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Guido de Arezzo
Vers 975 - 1040

Guy d'Arezzo ; Guido Aretenus.

Guido de Arezzo écrivant, manuscrit originaire d'Augsburg, xie siècle, ms. 334 Gud. Lat. 8°, Herzog-August-Bibliothek,  Wolfenbüttel, fol. 4r.

Moine, professeur de musique à l'abbaye bénédictine de Pomposa. On lui attribue une nouvelle méthode qui vise à dépasser l'imitation du maître (méthode vita voce) ou tradition orale.

En 1025, suite à l'opposition des moines de Pomposa (pour une cause qui est restée inconnue), il part en exil et reçoit la protection de Théobald, évêque d'Arezzo.

Il est professeur à l'école de la Cathédrale d'Arezzo. À Rome, selon la légende, il montre au pape Jean XIX son antiphonaire rédigé selon sa nouvelle méthode.

Guido de Arezzo est un personnage légendaire du passé musical. On a parlé de lui comme d'un second Boèce. Le nombre considérable de manuscrits conservés tend à affirmer son importance ou l'importance de ce qu'on lui attribue.

Les démêlés qu'il eut avec les moines de Pomposa faussent quelque peu notre perspective : il serait un inventeur incompris.

Il fait une différence entre le chantre et le musicien : le chantre exécute, le musicien comprend la musique. Celui qui exécute sans comprendre n'est pas autre chose qu'une bête. Sur le fond, Guido de Arezzo est conventionnel, et ses écrits ne se démarquent pas des autres théoriciens de son époque. Sur certaines questions telles la mesure des intervalles, il est même en deçà des connaissances possibles de son époque.

Il est par contre un pédagogue pratique. Il tente d'étendre l'usage des lignes, notamment par l'adjonction de couleurs, car Un morceau écrit en neumes sans lignes est un puits auquel il manque une corde pour parvenir à l'eau. (Regulae Rythmicae). Il critique également l'habitude de positionner plusieurs neumes par interligne.

À cette différentiation des hauteurs du son, dont il n'est pas l'auteur mais qui retient l'essentiel de sa préoccupation, il ajoute un procédé technique qui dépasse de loin le seul domaine pédagogique. Il aurait donné un nom à chacune des notes de l'hexacorde inspiré par l'hymne à Jean-Baptiste : UT queant laxis REsonare fibris MIra gestorum FAmuli tuorum SOLve polluti LAbii reatum Sancte Ioannes (ut, ré, mi, fa, sol, la). L'échelle musicale acquiert ainsi une base d'expression concrète, donnant les moyens pratiques et directs de différentier dans l'ordre la série des notes privilégiées utilisée, parmi toutes celles possibles du clavier. Ceci n'a pas de répercussion au niveau théorique.

À la suite de Boèce et des théories anciennes, il distingue la musique du monde, l'instrumentale et l'humaine, et ne dépasse pas ce clivage, ni ne franchit les frontières de ces trois catégories considérées comme autonomes.

Conventionnel pour ce qui concerne l'ethos des modes (Chapitre XIV du Micrologus). Il insiste également pour que la musique épouse la structure du texte (métrique). Ces deux points contredisent la possible autonomie de la musique par rapport aux jugements moraux et aux textes. Dans cette perspective, une véritable écriture de la musique n'est ni nécessaire, ni possible.

Plan du Micrologus

les sons. Ms. II 784, Bruxelles, Bibliothèque royale, origine belge, daté du  XIII<sup>e</sup> siècle

I, Quid faciat qui se ad disciplinam musicae parat ?
II, Quae vel quales sint notae, vel quot ?
III, De dispositione earum in monochordo.
IV, Quibus sex modis sibi invicem voces jungantur ?
V, De diapason, et cur tantum septem sint notae ?
VI, Item de divisionibus, et interpretatione earum.
VII, De affinitate vocum per quatuor modos.
VIII, De aliis affinitatibus
IX, Item de similitudine vocum, quarum diapason sola perfecta est.
X, Item de modis et falsi meli agnitione et correctione.
XI, Quae vox, et cur in cantu obtineat principatum ?
XII, De divisione quatuor modorum in octo.
XIII, De octo modorum agnitione, acumine et gravitate.
XIV, Item de tropis et virtute musicae.
XV, De commoda vel componenda modulatione.
XVI, De multiplici varietate sonorum et neumarum.
XVII, Quod ad cantum redigitur omne quod dicitur.
XVIII, De diaphonia, id est, organi praecepto.
XIX, Dictae diaphoniae per exempla probatio.
XX, Quomodo musica ex malleorum sonitu sit inventa.

 Ms. II 784, Bruxelles, Bibliothèque royale, origine belge, daté du  XIII<sup>e</sup> siècle

Écrits théoriques

Prologus in Antiphonarium (1020-1025)
Micrologus de musica (1025-1033)
Epistola ad Michaelem (1028-1029)
Regulae Rhythmicae (1025-1027)
Main dite guidonienne

Main guidonienne, Ms. Lansdowne 763, London, British Museum, f° 6rMain dite Guidonienne.

Manuscrits

Non daté

XIe siècle

XIIe siècle

XIIIe siècle

XIVe siècle

XVe siècle

XVIe siècle

XVIIIe siècle

Premières éditions

Éditions modernes

Les proportions des intervalles. Ms. II 784, Bruxelles, Bibliothèque royale, origine belge, daté du  XIII<sup>e</sup> siècle

Bibliographie

 

Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995, 2000-2006

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Mercredi 2 Mai, 2018

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