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Voss Isaac
Vossius
1616-1689

 

 

Né à Leyde en 1616 ; mort à Londres le 21 février 1689.

Son père est l'humaniste Gerrit Janszoon Vos (1577-1649), plus connu sous son nom latinisé de Gerardus Vossius, qui fut recteur de l'école latine de Dordrecht, recteur du collège de théologie de l'université de Leyde, professeur de rhétorique, de grec, puis professeur d'histoire au Athenaeum Illustre d'Amsterdam. Il était par ailleurs en contact étroit avec l'Angleterre. Sa mère est Elisabeth du Jon, la fille du théologien Franciscus Junius, originaire de Bourges.

Vossius Vossius père. Extrait de Freher Paul, Theatrum Virorum Eruditione Clarorum. 1688, image 13 de la planche 81, avant page 1533.

Issac Vossisus étudie avec son père. Il est un temps bibliothécaire de Christine reine de Suède. À la mort de son père, en 1649, il refuse de reprendre sa chaire. Gratifié financièrement par Louis xiv, il se fixe en Angleterre en 1670, et devient chanoine de Windsor en 1673. Il a écrit de nombreux ouvrages scientifiques polémiques, dont un nombre à été mis à l'Index à Rome.

Document

Daunou Pierre (1761-1840) Vossius Isaac. Dans Michaud Louis-Gabriel (1773-1858) (dir.) « Biographie ancienne et moderne », (49) p. 551-556

VOSSIUS (isaac), littérateur, fils de Gérard-Jean Vossius et d'Élisabeth du Jon , naquit à Leyde en 1618. Élève de son père, il fit d'excellentes études, et consacra aux lettres sa vie entière.

Dès l'âge de vingt-un ans, il publia une édition du Périple de Scylax, dont le texte grec avait paru en 1610 : il y joignit une version latine, des notes et un Périple anonyme, dont une copie manuscrite lui avait été envoyée par Saumaise, à qui cette édition ( Amst., 1639,  in-4°. ) est dédiée ; les observations qui l'accompagnent ont été recueillies par Jacques Grovonius et par les autres éditeurs de l'opuscule qui porte le nom de Scylax ( V. ce nom, XLI, 397). Des notes du jeune Vossius enrichissent aussi l'édition de Justin, donnée chez Elzévir,  à Leyde, en 1640, in-12.

On voit, par ses lettres à Nicolas Heinsius, qu'il a fait, en 1642, un voyage à Rome, dont ne parlent point les biographes : il se plaint des difficultés qu'il rencontre à visiter les bibliothèques de cette ville. Toutefois, à son retour d'Italie, il se trouva en état de préparer, d'après un manuscrit précieux de Florence, une édition des Épîtres de saint Ignace et de saint Barnabé, Amsterdam, 1646, in 8°., reproduite à Londres, en 1680 : elle contenait, avec le texte grec, la traduction latine, attribuée à Robert de Lincoln, et des notes qui ont été insérées dans le Recueil des Patres apostolici, Amsterdam, 1724, in-fol.

On lui offrit, en 1649, la chaire que la mort de son père laissait vacante, et à laquelle on aurait attaché un traitement plus considérable : il la refusa, voulant rester maître de tout son temps, et le réserver a des travaux solitaires. Il est étrange qu'étant si jaloux de sa liberté, il se soit mis au service de la reine de Suède, Christine, qui, après avoir entretenu une correspondance avec lui, et l'avoir chargé de commissions littéraires, finit par l'attirer près d'elle ; il devint sou bibliothécaire et son maître de littérature grecque.

Les lettres qu'il écrit à Nic. Heinsius, en 1649, 1950 et 1651, sont datées de Stockholm : il y est souvent question de Saumaise et de sa femme Anne Mercier, qui est désignée par le nom de Mercera, et quelquefois de Xanthippe. Saumaise et Vossius s'étaient brouillés, parce que, dit le Menagiana, « M. Vossius ayant prété de l'argent au fils de M. Saumiaise, M. Saumaise ne voulut pas le lui rendre, disant qu'il lui avait mandé de ne pas lui en prêter ; en effet, il ne le lui rendit pas. ».

