musicologie

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Dvořák Antonín [Leopold]
1841-1904

Né à Nelahozeves (Kralupy), 8 septembre 1841, mort à Prague, 1er mai 1904).

Dvořák Antonín

Son père, František (1814-1894), boucher et aubergiste, joue de la cithare pour divertir ses clients. Sa mère, Ana Zdenĕk, est issue d'une famille servant la cour de Lobkowitzschen.

Dvořák reçoit ses premiers rudiments musicaux à l'école du village où il entre en 1847. Le maître d'école, le chantre (Kantor) Joseph Spitz, enseigne le chant et lui donne des cours de violon.

Il participe assez tôt à la vie musicale locale, jouant à l'église ou dans les festivités.

En 1853, après six années d'école, ses parents l'envoient à Zlonice, où il peut se perfectionner en allemand, alors langue administrative en Bohême, et en musique auprès de Joseph Toman, chef de chœur à l'église et du chantre Antonín Liehmann qui lui enseigne le violon, le piano, l'orgue, la basse continue et la théorie.

Le fait que Dvořák, poussé par ses parents, aurait été apprenti boucher semble être une invention. Il apparaît plutôt que ces derniers ont encouragé leur fils dans la voie musicale.

À l'automne 1856, il est envoyé à Česká Kamenice, dans le nord de la Bohême, où il suit les cours de l'école allemande. Franz Hanke y est son professeur d'orgue et de théorie musicale.

À l'automne 1857, il commence ses études à l'école d'orgue de Prague, où enseignent Karl Pietsch, Josef Krejčí, František Blažek, Josef Leopold Zvonař, Josef Foerster. Il est admis à l'école secondaire Maria Schnee.

À partir de novembre 1857, il joue de l'alto dans l'orchestre de la Société Sainte-Cécile, sous la direction d'Anton Apt.

Il sort de l'école d'orgue de Prague en juillet 1859 comme second meilleur élève. La même année, il intègre l'orchestre de danse de Karel Komzák en tant qu'altiste. Il se produit dans les restaurants et dans les bals. Sa candidature pour être organiste à l'église St Jindřich étant rejetée, il reste musicien permanent dans l'orchestre.

En novembre 1862, le Théâtre Provisoire ouvre ses portes. L'orchestre de Karel Komzák forme le noyau de l'orchestre. Dvořák tient le pupitre de premier violon alto. Le premier chef est Johann Nepomuk Maýr. Ils ont à leur programme essentiellement des opéras italiens, mais aussi allemands et français.

Au début de 1865, il commence à donner des cours de piano aux filles d'un orfèvre praguois,  Josefína et Anna Čermáková qui deviendra son épouse.

En 1865, il a composé ses quatre premiers quatuors à cordes, ses deux premières symphonies, Alfred, un opéra (le seul sur un livret en allemand), un cycle de mélodies et un concerto pour violoncelle avec accompagnement de piano. Mais il apparaît avant tout comme un instrumentiste.

Dvořák fait de temps à autre des services au sein d'autres orchestres.  Ainsi joue-t-il en février et en novembre 1865 aux Concerts de l'île Žofin sous la direction de Richard Wagner (des ouvertures et des extraits de ses opéras).

Fin 1866, Bedřich Smetana prend la direction de l'orchestre du Théâtre Provisoire, en mettant au répertoire des œuvres de compositeurs slaves.

À partir de juin 1871 (peu après Dvořák quitte l'orchestre du théâtre),   Ludevít Procházka, élève de Smetana et éditeur du journal Hudební listy  qui informe de la vie musicale à Prague, contribue à faire connaître les compositions de Dvořák, notamment en les inscrivant au programme des récitals de mélodies qu'il organise : Vzpomínáni (Souvenir) sur un texte de Eliška Krásnohorská est créé le 10 décembre 1871.

Plusieurs autres de ses œuvres, y compris instrumentales, sont créées l'année suivante, dont l'Ouverture de Král a uhlív (Le roi et le Charbonnier), son second opéra, dirigé par Smetana au cours d'un concert sur l'île Žofín  le 14 avril 1872.

En 1873, il épouse Anna Čermáková. La même année, le journal Dalibor publie pour la première fois une composition de Dvořák, Skřivánek (L'alouette), une mélodie. Le 9 mars, sa cantate pour voix masculine  Hymnus: Dědicové bílé hory (les héritiers de la montagne blanche), est un succès qui le propulse parmi les compositeurs importants de Prague.

Dvořák Antonín et Anna Čermáková.

