un troisième, le nam trâm. La conception initiale achevée, MM. Quang et
Viên sont partis pour Hanoi où ils sont allés frapper la porte des
luthiers expérimentés. Avec la participation dévouée de ces derniers, le
premier modèle de nam trâm a enfin pris forme, suscitant une attente
soucieuse de ses créateurs. Essais, discussions, modifications,
ajustements... À la troisième mouture, en octobre 2004, le violoncelle
vietnamien a officiellement vu le jour. Son auteur a reçu la mention
excellente du Conseil scientifique comprenant, entre autres, les
professeurs en musique Ca Lê Thuân et Tô Vu, le musicien Vu Thanh, les
compositeurs Kiêu Tân, Nguyên Thanh Tân et Vu Van Tuyên. Ayant l'apparence
d'un instrument traditionnel, il possède une grande caisse rectangulaire
aux angles arrondis, un long manche avec une fleur de lotus à son
extrémité et 4 cordes accordées par quintes (do, sol, ré, la) qui, à
l'instar du violoncelle, sont soit frottées avec un archet, soit
pincées.
Un mois seulement après sa naissance, le nam trâm a été
présenté avec fierté, en novembre 2004, aux spectateurs suédois lors de la
fête « Les journées vietnamiennes à Stockholm » à laquelle le théâtre
Bông Sen a eu l'honneur de participer. Le succès se confirme alors, et la
direction du théâtre a décidé de faire fabriquer 3 nam trâm de plus pour
compléter son orchestre traditionnel.
Quant à son créateur, Nguyên Hoàng Kim Quang, il parle
de son oeuvre sans prétentions : « Cet instrument sera perfectionné au fil
du temps en ce qui concerne ses qualités musicales. Quoi qu'il en soit, il
nous permet de nous débarrasser de notre complexe d'infériorité de devoir
emprunter un instrument occidental pour notre orchestre oriental ».
(Long Son/CVN, 30/12/2007)
Difficultés financières
pour le Vienna Art Orchestra :
la réalité du financement privé de l'art
L'un des rares grands orchestres de jazz en Europe, le
Vienna Art Ochestra de Mathias Rüegg, connaît de sérieuses difficultés
financières à la suite du non-renouvellement en 2008 du contrat de
parrainage de la Bank Austria-Credit Anstalt (BA-CA), annonce lundi le
quotidien viennois Standard.
La subvention de la banque représentait 120.000 euros
dans l'année et, en conséquence, « je ne sais pas comment nous allons
pouvoir continuer en 2008 », a déclaré au Standard Mathias Rüegg. «
Si rien ne se fait, j'arrêterais, la décision tombera en mars »,
a-t-il ajouté.
Pour compenser en partie la défection de la banque,
Mathias Rüegg espère que l'Etat fédéral portera sa subvention de 55.000
euros aujourd'hui au niveau de celle de la ville de Vienne, qui est de
100.000 euros.
Alpha Blondy pour la
« paix et la réconciliation »,
en Côte d'Ivoire
Alpha Blondy, la star ivoirienne du reggae, a donné
dimanche soir à Azzerety (près d'Abidjan) un concert géant pour la «
réconciliation et la paix » en Côte d'Ivoire, en présence du
président Laurent Gbagbo, a constaté un journaliste de l'AFP.
C'est le premier concert donné par l'artiste depuis le
déclenchement de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire en septembre
2002. Il s'était alors engagé à ne pas donner de spectacle en Côte
d'Ivoire tant que le pays serait en situation de belligérance.
Baptisé Festival d'Abidjan pour la réconciliation,
réunification et reconstruction (FESTARRR), le concert a débuté avec
plusieurs heures de retard à l'espace Jérusalem d'Azzurety, un quartier de
la ville balnéaire de Grand-Bassam, ancienne capitale coloniale
ivoirienne.
Près d'un millier de policiers et de gendarmes ont
assuré la sécurité de ce spectacle de 24 heures organisé sur 20 hectares
de terrain sablonneux, entre océan et lagune.