Ce fait est raconté plus au long dans les Lettres de Vossius, qui exposent d'ailleurs comment Saumaise trouva le moyen de s'acquitter : il accusa Vossius de préparer contre lui des écrits satiriques. Christine ajouta foi à ce rapport et à d'autres insinuations, si bien qu'au moment où Vossius, qui venait de faire un voyage en Hollande, rentrait en Suède, amenant Bochart et Huet, il reçut l'ordre de ne pas se présenter devant la princesse, de rebrousser chemin, et de demander pardon à Saumaise. Malgré cette disgrâce, dénouement ordinaire des relations de cette nature, la reine recommença bientôt de correspondre avec Vossius, et le revit depuis dans les Pays-Bas.

De son côté, il continua de parler d'elle avec égard et respect. Notre collaborateur Catteau-Calleville, auteur d'une très-estimable Histoire de Christine, y raconte sommairement ces aventures, et donne tout le tort au disgracié, qui, dit-il, avait profité, en achetant des livres pour la reine, de toutes les occasions de faire de grands profits pécuniaires, et d'enrichir sa propre bibliothèque de plusieurs articles précieux. Aucun document n'est cité à l'appui d'une imputation si grave ; mais on ajoute que le savant Hollandais était d'un caractère inquiet et bizarre; et nous devons avouer que sur ce point il serait presque aussi difficile à disculper que l'épouse de Saumaise. Quoi qu'il en soit, nous ne voyons Isaac Vossius écrire contre Saumaise lui-même, que cinq ans après la mort de celui-ci (1) [il est dit à l'article Saumaise, xl, 456, qu'il mourut le 6 septembre 1658 : nous croyons qu'il faut lire 1653, cette mort était annoncée par Guy Patin, dans des lettres datées d'octobre et novembre de ctree année là]  le critique en effet, en 1658, dans les notes qu'il joint au texte de Pomponius Méla, édition de la Haye, in-4°., renouvelée in-8°., en 1701, à Franckcer il y relève des erreurs géographiques échappées à Saumaise dans ses Exercitationes plinianæ in Solinum.

Bientôt après, Vossius s'occupa de chronologie ; il mit au jour une dissertation De vera mundi œtate, où il soutenait la supputation établie par la version grecque de l'Ancien Testament, dite des Septante. George Horn (V. ce nom, XX, 570) prit la défense du texte hébreu qui ne place pas la création à une si hante distance de l'ère vulgaire. A l'instant, Vossius fit paraître des Castigationes adscriptum Hornii et dès que Horn eut répliqué, un Auctarium castigationum , auquel son adversaire opposa un Auctarium defensionis. Tous ces opuscules, dont le plus long n'excède pas 72 pag. in-4°., sont de 1659, ceux de Vossius, à la Haye, ceux de Horn, à Leyde. Vossius revint sur cette question, en 1661 : il composa des dissertations de Septuaginta interpretibus, eorumque chronologia ; vol. in-4°. , augmenté d'un Appendix, en 1663, et réimprimé à Londres, en 1665. Ces écrits ont aujourd'hui peu d'importance, et il serait plus difficile encore de recommander ceux qu'il publia en 1662 et 63, sur de tout autres matières : De lucis natura, Amsterdam, in-4°. ; Responsio ad objecta Joannis de Bruyn et Pétri Petit de luce, la Haye,in-4°. ; de motu marium et ventorum, même format. Il y enseigne que la lumière et le feu ne sont que des accidents, et non des substances ; il attribue à l'action du soleil le flux et le reflux de la mer ; il décrit un instrument qu'il appelle aéroscope, ou baroscope, et au moyen duquel il assure que les navigateurs pourront toujours prévoir infailliblement les tempêtes.