Encouragé, il propose son opéra Le roi et le charbonnier, d'inspiration wagnérienne, au Théâtre Provisoire. Les répétitions commencent au mois d'août sous la direction de Smetana. Mais les exigences techniques de l'œuvre dépassant les possibilités de la troupe, l'opéra est retiré du programme.

Il assure son quotidien en donnant des leçons de piano et demande une aide à une association de Prague (Svatobor) afin de pouvoir se rendre auprès de Liszt à Weimar. L'aide est refusée. Dvořák prend un emploi d'enseignant à l'école de musique privée de Jan August Starý.

Il détruit nombre de ses œuvres, reprend leur numérotation, fait évoluer son esthétique en s'émancipant de l'influence de Wagner par un néo-classicisme imprégné d'idiomes populaires, avec son cinquième quatuor à cordes (1873) et la refonte complète de son opéra Le roi et le charbonnier, qui est selon ses propres termes devenue une œuvre plus nationale que wagnérienne.

En février 1874, il est nommé organiste à l'église St Vojtěch. Le 24 novembre de la même année, la première de son opéra remanié et un grand succès. En juillet, il fait une demande de bourse que l'État autrichien accorde aux artistes. Il joint à sa requête quinze compositions dont des symphonies, des ouvertures, et les Písně z Rukopisu Královédvorského (Chansons du manuscrit de la cour de Dvůr Králové). Le jury composé d'Édouard Hanslick, Johann Herbeck et Otto Dessoff, lui accorde 400 guldens. Cette bourse sera allouée (avec Johannes Brahms dans le jury) en 1875 (400 guldens), 1876 (500 guldens), 1877 (600 guldens), 1878 (400 guldens).

En 1877, Johannes Brahms est très impressionné par les Moravské dvojzpěvy (Duos de Moraves), que Dvořák  a joints à sont envoi, il les fait publier par Simrock qui commissionne en plus les Slovanské tance (Danses slaves) pour 2 pianos.

La même année, il quitte son poste d'organiste de St Vojtěch. L'amitié et la promotion que Brahms lui offre, la publication des Slovanské tance qui est un immense succès, lancent sa carrière internationale.

Les Slovanské tance sont jouées à Dresde, Hambourg, Berlin, Nice, Londres, New York, puis suivent les Slavonic Rhapsodies publiées en 1879 qui sont données dès leur parution à Dresde, Berlin, Vienne, Budapest, Lugano, Baltimore.

Il a maintenant le soutien de Joseph Joachim qui crée son sextette pour cordes en novembre 1879 à Berlin, de Hans Richter, Hans von Bülow, Jean Becker et d'ÉdouardHanslick. Il reçoit de nombreuses commandes, dont les musiques officielles à Prague.

Dans les années 1880, il défend sa singularité tchèque en demandant à son éditeur allemand que les pages-titres de ses compositions soient imprimées en allemand et en tchèque, que les paroles des œuvres vocales le soient également dans les deux langues, demande que son prénom soit initialisé en « Ant. », pour Anton et Antonín.

En août 1883, Dvořák reçoit une invitation de Londres, où plusieurs de ses œuvres ont déjà été jouées, pour diriger la Société philharmonique.  L'éditeur Novello lui demande de diriger son Stabat Mater et lui commande une composition pour chœur et orchestre, qu'il devra lui-même diriger au festival de Birmingham de 1885.

Le 5 mars 1884 Dvořák gagne l'Angleterre. Le 13 il dirige son Stabar Mater à Albert Hall, puis sa sixième symphonie et sa seconde Rapsodie slave au St James's Hall, et le 22 mars le Scherzo capriccioso et le Nocturne en si au Crystal Palace. C'est un très grand succès. Il reçoit des commandes d'œuvres chorales pour les festivals de Birmingham et de Leed de 1886. Il reviendra encore huit fois en Angleterre jusqu'en 1896.

En 1886, après un différend financier qui l'oppose à Simrock qui lui paie 3 000 marks une symphonie contre 18 000 pour Brahms, il accepte de livrer une seconde série de Danses Slaves, en contrepartie Simrock accepte ses conditions. Mais la rupture ne tardera pas.

Fin janvier 1889, Josef Tragy, directeur de l'association praguoise pour la promotion de la musique, propose à Dvořák qui le refuse, un poste de professeur de composition au Conservatoire de Prague.