Habillé d'un ensemble blue-jean, surmonté de
dreadlocks, Alpha Blondy a ouvert le bal en chantant l'un de ses titres
phare « Jérusalem » devant plus de 5.000 fans parmi lesquels
figuraient M. Gbagbo ainsi que son épouse Simone et le président de
l'assemblée nationale Mamadou Koulibaly.
L'artiste, après six tours de chants, a demandé à son «
illustre hôte », le président Gbagbo, de prendre la parole.
« Je suis venu vous dire que cette année 2007 a été
bonne, elle nous a permis de stabiliser la guerre civile et mettre fin au
conflit. Il faut qu'en 2008 on aille aux élections », a lancé M.
Gbagbo, applaudi par le public.
« Merci le grand frère Laurent Gbagbo », a
poursuivi Alpha Blondy, avant de commenter plusieurs titres de son nouvel
album « Jah Victory ».
« Ne tirez pas sur l'ambulance. La Côte d'Ivoire a
besoin de tous ses enfants pour aboutir à une paix durable et
définitive », a expliqué le chanteur, nommé en 2005 « messager pour
la paix de l'ONU ».
Depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles
(FN), la Côte d'Ivoire est coupée en deux, avec un Nord tenu par la
rébellion et un Sud contrôlé par les troupes loyalistes. Les deux parties
ont signé le 4 mars un accord de paix à Ouagadougou.
Le concert du Nouvel An 2009 à Vienne,
sera dirigé par Daniel Barenboïm
Le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboïm
dirigera pour la première fois le 1er janvier 2009 le concert classique le
plus populaire et le plus médiatisé au monde, celui du Nouvel An de
l'Orchestre philharmonique de Vienne, annoncent lundi plusieurs quotidiens
autrichiens.
Agé de 65 ans, Daniel Barenboim sera le 13e chef
d'orchestre à tenir la baguette pour ce concert, consacré à la valse
viennoise et dont la tradition remonte à 1939, dans la magnifique ancienne
salle du Musikverein, les précieux sésames des billets s'arrachant dans le
monde entier un an à l'avance.
Il succèdera à Georges Prêtre, âgé de 83 ans, premier
chef d'orchestre français à avoir cet honneur le 1er janvier 2008.
Depuis la création du Philharmonique en 1842, les
musiciens gèrent eux-mêmes leur orchestre et ce sont donc eux qui
choisissent le chef du Neujahrskonzert.
Daniel Barenboïm, directeur musical du plus prestigieux
opéra berlinois, le Staatsoper, a également fondé et anime un orchestre
israélo-arabe de jeunes, le West-Eastern Divan Orchestra, symbole d'une
future réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.
Le concert du Nouvel An de la prestigieuse phalange
viennoise est retransmis en direct à la télévision (10H15 GMT) dans 54
pays, de l'Albanie à l'Uruguay en passant par l'Australie, la Chine, le
Japon, la Russie, la Bolivie ou les Etats-Unis.
Actualités musicales du 10 janvier 2007

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Jeudi 10 janvier - 20h30
Studio de l'Ermitage, Paris 20e
Benjamin Sanz Quintet
Rasul Siddik, Trompette
Boris Blanchet, Sax ténor
Mathieu Jérome, Piano
Idriss Mlanao, Contrebasse
Benjamin Sanz, Batterie
Ces musiciens jouent une musique impétueuse, nourrie
d’une sensibilité d’improvisation commune et d’une écoute sur le vif. Leur
musique vient du jazz bop, hard bop, free... influencée plus largement par
les musiques de racines africaines, elle développe un langage actuel et
polyrythmique. Le répertoire est constitué exclusivement de compositions
écrites par les membres du groupe pour cette formation.
Benjamin Sanz Quintet joue une pulsation forte, un
son direct et ouvert. La constante est la recherche de l'équilibre entre
une dynamique d'interaction, moteur de l'improvisation - de la prise de
risques - et la maîtrise du son d'ensemble.
« Il faut mordre à la musique, ne pas la lâcher,
qu'elle nous emmène loin, où l'on se montre nu et sans artifices. »
( Benjamin Sanz )
Benjamin Sanz, batteur et compositeur il compte à
son actif de nombreuses collaborations. Il est aussi à l'initiative de
plusieurs projets habités par le jazz et les musiques de racines
africaines. Tourné vers la créativité et l'improvisation, son jeu
polyrythmique provoque l'échange, privilégie une pulsation forte et la
cohésion du son d'ensemble.
