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Richter Sviatoslav
1915-1997

Richter sviatoslaav

Né à Jitomir en Ukraine 20 mars 1915, mort à Moscou 1er août 1997.

Son père,Teofil Danilovich Richter (1872–1941), compositeur, organiste, professeur au conservatoire d’Odessa, est issu d’une famille de musiciens allemands, il a lui-même étudié à Vienne. Il  a épousé Anna Pavlovna (née Moskaleva (1893–1963), la fille de propriétaires terriens. Sviatoslav Richter sera parfaitement bilingue.

Il est tout d’abord attiré par la peinture, art qu’il découvre chez sa tante Tamara, auprès de laquelle il séjourne à partir de 1918, pendant trois années, en raison de la guerre civile.

Il est de retour à Odessa en 1921. Il reçoit ses premiers cours de piano d’une élève tchécoslovaque de son père.

Il porte son dévolu sur opéra. Lisant la musique avec une extraordinaire aisance, il est à partir de 1930, il a 15 ans, accompagnateur à la Maison des Marins d’Odessa, répétiteur à l’Opéra d’Odessa. En 1933, il est chef d’orchestre remplaçant et compose. Il donne son premier récital de piano, des œuvres de Frédéric Chopin, le 19 mars 1934, dans la salle des ingénieurs d’Odessa.

Il intègre le Conservatoire de Moscou en 1937, il a 22 an, dans la classe supérieure de piano de  Heinrich Neuhaus (également professeur de Emil Gilels et de Radu Lupu), chez lequel il vit trois années durant. Ne se soumettant à aucun examen et ne désirant étudier que le piano, il est maintenu au Conservatoire sur l’insistance de Neuhaus.

Le 8 avril 1940, prokofiev joue sa sixième sonate pour piano (achevée en février) pour une émission de radio, puis la présente peu après à un cercle de collègues, dont Richter qui la crée en public le 14 octobre, dans un concert commun avec Heinrich Neuhaus. iI est pour la première fois seul sur scène comme concertiste, le 26 novembre, dans une petite salle moscovite. publique de la sonate de Prokofiev.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, Richter est à Moscou, sa mère vit un amour extra-conjugal.  À cause de sa nationalité allemande, son père est soupçonné par les autorités. La famille projette de fuir, mais en fin de compte, sa mère refuse de quitter Odessa. Teofil Danilovich est arrêté et condamné à mort pour espionnage le 6 octobre 1941. Sa mère aurait rejoint l’Allemagne.

Début 1943, il crée le 7e sonate pour piano de Prokofiev.

Après-guerre, la renommée de celui qui se dit « citoyen soviétique de nationalité allemande » grandit rapidement, il remporte le concours de l'Union des républiques socialistes soviétiques en 1945, année qu cours de lauquelle il rencontre et accompagne en récital, la cantatrice Nina Dorliak. C’est le début d’un compagnonnage qui durera toute leur vie, et qui masquera son homosexualité à la société.

En avril 1946, à l'occasion des 55 ans de Prokofiev, il joue les 6e, 7e et 8e sonates du compositeur. En 1947, Prokofiev lui dédie sa 9e sonate pour piano.

Avec Nina Dorliak, il donne des récitals en Roumanie (1948), en Tchécoslovaquie (1950).

Il reçoit le prix Staline en 1949.

Il crée la 9e sonate de Prokofiev le 23 avril 1951, jour anniversaire de ses 60 ans. Malade, le compositeur suit le concert par téléphone depuis son lit d'hôpital.

En 1952, peut-être à l‘occasion d’un doigt cassé, il renoue avec son projet de direction au pupitre du Jeune orchestre de Moscou, pour la création du concerto pour violoncelle de Prokofiev, avec Rostropovitch  (plus tard Sinfonia concertante), première expérience de direction qu’il ne renouvellera pas.

En 1954, il donne des récitals à Budapest, il tourne en Tchécoslovaquie en 1954, en Chine en 1957.