En juin, il est promu dans l'ordre de la Croix de fer autrichien, qu'il recevra de l'empereur quelques mois plus tard, et en février 1890, la Société artistique de Prague offre un banquet en son honneur. En avril il est promu Docteur honoris causa de l'université tchèque de Prague, puis il est élu à l'Académie des sciences et des arts.

Dvořák Antonín

En octobre 1890, il accepte le poste de professeur au Conservatoire de Prague avec effet en janvier 1891. Il est promu Docteur honoris causa de l'université de Cambridge.

En juin 1891, Jeannette Thurber (1850-1946) Présidente du Conservatoire national de musique de New York lui offre le poste de directeur artistique et de professeur de composition, pour un salaire annuel de 15 000 dollars soit 25 fois ce qu'il gagne à Prague.

Après être arrivé à New York avec son épouse, sa fille Otilie et son fils Antonín, il prend sa charge au Conservatoire le 1er octobre 1892. Il y sera reconduit deux années de plus. Mais  la crise économique et les mauvaises affaires du mari de Jeannette Thurber qui finance une bonne partie des frais du Conservatoire, entraînent des retards de paiements.

New York 1905La famille Dvořák devant la maison newyorkaise qu'elle habitait.

Le 16 avril 1895,  Dvořák regagne la Bohême en informant Jeannette Thurber (elle  lui doit encore de l'argent) que conformément à son contrat, il ne reviendra pas à New York. Il se rapproche à nouveau de Simrock et de d'Édouard Hanslick, il reprend son poste au Conservatoire de Prague le 1er novembre.

Il est à Londres en mars 1896 pour diriger la première de son concerto pou violoncelle, se rend plusieurs fois à Vienne où il rencontre Hans Richter, Anton Bruckner et Johannes Brahms, aux funérailles duquel il assiste en avril 1897. La même année, il est élu au jury viennois qui délivre les bourses d'État aux artistes, il reçoit en 1898 la médaille autrichienne des lettres et des arts, devient membre du comité des experts des droits d'auteur, il est nommé membre de la « Herrenhaus » du gouvernement autrichien.

En 1901, il est nommé directeur du Conservatoire de Prague.

1854-1865 (?), B 1, Polka pomněnka (« Ne m'oublie pas », pour piano).

1857-1859, B 2, Messe en sibémol majeur (certainement détruite).

1859, B 302, Préludes et fugues (préludes : 1. majeur, 2. sol majeur, 3. la mineur, 4. sibémol majeurr, majeur, 6. Fughetta en majeur, 7. fugue en majeur, 8. sol mineur), créés partiellement (5 et 8) à Prague en 1859.

1860, 27 février, Polka en mi majeur

1861, 6 juin, révision 1887, opus 1, B 7, Quatuor à cordes no 1 en la mineur (1. Adagio. Allegro ma non troppo, 2. Lento, 3. Finale. Allegro con brio), créé le 15 décembre 1921 à Prague par Josef Hašek, Jan Bruna, Bohumil Klabík, Josef Tesárek, Bedřich Jaroš.

1862, mars, opus 2, B 8, Quatuor à cordes no 1 en la majeur (1. Andante. Allegro, 2. Adagio affettuoso ed appassionato, 3. Allegro scherzando, 4. Allegro animato), créé à Prague le 6 janvier 1888 par Karel Ondříček, Jan Pelikán, Petr Mareš, Alois Neruda.

1865, février-mars, B 9, Symphonie no 1 en do mineur, « Zlonické zvony » (les Cloches de Zlonice), créée à Brno le 4 octobre 1936 sous la direction de Milan Sachs.

1865, ....-30 juin, B 10, Concerto pour violoncelle et piano en  la majeur, créé à Prague, le 26 avril 1929 par František Berka (violoncelle) et Otakar Vondrovic (piano).

1865, 1er août-9 octobre, opus 4, B 12, Symphonie no 2 en sibémol majeur, révisée en 1887, créée à Prague le 11 mars 1888 sous la direction d'Adolf Čech.

1865, 10-27 juillet, B 11, Cypřiše (Les Cyprès), cycle de 18 romances sur des poèmes de Gustav Pfleger-Moravský, créé à Prague le 1er mai 1983 (en anglais). 1. Vy vroucí písně spějte ; 2. V té sladké moci očí tvých ; 3. V tak mnohém srdci mrtvo jest ; 4. Ó duše drahá jedinká ; 5. Ó byl to krásný zlatý sen ; 6. Já vím, že v sladké naději ; 7. Ó zlatá růže spanilá ; 8. Ó naší lásce nekvete ; 9. Kol domu se teď potácím ; 10. Mne často týrá pochyba ; 11. Mé srdce často v bolesti ; 12. Zde hledím na ten drahý list ; 13. Na horách ticho ; 14. Zde v lese u potoka ; 15. Mou celou duší ; 16. Tam stojí stará skála ; 17. Nad krajem vévodí lehký spánek ; 18. Ty se ptáš, proč moje zpěvy.