Studio de l'Ermitage, 8 rue de l'Ermitage 75020
Paris. - Entrée 10 / 8 € ; réservations : 01 44 62 02 86
http://www.studio-ermitage.com
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Il y a 100 ans naissait Olivier Messiaen
Le monde musical va fêter tout au long de 2008 le
centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen, le pédagogue, l'organiste,
le croyant féru d'ornithologie mais surtout le compositeur qui, plus de 15
ans après sa mort, est toujours un contemporain et déjà un classique.
L'année « Messiaen 2008 » devrait fédérer 700
concerts dans 27 pays et 147 villes, en France bien sûr (175 concerts
prévus), mais aussi en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas, aux
Etats-Unis, en Suède, en Chine et au Japon.
Signe de l'engouement suscité par ce compositeur majeur
du XXe siècle, les organisateurs n'attendront pas le jour anniversaire
— le 10 décembre 1908 à Avignon — pour lancer les célébrations:
le « concert d'inauguration » du centenaire aura lieu lundi soir à Paris,
au Théâtre des Bouffes du nord.
« Olivier Messiaen est devenu un classique dans
beaucoup de pays », explique le délégué général de l'association Messiaen
2008, Claude Samuel. « Il a joué un grand rôle dans la modernité musicale
et en même temps s'est situé au-delà des modes avec une oeuvre abordable
par un large public », fait-il valoir.
Si le public de Messiaen est « considérable », il «
peut encore être élargi », estime l'organisateur. L'association Messiaen
2008 a donc enrichi son programme commémoratif d'un important volet
pédagogique, avec une manifestation-phare: les conservatoires ont été
invités à faire interpréter simultanément, le 10 décembre, le « Quatuor
pour la fin du Temps », composé en captivité en 1940.
Les célébrations mettront en lumière l'héritage reçu
(Mozart, Berlioz, Debussy...) par Messiaen comme ses nombreux héritiers.
Ce théoricien fut en effet un pédagogue recherché, notamment au
Conservatoire de Paris, où un grand nombre de ceux qui feront
l'avant-garde de la seconde moitié du XXe siècle (Pierre Boulez, Pierre
Henry, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis...) ont suivi son
enseignement.
Le piano — l'instrument de sa seconde épouse et de
sa première interprète, Yvonne Loriod — tient une place essentielle
dans le catalogue du compositeur, riche de plus de 80 pièces. Son nom
restera aussi associé à l'orgue, qu'il a pratiqué pendant six décennies,
jusqu'à sa mort en 1992, à l'église de la Trinité à Paris, où un grand
cycle de concerts est programmé cette année.
Messiaen était organiste liturgique en catholique
convaincu. Sa foi inébranlable se lit dans le titre voire le propos de ses
oeuvres, comme dans « Et exspecto resurrectionem mortuorum » — jouée
28 fois dans le monde en 2008 — et dans son unique opéra, l'imposant
« Saint François d'Assise » (1983), représenté à Varsovie et Amsterdam
cette saison.
Le maître confessait une passion singulière pour
l'ornithologie, convaincu que « les oiseaux sont les plus grands musiciens
qui existent sur notre planète ». Les cartes de visite de l'auteur de la «
Turangalîla-Symphonie » (60 interprétations en 2008) le présentaient
d'ailleurs comme « ornithologue et rythmicien », une façon de dire aussi
son goût du rythme (d'inspiration hindoue notamment), associé à celui de
la couleur.
Cette « musique en vitrail », selon les mots de
Messiaen lui-même, possède une expressivité et un pouvoir de séduction
immédiats.
Mais l'homme, modeste, garde sa part de secret: un
mystère que ne lèvera pas pleinement l'année « Messiaen 2008 », en dépit
de l'importance des hommages (festivals à Londres et en Suède, « automne »
à Montréal, conférence internationale à Birmingham...) qui lui seront
rendus, sans compter les parutions de disques et de livres.