Alors se répandait le livre de Martin Schoockius (V. ce nom, XLI, 328), intitulé : Diluvium Noachi universale.... adversus virum quemdam célèbrem : Bayle croit que ces derniers mots désignent Isaac Vossius qui serait ainsi l'auteur d'une dissertation anonyme imprimée à Genève contre l'universalité du déluge ; Morhof la lui attribue aussi. Cependant Vossius recevait en ce temps-là une gratification du roi de France, Louis XIV , annoncée par une lettre de Colbert ainsi conçue : « Quoique le roi ne soit pas votre souverain , il veut néanmoins être votre bienfaiteur, et m'a commandé de vous envoyer la lettre de change ci-jointe, comme une marque de son estime, et comme un gage de sa protection. Chacun sait que vous suivez dignement l'exemple du fameux Vossius, votre père, et qu'ayant reçu de lui un nom qu'il a rendu illustre par ses écrits, vous en conserverez la gloire par les vôtres. »

Les biographes belges ajoutent qu'Isaac Vossius fut associe à l'académie royale des sciences de Paris ; mais son nom ne se rencontre nulle part dans les registres de cette compagnie, ni sur les listes qui ont été publiées de ses premiers membres, associés ou correspondants depuis 1666 jusqu'en 1699. A la vérité, il se mêlait, comme on vient de le voir, de sciences physiques : son livre De Nili et aliorum fluminum origine parut à la Haye, in-40., en 1666 : il expliquait avec raison la crue du Nil par les pluies de l'Ethiopie, et non par l'action de ferments nitreux. Mais il avait principalement consacré ses talents et ses loisirs aux études philologiques : nous en avons une preuve immédiate dans sa correspondance avec Nic. Heinsius, laquelle s'ouvre en 1637, et se termine vers 1664. P. Burmann l'a insérée au tome 111 (pag. 556-692) de sa Sylloge epistolarum. Cette correspondance se compose de 109 lettres dont 90 sont d'lsaac Vossius : elle mérite, à tous égards, d'être lue ; elle peut fournir beaucoup de détails à l'histoire des lettres pendant ces trente-six années. Les deux amis s'entretiennent le plus ordinairement de livres manuscrits et imprimés, d'entreprises, de publications et autres nouvelles littéraires.

En 1670, Vossius passa en Angleterre. Des Épîtres, où il s'était efforcé de soutenir l'authenticité de celles de saint Ignace, contestée par Daillé, Saumaise et Blondel, furent publiées en 1672 à Cambridge, in-4°., à la suite des Vindiciæ de Jean Pcarson. Un livre plus curieux parut à Oxford, en 1673, in-80., ayant pour titre : De poematum cantu et viribus rhythmi. Il est d'Isaac Vossius, qui l'a dédié au comte d'Arlington, sans se nommer ; c'est la plus originale de ses productions. Il y retrace l'antique alliance de la poésie et de la musique, et réprouve toute versification qui n'est pas fondée sur la prosodie. Morhof dit qu'il y a des paradoxes dans ce livre ; mais il s'unit à Hennin, à Bayle, à d'autres bons juges, pour rendre hommage aux observations ingénieuses et savantes de l'auteur sur les vers et les chants des Grecs, des Latins, et de quelques peuples modernes.

Dès l'année même où fut publié cet ouvrage, le roi Charles II fit de Vossius un chanoiue de Windsor. A la cour de ce prince, et à Londres, le littérateur hollandais eut des relations avec plusieurs personnages distingués, entre lesquels on cite la duchesse de Mazarin (Voy. Mancini,  XXVI, 453) et Saint-Évremond. La duchesse l'invitait souvent à sa table ; elle se plaisait à converser avec lui et à le questionner sur toute espèce de matières. Il savait presque toutes les langues de l'Europe, et n'en parlait bien aucune. Il connaissait les mœurs de tous les peuples et de tous les âges, excepté celles de son propre siècle. Il avait si peu contracté la décence et l'urbanité de ses contemporains, qu'au milieu des entretiens les plus polis, il lui arrivait de braver l'honnêteté en langue vulgaire, autant qu'il l'aurait pu faire en latin dans un commentaire sur Catulle ou sur Pétrone. Lui qui écrivait pour démontrer que la version des Septante est divinement inspirée, lui qui avait, dit Saint-Évrcmond, « une crédulité imbécille pour tout ce qui était cxtraordinaire et fabuleux » il parlait , dans ses conversations familières, le langage des incrédules qui n'admettent aucune révélation. Voilà, disait Charles II, un étrange théologien ; il croit tout hors la Bible.

