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Goudar Ange
1708-v. 1791

Né le 18 mars 1708 à Montpellier, mort après 1791.

Il est issu d'une riche famille de Montpellier. Son père, Simon François Goudar (1655-1729), marchand de toile est nommé en 1705 est inspecteur général des manufactures des États de Languedoc. Il est l'un des six enfants de sa seconde épouse Jeanne Cassan (1647-1743).

Après avoir bénéficié des services d'un précepteur, Goudar entre à l'âge de dix ans chez les jésuites de Montpellier.

De 1933 (au décès de sa mère, dont il hérite 2000 livres) à 1939, il est à Paris. Il bénéficie sa vie durant d'une rente de 400 livres assurée par son frère Gérald François.

En 1734, âgé de 26, remplissant alors les conditions testamentaires de son père, il hérite de 10 000 livres.

Il gagne l'Italie en 1744, séjourne peut-être à Constantinople et à Ispahan.

En 1746, il publie L'Aventurier français et L'Espion de Thamas Kouli-Kan dans les cours de l'Europe, ou Lettres et Mémoire de Pagi-Nassir-Bek.

Il est de nouveau à Paris entre 1747 et 1752, il y établit sa réputation littéraire. Il rencontre Casanova et fréquente la bonne société. Il est envoyé au Portugal peut-être pour étudier les possibilités d'implantation des intérêts commerciaux de la couronne française. Il s'intéresse alors à l'économie.

De retour à Paris, il est banni suite à une accusation de tricherie aux jeux et se réfugie en Avignon. En 1755, il publie le Testament politique de Louis Mandrin, généralissime des troupes de contrebandiers, écrit par lui-même dans sa prison, un ouvrage qui critique le fermage général (l'administration des impôts).

En 1756, il publie Les Intérêts de la France mal entendus, dans les branches de l'agriculture, de la population, des finances, du commerce, de la marine et de l'industrie, pour des réformes tournées contre le clergé et les dépenses royales.

Fin 1757, il publie L'Histoire des Grecs, ou de ceux qui corrigent la fortune au jeu, une histoire des tricheurs, non sans humour ni sans fondement, car il pense que la tricherie est dans la logique de l'économie royale et de l'organisation de la banque royale par Philippe d'Orléans et John Law. À l'occasion, il extorque 1 700 livres à son libraire. Il publie également La Paix de l'Europe, dans lequel il se donne le titre de « chevalier ».

Il n'entre pas dans le cercle des encyclopédistes et leur reproche leur duplicité, notamment concernant le rapport qu'ils entretenaient avec les « monarques éclairés ».

Il vit du jeu et du proxénétisme (de ses livres aussi), mais la pression policière le pousse à gagner Londres, où il a déjà plusieurs fois séjourné, il y continue plus librement ses activités de souteneur. Il rencontre de nouveau Casanova. Leur amitié se resserre. Il fait également connaissance du chevalier d'Éon.

Il prend part avec deux pamphlets à une polémique entre le chevalier d’Éon et le comte de Guerchy (qui les a payés), Lettre d'un Français à M. le Duc de Nivernais à Paris et Contre-note, ou Lettre à Monsieur le Marquis de L. à Paris.

Il rencontre Sara, en 1763, une jeune irlandaise de seize ans, serveuse dans une brasserie, avec laquelle il se met en ménage et prostitue. Il utilise aussi le nom de « Sara Goudar » comme pseudonyme de plusieurs de ses ouvrages.

Il publie en 1764, L'Espion chinois, en six volumes, critique des politiques des monarques européens. L'ouvrage lui aurait rapporté 4 000 sequins.