Ouverture de l'année Messiaen,
un compositeur majeur du XXe siècle
Les célébrations du centenaire de la naissance
d'Olivier Messiaen (1908-1992) se sont ouvertes lundi soir à Paris lors
d'une soirée au programme particulièrement éclectique, qui a mis en
lumière les influences mais aussi le legs de ce compositeur majeur du XXe
siècle.
En présence de la veuve et muse du créateur, la
pianiste Yvonne Loriod (84 ans le 20 janvier), le Théâtre des Bouffes du
Nord a accueilli le premier des 700 concerts programmés dans 27 pays dans
le cadre de « Messiaen 2008 », hommage d'une ampleur exceptionnelle pour
un compositeur de musique contemporaine.
Pas de « Turangalîla-Symphonie » dans ce cadre
relativement intime (530 places), encore moins de « Saint François
d'Assise », l'imposant opéra de Messiaen, mais une sélection d'oeuvres de
musique de chambre de sa main ou en résonance avec son univers.
Le concert a débuté, avec deux voix de l'Ensemble
Gilles Binchois, par une « Messe de l'Epiphanie » médiévale utilisant ce
plain-chant dont Messiaen le catholique disait qu'il était probablement la
« seule musique vraiment religieuse », parce que « détachée de tout effet
extérieur ».
Puis la comédienne Marie-Christine Barrault a dit des
poèmes de Cécile Sauvage, mère de Messiaen et « poétesse de la maternité
».
Le compositeur a lui-même écrit les textes de ses «
Poèmes pour Mi », recueil de 1936 où il affirme déjà sa quête rythmique et
son goût des couleurs, et dont des extraits ont été interprétés par la
soprano japonaise Yumi Nara, accompagnée par le pianiste Roger Muraro.
Muraro, peut-être le meilleur interprète des « Vingt
regards sur l'Enfant-Jésus » depuis Yvonne Loriod, aurait sans doute joué
avec succès un extrait de ce chef-d'oeuvre de la littérature pianistique.
Mais c'est la Chinoise Le Liu, récent Grand prix du Concours Olivier
Messiaen (piano contemporain), qui s'en est chargée, en plus de trois «
Préludes » de Debussy dont l'exigence excède son jeune talent (22
ans).
La pianiste a aussi interprété « Rain Tree Sketch II »
de Toru Takemitsu, compositeur japonais passionné par les couleurs
françaises, celles de Debussy et Messiaen justement.
La soirée comportait en outre la création mondiale de «
Duo vivo » du Vietnamien Nguyen-Thien Dao, ancien élève de Messiaen. Le
disciple s'est sans doute inspiré du maître pour nourrir de lyrisme, de
poésie et d'énergie un « Duo vivo » certes démonstratif dans son catalogue
de sonorités (percussions frappées, frottées à l'archet ou à l'écho
modifié par la bouche) mais joué avec beaucoup d'engagement par le Triloc
Duo.
Le concert s'est achevé sur les « Cinq Rechants »,
composés il y a soixante ans dans une langue insolite (inventée ou en
français, mais surréaliste) et pour douze voix seules (ici des membres du
Choeur de Radio France dirigés par Dominique My) installant un monde
sonore inouï.
De la musique du Monde,
au musée gallo-romain
de Saint-Romain-en-Gal,
le 18 janvier
Pour la quatrième année consécutive, le musée
gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal invite le public à suivre un cycle de
concerts de musique du monde, sur les traces des cultures du bassin
méditerranéen.
Le musée reçoit en effet,
HUSSEIN EL-BACHARI
Musique de la Haute Égypte
Vendredi 18 janvier à 20h30
Des sources de la rivière éthiopienne Etbara jusqu'au
sud de l'Égypte, les Bêcharis vivent leur aventure nomade. Comme les
Amarars et les Beni Amers du nord de l'Erythrée, ces nomades et chameliers
sont reliés à l'ancien royaume de Kush qui, situé autrefois dans
l'ancienne Nubie, est considéré comme le premier « royaume noir » (IXe
siècle avant J.-C.).
