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Eloy d'Armeval
v. 1445-1508

Né à Béthune ? ou Armeval ? vers 1445, mort à Chateaudun ? en, ou après 1508.

Du 1er mai 1455 au 31 août 1457, il est choriste au sein de la chapelle ducale de Savoie, la première année sous la direction de Guillaume Du Fay.

La suite de sa carrière se déroule dans des institutions religieuses ou princières proches de la cour de France.

Quelques documents permettent de le situer en 1464-1465 comme chanteur à la chapelle du duc Charles d'Orléans (Blois). Il est vers les années 1470 chef de la maîtrise de l'église Saint-Aignan à Orléans. On a pu l'identifier à un Eligio ou Elloy à la chapelle ducale de Milan, entre 1474 et 1482, mais il s'agirait plutôt d'un musicien venu de Bruxelles surnommé Cokere.

En 1480, il était maître du chœur de l'église Saint-Hilaire le Grand, à Poitiers.

En 1483, il est maître de chant à la cathédrale de Sainte-Croix à Orléans.

Il est certainement au service de Louis xii, le fils de Charles d'Orléans, au début de son règne à partir de 1498.

En 1504, il est prêtre et vicaire de Saint-André de Châteaudun

Le 18 janvier 1505, il aurait tété désigné comme exécuteur testamentaire par son fils, Guillaume d'Amerval.

Il est encore en vie en 1508, lorsqu'il obtient un privilège royal pour la publication de son Livre de la déablerie, un long poème (plus de 20 000 vers), dialogue entre Lucifer et Satan sur les maux de l'époque et les travers des humains. Sathan y avoue sa considération pour ceux qui assurent avec art les cérémonies liturgiques, particulièrement les musiciens, et cite les grands musiciens qui sont au paradis (certains d'eux étaient encore vivants au moment de l'écriture).

On connaît d'Eloy d'Armevale une messe à cinq voix, et un motet (non parvenu) pour la célébration annuelle commémorant la libération de la ville des Anglais en 1429.

Écrits relatifs à la musique

Le livre de la deablerie (fait allusion à la musique et aux musiciens)

Bibliographie

BRENET MICHEL [pseudonyme de Bobillier Marie], Un poète musicien du XVe siècle. Eloy d'Armeval. Dans « Revue d'histoire et de critique musicales » (I), Paris 1904.

Dupras Élyse, Le Livre de la Deablerie d'Eloy d'Amerval (1508) (thèse), département de littérature française, université McGill, Montréal 1991.

Le Livre de la Deablerie, vers 8 065-8 111, relatifs aux danses.

Comment l'acteur parle des dances qui se font aprés la reffecion des mondains. LVI. chapitre

SATHAN

Pour recreacion Mes mignons (ce dois tu penser)
Mainent mes mignongnes dancer
Gentement, non pas en lourdois,
Tenans l'ung l'autre par les dois.
La peut on veoir, ainsi m'aid Dieux, 8 070
Qui dance et marche aussi le mleulx,
Car chascun d'eulx, d'ung grant vouloir,
Tasche a ce faire valoir;
Et puis chantent de mes chansons
Qui n'ont pas pourtant meschans sons,
Mais elles sont ung peu grassettes •••
Ainsi s'esbatent mes doulcettes
Avec noz gentilz dorelos.
Courtoys mignons, gentilz falos
Pont tous les jours chansons nouvelles,
Cela s'entent, pour l'amour d'elles.
La viennent les haulx menestriers,
A telz grans festes, voulentiers,
Qui vous cornent joyeusement
Et font grant resbaudissement,
Et plusieurs gentilz trupeluz,
A tout belles harpes et lucz,
Orgues et manicordions,
Eschequiers et psalterions,
Rebec, slmphonie et guiterne.
L'autre flagolle, l'autre guiterne,
L'autre joue du tabourln,
Gaignent chascun son beau florin
Qu'on leur fourre dedens les mains,
Ou ilz s'en passent bien a mains,
Peut estre, je m'en fye en eulx.
Voila le passetemps joyeulx
Et l'esbatement de mes dames,
Qui sont lors en leurs haultes games:
Il n'est rien qui leur plaise tant,
Et Dieu scet comment vont saultant!
C'est ung bruyt, ung songe, ung dedyt,
Car le corps a cela se duyt,
Sont fort serrees et estraintes,
Voire et a l'aventure ensaintes
(Note ce mot, je ne dy rien,
Lucifer, mais je m'enten bien!).
Grans maulx souvent en sont venus,
Que j'ay veuz et bien retenus,
Par le moyen de tel follie;
On peut bien estre trop jolie.

Le Livre de la Deablerie, vers 8 806-8 912, relatifs aux musiciens

Comment l'acteur parle des joyes des sains et de la triumphe de paradis. C.LXXXXIII. chapitre.