À la fin de la même année, il embarque pour l'Italie avec Sara. expulsés de Vienne, ils sont à Venise en 1765-1766, à Naples, début 1767 (selon Casanova, avec 1000 sequins gagnés au jeu du biribi, un genre de roulette). Expulsés, ils gagnent la Toscane, fin 1771 ils sont à Milan, jusqu'en 1773, de nouveau à Venise, quittent Lucques en 1775, en 1776, ils sont à Florence, rencontrent Sade, ils séjournent également à Bologne, Milan et Turin, en 1777 en Hollande, l'hiver suivant ils sont à Londres, puis résident à Paris.

Il publie en 1779, L'Espion français, qu'il aurait vendu trois fois avant sa rédaction, et dont la souscription aurait rapporté 20 000 livres.

En 1783, il est en mission secrète à Londres, qui lui rapporte plus de 1 000 livres. Goudar travaille alors pour les Affaires Étrangères et la police. Il meurt vers 1791, Sara vers 1794.

Écrits relatifs à la musique

Observations sur les trois derniers ballets pantomimes qui ont paru aux Italiens et aux François; sçavoir Télémaque, Le sultan généreux, La mort d'Orphée

Le brigandage de la musique italienne (48 exemplaires conservés).

Remarques sur la musique et la danse, ou Lettres de M. G... à Milord P [Pembroke]... (Sara Goudar).

Supplément aux Remarques sur la musique et la danse, ou Lettres de M. G... à Milord Pembroke (Sara Goudar).

Autres écrits

On dénombre 178 articles dont 78 œuvres originales.

L'Aventurier franc̜ois par monsieur Ange G..... Premiere [-seconde] partie. A Amsterdam. Aux dépens d'Etienne Roger. M.DCC.XXXXVI.

Pensées diverses ou Réflexions sur différents sujets dans le goût de M. de La Bruyère. Prault fils, Paris 1748.

Testament politique de Louis Mandrin, Genève, 1755

Nouveaux motifs pour porter la France à rendre libre le commerce du Levant, avec des réflexions sur les moyens de soutenir les manufactures du Languedoc sans fixer les fabriquants par M. Ange G***. Maunde, Leyde et Avignon 1755

Les Intérêts de la France mal entendus dans les branches de l'agriculture, des finances et du commerce, Amsterdam, 1756

Relation historique du tremblement de terre survenu à Lisbonne le 1er novembre 1755, La Haye, 1756

La Paix de l'Europe, ou projet de pacification générale. Chatelain Amsterdam 1757.

L'Histoire des Grecs ou de ceux qui corrigent la fortune au jeu [3 v.]. La Haye : chez l'habile joueur, 1758 ; réimprimé à Amsterdaml en 1773 sous le titre : Histoire des fripons, ouvrage nécessaire aux honnestes gens, pour se préserver des Grecs, qui sçavent corriger la fortune au jeu... par le Chevalier Ange Goudar.

Lettre de monsieur le chevalier Goudar à un académicien de Paris, au sujet de la nouvelle charrue à semer... Avignon 1758.

Débats en parlement d'Angleterre, au sujet des affaires générales de l'Europe. Où l'on voit les différentes opinions des lords, dont les uns prétendent prouver la nécessité de continuer la guerre, & les autres l'obligation indispensable de faire la paix. Traduit de l'anglois. A Londres. M.DCC.LVIII

L'Année politique, contenant l'Etat présent de l'Europe, ses guerres, ses révolutions, ses sièges, ses batailles, ses négociations, ses traités, etc., etc., et en général tout ce qui intéresse la politique des gouvernements et les intérêts des princes pour servir àl'Histoire de 1758, Avignon, aux dépens de l'Auteur, 1759.

L'Anti-Babylone, ou Réponse à l'auteur de la Capitale des Gaules, Londres, 1759.

Mémoires pour servir à l'histoire de la Marquise de Pompadour, Londres, 1763 (attribution incertaine).

Contre note ou Lettre a monsieur le marquis L****** a Paris. T. Becket, A Londres 1763.