La presse internationale hors pays socialistes, mobilisée dans la guerre froide, porte peu d’intérêt à la réalité de la vie artistique soviétique, mais quelques enregistrements font connaître Richter. En mai 1960 il est en Finlande, le 15 octobre, il fait sensation à Chicago, dans une tournée américaine qui culmine avec une série de concerts au Carnegie Hall de New York. En relation avec cette tournée, il rencontre sa mère qu’il croyait morte depuis 20 ans. L’apparition de Richter sur les scènes américaines et européennes est une révélation, qui confirme les propos d’Emil Guilels, autre monstre sacré du piano :  « Attendez que Richter vienne, vous parlerez après », mais contrairement à Guilels, membre du Parti communiste, ou ses voisins d’immeuble à Moscou, le dissident Mstislav Rostropovitch et le propagandiste David Oïstrakh, Richter est toujours resté à l‘écart de la politique. Il joue toutefois aux funérailles de Boris Pasternak, mal vu par les autorités.

En 1961 il est en Angleterre. La même année, il est distingué par le titre d’Artiste du peuple (d’Union soviétique) et par le Prix Lénine.

En 1964, il fonde dans une grange réhabilitée de Meslay, près de Tours, un festival annuel.

En 1965, il reçoit l’ordre de Lénine (également en 1975 et 1985).

En 1970, au cours d’un concert qu’il donne en compagnie de David Oistrakh, au Carnegie Hall de New York, des manifestations antisoviétiques ont lieu. Il ne retournera pas aux États-Unis. La même année, il voyage pour la première fois au Japon. Il y retournera sept fois encore.

En 1975, il est élevé au rang de héros du peuple soviétique.

En 1977, il est  docteur honoris causa de l’Université de Strasbourg.

En 1980, il reçoit l’ordre de la Révolution d’octobre.

En 1981, il crée un festival international au Musée Pouchkine de Moscou, « Les nuits de décembre », qui seront baptisées en 1997, « Les nuits de décembre de Sviatoslav ».

En 1984, il fait une longue tournée de six mois en train, avec son piano Yamaha qu’il affectionnait, et donne, le long du parcours, 150 récitals dans des lieux improbables. La même année, il produit Turn of the Screw, le dernier opéra de Benjamin Britten, au cours de son festival moscovite.

En 1986, Il est récompensé par le Prix Glinka d’Union soviétique, pour sa tournée sibérienne.

En 1995, il est élevé dans l’ordre du mérite de la Patrie, en 1996, honoré par le prix de la Fédération de Russie.

En musique de chambre, notamment dans ses deux festivals, il a joué, entre autres, avec sa compagne Nina Dorliak, Mstislav Rostropovich, David Oistrakh, Oleg Kagan, Rudolf Barshai, Yuri Bashmet, Natalia Gutman, Zoltán Kocsis, Elisabeth Leonskaja, Benjamin Britten, le quatuor Borodine, Dietrich Fischer-Dieskau, Peter Schreier, Galina Pisarenko.

Richter subjuguait le public, non pas par ses interprétations, mais par ce qui semblait être le strict respect de la partition, son intense concentration, sa maîtrise technique sans limites, et un répertoire d’une incroyable diversité (pas d’intégrale, ni de cycle complet). Vers la fin de sa vie, ayant des trous de mémoire, il jouait avec les partitions, et dans la pénombre, le public parfois rassemblé autour du piano, ne fréquentait pas les studios. Mais de très nombreux enregistrements sauvages, souvent effectués avec de sommaires platines minicassettes, circulent toujours, et ont été gravées, base d’une surabondante discographie.

Il était également Docteur honoris causa de l’Université d’Oxford, et commandant dans l’ordre des Lettes et des Arts en France.

Jean-Marc Warszawski
20 juillet 2017

Discographie

RichterProkofiev, Musical Friendschip, Sviatoslav Richter (piano), enregistements public, Tokyo, 1980-1981. Divox 2017 (CDX 25252/3-2).

Lire la présentation de Jean-Marc Warszawski

 

 

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ISSN 2269-9910

Samedi 22 Juillet, 2017