1865, B 13, 24 octobre, Deux airs pour baryton.

1868 - 1870, B 17, Quatuor à cordes no 2 en sibémol majeur.

1873, avril--4 juillet, opus 10, B 34, Symphonie no 3 en mibémol majeur, créée à Prague en mars 1874, révisée en 1887-1888.

1873, octobre-9 décembre, B 39, opus 11, romance pour violon, créée à Prague le 9 décermbe 1877, publiée à Berlin en 1879.

1873, B 33, Sonate pour piano en la mineur (perdue)

1873, B 36, Octuor (Sérénade), pour 2 violons, alto, contrebasse, clarinette, basson, cor, piano (perdu)

1874, 1er janvier-26 mars, opus 13, B 41, Symphonie no 4 en mineur, révisée en 1887-1888, créée à Prague le 6 avril 1982 (se retrouve sous les nos d'opus 18, 19, 24).

1875, 15 juin-23 juillet, opus 76, B 32, Symphonie no 5 en fa majeur, dédiée à Hans von Bülow, créée à Prague le 25 mars 1879, révisée en 1887, publiée comme symphonie n° 3, d'abord sous le no d'opus 24.

1876, opus 33, B 63, Concerto pour piano et orchestre en sol mineur, créé à Prague le 24 mars 1878, publié à Breslau en 1883.

1879, 15 février, opus 49, B 89, Mazurek, pour violon et piano en mi mineur, créée à Berlin en 1879.

1879, 5 juillet-mi-septembre 1879, opus 53, B 96, Concerto pour violon en la mineur, créé à Prague le 14 octobre 1883.

1880, 27 août-15 octobre, opus 60 (ancien 58), B 112, Symphonie no 6 en majeur, dédiée à Hans Richter, publiée à Berlin en 1882 (comm symphonie n° 1), créée à Prague le 25 mars 1881.

1884-1885, 13 décembre 1884-17 mars 1885, opus 710, B 141, Symphonie no 7 en mineur, créée à Londres le 2 février 1890, publiée à Londres en 1892 (comme symphonie no 4).

1889, 26 août-8 novembre, opus 88, B 163, Symphonie no 8 en sol majeur, créée le 2 février 1890 à Prague, publiée à Londres en 1892.

1893, 10 janvier-24 mai, opus 95, B 178, Symphonie no 9 en mi mineur, Z Nového světa » (Depuis le nouveu monde), créée à New York le 16 décembre 1893, publiée à Berlin en 1893, comme symphonie no 5)

1894-1895, 8 novembre 1894-9 février 1895, opus 104, B 191, Concerto pour violoncelle et orchestre, créé à Londres le 19 mars 1896

1896, 6 janvier-11 février, opus 107, B 195, Vodnik (L'Ondin), poème symphonique, créé le 14 novembre 1896 à Londres, sous la direction de Henry J. Wood.

1896, 11 janvier-27 février, opus 108, B 196, Polednice (La sorcière de midi ), poème symphonique sur un poème de Karel Jaromír Erben, créé le 21 novembre 1896, à Londres, sous la direction de Henry J. Wood.

1896, 15 janvier-29 février, opus 109, B 197, Zlatý kolovrat, (Le rouet d'or), poème symphonique  inspiré de Cendrillon, audition privée le 3 juin 1896 à Prague, créé le 26 octobre 1896 à Londres.

1896, 22 octobre-28 novembre, opus 110, B 198, Holoubek (La colombe), poème symphonique inspiré par un poème de Karel Jaromír Erben, créé le 20 mars 1898 à Brno sous la direction de Leoš Janáček.

1897, 4 août-25 octobre, opus 111, B 199, Píseň bohatýrská (Le chant du héros), poème symphonique créé le 4 décembre 1899, à Vienne sous la direction de Gustav Mahler .

à suivre...

Bibliographie

Discographie

Dvořák, La sorcière de midi, Orchestre philharmonique tchèque sous la direction de Jiří Bělohlávek, Vincent Figuri (récitant). Salamandre 2015 (602).

Lire une présentation plus complète

 

 

Jean-Marc Warszawski
1er janvier 2014.
révision 10 septembre 2016

 

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2016

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