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Saint-Évremond est le modèle de « l’homme de qualité ».
Habile aux armes, courageux sur les champs de batailles, raffiné au salon.
Il est l’ami des grands, et a la faveur des dames les plus en vue (Ninon
de Laclos). À la suite de la déchéance de son ami Fouquet
1, en 1661, il se réfugie en Hollande, où il rencontre Spinoza
et Vossius. Puis est accuilli en Angleterre, où il continue sa vie
mondaine, et cultive sa célébrité. C’est par une abondante correspondance
qu’il jouera un rôle essentiel dans la vie intellectuelle parisienne.
Épicurien, s’inscrivant dans la tradition athée, il ouvre le XVIII
e siècle philosophique.
Voir: Gildon Ch. (v. 1665-v. 1730)
Parmi ses nombreux opuscules, Saint-Évremond en a
consacré quelques uns à la musique. Ils étaient destinés à ses amis,
l’auteur en refusait la publication. On indique en général deux éditions
des « Œuvres meslées. Sur les tragédies. Sur les comédies. De la comédie
italienne. De la comédie angloise. Sur les opéra. Avec un discours sur
Epicure. » de 1684. Il s’agit en fait d’éditions anonymes réalisées à
l’insu de leur auteur et sans respect pour les originaux manuscrits.
L’édition « sérieuse », d’après les manuscrits, a été entreprise après la
mort de l’écrivain (parmi ce qui est indiqué comme réédition figurent en
fait les éditions originales)
Éditions
La première édition des œuvres date de 1705 (avec la
participation de l’auteur), Silvestre et Desmaizeaux, Amsterdam [5 v.];
1726 (t. III et IV)
Œuvres en prose et Lettres. Édition par René Ternois
(avec inédits). Paris 1962-1969 [6 v.]
Bibliographie
- WALKER G. J., Saint-Évremond, François Raguenet and Johann Mattheson:
A Critical Assess-ment of Their Views on Opera (thèse). Cambridge
University [dir. Reinhard Strohm]
- BARNWELL HENRY THOMAS (1920), Les idées morales et critiques de
Saint-Évremond. Paris 1957
- COHEN GUSTAVE, Saint-Évremond en Hollande. Paris 1926
- DARMON JEAN-CHARLES, Philosophie épicurienne et littérature au XVIIe
siècle en France: études sur Gassendi, Cyrano de Bergerac, La Fontaine,
Saint-Evremond. Paris, Presses universitaires de France v. 1998
- DANIELS WALTER MELVILLE, Saint-Évremond en Angleterre. Versailles, L.
Luce 1907
- GIRAUD CHARLES-JOSEPH-BARTHÉLEMY, Histoire de la vie et des ouvrages
de Saint-Évremond. Paris 1865 [12°]
- ROSMARIN LÉONARD A., Saint-Évremond, artiste de l’euphonie.
Birmingham, Ala, Summa publications 1987 [104p., 24 cm]
- SCHMIDT ALBERT-MARIE, Saint-Évremond ou l’Humanisme impur. Paris
1932
- SPALATIN K., Saint-Évremont (thèse). Zagreb, C. Albrecht (P. Aenger)
1934
- TAITTINGER CLAUDE (*1927), Saint-Évremond. Perrin, Paris 1990
Notes
1. — Nicolas Fouquet (1615-1680). De naissance
bourgeoise, il accumule, grâce aux protections successives de Richelieu,
Mazarin et Anne d’Autriche, titres et fonctions (marquis, vicomte,
vice-roi d’amérique…) et avant tout, celui de ministre (surintendant) des
finances en un temps où la notion de finances publiques est encore, de
loin, à naître. Il mène une vie fastueuse. Fait construire à Vaux, ce que
l’on à nommé abusivement « le premier Versailles ». Découvre, entretient,
fait travailler La Fontaine, Molière, Le Notre. Les jalousies (Mazarin,
Colbert), les temps tournés vers l’absolutisme, et qui n’admettent qu’un
seigneur, ses spéculations ehontées sur les biens d’état, la colère
populaire, le mènent à sa fin. Il est arrêté en 1661 (par d’Artagnan). Son
procès durera trois ans, et sera une véritable affaire d’état, à laquelle
se mêleront Corneille, Madame de Sévigné, ou La Fontaine. Le roi n’aura
pas sa tête, mais il aura tout le bannir avec ses amis, dont
Saint-Évremont, qui ne reviendra jamais en France.
Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-25 mars 2008
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