Nous ne garantissons pas ces détails, qui ont passé de la vie de Saint-Évremond, par Desmaiseaux, dans les Mémoires du P. Niceron, et dans les Dictionnaires historiques (2) [Niceron transcrit une autre anecdote : « Un Anglais ayant demandé à Is. Vossius ce qu'était devenu un homme de lettres qu'il avait vu autrefois chez lui ? Vossius répondit brusquement : Est sacrificulus in pago, et rusticos decipit »].  On y lit aussi que François du Jon (Voy. Junius, XXII, 156  étaut tombé malade en 1678, à Windsor, chez son neveu, Isaac Vossius, celui-ci ne laissa point accomplir à l'égard du moribond les cérémonies du culte anglican, disant qu'elles étaient établies pour les pécheurs, et non pour un homme sans vices, tel que son oncle.

Le neveu n'avait rien publié depuis 1673 : il mit sous presse, en 16179, un Traité latin (iu-8°. ) sur les oracles des Sibylles, qui fut réimprimé à Leyde, en 1680, in-12 : il ajoutait foi à ces prophéties ainsi qu'à d'autres oracles païens antérieurs à J.-C., et voulait qu'on y puisât des preuves de la vérité du christianisme. Ces opinions que Blondel et Casaubon avaient déjà combattues l'ont été depuis par Vandale et Fontenelle. Vossius s'occupa de nouveau, en 1680, de la version des Septante, et se flatta de la venger des dernières critiques qu'elle venait d'essuyer : c'est le but du livre qu'il intitula : Responsio ad objecta nuperæ criticæ sacræ, Leyde, in-12, 1680. Il eutreprenait surtout de réfuter ce que Richard Simon avait écrit sur cette matière dans l'Histoire critique du vieux Testament : Simon répliqua, en 1684, à la suite de ses Inquisitiones criticæ. Le défenseur des Septante travaillait alors à une édition de Catulle : le texte du poète latin y était accompagné d'un commentaire fort étendu, assez riche d'érudition pour n'avoir pas besoin de se recommander, bien moins honorablement, par des détails licencieux. Mais on accusa l'éditeur d'y insérer une partie du livre de Béverland De prostibulis veterum : on crut s'en apercevoir peudant l'impression qui s'exécutait en Hollande, et qui en conséquence fut suspendue ; elle s'acheva à Londres, en 1684, in-4°. Bayle, qui a fait un grand éloge de cette édition de Catulle, dans ses Nouvelles de la république des lettres (juin 1084), dit ailleurs que Vossius avait composé vers ce même temps un Traité De republica Alexandrinorum, qui n'a jamais vu le jour. Celui des Sibylles et la Réponse à Richard Simon, augmentée d'un supplément, reparurent à Londres, en i685,in-4°., avec un livre d'observations diverses, Variarum observalionum liber. Ou y trouve une courte dissertation sur les Trirèmes ou galères, que Graevius a insérée depuis dans le xiie. tome de son Trésor d'Antiquités romaines, et un opuscule sur l'étendue de l'ancienne ville de Rome, qui est compris dans le tome iv du même