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Marchand Louis

1669-1732

 

Louis marchand

Né à Lyon le 2 février 1669, mort à Paris le 17 février 1732.

Selon Titon du Tillet, son père était un médiocre organiste, il fut aussi son professeur de musique.

Louis Marchand obtient une charge d'organiste à la cathédrale de Nevers en 1783, il est alors âgé de 14 ans. Il est organiste à Auxerre quelque temps plus tard.

En 1689 il est à Paris où il épouse Marie Angélique Denis, et en 1691, il est organiste à l'église des Jésuites de la rue Saint-Jacques.

Selon le Mercure de France d'août 1699, et ses deux premiers livres de clavecin en 1702, il est aussi organiste à l'église Saint-Benoît et aux grands Cordeliers.

En 1701, il se sépare de son épouse. Mais cette dernière réclame des réparations financières et lui fait procès.

De 1703 à 1707, il est organiste à l'église Saint-Honoré.

En 1708, il est organiste du roi en remplacement de Nivers.

En 1713, il démissionne de toutes ses charges, sauf celle des Cordeliers où il était nourri et logé, et effectue un long voyage en Allemagne. Il se produit devant l'empereur et dans diverses cours princières.

Cet exil pourrait être une échappatoire aux tracasseries judiciaires et financières consécutives à son divorce, peut-être voulait-il ainsi maintenir son prestige. Selon Marpurg, cet exil aurait été imposé par Louis xiv pour impertinence.

La légende dit que son épouse avait obtenu la saisie de la moitié des rémunérations de son ex-conjoint. Ce dernier se serait arrêté de jouer dans un office royal, en déclarant que s'il ne touchait que la moitié de ses revenus, il ne remplirait que la moitié de ses charges.

Il est à Dresde en 1717. Selon des sources allemandes, il aurait déserté Dresde précipitamment, pour ne pas participer à une joute musicale prévue avec Johann Sebastian Bach.

Selon Titon du Tillet, qui ignore cette anecdote, Lousi Marchand serait revenu en France par mal du Pays.

À son retour, il reprend son poste aux Cordeliers. Il est très apprécié par la société pour ses qualités de professeur. Son élève le plus connu est d'Aquin de Château-Lyon.

Louis Marchand

Si toutes les sources d'époque sont louangeuses et admiratives pour son art — il est dit qu'un public enthousiaste le suivait d'église en église — il laisse à la postérité le souvenir d'un homme se livrant à des violences conjugales, intrigant et malhonnête. Il tente de diffamer Pierre Dandrieu, l'organiste de l'église Saint-Barthélémy en 1691, ou conteste à François Couperin la paternité de son œuvre Les Bergeries.

Catalogue des œuvres et partitions à télécharger

Louis Marchand, Pièces de clavecin (éditées par , T. Dart. Monaco, 1960.

Archives des maîtres de l'orgue. (III), Paris, 1901), v. 1904

Louis Marchand, L'oeuvre d'orgue édition intégrale (éditée par J. Bonfils). Paris 1972–1974

  • 1702, Pièces de clavecin, livres 1, Ballard, Paris 1702 [fac-similé numérisé du livre 1]
  • 1703, Pièces de clavecin, libre 2, Ballard, Paris 1703 [fac-similé numérisé du livre II].
  • 1707, La vénitienne, pour clavecin. Dans « Pièces choisies pour le clavecin », Paris 1707.
  • 1732, Pièces choisies pour l'orgue (12 pièces). Paris, après 1732.
  • s. d., 42 pièces pour orgue.
  • s. d. , Alcione, cantate.
  • s. d., 3 cantiques spirituels.
  • S. d. , Pyrame et Thisbé, opéra [perdu].
  • s. d. Airs, dans des anthologies.

Écrits relatifs à la musique

Règles de la composition

Bibliographie

  • Benoît Marcelle (1921-....), Une dynastie de musiciens versaillais: les Marchand. Dans « Recherches sur la musique franaise » (I-II), Paris, A. et J. Picard, 1960-1962.
  • Dufourcq Norbert (1904-1990), La musique d'orgue française de J. Titelouze à J. Alain. Paris, Floury, 1949 (1941).
  • —, Le livre de l'orgue français, 1589–1789 (iv). Paris 1972.
  • —, Pour une approche biographique de Louis Marchand (1669-1732). Dans « Recherches sur la musique française », Paris, A. et J. Picard (17), 1978
  • Pirro André Gabriel Édmée (1869-1943), Louis Marchand. Dans « Sammelbände der internationalen Musikgesellschaft » (VI), 1904-1905.
  • Servières Georges (1858-1937), Documents inédits sur les organistes français des xviie et xviiie siècles. Schola Cantorum, Paris 1922.
  • Titon du Tillet Evrad (1677-1762), Le Parnasse françois. Paris 1732, p. 658-660.
  • D'Aquin de Château-Lyon (1720-1796), Lettres sur les hommes célèbres [...] sous le règne de Louis xv. Paris, 1752, (I) p. 107.
  • Marpurg Friedrich Wilhelm (1718-1795), Historisch-kritische Beyträge zur Aufnahme der Musik. Berlin 1754–1755.
  • Abbé de Fontenay [Louis Abel Bonafous] (1736-1806), Dictionnaire des artistes (II). Paris 1776.
  • Sharp Geoffrey B., Louis Marchand, 1669–1732 : a Forgotten Virtuoso. Dans « The Musical Times » (cx) 1969, p. 1134–1137.