Hussein al-Bechari, aujourd'hui sédentarisé, vit dans
un petit quartier populaire d'Assouan. Au même titre que les chanteurs
nubiens d'Égypte ou du Soudan, il s'accompagne aussi bien à la lyre
ancienne tambourah qu'au luth oud, qui, à travers le commerce arabe, s'est
imposé dans ces régions.
La lyre tambourah est de la même famille que la baganna
d'Éthiopie, elle-même héritière, selon la légende, de la harpe dont jouait
voilà 3000 ans, le futur roi David à son beau-père Saul, premier roi des
Hébreux. Décrite autrefois par Homère lors de son voyage en Égypte, elle
possédait une carapace en tortue comme caisse de résonance au même titre
que la kithara (ou pectus) inventée par Hermès. Aujourd'hui, le poète
africain a remplacé la carapace de tortue par une assiette métallique pour
célébrer une nature de sable et d'eau, dans cette région située entre la
mer Rouge et Assouan. La couleur ocre de la terre des montagnes contraste
avec l'eau bleue et limpide du Nil à l'image de cet art populaire où,
malgré la rudesse de la vie tribale, la voix du chanteur porte en elle une
tendresse paisible et intimiste.
À 20h : conférence de C. Girbal spécialiste de la lyre
— Tout public à partir de 7 ans — Dans l’auditorium du musée - Pour tous
publics – Durée : 1h à 1h30 — Tarifs : 6 € (Plein Tarif) - 4 € (moins de
18 ans) — Renseignements et réservation conseillée au 04 74 53 74 02 —
http://www.musees-gallo-romains.com
L'orchestre de Basse-Normandie
s'offre l'univers de Franck Zappa
L'orchestre classique de Basse-Normandie entame à
partir de jeudi une tournée qui passera par Paris pour présenter une
création artistique originale, intitulée « The big note », autour de la
musique de la rock star américaine Franck Zappa.
L'orchestre, composé de 18 musiciens professionnels (12
cordes, quintette à vents et piano), a fait appel à un guitariste, un
bassiste, un percussionniste, un batteur et un claviériste, afin
d'interpréter une partie du gigantesque répertoire de la star décédée en
1993.
Un défi relevé grâce au compositeur Jean-Luc
Rimey-Meille, qui après avoir choisi les morceaux, les a retranscrits à
l'oreille avant d'écrire les partitions telles qu'entendues, puis de les
orchestrer.
Afin de donner au public un éclairage sur ce que fut la
vie de Franck Zappa, mort d'un cancer à 52 ans, le concert dirigé par le
chef Dominique Debart se double du jeu minimaliste de deux comédiens en
costumes qui lisent, telle une partition, un court texte écrit par
l'écrivain et spécialiste de Franck Zappa, Pacôme Thiellement.
« Il s'agit de donner un éclairage un peu particulier à
l'axe que nous avons choisi, qui est de souligner le côté esthétique de
Zappa, consistant en une transformation perpétuelle et un retravail
systématique », a expliqué à l'AFP Emmanuelle Dormoy, administratrice
générale de l'Ensemble.
Franck Zappa, venu à la musique en écoutant le
compositeur Edgard Varèse, a pendant une trentaine d'années exploré tous
les styles de musique et toutes les époques, du rock au jazz et au reggae,
en passant par le doo wop ou la musique contemporaine d'avant-garde.
L'orchestre de Basse-Normandie se produira jeudi à
Flers (Orne), mardi à Lisieux (Calvados), puis du 22 au 24 janvier à
Paris, avant de revenir à Caen le 26. En juillet, l'Ensemble se produira
au Festival « Jazz à Vienne » (Isère).
Le Ballet du Bolchoï
s'installe
à l'Opéra de Paris avec ses trésors
Le Ballet du Théâtre Bolchoï a débuté samedi soir une
résidence à l'Opéra de Paris riche de trois programmes plutôt rares voire
inconnus du public français, dont « Le Corsaire » de Petipa dans une
luxueuse production qui met en lumière l'excellence classique de la
compagnie moscovite.
Une centaine parmi les 223 danseurs du principal
théâtre de Russie ont fait le voyage à Paris pour y donner, jusqu'au 22
janvier, 14 représentations au Palais Garnier, où le Bolchoï est venu
régulièrement depuis un demi-siècle.