recueil. A considérer dans son ensemble le volume in-4°. que Vossius donnait au public en 1685, on peut dire que c'est celui où il a laissé une plus libre carrière à son imagination capricieuse, à son goût pour les paradoxes et pour les récits merveilleux. Il prétend que Rome contenait quatorze millions d'habitants, et que sa surface était vingt fois plus grande que celles des villes de Londres et de Paris réunies. Il a exagéré bien davantage encore la population de la Chine, sa civilisation, l'antiquité de son histoire et de ses livres sacrés. Il en jugeait, dit Benaudot [ (3) : A la fin des dissertations qui suivent les Anciennes relations des Indes et de la Chine.], d'après les rapports du jésuite Martini, et n'aurait pu alléguer d'autres témoignages, n'ayant aucune connaissance de la langue et de la littérature des Chinois ; mais plus enthousiaste que ce missionnaire, il se laissa emporter jusqu'à placer l'origine de celte nation fort au-dessus du plus haut terme que Moïse assigne à la création, même dans la version des Septante. Ayant toujours à cœur de faire prévaloir les calculs de cette version sur ceux du texte hébreu , il employa, en 1686, la seconde et la troisième partie d'un dernier volume in-4°., imprimé à Londres, à réfuter ce que venaient d'écrire contre elle Humfroy Hody, et Richard Simon sous le nom de Jérôme Le Camus.Vossius se promettait de prolonger cette controverse en donnant une nouvelle édition de la traduction grecque qui en était l'objet : il n'eut pas le temps de se livrer à ce travail. Colomiès (Voy. ce nom, IX, 2309-312), qui s'était attaché à lui et l'avait suivi en Angleterre, mit à la lin du volume qui vient d'être indiqué une Lettre à Justel contre Simon. La première partie de cet in-4°. traite d'une autre matière ; elle a pour titre Observationum ad Pomponium Mêlant appendix. Vossius y répond assez impoliment à Jacques Gronovius , qui tout en profitant, comme nous l'avons dit, de ses travaux sur la géographie ancienne, l'avait traité avec aussi peu d'urbanité. Il faut dire que le célèbre géographe Guill. Delisle a déclaré qu'il y avait d'excellentes recherches dans les notes de Vossius sur Scylax et sur Pomponius Méla. Pour compléter la liste des écrits d'Isaac Vossius, qui n'ont jamais été réunis en un seul recueil, nous devons rappeler les additions qu'il a jointes à l'Etymologicon de son père. Isaac, attaqué d'une maladie grave en 1689, ne voulut pas, si nous en croyons Desmaiseaux et le P. Niceron, recevoir les consolations religieuses que lui offraient ses confrères, les chanoines Hascard et Wickart, en l'exhortant à se conformer aux usages, au moins pour l'honneur du chapitre : « Ce que je vous demande, leur répondit-il, c'est de m'apprendre comment je pourrai obliger mes fermiers à me payer ce qu'ils me doivent. »

