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Secrétaire de chancellerie, littérateur, poète et
médecin. Il est versé dans la connaissance des auteurs de la Grèce
antique. Né à Rayy, éduqué à Nishpur, il a comme maître Abu l’Hayr
al-Hassan ibn Suwar ibn al-Hommar (mort après 1017), philosophe, médecin
et traducteur du syriaque. Il raconte qu’un adversaire de la médecine vint
voir son maître pour un mal de tête qui le tourmentait. Ibn al-Hammar lui
conseilla de rentrer chez lui, de poser la tête sur le livre dans lequel
il attaquait la médecine, et d’attendre que Dieu lui vienne en aide
Éctits relatifs à la musique
L’énumération de ce que le médecin doit savoir pour
atteindre la perfection dans son métier (8e livre du Kitab miftah
at-tibb)
Extraits (traduction A. Shiloa)
Galien, en voulant rendre la médecine importante fit du
médecin un philosophe. J’ai discuté de cela avec mon maître Abu l’Hayr et
nous avons trouvé de l’injustice en ce propos. En effet, le médecin est
celui qui contribue au maintien de la santé des corps humains alors que le
philosophe est celui qui embrasse la réalité des choses existantes et qui
fait de bonnes actions (...) en ce qui concerne la science musicale, elle
entre dans l’art de la médecine d’une certaine façon. Théon d’Alexandrie
avait rapporté au nom d’Hippocrate que les anciens guérissaient les
malades avec des mélodies et en jouant un instrument de musique nommé
(lyre) et en soufflant dans un ins-trument à vent. Cependant, je dirai que
la médecine ayant appliqué cette méthode a disparu étant donné
qu’Hippocrate malgré son éminence ne la connaissait pas lui-même, mais
seulement il s’en remettait aux anciens qui l’avaient précédé. Si nous
devions donc nous occuper à tirer au clair son essence et à le mettre en
application, il nous faudrait des siècles et des générations pour aboutir
aux résultats nécessaires. Il faut en l’occurrence que nos paroles soient
conforment à la médecine hippocratique telle qu’elle existe chez nous. Par
conséquent nous pouvons admettre que même si les subtilités de la science
musicale et ses parties cachées grâce auxquelles les philo-sophes
guérissaient les malades nous échappent et nous sont inaccessibles ses
évidences et ses aspects manifestes ne nous échappent pas. Nous savons en
effet de façon générale qu’il y a ici une espèce de mélodie ou sonnerie,
d’air d’un instrument à vent, de rythme qui provoque la tristesse, un
autre qui provoque la joie, un autre qui apaise et qui calme, un autre qui
suscite le trouble et l’inquiétude, un qui fait veiller et un autre qui
endort. En outre, souvent nous ordon-nons en soignant les bilieux,
l’emploi des modes musicaux correspondant à leur état et pouvant leur
faire du bien. Cela n’implique pas pour autant que le médecin s’occupe
lui-même de sonne-rie, du jeu d’instrument à vent, et de la danse ; bien
plus, la médecine s’appuie sur bien d’autres services comme celui du
pharmacien, du chirurgien saigneur, et du poseur de ventouses. Elle a
recours en effet à leur assistance et dépend d’eux dans tous les soins
précipités. Il est de même du musicien auquel on demandera assistance pour
les besoins se rattachant à ce domaine. La plupart des arts sont basés sur
le même principe. En effet, le cavalier n’est pas tenu à manufactu-rer la
selle et la bride mais il emploie en cela le secours du sellier. Et le
scribe ne doit pas fabri-quer l’encre et le papier, l’orfèvre n’a pas
besoin de construire les maillets et les soufflets. Sans cette assistance,
la vie d’un seul homme serait trop courte pour suffire à l’achèvement d’un
art et du progrès dans une science ou dans un métier.
Manuscrits
- Ms. I, 981, Köprülü kütüphanesi, Istanbul VIIIe siècle, f. 1-76,
chapitre 8, f. 26b-29a
Éditions
- YAKUT UDABA (XIII), le Caire 1936, p. 136-146, poèmes
- IBN ABI USAYBI’A., Uyun, Beyruth 1965, p. 429-435, poèmes
- SHILOAH AMNON, dans «Israel Oriental Studies» (II), Tel-aviv
University [trad. française]
Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-15 juillet 2006
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