Mémoires pour servir à l'histoire de Pierre III, empereur de Russie, avec un détail historique des différends de la maison de Holstein avec la cour de Dannemarc, publié par Mr. D. G. Francfort et Leipzig : aux dépens de la Compagnie, 1763

L'Espion chinois ou l'Envoyé secret de la Cour de Pékin, etc., [6 v.]. Cologne, 1765. Édition anglaise Dublin : printed for P. Wilson, J. Exshaw, S. Cotte, 1766.

Mémoires de Madame la Marquise de Pompadour, Liège, 1766.

Naples, ce qu'il faut faire pour rendre ce royaume florissant, Amsterdam, 1771.

Considérations sur les causes de l'ancienne faiblesse de l'empire de Russie et de sa nouvelle puissance. Amsterdam 1772.

Plan de réforme proposé aux Correcteurs de Venise, Amsterdam, 1775.

La Mort de Ricci, dernier général des Jésuites avec quelques réflexions générales sur l'extinction de la société, Amsterdam, 1776.

L'Espion français à Londres, ou observations critiques sur l'Angleterre et sur les Anglais. Par M. Le Chevalier de G. Ouvrage destiné às ervir de suite à l'Espion chinois, du même auteur [2 v]., Londres, 1780.

Le Procès des trois rois, Louis xvi de France-Bourbon, Charles III d'Espagne-Bourbon et Georges III d'Hanovre fabricant de boutons, plaidé au Tribunal des puissances européennes, Traduit de l'anglois. (Par Bouffonidor. G. Carenaught, Londres 1780.

Observations sur l'Histoire de la Bastille publiée par Monsieur Linguet, Londres, 1783 (attribué par erreur faussement à Jean Dusaulx).

Défense de M. Necker contre M. le Comte de Mirabeau, Londres, 1787.

L'autorité des rois de France est indépendante de tout corps politique ; elle étoit établie avant que les parlemens fussent créés. A Amsterdam. M.DCC.LXXXVIII

L'Espion ottoman ou l'envoyé secret de la porte ottomane pour examiner l'état présent de la France, etc., Paris, 1791.

Bibliographie

Cristin Claude et Luna Marie-Françoise, Ange Goudar, dans « Dictionnaire des journalistes » (351).Institut des sciences de l'Homme, Fondation Voltaire.

Granderoute Robert, Ange Goudar, dans Jean Sgard (dir.), « Dictionnaire des journalistes » (I, notice 351), p. 456.

Hauc Jean-Claude, Ange Goudar. Dans dans J.-C. Hauc, « Aventuriers et libertins au siècle des Lumières », Éditions de Paris, Paris 2009.

Gonzague Espinosa, Le Roi, le royaume, les affaires de France dans  « L'espion chinois » d'Ange Goudar (1764) (mémoire sous la direction de Frédéric Bidouze). TER d'histoire moderne, Pau 2008.

Mars Francis L., Ange Goudar cet inconnu (1708-1791) : essai bio-bibliographique sur un aventurier polygraphe du xviiie siècle. Dans « Casanova Gleanings  (IX), 1966. Astbury Katherine, Ange Goudar, un aventurier des Lumières. Dans « French Studies » (60) 2006, p. 122-123.

Hauc Jean-Claude, Ange Goudar, un aventurier des Lumières. Paris, Honoré Champion, 2004.

Guillaume Gérard, La Pensée politique d'Ange Goudar, aventurier polygraphe du xviiie siècle (mémoire de maîtrise en histoire moderne préparé sous la direction d'E. Dziembowski). Université de Franche-Comté, Faculté des Lettres et Sciences humaines, juin 2000.

Dioguardi Gianfranco, Ange Goudar contre l'Ancien Régime, suivi de « Le Testament politique de Louis Mandrin ». Montpellier, Climats, 1994 ; (Sellerio, Palermo 1988).

Childs James Rives, Casanova, biographie nouvelle. J. J. Pauvert, Paris 1962, p. 228-291 ; p. 366-369.

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