Ces étranges particularités, recueillies par Bayle, répétées dans toutes les notices, et que par cette raison il n'est plus possible d'omettre, auraient besoin d'être beaucoup mieux attestées. On sait du reste qu'il mourut à Windsor le 21 février de cette année : ceux qui indiquent le 10 février 1688 suivent le vieux style et ne font commencer 1689 qu'à Pâques. Il laissait une riche bibliothèque, que l'université de Leyde acheta trente-six mille florins, etqu'elle fit enlever aussitôt. « Si l'on n'eût pas usé de cette diligence, écrit Bayle, si les livres n'eussent pas été portés chez M. Citters, ambassadeur de Hollande à la cour d'Angleterre, il serait venu des ordres pour en empêcher le déplacement, afin que les héritiers fussent obligés de rompre le marché et d'en conclure un autre avec l'université d'Oxford. »

La cour de Rome avait mis plusieurs des ouvrages d'Isaac Vossius à l'index, spécialement ceux qui concernaient la version des Septante, les épîtres de saint Ignace, les oracles sibyllins et des questions de physique. Mabillon, consulté sur cette censure, se montra plus indulgent (4) [Votum de quibusdam Isaaci Vosii opusculus. C'est le troisième article du tome II des œuvres posthumes de Mabillon] ; mais son avis, quoi qu'en aient dit de Boze (5) et Goujet, ne fut pas suivi ; car ces livres demeurent condamnés dans un index publié après le milieu du dix-huitième siècle. Ils ont d'ailleurs essuyé, ainsi que les autres productions de l'auteur, beaucoup de censures purement littéraires. Tous ses écrits sont jugés fort sévèrement dans un long parallèle entre les deux Vossius, Gérard Jean et Isaac, qui du Journal de Trévoux (janvier 1713) a passe aussi dans les dictionnaires biographiques. Ce qui nous paraît incontestable, c'est que les ouvrages du père sont beaucoup plus méthodiques, et qu'ils offrent une instruction plus vaste, ordinairement plus sûre. On y peut trouver trop de citations ; mais on serait encore mieux fondé à dire que le fils n'en fait point assez, qu'il s'en permet quelquefois d'inexactes ou d'incomplètes, qu'il se dispense volontiers d'alléguer ou même d'indiquer les preuves de ses assertions tranchantes. Il n'entreprend guère de lectures et de recherches qu'avec l'intention d'en obtenir les résultats qu'il a fixés d'avance ; il veut qu'elles servent à confirmer ses conjectures , quelque hardies qu'elles puissent être. Gérard-Jeau a plus de circonspection et de conscience : c'est un homme plus sage, ou écrivain moins turbulent, un ami plus religieux de la vérité : il aspire à s'éclairer et à instruire ses lecteurs, plutôt qu'à les éblouir par des nouveautés et des prestiges ; mais on ne peut refuser à Isaac une imagination vive, un esprit pénétrant, des connaissances fort étendues, une érudition ingénieuse et souvent originale.

Écrits relatifs à la musique

De poematum cantu et viribus rythmi

  • Oxford, Theatrum Sheldonianum (London, Robert Scot) 1673 (27 exemplaires conservés)
    • Localisations A : Wien, Gesellschaft der Musikfreunde - Wien, Musikwissenschaftliches Institut - B : Bruxelles, Bibliothèque du conservatoire royal de musique - Bruxelles, Bibliothèque Royale
    • CH : Zürich, Zentral Bibliothek (und Bibliothek der Allgemeinen Musikgesellschaft)
    • D : Berlin, Staatsbibliothek Preußischer Kulturbesitz - Berlin, Deutsche Staatsbibliothek -  Hannover, Niedersächsische Landesbibliothek - Leipzig, Musik Bibliothek. - München, Musiksammlung der Bayerische Staatsbibliothek - Nürnberg, Stadtbibliothek - Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek
      F : Arras, Bibliothèque municipale - Paris, Bibliothèque nationale - Paris, Bibliothèque de l'Opéra
      GB : Durham, Cathedral Library - Glasgow, Euing Musical library - Oxford, Christ Church
      I : Bologna, Biblioteca del Conservatorio (Liceo Musicale ; oggi civico Museo Bibliografico Musicale) - Firenze, Biblioteca del Conservatorio - Ostiglia (Mantova), Fondazione Greggiati
      NL : Amsterdam, Tookunst Bibl. - Den Haag, Gemeente Museum
      US : Chicago, Ill. Newberry library - Chapel Hill, N.C., Music Library, University of North Carolina

Autres écrits

Bibliographie

  • Chalmer's General Biographical Dictionary. Revised and enlarged by Alexander Chalmers, F. S. A., 1812 - 1817.
  • Niceron Jean-Pierre (1685-1738), Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres, avec un catalogue raisonné de leurs ouvrages [43 v.]. Briasson, Paris, 1727-1745 [volume 13, 1730], p. 127-143.
  • Michaud, Louis-Gabriel (1773-1858) (directeur), Biographie ancienne et moderne ou histoire alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus et leurs crimes [52 v.]. Michatd, Paris 1811-1828, (volume 49) p. 551-556

Documents

Notice des « Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres » de Jean-Pierre Niceron

p. 127

p. 128

p. 129

p. 130

p. 131

p. 132

p. 133

p. 134

p. 135

p. 136

p. 137

p. 138

p. 139

p. 140

p. 141

p. 142

p. 143

Jean-Marc Warszawski
29 août 2011

 

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