En contemplant et venerant,
Louant, gracIant, adorant
Tous ung seul DIeu en trInIté
Et trInIté en unIté,
Qu'llz voyent la tout clerement.
AinsI donc, croy tout seurement,
Qu'en ceste belle vision,
Dont la ilz ont fructlon
Sans fIn ou reaulme des cleulx,
Tout leur deslr, aInsI m'aid DIeux,
Soulas, deduyt, joye et plaisance,
Lyesse aussI (n'en fay doubtance)
Feste et esbat, c'est chanterle,
La, devant Dieu, en voix serie.
On ne scaroit, bien dIre l'ose,
Acomparer a plus grant chose
Leur beau passetemps qu'a musique,
Tant est joyeuse et angelicque,
Tesmolng tous bons entendemens,
Et les muslcaulx lnstrumens
Qu'ont les salntz anges, par doictures,
Par tout en ces belles palntures.
Pourquoy au grant honneur et glolre
Des chantres dIgnes de memolre,
Qu'on ne scarolt trop exaulcer
Ne prIser (ce doibs tu penser)
M'a pIeu de dlre ces beaulx mos.
Pour donc reprendre mon propos,
La sont les grans musiciens
Qui composent tous jours llens,
Comme j'aperçoy en maint leu,
A la grant louenge de Dleu,
Quelque chanter le nouvelle,
Doulce, plalsant, devoste et belle,
Hympnes, proses, messe, motez
(Que la caboche en mille tés
Te puist on espoutrer, quoquart,
De gros mailletz, en beau plquart!)
A trois, a quatre, a clnq, a six,
Bien remplls, doulcement assis
Et tant plalsans, sans point doubter,
Que qui les chante ou oit chanter
En a le cueur tout resjouy.
Comme Dompstaple et Dufay,
Qui tant doulcement en leur temps,
Par bel et devost passetemps,
Ont composay, ce scay je bIen,
Et plusIeurs aultres gens de bIen:
RobInet de la Magdalaine,
Blnchoiz, Fedé, Jorges et Hayne
Le Rouge, Alixandre, Okeghem,
Bunoiz, Basiron, Barblngham,
Louyset, Mureau, Prioris,
Jossequln, Brumel, Tintoris
Et beaucoup d'aultres (je t'asseure)
Dont n'ay pas memoire a ceste heure,
Je te vueil bIen dIre qu'llz font
Grant honneur es lleulx ou Ilz sont.
c'est ung deduyt que d'estre la,
Et si te dy, avec cela,
Pour resveiller bIen les oreIlles,
Qu'llz jouent si bIen que merveilles
Des orgues, en tant de beaux lIeux,
L'une des choses soubz les cieulx
Qui est plus plaIsante a ouir
Pour tout humain cueur resjouir.
Et doibs scavoir que c'est lyens
Que les grans prInces terrIens
Se fournIssent pour leurs chapelles
De bons chantres et de voix belles,
D'organistes semblablement
Bien jouans merveilleusement.

Comment l'acteur loue les chantres des esgllses catedralles et collegiallea. C.LXXXXIIII. chapitre.

Bref, je suis seur, quant je m'avIse,
Que c'est ung songe en malnte esgllse,
Tant les fait bon ouyr chanter,
Bien prononcer, bien gringoter,
Choses faictes et sur le livre
(Pense que je ne suis pas yvre:
Je me congnois bien en telz pas).
C'est ung soulas (n'en doubte pas)
Qu'on prIse trop (je t'en asseure),
Et chantent quasI a toute heure,
Les chanoines la asslstens
En leurs lieux (si blen tu m'entens),
Tant que le service est tout fait,
Dont sont blen a prlser, de falt.
D'aulcuns pourtant, pour parler franc,
Quant ont frappé le cul au banc
S'en vont acoup gaigner aIlleurs:
Ce sont messelgneurs les coureurs
(M'entens tu bIen, faulx Lucifer?).

LUCIFER

Vrayement, tu me comptes cy fer!
Je requler Dleu pour les beaux
Et tant plalsans que tu me dis,
Qu'on te puilst lyer, povre fol,
Cent plerres de molln au col
Et te getter en ung estan!
Il fauit bIen dire, faulx Sathan,
Que ces gentllz compalgnons la,
Qui tant d'honneur font, ça et la,
Es grans esglises par le monde,
Dont en y a tant a la ronde,
Ont des beneflces beaucoup
Et largement, pour dIre acoup,
Ou deussent avoir, que blen scay,
Car ilz le valent trop, de vray,
Chapelles, cures et prebendes.

 

 Jean-Marc Warszawski
Dictionnaire des écrits relatifs à la musique
Novembre 1995-10 mars 2019

© Musicologie.org 2019.

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Dimanche 10 Mars, 2019