Discographie

Rousset, marchand et RameauChristophe Rousset (clavecin), Marchand, Rameau. Ambronay 2012 (AMY 32).

Lire une présentation détaillée

 

 

 

Document

Titon du Tillet Évrard (1677-1762), Le Parnasse françois. Paris 1732, p. 658-660 (voir fac-similé numérisé de l'original)

Né à Lyon, organiste du Roi, mort à Paris au mois de février 1731 âgé de 63 ans, inhumé au Cimetière des Saints-Innocens.

Jean-Louis Marchand nâquit à Lyon. Son père étaoit un organiste mediocre, qui lui enseigna les principes de son Art. Mais dès l'âge de quatorze ans il avait surpassé de beaucoup son pere, et il fut Organiste de la cathédrale de Nevers. À l' âge de vingt-quatre ans il quitta l'orgue de cette cathédrale pour celle d'Auxerre, où il resta quatre ou cinq ans, après lesquels il vint s'établir à Paris, et s'y acquit très-grande réputation ; de forte qu'on lui offrait presque toutes les orgues qui se trouvaient vacantes : il eut celles des Eglises du College des Jesuites, de la Maison-Professe de ces Pères, de Saint-Honoré, des grands Cordeliers, et celle de la Chapelle du Roi.

Par-tout ou il jouait de l'orgue, il y avait un grand concours de musiciens et de gens de goût. Les personnes de la première diftinction tâchaient de l'attirer chez elles pour l'entendre jouer du Claveçin. On lui offrait de tous côtés des écoliers et des écolières pour leur montrer à toucher le Claveçin.

Il ne dependait que de lui de faire une fortune confidérable, mais son esprit incertain et sa conduite des plus singulières lui empêchèrent de profiter de toutes les occasions favorables qui se présentaient.

Il quitta toutes ses orgues, jusqu'à celle de la Chapelle du Roi, et fit un voyage en Allemagne, où il fut presenté à l'Empereur, qui l'entendit jouer de l'orgue et du claveçin avec plaisir. Il passa aussi chez quelques Électeurs, qui étaient si charmés de la maniéré donc il touchait ces instruments, qu'ils auraient souhaité le retenir à leur cour : mais Marchand s'ennuya bientôt de ne plus voir Paris ; il y revint, et se contenta de reprendrs l'orgue des Cordeliers dont il ne retirait rien, étant satisfait d'un logement dans le couvent, que ces Pères lui accordèrent ; cependant des personnes du premier rang lui offraient des appartements, M. le Chevalier d'Orléans lui en donnait un auTemple.

Toutes les fois qu'on savait que Marchand devait jouer de l'orgue toute l'église des Cordeliers était remplie d'amateurs de cet Instrument, qui s'en retournaient enchantés de lui.

Effectivement on peut dire qu'il a été le plus grand organiste qu'il y ait jamais eu pour le toucher, et que ses mains ont toujours fourni à tout ce que son beau génie produisait : il les avait aussi très-grandes et très-belles.

Six ou sept ans avant sa mort il fut blessé au bras gauche, dont il ne put s'aider de trois ou quatre mois. Pendant cet espace de temps il joua sur son orgue avec une seule main, se servant encore de la pédale ; et il exécutait de très-beaux morceaux de musique, qui surprenaient tous ceux qui les entendaient et qui savaient son accident.

Un homme auss dissipé que Marchand, quoiqu'il eût un excellent génie et une grande facilité de composer, n'était guère capable de donner de grands morceaux de musique ; et quand par aventure il en avait fait quelques-uns, il avait la manie de ne vouloir pas en faire part au public. Il a fait la musique d'un opéra intitulé Pyrame et Thisbé, dont les paroles font de Morfontaine. Il jouait sur le claveçin quelques symphonies de cet opéra, mais il n'a pas jugé à propos de le faire representer.

Nous n'avons de lui que deux Livres de Pièces de Clavecin, gravés à Paris: ils se vendent chez Ballard.

Marchand a laissé une fille unique, qui est retirée à la Communauté de Sainte-Agnès à Paris. Elle a trouvé parmi les effets de son père un grand coffre rempli de musique de sa composition, qui mérite bien d'être examinée pour faire choix des pièces les plus parfaites, et les faire imprimer ou graver

 

Jean-Marc Warszawski
27 mai 2012

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Références / musicologie.org 2014

Mardi 23 Décembre, 2014 2:26

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