Quatre soirées et une matinée sont consacrées au «
Corsaire », ballet de trois heures 15 (deux entractes compris), trois
actes, cinq tableaux et un épilogue, inspiré d'un poème de Byron mais aux
racines très françaises.
L'Opéra de Paris en a créé une version en 1856, sur une
musique d'Adolphe Adam. Conservant cette exquise partition, complétée
d'ajouts empruntés à d'autres compositeurs, c'est encore un Français,
Marius Petipa, qui a signé à Saint-Pétersbourg, entre 1863 et 1899, quatre
versions du « Corsaire ».
Samedi soir, le public de Garnier a enfin pu découvrir
dans son intégralité ce ballet qui ne figure pas au répertoire de l'Opéra
de Paris alors qu'il vient de reprendre sa place, en juin dernier, parmi
les richesses du Bolchoï.
Son directeur artistique, Alexeï Ratmanski, a retrouvé
à Saint-Pétersbourg les croquis des décors et les maquettes des costumes
de la version de 1899. Il a redonné vie aux chorégraphies de Petipa et en
a ajouté d'autres de son cru, guidé par le souci de proposer une
esthétique fin XIXe siècle sans tomber dans la reconstitution.
Le corsaire Conrad brûle d'amour pour la jeune Grecque
Médora, également convoitée par le pacha Saïd, dans des décors très
colorés figurant un Orient de pacotille délicieusement kitsch. La
production ne ménage pas ses effets dans une scène de tempête
impressionnante, qui menace d'emporter les deux amants dans des flots
déchaînés.
L'oeuvre, quoi qu'il en soit, vaut moins pour le drame
et la pantomime que pour son invention chorégraphique. C'est là, dans des
solos, pas de deux, trios ou ensembles déclinés à l'envi, que le Bolchoï
montre l'étendue de ses talents, des solistes (Svetlana Zakharova, à la
grâce infinie, Nikolaï Tsiskaridzé, très athlétique...) jusqu'au corps de
ballet (« jardin » tout de tutus blancs vêtu, au bel ordonnancement
classique).
Outre « Le Corsaire » (jusqu'au 15 janvier), le Ballet
du Bolchoï donnera (du 11 au 13) un programme mêlant « Jeu de cartes »,
chorégraphié par Alexeï Ratmanski, à la fameuse « scène des ombres » de «
La Bayadère » d'après Petipa et à « La Dame de Pique » de Roland Petit,
chorégraphe français très connu à Moscou.
La tournée parisienne de la troupe russe s'achèvera
avec quatre représentations (19-22 janvier) de « Spartacus », dans la
version épique de Iouri Grigorovitch, créée en 1968.
Une violoniste diffuse
gratuitement sur le net,
son album de musique classique
La violoniste britannique Tasmin Little a annoncé sur
son site internet qu'elle allait diffuser son prochain album gratuitement
en ligne.
A partir de la semaine prochaine, l'album « Naked
Violin » (le violon nu) pourra être téléchargé depuis son site, une
initiative visant à briser l'image élitiste de la musique classique, selon
la violoniste citée mardi par le quotidien The Guardian.
En octobre dernier, le groupe de rock anglais Radiohead
avait fait sensation en proposant son dernier album au téléchargement sur
son site, pour contourner les maisons de disques. Chaque acheteur était
libre de payer ce qu'il souhaitait.
Tasmin Little, connue des cercles de mélomanes, a pour
sa part expliqué qu'elle voulait par ce geste toucher un auditoire plus
large.
« La musique classique, pour une raison ou une autre,
est réputée pour aller de pair avec un certain niveau d'éducation, une
certaine couleur de peau ou un certain lieu de résidence et j'en ai un peu
marre de tout ça », a-t-elle confié. « »J'ai voulu lever le plus de
barrières possible et voir si ça fait une différence ».
Son prochain album, le premier depuis quatre ans,
comprendra trois oeuvres: la Partita N.3 de Bach, une pièce du compositeur
britannique Paul Patterson et la Sonate N.2 du compositeur belge Eugène
Ysaye. Il sera téléchargeable à partir de lundi sur son site,
http://www.tasminlittle.net
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